1: Voyez la Ire partie de ce volume, p. 63.
2: Ibid., p. 64, 66, 69 et suiv.
3: Nous trouvons expressément dit «que tout homme libre devoit rester fidèle au prince à qui il s'étoit une fois recommandé, tant que ce prince étoit vivant; mais qu'après sa mort, il lui étoit permis de se recommander à qui il jugeroit à propos de le faire.» (Corps diplom. de Dumont, t. I.)
4: Voyez la Ire partie de ce volume, p. 64.
5: Sur ce que nous allons dire et jusqu'à la page 476, on peut consulter les livres 16, 17, 18, 19, 29, 30 et 31 de cet auteur.
6: Les grands qui se donnoient à un roi ne pouvoient traiter en leur nom avec des princes étrangers, ni se rendre leurs clients; obligés de le suivre à la guerre, ils devoient être compris dans tous les traités qu'il lui arrivoit de faire, et aucune guerre ne pouvoit être légitimement entreprise sans leur avis. C'étoit encore parmi eux que ces rois barbares choisissoient leurs ambassadeurs, et ceux qui étoient chargés de leurs négociations.
7: Greg. Tur. Hist., lib. II, c. 30.
8: «Louis-le-Bègue, étant sur le point de mourir, chargea l'évêque de Beauvais et un comte, nommé Alboin, de porter à Louis, son fils aîné, la couronne, l'épée et les autres ornements royaux, mandant à ceux qui étoient auprès de lui de le faire sacrer et couronner roi. Mais avant de procéder à cette cérémonie, ils convoquèrent les grands du royaume dans la ville de Meaux, pour délibérer sur ce qu'ils avoient à faire. Louis ne fut pas couronné aussitôt que son père l'avoit désiré; et contre l'intention de ce prince, on lui associa son frère Carloman.» (Aimoin, liv. V, c. 39.)
Quoique Pépin eût fait sacrer et couronner ses fils de son vivant, «les Francs les élurent après sa mort pour lui succéder» (Egin. de princip.), et les annales qui portent le nom d'Aimoin disent très-expressément que «Charles et Carloman furent créés rois par le consentement de tous les Francs.» (Lib. 4, c. 47.)
Nous apprenons du même annaliste que Louis-le-Débonnaire ne dut d'avoir succédé à son père qu'à la diligence qu'il avoit faite pour prévenir la trahison de Wala, et à la bonne volonté du peuple. C'est ainsi qu'il obtint le trône du consentement et avec l'applaudissement de tous les Francs. (Ibid., c. 102.) On pourroit multiplier à l'infini ces exemples, tant dans la première que dans la seconde race.
9: Voyez la première partie de ce volume, p. 59.
10: C'est-à-dire le vassal bénéficier; car le vassal allodial ou libre propriétaire prêtoit l'hommage simple, lequel étoit fort différent de la recommandation qui étoit aussi appelée hommage lige. Ceux des grands vassaux qui se prétendoient propriétaires de leurs biens en franc aleu, offrirent toujours le premier, et refusèrent le second tant qu'il leur fut possible de s'y soustraire.
11: Il reste plusieurs formules des sermens prêtés à leur couronnement, par les rois des deux premières races, et même pendant le cours de leurs règnes: on peut les réduire à ces trois points principaux: protection aux églises; paix aux peuples; justice à chacun.—Le vassal juroit d'être fidèle au roi régnant, comme tout homme franc devoit l'être à son roi.
12: Cap. Car. Calv., tit. 53, c. 4.
13: «Si vous voulez que nous vous soyons fidèles, disoit le peuple à Charlemagne, faites observer les lois.» (Petitio populi, Worm., an. 803.) Non-seulement les lois autorisoient les fidèles à en agir ainsi avec les rois, mais «elles leur enjoignoient même de leur remontrer toutes les fautes qu'ils pouvoient commettre, afin qu'ils les réparassent. Si après ces avertissemens, le roi ne changeoit point de conduite et d'intention, alors les sujets ecclésiastiques et séculiers devoient faire cause commune afin qu'il ne conservât point le pouvoir de traiter qui que ce fût contre la loi et la raison, et ce nonobstant sa propre volonté.» (Cap. Car. Calv., t. 29, c. 10.)
C'étoit là sans doute régner à de tristes et humiliantes conditions; mais de cette situation précaire des rois, d'où naissoient tant et de si graves inconvénients, il en résultoit du moins cet avantage que, pour ôter tout prétexte à la révolte, ces princes apportoient le plus grand soin à faire rendre la justice; et que les grands vassaux se voyoient obligés de les imiter, et de se montrer de leur côté justes et bienveillants envers leurs sous-vassaux, pour ne point s'exposer à perdre leurs droits de suzeraineté. Plus on pénètre le fond du régime féodal, plus on reconnoît que c'étoit un excellent système administratif, peut-être même le meilleur qui ait jamais existé; système dont on avoit fait une mauvaise loi politique en y assujettissant le souverain au même degré que les moindres de ses sujets, et qu'il auroit suffi de le renfermer dans ses bornes naturelles pour en faire la plus salutaire des institutions. C'est ce qui arriva par la suite; et la France eût été trop heureuse, si, parvenus là, ses rois eussent su s'y arrêter.
14: Les rois eux-mêmes sembloient reconnoître que ce déni de justice pouvoit légitimer la révolte; et lorsque Charles-le-Chauve se réconcilia avec ses sujets révoltés, il distingua des autres ceux que la guerre avoit ruinés, et qui, n'ayant point été récompensés de leurs services, avoient un juste sujet de se soulever contre lui. Il promit même de réparer le tort qu'il leur avoit fait, le plus tôt et le mieux qu'il lui seroit possible, avec le conseil de ses fidèles. (Cap. Car. Calv., tit. 29, c. 6.)
15: Que de clameurs n'a-t-on point élevées contre la puissance spirituelle, ses usurpations, etc. à l'occasion de ces dépositions de rois et d'empereurs, souvent prononcées par un tribunal composé d'évêques! Cependant que l'on se transporte à ces temps reculés, qu'on en étudie les usages, qu'on en comprenne les mœurs, qu'on renonce enfin à cette manie absurde de les juger d'après les temps où nous vivons, et l'on sera forcé de reconnoître comme raisonnable et salutaire, ce que l'on blâme avec tant de violence et d'aigreur. Les rois, nous le répétons, étoient à la merci de la race turbulente et guerrière qui les environnoit. «Il n'étoit permis à personne, dit un capitulaire, d'empêcher par sa désobéissance l'exécution des lois; mais si l'un des rois descendans de Louis-le-Débonnaire manquoit aux engagements communs qu'il a pris avec les autres rois et à ceux qu'il a pris vis-à-vis de son peuple, ceux qui ne s'en étoient point écartés s'assembloient avec le grand nombre des fidèles, et après que l'on avoit averti inutilement le prince réfractaire, on décidoit en commun quelle conduite on devoit tenir à son égard.» (Cap. Car. Calv., tit. 31, c. 12.) Ainsi la loi elle-même consacroit, en certains cas, la révolte. Réduits souvent à de telles extrémités, c'étoient les rois eux-mêmes qui, de même que le faisoient leurs sujets dans un si grand nombre d'autres circonstances, demandoient d'être jugés par un tribunal ecclésiastique, comme plus équitable, plus modéré, et étranger d'ailleurs à toute passion, à tout intérêt qui auroit pu leur être contraire: «Après avoir été sacré roi, disoit Charles-le-Chauve; après avoir été élevé sur le trône, je n'ai pas dû en être renversé; mon sacre n'a pas pu devenir nul, au moins avant que j'eusse été entendu et jugé par les évêques, qui sont les ministres de mon sacre et que l'Écriture appelle les trônes de Dieu, trônes sur lesquels le Tout-Puissant est assis et par qui il rend ses jugements. J'ai toujours été prêt à me soumettre à leurs réprimandes et à leurs sentences pénales (judiciis castigatoriis), et maintenant encore je suis dans la même disposition.» (Cap. Car. Calv., tit. 30, c. 3.)
16: Les mêmes démembrements s'opérèrent en Allemagne avec de légères différences que nous ne pourrions faire connoître ici sans sortir de notre sujet.
17: Les Sarrasins.
18: Voyez page 134, 1re partie de ce volume.
19: Voy., p. 68, première partie de ce volume.
20: Ibid. p. 66 et suiv.
21: De tous les duchés, il ne conserva que celui de Bénévent; et non content de diviser les autres, il crut nécessaire encore de démembrer la juridiction des comtes des cités.
22: Aimoin, lib. 15, c. 19.
23: Les invasions des Normands.
24: Ce domaine, qui étoit immense, fut tellement divisé que vers la fin de la seconde race les rois de France n'avoient plus pour toute propriété que la petite ville de Laon et son petit territoire.
25: Eudes, comte de Paris et frère de Robert, aïeul de Hugues Capet. La troisième race de nos rois eût sans doute commencé à cet Eudes, s'il ne fût mort sans enfans.
26: Charles de Lorraine. On lui fit justement un crime d'avoir rendu hommage à l'empereur Othon.
27: Hugues Capet étoit moins riche que plusieurs de ses vassaux: ce ne fut même qu'après la mort de son frère Othon, que le comté de Paris fut définitivement réuni à la couronne de France.
28: Voyez p. 271, première partie.
29: Suger, de simple moine de Saint-Denis, en étoit devenu abbé par ses grands talents. Louis-le-Gros avoit été élevé dans cette abbaye; ce fut là que Suger en fut connu, et ce qui donna occasion à ce prince, devenu roi, de l'employer dans la suite aux plus grandes affaires..... C'est lui qui a bâti l'église de Saint-Denis, telle qu'on la voit encore aujourd'hui, à l'exception du portail et des deux tours qui l'accompagnent, monuments vénérables de l'ancienne église élevée par Pépin et par Charlemagne; et ce qui honore du moins autant sa mémoire, c'est qu'on croit, avec beaucoup de vraisemblance, que le projet de la compilation des grandes chroniques, connues sous le nom de Chroniques de Saint-Denis, fut son ouvrage. (Hénault.)
30: Toutes les villes des peuples qui habitoient le nord de l'Europe étoient chétives et grossièrement bâties; et les voyages de la Terre-Sainte leur firent voir, pour la première fois, de ces belles cités, dont jusque là ils n'avoient pas même l'idée. Les historiens latins sont frappés à la vue de la magnificence, des richesses, et de l'élégance dont l'empire d'Orient leur offroit le spectacle. «Ô que Constantinople est une belle et vaste cité! s'écrie Foulques de Chartres en la voyant pour la première fois. Combien de couvents elle renferme, et combien de palais bâtis avec un art admirable! on ne croiroit jamais combien elle abonde en toutes sortes de bonnes choses, en or, en argent, en étoffes de différentes espèces. À chaque heure, il arrive dans son port des vaisseaux chargés de toutes les choses nécessaires à l'usage de l'homme.» (Fulcher, ap. Bongars, v. 1, p. 386.) Guillaume, archevêque de Tyr, l'historien le plus éclairé de tous ceux qui ont écrit sur les croisades, dit que ce que les Occidentaux voyoient de l'élégance et de la splendeur de la cour de Constantinople étoit au-dessus de toutes les idées qu'ils auroient pu s'en former. Gonthier, moine français, qui écrivit une histoire de la conquête de Constantinople, Geoffroi de Villehardouin, gentilhomme d'un rang distingué, et accoutumé à toute la magnificence que l'on connoissoit en Occident, en parlent avec la même admiration. Ce dernier peint avec les couleurs les plus vives l'étonnement dont furent frappés ceux de ses soldats qui voyoient pour la première fois Constantinople: «Ils avoient peine à croire, dit-il, qu'il y eût une ville si belle et si riche dans le monde entier. Quand ils virent ses grandes murailles, ses hautes tours, ses riches palais et ses superbes églises, tout cela leur parut si grand, qu'ils n'auroient jamais pu se former une idée de cette ville impériale, s'ils ne l'eussent vue de leurs propres yeux.» (Histoire de la Conquête de Constantinople, p. 49.)
31: Voy. pag. 31, première partie. Ces murs furent élevés pendant le voyage du roi à la Terre-Sainte, et aux dépens des bourgeois de Paris, comme ces mêmes bourgeois le représentèrent depuis à Louis XIII: cependant on les a toujours appelés les murs du roi. Les successeurs de Philippe les donnèrent aux prévôts des marchands et échevins; c'est-à-dire qu'ils leur en confièrent la garde, la visite et le soin de les réparer.
32: Entre autres le clos de Sainte-Geneviève, celui de Saint-Étienne-des-Grès, le clos l'Évêque, une partie de la terre de Laas, etc.
33: Le Louvre.
34: Ces juges accordèrent à l'abbaye tout le territoire contenu depuis la tournelle de Philippe Hanselin, bâtie sur le bord de la Seine (tournelle ou tourelle, connue sous le nom de tour de Nesle), jusqu'à la borne qui sépare, vers la plaine de Grenelle, la terre de Saint-Germain d'avec celle de Sainte-Geneviève, et depuis cette borne jusqu'à une autre qui sépare les mêmes terres près du chemin d'Issy, enfin depuis cette dernière jusqu'à celle que les arbitres eux-mêmes posèrent contre les murs de Saint-Étienne-des-Grès.
35: Elles furent achevées en deux ans, l'une sous le nom de Saint-André-des-Arcs, l'autre sous celui de Saint-Côme.
36: Voyez page 349; 1re partie.
37: Nos premiers rois les trouvèrent déjà établis à Paris, maîtres absolus du commerce, et exerçant ouvertement l'usure. Un édit de Dagobert, de l'an 633, les fit sortir de France; on les y voit reparoître sous Charles-le-Chauve, et le concile de Paris, de 850, renouvela toutes les lois de police portées précédemment contre eux. En 1096, Philippe Ier et tous les souverains de l'Europe les chassèrent de nouveau de leurs États; mais ils y rentrèrent peu d'années après, sous des conditions qui, en garantissant davantage leur sûreté, aggravèrent le poids de leur servitude. Ils se rendirent tributaires du prince, qui les partagea entre les grands seigneurs de sa cour; et, de même que les serfs, ils faisoient partie de l'héritage, et demeuroient attachés à la terre. Ils continuèrent ainsi leur trafic et leurs usures, et les choses demeurèrent en cet état sous les règnes de Louis-le-Gros et de Louis-le-Jeune. (Delamare.)
38: Action injuste, contraire au droit naturel, et par conséquent à la religion. Un grand pape (saint Grégoire-le-Grand) en jugeoit ainsi. Tout zélé qu'il étoit pour la conversion des juifs, il ne pouvoit souffrir qu'on leur fît des injustices (Hénault.)
39: Ce sont aujourd'hui les rues de la Poterie, de la Friperie, de la Chaussetterie, de Jean-de-Bausse et de la Cordonnerie.
40: Les nouveaux accroissements de Paris leur fournirent les moyens de trouver des logements commodes. Quelques-uns allèrent demeurer derrière le lieu où est aujourd'hui le Petit-Saint-Antoine, d'autres à la montagne Sainte-Geneviève, d'autres dans le cul-de-sac de la rue de la Tisseranderie. De là viennent les noms de rue des Juifs et de rue Judas. Ils se logèrent aussi rue des Lombards, rue Quinquempoix et rue des Jardins, depuis rue des Billettes. La rue de la Harpe et la rue Saint-Bon en furent tellement remplies, que, dans le grand pastoral de l'église de Paris, on trouve ces deux rues sous le nom de Juiverie. Il n'y eut plus que les artisans et les plus pauvres d'entre eux qui se logèrent dans la juiverie de Champeaux.
41: Le connétable ou comte des écuries (comes stabuli), qui, sous la deuxième race, ne marchoit qu'après le comte du palais, devint le premier homme de l'État sous la troisième.
42: On le donna aux débauchés qui fréquentoient les mauvais lieux.
43: Il levoit deux sous par semaine sur tout ce qu'on appeloit alors logis de bourdeaulx et de femmes bourdelières. Chaque femme adultère lui devoit cinq sous.
44: Auguste l'établit à Rome sous le nom de præfectus urbis; et cette institution passa ensuite, par une loi expresse, dans toutes les provinces de l'Empire.
45: On avoit renfermé dans ces nouveaux murs les bourgs anciens et nouveaux de Saint-Germain-l'Auxerrois, qui appartenoient à l'évêque de Paris; une partie du Bourg-l'Abbé, dépendant de l'abbaye de Saint-Martin-des-Champs; tout le Beau-Bourg, qui étoit sur les terres du Temple; le bourg Thiboust, dont étoit propriétaire une famille parisienne de ce nom; toute la terre ou bourg de Saint-Éloi; tout le bourg de Sainte-Geneviève; une partie du bourg de Saint-Germain-des-Prés, et la plus grande partie des terres, des vignes et des prés qui étoient dans la dépendance des seigneurs de ces bourgs, et les avoient jusqu'alors séparés de la ville, etc. (V. les 1er et 2e plans de Paris, pl. 1 et 2.)
46: Le vice radical de cette législation des Francs étoit la loi qui admettoit la composition, c'est-à-dire le rachat par une amende, de presque tous les crimes, et entre autres du meurtre, qui ne peut être efficacement puni que par la mort du meurtrier.
47: Le jugement par jurés.
48: L'établissement des combats judiciaires connus sous le nom de jugement de Dieu, et dernière ressource de ceux qui avoient subi une condamnation par jurés, pourroit le faire croire (voyez p. 351, première partie); et peut-être étoit-il moins absurde de s'en remettre ainsi à la Providence du soin de prononcer en dernier ressort dans une procédure, que d'abandonner la vie, les biens, l'honneur d'un citoyen, à l'ignorance, à la sottise, à la pusillanimité ou à la passion du premier venu. Puisque nous avons trouvé bon de rétablir dans notre code criminel cette institution apportée des forêts de la Germanie au milieu des Gaules, et que nous persistons à l'y maintenir, malgré tout ce qu'elle a d'abusif, de funeste, de déraisonnable, il conviendroit, pour ne pas nous montrer moins sensés que nos grossiers aïeux, d'y joindre le combat judiciaire, qui en est un fort digne complément.
49: «Que les maîtres ou les avoués des serfs soient contraints pour eux, et que, suivant la loi, ils répondent et soient examinés pour eux en justice; mais que les maîtres contraignent et recherchent leurs esclaves comme il les aiment.» (Cap. excerp. ex leg. Long. c. 12.)
50: Ban signifie tout mandement fait à cri public, pour ordonner ou défendre quelque chose.
52: Voyez Ire partie, p. 139 et 140.
53: Le vicomte, dont la juridiction étoit inférieure à celle du comte, jugeoit de toutes les causes fiscales, se faisoit partie publique pour la veuve et l'orphelin; et toutes les causes roturières ressortissoient à son tribunal. La compétence du tribunal du centenier ne s'étendoit pas au-delà des causes mineures; mais comme il y avoit appel de son tribunal à celui du comte, sa juridiction ressembloit beaucoup à celle des hauts-justiciers, avec cette différence qu'il avoit le droit d'informer et d'instruire même sur des affaires dont le jugement n'étoit pas de sa compétence.
54: Les usurpations des vassaux sur la couronne vers la fin de la seconde race portèrent atteinte à l'ensemble de cette hiérarchie, sans toutefois en attaquer le principe: le droit d'appel fut conservé. Mais chaque suzerain ayant concentré en lui-même le pouvoir administratif et le pouvoir politique, et s'étant en quelque sorte fait roi dans ses domaines, il en résulta nécessairement que sa cour particulière de justice fut le dernier degré de l'appellation pour tous ses vassaux; et les choses en étoient là, lorsque les Capets montèrent sur le trône. La cour des comtes de Paris, devenue alors cour royale, changea de nom sans changer d'abord d'attributions; et les vassaux de ce comté et des autres domaines du roi furent les seuls qui dépendirent de sa juridiction. Ce ne fut que par degré que cette prérogative précieuse du trône, ce droit d'appel général de tous les sujets à la cour de justice du roi, qui est la sûreté de chacun et qui fait la dignité des souverains, fut reconquis par la couronne de France, pour être plus solidement établi, et ne lui être plus jamais enlevé.
55: Greg. Tur., lib. 5, c. 20; lib. 6, c. 36; lib. 7, c. 24; lib. 8, c. 21; lib. 9, c. 6.
56: Aim., lib. 5, c. 49.
57: On l'appelle bourgmestre en Germanie; et dans les cités épiscopales, telles que celle de Cologne, où l'évêque avoit lui-même le droit de présider et de décider de l'avis donné par les échevins, ce bourgmestre étoit l'envoyé ou le commissaire de l'évêque (Carta archiep. Colon., an. 1229).
58: Ce tribunal étoit appelé præsidium. L'institution des communes multiplia ses justiciables; et telle est l'origine de nos présidiaux.
59: Cod. Theod., lib. 12, tit. 6, leg. 5, 8, 24, et ultim.
60: Ce magistrat se nommoit Étienne Boislève, et non Boileau, comme la plupart des historiens l'ont appelé. Tous s'accordent à faire de lui le plus grand éloge, et jamais peut-être il n'en fut de plus mérité. C'est un des hommes les plus intègres et du plus grand sens dont la France puisse s'honorer. Non-seulement il remit l'ordre dans Paris, mais il créa les divers corps ou communautés des marchands et artisans, et leur donna leurs premiers statuts; ce qu'il fit avec tant de sagesse et de prévoyance, que ces mêmes statuts n'ont été que copiés ou imités dans tout ce qui s'est fait depuis pour la discipline de ces communautés, ou pour l'établissement des nouvelles qui se sont formées. (Delamarre.)
61: C'est de là que naissoit son droit d'avoir toujours un dais subsistant au-dessus de son principal siége, prérogative qui n'appartenoit qu'à ce tribunal. C'est la première juridiction qui ait eu un sceau aux armes du roi, et un officier particulier pour en avoir la garde. (Delamarre.)
62: L'usage s'étoit introduit, parmi les propriétaires de fiefs, d'affermer les prévôtés de leurs possessions, pour en grossir les revenus; et la prévôté seule de Paris en avoit été exceptée jusqu'à la minorité de saint Louis. Alors les troubles et les besoins de l'État ayant obligé le conseil de ce prince d'avoir recours à ces moyens extraordinaires pour se procurer de l'argent, la prévôté de cette ville fut comprise, pour la première fois, au nombre des fermes du roi, et adjugée au plus offrant. Les personnes de qualité qui y avoient siégé jusqu'alors s'en retirèrent dès qu'elle fut devenue vénale; et elle se trouva entre les mains de gens de tout état, sans naissance et sans savoir. Le mal qui en résulta fut grand, mais il dura peu; et le roi, devenu majeur, rétablit l'ancien ordre dans cette partie importante de l'administration.
63: En 1389, sous Charles VI, le prévôt étoit obligé d'exercer lui-même la justice; et il ne lui étoit permis d'avoir un lieutenant que pour quelques causes légitimes qui l'empêchassent de présider lui-même.
64: Il étoit composé d'un chef, qui avoit le nom de bailli de Paris, d'un lieutenant-conservateur, de douze conseillers, d'un avocat et d'un procureur du roi, d'un greffier et de deux audienciers.
65: Les prévôts de Paris, gens d'épée, souvent sans étude et sans lettres, n'exercèrent la justice que par le lieutenant civil, après que Charles VIII et Louis XI, l'un en 1493, et l'autre en 1498, eurent ordonné que les prévôts, baillis et sénéchaux fussent docteurs ou au moins licenciés dans les deux droits. Alors le lieutenant civil devint, après le prévôt, le premier magistrat du Châtelet.
66: En 1526, le titre de prévôt de Paris fut changé en celui de garde de la prévôté. Ce magistrat avoit un grand nombre de priviléges, et étoit considéré comme le chef de la noblesse dans la première ville et la première province du royaume.
67: Les présidiaux pouvoient juger en dernier ressort jusqu'à 250 liv. ou 10 liv. de rente; et par provision, nonobstant l'appel, en donnant caution, jusqu'à 500 liv. ou 20 liv. de rente. Le siége établi au Châtelet de Paris étoit composé de vingt-quatre conseillers.
68: Voyez pl. 30. Le terrain qu'occupoit cet ancien édifice a été changé en une place régulière que décore une des plus jolies fontaines de Paris. Voyez, à la fin de ce quartier, l'article Monuments nouveaux.
69: Dubreul, Hist. de l'Abbaye, p. 60.—Hist. eccl. Par., t. I, p. 535, etc.
70: Tom. I, p. 69.
71: Dubreul, Suppl., p. 85.
72: Dubreul, p. 795.
73: Nous parlerons avec quelque détail de ce monument, à l'article de l'Hôtel-de-Ville.
74: Acta SS. Ben. Sæc. 3, part. I, p. 594.
75: V. ce que nous avons dit des Commendes, p. 211, Ire partie.
76: Dubreul, Suppl., 84.
77: D. Mabillon et plusieurs de ses confrères.
78: Hist. eccl. Par., t. II, p. 295. Archiv. de S. Germ... Test. Christ. Malcion....... Nouvelle Gaule chrétienne, tom. VII, col. 253, etc.
79: Le corps de bâtiment où elle étoit placée existe encore, et est occupé par des marchands de diverses professions.
80: Hist. S. Mart., lib. IV, fol. 330.
81: Cette association étoit faite en nom collectif, et composée de dix-huit à dix-neuf familles, qui possédoient ensemble la boucherie de la porte de Paris, et celle du cimetière Saint-Jean; de manière que si les mâles d'une de ces familles venoient à manquer, les autres en héritoient, à l'exclusion des bâtards et des femmes. Quoique ces bourgeois fussent très-riches, cependant ils exerçoient eux-mêmes leur métier: ils y étoient même obligés, comme on le voit par les registres du parlement, et il leur étoit défendu de louer leurs étaux à d'autres. Cette communauté de bouchers avoit une juridiction particulière et une chambre de conseil; l'appel de leurs jugements alloit au Châtelet, et ils ont conservé ce privilége, jusqu'à ce que Louis XIV eut réuni au Châtelet toutes les justices particulières de la ville et des faubourgs de Paris. De ces familles de bouchers, il ne restoit plus, dans le siècle dernier, que les Sainctyons et les Thiberts.
82: Pig., p. 51.
83: Leurs places furent désignées devant Saint-Leufroi, près le Petit-Châtelet, dans la halle de Beauvais et le long des murs du cimetière Saint-Gervais.
84: Les mêmes lettres portoient que les quatre nouvelles boucheries seroient démolies; mais ce dernier article n'eut point son entière exécution. À l'exception de celle qui avoit été bâtie vis-à-vis Saint-Leufroi, et qui fut abattue, parce qu'elle eût été trop près de la grande, toutes ces nouvelles boucheries furent conservées. (Traité de la Police, t. I, p. 1205. et suiv.)
85: Soixante liv. parisis pour les trois étaux.
86: Recherches sur Paris; quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie, p. 18.
87: T. I, p. 314.
88: Hist. S. Martin, p. 6.
89: En 1758.
90: Hist. S. Mart., p. 148 à 153.
91: Hist. S. Mart., p. 156.
92: Saint-Jacques-l'Hôpital et Saint-Jacques-du-Haut-Pas.
93: L'église a été abattue et convertie en marché. La tour est devenue une propriété particulière.
94: L'existence de ce personnage singulier parut, dit-on, mystérieuse et pleine de prodiges à ses contemporains, parce qu'ils lui virent faire des choses qui leur semblèrent fort au-dessus et de la condition obscure dans laquelle il étoit né, et des moyens que pouvoit lui fournir la profession d'écrivain qu'il exerçoit: car, ajoute-t-on, sortant tout à coup de la médiocrité où il sembloit devoir toujours vivre, il tira d'honnêtes familles de la misère, dota des filles, secourut la veuve et l'orphelin, fonda des hôpitaux, répara des églises; enfin se répandit en largesses plus grandes qu'il n'appartenoit d'en faire à un particulier, et même à un particulier opulent.
Toutefois il est probable que par contemporain il faut entendre ici la classe populaire, qu'étonne tout ce qui est nouveau à ses yeux, et qui est disposée à trouver du merveilleux dans tout ce qui lui paroît inexplicable. Voyant un homme dont l'état sembloit peu lucratif, faire tout à coup des dépenses aussi considérables, le peuple de ce temps-là, qui n'étoit pas plus capable que ne le seroit celui de nos jours, de rechercher et d'approfondir les causes d'un événement dont les apparences avoient quelque chose d'extraordinaire, se fit sur le compte de Nicolas Flamel mille idées bizarres dont la tradition s'est perpétuée et peut-être grossie d'âge en âge. Les moins exagérés crurent qu'il avoit trouvé la pierre philosophale, et cette croyance a trouvé des partisans jusque dans le siècle dernier. «Un particulier, dit l'abbé Villain, sous un nom imposant, mais sans doute emprunté, se présenta, en 1756, à la fabrique de cette paroisse, se disant chargé par un ami mort d'une somme considérable qu'il devoit employer à des œuvres pies, à sa volonté. Ce particulier ajouta que, pour entrer dans les vues de son ami, il avoit imaginé de réparer des maisons caduques appartenantes à des églises; que la maison du coin de la rue de Marivault, vis-à-vis de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, avoit besoin de réparations, et qu'il y dépenseroit trois mille livres. L'offre fut acceptée; la réparation étoit le prétexte: l'objet véritable étoit une fouille et l'enlèvement de quelques pierres gravées[94-A]. Les intéressés à la découverte du trésor imaginaire veillèrent avec soin sur l'ouvrage; on creusoit en leur présence; on emportoit furtivement des moellons et toutes les pierres gravées. La réparation qui a été faite montoit à deux mille livres; mais ce particulier et les intéressés ont disparu sans payer, et cette dépense restera probablement sur le compte d'un maître maçon, qui s'est livré trop légèrement à des inconnus qu'il cherche et ne trouve point.» On présume que ces inconnus cherchoient la pierre philosophale.
Avant cet événement, plusieurs curieux ayant déjà fait fouiller la terre dans les caves de leurs maisons, y avoient trouvé, dans différents endroits, des urnes, des fioles, des matras, du charbon; et dans des pots de grès une certaine matière minérale, calcinée et divisée en petits globes de la grosseur d'un pois. De telles découvertes, bien qu'elles ne fussent pas de nature à satisfaire leur curiosité, semblèrent confirmer néanmoins ces idées de science occulte, au moyen desquelles on cherchoit à expliquer les actions extraordinaires de ce personnage.
Quelques-uns, cherchant des explications plus naturelles[94-B], prétendirent que cet homme avoit dû ses immenses richesses à la connoissance qu'il avoit des affaires des juifs; et que, lorsqu'ils furent chassés de France, leurs biens ayant été acquis et confisqués au profit du roi, Flamel traita avec leurs débiteurs pour la moitié de ce qu'ils devoient, en leur promettant de ne pas les dénoncer. Mais, comme l'observe très-bien Saint-Foix, ces écrivains n'eussent pas avancé un fait aussi faux, s'ils eussent lu les déclarations de Charles VI, à l'occasion de ce bannissement: la première, du 17 septembre 1394, porte plusieurs clauses, tant pour la sûreté de leurs personnes, que pour celle de leurs biens, et le remboursement de leurs créances; et les autres, données le 2 mars 1395 et le 30 janvier 1397, dégagent entièrement leurs débiteurs de toute obligation contractée envers eux.
Tant de fables ridicules qui ont été débitées sur Nicolas Flamel, et ces conjectures de quelques-uns dont la fausseté est si évidente, et l'incertitude où tant d'autres sont restés, par cette impossibilité où ils croyoient être de rendre raison des merveilles de sa vie, prenoient leur source dans une erreur première qui leur faisoit supposer qu'en effet il avoit fallu d'immenses richesses pour exécuter tout ce que ce personnage avoit fait. Il a suffi à un homme de sens d'écarter d'abord cette supposition, pour faire évanouir le merveilleux dont on avoit voulu entourer ce personnage, plus célèbre qu'il ne lui appartenoit de l'être, et qui, sans doute, n'avoit pas compté sur une telle célébrité. Tel est le résultat du travail complet fait sur ce stérile sujet par M. l'abbé Villain déjà cité. (Voyez Histoire de la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie, et Hist. de Nicolas Flamel et de Pernelle, par cet écrivain, 1761.) Il y prouve, qu'à l'exception de quelque bizarrerie qu'il est possible de remarquer dans le caractère de Flamel, ses œuvres et sa vie, ne sortent pas de la classe des événements les plus communs. Pour arriver à cette démonstration, le savant biographe a compulsé, lu, vérifié une foule d'actes, de titres, de contrats, ensevelis dans la poussière des dépôts, et notamment dans les archives de Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Soutenu de toutes ces pièces, il prouve jusqu'à la dernière évidence, 1o que le bien de Flamel n'étoit pas très-considérable, et qu'il a pu facilement le gagner dans son état d'écrivain, qui, loin d'être peu lucratif, étoit une profession honorée et avantageuse avant la découverte de l'imprimerie; 2o que sa femme Pernelle, à laquelle il survécut plus de vingt années, avoit accru sa fortune par une donation qu'elle lui fit du patrimoine assez considérable qu'elle possédoit; 3o qu'il vivoit avec l'économie la plus sévère, à cause de ce goût de piété qui le portoit à consacrer au service des églises la fortune que Dieu lui avoit donnée; 4o enfin, et ceci est sans réplique, qu'après un recensement fait de son avoir et des fondations dont il est le créateur, il est démontré que ces établissements ne passent pas la valeur de son capital. Cette petite dissertation, extrêmement curieuse, est un vrai triomphe remporté par la critique judicieuse et éclairée sur l'ignorance et les préventions.
94-A: Saint-Foix dit qu'en 1754 on voyoit encore et qu'il avoit vu lui-même ces pierres où étoient gravées la figure de Flamel et celle de sa femme, avec des inscriptions gothiques et de prétendus hiéroglyphes.
94-B: Piganiol et Naudé.
95: Sur ce pilier on avoit aussi placé l'inscription suivante: «Feu Nicolas Flamel, jadis écrivain, a laissé par son testament, à l'œuvre de cette église, certaines rentes et maisons qu'il a aquestées et achetées de son vivant, pour faire certain service divin et distributions d'argent, chacun an par aumosne, touchant les Quinze-Vingts, l'Hôtel-Dieu et autres églises de Paris.»
96: Voyez pl. 30, une Représentation de l'Église de Saint-Jacques-de-la-Boucherie, d'après une ancienne gravure devenue très-rare.
97: Il fut un temps où ce droit d'asile, dont on abusoit sans doute alors, avoit été très-salutaire. Il avoit été introduit en France à cette époque de la conquête, où les vaincus n'avoient pas souvent d'autre refuge contre la violence de leurs vainqueurs, et où le clergé étoit protecteur né de tous les opprimés. Plus tard les évêques le défendirent, uniquement parce que c'étoit un droit qu'ils pouvoient céder, mais qu'ils ne devoient pas se laisser ravir; une telle foiblesse pouvant avoir, pour des droits d'une toute autre importance, les conséquences les plus dangereuses.
98: Dans la Cité.
99: Avant d'en venir à la ligne parallèle du carré long, il faut observer que la paroisse Saint-Jacques avoit encore dans la rue Saint-Martin, à gauche, plus loin que la rue Aubry-le-Boucher, quelques maisons placées après celles qui dépendoient de la paroisse Saint-Josse, et qu'elle en possédoit également un certain nombre dans la rue Quinquempoix.
100: Le reste dépendoit de Saint-Barthélemi, dans la Cité.
101: L'abbé Lebeuf.
102: Voyez p. 271, Ire partie.
103: En jetant les yeux sur le plan du territoire de Saint-Germain l'Auxerrois, l'on voit une ligne qui coupe assez également la rivière par moitié dans sa longueur: la rive gauche reste à Saint-Sulpice et à Saint-André-des-Arcs; sur le grand bras, Saint-Germain à la droite, et Saint-Barthélemi la gauche. Quand on a construit des ponts, qu'on les a couverts de maisons, qu'on a placé auprès ou dessous des moulins, des gords[103-A], des bateaux à lessive, etc., l'usage a été de les attribuer aux paroisses qui étendoient leur territoire sur le rivage. Le pont Saint-Michel se trouvoit, par cette raison, partagé entre trois paroisses. (Jaillot.)
103-A: Espèce de pêcherie que l'on construit dans une rivière, au moyen de deux rangs de perches qu'on y plante.
104: Les drapiers, les épiciers, les merciers, les fourreurs, les bonnetiers et les orfévres.
105: Hist. de Par., i. I, p. 207.
106: Merc. de Fr., octob. 1755.
107: Ces titres sont différentes bulles d'Honoré III, du 17 janvier 1222; de Grégoire IX, du 23 mai 1231, etc.
108: On trouve cependant des actes postérieurs qui lui donnent son ancien titre. Lebeuf, t. Ier, p. 319 et 322.
109: Hist. de Par. t. I, p. 207. Hist. eccles. Par., t. I, p. 147. Le Maire, t. III, p. 185.
110: C'étoient là ces êtres inutiles et dangereux, fardeau de la société, que l'on a chassés de leurs maisons, que l'on a voués à toutes les misères, à tous les opprobres, sans pouvoir vaincre leur constance ni lasser leur résignation.
111: Cet hospice est devenu le magasin d'un marchand d'étoffes, qui a pour enseigne l'image de sainte Catherine.
112: Martin Fréminet vivoit sous Henri IV et Louis XIII. C'étoit un imitateur de Michel-Ange, dont il avoit pris tous les défauts et saisi quelques beautés.
113: Lebeuf, tome II, page 489. Il ne reste plus maintenant aucun vestige de cette église, dont la place est occupée par une maison particulière.
114: Archiv. du Saint-Sépulcre, inv., p. 255.
115: Part. I., fol. 154.—Cart. épisc., fol. 323.
116: Cet édit avoit été obtenu par le marquis de Louvois, qui étoit alors vicaire général de ces deux ordres.
117: On prétend que le ministre Colbert, qui avoit fait la dépense de ce tableau, y étoit représenté, tenant un des coins du linceul.
118: V. pl. 30; et sur la cour Batave, qui a remplacé cette église, voyez, à la fin de ce quartier, l'article Monumens nouveaux.
119: Et non duc de Lorraine, comme l'a écrit Dubreul; puisque c'étoit alors Thierry ou son fils Simon Ier.
120: Il en avoit, dit-on, rassemblé plus de deux cents.
121: Pierre Lebrun, son valet de chambre, et Robert de Franzelles, son chambellan ordinaire. Ce dernier lui avoit, dit-on, gagné au jeu la part qu'il obtint dans cet hôtel.
122: Sa veuve lui avoit fait élever un petit mausolée que l'on considère comme l'un des chef-d'œuvres de Paul Ponce, sculpteur florentin qui vivoit sous François II. C'est un bas-relief en bronze, représentant un personnage debout, qui, d'une main, tient des pavots, de l'autre soutient sa tête légèrement penchée. Tous les historiens de Paris ont cru que cette figure étoit une image allégorique du sommeil: l'ayant examinée avec attention au musée des Petits-Augustins, où elle avoit été transportée, il nous a semblé que ce ne pouvoit être que le portrait d'André Blondel lui-même, parce qu'on y remarque une imitation naïve de la nature, qu'un sculpteur habile n'eût point aussi scrupuleusement suivie, en voulant exprimer un caractère idéal. Ce morceau, du reste, est remarquable, surtout par le moelleux des draperies et la vérité de l'attitude. (Déposé maintenant au Louvre.)
123: Sauval, qui avoit vu le testament que Diane fit en 1564, dit qu'elle y ordonne, si elle meurt à Paris, qu'avant de la transférer à Anet, où elle veut être enterrée, on la porte dans l'église de Filles-Repenties, et qu'on y fasse pour elle un service des morts.
124: L'église et le monastère de Saint-Magloire ont été remplacés par des maisons particulières. (Voy. pl. 30.)
125: Il y a plusieurs raisons très-fortes pour appuyer cette opinion. 1o L'abbaye possédoit seulement des reliques de saint Gilles et non de saint Leu; 2o dans les livres ecclésiastiques de Paris, du treizième siècle, on voit saint Gilles avec un office propre, au 1er septembre, et saint Loup remis à un autre jour, ou réduit à une simple commémoraison; 3o dans tous les titres de ce temps, relatifs à cette église, on lit toujours: Ecclesia SS. Egidii et Lupi.
126: Cartul. S. Magl., fol. 76.
127: Lebeuf, p. 296.
128: En 1727 on fit encore à cette église plusieurs réparations considérables; on en changea presque entièrement l'intérieur, de manière que cette église étoit une des plus agréablement décorées de Paris. La charpente entière du clocher de l'horloge fut transportée, la même année, de la tour sur laquelle elle étoit, et qui menaçoit ruine, sur une autre tour nouvellement bâtie, haute de douze toises, et distante de vingt-quatre pieds. Cette manœuvre se fit heureusement, par le moyen d'un grand échafaud sur lequel on fit rouler le clocher, lequel avoit sept pieds et demi de diamètre sur trente-cinq d'élévation, ce qui se fit sans toucher au plomb de la couverture, aux plates-bandes de fer, etc., et sans déplacer la grosse cloche de l'horloge, qui pesoit au moins deux milliers. Cette manœuvre hardie fut exécutée par un charpentier nommé Guérin. (Voy. pl. 30.)
Dans le temps qu'on faisoit ces réparations, on détruisit une pierre bise qui étoit au second pilier à droite en entrant dans la nef. Sur cette pierre étoient les armes et l'épitaphe, en vers latins, de Jean Louchart et de Marie de Brix sa femme. Ce Jean Louchart étoit un des plus déterminés ligueurs, et un de ceux qui eurent le plus de part à la mort du président Brisson, de Claude Larcher et de Jean Tardif. Il fut aussi l'un des quatre factieux que le duc de Mayenne fît pendre dans la salle basse du Louvre, le 4 décembre 1591.
En 1780, de nouvelles réparations furent faites dans le chœur de cette église, sous la direction de M. de Wailly. Le sol du sanctuaire fut exhaussé, et l'on pratiqua au-dessous une chapelle souterraine dans laquelle on descend par deux escaliers. Le grand autel reçut en même temps une nouvelle décoration.
129: Elle possédoit, dès 1450, trois chapelles établies par fondation, et qui étoient à la nomination alternative de l'évêque de Paris et de l'abbé de Saint-Magloire. Il y avoit aussi une confrérie de l'Ange-Gardien, instituée par Henri de Gondi, cardinal de Retz et évêque de Paris.
130: Ce tableau passoit pour être le chef-d'œuvre de Porbus; et l'on prétend même que le célèbre Poussin le regardoit comme un des plus beaux qu'il eût jamais vus. Cette tradition peut paroître suspecte: car enfin Porbus, qui a excellé dans le portrait, qui, de même que les meilleurs peintres flamands, est remarquable par l'éclat et la vérité de son coloris, n'avoit point, comme dessinateur, la science, la pureté et l'élévation, qui seuls auroient pu lui mériter un si magnifique éloge de la part d'un homme tel que le Poussin. Toutefois, nous ne pouvons entièrement rejeter cette anecdote racontée par tous les historiens de Paris; et quoique les jugements qu'ils portent sur les productions des arts, soient ordinairement fort erronés, n'ayant point vu ce tableau, et ne sachant pas même ce qu'il est devenu, nous ne pouvons savoir si effectivement Porbus ne s'est pas surpassé en cette circonstance.
131: Son monument, exécuté par Girardon, se composoit d'une pyramide en marbre blanc jaspé, que surmontoit une urne cinéraire en marbre blanc; l'urne étoit accompagnée de deux génies, dont l'un soutenoit le portrait en médaillon de madame de Lamoignon. Au-dessous le sculpteur avoit représenté, dans un bas-relief, un événement remarquable et qui fait le plus grand honneur à la mémoire de cette illustre dame. Elle avoit ordonné qu'on l'inhumât aux Récollets de Saint-Denis; mais il arriva que son corps ayant été déposé dans l'église de Saint-Leu, avant d'être transporté dans ce couvent, les pauvres de cette paroisse, qu'elle avoit comblés de ses bienfaits, se rassemblèrent, s'emparèrent des restes précieux de celle qu'ils avoient toujours regardée comme leur mère, et profitant d'un moment où l'église étoit déserte, creusèrent une fosse et l'y enterrèrent. C'est cette action si touchante que son fils, M. de Lamoignon, président à mortier au parlement, avoit confiée au ciseau de l'artiste[131-A].
131-A: Nous ignorons ce qu'est devenu ce monument qui n'a point été déposé au musée des Petits-Augustins.
132: L'église de Saint-Leu et Saint-Gilles a été rendue au culte.
133: Voyez l'article Hôtel-de-Ville, quartier de la Grève.
134: Sauval, t. I, p. 658; et t. II, p. 474.
135: Arch. de l'archevêché et de Saint-Méri.
136: Cart. S. Magl., 1284, fo 88.—Guillot, Corrozet, etc.
137: Cens. de S. Éloi.
138: Compte de 1421, cité par Sauval, t. III, p. 283.
139: Sauval, t. I, p. 130.—Cette rue n'existe plus depuis quelques années.
140: Arch. de l'archev.
141: Hist. univ., t. III, p. 469.—MS. S. Germ., c. 454.
142: Nécr. de N. D.
143: Nécrol. S. Catharinæ de Culturâ, 18 juin.
144: MSS. de S. Germ. des Prés.
145: Hist. de l'ord. de S. Lazare.
146: Sauval dit qu'en 1300 elle s'appeloit rue de la Parcheminerie, et qu'elle n'a pris le nom qu'elle porte que vers la fin du treizième siècle, temps auquel les maîtres à écrire s'y retirèrent; ce qui implique contradiction. L'abbé Lebeuf y voit la Lormerie de Guillot, ce qui ne paroît pas admissible. (Jaillot.)
147: Dans cette rue est un cul-de-sac nommé de la Heaumerie, lequel paroît être véritablement la Lormerie de Guillot. On appeloit lormiers ceux qui fabriquoient de petits ouvrages en fer ou en cuivre. Ils avoient leur confrérie, et il étoit naturel qu'ils se fussent placés auprès de ceux qui faisoient les heaumes ou casques, les hautberts ou cottes de mailles, auxquels ils fournissoient les treillis, les chaînes et les anneaux qui entroient dans la composition de ces armures. Il y avoit dans cette même rue un autre cul-de-sac, que l'on nommoit du For-aux-Dames: il devoit ce nom aux religieuses de Montmartre, qui avoient en cet endroit l'auditoire de leur juridiction et une prison.
148: Arch. de S. Méri. Dans cette rue est le cul-de-sac du Chat-Blanc. Depuis 1300 il a eu successivement les noms de rue Jehan-Chat-Blanc et Charblanc, Gilles-Chat-Blanc, Guichard-le-Blanc, Petite rue des Rats.
149: Elle fait maintenant une des faces latérales de la place neuve du Châtelet.
150: Cette rue et celle de la Joaillerie ont été détruites; et toutes les deux sont entrées dans le plan de la nouvelle place du Châtelet.
151: Petit Cart. de l'évêché, ch. 229.
152: En 1612 et 1636 on l'appeloit rue de la Pourpointerie, nom qu'elle n'a pas porté long-temps.
153: Cens. de l'évêché.
154: On trouve dans cette rue un cul-de-sac nommé des Étuves. Au quinzième siècle, c'étoit une ruelle qui aboutissoit dans la rue de la Vieille-Monnoie. On la ferma ensuite pour y faire un jeu de paume, dans lequel on entroit par ce cul-de-sac. Elle prit son nom des étuves qu'on avoit construites dans une maison qui en fait le coin.
155: Pet. Cart. C. 189 et 166.
156: Cens. Sancti Elig.
157: Plan manusc. Biblioth. du R.
158: Arch. de S. Méri.
159: C'est dans cette rue que se fit, sous la régence, l'agiotage des billets de banque du fameux Écossois Law, qui ruina alors la France, comme on l'a ruinée depuis avec des papiers représentant d'abord des valeurs énormes et idéales, puis après réduits à leur juste valeur, c'est-à-dire à rien.
160: La partie de cette rue qui formoit le cul-de-sac, existe encore, et se trouve effectivement fermée sur le terrain de Saint-Magloire. On la nomme cul-de-sac Saint-Magloire.
161: Il fut massacré en 1418. Un procureur au Châtelet qui acheta cette maison, en 1663, s'y trouvoit, dit Sauval, mal logé et à l'étroit.