[63] Les secrets de l'Inquisition, par M. Féréal, grande édition avec illustrations (600 pages). Ouvrage sur la cruauté de l'Inquisition en Espagne (voir pour le contenu très détaillé, l'édition française de cet ouvrage bien connu).
Eine Orgie von Mönchen. Der Günstling des Inquisitors. Die Leidenschaft des Inquisitors. Wieder Joseph. Die Aebtissin der Carmeliterianer. Das Amulet des Gross-Inquisitors. Die Marterkammer. Die Kerker der Inquisition. Ein grosses Fest in Sevilla. Die Gnadenkammer. Tortur des Wassers. Die Busskammer. Der Lampenball. Eine Verschwörung. Das Autodafé. Ein Märtyrer, etc.
Ce volume qui traite des secrets de l'Inquisition est certainement traduit de l'ouvrage français bien connu de M. Féréal. Il ne manque pas d'intérêt, si l'on s'en rapporte aux titres des chapitres. L'inquisition a été si souvent traitée dans la littérature française, qu'il serait superflu de donner un compte rendu des tortures décrites dans ce volume de 600 pages. Nombreuses illustrations.
Die Strafen der Chinesen. Nach dem Englischen von H. Dohrn. Mit 21 Abbildungen in Kunstdruck und 1 Titelbilde[64].
[64] Les punitions des Chinois. Traduit de l'anglais, par H. Dohrn.—Avec 21 illustrations artistiques et frontispice.
Traite des punitions dans le peuple chinois, où la bastonnade joue un rôle important. Traduit de l'anglais.
Grausamkeit und Verbrechen im sexuellen Leben. Von Russalkow 2. Auflage. 80 Seiten[65].
[65] La cruauté et le crime dans la vie sexuelle, par Russalkow, 2e édition, 80 pages.
Voici un titre mystérieux qui, certes, promet de ne pas manquer d'intérêt. La cruauté et le crime dans la vie sexuelle en disent long. Cet ouvrage qui en est à sa seconde édition et a comme suite le volume suivant:
Ueber Schmerzzufügen. Prügelkuren.—Massage.—Schläge als Weihe.—Hang zur Grausamkeit, von Gutzeit[66].
[66] L'accoutumance à la douleur.—La guérison par le bâton.—Le massage.—Les coups comme consécration.—La pendaison comme cruauté, par Gutzeit.
Das Prügeln in der Schule. Eine Gefahr fur Bildung und Sittlichkeit, von Gutzeit[67].
[67] Le bâton à l'école: un danger pour l'éducation et la civilisation, par Gutzeit.
Trop d'instituteurs, surtout dans les écoles villageoises, se complaisent à casser maintes baguettes sur le dos des enfants qui leur sont confiés. Une façon comme une autre de faire entrer les sciences! Ce volume est dirigé contre cette odieuse pratique. Dans l'intérêt de l'enfance, nous aimerions voir cet ouvrage traduit en français et répandu parmi les éducateurs de nos enfants.
Der Gebrauch der Alten ihre Geliebte zu schlagen. Aus dem Französischen, mit Anmerkungen. Stuttgart 1856.—80. S.[68]
[68] L'usage des anciens de battre leurs fiancées.—Traduit du français avec annotations.
Le titre de cet ouvrage fait sourire… Battre sa fiancée! Voilà une coutume qui, je crois, aurait de la peine à s'acclimater en France. Quoique parfois, après le mariage, cette coutume donne trop d'exemples, je ne crois pas qu'elle serait acceptée avant le mariage. Ce volume est traduit du français; mais je n'en connais pas l'original.
Flagellum salutis, oder Heilung durch Schläge, von Paullini, nach der Ausgabe von 1698. Stuttgart, 1847.—350 Seiten[69].
[69] Le salut par la flagellation, par Paullini, d'après l'édition de 1698. 350 pages.
Ouvrage de religion mystique, traduit du latin.
Kudejar, eine historische Chronik aus der Zeit Iwans des Schrecklichen, von Kastomarow[70].—347 Seiten.
[70] Kudejar. Chronique historique du temps d'Ivan le Terrible, par Kastomarow.
Que de mystères dans cette Russie du Nord! Que de cruautés sont cachées dans les profondeurs de ce pays! Ce présent volume voit son action se dérouler sous le règne d'Ivan dit le Terrible. Je ne crois pas qu'il en existe une traduction française. Pour les lecteurs de romans palpitants, cette chronique historique de 359 pages vient à point.
Lenchen im Zuchthause. Schilderung des Strafverfahrens (Flagellantismus) in einem Süddeutschen Zuchthause vor 1848.—Ein Beitrag zur Sittengeschichte, von W. Reinhard. Hamburg, 1890[71].
[71] Hélène en prison.—Description des systèmes de punitions corporelles dans une maison pénitentiaire de femmes, située dans l'Allemagne du Sud, avant 1848. Aperçu de l'histoire des mœurs.
Cet ouvrage paraît des plus sérieux. Le lecteur en quête de scènes érotiques pour ranimer ses sens malades ne trouvera rien de semblable dans ce livre.
Parmi tous les ouvrages sur la flagellation des femmes—et ils sont légion—je crois que c'est le seul qui soit réellement vrai. Poursuivi en Allemagne au moment de sa publication, ce volume est devenu très rare, et c'est à l'érudit libraire de Dresde, M. D… qui s'occupe exclusivement de livres allemands sur ce sujet, que je dois la communication de l'exemplaire que je possède. Le plan de l'ouvrage est peu compliqué et ce n'est pas là son moindre mérite. Hélène, l'héroïne de l'ouvrage, une jeune femme d'assez bonne éducation et employée comme domestique, est accusée d'avoir volé, arrêtée, condamnée et envoyée dans une maison de correction. Pendant toute sa détention, elle entretient une correspondance suivie avec son fiancé, établi à ce moment dans un autre pays, et écrit également à une de ses anciennes amies. Dans ces lettres, elle décrit tout au long ses souffrances dans la maison de correction, ainsi que les scènes de flagellation dont elle est parfois le témoin involontaire. Comme je l'ai fait observer, l'auteur ne s'attache nullement à faire ressortir les diverses sensations plus ou moins voluptueuses qui accompagnent ordinairement ces pratiques. La jeune héroïne, certainement ignorante à ce sujet, raconte naïvement que les nobles dames du voisinage de la prison ne manquaient jamais une occasion de venir voir fouetter les hommes ou les jeunes garçons envoyés dans cette maison pour y recevoir leur peine!
A l'arrivée à la prison, les condamnées étaient préalablement soumises à la visite du chirurgien, puis fouettées. Le passage où la jeune domestique raconte son arrivée dans cet endroit infâme est certes un des plus intéressants de tout le volume. La place me manquant, je ne puis en citer malheureusement que quelques lignes[72].
[72] Je ne traduis pas littéralement. Je me contente de citer à peu près pour la compréhension de lecteur français.
Hélène, arrivant en voiture à la maison de détention, écrit:
«En descendant, je m'imaginais que quelqu'un avait prononcé ces mots:
«Ah! Ah! voilà un morceau délicat pour «la bienvenue»[73].
[73] La correction infligée à l'arrivée dans la prison s'appelait la bienvenue.
«Le cocher, qu'un gros rire soulevait approuvait de la tête. On me conduisit alors dans un petit bureau situé au rez-de-chaussée, où bientôt entra un homme qu'on me dit être le chirurgien de l'établissement.
«Hélas! c'était la conséquence obligatoire de mon entrée dans cette maison, et je devais me courber sous la loi d'inéluctable circonstance, mais, quoique je reconnaisse maintenant que je devais passer par là, je trouve qu'il n'en est pas moins honteux et dégradant de se plier à de telles exigences.
«Cependant sans avoir prononcé un seul mot, le chirurgien s'était approché de moi, et m'examinait minutieusement. Épargnez-moi l'exposé de mes sentiments pendant que cet homme me regardait: j'en mourrais de honte.
«—Elle est parfaitement saine, dit-il enfin, intacte et vigoureuse; emmenez-la.
«On me conduisit dans une autre pièce, à coté, où un commis inscrivit sur un registre mon état civil, et… mon crime! oui, mon crime! Pourtant, malheureuse que j'étais, je ne pouvais m'imaginer que j'étais une criminelle. Devant la loi, oui; devant ma conscience, jamais! Et c'est là une cruauté nouvelle ajoutée à ma torture.»
L'ouvrage se continue dans un sens approximatif, toujours bien documenté. Il vaut la peine d'être lu[74].
[74] Il vient de paraître cette année même une édition anglaise de cet ouvrage. Elle est due à l'éditeur du présent volume. Souhaitons qu'une édition française suivra bientôt.
Von der Nützlichkeit der Geisselhiebe in medizinischer und physischer Beziehung. Aus dem Lateinischen übersetzt von J. H. Meibomius. (Seltene Uebersetzung von Meibomius, de usu flagrorum in re medica et venerea.) Zwei Theile. Das Geisseln und seine Einwirkung. Eine medizin-philosoph. Abhandlung. Aus dem Französischen, in-8o, Stuttgart, 1847.
Traduction allemande du traité de Meibomius, dont j'ai déjà parlé.
Indecent Whipping, being accounts by numerous persons of their experiences of indecent punishments inflicted in Schools and elsewhere. Reprinted from «Town Talk» by desire. London, 1885[75].
[75] Fustigations indécentes, étant le récit fait par de nombreuses personnes de leurs expériences personnelles sur les fustigations indécentes infligées dans les écoles et ailleurs. Réimprimé d'après le «Town Talk», sur le désir qui en fut exprimé. Londres, 1885.
(Plaquette grand in-8o de 32 pages.)
Très intéressant volume. Édité au prix modeste de 1 fr. 25, on ne le trouve guère aujourd'hui qu'en le payant 10 ou 12 fois ce prix. C'est une série de lettres et d'histoires évidemment très véridiques qui ont paru sur le journal «Town Talk» qui, à ce moment, s'attira à Londres un mouvement de curiosité au moins aussi vif que celui provoqué par la «Pall Mall Gazette», au moment de ses révélations faites par ces vieux messieurs qui violaient de toutes jeunes fillettes, attirées par des proxénètes.
Les flagellations racontées dans cette brochure avaient été infligées en grande part à des jeunes filles d'un âge déjà respectable, soit chez elles, soit dans les écoles. L'éditeur, dans une très brève préface s'excuse d'avoir édité ces lettres, ajoutant que c'est dans le désir de voir la fustigation indécente effacée dans les maisons d'éducation.
Je crois que l'espoir d'une bonne vente n'était pas absolument étranger à cette publication. Les journaux anglais contiennent assez souvent de semblables histoires parfois très scabreuses, pour qu'il soit inutile de s'excuser de les avoir publiées. Que voulez-vous? c'est une partie de la nourriture intellectuelle des jeunes miss!