D'une captivité cruelle
Vous louez trop le triste fruit,
Mon cœur, au sot orgueil rebelle,
Par votre encens n'est pas séduit.
La complaisance maternelle
N'a jamais fasciné mes yeux.
Une éloquence naturelle
Est pour moi l'art le plus heureux.
Souffrant, prêt à cesser de vivre,
Ai-je pu croire qu'à ces Nuits
Le destin me ferait, survivre,
Et finirait mes longs ennuis?
Dans le sein d'une épouse chère
J'épanchais ma sombre terreur;
Je ne voulais qu'elle sur terre,
Pour confidente et pour lecteur.
Le neuf thermidor me rappelle
A ses baisers, à son amour;
Je ne renaissais que par elle,
Pour elle je chéris le jour.
De mes mains, la reconnaissance
Laisse échapper le manuscrit.
Un voile sert mon impuissance,
Mais l'amour encor me trahit.
C'est à vous de cueillir des palmes
Au Pinde, et la rose à Paphos,
Vous dont les jours sereins et calmes
S'écoulent dans un doux repos.
Seize ans, âme sensible, aisance,
Forces, talens, vous avez tout:
La carrière pour vous commence,
Moi, je suis las et suis au bout.

FIN.


NOTES:

[1] Les savans ne nous ont pas dit si l'Être suprême souffla dans la bouche d'Adam, pour l'animer, ou si ce fut dans, son antipode; cette question était, pourtant, aussi digne de leurs recherches, que tant d'autres inutiles.

[2] Voilà un homme bien aisé à nourrir!...

[3] La Polente est une bouillie faite avec de la farine d'orge brûlée. Elle est encore en usage dans plusieurs contrées d'Italie.

[4] Subtile et leve peditum Libonis. Catulle.

[5] Ce Métroclès qui rougit pour un pet, est bien différent de sa sœur, qui, éprise pour le dégoûtant Cratès, non-seulement pétait bien en compagnie, mais faisait en public, ce que n'osait faire au lit avec sa femme le pudibond Louis IX. Voyez l'édition que j'ai donnée des amours d'Hypparchie et Cratès. 1 vol. in-18.

[6] Voy. le Naudaeana, pag. 102 et 103; Paris, 1701, in-12. Fr. Roger au voyage de la Terre Sainte, pag. 230, et les Essais de Montaigne, liv. Ier. chap. 20, page 62 de l'édition in-8o.

[7] Elle se célébrait à Athènes au mois d'octobre.

[8] Frédérick Dedekind, allemand, publia dans le seizième siècle un ouvrage dans le goût de l'Éloge de la folie. C'est un éloge ironique de l'impolitesse et de la grossièreté, intitulé: Grobianus sivè de incultis moribus et inurbanis gestibus. Francfort, 1558, in-8o. L'auteur paraît avoir eu plus de finesse dans l'esprit que ses contemporains n'en avaient alors. Il est rare de trouver ce poëme avec le Grobiana qui en est la suite; aussi le dictionnaire historique ne parle-t-il pas de ce dernier poëme.

[9] Voyez Suétone, vie de Claude César, chap. 32, page 274, edit. Patini.

Les Juifs prétendent que quand ils pètent en faisant leurs prières, c'est un mauvais augure, et un bon, lorsqu'ils éternuent. Ils n'osent ni péter, ni allumer leur feu le jour du sabbat. Les Turcs sont de même.

[10] L'ancien saxon Purten ou Furten, le haut allemand Fartzen, et l'anglais Fart.

[11] L'Album était une table blanchie sur laquelle les souverains prêtres, à Rome, écrivaient les choses les plus remarquables qui se passaient chaque année. C'était aussi un tableau sur lequel on écrivait les noms des magistrats et des officiers.

[12] Un poëte latin moderne a traduit ce joli petit conte, avec tant d'élégance, que je ne puis résister au désir d'apprendre à ceux de mes lecteurs qui aiment encore la langue des Ovides, des Horaces, des Santeuil et des Sanadon, qu'ils le trouveront imprimé dans mes Matinées du printems (tome 1, page 121) qui se vendent chez le même libraire.

[13] Voyez les quarts-d'heures d'un joyeux solitaire, 1 vol. in-12.......

[14] Nicolas Mercier, de Poissy, professeur de troisième au collège de Navarre, à Paris, et sous-principal des grammairiens, mort en 1657. On a de lui 1o. un Manuel des Grammairiens; 2o. un poëme latin intitulé: De officiis Scolasticorum; 3o. une excellente édition d'Erasme; 4o. De Conscribendo epigrammate, opus curiosum. 2 part. Paris, 1653, in-8o. belle édition, ornée d'un frontispice et du portrait de l'auteur.

La république des lettres compte beaucoup d'écrivains qui ont porté le nom de Mercier: comme on confond tous les jours leurs ouvrages, je donnerai quelque jour leur biographie, avec une dissertation onomatique, sur l'origine de ce nom, dans la langue Celtique.

[15] Voyez le recueil, que j'ai publié, des poëmes sur le Plaisir et la Volupté; 2 vol. in-18, fig.

[16] Ces notes qui n'existaient pas dans la première édition de Gérard de Velsen, en 1793, se trouvent dans la seconde, qui est très-augmentée et beaucoup plus correcte.

[17] Cet ouvrage en 2 vol. in-18, se trouve chez les mêmes libraires.


TABLE DES MATIÈRES.

Notice des différens éloges. Voyez la Préface.
Antiquité du Pet. 5
Sa figure, sa taille, son langage, ses mœurs. 14
Musique et éloquence du Pet. 24 à 37
Arrêt de l'empereur Claude, qui donne pleine liberté de péter en public. 33
Les deux péteurs d'Anvers. 38
Le Pet fait fuir les sorcières. 40
Droits féodaux payés par un Pet. 42
Éloge de la Vesse, et mot de Pythagore. 47
Comparaison du Pet avec les rois. 49
Apothéose du Pet chez les Egyptiens. 50
Plantes et familles qui ont pris leur nom du Pet. 52
Du Rot, ou rapport espagnol, et anecdotes. 58
Procédés pour mesurer un Pet. 60
De la nature et des différentes sortes de Pets, au nombre de 26. 61 à 87
Portrait du Pet, par Boursault. 76
Les trois accidents. Conte. 78
Le soupir de St.-Evremont. 81
Éloge du Q. 82
Esprit de Pet pour les taches de rousseur. 84
Le Pet français et le Pet béni. 93 et 95
Le Pet et le Politique. 97
Le Pet rapporté par un valet. 98
Mot d'un prêtre de Louvain sur le Pet. 99
Le Pet de St.-Evremond. Stances. 101
Pets excusés par un bon mot. 102 à 103
Le Péteur puni, et autres. 105
Des signes et effets prochains du Pet. 108
Ruses pour couvrir un Pet. 109
Remèdes qui provoquent les Pets. 111
Système musical de Pets. 112 à 119
De la Vesse et des Pets involontaires. 119 à 122
Effets utiles des Pets et Vesses. 122 à 127
Requête en vers pour le Pet. 129
Opinion des stoïciens, de Cicéron, et autres philosophes en faveur du Pet. 123 à 132
Pet de chanoine bien dissimulé. Conte. 133
Le Pet d'une sourde pris peur une Vesse. 134
Facétie tirée de Henri Bebelle. 135
Le Pet de la sage-femme. 136
Mot du marq. de Bièvre sur des bruits de paix. 137
Conseils importuns contre l'ennui. 138
Règlement provisoire de la société des Francs-péteurs. 140
Note bibliographique des éloges comiques. 145
Poësies fugitives. La Puce, trad. d'Ovide. 150
La Puce, de Nic. Mercier 153
Epître au Plaisir. 156
A l'Auteur de Gérard de Velsen. 161
————des nuits d'hiver et de la Conciergerie. 162

Fin de la table.

Note de transcription: