LA FLEVR DE THIN[13].
Madrigal.

SANS beauté, sans grandeur, sans éclat et sans grace,

Ie nays, par un arrest de mon jniuste sort,

Incapable d'vn bel effort

Pour acquérir l'illustre place

Où mon ambition m'ose faire aspirer.

Toutesfois, ô belle Ivlie,

Si de tes doux regards tu daignes m'éclairer,

Ie renaistray par eux de tant d'attraits remplie

Que i'auray suiet d'espérer

De rendre ta Covronne et ma gloire accomplie.

Sois donc fauorable à mes vœux,

Embellis ma laideur, releue ma bassesse,

Des Destins montre-toy maîtresse,

Metz-moy, malgré leur haine, en vn état heureux.

La Nature, pour moy non moins barbare qu'eux,

En vain t'oppose ses obstacles;

Tes beaux yeux chaque iour font de plus grans miracles.

De M. D'ANDILLY le filz.