162: Cens. de l'évêché.
163: Dans cette rue est un cul-de-sac, appelé de Beaufort. C'étoit autrefois une ruelle qui conduisoit aux prisons de l'abbaye de Saint-Magloire. Il a pris son nom d'une maison qui, en 1572, étoit connue sous le nom d'hôtel de Beaufort.
164: Cens. de l'archevêché.
165: La rue de la Triperie est entrée avec les rues Saint-Leufroi et de la Joaillerie dans le plan de la nouvelle place du Châtelet.
166: Sauval, t. III, p. 291 et 429.
167: Cens. S. Germ. Autiss.
168: Cart. Sorb., fol. 20.
169: Past. A, p. 677.
170: Le cardinal de Lorraine, revenant du concile de Trente, voulut faire une espèce d'entrée à Paris, accompagné de plusieurs gens armés. Le maréchal de Montmorency, alors gouverneur de cette capitale, lui envoya dire qu'il ne le souffriroit pas. Le cardinal répondit avec hauteur, et continua sa marche; Montmorency l'ayant rencontré vis-à-vis les Charniers des Innocents, fit main-basse sur son escorte, et le força à se sauver dans la boutique d'un marchand de cette rue, où il resta caché jusqu'à la nuit sous le lit d'une servante.
171: Dans cette rue, du côté de la rivière, étoit une descente qui n'avoit point de dénomination particulière; et au-dessus de cette descente, il y avoit une cour assez spacieuse que l'on nommoit la cour aux Bœufs. Plus haut se voit encore aujourd'hui un petit cul-de-sac, reste d'une ruelle nommée du Moulin ou des Moulins, laquelle devoit ce nom à un moulin auquel elle aboutissoit. Jaillot pense que c'est cette ruelle qui, dans le rôle des taxes de 1313, est appelée rue ou ruelle Iehan Bonnefille et Iehanne Bonnefille. Plusieurs titres prouvent en effet que Jean Bonnefille, maître des bouchers, avoit sa maison dans cette rue au treizième siècle, et que ses descendants y demeurèrent après lui.
172: Cens. S. Elig.
173: Arch. de S. Méri.
174: À l'extrémité et en face de cette rue, dans celle de Quinquempoix, est un cul-de-sac qui porte le nom de Venise, parce qu'il semble en prolonger la rue. Il est fort ancien. Dès 1210 il s'appeloit Vicus de Byeria, rue de Bièrre, et de même en 1250[174-A]. Il y a eu depuis quelques variations dans l'orthographe jusqu'en 1601, qu'il fut nommé rue Verte, et enfin cul-de-sac de Venise. Ce cul-de-sac donne aujourd'hui dans la maison dite la Cour batave.
174-A: Arch. de S. Méri.
175: Ces boutiques, qui obstruent ainsi la galerie formée par ces arcades, nuisent à l'effet que produiroit l'ensemble de cette cour, et gâtent le plan primitif de cette belle maison.
176: Il se trouve que ces figures sont les mêmes que celles qui remplissent les tympans de l'arcade de la chambre des comptes (Voy. 1re partie, p. 406); et ainsi se confirme ce que nous n'avions présenté d'abord que comme une simple conjecture, que ces figures avoient été appliquées sur cette arcade par une opération de moulage.
177: Les quais de Conti et des Augustins.
178: Il fut nommé, dans le principe, quai de la Saunerie.
179: Depuis, la place des Trois-Maries. (Sauval, t. III, p. 125).
180: La ville avoit donné ce mur à bail en 1503; et la chambre des comptes, prétendant qu'il appartenoit au roi, en fit un nouveau bail le 10 octobre de la même année. Ces détails sont constatés par un réquisitoire de M. de Marillac, procureur-général, et par l'arrêt rendu en conséquence le 11 août 1550.
181: C'est de là que lui est venu son dernier nom de la Mégisserie.
182: Ils furent relégués sur le bord des rivières; mais il étoit encore à craindre que la saleté inséparable des préparations diverses qu'ils donnoient aux peaux, et l'usage qu'ils faisoient, dans leurs teintures, de drogues pernicieuses, n'ôtassent à l'eau sa salubrité: ces considérations déterminèrent à les transférer au faubourg Saint-Marcel et à Chaillot, ce qui ne fut exécuté cependant qu'en 1673.
183: Il a été détruit vers 1780.
184: Vales. in Præf., p. 17.
185: Olim., Reg. 3, fol. 108; et reg. 4, fol. 169.
186: Cet office de bailli de l'évêque étoit si important, que des personnes de qualité ne dédaignoient point de l'exercer. Un Henri de Béthune l'étoit en 1303, et à la fin du même siècle, un Henri de Marle.
187: Voyez 1re partie, p. 349.
188: Cens. de l'évêché, en 1372, etc.
189: On lit dans Sauval que cet édifice existoit encore en 1432.
190:
Forum Episcopi sæculare
Nimiâ ædium vetustate collabens
A fundamentis excitavit
Johannes Franciscus de Gondy,
Primus Parisiorum archiepiscopus,
Pacis artes, jura, legesque meditans;
Urbe armis incessâ, factionibus
Turbatâ,
Anno Domini 1652.
191: Ce tribunal avoit été accordé à l'archevêque pour connoître de toutes les affaires séculières concernant le duché de Saint-Cloud et ses dépendances.
192: Ce bâtiment, qui existe encore, n'a point changé de destination, et sert d'entrepôt à la direction générale des salines.
193: Petit cart. de l'évêché, c. 227, fol. 165, verso.
194: Il existe encore quelques colonnes du portail de cet édifice, dont une partie a été convertie en maison particulière, et dont l'autre avoit été employée à l'agrandissement du grenier à sel.
195: Félibien et Lobineau, t. II, p. 950.
196: Cart. S. Germ. Autiss., fol. 18, verso.
197: T. I, p. 64.
198: Nous ignorons ce que sont devenues ces figures, qu'on ne trouve point dans la collection des monuments françois.
199: Ils eurent l'honneur de complimenter Louis XV au palais des Tuileries, lors de sa majorité; et à cette occasion ils firent frapper une médaille qui représente le buste du roi; au revers on lit cette inscription: «Les six corps marchands ont complimenté le roi sur sa majorité, étant présentés par le duc de Gesvres, gouverneur de Paris, le 23 février 1723.»
Chacun des membres les plus distingués de cette association passoit successivement à la place de juge-consul, puis d'échevin de la ville de Paris. Ils étoient regardés comme les plus notables bourgeois; cette dernière qualité les anoblissoit, et leur donnoit le titre d'écuyer.
200: Ils exerçoient leur profession sur le pont au Change, qu'ils avoient seuls le droit d'habiter. «Mais comme en 1461, dit Sauval, après la suppression de la pragmatique, leur corps vint à s'affoiblir, de sorte que le pont au Change n'étoit plus habité que par des chapeliers et des faiseurs de poupées, peu à peu ils déchurent si fort, et pour le nombre et pour le bien, qu'en 1514, se voyant réduits à cinq ou six chefs de famille tout au plus, et ainsi hors d'état de faire la dépense nécessaire pour l'entrée de Marie d'Angleterre, il leur fallut cesser d'être du nombre des six corps.»
201: D'abord à Saint-Denis-de-la-Chartre, puis ensuite à Sainte-Marie-Égyptienne.
202: Ces statuts, comme ceux de tous les autres corps, régloient principalement les conditions nécessaires pour être admis dans le corps, les années d'apprentissage, l'obligation de chef-d'œuvre, la manière dont les veuves pouvoient exercer le commerce, les modes d'inspection du corps sur ses membres, sur la qualité des marchandises, etc., etc.
203: Les marchands de vin, qui, comme nous l'avons dit, ne purent être admis dans les six corps, obtinrent cependant comme eux des armoiries en 1629.
Ces armoiries étoient un navire d'argent à bannière de France flottante, avec six autres petites nefs d'argent à l'entour, une grappe de raisin en chef, le tout en champ d'azur.
204: L'auteur des Tablettes parisiennes.
205: Il fut convenu, 1o que la cure seroit annexée à une prébende indiquée par l'acte, et qu'ainsi celui qui jouiroit à l'avenir de cette prébende seroit curé ou chefecier; 2o qu'à chacune des trois autres prébendes on attacheroit trois vicairies pour un prêtre, un diacre et un sous-diacre qui seroient amovibles, et auxquels on paieroit, à chacun, 4 liv. par an; 3o que, si un chanoine vouloit assister aux heures canoniales, et faire l'office de son vicaire, il seroit dispensé d'en avoir un, jouiroit de la même rétribution, etc.
206: Il y avoit encore dans cette église une semi-prébende, dont l'origine est inconnue.
207: Hist. du Dioc. de Paris, t. I, p. 66. (Voy. pl. 33.)
208: C'étoit un privilége que le roi donnoit aux officiers de sa maison et à certaines communautés, de plaider en première instance, et dans de certains cas, aux requêtes du palais et de l'hôtel.
209: L'auditoire fut pour lors transporté aux Porcherons, dans la maison seigneuriale, qui existoit encore en 1789.
210: Sa veuve, qu'il laissoit arec trois enfants, fut une espèce d'Artémise que rien ne put consoler de la perte de son mari: elle lui érigea un buste, et fit graver sur sa tombe cette épitaphe singulière, où ses regrets et son amour offrent une vivacité d'expression qui s'accorde peu avec l'austérité et les principes du christianisme. Elle est assez curieuse pour être rapportée.
Uxor mæsta sui dùm cernit busta mariti,
Tunc ternos amplexa, gemens, in funere natos:
Quid me linquis, ait, miseroque dolore sepultam
Deseris, ô conjux? Ah! si nunc cura jugalis
Te tenet ulla tori, lacrymis gemituque tuorum
Flecteris: hanc animam, quæso, rape, namque, perempto
Te, superesse piget; nullâ fruar antè quiete,
Quàm mihi fatales dissolvant stamina Parcæ.
Jamque dolore amens tabeseo, et tempora vitæ
Longa meæ nec erunt: primisque extinguar in annis.
Mors mihi grata foret, posituræ morte labores.
Et nos una duos tandem teget urna; meusque
Spiritus æterno tecum potietur amore.
211: À peu près 16,000 livres d'aujourd'hui. Il acheta en même temps une maison voisine et la seigneurie qui en dépendoit.
212: Voy. pl. 32.
213: Liv. rouge du Châtelet, fol. 39.
214: Cassiod., formul. 8, de Praf. Vigil. urb. Ravenn., lib. 7.
215: Capit. Reg. Franc., t. I, p. 10.
216: Olim, IV, fol. 118.
217: Voy. pl. 33. Il n'existe plus que des portions dégradées de ce monument, qui sert maintenant d'habitation à des particuliers. Les cariatides et tous les ornements de sculpture dont il étoit couvert ont été détruits; et la balustrade qui s'élevoit au-dessus du second fronton a été abattue.
218: Cart. Sorb., fol. 142.—Hist. de Paris, t. I, p. 102.
219: Le fief Popin s'étendoit en partie sûr les rues de Richelieu, des Petits-Champs, Sainte-Anne, Traversière, Clos-Georgeau; en entier sur les rues du Hasard et Villedot; et dix maisons relevoient de ce fief entre les rues Thibaut-aux-Dés, des Deux-Boules, Bertin-Poirée, et des deux côtés de la rue des Deux-Visages (Arch. de l'archev.). La place où est située la rue de l'abreuvoir Popin avoit été donnée par cette famille, dans le 12e siècle, à l'abbaye de Hautes-Brières, de qui la compagnie des marchands de l'eau l'acquit en 1170. (Traité de la Pol., t. II, pag. 653).
220: Jaillot, quart. S.-Opportune, p. 7.—Sauval dit encore qu'en 1449 on la nommoit le cloître Sainte-Opportune; et il est vrai que ce nom a été donné en général à toutes les rues qui environnoient cette église.
221: Arch. de l'archev.—Sauval, t. III, p. 283 et 310.
222: Cens. de l'évêché.
223: Ibid.
224: Ibid.
225: Pet. Cart. de l'évêché, fol. 89. Cart. 107, gr. Cart., fol. 283.
226: Sauval., t. II, p. 242.
227: Cens. de l'évêché.
228: Arch. S. Martin.
229: T. II, p. 125. Au bout de cette rue est le cul-de-sac de la Fosse aux Chiens. C'étoit anciennement une rue qui se prolongeoit jusqu'à la rue Tirechape. La place où ce cul-de-sac est situé étoit hors de la première enceinte, et servoit de voirie; ce qui a fait donner à tout cet endroit les noms de Marché aux pourceaux, de la Place aux Chats et de la Fosse aux Chiens, qui en occupe une partie. Dès le commencement du quinzième siècle, c'étoit un cul-de-sac. Il se nomme aujourd'hui cul-de-sac des Bourdonnois.
230: Jaillot, quart. S. Opport., p. 17 et 18.
231: Ce buste, abattu en même temps que toutes les statues de nos rois, a été remis à sa place.
232: MS. de S. Germ., c. 453, fol. 285.
233: Cens. de l'évêché.
234: Arch. de l'archevêché.
235: L'abbé Lebeuf pense que ce nom pourroit lui venir du fief Harenc, qu'on sait, dit-il, avoir été voisin de Sainte-Opportune. Jaillot n'adopte point cette conjecture, parce que le fief Harenc étoit situé près de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, donnant dans cette rue et dans celle du Crucifix, et qu'il n'y avoit dans la rue de la Harangerie, ni même dans le quartier Sainte-Opportune, aucune maison qui dépendit de ce fief.
Il y avoit en 1372, dans cette rue, une ruelle qui n'est désignée dans les titres sous aucun nom. Elle est devenue depuis un passage particulier.
236: Cens. de S Ant.—Gr. cart., fol. 82, 151, 171.—Petit cart., fol. 148.
237: Nous ferons connoître, en parlant des rues du quartier du Louvre, celle qui paroît la plus vraisemblable.
238: Il y a dans cette rue un cul-de-sac appelé Rolin-prend-gage: anciennement on le nommoit ruelle Baudoin-prend-gaige. Il en est fait mention sous ce nom dans les registres du parlement à l'an 1311; et il paroît, par les censiers de l'évêché, qu'il le portoit encore en 1581.
239: Cens de l'évêché.
240: Jaillot, quart. S. Opport., p. 49.
241: Cens. de l'évêché.
242: Ibid.
243: Jaillot, quart, S. Opport, p. 50.
244: Cart. S. Germ. Autiss., fol. 67, recto.
245: Sauval., t. I, p. 163.
246: Cart. S. Germ. Autiss., fol. 75, verso.
247: Jaillot, quart. S. Opport., p. 52, 53.
248: Cart. épisc., fol. 399.
249: Gr. cart., c. 135, fol. 90.
250: Cart. S. Germ. Autiss., fol. 12, verso.
251: Chez les rois francs, comme chez les empereurs grecs, tous les officiers devoient être nourris de la table du prince; et les anciennes chroniques nous ont conservé sur ce service de leur maison, pendant le carême, des détails qui peuvent donner quelque idée de ce qu'étoit alors la cour royale de France. Le Roi se mettoit à table le premier, et il étoit servi par les ducs et par les rois tributaires qui se trouvoient alors auprès de lui. Ceux-ci prenoient place immédiatement après, et le même service qu'ils avoient fait auprès de lui, les comtes et les préfets le faisoient auprès d'eux. Ces derniers les remplaçoient, et avec eux mangeoient les différents dignitaires ou chevaliers qui composoient la cour. La table étoit ensuite occupée par les compagnies militaires (militares viri, vel scholares alæ), qui, à leur tour, étoient remplacés par les maîtres des différents offices et les valets de la cour. Ceux-ci ne se mettoient à table qu'à minuit. (Monach. Sangal., lib. I.)
252: Cav. Car. Cal., tit. 36.
253: Les grandes compagnies, qu'il fallut faire sortir du royaume et employer à des guerres extérieures sous Charles V, pour parvenir à les exterminer, n'avoient point d'autre origine.
254: On connoît la réponse de cet Aldebert, comte de Périgord, à Hugues Capet et à son fils Robert. Ce seigneur assiégeoit la ville de Tours qui appartenoit alors au comte Eudes, dit le Champenois. «Les rois, dit une ancienne chronique, n'osèrent l'en empêcher par la voie des armes; ils lui envoyèrent seulement demander qui l'avoit fait comte.—Eh! qui donc les a faits rois, répondit froidement Aldebert qui continua le siége et emporta la place.»
255: N'oublions pas toutefois que ces excès et ces violences ne se commettoient que sur les terres des voisins. Chacun défendoit et protégeoit ses vassaux avec un soin extrême; et l'on conçoit quel intérêt puissant chacun avoit à le faire. (Voyez Ire partie, p. 73.)
256: La Normandie, l'Anjou, le Maine, la Touraine, le Poitou, l'Auvergne, le Vermandois, l'Artois, Montargis, Gien, etc.
257: Voyez p. 341, Ire partie.
258: En 1041, Louis IX, plus puissant que Henri, établit, à son retour de la croisade, une autre trève, dite la quarantaine le roi, par laquelle il étoit défendu atout seigneur de songer à se venger de son ennemi avant quarante jours. Depuis, et par une ordonnance datée de Corbeil en 1257, il abolit entièrement ces sortes de guerres, chargeant les sénéchaux de punir tous ceux qui voudroient se faire justice par les armes; mais cette ordonnance n'atteignit encore que les vassaux du second ordre.
259: Il la soupçonnoit d'infidélité, et principalement d'avoir eu quelque liaison en Syrie avec le prince d'Antioche, son oncle paternel. Par ce divorce il lui rendit la Guienne et le Poitou, qu'elle avoit apportés en mariage; et six semaines après, cette princesse donna ces provinces à Henri, comte d'Anjou et duc de Normandie, qu'elle épousa. Il étoit déjà déclaré successeur du roi d'Angleterre, et se trouva depuis, sous le nom de Henri II, souverain de ce royaume, duc de Normandie et d'Aquitaine, comte d'Anjou, de Poitou, de Touraine et du Maine. Philippe-Auguste lui enleva depuis quelques-unes de ces provinces, mais la puissance des Anglois n'en fut pas moins très-grande en France, et l'on sait les maux qu'elle y causa. Peu s'en fallut qu'ils ne la subjuguassent entièrement: et nous verrons, par la suite, ces insulaires maîtres de presque toutes nos provinces, leurs rois déclarés successeurs des rois de France, et régnant déjà dans Paris. Suger avoit prévu ce qui arriva; et s'étoit fortement opposé à une action si préjudiciable à l'État. Elle ne fut consommée qu'après sa mort, arrivée en 1152.
260: En 1223.
261: L'université, qui jusque là n'avoit point eu de sceau particulier, et dont les actes étoient scellés par le chancelier de l'église de Notre-Dame, prétendoit se délivrer de cette sujétion. Le légat, qu'elle prit pour juge de son différend avec l'église, rompit publiquement le sceau qu'elle avoit fait, et anathématisa d'avance ceux qui oseroient en faire un autre. Ce fut cet acte insultant qui alluma la fureur des écoliers. Maîtres et élèves, tout fut excommunié, et cette excommunication ne fut levée qu'au concile de Bourges, où quatre-vingts docteurs de Paris se rendirent pour obtenir l'absolution du légat, qui la leur accorda sur-le-champ.
262: Ces confédérés étoient Thibaud VI, comte de Champagne; Pierre de Dreux, dit Mauclerc, comte de Bretagne; Philippe, comte de Boulogne, oncle du roi; Hugues de Lusignan, comte de la Marche; Jeanne, comtesse de Flandre; Enguerrand de Couci; les comtes de Ponthieu, de Châtillon, etc., etc.
263: Il faut observer qu'alors la plupart de ceux qui portoient le nom d'écoliers étoient des hommes faits qui venoient à Paris de toutes les parties de l'Europe et de la France, pour y suivre les cours de théologie, de droit et de philosophie.
264: Quelques professeurs s'établirent à Angers et à Orléans; et l'on croit que ce fut là l'origine de ces deux universités. D'autres passèrent en Bretagne et en Angleterre, chez les ennemis les plus acharnés de la régente, où l'on s'empressa de leur donner asile et protection.
265: L'ordre des frères prêcheurs venoit d'être fondé en Espagne par saint Dominique, et saint François d'Assise avoit fondé en Italie celui des frères mineurs, à peu près dans le même temps.
266: Il s'étoit également acquis la confiance de l'empereur Frédéric II et de Grégoire IX, dans ces démêlés si fameux qui amenèrent la fin de la maison de Souabe; tous les deux le consultoient, et il ne tint pas à lui que cette lutte cruelle dans laquelle tous les torts étoient évidemment du côté de l'empereur, ne se terminât par une paix durable.
267: Il est certain que cet affranchissement des esclaves, fait unique dans les annales du monde, ne pouvoit être conçu et exécuté avec quelque sûreté que sous l'empire de la loi chrétienne; mais c'est une grande question de savoir si le moment étoit venu de le faire, et si cette politique des rois de France que l'on commence à entrevoir, de chercher dans le peuple des appuis contre la noblesse, n'avoit pas des inconvénients plus grands que les avantages qu'ils espéroient en retirer. Peut-être aurons-nous occasion de l'examiner. Quoi qu'il en soit, il y eut encore des esclaves en France sous les successeurs de saint Louis; et nous dirons bientôt ce qui se passa sous Louis X, lorsque ce prince publia une ordonnance en faveur des serfs. Long-temps après le règne de ce prince, plusieurs seigneurs continuèrent de maintenir leur ancienne autorité sur les esclaves. Il paroît même, par une ordonnance du fameux Bertrand Duguesclin, connétable de France, que la coutume de les affranchir étoit encore regardée, de son temps, comme une innovation pernicieuse. (Voy. Roberts, introd., § 20.)
268: Il les fit publier l'an de grâce 1270, avant qu'il allât à Tunis, dans toutes les cours laies du royaume et de la prévôté de France. Ce recueil, précieux monument de son zèle pour la tranquillité et le bonheur de ses sujets, contient 208 articles. C'est proprement un nouveau code composé de lois romaines, de canons des conciles, de décrétales ou épîtres des papes, de différentes coutumes de la monarchie, et d'ordonnances de nos rois. Il prescrivoit des formes pour les actions réelles ou personnelles, substituoit les preuves par témoins aux combats judiciaires, régloit les juridictions, établissoit des lois pour les fiefs, les donations, les successions, les partages, les affranchissements, des punitions pour les divers crimes, etc., etc.; enfin embrassoit presque toute la jurisprudence françoise telle qu'elle étoit alors. Toutefois, et déjà nous en avons fait la remarque, ces établissements n'eurent cours dans la France entière que parce que c'étoient des coutumes générales, dont plusieurs sans doute étoient tombées en désuétude, mais qui toutes étoient anciennes et avoient eu force de lois par le consentement des assemblées de la nation. (Voy. p. 174, 1re partie.)
269: On sait qu'il se plaisoit à rendre lui-même la justice à ses sujets, et qu'en été il établissoit son tribunal, ou sous les arbres du bois de Vincennes, ou dans le jardin de son palais de la Cité. «Tableau touchant de nos antiques mœurs, dit avec raison l'auteur du Tableau du règne de saint Louis (Collect. des Mém. relat. à l'hist. de France., t. II, p. 124), dont la poésie et l'éloquence se sont emparées, pour en proposer l'exemple aux siècles modernes, sans réfléchir que c'étoit à titre du seigneur féodal, que Louis jugeoit ses sujets, et que la constitution des monarchies actuelles, entièrement différente, rend plus ou moins, dans toute l'Europe, la justice indépendante du pouvoir suprême.» La poésie et l'éloquence de nos temps modernes se sont emparées de bien d'autres choses, qu'elles ont également dénaturées et niaisement consacrées.
270: Il ordonna que toutes les femmes folles de leurs corps seroient chassées des maisons particulières, et défendit à ses sujets de leur louer aucune habitation où elles pussent faire leur infâme commerce. Alors on donna un nom odieux aux endroits où elles furent obligées de se retirer: c'étoient de petites loges, dans lesquelles il leur étoit défendu de passer la nuit, afin qu'un reste de pudeur pût contenir les hommes, forcés, pour y entrer, de braver le grand jour et tous les regards. Ces loges furent appelées bords ou bordels, du mot saxon bord, qui signifie petite loge; et c'est par erreur qu'on a cru trouver cette étymologie dans la situation de ces maisons au bord de l'eau. Les broderies, les boutonnières d'argent et autres ornements furent interdits à ces femmes perdues; on les empêcha même de mettre leurs loges dans les grandes rues, et on les contraignit de se retirer dans les rues de l'Abreuvoir, des Boucheries, de Froi-Manteau; dans celles de Glatigny, Chapon, Champ-Fleury, etc.
271: Entre autres mesures rigoureuses, il ordonna que, pour les distinguer des chrétiens, ils seroient tenus de faire coudre sur leur robe, devant et derrière, une pièce de feutre d'une palme de diamètre. Cette marque fut appelée rouelle; et lorsqu'on trouvoit un juif qui ne l'avoit pas, sa robe étoit confisquée, et il étoit condamné à dix livres d'amende. Philippe-le-Hardi rendit contre eux, dans la suite, un arrêt encore plus sévère, en ordonnant qu'ils porteroient une corne sur leur bonnet; ce qui fut pour eux la plus grande humiliation qu'ils eussent encore éprouvée. Il leur fut défendu en même temps de porter des habits de couleur, de se baigner dans les rivières où se baignoient les chrétiens, etc. Ils n'eurent plus, dès lors, à Paris, qu'une synagogue, rue de la Tacherie, et un cimetière rue de la Harpe. Du reste, ils étoient toujours soumis à la servitude, comme du temps de Philippe-Auguste.
273: Ce prévôt étoit le fameux Étienne Boislève, dont nous avons déjà parlé. Son grand sens et sa fermeté firent refleurir le commerce et l'industrie; par l'intégrité de ses jugements il releva l'honneur de son tribunal, et donna ainsi l'exemple à tous les juges du royaume. On raconte que saint Louis, satisfait de son zèle, et voulant lui donner des marques éclatantes de sa satisfaction, le faisoit asseoir auprès de lui, chaque fois qu'il rendoit lui-même la justice au Châtelet.
274: Il avoit le même droit, au mariage de ses enfants, et lorsqu'il partoit pour quelque expédition militaire.
275: Les soi-disant philosophes.
276: C'est ce qu'on appeloit basse-justice (Voy. p. 513.)
277: Cette juridiction temporelle du clergé n'avoit cessé de s'accroître sous les règnes précédents et jusqu'à saint Louis. Le désordre, l'anarchie et les violences étant alors à leur comble, l'église, seul refuge des opprimés, avoit cru devoir employer pour en arrêter le cours ce qu'elle avoit de lois plus sévères et de plus terribles châtiments. Sous la minorité du roi, son conseil, fort mal conseillé sans doute, voulut arrêter le cours de cette justice salutaire; mais il ne réussit alors qu'à empêcher les juges ecclésiastiques de mettre en interdit les chapelles du roi. Depuis, les seigneurs eux-mêmes avoient formé une commission à l'effet de défendre à leurs vassaux l'appel devant un tribunal ecclésiastique; et cette commission, qui devoit être permanente, s'étoit même arrogé le droit de juger de la validité d'une excommunication; mais le pape menaça, et parvint facilement à rompre cette association. Les rois eux-mêmes se montroient impatients d'un joug qui avoit été si long-temps nécessaire à leur propre conservation; et par cette corruption du cœur que fait naître l'usage même légitime du pouvoir, cherchoient imprudemment tous les moyens possibles de le briser.
278: Il est dit dans cet acte que le roi seul a la voirie à Paris et dans toute la banlieue, excepté dans les rues où l'évêque a toutes les maisons de l'un et de l'autre côté; et que si, parmi les maisons de l'évêque, il y en a seulement une qui ne soit point à lui, l'évêque perd la voirie, que le roi ne partage avec personne. Tous les lieux d'exemptions, comme Saint-Martin-des-Champs, le Temple, Saint-Germain-des-Prés, Saint-Éloi, Saint-Julien-le-Pauvre, n'ont point de voirie; le chapitre de Notre-Dame ne l'a que dans le Parvis, et l'abbaye de Sainte-Geneviève que dans la vieille terre, depuis la croix Hémon jusqu'à l'abbaye.
279: Ce nombre fut fixé à soixante-dix sergents à pied et trente-cinq à cheval; mais, quelques années après, le roi en augmenta le nombre, et permit au prévôt d'avoir quatre-vingts sergents à cheval et quatre-vingts sergents à pied. Le prévôt de Paris avoit encore douze autres sergents à pied qui lui étoient particulièrement attachés, et faisoient auprès de lui l'office de gardes.
280: Voyez p. 146, 1re partie.
281: Il fut reporté avec la même pompe à Saint-Denis. Depuis on en transféra une côte dans l'église de Notre-Dame, et partie du chef à la Sainte-Chapelle.
282: Voyez p. 409, 1re partie.
283: «Il est toujours aisé, dit le P. Daniel, de faire le procès à ceux qui ont administré les finances, soit parce qu'il est rare de se modérer dans un tel poste, soit parce que, dans un pareil maniement, il est moralement impossible de rendre compte de tout.»
284: Ceci va paroître bien extraordinaire, bien prodigieux, bien incroyable à nos grands prédicateurs de liberté, aux philanthropes ennemis de la féodalité, qui versent encore tous les jours des larmes si amères sur le joug de fer dont elle accabloit l'humanité, dans ces temps d'une aussi effroyable tyrannie; mais il n'en est pas moins vrai que le plus grand nombre des serfs préféra son argent à la liberté qui lui étoit si peu libéralement offerte. «Attendu, est-il dit, dans les lettres du roi, que plusieurs, par mauvais conseil ou faute de bons avis, ne connoissent pas la grandeur du bienfait qui leur est accordé, nous ordonnons à nos officiers de les taxer si suffisamment et si grandement, comme leur condition et leurs richesses pourront bonnement le souffrir.» (Spicil., t. III, p. 707.) Ceci prouve tout à la fois et que les serfs se soucioient peu d'être libres, et qu'ils étoient riches; ce qui devroit cependant ne pas sembler si malheureux à nos philosophes et à nos libéraux: car tout en estimant la liberté, on sait qu'ils ne méprisent point les richesses.
285: «C'est pour la première fois, dit le président Hénault, qu'il est fait mention de la loi salique, qui ne permettoit pas que les femmes héritassent de la couronne de France.» C'est encore là une de ces opinions erronées de nos historiens modernes, que nous aurons occasion d'examiner et de réduire à sa juste valeur. Ce n'étoit point uniquement par la loi salique, mais par toutes les anciennes lois et coutumes des Francs, que les femmes étoient exclues de la succession au trône; et nous dirons pourquoi.
286: Pour cimenter cette paix, les religieux cédèrent à l'université le patronage des cures de Saint-André-des-Arcs et de Saint-Côme, et payèrent en outre tous les arrérages d'une rente qu'ils lui devoient en vertu d'une transaction faite antérieurement entre les deux parties. Ils convinrent en outre de faire murer la porte qui donnoit sur le Pré-aux-Clercs, lequel devint, depuis ce moment, une promenade publique commune aux écoliers et aux habitants de Paris.
287: C'étoient deux mauvais prêtres, l'un déposé de sa cure pour ses crimes, l'autre moine apostat de l'ordre de Saint-Benoît. Ces hommes qui les suivoient étoient des serfs affranchis; et il est remarquable que rien de pareil n'étoit arrivé avant ces affranchissements; ce qui semble justifier l'opinion émise dans l'ordonnance du connétable Duguesclin. (Voyez p. 708.)
288: Il songeoit, quand il mourut, à établir partout un même poids et une même mesure, et à faire en sorte que, dans toute la France, on se servît de la même monnoie. Louis XI eut depuis la même pensée.
Ordonnance faite à Saint-Germain, de laquelle, dit du Tillet, est tirée la maxime reçue «qu'en fait de justice on n'a égard à lettres missives; ordonnance sainte de nos rois, pour se garder de surprise en cet endroit, qui est leur principale charge.» Autre ordonnance qui règle que les confiscations seront employées à acquitter les rentes à vie ou perpétuelles; autre qui réunit au domaine les terres que le roi possédoit avant son avénement à la couronne; autre qui défend aux maîtres du parlement, présidents ou autres, d'interrompre les besongnes du parlement; autre au sujet de la discipline de cette compagnie; autre concernant le gouvernement de son palais, dans laquelle le roi déclare qu'il n'entendra aucune affaire avant d'avoir assisté, tous les jours, au saint sacrifice de la messe.
289: Hugues de Cuisy, troisième successeur de Capetal, fut également pendu dans l'hôtel de Nesle sous Philippe de Valois, pour prévarications dans l'exercice de sa charge. Ces deux exécutions diminuèrent beaucoup la considération dont jouissoit la place de prévôt de Paris.
290: Le collége du Plessis et celui des Écossais.
291: Ce prince fut sévère justicier. Sous son règne, il se fit une recherche très-rigoureuse des financiers, presque tous Lombards et Italiens, que l'on accusoit des usures les plus criantes: leurs biens furent confisqués, et on les renvoya dans leur pays, aussi pauvres qu'ils en étoient venus. Gérard Laguerre, receveur général des revenus de la couronne, accusé de malversation, mourut à la question, sans avoir fait l'aveu du crime qu'on lui imputoit; mais il est probable qu'on en avoit acquis des preuves suffisantes, car son corps n'en fut pas moins traîné par les rues et attaché au gibet de Paris.
292: Les colléges de Marmoutier, d'Arras, des Lombards, de Tours, de Lisieux, de Bourgogne, d'Autun, de l'Ave-Maria, le collége Mignon, ceux de Saint-Michel, de Cambrai, de Boncours, de Justice, des Allemands et de Tournai.
293: Nos rois commençoient à user de ce droit suprême sur les grands vassaux; et peu de temps après Jean fit décapiter, dans l'hôtel de Nesle, le comte d'Eu et de Guines, connétable de France, accusé et convaincu de haute trahison; mais, dans cette dernière exécution, du moins les formalités nécessaires furent remplies.
294: Il y avoit déjà eu plusieurs maladies contagieuses à Paris sous les règnes précédents; mais celle-ci, qui désola en même temps toute la France, fut la plus terrible qui eût encore exercé ses ravages dans cette capitale. Elle enleva plusieurs personnes de la famille royale: Jeanne de Navarre, fille de Louis X; Bonne de Luxembourg, femme du duc de Normandie; la reine Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe de Valois. Il mouroit à l'Hôtel-Dieu jusqu'à cinq cents personnes par jour; on renouvela par trois fois la communauté des sœurs qui servoient les malades, et qui périrent toutes victimes de leur zèle. Des quartiers entiers devinrent déserts; et le cimetière des Innocents se trouva tellement comblé de cadavres, qu'on se vit forcé de le fermer, et d'en bénir un autre hors de la ville.
295: C'étoit une imposition sur diverses marchandises; mais le roi reconnut que cet octroi étoit gratuit de la part de la ville, et ne portoit aucun préjudice à ses priviléges et franchises.
296: Il fit défendre de nourrir des pourceaux dans l'enceinte de la ville, sous peine de dix sous d'amende pour chaque pourceau, et permit au premier qui les rencontreroit de les tuer. Il étoit aussi défendu de balayer les rues dans les grandes pluies, pour ne pas charger la rivière des immondices, qui devoient être emportées dans des tombereaux.
297: Saint-Foix.
298: Ibid.
299: Dubreul, Malingre, Belleforêt.
300: Elle étoit écrite en petit gothique, et placée entre les deux statues: l'abbé Lebeuf ne lui donne que deux à trois cents ans.
301: Quartier du Louvre, p. 25.
302: Depuis, l'abbaye Saint-Germain-des-Prés: le corps du saint étoit dans la petite chapelle Saint-Symphorien, qui faisoit partie de cette basilique.
303: Voici les termes de cet acte:
Basilicæ domni ac peculiaris patrini mei Germani episcopi qui me dulcissimè enutrivit, et suâ sanctâ oratione, ac si indignum, ad sacerdotii honorem perduxit, si SUPERSISTIT in basilicâ domni Vincentii, ubi sanctum ejus corpusculum requiescit, dono inibi in honore sepulturæ suæ, villam Bobanæ quæ est in territorio Stampense super fluvio Colla, quam mihi gloriosus domnus Chlotarius rex suo munere contulit: quod jubeo eâ conditione ut si sanctum corpus ejus IN BASILICA NOVA quam inclitus Chilpericus quondàm rex construxit, si convenerit, ut inibi transferatur, villa ipsa, ubi semper ejus corpus fuerit, semper ibi deserviat, et ipse sanctus pontifex pro meis facinoribus deprecari dignetur...... Die VI kal. aprilis, anno XXII regnantis gloriosissimi domni Chlotarii regis. (Corvaisier—Hist. des évêques du Mans, p. 194.)
304: Cette relique étoit une portion de ses vêtements. Elle existoit encore dans le trésor de Notre-Dame en 1787.
305: S. Germani Rotundi.
306: Les évêques de Paris possédoient, dans les environs de cette église, une grande étendue de terres labourables et de prairies, dont les démembrements ont formé plusieurs paroisses et les quartiers les plus populeux de Paris.
307: Duchesne, t. IV, p. 77.
308: Le nom de monastère s'est conservé long-temps pour les paroisses, dans le vieux mot montier et moutier: mener la mariée au moutier. Dans la chronique de Cambrai, que cite l'abbé Lebeuf, la cathédrale d'Arras est appelée monasterium S. Mariæ Atrebatensis.
309: Cart. S. Germ. Autiss., fol. 18, verso.
310: Lebeuf, Hist. du Dioc. de Par., t. I, p. 49.
311: À commencer au Grand-Châtelet inclusivement, et suivant la grande chaussée de Saint-Denis, pour ne se terminer que vers Saint-Cloud, dont Chaillot seul se trouvoit excepté. (Lebeuf, ibid.)
312: Il y avoit eu anciennement beaucoup de fondations de chapelles qui n'existoient plus dans le quatorzième siècle; et les plus anciennes de ce temps-là ne passoient pas le quinzième. L'abbé Lebeuf y compte une chapelle de Saint-Nicolas, dans la nef, établie dès l'an 1189; en 1317, une chapelle de Sainte-Madeleine; en 1328, une chapelle de la Trinité, fondée par Guillaume Des Essarts. Plusieurs chapellenies se trouvoient déjà établies en 1497, à l'autel des Cinq-Saints, situé dans la nef, etc., etc. (Le même, ibid., p. 50.)
313: Voy. pl. 47. La situation de ce portail, placé intérieurement, et précédé d'un vestibule, est cause sans doute que les figures dont il est orné ont échappé aux dévastations des brigands révolutionnaires. Elles sont au nombre de six, et représentent les deux personnes royales dont nous avons déjà parlé, un ecclésiastique orné d'une simple dalmatique, qu'on croit être le saint diacre Vulfran; sainte Geneviève, un ange et un évêque, que l'abbé Lebeuf dit être saint Landri. Le peuple de Paris s'imagine y voir la représentation de saint Germain; mais c'est une erreur: la statue de saint Germain étoit au trumeau qui séparoit les deux battants de la porte; elle en fut ôtée dans le dix-septième siècle, avec le pilier qui embarrassoit l'entrée, et enfouie en terre sous la première arcade du bas-côté, à droite. (Lebeuf, ibid., p. 42.)
314: Voyez pl. 35.
315: V. pl. 36. Le clocher, dont on a abattu la partie pyramidale, étoit d'un gothique qui annonçoit le douzième siècle. Sa situation singulière au côté méridional de l'entrée du chœur porte à penser qu'il y en avoit un autre au côté septentrional, pour établir un ordre symétrique, comme on le remarque dans un grand nombre d'églises.
316: Architecte de la partie du Louvre bâtie sous François Ier. Nous aurons bientôt occasion d'en reparler.
La construction de ce jubé fut accompagnée de riches embellissements faits intérieurement à cette église depuis 1607 jusqu'à 1623, en menuiserie, peintures, bronzes, marbres précieux et dorures. Toutes les voûtes furent peintes d'azur, semé de fleurs de lis d'or. Le grand autel surtout étoit d'une magnificence remarquable, orné de six colonnes de porphyre, enceint d'une balustrade de marbre blanc, etc.
317: Dans le temps que cette église étoit collégiale, l'office paroissial se célébroit dans une chapelle de la nef, que l'on appeloit chapelle de la paroisse.
318: Nom qu'on donne, dans la décoration d'architecture, à une partie unie, simple, de diverses figures, et ordinairement carrée-longue.
319: C'est ainsi qu'on nomme les montants et traverses de bois, de pierre ou de fer qui séparent les guichets d'une croisée.
320: On prétend que François Ier, vivement frappé des beautés de l'original peint à fresque dans le réfectoire des Dominicains de Milan, voulut le faire transporter en France, avec le mur sur lequel il étoit peint, mais qu'ayant reconnu l'impossibilité de l'exécution d'un tel projet, il en fit faire plusieurs copies, au nombre desquelles étoit celle-ci. Si le fait est vrai, on ne sauroit assez regretter ce morceau, d'autant plus précieux que l'original est dans un état de dégradation qui augmente tous les jours, et qu'on dit irréparable.
321: Le mausolée de ces deux personnages offre leurs figures en albâtre, étendues sur une tombe de marbre noir, les mains jointes et la tête appuyée sur un coussin; l'homme en habit de guerre, la femme vêtue suivant la mode du temps. Un lion est couché à leurs pieds. (Il avoit été déposé au musée des Petits-Augustins.)
Nous ne croyons pas qu'aucun historien de Paris ait parlé de ce monument, qui cependant est en ce genre l'un des plus remarquables de cette capitale. Il n'est point de sculpture moderne exécutée avec un sentiment plus délicat, un fini plus précieux, une plus grande vérité d'imitation. Les draperies, jetées avec toute l'élégance que pouvoit permettre un semblable costume, sont d'une souplesse qui le dispute aux ouvrages des plus grands maîtres du seizième siècle. On ignore l'auteur de ce chef-d'œuvre qui nous retrace le style de Germain Pilon dans son meilleur temps.
Le soubassement est couvert d'ornements d'une exécution très-soignée, et enrichi de cinq petites statues représentant la Vierge, des Saints, des Vertus caractérisées par leurs attributs. Ces divers morceaux paroissent sortir de la même main, et ne sont point indignes de ces deux excellentes figures.
322: Ce monument avoit été déposé au musée des Petits-Augustins.
323: Déposé dans le même musée.
324: On voit que cette paroisse s'étendoit jusque dans le quartier Sainte-Opportune, et même dans les rues environnantes de cette dernière église, dont les droits curiaux étoient extrêmement circonscrits. Elle n'avoit sous sa juridiction que trente à quarante maisons comprises dans les rues de la Tabletterie et des Fourreurs, de plus, les maisons du cloître et de la place, celles de la rue de l'Aiguillerie, quelques-unes au coin de la rue Saint-Denis, et la rue Courtalon.
325: Une partie de cette forêt subsistoit encore du temps de saint Louis, qui, au rapport des historiens, fit construire l'hôpital des Quinze-Vingts in luco (dans le bois). Elle se confondoit alors avec la forêt de Saint-Germain-en-Laye.
326: Histoire de l'université de Paris.
327: Ces domaines, dispersés dans le royaume, et au nombre de cent soixante (Voy. p. 81, 1re partie.), composoient le principal revenu de nos rois de la première et de la seconde race. Ce n'étoient point des maisons de plaisance avec de vastes jardins embellis par l'art; c'étoient de bonnes métairies, ordinairement au milieu des forêts. On y tenoit des haras; on y nourrissoit des bœufs, des vaches, des moutons, de la volaille. On vendoit au profit du roi les provisions qu'il n'avoit pas consommées. Voy. p. 677.
328: Duch., t. V, p. 63.
329: On sait que l'évêque et le chapitre de Paris avoient aussi des droits sur une partie du terrain du Louvre. Dix-huit ans après, en 1222, ce même prince chargea la prévôté de Paris du paiement d'une rente de 20 liv. parisis à ce prélat et à son église, à cause des Halles, du Petit Châtelet et même de la plus grande partie du Louvre, bâtis dans leur seigneurie.
330: Ici Sauval dit que les tours des portaux ne s'élevoient que jusqu'au premier étage. Il confond évidemment les tours de l'enceinte avec celles qui flanquoient le corps-de-logis; et il suffit de jeter les yeux sur la gravure que nous en donnons pour s'en convaincre. Voy. pl. 37.
On voyoit autrefois dans la sacristie de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés un ancien tableau qui paroissoit avoir été peint au commencement du quinzième siècle. Il représente un saint abbé de ce monastère, nommé Guillaume, à genoux, et soutenant un Christ détaché de la croix; à l'article où nous parlerons de cette célèbre abbaye, nous aurons occasion de revenir sur ce tableau, extrêmement curieux sous plusieurs rapports, mais principalement par la composition du fond sur lequel se détachent les figures. Ce fond représente l'abbaye au milieu de ses prés, environnée de tours rondes, de hautes murailles et de fossés profonds. Le Louvre, avec ses grosses tours, y paroît aussi de l'autre côté de la rivière, tel qu'il avoit été construit par Philippe-Auguste. À côté est le Petit-Bourbon, dont a pu voir encore des débris dans le siècle dernier; et plus loin, la butte Montmartre avec le monastère de religieuses que la reine Adélaïde de Savoie y avoit fait bâtir. C'est d'après ce tableau, seul monument qui nous ait laissé une représentation de ces édifices, que cette gravure a été fidèlement copiée. (Il avoit été déposé au musée des Petits-Augustins.)
331: Les registres et les titres de la chambre des comptes sont pleins d'assignations de deniers, que nos rois donnaient aux grands seigneurs sur la tour du Louvre. Louis VIII, qui pendant son règne avoit amassé des sommes immenses en masse et en espèces, les fit porter dans cette tour, et non dans celle du Temple, qui avoit jusque là servi de trésor à ses prédécesseurs. François Ier l'ayant fait abattre deux ans et demi après, le coffre du Louvre ou de l'épargne lui succéda, et servit à la garde du trésor royal, suivant le registre des ordonnances du parlement.
332: Sur le pignon du pont-levis étoit la figure de Charles V tenant un sceptre, sculptée par Jean de Saint-Romain, pour le prix de 6 liv. 8 sous parisis.
333: Quoique cette tour servît de prison, nous apprenons des registres de la chambre des comptes que Charles V y demeuroit en 1398, et qu'il fit fermer de fil d'archal les fenêtres de son appartement, parce qu'il se trouvoit incommodé des oiseaux et des pigeons qui y entroient sans cesse. On croit même qu'il n'est pas le seul de nos rois qui en ait fait sa demeure. Du reste, le peuple, avide de tous les bruits qui frappent son imagination, contoit quantité de fables de cette tour; et c'étoit une tradition, qu'il y existoit des souterrains où l'on se défaisoit des criminels qu'on ne vouloit pas faire mourir en public.
334: Selon un catalogue de cette bibliothèque, il y avoit 269 volumes dans la première chambre, 260 dans la chambre du milieu, et 380 dans la chambre du troisième étage.