[53] 1. Exposition des Flagellants femelles dans le monde modeste et incontinent.

2. Seconde partie de l'Exposition des Flagellants femelles dans le monde modeste et incontinent.

3. Les orgies de Lady B—r's—Opéra-comique, comme exécuté sur un Théâtre privé, avec applaudissements sans frein.

4. Traité de l'usage de la verge dans les plaisirs vénériens, et dans l'office des reins et des lombes, par Meibomius. (Voyez plus haut: Meibomius, De l'utilité de la flagellation.)

5. La danse de Mme Birchini. Conte moderne, avec Anecdotes originales recueillies dans des fashionables Cercles, par Lady Termagant F—m.

6. La majesté de la flagellation: en lettres de Lady Termagant F—m à Lady Harriet T—l.

7. Lectures fashionables; composées et prononcées avec la discipline du fouet, par les magnifiques dames suivantes. Londres, imprimé par G. Peacock, 1777.

Lashed into lust. A caprice of a flagellation. Paris, 1899[54].

[54] La luxure dans le fouet. Caprice d'un flagellateur. 1 volume petit in-8o. Deux éditions dont l'une sur papier de Hollande.

Voici maintenant un ouvrage absolument moderne et qui démontre par son existence même, que l'étrange goût de la flagellation n'est pas encore éteint.

Voici le problème que l'auteur anonyme (nous le connaissons personnellement, et c'est un gentleman distingué, ce qui prouve le peu de bonne foi qui préside à l'établissement de ces ouvrages) cherche à résoudre: comment domestiquer et réduire à la soumission une courtisane à la langue acérée qui pense que chaque homme représente sur terre un imbécile, plus qu'un naïf.

L'auteur a résolu ce problème avec beaucoup d'habileté. Ce volume n'a jamais été publié en français quoique l'original ait été écrit dans cette langue. Les acheteurs de cet ouvrage, s'ils supposent acquérir un bréviaire de piété, doivent être tristement déçus: l'auteur a choisi ses héroïnes et leur a assigné un rang hiérarchique dans la haute prêtrise de la galanterie.

Les actrices de ce petit drame sont des parvenues, de naissance et origines diverses.

L'assemblée à la Villa du Nid d'Amour est suffisamment hétéroclite: nous y trouvons la fille du faubourg, coudoyant la femme pervertie du commerçant honnête, à laquelle fait vis-à-vis la dame raisonnable et d'âge presque mûr qui donne de sages conseils à la jeune fille de bonne famille «folle de son corps», enfin toute l'assemblée s'incline devant la hautaine courtisane à la mode qui tout à l'heure criera, suppliera sous les cuisantes morsures de la verge. La principale scène de flagellation a lieu sur un yacht, en pleine Méditerranée. Ce yacht est commandé par un anglais de goûts bizarres, nommé Sir Ralph. A bord une nièce de ce dernier, une jeune femme d'admirable beauté du nom de miss Violet Stafford, maîtresse de Sir Ralph, et la courtisane dont j'ai parlé, formaient l'élément féminin qui devait entrer en scène.

Le premier sujet d'une castigation fut miss Violet, qui pour une peccadille commise un mois auparavant, fut fouettée sans pitié. La courtisane française avait assisté avec grande surprise à la punition de sa jeune amie anglaise, et même essayé de dissuader les bourreaux de leur action infâme. Aussi, je laisse à penser l'indignation qu'elle ressentit lorsque son amant l'informa tranquillement que son tour était venu. Je cite son propre récit que l'auteur lui fait raconter à des amies:

«Je crus qu'il plaisantait et je me mis à rire. Mais lui se tenant debout, le fouet à la main me dit placidement:

«Allons, Nini, déshabillez-vous, la belle!

Comme je le regardais, hébétée, pétrifiée d'étonnement, il reprit criant presque:

«Allons… fais vite,» et au même instant son fouet s'abattait cinglant mes épaules.

«Je poussai un cri de douleur et de rage, et bondis comme une tigresse pour lui arracher le fouet: deux coups rapides me firent battre en retraite.

«Nous étions restés seuls. Je courus vers la porte; elle était fermée en dehors.

«Assassin! misérable lâche!» m'écriai-je éperdument; à chacune de mes exclamations, le fouet retombait sur mes épaules.

«Sir Ralph, d'une voix calme, me disait:

«Prends garde à la figure. Je ne voudrais pas te blesser.» Puis, il continuait, par saccades: «sois raisonnable… déshabille-toi, ou… j'emploie la force—Osez donc, misérable! criai-je de nouveau.»

Et la scène se continue entre amant et maîtresse jusqu'à l'intrusion de nouveaux témoins qui vont prêter appui à l'orgie sanguinaire qui va se dérouler.

Les détails qui accompagnent les descriptions m'empêchent de les citer.

C'est, je crois, le livre le plus érotique qu'il m'ait été donné de lire en anglais.

Théâtre des cruautés des hérétiques au XVIe siècle.—Reproduction du texte et des gravures de l'édition française de 1558. Publié sans doute à Londres, 96 pages.

Prison Characters drawn from life with suggestions for prison government. Female life in prison by F. W. Robinson[55].

[55] Caractères de la prison (en Angleterre); basé sur la vie, avec conseils au gouvernement des prisons. Vie des femmes en prison, par F. W. Robinson.

Deux illustrations, deux volumes, 736 pages.

Les duels par la flagellation.—Je viens de passer rapidement en revue les principaux ouvrages, où des auteurs talentueux ou nuls se sont efforcés de nous raconter par «des scènes vécues» (?) disaient-ils presque tous, que la flagellation fut, est, et sera toujours à l'ordre du jour, qu'elle fait partie intégrante de notre vie. Je suis loin de les approuver, considérant plutôt les malheureux adonnés à cette pratique comme des malades, et rien de plus. Cependant, il est des circonstances où le fouet ou le bâton ont joué un rôle prépondérant. Je me souviens avoir lu dans les journaux américains, il y a quelques semaines à peine, que deux habitants du pays, qui s'étaient voués une haine mortelle, dont la jalousie était la base (cherchez la femme) ont trouvé un ingénieux moyen de mettre fin au conflit qui les séparait. Attachés tous deux solidement à deux arbres vis-à-vis, n'ayant que la main droite de libre, et cette main armée d'un gourdin, ils se sont administrés réciproquement une telle volée de coups, qu'il est plus que probable qu'ils ont trouvé dans la mort l'unité qu'ils n'avaient pu avoir de leur vivant. Voilà un duel, qui, je crois, ne sera pas goûté de sitôt dans la vieille Europe. Mais en Amérique…

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*     *

Le Journal illustré, dans son numéro du 4 mars 1900 donne en première page une gravure représentant un duel au fouet entre deux charretiers, duel qui se termina tragiquement, l'un des deux combattants ayant eu l'œil crevé.

Voici les faits tels que les a relatés le Petit Journal:

«Deux charretiers, Georges Falga et Emmanuel Ricci, âgés vingt-trois ans et vingt-six ans, vivaient en paix… lorsqu'à La Garenne-Colombes, où ils demeurent, ils firent la connaissance d'une fort jolie fille dont ils s'éprirent éperdument et que tous deux désiraient épouser. Falga, plus heureux que son rival, ayant obtenu, avec le consentement du père, celui de la jeune personne qui ne voulait pas de Ricci parce qu'il est Italien, s'empressa de faire part à ce dernier du résultat de sa démarche.

Furieux d'être ainsi évincé, l'Italien jura de se venger.

Hier matin, vers six heures, comme les deux rivaux, avant de se rendre à leur travail, prenaient leur repas dans un débit de la Garenne, une violente discussion s'éleva entre eux, à propos du prochain mariage de Falga, et de grossières invectives furent échangées. Ils allaient en venir aux mains, lorsque d'autres charretiers, témoins de la scène, s'interposèrent et proposèrent aux deux hommes d'aller vider leur querelle dans un duel en champ clos.

L'arme choisie serait le fouet dont chacun d'eux était armé. Les conditions de ce singulier duel réglées, Falga et Ricci, suivis de leurs témoins allèrent se placer dans un terrain situé à quelque distance du débit.

Mis en face l'un de l'autre, chacun tenant son arme, les combattants, qui, au préalable s'étaient dévêtus jusqu'à la ceinture, attendirent le signal et se mirent immédiatement à se cingler consciencieusement le visage et le torse de terribles coups de fouet.

D'énormes zébrures, laissant échapper le sang, ne tardèrent pas à apparaître sur la peau des deux adversaires, qui redoublant d'ardeur, se frappaient comme des sourds. Le combat durait depuis quelques minutes, lorsque tout à coup, Ricci poussa un cri terrible et chancela. Le fouet de son rival venait de lui atteindre l'œil.»

Les corrections conjugales et les littérateurs, anciens et modernes.—Cette grave question: Doit-on ou ne doit-on pas battre sa femme? a fait couler des flots d'encre à pas mal de littérateurs.

Il est bien un vieux proverbe qui dit «qu'il est permis de battre sa femme, mais qu'il ne faut pas l'assommer», et comme il est universellement reconnu que les proverbes sont la sagesse des nations, nous devons prendre celui-là en bonne part.

«Battre sa femme, dit M. Esquiros, est un usage fort ancien dans le monde et notamment en France… Toutes les sociétés commencent, comme l'humanité, par l'état sauvage, lequel entraîne toujours l'emploi aveugle de la force. De vieilles cérémonies religieuses consacraient même cet usage en plusieurs provinces; le droit en était accordé au mari comme une franchise.»

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*     *

En Angleterre, écrit M. Larcher, la loi qui permettait au mari de battre sa femme gratuitement a subsisté jusqu'en 1660.

Depuis ce temps, moyennant une faible amende, tout mari anglais peut infliger de rudes corrections à sa femme.

A notre époque, dans ce pays, il ne se passe pas une semaine, pas un jour même, sans qu'une feuille publique, soit de Londres, soit de la province, n'annonce qu'un mari a horriblement maltraité sa femme. Ces actes de brutalité conjugale sont depuis longtemps si communs en Angleterre, que le public n'y donne plus aucune attention; ils passent en quelque sorte inaperçus. On se dit: «Ce n'est rien, c'est un homme qui a corrigé sa femme,» tout aussi simplement qu'on se dirait: «Ce n'est rien, c'est un homme qui a battu son chien.» Il est même à supposer que les chiens, s'ils subissaient les mauvais traitements que subissent un grand nombre de femmes, trouveraient plutôt des défenseurs que ces dernières… Dès l'instant que de tels actes de barbarie ne soulèvent plus l'indignation publique, le devoir des législateurs serait d'aviser au moyen d'y mettre un terme… Est-ce au mari, au mariage ou à la femme qu'il faut s'en prendre? Que l'on cherche et l'on trouvera.

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Une bonne correction, dit Salomon, vaut mieux aux femmes qu'un collier de perles.

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Tilly fait la remarque que les femmes résistent souvent aux plus nobles procédés, et sont presque toujours subjuguées par le charme des plus mauvais traitements.

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Le Petit Bleu du 15 mars 1900, publiait l'entrefilet suivant:

Battu et ridiculisé.Montluçon.—Il existe à Montluçon une vieille et originale coutume locale qui veut que tout mari qui se laisse battre par sa femme soit promené par la ville la tête coiffée d'un bonnet de coton, une quenouille en main en guise de sceptre et monté à l'envers sur un âne.

Cette pratique quelque peu comique est toujours en vigueur. Aussi, avant-hier soir, vers six heures, à la sortie des usines, plus de trois mille personnes se trouvaient-elles sur le pont Saint-Pierre et aux abords pour voir passer un cortège de mari battu.

Le patient était un ouvrier d'usine, à qui sa femme avait donné une maîtresse gifle à la suite d'une querelle conjugale, et à qui ses camarades d'atelier appliquaient la peine encourue en pareil cas, suivant le rite usité.

Le malheureux, cavalcadant à l'envers sur un âne de marinier, le chef ceint d'un casque à mèche et portant dans le dos une pancarte infamante, où étaient écrits ces mots: «Battu par sa femme et content,» fut promené par toute la ville, essuyant les lazzis les plus sanglants d'une foule sans pitié.

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Bien d'autres auteurs ont agité cette question, mais les citer tous m'écarterait sensiblement de mon programme.

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A l'ombre.—Traduit pour la première fois de l'Anglais pour la Société des Bibliophiles, 1 volume, in-18o papier vergé. (Édité à 10 francs.)

Dans son prospectus, l'éditeur de cet ouvrage dit:

«Il est assez délicat de donner une idée du livre, vu sa nature ultra-légère. Contentons-nous de dire que ceux que ne choquent pas les robes qui se retroussent et les cotillons qui découvrent ce qu'ils devraient cacher, ceux-là, disons-le, trouveront leur compte dans ce volume singulièrement pimenté. Est-il besoin d'ajouter que l'application de la verge et de la main sur d'affriolantes rondeurs y joue un rôle prépondérant; c'est un des traits caractéristiques de cette sorte de littérature, et, dans cet ouvrage, c'est pour ainsi dire à chaque page que se manifeste ce goût étrange dont tant d'ouvrages sérieux ont affirmé et commenté l'existence.»

Les Loups de Paris, par Jules Lermina[56].—Ce n'est pas sous un titre semblable que l'amateur d'ouvrages sur la flagellation, penserait trouver une terrible scène de fustigation. Le hasard—qui fait parfois bien les choses au profit des bibliomanes—m'a fait rencontrer ce livre qui, à première vue, semble être un roman-feuilleton fort banal. En le feuilletant, j'y ai trouvé quelques études intéressantes, où le document n'est pas dédaigné, mais l'auteur, obéissant aux lois inexorables de la compréhension populaire, a dû mettre sa tâche à la hauteur de Mme Pipelet qui s'en est donnée à cœur joie: des massacres, cambriolages, vols avec effractions, assassinats: «O ma chère! c'est palpitant.»

[56] Grand in-8o, avec un frontispice en couleurs (grande chromolithographie pliante).

Arrivons au passage qui nous intéresse. Il s'agit d'une tentative d'évasion dans un bagne. Le forçat coupable est condamné à recevoir cinquante coups de bâton. Je cite textuellement:

On entraîna le coupable. Entraîner n'est pas le mot propre, car il suppose résistance. Et il se laissait faire, comme s'il n'eût été qu'une masse inerte…

Les forçats avaient été convoqués, selon l'usage, pour assister au châtiment, à l'expiation…

L'évadé fut dépouillé jusqu'à la ceinture…

Un condamné à vie s'avança tenant en main l'instrument du supplice. En cette année-là, on faisait l'essai d'un fouet d'importation anglaise, le cat-o-nine tails, touffe de neuf lanières, garnies de petites balles de plomb.

L'exécuteur fit siffler dans l'air le cuir, qui rendit un bruit sec comme un coup de feu.

Le condamné resta immobile, les poignets appuyés sur le billot de bois.

Il faut dire que chaque coup du cat-o-nine tails, était compté pour dix coups ordinaires. C'était donc cinq rasades seulement, terme consacré, que le patient devait recevoir.

Un!… Son dos se marbra de bleu et de rouge.

Il ne remua pas.

Deux! Il y eut du sang.

Même immobilité.

—Diable! fit un des assistants, voilà une forte nature. Qui se serait attendu à cela? Ordinairement, on tombe au troisième.

Bah! ce sera pour le quatrième.

Mais le troisième tomba net sur les épaules l'homme…

Le quatrième enleva quelques lambeaux de chair…

L'autorité n'en revenait pas. Ce fouet britannique ne remplissait pas les conditions du programme…

—Cinq!

C'est fait. Le condamné se redressa. Il y avait là un baquet rempli d'eau dans laquelle on avait fait dissoudre quelques kilos de sel marin.

—Vous permettez? demanda-t-il.

Et sans attendre la réponse, il plongea dans l'eau la toile grossière qui servait d'éponge, et le liquide ruissela sur ses épaules…

Il ne frémissait même pas. Et cependant, à voir la chair écrasée, la douleur devait être atroce…

Mais lui, sachant que, sa peine subie, il rentrait dans les rangs, à sa place, alla se mettre dans le groupe des forçats, endossant la casaque dont on l'avait dépouillé…

—C'est une mystification, dit un surveillant.

De fait, ils étaient tous consternés.

—Il y a un autre condamné, fit un garde-chiourme. On pourrait essayer.

—Soit…

La condamnation était moins grave. Vingt coups, ce qui se résolvait en deux coups de fouet de nouvelle invention…

—C'est l'exécuteur qui a le poignet trop mou, objecta quelqu'un.

Celui qui venait de recevoir les cinq coups dit, mettant le bonnet à la main:

—J'offre de frapper le patient.

—Tu n'auras pas la force.

—Essayez.

—Soit.

Le forçat qui avait encouru la peine, pour quelque peccadille d'insubordination, était un énorme colosse dont les épaules, le torse, le râble semblaient taillés en plein bronze…

Il se posa, arrogant, défiant du regard le poignet fin et sans doute faible de cet exécuteur de hasard.

—Bonne affaire! murmura-t-il. Si celui-là me démolit…

Il n'acheva pas.

On entendit un cri, un râle.

L'homme était par terre, crispant ses ongles au sol.

Un seul coup du cat-o-nine tails l'avait abattu.

Le médecin s'approcha… Une sorte de gloussement sortait de sa poitrine, tandis qu'une écume rougeâtre souillait ses lèvres.

—Il ne résisterait pas au second coup, dit le médecin. Bien heureux s'il réchappe de cette première alerte…

C'était fait.

Les gardes-chiourmes appelèrent les hommes à la grande fatigue.

La flagellation dans la gravure, la caricature, en politique.—Là aussi, la flagellation a joué un rôle important. Mais cette partie demande une étude spéciale. Je ne citerai donc que quelques exemples.

Qui ne se rappelle le numéro publié par le Le Rire, entièrement illustré par le dessinateur Willette? Une des gravures, la plus amusante peut-être, représente un intérieur britannique, et, cependant que le père lit la Bible, la mère éponge le postérieur d'une fillette. Légende: En Angleterre, les petites filles sont bien gentilles, mais trop souvent fouettées.

*
*     *

Au moment où j'écris ces lignes, La Caricature, journal satyrique donne en première page un dessin représentant la reine Victoria, flagellée vigoureusement par le Président Krüger. Cette caricature, considérée à juste titre comme outrageante, a eu un immense retentissement de l'autre côté du détroit.

Dans son numéro du 30 avril 1800, Le Courrier français donne un merveilleux dessin de Willette à propos du rétablissement de la flagellation en Virginie. La légende du dessin porte:

«Les journaux publient une dépêche de New-York annonçant que l'Assemblée législative de l'État de Virginie a voté une loi permettant d'appliquer les châtiments corporels en public.

«La première à qui cette loi a été appliquée est une jeune fille de dix-huit ans qui a été fouettée sur la place publique de Manassas, parce qu'elle avait des relations immorales avec un clergyman.»

Sans commentaires.

Une petite brochure vient de paraître, sous le titre. Les Crimes des couvents[57], qui contient des détails si révoltants sur des faits qui se sont passés dernièrement, d'une telle férocité que le sujet mérite d'être étudié à fond.

[57] B. Guinaudeau.Les Crimes des couvents.—L'exploitation des Orphelins. Paris, 1889. 1 brochure de 72 pages, 50 centimes.

Je réserverai donc cette étude pour un autre ouvrage, car ici, la place me fait défaut.

Traité du fouet, et de ses effets sur le physique de l'amour, ou aphrodisiaque externe.—Ouvrage médico-philosophique, suivi d'une dissertation sur les moyens d'exciter aux plaisirs de l'amour, par D… (Doppet) médecin, 1788, 1 vol. in-18 de 108 pages, plus 18 feuillets préliminaires.

Le Traité du fouet est une imitation plagiaire du traité de Meibomius, dont j'ai déjà parlé. Ici tout est libertinage et satire grossière. Le lecteur n'y apprendrait rien d'utile; en revanche, il y peut trouver les moyens de ruiner sa santé, car l'ouvrage contient une pharmacopée très étendue des plus actifs aphrodisiaques, réduits en électuaires formulés, suivie d'une liste raisonnée des plantes analogues à la vertu de ses récipés.

J'ai sous les yeux une réimpression de ce volume qui porte: Londres, 1891. Cette édition est précédée d'une notice bibliographique dont je cite quelques passages intéressants:

L'auteur du Traité du fouet est François-Amédée Doppet, médecin, littérateur et général français, d'origine savoisienne, né a Chambéry en mars 1753, et mort à Aix (Savoie) vers l'an 1800. Sauf Quérard, France litt. et la Biogr. génér. de Hœfer qui donnent l'énumération exacte de ses nombreux ouvrages, il n'est guère brièvement cité par les autres biographes, que pour l'ouvrage qui nous occupe.

La première édition a pour titre: Aphrodisiaque externe, ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique de l'amour, ouvrage médico-philosophique suivi d'une dissertation sur tous les moyens capables d'exciter aux plaisirs de l'amour, par D***, sans lieu d'impression (Genève) 1788, in-18 (disent Brunet, Graesse et le comte d'I***), in-16 (disent Barbier, Quérard et Hœfer) de 158 pages.

Il est à remarquer que tous les biographes indiquent Genève comme lieu d'impression, tandis que la Bibliographie du comte d'I***, seule, indique Paris.

La Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, etc. Turin et San Remo, 1871-1873, en annonçant, au Traité du fouet, une figure-frontispice, qui n'a jamais existé que dans l'imagination un peu vagabonde des éditeurs, ajoute que le Médecin de l'amour paru à Paphos (Paris) en 1787, in-8o, est un essai du même ouvrage. C'est une profonde erreur. Le Médecin de l'amour, est tout simplement une véritable histoire médico-romanesque n'ayant aucun point de ressemblance avec le Traité du fouet.

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Il se rencontre aussi des exemplaires de cette édition originale portant un titre ainsi libellé: Traité du fouet, ou Aphrodisiaque externe, etc. A Paris, chez les marchands de nouveautés.

Une réimpression à très petit nombre a eu lieu à Paris ou à Lille, au commencement de ce siècle (1820 à 1825). Cette édition contient 108 pages, la table comprise; elle porte sur le titre, pour épigraphe, un passage latin, tiré de l'ouvrage de Meibomius. Elle est bien imprimée, son bon papier ordinaire collé, d'une teinte légèrement bleuâtre.

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Il est à remarquer que la seconde partie de cet ouvrage, intitulée: Dissertation sur tout les moyens capables d'exciter aux plaisirs de l'amour, ne fait point partie essentielle du Traité du fouet. C'est plutôt une pharmacopée aphrodisiaque très curieuse.

Aussi cette partie a-t-elle été détachée de l'ouvrage et reproduite avec des annotations, depuis peu, à l'étranger.

On y a même joint un frontispice très épicé, dont l'allégorie, aussi frappante qu'ingénieuse, rappelle d'une façon toute gaillarde, le souvenir des Fleurs animées de Granville.

Histoire des Flagellans, où l'on fait voir le bon et le mauvais usage des Flagellations parmi les chrétiens, par des preuves tirées de l'Écriture sainte, etc., traduit du latin de M. l'Abbé Boileau, docteur de Sorbonne (par l'abbé Granet), Amsterdam, chez Henri Sauzet, 1732 (1 vol. in-12).

Diverses éditions en latin, français et anglais.

—Tout est vraiment digne d'attention dans ce livre, publié vers la fin de l'année 1700, par l'abbé Boileau, frère du célèbre Despréaux. Cet excellent écrit que l'abbé Irailh, a eu le grand tort d'appeler un livre saintement obscène traduit en français dès 1701, puis en 1732 par l'abbé Granet, l'éditeur des œuvres du savant de Launoy, n'excita pas moins, quand il paru une grande rumeur parmi les moines, les théologiens et surtout chez les jésuites, soit à cause des opinions jansénistes imputées à l'auteur, soit par une suite de cette déplorable prédilection que les jésuites ont toujours eue pour la discipline d'en bas. Le père du Cerceau et l'infatigable controversiste Jean-Baptiste Thiers, curé de Vibraye, s'emportèrent cruellement contre l'abbé Boileau. De leur côté les moines et les moinesses firent grand bruit. Mais de réfutation concluante, il n'en parut aucune.

L'abbé Boileau poursuit, en dix chapitres, la flagellation, spécialement la flagellation volontaire, depuis son origine jusqu'à son époque, sous toutes ses formes et ses prétextes, comme une indigne coutume née du paganisme et de l'esprit de libertinage.

Ne fait-il pas beau voir le père Girard donnant la discipline à la belle Cadière, pour commencement de satisfaction, et cela, parce que liberté pareille a été prise, sans encombre de chasteté, par saint Edmond, Bernardin de Sienne, et par le capucin Mathieu d'Avignon?

A en juger par la nature humaine, qui est la même partout, la flagellation du christianisme n'a pas eu d'avantages sur celle des lupercables, et dans le nombre des dévotes fouettées, nous avons dû avoir autant de femmes compromises que les Romains.

Hector France dans «Le Péché de sœur Cunégonde» (Paris s. d. In-4o illustré) nous donne une très amusante scène de pénitence religieuse. Je cite textuellement:

«Cependant, ce n'était pas de l'Ave Maria dont s'occupait une religieuse, car en passant devant une porte sur laquelle était écrit le nom de sœur Sainte-Irène, on entendit le bruit de ce que Rabelais nomme une Cinglade, mais une cinglade timide et molle, précédée et suivie de petits gémissements.

—Restez là, dit monseigneur à la petite fille en s'arrêtant et frappant trois coups. Peut-on entrer? ajouta-il.

—Je me meurtris aux épines de la mortification, répondit une voix plaintive.

—Quelle mortification?

—Je me flagelle.

—Eh! ma sœur, dit le directeur en poussant la porte qu'il referma sur lui, c'est sur la chair qu'il faut frapper, ma sœur, la chair! la misérable chair! Avez-vous le cordon de Jésus-Marie-Joseph?

—Oui, monseigneur, le voici.

—Allons, plus haut, retroussez votre tunique de lin!

Et presque aussitôt la petite fille, terrifiée, entendit les cinglements de la corde devenir plus stridents, et à chaque coup s'accentuer les plaintes.

—Invoquez le nom de Jésus, dit le prélat et les épines de la mortification se changeront pour vous en feuilles de rose.

—Oh! doux Jésus! dit la sœur.

—Les morsures de la flagellation se tourneront en suaves blandices.

—Oh! doux Jésus!

—Les souffrances du martyre en jubilation.

—Oh! doux Jésus!

—Les angoisses de l'agonie se transformeront en céleste béatitude.

—Oh! doux Jésus! Grâce, monseigneur! vous frappez trop fort.

—«Alors Ponce Pilate, après avoir fait fouetter Jésus, le livra aux Juifs pour être crucifié.» C'est en mémoire de cet acte que notre sainte patronne Élisabeth de Hongrie livrait sa chair à la flagellation et la sainte ne se plaignait pas de la violence du pieux Conrad. Elle disait à chaque coup: «Plus fort, très cher père Conrad, plus fort!» Aussi elle est assise à la droite du Père.

—Plus fort, monseigneur! Frappez sur ma misérable chair. Oh! doux Jésus! Aïe! Aïe!

—Le sol est durci sous la lourde pression de vos péchés, il faut frapper, ma fille, pour pouvoir enfoncer la racine de vertu.

—Oh! doux Jésus! Quelles délices! oh! doux Jésus! monseigneur! Oui… enfoncez… la… racine… de… vertu… Oh! Joies du Paradis!

—Vous avez gagné 643 jours d'indulgence plénière, agenouillez-vous, priez et réjouissez-vous.

—«Réjouissons-nous! J'ai vu la rosée tombée du ciel, j'ai vu la chaste nuée d'où le juste est sorti, j'ai vu le désiré, j'ai vu le rejeton de David, j'ai vu le fils de la Vierge, j'ai vu le Messie, j'ai vu Emmanuel, j'ai vu Jéhovah, notre juste, c'est en mon Jésus! Il va bientôt venir. Oh! Joies du Paradis!»

Amen! Le voici, ma sœur!

—Jésus! Marie! Joseph!

—Courbez plus bas la tête, ma fille.

—Ah! doux Jésus! L'esprit saint est en moi! Et la petite fille, qui écoutait toute tremblante, n'entendit plus que des soupirs étouffés. Sans doute la sœur Sainte-Irène, touchée par l'onction intérieure de la grâce, demeurait plongée dans la contemplation des perfections infinies et noyée dans une amoureuse union avec le fils du Père éternel… ou avec son ministre, Mgr de Ratiski… Mystère[58]!…

[58] Une curieuse gravure illustre ce passage.

Hector France.La pudique Albion. Les nuits de Londres. 1 vol. in-18o jésus, 332 pp. (Paris, 1885).

Dans ce volume, page 203 commence un chapitre intitulé Filles fessées. Comme ce chapitre occupe 13 pages, je ne puis le citer en entier, quoiqu'il en vaille la peine. Voici quelques-uns des passages les plus pittoresques:

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*     *

«Traversant un matin un corridor pour se rendre à sa classe, il (La Cecilia, professeur de français à cette époque) entendit des supplications suivies d'un bruit ressemblant a ce que nos pères appelaient une cinglade, et nous, une forte fessée. Or, comme les plus jeunes élèves de l'école n'avaient pas moins de douze ans, le châtiment lui parut si extraordinaire en raison de la pudibonderie anglaise qu'il prit avec toutes sortes de précautions, des informations sur la nature de ce bruit insolite, près de la sous-maîtresse assistant à son cours.

—Oh! répondit-elle en rougissant un peu, c'est une petite fessée (little whipping) qu'on a infligée à cette mauvaise tête de miss O'Brien.

Miss O'Brien était précisément une des plus grandes élèves, superbe Irlandaise de dix-sept ans mais qui en paraissait vingt, tant la nature avait pour elle été prodigue.

—Vous ne voulez pas dire, répliqua La Cecilia stupéfait, qu'on a donné le fouet à cette grande fille?

—Parfaitement, «le fouet», comme vous l'appelez; c'est l'usage de la maison.

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Voici une lettre reproduite dans ce livre; elle est d'un gentleman nommé G. Ferguson:

«Quant à l'abominable pratique de fouetter les jeunes filles dans les écoles, écrit-il, je veux vous relater ce qui vient d'arriver dans une pension du nord de Londres à une jeune personne dont je suis le tuteur. Elle a dix-huit ans et y fut envoyée pour terminer sa dernière année d'éducation. Un soir, une des plus jeunes du pensionnat, fillette de douze ans, ayant été fort désobéissante, la maîtresse ordonna à ma pupille de fouetter, en sa présence, la petite dont elle retroussa aussitôt, elle-même, les jupons. L'autre naturellement, stupéfiée de cet ordre, refusa nettement de l'exécuter. Alors, la maîtresse, après avoir fessé très sévèrement la fillette, conduisit ma pupille dans la classe où sept ou huit autres de ses compagnes travaillaient, leur disant qu'elle allait faire un exemple. Elle ordonna à la jeune fille d'ôter sa robe et son pantalon, la menaçant, si elle n'obéissait pas, d'envoyer chercher le maître d'allemand pour la déshabiller. Affolée, elle céda et fut contrainte de se tenir devant ses camarades dans la plus humiliante et la plus indécente des attitudes, la moitié de ses effets enlevée et l'autre moitié retroussée jusque sur ses épaules, tandis que la maîtresse la frappait avec une verge de bouleau jusqu'à ce que le sang ruisselât sur ses cuisses; alors seulement elle s'arrêta et l'envoya au lit.»

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Je détache ce passage de la lettre d'une dame:

«L'âge où le fouet agit le plus efficacement sur les jeunes personnes varie entre quinze et dix-huit ans. C'est l'époque où les passions fermentent, prennent de la force, et il faut user d'un traitement radical. Pour les filles plus jeunes, quelques coups de baguettes bien appliqués sur le gras des jambes ou des bras produit d'ordinaire l'effet désiré. Naturellement il n'est pas possible d'établir une règle quant au nombre des coups. Tout dépend des tempéraments et des caractères. Deux filles recevant le fouet ne se conduisent pas toutes deux de la même façon sous la douleur; les unes ont la chair plus sensible que les autres, mais en général, un coup par année est ce qu'il y a de plus équitable et de plus logique. Ainsi douze coups pour une fillette de douze ans. Une de trois lustres en recevra quinze et ainsi de suite.»

«A cette théorie si simplement exposée», dit Hector France, «je n'ajouterai pas un mot. Tout commentaire serait superflu».

Maurice Alhoy.Les Bagnes; Histoire, types, mœurs, mystères.Édition illustrée. Paris, 1845. Un volume grand in-8o de 480 pages.

Très intéressant ouvrage qui contient un long chapitre sur la bastonnade et les punitions corporelles au bagne. Je cite les passages qui m'ont semblé les plus intéressants au point de vue du document.

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De nos jours dans les bagnes, l'office de l'exécuteur existe encore; mais ses fonctions se réduisent presque toujours à appliquer la bastonnade, châtiment qui résume là, à quelque exception près, presque toute la collection des peines… Le forçat voleur, faussaire, faux monnayeur, vit sous la tutelle de la loi, qui semble morte pour lui comme il est mort pour elle, et il peut commettre impunément tous les crimes contre la propriété, il ne court risque que de se voir étendu sur une souche qu'on nomme banc de justice, et frappé par un bras vigoureux d'un nombre de coups de gercette ou corde goudronnée, qui varie de dix à cent; et à moins que le condamné ne joue du couteau contre son gardien, qu'il ne l'étouffe dans ses bras ou qu'il ne le jette dans les flots, il rachètera tous les crimes par la flagellation.

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Il y eut à Rochefort un forçat surnommé Jean le Bourreau, qui accomplissait ses fonctions avec un appétit carnassier qui s'exaltait tellement quand le sang venait à saillir, qu'il fallait mettre près de lui plusieurs agents afin qu'il ne prolongeât pas le supplice du patient au delà des limites fixées par le jugement. Cet homme était d'une haute stature, et quoique bancal, sa force était prodigieuse. Les cicatrices d'un coup de couteau dans la main et plusieurs autres blessures dont les stigmates tatouaient ses membres, témoignaient de la haine profonde qu'il inspirait. Les liens de la parenté ou de l'intimité n'avaient aucune puissance sur la nature de cet homme; on le voyait vers le soir attendre l'heure de la rentrée des condamnés, comme le fauve qui guette un troupeau dans lequel il lui faut une proie. Un jour on lui livra pour la correction son propre neveu, forçat comme lui; et celui-ci fut si vigoureusement châtié par son inflexible oncle, qu'il faillit perdre la vie.

J'ai vu à l'hôpital le forçat Pitrou, qui avait passé par les mains de Jean le Bourreau jusqu'à vingt-cinq fois; il était impossible de regarder sans horreur le corps de ce condamné: de la nuque au talon on eût dit un spécimen de ces grandes figures d'écorchés qui servent aux études anatomiques.

La bastonnade produit un effet qui varie suivant la nature du condamné. Tel forçat n'éprouve, en la subissant, que la douleur physique, tel autre en ressent un ébranlement moral qui le rend plus indomptable ou le frappe d'atonie. Le fameux Pontis de Sainte-Hélène reçut les coups de corde sans rien perdre de cette dignité qui imposait même aux plus cyniques de la chiourme. Il subit ce châtiment sans se plaindre, et dit qu'il ressemblait au Christ innocent et flagellé. L'abbé Molitor, victime d'une cabale formée par ses compagnons de chaîne, subit la bastonnade et oublia plus vite la douleur que l'humiliation… M. le Dr Lauvergne cite un forçat, voleur, incorrigible qui, chaque jour avant le ramas, venait régler avec le commissaire la balance de ses larcins et de sa bastonnade.

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EXTRAIT DU CODE PÉNAL DES CHIOURMES

Sera puni de la bastonnade:

Le forçat qui aura limé ses fers ou employé un moyen quelconque pour s'évader;

Le forçat sur lequel il sera trouvé des objets de travestissement;

Le forçat qui volera une valeur au-dessous de 5 francs;

Le forçat qui s'enivrera;

Le forçat qui jouera des jeux de hasard;

Le forçat qui fumera dans le port ou dans sa localité;

Le forçat qui vendra ou dégradera ses effets;

Le forçat qui écrira sans permission;

Le forçat sur lequel il sera trouvé une somme au-dessus de 10 francs;

Le forçat qui battra son camarade;

Le forçat qui refusera de travailler ou commettra un acte d'insubordination.

A la campagne (traduction de Country retirement) ou comment employer agréablement les loisirs de la vie de château, traduit pour la première fois de l'anglais pour la société des Bibliophiles cosmopolites.

1 volume in-18, papier vergé (publié à 10 francs).

Cet ouvrage, fort libre, écrit avec beaucoup de chaleur, est une suite de scènes lubriques où la flagellation joue le rôle principal.

Ces tableaux sont curieux par leur originalité, mais franchement obscènes.

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QUELQUES OUVRAGES ALLEMANDS
SUR LA FLAGELLATION

Depuis quelques années, un certain intérêt s'est manifesté outre-Rhin, sur les sujets touchant la flagellation et les punitions corporelles.

Aussi, pour bien compléter cette bibliographie, je crois bon de donner un résumé des principaux ouvrages allemands en la matière.

Die Körperstrafen bei allen Völkern von den ältesten Zeiten bis auf die Gegenwart. Culturgeschichtliche Studien von Dr. Richard Wrede. Mit 118 Illustrationen und 1 Tafel. Gross 8o. 480 Seiten[59].

[59] Les punitions corporelles chez tout les peuples—depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Étude morale très documentée de M. le Dr Richard Wrede avec 118 illustrations et 1 tableau, volume in-8o, 480 pages.

Cet ouvrage est très documenté et très étendu dans ses détails. Il traite des persécutions des chrétiens et des fustigations employées à leur égard, puis il s'occupe des sectes des flagellants et de l'inquisition. Suit une description des droits de justice au moyen âge, du rôle joué par le bâton et le fouet dans l'armée et la flotte, et des punitions corporelles dans les nations slaves. Les punitions à l'école et l'emploi de la fustigation au point de vue sexuel et anormal sont traitées sous les titres généraux de Masochisme, Sadisme et Massage. L'ouvrage contient quelques illustrations intéressantes.

Stock und Peitsche im XIX. Jahrhundert. Ihre Anwendung und ihr Missbrauch im Dienste des modernen Straf und Erziehungswesens. Von D. Hansen[60].

[60] Bâton et fouet au XIXe siècle,—leurs applications et leurs abus au système des punitions corporelles et de l'éducation, par D. Hansen, 2 volumes.

Deux volumes qui, comme l'indique le titre, traitent du bâton et du fouet au point de vue de la discipline morale. Le second volume est réservé à l'emploi de ces deux instruments dans les différents pays, ainsi que de leur application dans les maladies sexuelles. Très intéressant ouvrage. La façon de traiter est très moderne.

Der Flagellantismus und die Flagellanten. Eine Geschichte der Rute in allen Ländern von Wm. M. Cooper. In das Deutsche übertragen von Hans Dohrn[61].

[61] La flagellation et les flagellants.—Une histoire du bâton dans tout les pays, par Wm. M. Cooper, traduite en allemand par Hans Dohrn.

Un volume de 196 pages. Quelques curieuses illustrations, mais point libres. Ce volume paraît être une traduction littérale de l'ouvrage anglais «History of the Rod», dont j'ai déjà parlé plus haut.

Das Deutsche Zuchthaus. Ein Beitrag zur Geschichte seiner Entstehung, Einrichtung und der darin geltenden Disciplinar-Strafen. Nebst einem Anhang: «Hausordnung des Zuchthauses zu Waldheim» von Cäsar Krause. Mit 1 Abbildung (Der Willkomm)[62].

[62] La maison de correction allemande.—Une contribution à l'histoire de son origine, établissement, et de la punition disciplinaire qui sont appliquées,—avec un appendice.—Réglementation sur la direction de la maison correctionnelle de Waldheim, par César Krause, avec frontispice.

Brochure traitant des punitions corporelles dans les prisons allemandes. Plus la lutte pour l'existence devient difficile, plus les punitions à infliger aux criminels devient importante et l'un des éléments primordiaux de cette question est l'application des peines corporelles.

Qu'est au juste une maison de correction allemande? Quels en sont le but et la direction? Comment y applique-t-on les punitions corporelles? Quel sentiment domine le règlement des punitions appliquées? C'est à ces questions complexes que répond cette brochure. Comme l'auteur l'indique dans sa préface, ceci n'est qu'un essai pour tirer de l'obscurité un sujet qui n'a pas reçu jusqu'ici l'attention qu'il méritait. La présente petite brochure comble une lacune dans ce genre de littérature. L'ouvrage contient une illustration représentant la correction infligée à un malheureux qui, presque nu, est entouré d'une foule curieuse où les femmes dominent avides de sensations mauvaises. Le prisonnier, couché sur un chevalet, est fortement maintenu.

Die Geheimnisse der Inquisition. Von M. Féréal. Grosse Ausgabe mit Illustrationen. Ein starker Band. (600 Seiten.) Bestes Werk über die Gräuel der Inquisition in Spanien.[63]