Rue de Duras. Elle commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et aboutit à l'ancien marché Daguesseau. Elle a pris son nom de l'hôtel de Duras, le long duquel elle est située.
Rue de l'Échelle. Elle va de la rue Saint-Honoré à la place du Carrousel. Quelques-uns ont pensé que cette rue avoit pris son nom de l'échelle patibulaire que les évêques de Paris avoient eue dans cet endroit: quoiqu'il n'y ait point de preuves suffisantes pour appuyer cette opinion, cependant il est certain qu'au milieu du dix-septième siècle la barrière des Sergents du For-l'Évêque étoit placée au coin de cette rue.
Rue l'Évêque. Elle va d'un bout au carrefour des Quatre-Cheminées, de l'autre à celui que forment les rues des Moineaux, des Moulins et des Orties. On présume que son nom lui vient de ce qu'elle a été ouverte sur la haute voirie qui appartenoit à l'évêque de Paris. Plusieurs titres, qui remontent au commencement du règne de Louis XIII, parlent de cette rue, et quelques-uns nous apprennent qu'elle s'appeloit anciennement rue du Culloir, sans nous donner l'étymologie de ce nom.
Rue Saint-Florentin. Elle va de la rue Saint-Honoré aux Tuileries; elle s'appeloit auparavant Cul-de-sac de l'Orangerie, et devoit ce nom à l'orangerie du roi qui se trouvoit au bout. Il paroît, par les titres de Saint-Éloi, que l'alignement en fut pris en 1640; et que, dès 1651, on la nommoit rue de l'Orangerie. Cependant Gomboust et Bullet ne lui donnent que le nom de cul-de-sac. Le duc de la Vrillière, ministre et secrétaire d'état, ayant fait bâtir un hôtel dans cette rue, elle changea de nom, et prit, le 26 janvier 1767, celui de rue Saint-Florentin, sous lequel ce ministre étoit alors connu.
Rue des Frondeurs. Elle aboutit à la rue Saint-Honoré et au carrefour des Quatre Cheminées. On ignore le nom que cette rue portoit anciennement; car s'il est vrai que le mot Frondeurs vienne des troubles connus dans notre histoire sous le nom de Fronde, elle n'a pu être appelée ainsi que depuis 1648. Elle est sans nom sur les plans de Gomboust et de Bullet. On la trouve nommée pour la première fois sur celui de Rouvin, en 1697.
Rue Sainte-Geneviève. Voyez rue Hébert.
Rue du Hasard. Elle va de la rue Traversière à la rue Sainte-Anne; on ignore à quelle occasion elle a pris ce nom, sous lequel elle est déjà indiquée, en 1622, dans un censier de l'archevêché.
Rue Hébert. Nous ignorons l'étymologie de ce nom qu'a porté d'abord ce chemin, qui aboutit d'un côté à la grande rue de Chaillot, et de l'autre au terrain vague qui vient finir aux murs de la ville. On le nomme maintenant rue Sainte-Geneviève. Le chemin sans nom qui descend de la barrière de Passy à cette rue vient de recevoir celui de rue de Lubeck.
Rue Saint-Honoré. La partie de cette rue qui dépend de ce quartier commence au coin de la rue des Bons-Enfants, et finit au boulevart[631].
Rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle commence au boulevart, et finit à celle du Roule; on l'appeloit en 1635 la chaussée du Roule, parce qu'elle conduisoit au village du même nom.
Rue de Longchamps. C'est un chemin qui donne, comme la rue Hébert, dans la grande rue de Chaillot, et se prolonge à travers les champs jusqu'à la barrière du même nom.
Rue Saint-Louis. Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Honoré, et de l'autre dans celle de l'Échelle. On présume qu'elle doit son nom au voisinage de l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé par saint Louis, ou à la rue Saint-Honoré, qui, comme nous l'avons dit (p. 912), s'appeloit anciennement, dans cet endroit, Grande Rue Saint-Louis. Gomboust et Bullet nous apprennent, dans leur plan, que cette rue se nommoit anciennement rue de l'Échaudé; mais avant eux on la désignoit déjà sous le nom de rue Saint-Louis; et l'ayant repris, elle l'a toujours conservé. Nous remarquerons ici que ce nom de l'Échaudé, que nous retrouverons dans la nomenclature des rues de Paris, étoit une dénomination générale que l'on donnoit à une masse ou île de maisons de figure triangulaire; et l'on appeloit rue de l'Échaudé; celle qui faisoit la base ou l'un des côtés de ce triangle. La rue dont nous parlons est aussi indiquée sous le nom de rue des Tuileries, dans un censier de l'archevêché, de 1663.
Rue de Lubeck. Elle descend de la barrière de Passy à la rue Hébert, maintenant rue Sainte-Geneviève.
Rue Neuve de Luxembourg. Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Honoré, de l'autre sur le boulevart. Elle doit son nom au maréchal duc de Luxembourg, qui avoit son hôtel sur le terrain qui forme aujourd'hui cette rue.
Rue Magdebourg. C'est le nom que porte aujourd'hui une ruelle située à droite de la rue des Batailles, en descendant vers celle de Chaillot.
Rue de la Magdeleine. Elle commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et aboutissoit en 1789 à celle de l'Arcade et à l'église paroissiale dont elle a pris le nom. On l'a aussi appelée rue de l'Évêque et de l'Abreuvoir-l'Évêque. Elle est ainsi indiquée dans les procès-verbaux de 1637 et de 1642[632].
Rue de Mantoue. Voyez rue de Chartres.
Rue du Marché. Cette rue conduisoit à un marché qui a été transféré près la porte Saint-Honoré, et c'est de là qu'elle avoit pris son nom; elle a son entrée dans la rue Daguesseau et dans celle de Surêne.
Rue Sainte-Marie. Elle va de la rue des Batailles dans la nouvelle rue de Lubeck.
Ruelle Sainte-Marie. Elle est située à l'extrémité de la rue des Batailles, du côté de la barrière.
Rue de Marigny. On donne ce nom à une avenue plantée d'arbres, qui aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre aux Champs-Élysées; elle est située en face de l'hôtel Beauveau, et se prolonge le long de celui que fit bâtir la marquise de Pompadour, et qui appartint depuis à son frère le marquis de Marigny. Elle fut ouverte lors des nouvelles plantations qui furent faites par ordre de ce directeur général des bâtiments, jardins, etc.
1ere Rue de Matignon. Elle aboutissoit, d'un côté, dans la rue des Orties, de l'autre, par un retour d'équerre, dans le cul-de-sac de Saint-Thomas-du-Louvre. Cet emplacement formoit, au quinzième siècle, l'hôtel, la place et les jardins de la Petite-Bretagne, qui avoient appartenu au duc de Bretagne. Elle devoit son nom à M. Jacques de Matignon, comte de Thorigny, qui y fit bâtir un hôtel. (Cette rue a été détruite.)
2e Rue de Matignon. Elle aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre aux Champs-Élysées, vis-à-vis l'allée des Veuves. C'étoit autrefois une prolongation de la petite rue Verte.
Rue de Milan. C'est le nom que l'on a donné depuis 1789 à un chemin sans nom situé près de la barrière de Courcelles.
Rue de Miromesnil. Elle a été ouverte en 1779, et aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre à celle de la Pépinière; elle doit son nom au chancelier Maupeou, qui étoit de cette famille.
Rue des Moineaux. Elle a une de ses extrémités dans la rue Neuve-Saint-Roch, l'autre dans celle des Orties. Elle étoit connue sous ce nom dès l'an 1561[633].
Rue de Montpensier. On a donné ce nom à une partie de la rue de Valois qui donne dans celle de Rohan.
Il y a une autre rue de Montpensier qui longe le Palais-Royal, depuis le théâtre Français jusqu'à l'angle opposé.
Rue de Mouceaux. C'est une rue percée depuis 1780, qui donne d'un côté dans la rue du Faubourg-du-Roule, de l'autre dans celle de Courcelles.
Rue des Moulins. Elle donne, d'un bout, à l'extrémité de la rue l'Évêque, de l'autre dans la rue Thérèse, et doit son nom à deux Moulins situés sur la butte Saint-Roch, auxquels elle conduisoit, et qu'on a détruits lorsqu'après avoir aplani cette butte on a couvert de maisons l'espace qu'elle occupoit. Cette rue existoit dès 1624[634].
Rue des Mulets. Elle traverse de la rue d'Argenteuil dans celle des Moineaux. Le voisinage des moulins pourroit bien lui avoir fait donner le nom qu'elle porte, à cause des mulets qui portoient le blé et rapportoient la farine; elle est indiquée dans le censier de l'archevêché, de 1663.
Rue Saint-Nicaise. Elle va de la rue Saint-Honoré dans celle des Orties, et occupe l'emplacement du rempart de l'enceinte de Charles V. Elle doit son nom à une chapelle de Saint-Nicaise qui servoit à l'usage de l'hôpital des Quinze-Vingts vers le milieu du 15e siècle[635].
Rue de l'Oratoire. Elle est située vis-à-vis la rue de Mouceaux. C'étoit un chemin sans nom avant 1789.
1re Rue des Orties. Elle régnoit le long des galeries du Louvre; elle a porté en 1603 le nom de Saint-Nicolas-du-Louvre, en 1622 celui de rue des Galeries[636]. On appeloit aussi cet endroit le rempart du Louvre. Jaillot dit que c'étoit anciennement un mur qui régnoit le long du quai, et qui pouvoit être garni d'orties, d'où cette rue ainsi que la suivante auront reçu leur nom[637].
2e Rue des Orties. Elle va de la rue Sainte-Anne à celle d'Argenteuil. Cette rue se trouve mentionnée sous ce nom dans le censier de l'archevêché, de 1623.
Rue de la Pépinière. Cette rue, qui se prolonge le long de l'espace qu'occupoit, avant la révolution, la pépinière du roi, n'a pris le nom qu'elle porte que depuis 1780. Avant cette époque, c'étoit un chemin sans nom. Elle donne, d'un côté, dans la rue de Courcelles, de l'autre, dans celle des Porcherons, située hors du quartier[638].
Rue de Poitiers. Cette rue nouvelle, percée depuis 1780, aboutit d'un côté dans la rue Neuve-de-Berri, de l'autre dans celle d'Angoulême.
Rue du Pont. Cette petite ruelle est située entre la grande rue de Chaillot et la rue Basse du même nom.
Rue de Ponthieu. Cette rue, percée en même temps que la rue Poitiers, est située dans la même direction, mais plus près de l'avenue de Neuilly; elle communique également dans les rues Neuve-de-Berri et d'Angoulême.
Rue Quatremère. Cette rue, qui devoit son nom à une famille connue de Paris, a été aussi ouverte à travers les champs qui bornoient auparavant la rue d'Anjou. Elle fait la continuation de cette rue, et va aboutir à celle de la Pépinière[639].
Rue du Rempart. Elle va d'un bout dans la rue Saint-Honoré, de l'autre dans celle de Richelieu; elle doit son nom à une partie de l'enceinte de Charles VI sur laquelle elle est située. En 1636, elle s'appeloit rue Champin.
Rue du Chemin-du-Rempart. Elle commence au coin de la rue de Surêne, et règne le long du rempart jusqu'à l'entrée du faubourg Saint-Honoré; c'est ce qui lui en a fait donner le nom. Elle portoit anciennement celui de Chevilly. La partie opposée se nomme rue Basse-du-Rempart, parce qu'elle est effectivement plus basse que le boulevart[640].
Rue de Richelieu. La partie de cette rue qui se trouve dans ce quartier commence à la rue Saint-Honoré et finit à la rue Neuve-des-Petits-Champs. Le cardinal de Richelieu ayant fait bâtir le Palais-Royal, et abattre à cet effet les anciens murs de la clôture de Charles V, on ouvrit cette rue. Elle fut d'abord nommée Royale; mais, peu après, elle prit le nom de Richelieu.
Rue Neuve-Saint-Roch. Elle donne d'un côté dans la rue Saint-Honoré, et de l'autre dans la rue Neuve-des-Petits-Champs; cette rue doit son nom à l'église Saint-Roch, dont la principale entrée y étoit située avant qu'on l'eût rebâtie. Elle s'appeloit auparavant rue de Gaillon. Sauval dit qu'on la nommoit, en 1495 la ruelle Michaut-Riegnaut, en 1521 Michaut-Regnaut, et en 1578 rue de Gaillon, du nom de l'hôtel qui en faisoit le coin.
Rue du Rocher. Elle fait suite à la rue de l'Arcade et se prolonge jusqu'à la barrière de Mouceaux. C'étoit un chemin sans nom avant 1789.
Rue de Rohan. Cette rue, située en face de celle de Richelieu, sur l'ancien terrain des Quinze-Vingts, communique d'un côté avec la rue Saint-Honoré, de l'autre aboutit à la rue de Chartres.
Rue Roquépine. La rue Roquépine a été percée en même temps que la rue d'Astorg, et donne d'un côté dans la rue Verte, de l'autre à la jonction des rues d'Anjou et Quatremère. Elle se prolongeoit autrefois jusqu'à la rue de l'Arcade: ce passage a été fermé.
Rue du Roule. C'est la continuation de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle doit son nom au petit village du Roule, réuni à celui de la Ville-l'Évêque, et déclaré ensuite faubourg de Paris. Ce village a porté au treizième siècle les noms de Rollus ou Rotulus; on le distinguoit en haut et bas Roule, et plusieurs titres font mention d'une léproserie ou maladrerie qui s'y trouvoit située, et qu'on a souvent appelée l'Hôtel du bas Rolle et Hôtel du Roule.
Rue Rousselet. Cette rue, percée le long de l'emplacement de l'ancien Colysée, donne d'un côté dans les Champs-Élysées, de l'autre dans la rue du Colysée.
1re Rue Royale. Elle va de la rue Neuve-des-Petits-Champs dans la rue Thérèse. On l'a nommée d'abord rue Neuve-de-Richelieu. On lui donna ensuite le nom de Royale, lorsqu'on fit porter le nom de la Reine à celle dans laquelle elle aboutit.
2e Rue Royale. Elle va de la rue Saint-Honoré à la place Louis XV, à laquelle elle sert de principale entrée de ce côté; elle a été tracée en même temps que cette place[641].
Rue des Saussaies. Elle aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et de l'autre aux extrémités des rues de Surêne et de la Ville-l'Évêque. Elle a porté les noms de rue des Carrières, de la Couldraie, des Saussaies[642], de Chemin de la Saussaie[643], vraisemblablement parce qu'il y avoit dans ce terrain des carrières, des coudres et des saules. Plus anciennement elle avoit été appelée ruelle Baudet.
Rue de la Sourdière. Elle va de la rue Saint-Honoré au cul-de-sac de la Corderie; elle doit son nom à M. de La Faye, sieur de la Sourdière, qui avoit sa maison dans cet endroit. Ce n'étoit, au milieu du dix-septième siècle, qu'une longue allée qui régnoit le long de cette maison et de ses jardins. On voit, par un procès-verbal de 1640, qu'il y avoit trois maisons contiguës qui passèrent au sieur Guiet de l'Épine; et le passage, ayant été élargi, prit le nom de l'Épine-Guiet, et de Guiet-l'Épine. Il est ainsi désigné en 1663; mais dès l'année suivante on le voit sous le nom de la Sourdière, qu'il a conservé.
À l'extrémité de cette rue se trouve le cul-de-sac de la Corderie. On l'a aussi appelé autrefois cul-de-sac Péronnelle, dénomination prise de son emplacement, qu'on nommoit ainsi. On y entre par la rue Neuve-Saint-Roch. C'est maintenant une rue ouverte sur le marché Saint-Honoré, et qui porte le même nom.
Le passage qui conduisoit de cette rue aux Jacobins étoit une ruelle ou cul-de-sac nommé le cul-de-sac de Saint-Hyacinthe, du nom d'un des saints de cet ordre.
Rue de Surêne. Elle aboutit à la rue des Saussaies et au boulevart. C'étoit anciennement un simple chemin qui conduisoit au village de Surêne; et le cimetière de la Magdeleine y étoit situé. C'est dans cet endroit qu'on avoit d'abord placé le marché Daguesseau.
Rue Thérèse. Elle va de la rue Sainte-Anne à la rue Ventadour. On l'ouvrit lorsqu'on aplanit la butte Saint-Roch; et le nom qu'elle porte lui fut donné en l'honneur de Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV. Il paroît cependant qu'elle ne le reçut qu'après la mort de cette princesse: car ce n'est que depuis 1692 qu'on la trouve distinguée de la rue du Hasard, et indiquée sous le nom de rue Thérèse.
Rue Saint-Thomas-du-Louvre. Elle aboutissoit d'un coté à la rue Saint-Honoré et à la place du Palais-Royal, de l'autre à la rue des Orties et aux galeries du Louvre. Ce nom lui vient d'une église de Saint-Thomas, située dans cette rue, et que depuis sa reconstruction on appela Saint-Louis-du-Louvre. On la nommoit anciennement la rue des Chanoines, Strata Canonicorum. On lui donna ensuite le nom qu'elle porte aujourd'hui, Vicus S. Thomæ de Lupera en 1242; S. Thomas de Lupara en 1256, et de Lupera en 1288[644].
Rue Traversière. Elle est ainsi nommée parce qu'elle traverse de la rue Saint-Honoré dans celle de Richelieu. Dans quelques titres qui remontent jusqu'à 1623, elle est appelée rue Traversante, de la Brasserie et du Bâton Royal.
Dans cette rue est un cul-de-sac nommé le cul-de-sac de la Brasserie; il doit ce nom à une maison dite de la Brasserie, qui en faisoit le coin en 1668.
Rue de Valois. Elle a été percée sur l'emplacement des Quinze-Vingts, et donne d'un côté dans la rue Saint-Honoré, de l'autre dans celle de Rohan.
Il y a une seconde rue de Valois qui donne d'un bout dans la rue Saint-Honoré, et de l'autre se prolonge le long du Palais-Royal jusqu'au passage Radziville, où elle donne dans la rue de Beaujolois.
Une troisième rue de Valois, située devant le jardin de Mouceaux, aboutit d'un côté à la rue de Courcelles, et se prolonge jusqu'à la barrière qui porte aussi le nom de Mouceaux.
Rue de Ventadour. Elle aboutit d'un côté dans la rue Neuve-des-Petits-Champs, et de l'autre dans la rue Thérèse. On la nommoit autrefois rue Saint-Victor; ensuite elle s'est prolongée jusqu'à la rue des Moineaux, et sous le nom de Ventadour ou de Lionne, elle se continuoit en 1673 au-delà de la rue Neuve-des-Petits-Champs. Elle tient le nom qu'elle porte maintenant de la famille de Ventadour.
Petite rue Verte. Elle donne d'un bout dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre dans la rue Verte.
Allée des Veuves. Cette allée, qui termine les Champs-Élysées, donne d'un bout dans la grande allée, de l'autre sur le quai, à l'extrémité du Cours-la-Reine.
Rue Villedo. Elle traverse de la rue Sainte-Anne dans la rue de Richelieu; et doit son nom aux sieurs Guillaume et François Villedo, intendants généraux des bâtiments du roi et des ponts-et-chaussées, qui avoient, en 1667, plusieurs possessions à la butte Saint-Roch, sur lesquelles cette rue a été ouverte.
Rue des Vignes. Elle aboutit à la grande rue de Chaillot en entrant par l'avenue: c'étoit un chemin sans nom avant 1789.
Rue de la Ville-l'Évêque. Elle commence à la rue de l'Arcade, à l'ancienne extrémité de la rue de la Magdelaine, et finit à la rue des Saussaies. Son nom lui vient du territoire sur lequel elle est située, qui appartenoit à l'évêque et au chapitre de Notre-Dame, et dont plusieurs titres du treizième siècle font mention sous le même nom de Villa Episcopi.
Ils sont nombreux dans ce quartier et principalement autour du Palais-Royal.
Passage Radziville. Il est situé dans l'angle des rues de Valois et de Beaujolois, et donne à l'entrée de la rue des Bons-Enfants.
Passages sans nom de la rue de Beaujolois dans la rue Neuve-des-Petits-Champs. Il y en a deux, l'un avant, l'autre après la rue Vivienne.
Passage du café de Foi. Il donne de la rue Montpensier dans la rue de Richelieu.
Plusieurs autres passages sans nom communiquent encore le long de la rue Montpensier à divers points de la rue de Richelieu.
Passage Saint-Guillaume. Il communique de la rue Traversière à la rue de Richelieu.
Passage Saint-Roch. Il est situé auprès de cette église et communique de la rue Saint-Honoré à la rue d'Argenteuil.
Quai des galeries du Louvre. Il commence au premier guichet, appelé de la rue Froi-Manteau, et finit au bout du Pont-Royal. À l'entrée de ce quai est le port Saint-Nicolas, lequel a pris son nom de l'église collégiale qui en étoit voisine. C'est à ce port qu'abordoient, avant la révolution, les marchandises qui venoient des pays étrangers en remontant la Seine. C'est encore là que l'on décharge aujourd'hui les barques qui apportent les productions de la Normandie, etc. Avant la construction du nouveau pont, dit Pont des Arts, on passoit la rivière à cet endroit dans des bateaux.
Quai des Tuileries ou de la Conférence. Il commence au bout du Pont-Royal, et finit à l'endroit où étoit anciennement la porte dont il a pris le nom. C'est de l'entrée de ce quai que partent, tous les jours, les galiotes de Saint-Cloud et de Sève.
Port aux Pierres. Il est situé vis-à-vis le Cours-la-Reine.
Quai de la Savonnerie. Il commence à l'extrémité du Cours-la-Reine, et finit à la barrière des Bons-Hommes. On le nomme maintenant quai de Billy et de la Conférence.
Il a paru vraisemblable à plusieurs historiens de Paris que[645], sous la domination des Romains, la cité de Paris avoit commencé à étendre ses faubourgs sur la rive septentrionale du fleuve dont elle est entourée: à défaut de monuments historiques, des restes d'antiquités qu'on y a trouvés sur divers points et à diverses époques ont démontré jusqu'à l'évidence ce qui n'avoit d'abord été qu'une simple conjecture.
Des débris de voies romaines, que le temps n'a point entièrement détruits, indiquent des communications établies avec plusieurs lieux environnants, tels que Clichi, Pierre-Laie, Pontoise, Saint-Denis, Pierre-Fite, etc.; et d'autres monuments qui ne peuvent exister que dans l'enceinte des villes, prouvent que cette partie septentrionale, depuis couverte de forêts et de marécages, étoit alors habitée: voici ce que l'on a découvert dans le quartier que nous venons de décrire.
Aquéduc de Chaillot. Cet aquéduc souterrain, dont les premières constructions étoient établies sur les hauteurs de Chaillot, et à la source des eaux minérales qui existent encore aujourd'hui dans cet endroit, traversoit l'emplacement des Champ-Élysées, et probablement celui qu'occupe aujourd'hui le jardin des Tuileries, pour venir aboutir au jardin du Palais-Royal. Les travaux que l'on faisoit en 1763 pour la formation de la place Louis XV procurèrent la découverte des canaux de conduite de cet aquéduc; et l'on découvrit en même temps à Chaillot un reste de maçonnerie antique qui avoit fait partie de ses constructions. M. le comte de Caylus a publié à ce sujet une dissertation[646].
Bassins antiques du Palais-Royal. Ils furent découverts en 1781, lors des fouilles que l'on fit dans le jardin de ce palais pour établir les fondations de ses nouvelles galeries. Le premier, qui gisoit à trois pieds au-dessous du sol, et à l'extrémité méridionale de ce jardin, présentoit un carré de vingt pieds de dimension sur ses quatre côtés. Au même endroit furent trouvées des médailles d'Aurélien, de Dioclétien, de Posthume, de Magnence, de Crispe, de Valentinien Ier; ce qui semble indiquer une construction qui ne remonte pas au-delà du quatrième siècle.
Le second bassin, beaucoup plus vaste que le premier, et trouvé dans la partie septentrionale du même jardin, s'étendoit à cinq pieds sous terre, depuis le point de la galerie où est situé le café de Foi, jusqu'au passage de Radziville. Tous les deux étoient évidemment de construction romaine; et une circonstance assez remarquable, c'est que la direction de l'aquéduc, reconnue par M. de Caylus depuis Chaillot jusqu'à la place Louis XV, continuant d'être prolongée en ligne droite, seroit venue précisément aboutir au premier de ces deux bassins[647].
Palais-Royal. La cour de ce palais qui donne sur la rue Saint-Honoré et qui sert d'entrée à la partie de cet édifice qu'occupe M. le duc d'Orléans, doit être incessamment fermée au public; et à côté de cette cour il a été percé un nouveau passage formant une galerie qu'orne une colonnade d'ordonnance dorique. Ce passage, dans lequel on a pratiqué des boutiques, traverse le péristyle dont on avoit fait provisoirement, pendant quelques années, la bourse de Paris, et vient communiquer à la seconde cour que borne au nord la galerie de bois.
Au milieu du jardin, dont les deux extrémités sont ornées de tapis de verdure, s'élève une gerbe d'eau formant un jet d'environ dix-huit pieds de hauteur, qui retombe dans un grand bassin circulaire, et répand ainsi de la fraîcheur au milieu de cette promenade jusqu'alors peu agréable à cause de son extrême aridité.
Théâtre du Vaudeville. Ce théâtre a été élevé sur l'emplacement de l'ancien Vauxhall, vis-à-vis le Palais-Royal, et à l'entrée des rues de Chartres et de Saint-Thomas-du-Louvre qu'il borde des deux côtés. C'est un édifice qui, à l'extérieur, n'a pas d'autre apparence que celle d'une maison particulière. La salle qu'il contient est petite et n'a de même rien qui mérite d'être remarqué.
Palais des Tuileries. Toutes les constructions qui obstruoient la façade de ce monument, du côté de la place du Carrousel, ont été abattues; et le terrain qu'elles occupoient a été changé en une vaste cour qui s'étend jusqu'au premier guichet de la grande galerie, et que ferme une grille en fer d'un beau travail. Cette grille a trois entrées: la première au milieu et vis-à-vis l'arc de triomphe dont nous allons bientôt parler, les deux autres de chaque côté, et entre des massifs carrés en pierre formant piédestaux, qui supportent des statues colossales de Victoires, assises et entourées de divers attributs. Avant qu'on y eût placé ces statues, traitées dans le style de la décoration monumentale, les quatre chevaux de bronze antique enlevés à la ville de Venise avoient été élevés sur ces piédestaux.
Intérieur du palais. Cet intérieur a subi de grands changements dans sa décoration. Sous le vestibule on a pratiqué un nouvel escalier d'une belle architecture qui conduit d'un côté aux galeries supérieures de la chapelle et au théâtre, de l'autre à la salle des maréchaux. Ces diverses pièces ont subi, tant dans leur disposition que dans leur architecture, de grands et heureux changements. Les galeries au rez-de-chaussée du côté du jardin ont été décorées, sous toutes les arcades qui les composent, de statues antiques ou copiées de l'antique, représentant des personnages romains, matrones et sénateurs.
Jardin des Tuileries. Sans rien changer à la belle ordonnance et aux grandes masses de ce jardin, on l'a achevé dans quelques détails qui, jusqu'alors, avoient été négligés et qui en complètent la symétrie. C'est principalement du côté du pont tournant qu'ont été faits en ce genre les travaux les plus importants. L'orangerie a été abattue ainsi que les constructions qui obstruoient toute cette extrémité du jardin; et sur cet emplacement on a formé deux larges terrasses parfaitement symétriques, qui se dessinent en fer à cheval et viennent finir en pente douce des deux côtés du grand bassin. Ces deux terrasses ont été plantées d'arbres formant allées et bosquets; elles sont entourées de fossés du côté de la place Louis XV, et revêtues d'un mur solide en bossages. Chaque angle extérieur du parapet est orné d'un lion en marbre blanc.
Les deux autres terrasses dites des Feuillans et du bord de l'eau ont été plantées d'arbres. La première est fermée d'une grille toute semblable à celle qui termine la cour du château. Cette grille, qui s'étend depuis le pavillon Marsan jusqu'à l'extrémité du jardin, et qui forme ainsi l'un des côtés de la rue de Rivoli dans presque toute sa longueur, est soutenue de distance en distance par des piliers carrés sur lesquels on a placé des vases en marbre blanc d'une forme élégante. La terrasse du bord de l'eau est ornée de belles copies en bronze de quelques-unes des statues les plus célèbres de l'antiquité, le Laocoon, l'Apollon du Belvédère, l'Hercule Télèphe, la Diane de Versailles, etc. On communique du château à cette terrasse par une galerie souterraine; ce qui en fait une promenade particulière pour les princes, et que l'on peut isoler en un instant du reste du jardin, en fermant toutes les grilles dont elle est entourée.
Enfin tous les compartiments du parterre, jusqu'alors fermés seulement par des barrières en bois, ont été entourés de balustrades de fer; et plusieurs statues nouvelles en bronze et en marbre, ou modernes ou copiées de l'antique, ont été répandues autour des bassins, à l'entrée de ce parterre et sur la lisière du bois.
Grande galerie (côté du midi). À l'extérieur et dans toute la partie construite par Métezeau, il a été percé des arcades au nombre de vingt-huit, et établi dans le vaste rez-de-chaussée qui règne le long de ces arcades, des corps-de-garde et une orangerie. Dans toute la longueur de ce bâtiment jusqu'au pavillon de l'Infante, on a pratiqué dans le toit des jours qui éclairent la galerie intérieure où est exposée la collection des tableaux du roi, collection qui abonde en chefs-d'œuvre de toutes les écoles, et que l'on considère comme la plus belle de l'Europe, tant par le nombre que par l'excellence des morceaux dont elle est composée. Des colonnes de marbre du plus grand prix, des bustes, des ciselures en bronze doré, forment la décoration de cette galerie magnifique. À son extrémité est le salon d'exposition des tableaux de l'école française, dont l'entrée donne sur un escalier du plus grand style. Cet escalier communique au musée des statues antiques, plus nombreux et plus varié que celui du Vatican, aussi riche peut-être en chefs-d'œuvre du premier ordre, et qui se compose de toute la célèbre collection Borghèse, des antiques qui appartenoient anciennement au roi, et de beaucoup d'autres statues tirées de la Villa-Albani, du Vatican, et de plusieurs collections particulières. Ce musée comprend tout le rez-de-chaussée dont se composoient autrefois les appartements de la reine, ainsi que la fameuse salle du vieux Louvre dite des Cent-Suisses, que décorent les admirables sculptures de Jean Goujon.
Galerie (côté du nord). Cette galerie, parallèle à celle qui est connue sous le nom de grande galerie, construite sur les mêmes dimensions, et qui doit aboutir à la partie opposée du vieux Louvre, a été commencée, il y a environ quinze ans, du côté des Tuileries, et se prolonge en ce moment jusqu'à la rue de Rohan, offrant déjà une suite de vingt-une arcades, toutes semblables à celles de l'autre galerie qui sont en regard. La façade extérieure qui donne sur la rue de Rivoli se compose de croisées séparées par des niches destinées sans doute à recevoir des statues; au-dessus règne une longue corniche soutenue par des consoles. Tout cet ensemble a de la noblesse et de la simplicité, peut-être même trop de simplicité pour la demeure d'un grand souverain. L'intérieur de cette galerie est divisé en appartements destinés à être habités par des personnes que leurs emplois attachent à la cour.
Arc de triomphe. Ce monument, que Buonaparte fit élever en 1806, à la gloire, disoit-il, des armées françoises, et qui n'étoit réellement que le monument de son insolence et de son orgueil, n'a point été abattu depuis la restauration; et il existe encore ainsi que la colonne de la place Vendôme!...
Cette construction présente une largeur de soixante pieds sur quarante-cinq de hauteur. Sa profondeur est de vingt pieds et demi. Sa double façade se compose de trois arcades; et deux arcades percées dans chacune de ses faces latérales correspondent de l'une à l'autre et traversent les trois arcades de la façade. Huit colonnes de marbre rouge de Languedoc, d'ordre corinthien, enrichies de bases et de chapiteaux en bronze doré, ornent l'extérieur de cette composition; à l'aplomb de ces colonnes et au-devant de l'attique s'élèvent autant de statues de soldats français de diverses armes, dont les costumes forment, avec les bas-reliefs et les ornements traités dans le style antique dont les voûtes et les cintres des arcades sont couverts, une disparate qui n'est pas de très-bon goût. Ce sont des Fleuves, des Naïades, des Victoires, etc.; toutes ces sculptures ont été traitées d'une grande manière et avec une délicatesse très-rare d'exécution.
Six bas-reliefs en marbre blanc qui retraçoient les événements les plus remarquables de la campagne de 1805, décoroient les quatre faces de cet arc de triomphe. Ceux-là ont du moins été enlevés en 1815 pour ne plus jamais reparoître. Au-dessus de l'attique que surmontoit un double socle s'élevoit un quadrige qu'accompagnoient deux Victoires, et auquel on avoit attelé les quatre fameux chevaux de bronze dont nous avons déjà parlé. Ce quadrige attendoit la statue de l'usurpateur; il a été enlevé en même temps que les bas-reliefs. Le char et les Victoires en plomb doré étoient de la main de M. Lemot, et l'on y reconnoissoit le grand style, et la belle exécution de cet artiste célèbre.
L'église Saint-Roch. On a rendu à cette église quelques-uns des tableaux qui lui avoient été enlevés, entre autres celui du Doyen (la guérison des ardents), et celui de Vien (saint Denis prêchant la foi en France). Plusieurs chapelles ont été ornées de bas-reliefs, représentant des sujets tirés de la vie de N. S. par M. Desenne; et le même artiste a exécuté pour la chapelle du Calvaire un groupe du Christ au tombeau, dont l'exécution mérite des éloges. Saint-Roch possède encore plusieurs tableaux modernes qui lui ont été donnés par la ville de Paris.
On a de même rendu à cette église les monuments sépulcraux dont elle avoit été dépouillée, et l'on y a en outre déposé quelques-uns des monuments enlevés aux églises qui ont été détruites pendant la révolution, entre autres le tombeau du cardinal Dubois, et celui de Henri de Lorraine, comte d'Harcourt.
Marché Saint-Honoré. Ce marché a été ouvert et construit sur l'emplacement du couvent des Jacobins. Il est divisé en quatre compartiments couverts d'une simple toiture que portent des piliers de bois façonnés en colonnes; deux rues y communiquent de la rue Saint-Honoré et de la rue Neuve-des-Petits-Champs, et la place au milieu de laquelle il s'élève forme un carré entouré de maisons.
Colonne de la place Vendôme. Cette colonne, qui, nous l'espérons, disparoîtra un jour, pour l'honneur de la France, de la place qu'elle occupe, et la rendra à la statue équestre du grand roi, qui s'y élevoit autrefois, fut, de même que l'arc de triomphe, commencée par ordre de Buonaparte après la campagne de 1805, et finie seulement en 1810.
Elle a 218 pieds de haut, y compris son piédestal dont la hauteur est de 21 pieds et demi. Son diamètre est de 12 pieds; et toute sa surface, y compris le piédestal, le chapiteau et son amortissement, est revêtue de fortes lames de bronze, chargées de bas-reliefs. Ceux du piédestal représentent des trophées d'armes; les autres, qui s'élèvent en spirale jusqu'au faîte du monument, à l'imitation des colonnes Trajane et Antonine, offrent l'histoire monumentale de cette campagne de 1805, à l'occasion de laquelle a été conçu et exécuté ce monument.
Buonaparte, qui, peu de temps auparavant, avoit refusé une statue que ses flatteurs lui offroient, disant qu'à la postérité seule appartenoit le droit de la lui ériger, si elle l'en jugeoit digne, changea bientôt d'avis, et fit placer sur la calotte de cette colonne, qui étoit l'un des points les plus élevés de Paris, sa statue pédestre vêtue à la romaine. Cette statue colossale, de dix pieds de proportion, avoit été exécutée par le sculpteur Chaudet. Elle a été renversée en 1814; à sa place s'élève le drapeau blanc; et le contraste étrange qu'il offre avec le monument qui lui sert de support peut donner matière à bien des réflexions.
Champs-Élysées. À l'entrée de cette promenade, on a placé deux groupes en marbre qui ornoient autrefois le parc de Marly. Ces groupes, exécutés par Coustou jeune, représentent deux chevaux qui se cabrent et qui sont retenus par deux hommes nus.
Arc de triomphe de l'Étoile. Le projet de cet arc de triomphe fut encore conçu en 1805. Il fut commencé avec des travaux et des dépenses énormes, sur les dessins de l'architecte Chalgrin, et abandonné, nous ne savons pourquoi, lorsque la construction en étoit déjà fort avancée[648]. Il est construit sur la plus grande échelle des monuments de ce genre; et peut-être eût-il été le plus colossal de tous ceux qui existent maintenant. Sa hauteur eût été de 138 pieds, sa profondeur de 68. C'est une belle masse dont l'aspect est imposant et dont la situation à la porte Chaillot étoit une des plus heureuses qu'il fût possible de rencontrer, ce monument pouvant y être vu de tout Paris et de ses environs jusqu'à Neuilly. Il n'y a pas d'apparence qu'il soit jamais achevé.
Pont des Invalides. Ce pont, qui sert de communication du quai de la Conférence au Champ-de-Mars et à l'École-Militaire, s'élève en ligne droite sur cinq arches surbaissées. Il est orné entre chaque arche et au-dessus de chaque pilier d'une couronne de laurier au milieu de laquelle est gravé en relief le chiffre ⅃L surmonté d'une couronne royale. Ce pont, de la coupe la plus élégante et la plus hardie, est considéré avec juste raison comme le plus beau de Paris. Il portoit, pendant la révolution, le nom de pont d'Iéna; et des aigles éployées remplissoient l'espace qu'occupe aujourd'hui le chiffre du roi.
Église de la Magdeleine. Buonaparte avoit voulu faire de cette église, commencée avant la révolution, un Temple de la Gloire; et un concours avoit été ouvert pour l'exécution de ce bizarre et ridicule projet. Alors les constructions déjà faites éprouvèrent quelques changements dans leur ordonnance. Les travaux toutefois se poursuivirent lentement et n'ont été repris avec quelque activité que depuis le retour du roi, où le monument a subi encore quelques changements nouveaux pour être rendu à sa première destination. Deux rangs de colonnes corinthiennes, de six pieds de diamètre, en décorent la façade; et l'édifice sur les trois autres faces est entouré d'un péristyle formé par un seul rang de colonnes du même ordre et de la même dimension. Cette église doit avoir 264 pieds de longueur dans œuvre, non compris le portail et la chapelle de la communion. Sa largeur, aussi dans œuvre, et sans y comprendre les porches des portes latérales sera de 138 pieds. Elle sera, dit-on, surmontée d'un dôme, et le maître-autel s'élèvera au milieu du chœur. Toute cette ordonnance est d'un grand caractère; et l'église de la Magdeleine, lorsqu'elle aura été achevée, sera sans doute, dans son ensemble, la plus belle église moderne de Paris: mais aura-t-elle le caractère imposant et religieux de nos superbes basiliques gothiques? nous en doutons: cette architecture gothique semble appartenir spécialement au christianisme; et il ne nous semble pas que rien, sous ce rapport, puisse jamais l'égaler ou la remplacer.
Chapelle sépulcrale de Louis XVI et de Marie Antoinette, reine de France. Ce monument, élevé à la mémoire de ces deux augustes victimes, est presque entièrement achevé: du côté du rond-point il donne sur la rue d'Anjou, et l'entrée principale semble devoir être dans la rue de l'Arcade, un peu plus bas que la rue Neuve-des-Mathurins. L'édifice a la forme d'un carré long: ses deux faces latérales se composent chacune de neuf arcades, qui probablement seront fermées par des grilles et figureront des charniers. Du côté de la façade principale on monte quelques marches qui conduisent à une espèce de vestibule ou petite chapelle; un second escalier mène à une plate-forme élevée de dix à douze pieds au-dessus du sol: à son extrémité s'élèvent sur un perron quatre colonnes doriques avec fronton qui forment l'entrée de la principale chapelle. Les trois ronds-points qui la terminent semblent indiquer qu'elle formera trois divisions; et son exhaussement prouve qu'elle doit être accompagnée de chapelles souterraines. Cette composition a le caractère sépulcral qui lui convient, et fait honneur à l'architecte qui l'a exécutée. On a le projet de l'enrichir d'un grand nombre de sculptures, d'ornements, bas-reliefs, etc., que l'on exécute en ce moment.
Abattoir du Roule. Il est situé à l'extrémité de la rue de Miromesnil. À la fin du troisième volume de cet ouvrage, nous entrerons dans quelques détails sur les divers édifices de ce genre que l'on a élevés à diverses extrémités de Paris, et qui peuvent être mis au nombre des établissements les plus utiles que l'on ait formés pour la commodité et la salubrité de cette capitale.
Rue d'Astorg. On a prolongé cette rue à travers la rue d'Anjou jusque dans celle de la Pépinière.
Rue de la Bienfaisance. Elle aboutit d'un côté à la rue du Rocher et de l'autre à la rue de Miromesnil.
Rue Castiglione. Elle a été ouverte sur le terrain des Capucins, et aboutit d'un côté à la rue de Rivoli, de l'autre à la rue Saint-Honoré, vis-à-vis la place Vendôme.
Rue de la Croix du Roule. C'est un chemin qui traverse les champs, et qui communique de la rue du Faubourg-du-Roule à la barrière de Courcelles.
Rue Duphot. Elle aboutit d'un côté au boulevart de la Magdeleine, de l'autre à la rue Saint-Honoré. Le nom qu'elle porte est celui d'un général français.
Rue Gasté. Elle donne d'un côté dans la rue basse Saint-Pierre, de l'autre dans la rue des Batailles.
Rue des Gourdes. C'est un chemin parallèle à l'allée des Veuves, qui, d'un côté, aboutit à l'avenue de Neuilly, de l'autre vient finir à la ruelle des Blanchisseuses. Dans cette rue des Gourdes vient aboutir une autre rue sans nom qui longe le jardin Marbeuf.
Rue des Grésillons. Elle donne d'un côté dans la rue du Rocher, de l'autre dans celle de Miromesnil.
Rue Saint-Hyacinthe. Elle traverse de la rue de la Sourdière au Marché Saint-Honoré.
Rue Saint-Jean-Baptiste. Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Michel, de l'autre dans celle de la Pépinière.
Rue Neuve-du-Luxembourg. La continuation de cette rue depuis la rue Saint-Honoré vient se terminer à la rue de Rivoli.
Rue du Marché Saint-Honoré. Elle va de la rue Saint-Honoré à la rue Neuve-des-Petits-Champs, traversant le Marché qui porte ce nom.
Rue des Maisons-Neuves. Cette rue, percée vis-à-vis la rue d'Astorg, et dans la même direction, aboutit d'un côté à celle de la Pépinière, de l'autre à la Voirie.
Rue Saint-Michel. Elle aboutit aux rues Saint-Jean-Baptiste et des Maisons-Neuves.
Rue de Mondovi. Elle commence à l'angle de la rue du Mont-Thabor, et vient aboutir à la rue de Rivoli.
Rue Montaigne. Elle commence au rond-point des Champs-Élysées, et vient aboutir à la rue du Faubourg-du-Roule.
Rue du Mont-Thabor. Elle se termine par un cul-de-sac qui traverse la rue Castiglione, et va aboutir à la rue Mondovi.
Rue Notre-Dame-de-Grace. Elle donne d'un bout dans la rue d'Anjou, de l'autre dans celle de la Magdeleine.
Rue de Ponthieu. Cette rue a été prolongée jusque dans la rue Montaigne.
Rue Richepanse. Elle donne dans la rue Saint-Honoré et dans la rue Duphot. Le nom qu'elle porte est celui d'un général français.
Rue de Rivoli. Elle commence à la rue de Rohan, et se prolongeant le long de la galerie neuve du château et du jardin des Tuileries, vient aboutir à la place Louis XV. Toutes les maisons de cette rue sont de la même élévation, et se composent d'un rez-de-chaussée formant une longue suite d'arcades d'une belle proportion, au-dessus duquel s'élèvent trois étages avec mansardes. C'est la plus belle rue de Paris.
Rue de la Grande-Voirie. Elle donne d'un bout dans la rue des Grésillons, et finit de l'autre par un cul-de-sac, traversant la rue de la Petite-Voirie.
Rue de la Petite-Voirie. Elle donne d'un côté dans la rue des Maisons-Neuves, et de l'autre dans celle de la Bienfaisance.
Passage Delorme. Il communique de la rue de Rivoli à la rue Saint-Honoré.