Abolitions, 38. — Les abolitions, ou plus exactement les lettres d’abolitions, sont des lettres du prince obtenues en grande chancellerie, par lesquelles il abolit & efface un crime qui, de sa nature, n’est pas rémissible, & par la plénitude de sa puissance en remet la peine portée par la loi, de manière qu’il ne reste aucun examen à faire touchant les circonstances du crime. (Ferrière, Dict. de droit.)
Acort, 25. — Discret, avisé, circumspect, foreseing, of good spirit. (Cotgrave.)
(Sat. III.)
Les auditeurs iugeans en eux-mêmes que ce prédicateur deuoit estre quelque homme d’esprit & accort.
(Bouchet, Seree XXXIV.)
Accostable, 82. — Propre, convenable, fit. (Cotgrave.)
Adulteriser, 43. — Dénaturer, transformer.
(S. V.)
Comp. Rabelais, I, 24. — Visitoient les boutiques des drogueurs, consideroient les fruits, racines, ensemble aussi comment on les adulteroit.
Affoler, 15. — Tourmenter, navrer, blesser, souiller, profaner.
(S. V.)
(La Fontaine, Le Diab. de Pap.)
Montaigne a dit :
Et leur sembloit que c’estoit affoler les mysteres de Venus, que de les oster du retiré sacraire de son temple. (Essais, II, 12).
Aguets, 10. — Embûches.
(S. I.)
Ains, 57, 108, mais ; Ains que, 241, avant que.
(S. VII.)
(Append.)
Alourder, 18. — Accabler.
(S. II.)
Amenuisé, 14. — Exténué, épuisé.
(S. II.)
Conf. :
(Baïf, Amours, 1573, fo 77.)
Anguillade, 63. — Coups de lanières faites de peau d’anguille.
(S. VIII.)
Le patissier luy bailla l’anguillade si bien que sa peau n’eust rien vallu à faire cornemuse.
(Rabelais, II, 30.)
Appendre, 61. — Consacrer, offrir en ex-voto.
(Disc. au Roy.)
(Ronsard, Voyage d’Hercueil.)
Ardez, 91. — Syncope de Agardez, voyez.
(Molière, Le Dépit am., IV, 4.)
Armet, 89. — Tête, proprement armure de tête.
(S. XI.)
On disait morion dans le même sens.
Et tant plus voyoient les beaux peres honteux & baisser leur morion, de peur d’estre cogneus.
(Comptes du Monde Adv., 1595, p. 81.)
Arrasser, 152, arser, 59, 89. — Dresser, lever.
Faire arser son épée, porter l’épée en verrouil.
(La C. P.)
Arroy, 80, 201. — Equipage. Le sens primitif est charrue, train.
Arsenac, 201. — Arsenal.
La porte Saint-Victor vis-à-vis de l’arsenac. (Malherbe, Lettres à Peiresc, 20 janv. 1608.)
V. les Observations de Ménage sur la langue françoise, Paris, 1672, p. 20.
Asseurement, 40. — Avec assurance.
(S. V.)
Assiner, 123. — Assigner, ajourner.
(S. XV.)
Atours, 108. — Parures. Atour au singulier signifiait chaperon.
Madame se mit en cotte simple & print son atour de nuit.
(Louis XI, Nouv. 39.)
(O. de Magny, Épithalame de Jean Flehard.)
Attenter, 12. — Tendre avec effort vers.
(S. I.)
Attifet, 94. — Parure, ornement de tête, de tifer par Attifer, le seul mot qui nous reste.
Autentique, 77. — Scellé de rouge comme une charte revêtue du grand sceau de cire rouge.
(S. X.)
La cire verte était employée pour tous les arrêts, la cire jaune pour les expéditions. Enfin la cire blanche était réservée pour la chancellerie de l’ordre du Saint-Esprit.
Avaler, 159. — Descendre, tomber, aussi bien que boire ou manger avidement.
(Disc. au Roy.)
Si ie montois aussi bien comme i’avalle.
(Rabelais, I, 5.)
Vn propos avalé, est un propos dit en pinçant les lèvres avec affectation, comme si l’on retenait (avalait) ses paroles.
Avancer (S’), 16, 32, 33. — S’élever au-dessus d’autrui.
(S. II.)
(S. IV.)
(Ibid.)
Bander (Se), 23. — S’efforcer, se révolter.
(S. III.)
Barbe (Faire barbe de paille), 48. — Expression vicieuse née de la confusion d’une locution : faire la barbe, avec une autre : faire garbe de paille (H. Estienne, Precell. du Lang. franç.) ; faire garbe de paille, c’est proprement payer à l’Eglise, en gerbes de paille, la redevance due en gerbes de blé.
Que veut dire… quand elle dit : il ne faut point faire à Dieu barbe de feurre ; en lieu qu’on deuroit dire : il ne faut point faire à Dieu gerbe de feurre, ou de fourre.
(Bouchet, Seree XXXV.)
Barisel, 48. — Lictorum præfectus (Hornkens), capitaine des sbires, de l’italien barigello.
Barragouin, 123. — Langage étranger, plus particulièrement breton.
Il fault feuilleter sans distinction, toutes sortes d’auteurs & vieils & nouueaux, & barragouins & françoys, pour y apprendre les choses de quoy diuersement ils traitent.
(Montaigne, Essais, II, 10.)
Quand nous voulons dire qu’vn homme parle mal, nous l’appelons Barragoüin, qui est autant à dire comme si nous disions, il parle breton, car barra en breton, c’est-à-dire du pain, & goüin du vin : tellement que ceux qui parlent ainsi : appellans du pain barra & goüin du vin, nous disons, qu’ils sont Barragoüins, c’est-à-dire qu’ils parlent fort mal.
(G. Bouchet, Seree XXXV.)
Baye (Repaître de), 123. — Donner de vaines espérances, proprement faire bayer, baisler, beer, du bas latin badare.
Les gentilz hommes de Beauce desieunent de baisler & s’en trouuent fort bien.
(Rab., I, 16.)
Bleu (Cordon), 111. — Chevalier de l’ordre du Saint-Esprit. La croix du petit ordre se portait avec un ruban bleu.
(S. XIII.)
Bonadies, 25. — Bonjour.
(S. III.)
Bonneter, 63. — Tirer le bonnet, saluer.
(S. VIII.)
(Auvray, Banquet des muses, 1628, p. 154.)
Bord (A), 52. — A terre.
Bouchon, 34, 94. — Botte de verdure servant d’enseigne aux cabarets ; brassée de paille pour la litière des animaux.
(S. IV.)
(S. XI.)
Bourrier, 213. — Flocon, duvet, de bourre (Cotg.). Ce mot a servi de sous-titre à un recueil de poésies : Les Muses incognues ou la seille aux bourriers, pleine de desirs & imaginations d’amours (Rouen, Iean-Petit, 1604), où l’on trouve des vers de Beroalde de Verville, de Motin & un portrait satirique de Rabelais.
Brider, 24. — Porter la moustache droite ou relevée sur les joues.
(S. III.)
Bruire, 11. — Pris activement.
(S. I.)
Bruit, 19. — Dire, propos.
(S. II.)
Caban, 80. — Gabardine, or cloake of felt (Cotgrave). Manteau de feutre dont le tissu est fait de bourre de laine & de poils d’animaux.
Cabinet, 19. — Bahut rempli de petits tiroirs sur lesquels se fermait une porte à deux battants. Dans ce meuble, d’une ornementation habituellement très-recherchée, on enfermait les ouvrages graveleux aussi bien que les objets de prix.
Ie m’ennuie que mes Essais seruent les dames de meuble commun seulement, de meuble de sale. Ce chapitre me fera du cabinet.
(Montaigne, Essais, III, 5, sur des vers de Virgile.)
Cabinet avait aussi le sens de privé, retrait. C’est sur cette double signification qu’Alceste joue, lorsqu’il dit :
Cachots, 7. — Retraites.
Les bestes sauuages laissent leurs cauernes & cachots.
(Ambroise Paré, XXIV, 6.)
Calamite, 222. — Aimant, magnes. (Nicot.)
Voyez à la calamite de vostre boussole. (Rab., IV, 16.)
Carousse (Faire), 19. — To quaffe, carousse. Faire beuverie, de l’allemand : Gar aus, tout vide. (H. Estienne, Dial. du nouv. lang. franc., Envers, 1579, p. 42.)
(S. II.)
Trinquer, voire, carous & alluz.
(Rab., IV, Prol.)
Gar aus & all aus ont en allemand la même signification : tout hors le verre.
Cervelle (En), 26, 83. — En souci, en peine. Ce mot a été très-torturé. Brossette veut qu’il signifie : de mauvaise humeur ; M. Lacour lui donne le sens d’imaginairement.
(S. III.)
(S. X.)
Chaire, 82.
Chaire est conforme à l’étymologie. Chaise est un reste du zezaiement à la mode dont Marot (V. le biau fiz de Pazi) nous a laissé un exemple ainsi que Lasphrise dans son sonnet :
(Édon Blanchemain, Turin, 1870, p. 325.)
Chalan, 83. — Gros pain venant par les bateaux chalands de Corbeil & de Villeneuve-Saint-Georges. (Furetière.)
Chartis, 121. — Hangar.
Chauvir de l’oreille, 61. — Baisser, remuer les oreilles.
To clape downe the eares, as an horse, or asse doth.
(Cotgrave.)
Chacun ne se plaist pas à attendre dix ans pour vn baiser, mesmes d’vne qui en derriere chauuist des oreilles.
(Du Fail, Propos rustiques, 14.)
Chauuent des oreilles comme Asnes de Arcadie au chant des musiciens.
(Rab., III, Prol.)
Chere, 15. — Visage.
Belle chere & cueur arrière, dit un vieux proverbe français rapporté par H. Estienne (Precell. du Lang. fr.).
(S. II.)
Chevre (Prendre la), 112. — Prendre de l’humeur. Cette expression est restée longtemps en usage dans notre langue.
(Molière, Sgan., XII.)
Les Italiens disent encore en ce sens : Pigliar la monna, prendre la guenon.
Chiffler, 81. — Siffler. To Whistle. (Cotgrave.)
On a dit de même longtemps capuchins pour capucins. (Voir Ménage, Observations sur la langue fr., p. 458, édit. cit.)
Chopper, 53. — Heurter du pied, faire un faux pas.
Cicatrisé, 15. — Portant des traces de recousures, comme les blessures ou les plaies refermées.
(S. II.)
Cinq pas, 42. — Danse fort en vogue au XVIe siècle, & décrite par Antoine Arena dans son poëme macaronique adressé ad suos compagnones studiantes, qui sunt de persona friantes bassas dansas in galanti stylo bisognatas.
Voici d’après l’édition de Lyon (1601, in-8o de 78 p., tit. comp.) la description d’Arena :
Coffre, 22. — Meuble servant de banc dans les antichambres où se tiennent les gens de service.
(S. III.)
Coite, 96. — Lit de plume, de culcita qui a donné coulte, coueste & coite. Le premier mot est entré dans coutepointe, devenu enfin courte-pointe.
Commune, 27. — La foule, le vulgaire.
(S. III.)
Constable, 80. — Forme contractée de connestable, qui lui-même vient de l’allemand Kœnigstapel, aide du roi, & non de comes stabuli. (Nicot.)
Convenant, 12. — Approprié.
(S. I.)
Convent, 106. — Du latin conventus, & par euphonie couvent. Cette double forme se retrouve dans moustier & monstier, de monasterium. Enfin on a fait pareillement mouton de montone.
Cornette, 31. — Bande de soie que les docteurs en droit portaient autour du cou, pendant jusqu’à terre. (Littré.)
(S. IV.)
Cornus, 85.
Cornus du bon père. Enhardis par le vin.
Le bon père est Bacchus ; & pour l’explication de cornus, voici un extrait de Guillaume Bouchet :
Les cornes augmentans la hardiesse : car si à vn mouton vous ostez les cornes il deuient timide & doux, laissant sa hardiesse. Nous baillons à Bacchus des cornes pour monstrer que le vin rend les personnes hardies.
(Serees, liv. I, 8.)
Conf. : Depuis quand auez-vous pris les cornes qu’estes tant rogues deuenus ?
(Rab., I, 25.)
Coucher, 20. — Avoir pour enjeu, viser.
(S. II.)
Les princes ne craignans point de gager la vie de trente mille hommes où ils ne couchent rien du leur.
(Bouchet, éd. Roybet, t. III, p. 17.)
Coupeau ou Coupet, 20. — D’une montagne. Montis cacumen. (Nicot.)
(S. II.)
Courage, 16, 25, 39. — Ce mot est pris souvent pour cœur.
(S. II.)
(S. III.)
(S. V.)
Courante, 53. — Impulsion irrésistible.
(S. VII.)
Courtaux, 42. — Cheval de petite taille à qui l’on a coupé les oreilles, la crinière & la queue.
(S. V.)
Damoyselle, 26. — Nom donné aux femmes mariées de noblesse inférieure. Ce titre permettait de porter la robe de velours & une bordure d’or au chaperon. Plus tard il s’étendit à toutes les femmes mariées, nobles ou roturières.
(S. III.)
Dariolet, 42. — Entremetteur. Dariolette est le nom de la confidente d’Elisenne dans Amadis.
(S. V.)
(Auvray, Banquet des muses, 1628, p. 194.)
(Courval Sonnet, Œuv. sat., 1622, p. 91.)
Degoiser, 122. — Cette expression paraît dans l’origine ne s’être dite que des oiseaux. Les oyseaux se degoysent, garriunt aves. (Nicot.)
To chirpe or warble (as a singing bird). (Cotgrave.)
Dégout, 86. — Écoulement, débordement d’eau.
(S. X.)
(Rab., III, 5.)
Ce mot se retrouve au figuré dans les Quatrains de Pibrac :
(Éd. de 1584. Quat. XIII.)
Degrez, 24. — Grades.
(S. III.)
Depiter, 57. — Maudire.
(S. VII.)
(D’Aubigné, Hécat. à Diane, LX.)
Dilayant, 40. — Delayer, temporiser.
(S. V.)
Douteux, 40. — Hésitant.
(S. V.)
Éguillette (Courir l’), 128. — Chercher des aventures galantes.
Cette expression est restée longtemps obscure, parce qu’on a voulu la rattacher au mot aiguillette, désignant le signe que les courtisanes de Toulouse portaient sur l’épaule pour se distinguer des autres femmes. C’est aller, ce semble, chercher un peu loin une explication. L’aiguillette est un double cordon ferré, servant à fermer la brayette. Nouer l’aiguillette, courir l’aiguillette, sont des locutions très-claires : la première signifie rendre un homme impuissant, & la seconde, faire métier de dénouer les aiguillettes de tout venant.
Encastelé, 59. — Mot vsité en matière de pieds de bêtes de pied rond, comme cheuaux, mulets, quand on veut dénoter que la corne du talon s’entre approche presque à ioindre, qui est vn grand vice au pied ; pour auquel obuier il faut au ferrer faire ouurir le talon auec le boutoir iusques au vif. (Nicot.) Encastellé, qui a le talon étroit ; narrow heeled, dit Cotgrave.
Enteriner, 38. — Ratifier juridiquement.
(S. V.)
Entrant, 21, 24, 25. — Hardi, audacieux. A bould or audacious fellow. (Cotgrave.)
(S. II.)
(S. III.)
(Ibid.)
Épée (Chevalier de la petite), 82. — Coupeur de bourse.
Esclater, 69, 107. — Reluire, briller.
(S. IX.)
(S. XIII.)
(Courval Sonnet, Œuv. sat., 1622, p. 103.)