La thèse serait trop facile à soutenir par les faits; elle n'aurait qu'un tort: nous éloigner de notre sujet.
Trois autres débris du passé excitent fortement l'intérêt: la Tour de la Grosse Horloge, avec ses grandes croisées ogivales et sa voûte pittoresque, portant aux deux faces extérieures un large cadran, tandis que le tympan et les deux faces latérales de l'intérieur sont couverts de bas-reliefs des plus originaux. Tout bon Rouennais, attaché aux légendes de sa ville natale, soutiendra que ces scènes représentent Rouen, personnage fantastique, fondateur de la cité!
Le moindre coup d'œil prouve qu'il s'agit de la parabole du Bon Pasteur, gardant avec amour son troupeau. Le ciseau de l'artiste a finement fouillé la pierre et l'on contemple longtemps son œuvre avec plaisir.
La Grosse Horloge date de la fin du quatorzième siècle. Elle a conservé une cloche d'argent célèbre qui, chaque soir, tinte pendant un quart d'heure. Réminiscence poétique, dans une ville avant tout commerciale, «du bon vieux temps», où Guillaume-le-Conquérant édictait la loi du couvre-feu! Alors, dès que sonnait la cloche impérieuse, les bourgeois étaient tenus de rentrer chez eux et, bientôt, toute lueur devait disparaître des châssis, sertis en plomb, pratiqués dans la devanture des maisons.
La Tour Jeanne d'Arc porte, semble-t-il, un nom usurpé. La prison où la sublime héroïne fut jetée aurait, pour cause de ruine, été démolie sous le premier Empire. Qu'importe!
Si Jeanne passa seulement une heure dans le donjon conservé ou si elle y subit son abominable captivité, ces murailles n'en gardent pas moins une empreinte sacrée et nous l'inscrirons aux dernières lignes de la relation de notre séjour à Rouen, car elle ne saurait supporter aucun autre voisinage.... Elle doit rester en nos cœurs comme un gage de foi, comme un germe d'espoir bien cher au milieu de la nuit cruelle où parut sombrer l'avenir de la Patrie!...
Et, maintenant, arrêtons-nous devant ce qui subsiste de l'ancien Palais des ducs de Normandie, autrefois baigné par la Seine, dont il est maintenant séparé de toute la largeur d'une rue et d'un beau quai.
Les vieilles écuries, transformées en entrepôt de douane, la voûte, deux ou trois salles, le tout remarquable par l'épaisseur des murs et la solidité, la massivité des charpentes, occupent moins cependant que la Basse-Vieille-Tour, sous le gracieux baldaquin de laquelle on arrive par une double rampe de quelques marches. Là, au premier étage, le jour de l'Ascension, avait lieu, chaque année, la délivrance d'un condamné à mort. La cérémonie remontait à l'épiscopat même de saint Romain.
La légende porte qu'une affreuse gargouille désolant les faubourgs de la ville, le prélat vénéré se fit accompagner de deux criminels pris à la geôle des futurs suppliciés; puis, ayant jeté son étole au cou du dragon, il commanda à ses compagnons, mourant de peur, de mener le monstre, ainsi lié, sur la principale place de la cité, où il fut brûlé aux grands applaudissements du peuple. Pour récompense de leur docilité, les prisonniers obtinrent grâce.
Les rois de France, après eux les ducs de Normandie et les rois d'Angleterre, voulurent consacrer ce fait par une faveur éclatante. Le chapitre, héritier des reliques de saint Romain, avait également succédé à son droit de délivrer annuellement un condamné. Mais, pour perpétuer la mémoire du prélat, une condition était imposée. En grande pompe, la pesante châsse contenant les restes de saint Romain était apportée au péristyle du premier étage de la Basse-Vieille-Tour. Les criminels, condamnés à mort, arrivaient sous bonne garde et chacun d'eux s'efforçait de soulever la fierte[28], tour de force nécessitant une grande solidité de muscles; celui qui y réussissait était aussitôt délivré «en souvenir de Mgr saint Romain».
[28] Vieux mot équivalant à celui de châsse et conservé encore à Rouen.
Pendant plusieurs siècles, la levée de la Fierte de saint Romain eut lieu régulièrement, puis on s'avisa de remarquer que le plus fort d'entre les condamnés à mort ne se trouvait pas toujours être le plus digne de pitié.
Ce fut un pas dangereux vers la voie d'examen attentif de la cérémonie. De nos jours, elle n'est plus qu'une chronique originale dont on a plaisir à se remémorer les moindres incidents, aux lieux mêmes si souvent témoins de leurs curieux épisodes.
Pour ne rien oublier de cette rapide revue du passé, il faut parcourir les rues de la Tour-de-l'Horloge, de l'Épicerie, des Carmes, Grand-Pont, Saint-Patrice, des Juifs, de Saint-Romain, des Bons-Enfants, le Marché-aux-Balais et plusieurs autres pour retrouver quelques maisons ou curieuses ou célèbres. La façade de la maison natale de Corneille a été reconstruite au Musée d'antiquités. Inutile donc de la chercher rue de la Pie, mais on peut voir encore celles de Fontenelle, de Géricault, de Boïeldieu, de Dulong....
Malheureusement, beaucoup de ces vieilles maisons ont subi de fâcheuses transformations. Nous n'en voulons pour preuve que le pauvre Bureau des Finances (vis-à-vis de la cathédrale), tout honteux de voir ses balcons, ses fenêtres, sa physionomie enfin, disparaître sous les enseignes de négoces, estimables assurément, mais des plus anti-artistiques! Cette charmante construction de la Renaissance, classée, croyons-nous, parmi les monuments historiques, mériterait bien d'être au plus vite délivrée.
Consolons-nous en nous hâtant de voir les trois belles fontaines gothiques dont Rouen est riche. L'une d'elles, nommée de la Croix-de-Pierre, fut érigée par le grand cardinal Georges d'Amboise. La fontaine de la Crosse, aux élégantes guirlandes de feuillage, est un peu plus ancienne, et la fontaine de Lisieux a été, avec raison, comme les deux autres, classée parmi les monuments historiques. Près d'elles, la fontaine dite de Sainte-Marie, réputée «chef-d'œuvre» par des touristes enthousiastes, descend soudain à un rang bien modeste.
Non que, pris à part, chacun des morceaux dont elle est composée ne mérite un certain éloge. La statue principale est même presque belle. Mais, réunis, ces morceaux semblent manquer de cohésion. Il y a trop de choses sur un espace relativement restreint et l'aspect général y gagne des lignes heurtées, fort peu agréables.
Avec d'aussi charmants modèles sous les yeux que la fontaine de la Crosse, pour ne citer que celle-là, l'erreur paraît plus grave, moins compréhensible.
C'est toujours l'étrange laisser-aller uni à l'ostentation dont nous parlions au sujet de monuments plus considérables. Nous voulons agir vite, et tout aussi bien, sinon mieux qu'autrefois; mais la persévérance n'est pas notre qualité dominante. Un grand effort lasse les esprits, la pondération des idées se voit reléguée à l'égal d'une chimère. Le résultat serait bien propre à diminuer notre orgueil, si nous avions le bon esprit de profiter de la leçon que nous nous donnons nous-mêmes... Sans y penser, à vrai dire!
A toutes les époques de son existence, Rouen s'est distingué par son génie commercial et industriel. Les ressources si abondantes de ses campagnes privilégiées ne lui ont pas suffi. Une ambition bien compréhensible l'a porté à vouloir mettre en œuvre toute la fortune que lui promettait son excellente situation.
Le temps n'a jamais été oublié des Rouennais où leur Ghilde puissante fondait solidement un empire presque universel. Cet empire pacifique, bien des crises, beaucoup de circonstances terribles l'ébranlèrent, sans pouvoir le détruire complètement. Aujourd'hui, la belle ville se retrouve plus jeune, plus forte, plus active, plus industrieuse, plus déterminée à la lutte que ne le souhaiteraient nos voisins, si désireux d'anéantir le commerce français.
Toutes les branches d'industrie lui sont également familières. On sait à quel degré de perfection atteignent ses manufactures de cotonnade, de toiles blanches ou imprimées, de bonneteries, de couvertures. Les blanchisseries de tissus de lin ou de coton, de ses faubourgs et des environs, n'ont pas de rivales.
La teinture des étoffes de soie ou de laine et le cylindrage de ces mêmes étoffes occupent un grand nombre d'ouvriers.
En outre du coton, devenu en quelque sorte le monopole de Rouen, le commerce des laines y a pris une vaste extension, ainsi que celui des huiles, des graines oléagineuses et des savons.
Des forges, des fonderies, des papeteries, des faïenceries, des confiseries renommées, ajoutent à ce mouvement dont la seule énumération serait longue, si rien de ce qui la constitue n'était omis.
La régularisation du chenal maritime a développé cette continuelle progression. Actuellement, des navires calant plus de six mètres et jaugeant près de trois mille tonneaux peuvent aborder aux quais rouennais en une seule marée. Le premier effet d'un tel avantage a été de constituer la ville en une sorte d'entrepôt du commerce d'exportation entre le Havre et Paris. Le tableau des douanes est la preuve la plus éloquente de la prospérité nouvelle.
Il ne faut pas perdre de vue que la marée se fait sentir jusqu'au delà de Pont-de-l'Arche (Eure), à près de vingt kilomètres en amont de Rouen. Le flux parcourt donc une distance totale d'environ cent soixante-dix kilomètres.
Dans les grandes mers, la Seine ne met pas plus de deux heures et demie pour monter à sept mètres de hauteur et le plus faible tirant de morte-eau, constaté en 1883, donnait encore une profondeur de cinq mètres quarante-huit centimètres.
Par contre, le reflux exige près de dix heures; la pente du fleuve n'apportant d'ailleurs aucun obstacle dont on ne puisse avoir facilement raison, car elle est à peine, entre Rouen et la mer, de sept centimètres par kilomètre.
On comprend dès lors l'ardeur des Rouennais pour réclamer toutes les améliorations possibles dans le régime de la Seine maritime, et l'empressement avec lequel la municipalité a poussé aux grands travaux permettant de faire de son port un des meilleurs que pût choisir le commerce international.
Les docks-entrepôts sont immenses; les quais, très beaux, ont un développement de trois mille cinq cent trente-huit mètres, dont dix-neuf cent quarante mètres appartiennent à la rive droite; l'outillage nécessaire aux chargements ou déchargements est très complet. Il va sans dire que les navires long-courriers et caboteurs sont certains de trouver tout ce que leur entretien ou leur armement exige.
La proportion ascendante suit, en conséquence, un cours régulier. En 1883, les navires entrants furent au nombre de 1669, jaugeant 1453 231 tonnes et portant, en charge effective, 1289 667 tonnes de marchandises. Dans la même année, la voie fluviale transportait, de ou pour Rouen, un poids de 663 905 tonnes. Il est facile d'augurer que ce mouvement n'est pas près de prendre fin.
Nous l'avons dit, mais il faut le répéter, Rouen est une ville très agréable à parcourir. Son activité de bon aloi ne se fait pas morose et les exigences de son industrie commencent à marcher de pair avec une hygiène bien entendue.
Les vieux quartiers, jadis traversés à ciel ouvert par les petits cours d'eau tributaires de la Seine, ont été assainis.
Le pittoresque du coup d'œil y a perdu. Les maisons noires, luisantes, pourvues de ponceaux et cachés à demi derrière des étendoirs ou des perches soutenant des étoffes, des écheveaux de coton, de laine, aux couleurs multiples, ont elles-mêmes disparu; ces masures offraient mille sujets d'étude à un peintre, seulement elles gardaient tous les miasmes avivés par les ruisseaux qui souillaient ces dispositions trop primitives.
Nul ne se plaindra de la transformation, car on ne saurait regretter que les choses vraiment belles, trop souvent sacrifiées; en revanche, toute construction malsaine doit être proscrite, si elle n'est au moins améliorable.
Les promenades sont nombreuses à Rouen. L'une des plus attrayantes est le parcours des quais; vient ensuite celle des beaux jardins publics. Les faubourgs ne forment pas la partie la moins charmante d'une excursion dans la riche ville.
Sans aller jusqu'à La Bouille, si renommée chez les Rouennais, que nombre d'entre eux appliqueraient à ce coteau le fameux dicton: «Voir Naples (lire La Bouille) et mourir!» on peut se procurer facilement un spectacle, à notre avis, de beaucoup préférable.
Il suffit de gravir la colline de Bon-Secours, l'un des points culminants de la Seine-Inférieure, au sommet duquel est bâtie l'église d'un pèlerinage célèbre. Cette jolie construction gothique voit chaque jour accourir une foule de fidèles.
Hélas! cette pieuse affluence a causé une catastrophe imprévue. On a cherché à rendre l'église digne de sa réputation et tout l'intérieur en a été peint et doré, si bien peint, si bien doré, qu'il est presque dangereux de fixer les yeux sur cette affreuse... sur cette riche décoration, voulons-nous dire.
Heureusement, un panorama, comme il est peu donné d'en rencontrer, nous fera vite oublier cette déconvenue; on en aperçoit déjà une grande partie du bas du cimetière établi devant l'église sur la pente de la colline, mais, pour l'embrasser dans toute sa pompe, il faut suivre la route neuve, appelée «d'en haut», qui contourne les sommets et mène au point le plus favorable pour n'en perdre aucun détail.
La ville en entier se déploie, parée des précieux édifices dont les tours lui composent une royale couronne. Le fleuve, comme heureux de la baigner, se replie, s'endort ou coule, rapide, pour revenir sur lui-même avant de s'enfuir vers la mer, qui bientôt mêlera ses flots glauques aux vagues bleuâtres du captif.
De tous côtés, une ligne ondoyante reçoit l'impulsion de la brise apportée par le flux. Arbres exotiques des jardins, arbustes, arbres des champs et des bois verdoyant sur les collines, marient leurs exhalaisons salutaires.
Une opulente campagne couverte de fermes, de vergers, de moissons, de bétail, semble envahir jusqu'à l'espace où fument les cheminées des usines.
Le sifflet des voies ferrées répond à celui des machines de fabriques ou de navires.
L'horizon, largement ouvert et ondulé par les crêtes des coteaux, conduit le regard à des distances presque infinies.
Si le ciel est clair, on emporte une impression merveilleuse de souveraine beauté.
Et, si quelques nuages voilent l'éclat du jour, si toutes les vives couleurs finissent par revêtir une teinte plus calme.... la douceur doublera la beauté; l'œil aura peine à se détacher du cadre poétique, la pensée y reviendra souvent, ou, plutôt, ne l'oubliera jamais.
Il pourrait suffire au juste orgueil de Rouen de nommer Pierre Corneille.
Le fier génie qui sut prêter à ses héros les sentiments et les accents de demi-dieux reçut, en 1834, un hommage solennel des habitants de sa ville natale.
Une statue en bronze a été élevée sur le terre-plein du Pont-de-Pierre, au milieu d'une fraîche pelouse ombragée et fleurie. La place est bien choisie. Corneille, debout, s'abandonne à l'inspiration de son puissant cerveau, et son regard peut se reposer sur les premiers plans du beau paysage qu'il aima, de la tranquille contrée où il venait jouir d'une heure de repos si chèrement gagné!
Trop oublié, l'auteur de Stilicon et d'Ariane, Thomas Corneille, eût mérité, ne fût-ce que pour son affection dévouée, un médaillon sur le piédestal de la statue de son glorieux frère.
Autour du géant dramatique se groupe un faisceau de noms célèbres. Et, tout d'abord, convient-il, peut-être, de rappeler celui que l'on désigna comme l'homme le plus universel de son siècle, Bernard le Bovier de Fontenelle (1657-1757), neveu, par sa mère, des deux Corneille. Si l'on n'accepte pas toutes les idées des Dialogues des Morts, du Traité du Bonheur, de la Pluralité des Mondes et de tant d'autres écrits subtils, il serait impossible de refuser à leur auteur l'esprit le plus vif, le plus rare, le plus charmant. Cet esprit, Fontenelle eut la fortune inouïe de le conserver jusqu'au dernier jour de son existence séculaire. Ce n'est pas le moindre fleuron de sa renommée.
Marc-Antoine Gérard de Saint-Amant (1594-1661), l'un des premiers membres de l'Académie française, ne méritait pas de se voir accablé comme il le fut par Boileau. Dans plus d'une de ses odes et dans nombre de passages de son Moïse sauvé, on retrouve la marque d'un vrai poète. Hélas! pour quelque cause, le «Régent du Parnasse» fut d'un avis contraire et le pauvre Saint-Amant, non seulement ne bénéficia pas de l'oubli, mais fut contraint à partager le ridicule attaché par l'impitoyable critique à:
Pradon (1632-1698). Ce dernier, rêvant de placer sa Phèdre et ses drames médiocres au-dessus des œuvres de Racine, justifia pour la cent millième fois la terrible prédiction: «Tel brille au second rang....»
Mais les lettres rouennaises se relèvent avec Jacques Basnage de Beauval (1653-1723), un vrai savant, un véritable écrivain, dont le grand titre d'honneur est d'avoir contribué à faire conclure, en 1717, un traité d'alliance entre la France et la Hollande.
Le frère de Basnage (1656-1720) fut, lui aussi, un écrivain et un savant de mérite.
Samuel Bochart (1599-1667), le plus grand orientaliste de son temps, possédait toutes les langues savantes asiatiques. C'est à lui que l'on doit un traité sur tous les animaux, plantes et minéraux, dont les Écritures font mention. On comprend sans peine que le patient érudit gagna à ces travaux l'innocente préoccupation de rattacher une origine hébraïque à toutes les langues, à toutes les sciences.
Le P. Daniel (1649-1728) a écrit une Histoire de France assez aride, mais exacte et qui obtint plus de succès que ses polémiques poursuivies, d'ailleurs, non sans verve et talent, contre Pascal et Descartes.
Le P. Sanadon (1673-1733) fut un latiniste élégant et pur. On sait avec quel soin, quel bonheur de recherches il a traduit Horace. Ses œuvres personnelles ne sont pas moins intéressantes.
Mme du Boccage (1710-1802) fut très louée en son temps, et elle n'eut rien moins, pour exalter ses travaux littéraires, que des amis comme Voltaire et Fontenelle. Beaucoup de partialité devait entrer dans ce favorable jugement, car il est difficile, aujourd'hui, de lire sans fatigue les Amazones ou même la Colombiade, son meilleur ouvrage.
Il en est tout autrement des écrits de Mme Leprince de Beaumont (1711-1780). A la vérité, l'auteur de tant de jolis contes borna son ambition et sut en faire passer la morale, la raison, grâce à un enjouement de bon aloi. Plus d'une génération enfantine lui est redevable de passe-temps joyeux.
Parmi nos contemporains se détachent les figures: d'Armand Carrel, talent vif et hardi comme son esprit;
De Louis Bouilhet, qui eut son heure de célébrité, justement gagnée, surtout par Mœlenis, par Mme de Montarcy, par Hélène Peyron.... Il mourut trop tôt et sans avoir pu, croyons-nous, donner sa véritable mesure;
De Gustave Flaubert; le brillant styliste restera plus longtemps en possession de sa renommée. Malheureusement, ses œuvres, si elles doivent être appréciées des lettrés, ont donné naissance à la plaie morale connue sous le nom de réalisme.
Cette prétendue découverte littéraire semble être encore en pleine vigueur. On lui devra d'avoir vu pénétrer librement dans les familles des livres qu'autrefois on eût à peine fait circuler sous le manteau.
Ce que la littérature y a gagné, l'histoire de notre temps aura peine à le reconnaître; mais, ce que les mœurs y ont perdu, chaque jour, hélas! les critiques les plus indulgents le constatent avec effroi.
Par bonheur, Rouen nous présente d'autres noms sur lesquels il fait bon d'arrêter sa pensée.
Dans les arts, voici Jean Jouvenet (1647-1717) qui triomphe: au Louvre, avec son Paralytique, son Esther, sa Pêche miraculeuse, sa Résurrection de Lazare; à Notre-Dame de Paris, avec son Magnificat.
Jean Restout (1692-1768), son neveu et son élève, donna libre cours à sa vive imagination dans la décoration des palais de Fontainebleau et de Trianon.
Puis surgit un vrai grand peintre, un de ces artistes dont le nom peut sans crainte soutenir la comparaison avec les noms glorieux de n'importe quel pays: André Géricault (1781-1824) pensa et vécut, pour ainsi dire, ce Radeau de la Méduse, où sa main fiévreuse fait toucher aux dernières bornes du sublime le drame horrible qui retient, fascinés, les yeux épouvantés.
La même surabondance de pensée éclate dans son Chasseur à cheval, dans son Cuirassier blessé. Géricault devait mourir jeune, il se hâtait de lutter contre la vie et la lutte fut féconde, puisqu'elle nous a donné ces chefs d'œuvre.
Dans les sciences, plus d'un Rouennais a su se créer une belle place.
Pierre-Louis Dulong (1785-1838), l'admirable physicien, ne crut pas trop payer par la perte d'un œil et d'un bras la découverte du chlorure d'azote. Ses travaux, avec Petit et François Arago, ont à jamais marqué sa place parmi les savants illustres que la France revendique avec orgueil.
Si Reims est la ville natale de Jean-Baptiste de la Salle, Rouen se souvient que le fondateur de l'Institut des Frères de la Doctrine Chrétienne établit chez lui, dans le monastère dit de Saint-Yon, la communauté destinée à fournir gratuitement des éducateurs aux enfants pauvres. Une statue lui a été élevée.
Ce serait faire preuve d'une étrange injustice que d'oublier dans cette énumération, si brève qu'elle doive être, le nom de Robert Cavelier de la Salle (1643-1687). L'intrépide, l'héroïque explorateur d'une partie de l'Amérique septentrionale, voulut établir solidement l'influence française dans sa vice-royauté de la Louisiane, qu'il rêvait de changer en la plus florissante colonie. Ses travaux tiennent du prodige, et à lui, bien à lui, revient la découverte de la détermination exacte du cours et des embouchures de l'immense Mississipi. Sa vie, si courte, fut généreusement employée. Elle est une de celles dont, Français, nous pouvons tirer une pure, une légitime gloire.
«Car en lui passa l'âme des grands découvreurs normands, des précurseurs de Colomb et de Gama. Génie fort et complet, patient, intrépide, généreux, avide de gloire, il nous a ouvert quinze cents lieues de pays dans les plus riches contrées américaines... et ne cessa de poursuivre son but et d'espérer que lorsqu'il tomba sous la balle d'un assassin.
«Les Américains ont placé son médaillon au Panthéon de Washington et donné son nom à l'un des comtés de l'Illinois[29]....»
[29] Sur Cavelier de la Salle et sur les voyageurs qui suivent, nous avons parcouru les excellentes biographies consacrées à leur mémoire par M. Gabriel Gravier, Président honoraire et Secrétaire général de la Société de géographie normande. Nous aurions voulu puiser plus largement dans les intéressants travaux de M. Gravier, bien connu par ses recherches infatigables sur l'histoire des navigateurs normands; ses opinions, aujourd'hui, sont généralement admises et sa compétence n'est pas discutée. Nous devons à notre savant correspondant les meilleurs remercîments et une réelle gratitude pour son obligeance si complète.
Henri Joutel (1640-1735) fut le digne, le dévoué compagnon de Cavelier de la Salle. Il mérite une place près de son illustre chef.
Augustin Beaulieu (1589-1639) «.... a fait dans l'histoire des apparitions de courte durée, mais assez brillantes pour que son nom mérite d'être consacré. Savant marin, fin diplomate, habile marchand, avisé, prudent et brave, bon surtout, il représentait avec éclat ces grands capitaines de mer dieppois, comme lui fugitifs météores, qui ont illustré la première moitié de son siècle.»
Ses voyages, son expérience, son caractère lui méritèrent la confiance de Richelieu, qui l'employa d'abord à l'île de Ré, pendant les guerres contre les calvinistes, puis, ensuite, lui donna le commandement d'un navire pour aider le comte d'Harcourt dans l'attaque des îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat.
Quand il mourut, à peine âgé de cinquante ans, la marine française perdit l'un de ses meilleurs officiers.
François Cauche, né à Rouen en 1616, devint aussi, pour les intérêts de son négoce, un intrépide explorateur. L'Ile-de-France et Madagascar surtout, puis l'île Sainte-Marie, furent visitées presque en entier par lui. «Sa relation est écrite simplement, honnêtement et inspire toute confiance.... Les nombreux renseignements qu'il donne sur les mœurs, les croyances des habitants, sur la faune et la flore de Madagascar ne sont pas démentis, quoique Cauche eût fort peu d'instruction, ce que démontrent ses études sur la langue malgache.» Il n'en mérite pas moins par son honnêteté et son patriotisme d'être «mis au rang des hommes utiles, des grands citoyens.» On ignore la date de sa mort.
Fermand, conseiller au Parlement de Normandie; Fauvel, sieur d'Oudeauville, maître des comptes de la même province; Beaudoin de Launay, également de Rouen (1630-1632), s'associèrent avec Stochove, sieur de Sainte-Catherine, gentilhomme flamand, pour visiter l'Italie, le Levant, l'Égypte, voyage offrant, à l'époque, de sérieux dangers; aussi, dit avec raison M. Gravier, en louant la relation des explorateurs, «les jeunes gens qui en ont le temps et le moyen suivraient avec fruit les traces de nos vieux magistrats rouennais et du flamand, leur compagnon.»
Paulin ou Paul Lucas (1664-1737) réussit plusieurs missions qui lui furent données pour Constantinople et visita principalement la Grèce, Smyrne, l'Asie Mineure, l'Égypte, où il trafiqua des pierres précieuses, après avoir été soldat et marin. Il s'occupa surtout d'antiquités. Le Cabinet du Roi reçut de lui, en 1696, une belle collection.
Voltaire l'a raillé pour sa facilité à «accueillir des fables»; mais Lucas était homme d'esprit et de savoir, et, s'il prenait la peine de relater des fables, c'est qu'elles peuvent souvent ouvrir des horizons à la vérité historique. Si la renommée du voyageur est de beaucoup inférieure à son mérite, on peut dire, avec son biographe, qu'il fait honneur à sa ville natale.
Jules Poret, baron de Blosseville (1802-1833), semblait appelé à parcourir la plus brillante carrière maritime. A vingt ans il se signalait dans le voyage autour du monde de la Coquille, commandée par Duperré, et plusieurs points découverts pendant ce voyage portent son nom. Une rencontre avec l'illustre et infortuné capitaine John Franklin décida du sort du jeune officier. Il souhaita ardemment d'explorer les régions polaires. Ce souhait fut exaucé. Le 9 juin 1833, il recevait le commandement de la canonnière-brick la Lilloise et partait pour l'Islande. Vingt jours plus tard, il découvrait une dizaine de lieues de la côte orientale du Groënland, jusque-là inconnue de tout Européen, terres appelées aujourd'hui «de Blosseville». Le 25 août, il fut encore aperçu par un navire, puis on n'eut plus de nouvelles du jeune et déjà célèbre officier. Vainement trois navires furent-ils envoyés à sa recherche: les glaces polaires ont gardé leur secret.
Nous voudrions pouvoir ne pas oublier un seul des noms dont Rouen s'honore, mais la liste est si heureusement chargée!
On sait ce que fut Bois-Guillebert, l'intègre lieutenant-général (neveu de Vauban), l'auteur du Détail de la France sous Louis XIV: un défenseur des opprimés, un soutien pour les malheureux.
Delarue, dans les premières années du dix-huitième siècle, eut l'idée de faire filer le coton. C'était le point de départ d'une industrie qui allait créer des ressources nouvelles à la ville et contribuer si efficacement à sa fortune.
Lepecq de la Clôture (1736-1804) fut un grand médecin, et Louis Brune (1807-1843) un dévoué sauveteur. Deux rues portent ces noms respectés.
Une statue placée devant le Théâtre des Arts honore la mémoire de Boïeldieu (1775-1834), le chantre des pages délicieuses de Jean de Paris, du Nouveau Seigneur du village, du Chaperon Rouge, de la Dame Blanche, si jeune encore après soixante ans de triomphes dans l'univers entier. Nous savons bien qu'il a été, qu'il est peut-être encore de mode de railler le style de Boïeldieu; mais quiconque aime la musique claire, gracieuse, douce, délicate, émouvante, revient et reviendra toujours à ces partitions poétiques, tendres, vraiment françaises, dont l'impression sur les âmes reste si nette, encore qu'elle ne ressemble pas à un effrayant problème algébrique!
Sur la tombe de Frédéric Bérat, autre compositeur rouennais, on a gravé les dernières mesures de sa chanson la plus connue et devenue si populaire: Ma Normandie! La ville ne pouvait moins faire pour celui qui, si chaleureusement, affirmait son amour du sol natal.
Combien nous pouvons regretter encore d'omissions! Mais, il faut bien l'avouer, nous attendions presque avec impatience le moment de tracer un autre nom qui, à Rouen, s'empare du cœur et s'impose à la pensée, avec une force à laquelle il serait presque sacrilège de se soustraire:
Ce nom, symbole d'une épopée unique dans l'histoire des peuples, on le suit à travers la voie douloureuse, commençant à Compiègne pour aboutir aux flammes du bûcher élevé, ici, sur la place du Vieux-Marché....
En même temps, de la profondeur des siècles viennent se ranger, près de la martyre, ses impuissants mais courageux défenseurs: Jean Lohier, le légiste rouennais, qui protesta si hautement, si intrépidement contre la violation des plus simples formes de la justice envers celle dont le crime avait été d'aimer son pays!!
Le bon huissier Massieu, qui appuya si efficacement la demande du religieux assistant la suppliciée, afin qu'on tînt devant les yeux de Jeanne une croix apportée de l'église Saint-Sauveur.
Et ce religieux, «ce saint», comme le dit Michelet, frère Isambart de la Pierre, qui pendant tout le procès fit preuve d'un entier dévouement à l'héroïne. Son témoignage ne saurait être récusé, car n'était-il pas prêt à le payer de sa vie!...
De quelle amertume et, pourtant, de quel réconfort on se sent pénétré en lisant, aux lieux où elles se passèrent, la relation de ces choses si incroyables, quoique si vraies!
La haine féroce, immonde; la lâcheté dans ce qu'elle peut avoir de plus vil; l'hypocrisie dans ce qu'elle a de plus odieux, près du patriotisme le plus saint, de la pureté la plus radieuse, de la résignation, du sacrifice surhumain!
Comment honorer une telle mémoire! Comment?
Rouen ne devrait pas hésiter à faire disparaître l'étrange statue qui est censée représenter Jeanne.
Puis, sur la place désormais consacrée, nous voudrions voir, sculptés dans le granit, un échafaud et un bûcher.
Le premier porterait l'effigie d'Alain Blanchard, la victime de Henri V d'Angleterre (lors du siège de 1419), disant aux soldats qui le traînaient à la mort:
«Je n'ai pas de biens pour racheter ma vie comme les autres; mais, quand j'aurais de quoi payer ma rançon, je ne voudrais pas racheter le roi anglais de son déshonneur!»
Sur le bûcher, et serrant contre son cœur l'informe croix de bois liée à la hâte par un soldat anglais, Jeanne d'Arc, personnifiant le dévouement à la Patrie, rappellerait aux cœurs faibles que le droit, la vaillance peuvent succomber pour un temps, mais que l'heure de la justice sonne toujours, que nul crime ne reste impuni.
Le supplice de Jeanne, un Anglais, Bedford, l'ordonna pour venger son pays, humilié de succomber sous la main d'une femme!
Et il ne voyait pas que lui-même jetait une poignée de boue au front de l'Angleterre.... une boue sanglante impossible à laver!!
La parole prophétique d'Alain Blanchard se réalisait.
Chaque fois qu'un vainqueur a déshonoré son triomphe, l'histoire, implacable, enregistre l'action honteuse et bientôt vient l'expiation.
Pourquoi réveiller ces cruels souvenirs? dira-t-on, peut-être. Pourquoi? Ne pouvons-nous y trouver un aliment à notre douleur, en même temps que le principe d'une force nécessaire à l'attente sage, mais en éveil? Aux noms des martyrs d'autrefois joignons les noms de nos martyrs d'hier, entourons-les d'un souvenir inaltérable!
L'échafaud d'Alain Blanchard nous apprendra comment on peut clouer un vainqueur au pilori!
Le bûcher de Jeanne d'Arc nous rendra la foi dans les destinées de notre pays, trop souvent près de périr, mais renaissant toujours plus grand!
Parle, sublime paysanne! Pénètre nos cœurs, nos âmes, de cet amour de la France pour lequel, sans murmurer, tu accomplis ton cruel sacrifice!
Si nous aimons notre Patrie comme tu l'as aimée, elle réparera une fois de plus ses ruines! Si nous assistons à son triomphe, notre récompense sera grande. Mais, si nous devions succomber en essayant la tâche sainte, inspire-nous ton courage.
Mourir pour la France, si l'on ne peut vivre pour elle, est préférable à l'infamie de douter de son honneur, de déserter son drapeau!...
Nous avons vu le Havre travaillant sans relâche à améliorer son port, à étendre ses relations avec le monde entier. Les progrès et les nécessités de la marine moderne exigent impérieusement ces transformations incessantes. L'avenir paraît devoir être aux immenses steamers qui, depuis leur apparition, ont bouleversé toute l'économie ancienne de la navigation et réclament des conditions d'atterrage spéciales.
La profondeur d'un port en eau vive, la largeur d'un chenal, la sûreté d'évolution dans une rade, les facilités de déchargement à quai, la prompte dispersion des marchandises importées, la rapidité d'arrivage d'une cargaison, sont les principales sources de l'activité commerciale d'une place maritime. Sous peine de décadence, nous ne pouvons nous laisser devancer longtemps par nos concurrents anglais, belges, allemands.
Les premiers ne sont pas, à beaucoup près, aussi redoutables qu'ils semblent l'être. Notre position continentale reste un immense avantage et, nous le répétons, il nous suffirait de vouloir sérieusement pour acquérir une indiscutable influence.
Cette question préoccupe tous ceux qui ne se désintéressent pas, à la légère, de l'étude des efforts réalisés par nos voisins de Belgique et d'Allemagne.
Le premier de ces pays possède Anvers; le second Hambourg, deux ports admirablement situés, et plus admirablement encore aménagés.
Là, on ne s'est pas contenté de tirer parti des avantages locaux, on a tout fait, on continue de tout faire pour que des améliorations nouvelles viennent puissamment en aide à la diffusion des relations.
Chemins de fer, canaux et routes à bon marché complètent un système de fret intelligent, réduit, quant aux dépenses; supérieur, quant à la manière dont il est compris.
Il en résulte que les transactions augmentent chaque jour à Hambourg et à Anvers.... Pourquoi ne profiterions-nous pas de ces leçons?
Nous pouvons faire mieux: hâtons-nous. Ce n'est pas de l'argent improductif, celui qui est prodigué pour mettre en œuvre les forces vives d'un pays.
Depuis longtemps, on réclame l'amélioration de la navigation de la Seine, mais des influences néfastes, avivées par des querelles de clocher, ont apporté des entraves à tous les projets présentés.
Le Havre croit lutter contre des mesures désastreuses. Rouen sait combien il lui importe d'obtenir une route d'eau toujours de plus en plus facile, sûre, directe. Les travaux accomplis et les résultats obtenus prouvent ce que l'on peut attendre de l'avenir.
Il ne faut pas oublier que la Seine coule entre deux chaînes de collines laissant peu de solutions de continuité. Les eaux, gênées par ces barrages naturels, ont dû se frayer un lit sinueux changeant brusquement, et à chaque instant, de direction.
C'est bien à elles que l'on pourrait appliquer le nom de Méandre. Ainsi, on compte à peine quatre-vingt-quatre kilomètres de Rouen au Havre, par la route de terre, mais la route fluviale présente un développement de cent cinquante kilomètres. Il y a donc avantage de près de la moitié du parcours, si l'on prend la voie de terre.
Mais là n'existe pas l'obstacle le plus sérieux, quoiqu'il faille compter avec lui. Le vrai danger résulte des bancs de sable obstruant le lit du fleuve, bancs remués par chaque marée et qui ont causé un grand nombre de naufrages: La Traverse en témoigne.
On appelle ainsi la brusque déviation du cours du chenal canalisé qui, suivant la rive droite depuis Caudebec jusqu'à la Pierre-du-Poirier, se dirige subitement vers la rive gauche, et la longe sur un parcours dépassant le port de Quillebeuf (Eure).
Le chenal est, d'ailleurs, jalonné avec soin, mais plusieurs des balises et des bouées ont leur point d'attache sur les mâts et les carènes de navires depuis longtemps ensablés!...
La barre, enfin, accompagne toujours la mer montante. Elle ne devient guère tout à fait menaçante qu'aux marées équinoxiales, mais elle n'en constitue pas moins une cause de retard pour la marche des navires, car cette énorme vague, formée des flots refoulés du fleuve, se dresse comme une muraille perpendiculaire, et roule souvent depuis l'embouchure de la Seine jusqu'à Rouen.
Une canalisation nouvelle s'impose donc si l'on ne veut voir, dans un avenir presque prochain, diminuer le trafic fluvial.
Pour commencer à remédier à une telle éventualité, un canal a été creusé entre le Havre et la pointe du Tancarville, village riverain de la Seine, célèbre par les belles ruines de son vieux château-fort.