L'Ordre du Combat de deux gentilz hommes faict en la ville de Moulins, accordé par le Roy nostre sire[112].


François fera fermement florir France.
Raison regnant riche roy regnera,
Aymant accordz acquerra alliance,
Nostre noble noblesse nourrira,
Ostant oultrages, oppressions, offence,
Incessamment juste justice ira
Si seront seuls soustenus sans souffrance.


Le camp a barrières dedans la court du chastel.

Les deux combattans l'on nomme le seigneur de Sarzay[113], et l'autre, François de Sainct-Julian, seigneur de Denyères[114].

Ledit Sarzay, assaillant; ledict de Denyères, deffendant.

Le seigneur de Dillebon[115], prevost de Paris, parrain dudit Sarzay.

Le capitaine Bonneval, parrain dudit Denyères.

Maistres du camp: Monseigneur le connestable[116]; Monseigneur Loys de Nevers; Monseigneur le conte de Sainct-Pol[117]; Monseigneur le marechal d'Anebault. Chacun d'eulx une halebarde et vestus de mesme parure, assavoir: d'une saye de velours figuré avec parement et pourmailleure en plates bordures de fil d'or auxditz connestable et de Nevers, et de fil d'argent aux deux autres. Deux eschauffaults: l'ung pour le roy et les princes, et l'aultre pour les quatre herauls d'armes.


Le matin, après soleil levé, entra ledit Sarzay en la cour, passant par le camp, allant à la chambre de la retraicte, conduit et accompagné des tabourins et phiffres du roy et son parrain, avec grosse compaignie de gentilz hommes, ses parens et amys, et bon ordre, car à la dicte heure convenoit se comparoir, et devans soleil couchans rendre son ennemy vaincu. Tantost après arrive Denyères, en semblable ordre comme dessus, avec son parrain; à l'eschauffault des quatre herauls estoient aux deux coings fichez en deux tableaux les armes des deux combattans; tost après sonnent trompettes et clerons par les quatre herauls par trois fois, et lors est publié l'arrest du roy par luy donné en son conseil privé, par lequel le seigneur de Chasteauroux[118], demandeur en cas d'honneur, est declaré et deschargé par le roy du faict contre luy mys en avant, qu'est de la fuyte au roy de la bataille de Pavie[119] et la querelle demourant à desmesler entre ledict Sarzay et de Denyères, jusques au combat en quoy le roy, par ledit arrest, proposoit les recevoir. Après vint ledit assaillant, accompaigné de tabourins, phiffres, herauls, et la compaignie devant dicte, armée de hallecret[120], tassettes[121] et cotte de mailles[122], la teste descouverte, sans baston nul, faire la monstre à l'entour de la lisière du camp par le dehors, sans entrer dedans, puis s'en retourne à sa retraicte. Tantost après, autant en faict le deffendeur, et par aprez, eulz retirez, publie l'edict de par le roy monseigneur le connestable et mareschauls de France, à tous les assistans pendant le combat, ne mouvoir, ne faire signes de pieds ne de mains, ne parler, ne tousser, moucher et cracher, sur peine d'avoir le poing couppé. Après revient l'assaillant, accompaigné comme dessus, cabasset[123] en teste, que de rechief fait monstre, comme dessus, et puis entre dedans le camp en un carré, où il se assiet dedans une chaire sans baston; après vient le deffendeur, en pareil ordre, et se assiet dedans le camp, à l'autre carré opposite. Euls là estans, est parlementé au roy de la manière des armes par lesditz quatres maistres du camp, et deux parrains est trouvé, et dict que le deffendeur doit choisir. Le dit deffendeur dit qu'il veult combattre avec deux espées nues à chacune main nue pour le premier combat; et, pour le second, une espée à une main et ung poignard à l'autre. Les deux espées sont parties à l'assaillant et mises au poing, idem au deffendeur. Cela faict, est publié un autre edict par les hérauls, de par le roy, et comme dessus, de la permission du combat, signifiant que les dictes armes du vaincu seroient trainées et villanées, et celles du vainqueur exaltées, et le dit vaincu, mort ou vif, pugny à la discretion du roy. Le prevost de Paris, parrain dessus nommé, prent l'assaillant à costé, le meine tournoiant à l'assaut; idem en fait le dit deffendeur, et cependant crioyt ung herault par trois fois: Laissez-les aller, les vaillans combatans! Et tant les laissent aller, et commencent à ruer grands coups; fust blessé le deffendeur au pied gauche, jusques à grant effusion de sang, un grand coup qui vint cheoir de dessus la teste sur la cuisse et sur le pied vers le tallon[124]. Le roy, voyant ce, leur cria qu'ils cessassent, et jetta ung baston qu'il tenoit du camp[125]. A tant se rapprochèrent les quatres maistres du camp et les deux parrains, qui les departirent et les retirèrent en leurs premiers lieux. Après le roy declara qu'il n'y a vaincu ne vainqueur, et les repute gens de bien tous deux et gentilz hommes; dit qu'il se contente d'euls et leur deffend ne plus eulx molester. Et à tant sont tous deux mis hors du camp l'ung quant et l'autre, signifiant egalité; pendant le combat les archiers estoient à l'entour du camp par le dehors faisant lisière. Depuis ordonna le roy à monseigneur le connestable mander le dit Sarzay à son lever le lendemain au matin, et vouloit qu'il luy fust baillé cinq cens escus et autant au dict Denyères[126], et pour ce que les aucuns disputoient du combat, disant que le dit Denyères estoit vaincu, et que sur ce dresseroient querelles, le roy le lendemain fist crier et deffendre à son de trompe, sur grosses peines, de ne blasmer du dict combat l'ung non plus que l'autre[127].

La Responce des Servantes aux langues calomnieuses qui ont frollé sur l'ance du panier ce caresme; avec l'Advertissement des Servantes bien mariées et mal pourveues à celles qui sont à marier, et prendre bien garde à eux avant que de leur mettre en mesnage.

A Paris.

M.D.C.XXXVI. In-8.

Dame Lubine, estant revenue de pasmoison, commence à eslancer un soupir qui provenoit de son debile estomach; avec un visage pasle et decoloré, elle se force de recognoistre cette assemblée et de leur dire: Mes très chères sœurs et bien aymées, qui est la cause que l'on nous a tant couchées sur le tapis, n'est-ce point quelque chetif vendeur de gazette qui auroit prins l'asseurance et qui se seroit émancipé de mettre le pied dans nos fameuses assemblées, et de vouloir faire des trophées du gouvernement de nos assemblées?

Elle n'eut pas plustost achevé sa harangue, qu'une petite camuze de la rue Aubry-Boucher, s'efforça des premières à dire: La patience surmonte toute chose. Je cognois bien le personnage; pour mon particulier, je ne m'en soucie guères, car nos maîtresses ne sont pas si depourveues de jugement de croire tout ce qui se publie contre nous, car le papier est aussi doux qu'une fille de seize à dix-sept ans. Tous ces discours ne me soucient pas tant que je me soucie que le jour de la chaire Saint-Pierre je perdy vingt et deux quarts d'escu à la blanque: j'allois pour acheter du linge et pour me faire une hongreline[128]; je ne reportay qu'une boete peinte qui vaut bien cinq ou six sols.

Une autre de la rue de la Cossonnerie dit: Il ne faut pas aller si loin pour perdre son argent. Samedy dernier je passay sur le pont de bois[129]: un petit fripon disoit avoir trouvé une bague d'or avec un mancheron[130], où il y avoit une blouque de cuivre doré. Je croyois avoir pris la mère au nid; le tout me couste neuf quars d'escu et demy, et je refuze douze sols du mancheron et deux carolus de la bague: n'est-ce pas une bonne journée.

Sur ce propos, vint Marion Soufflé, qui demeure en la rue des Graviliers: J'ay esté dix-huit mois à ferrer la mule; mes gaiges et tous mes profits montoient à trente-sept escus. J'ay acheté un demy ceing qui me coustoit trente et un escus, et demy douzaine de chemizes; vendredy, allant au cimetière Saint-Jean, l'on a coupé mon demy ceing, et deux pièces de cinquante-deux sols, qui faut que je rende à ma maistresse.

Après il vint Alizon Gros-Pet: Je voudrois que l'inventeur de cela fust en Tartarie, où les chiens pissent le poix. Depuis le commencement de caresme, je perds plus de six escus, car ma maistresse va tous les jours à la halle, et moy après elle avec un grand panier; je ne gaigne pas pour faire mettre des bouts à mes souliers depuis que je ne gouverne plus l'ance du panier.

Il y survint Janneton Boursouflée, qui demeure à la porte Baudets: Que le grand diable emporte la reformation et ceux qui en ont amené l'usage! car il faut que je fasse un autre mestier pour gaigner de l'argent, puisque je ne puis plus ferrer la mule; il faut que je rende conte jusques à une botte d'alumettes.

Après, il vint Nicolle Bec-Gelé: Mais d'où est ce malencontreux qui a fait mettre nostre pauvre compagnie sur le tapis? et que devant hier ce pauvre miserable faisant ses necessitez à la porte d'un escorcheur de chiens, une grosse carongne de mal coiffée de servante luy fit un casque d'un pot plain de merde; voylà la cause de nostre sinistre affliction.

Après, Nicolle Soupe-Tard dit: Falloit-il pour une apprentie servante nous mettre tous sur le tapis et servir de risée à tout le monde? Depuis le premier siècle, l'on n'a jamais ouy tant bruire de crier par les rues: tantost en voylà une qui n'est que trois semaines à une maison; tantost l'autre est trop salle; tantost l'autre est trop friande; et tantost l'autre est larronnesse ou est trop gourmande, elle avalle une andouille tout à la fois; ou l'autre est trop amoureuse, ou l'autre ne fait que riotter[131] avec les garçons et ne fait que amuzer les serviteurs, ou est trop glorieuse ou trop delicate pour estre servante, ou est trop rude aux enfants, ou est trop paresseuse, ou il faut que l'on aille vilotter, tantost voir ma sœur ou ma cousine. Ont-ils esté six mois en une maison, ils font comparaison avec le maistre et ne tiennent plus conte de rien faire. Si c'est la fille de quelque meschant savetier, elle a un demy ceing de quarante ou cinquante francs sur ses costez; la voyez-vous cheminer par les rues! Voylà madame qui fait piaffe[132], et elle marie à quelque porteur d'eau. Est-elle dix-huit mois en mesnage, a-elle eu un enfant, voilà ma pauvrette et glorieuse de servante à la merde jusques aux oreilles.

Si c'est la fille de quelque crocheteur qui serve à quelque bonne maison, et que de petite marmitonne elle parvienne à estre fille de chambre, elle se fardera aussi bien que sa maistresse, et elle se fera croire qu'elle sera la fille de quelque bon marchant; toutefois elles ont raison, car leur père sera marchant de paille, de cotterests ou de fagots; il se trouvera quelque valet de chambre qui aura bonne mine, et rien plus, croira que ma glorieuse aye force pistoles, et n'aura que le cul et trois ou quatre paires de meschans habits, la prendra en mariage. Ont-ils esté un an et demy, ont-ils grugé leur fait, il n'y a plus personne au logis, il faut vendre tout pièce à pièce, et puis mon cadet se met au regiment des Gardes, et ma glorieuse, toute crottée, salle, puante de pauvreté, sera bien heureuse de trouver quelque maison de procureur pour estre servante de cuisine.

Si c'est la fille de quelque fruicterie, et que pour l'honneur de Dieu l'on la prenne en quelque bonne maison pour nettoyer les souliers, ou bien laver la vaisselle, et qu'elle parvienne à estre servante de cuisine, a-elle esté deux ou trois ans à cet exercice, elle deviendra glorieuse, sans faire semblant de cognoistre ses parens, voire sa propre mère, qui demandera un pauvre morceau de pain à la porte du logis, et elle s'amusera à se faire brave aux despens de l'ance du panier; après, aura-elle ferré la mule, il faut faire l'amour et attraper le cocher ou le cuisinier du logis; sont-ils mariez, ils auront soixante ou quatre-vingts escus, il faut faire bonne chère et ne rien faire tant que l'argent dure; au bout de quatre ou cinq mois, ils ont un petit Populo, car ils ont commencé de bonne heure à faire cet enfant; l'argent est-il mangé, il faut commencer à vendre la chaisne des ciseaux[133], et après les chaisnes du demy ceing; tout est-il frippé, il faut vendre le corps, il n'y a plus que le fagot qui demeure par après; tout cela est-il fricassé, s'il y a quatre ou cinq bagues d'or, il les fault aller vendre chez l'orphèvre l'une après l'autre, et après il en ira acheter à dix-huit deniers ou à deux carolus la pièce soubs les charniers Sainct-Innocent; cela fait, faut vendre la meilleure des cottes; tout est-il mangé, on ne dit plus: ma fille, ny mon petit cœur, ny m'amour, ny ma mignonne; Martin-Baston est employé et marche plus souvent que tous les jours.[134] Et puis les maudissons vont leur train l'un à l'autre tous les jours à la maison: Et va, carongne!—Tu en as menty, fils de putain! tu as tout mangé mon bien!—Vous avez menty, vesse! vous avez tousjours dormy jusques à dix ou unze heures; mais, par la serpe-bleu, je vous romperay le col, double chienne. Et le mary s'en va à la guerre, et ma pauvre diablesse reduite à la porte d'une eglise, avec trois ou quatre enfans: voylà une de ces pauvres glorieuses.

Si c'est la fille de quelque vendeuse de lunettes, et qu'elle demeure chez quelque bon marchant, elle a bien moyen de ferrer la mule, car sa maistresse est tousjours au contoir; elle sera six mois à faire la bonne menagère, après elle se frotte au pillier, c'est encore pis que les filles de chambre et de cuisine; elles s'amuseront à faire comparaison au maistre du logis, ou bien au fils du logis, ou à quelques garçons de la boutique, et la maistresse, voyant tout cela, luy donne son sac et ses quilles. Et ma pauvre fretileuse sera deux ou trois mois sans trouver condition; elle mangera tout son fait jusques à ses habits. Il faut aller aux recommandaresses[135] pour trouver condition, quelquefois trois semaines sans rien trouver, et ce passer à manger pour un sol de pain et boire de l'eau tout le saoul: voilà ma petite trotteuse bien esbahie. Quelquefois elles seront bienheureuses de demeurer chez quelque cordonnier ou savetier. Ont-elles passé l'hiver de la façon, ont-elles deux ou trois escus, il faut avoir une cotte et quelque meschante hongreline à la fripperie, et de là chercher quelque meilleure condition. Sont-elles r'adressées à quelque bonne maison, ils ne se souviennent plus du mauvais temps; elles sont plus glorieuses que jamais, et ferrer la mule comme il faut et amplir leur bource; après il viendra quelque compagnon cordonnier, tailleur, serrurier, ou savetier, ou marechal, pour luy faire l'amour; vous luy verrez faire la roue comme un paon, sur l'ombre qu'elle aura soixante ou quatre-vingts escus; neantmoins l'amour luy commande de se marier; elle est si transportée qu'elle ne se soucie des moyens ny du travail, pourveu qu'elle aye un beau polly, et qui luy mange bientost son faict. Voylà mariée, il faut porter le mouchoir de col, les cheveux aux boufons[136]; il est question d'aller promener à Vanve, à Vautgirard, à Gentilly, à Belleville-sur-Sablon[137]. A-elle un petit enfant, l'a-elle nourri quatre ou cinq mois, ont-ils tout grugé, il faut que le pauvre mary s'en retourne travailler chez les maistres, et ma petite muguette envoye son enfant nourrir au village, et elle est contraincte d'aller estre nourrice chez madame. Voylà un très bon menage. Prenez-y bien garde, mes petites glorieuses.

Nouveau Reglement general sur toutes sortes de marchandises et manufactures qui sont utiles et necessaires dans ce royaume, representé au roy pour le grand bien et profit des villes et autres lieux de la France; par M. le M. de la Gomberdière.

A Paris, chez Michel Blageart, ruë de la Calandre, à la Fleur de lys.

M.DC.XXXIV. In-8.

Sire,

Dieu a tellement et abondamment versé ses sainctes benedictions sur vostre royaume, qu'il semble qu'il l'aye designé pour avoir de l'authorité et du commandement sur tous les autres de l'univers, l'ayant si bien constitué et pourveu de tout ce qui est utile et necessaire pour la vie et l'entretien de vos peuples, et en telle abondance, que l'on peut veritablement dire que c'est la seule monarchie qui se peut passer de tous ses voisins, et pas uns ne se peuvent passer d'elle.

Par exemple, Sire, il est très necessaire de considerer le peu de commoditez que tous vos sujets en general reçoivent des estrangers, et encore de se peu de chose ils peuvent leur en passer.

D'autre part, les grands moyens que nous avons en France de tirer des nations estrangères leur or et leur argent (et non pas eux le nostre, comme ils font tous les jours) par les ventes de nos bleds[138], vins, sels, pastels[139], toilles, draps[140], et d'un nombre infiny de diverses marchandises et manufactures, desquelles vostre royaume peut facilement (et sans s'incommoder en aucune façon que se soit) les secourir, et desquelles marchandises et manufactures ils sont en necessité.

Neantmoins, depuis quelques années la grande negligence des François a fait desbaucher les ouvriers, desquels les estrangers se servent maintenant, comme de la drapperie de laines, toilles, gros cuirs, cordages[141], bonnetteries et autres diverses manufactures, qu'à present ils nous apportent en telle quantité, qu'ils enlèvent la plus grande partie de l'or et argent de vos subjects, et icelles marchandises et manufactures se faisoient par cy-devant en vostre royaume, ce qui maintenoit vos peuples argenteux, faisoit vivre et employer les pauvres, si bien qu'à present il s'en voit une si grande abondance de toutes parts[142].

Nous avons les moyens plus faciles que toutes les nations du monde pour manufacturer toutes sortes d'estoffes et marchandises qu'elles nous sçauroient fournir, et de les réduire à meilleure condition, d'autant que nous pouvons prendre tout ce qui est necessaire pour cet effet sur nous, sans les requerir d'aucunes choses, ce qu'elles né peuvent faire.

L'Italie nous envoyé et apporte une infinité de diverses sortes de draps de soye, comme toilles d'or et d'argent[143], sarges de Florence[144], et de Rome et autres marchandises, de toutes lesquelles les François se peuvent très facilement passer.

Dans Paris[145], Tours, Lyon, Montpellier[146], et autres villes de ce royaume, se trouvent d'aussi bons et meilleurs ouvriers qu'il s'en puisse rencontrer pour faire des velours, satins, taffetas et autres marchandises de soye, autant belles et bonnes qu'il s'en puisse faire dans l'Europe.

L'Allemagne nous fait amener des buffles[147], chamois, fustaines[148], bouccasins[149] et grand nombre de quincaillerie et autres diverses denrées.

Nous avons dans Poictiers nombre d'ouvriers qui accommodent les peaux de bœufs, vaches, chèvres, moutons et autres en façon de buffles[150] et chamois[151], qui sont tous bons et de meilleur service que ceux qui nous viennent d'Allemagne et autres lieux[152].

D'autre part, le Limosin et le pays de Forest sont plus que suffisants à fournir vostre royaume de toutes sortes de quincaillerie aussi belles, bonnes et bien faictes que l'on nous sçauroit apporter. Les Espagnols (meilleurs mesnagers que nous), pour trouver le bon marché, se viennent fournir de quincaillerie en ces deux provinces, pour porter aux Indes et autres lieux[153].

La Flandre, avec grand profit qu'elle gaigne sur nous par la vente de ses tapisseries, peintures, toilles, ouvrages et passements, dans lesquels il se fait une excessive despence (à quoy Vostre Majesté a sagement et prudemment pourveu[154]), camelots, sarges, maroquins et autres marchandises, toutes lesquelles nous doivent estre comme indifferents.

Paris, dis-je, est maintenant sans pair par la manufacture des plus belles et riches tapisseries du monde et pour les tableaux les plus exquis. Nous avons aussi Sainct-Quentin, en Picardie; Laval, au Maine; Louviers, en Normandie, et autres lieux qui sont remplis d'un nombre infiny d'ouvriers, autant parfaicts en cet ouvrage qu'il s'en puisse trouver dans l'Europe, et de present il se fait des toilles aussi belles, bonnes et fines que celles qu'on apporte d'Hollande et autres endroits[155], et aussi qu'il y a dans les provinces de vostre royaume quantité de lins et chanvres plus commodement que dans la Flandre et Pays Bas.

Pour les ouvrages et passemens, tant de point-couppé[156] qu'autres, dont l'excessive despence, ainsi que dit est, a porté judicieusement Vostre Majesté, pour oster le cours d'icelle (dont la despence pouvoit avec le temps incommoder plusieurs familles[157]), d'en deffendre l'usage, par vostre Declaration du dix-huictiesme novembre 1633, verifiée en vostre Parlement de Paris le douziesme decembre ensuivant[158];

Pour empescher icelle despence, il y a toute l'Isle de France[159] et autres lieux qui sont remplis de plus de dix milles familles dans lesquelles les enfans de l'un et l'autre sexe, dès l'âge de dix ans, ne sont instruits qu'à la manufacture desdits ouvrages, dont il s'en trouve d'aussi beaux et bien faits que ceux des estrangers; les Espagnols, qui le sçavent, ne s'en fournissent ailleurs[160].

Amiens peut aussi fournir de camelots[161], serges, toilles, et d'un grand nombre de diverses sortes de marchandises[162], dont les manufactures donnent les moyens de vivre à un grand nombre de familles qui sont residentes dans ladite ville, et fait que les nations estrangères viennent en icelle faire de grandes emplettes, ce qui rend ladite ville riche, et seroit à desirer, Sire, que les autres villes de vostre royaume fissent le semblable.

Dans les villes de Roüen et La Rochelle, pour ce qui est des maroquins, il s'y en fait d'aussi bons et beaux que ceux qui nous viennent de Flandres, et les pouvons avoir à meilleur marché, si les ouvriers qui sont dans lesdites villes estoient employez[163].

L'Angleterre nous envoyé tous les ans plus de deux mille tans navires que vaisseaux, chargez de diverses marchandises manufacturées, comme draps, estamets, sarges, bas de soye et d'estames, fustaines[164], burals[165] et autres denrées[166].

Le Berry[167] et la Normandie[168] nous peuvent fournir de draps aussi fins et de meilleurs services que ceux d'Angleterre.

Sommières, Nismes[169], Sainct-Maixant, Chartres, et plusieurs autres villes de ce royaume, fabriquent des sarges aussi fines et meilleures que celles que les estrangers nous sçauroient fournir, et à beaucoup meilleur marché.

La duché d'Estampes et pays de Dourdan est remply d'un nombre infiny de personnes qui s'occupent journellement de mieux en mieux à travailler en bas de soye et d'estame[170], dont la plus grande partie surpassent ceux de Milan, de Gennes, d'Angleterre et autres lieux.

Et ainsi, Sire, de tout ce qui est utile, tant pour les grands que pour les petits, vostre France est plus que suffisante d'en fournir tous vos sujets et les estrangers aussi, sans les requerir d'aucunes choses, et aussi qu'il n'y a ouvrages que ce soit que les François (s'ils veulent) ne contrefacent et rendent plus à la perfection que ne sçauroient faire toutes les nations du monde.

Le commerce ne laisseroit d'aller de part et d'autre; les estrangers nous apporteroient de leurs marchandises et viendroient prendre en contreschange des nostres, et, par ce moyen, en chasque chose, chacune leur prix, nos marchands pourraient gagner reciproquement sur les marchandises estrangères, comme celles qu'ils auroient fabriquées, et, ce faisant, le tout seroit reduit à meilleure condition, et ne se verroit des banqueroutes si ordinaires[171].

Mais, Sire, vostre royaume auroit beau estre le plus beau, le plus fertile et le plus opulent de l'Univers (ainsi que veritablement il est), si les François (vos sujets) ne remettent en valleur les travaux dans les manufactures, et d'employer eux-mesmes les biens que Dieu leur donne.

Pour ce faire, il est donc très-nécessaire de nous passer de tout ce que nous prenons des estrangers, et les faire fabriquer et manufacturer parmy nous, ayant (comme dit est) les ouvriers et les matières en abondance dans vos provinces pour ce faire. Ce faisant, on employra le pauvre peuple, et le profit de leur employ les retirera de la grande pauvreté qu'ils souffrent, et leur donnera les moyens de subvenir à leurs necessitez.

Soubs le bon plaisir de Vostre Majesté, l'on establira dans les principales villes et autres lieux de vostre royaume des bureaux et maisons communes pour y faire travailler continuellement dans les manufactures, et commencer à celles qui nous sont plus utiles, employer en icelles nos laines et les soyes que nous peuvent fournir les provinces de Tourraine, Lionnois, Provence[172], comté d'Avignon[173] et autres endroits de ce royaume; faire choix des plus capables ouvriers pour les establir dans lesdits bureaux et maisons communes, pour que chacun d'iceux puissent monstrer et enseigner leurs arts et mestiers aux peuples, qui seront destinez selon à quoy on les trouvera capable d'estre employez.

Et, de cette façon, la France (vostre royaume), avec le temps, sera remply et augmenté de toutes parts d'ouvriers qui se rendront parfaits dans les ouvrages et manufactures, ce qui obligera les estrangers à nous venir revoir (ainsi qu'ils faisoient le passé). En cette sorte, l'or et l'argent des François ne passera les frontières, et demeurera parmy nous pour subvenir aux necessitez du peuple.

Les villes et autres lieux où seront establis lesdits bureaux et maisons communes, par le travail et desbit des marchandises, deviendront riches et oppulents, par le moyen du grand abbord des peuples qui arrivera de toutes parts pour le trafic desdites marchandises; l'argent sera commun par tout; les peuples (pauvres par faute d'employ) seront soulagez, et vivront des travaux qu'ils pourront faire selon leurs forces et capacités, ainsi qu'il sera advisé par personnes judicieux, qui auront à leur rang l'administration desdits bureaux.

Si bien, Sire, que cet advis est le seul moyen de ne plus faire sortir l'or et l'argent de vos sujets hors de vos frontières, de reduire les estoffes et autres marchandises à bonnes conditions, et aux pauvres peuples les moyens de leur subvenir, qui seront delivrez des pauvretez qui les accablent, et tous vos sujets, en general et en particulier, rendront graces à Dieu de cet heureux establissement, prieront sa divine bonté pour la conservation et prospérité de Vostre Majesté et des ministres de vostre Estat, comme fait de tout son cœur celuy qui est en toute humilité,

Sire,

Vostre très-humble sujet et très-fidèle obligé serviteur,

De la Gomberdière.

Le Trebuchement de l'Ivrongne.

A Paris.

M.D.C.XXVII[174]. In-8.

O vous de qui la gloire, à nulle autre seconde,
Sur l'aisle des beaux vers vole par tout le monde,
Qui, n'aspirans à rien qu'à l'immortalité,
Ne languissez jamais dedans l'oisiveté,
Quittez un peu ce soin de vouloir tousjours vivre
Qui vous tient jour et nuit collez dessus un livre.
Bacchus veut des honneurs aussi bien qu'Apollon
Une table vault mieux que le sacré vallon,
Et les charmes d'un luth, ou bien d'une guiterre,
N'ont rien de comparable aux delices d'un verre,
De qui la melodie et le doux cliquetis
Sçavent l'art d'attirer Juppiter chez Thetis,
Lors que, sollicité de son humeur plus douce,
Avecque tous les dieux il veut faire carousse[175].
Amis, soyons touchez d'un semblable desir;
Ne mesurons le temps qu'aux règles du plaisir,
Et, ne nous plongeans point dans ces vaines pensées
Des choses advenir ny des choses passées,
Sans que pas un de nous face le suffisant,
Arretons nos esprits aux choses du present.
Jouissons du bon-heur que le ciel nous octroye;
Sacrifions au dieu qui preside à la joye,
Et, sans parler des roys ou bien des potentats,
Ny du dereiglement qu'on voit dans leurs estats,
Ny des divers advis du conseil des notables[176],
Ne nous entretenons que de mots delectables,
Et tous expedions en nos particuliers
Plus de verres de vin qu'ils ne font de cahiers.
Les sages anciens, dont les academies
Ont souvent resveillé nos ames endormies,
Ont dit que nous sentions quatre sainctes fureurs
Agiter nos esprits de leurs douces erreurs:
Les Muses, Apollon, l'enfant que Cypre adore
Et le dieu qui dompta les peuples de l'Aurore.
Qu'aujourd'huy, chers amis, l'amoureuse liqueur
De ce divin nectar agite nostre cœur!
Que ce puissant demon qui preside aux bouteilles
Soit l'unique sujet de nos plus longues veilles!
Et, quand la soif viendra troubler nostre repos,
Courons alaigrement l'esteindre dans ces pots
Plus viste que tous ceux de nostre voisinage
Ne coururent à l'eau pour appaiser la rage
De l'infame Vulcan, dont le traistre element
Embraza de Themis l'orgueilleux bastiment[177].
Si ces vieux chevaliers qui couroient par le monde
Ont esté renommez pour une table ronde,
Nous qui suivons l'amour et reverons ses loix,
Faisons tous aujourd'huy de si vaillans exploits
Qu'on appelle en tous lieux ceste trouppe honorée
Les braves champions de la table quarrée[178].
Mais c'est trop discourir sur le point d'un assaut;
Amis, advancez-vous tandis que tout est chaud.
Voyez-vous point ces plats d'une odeur parfumée
Espandre autour de nous une douce fumée,
Que l'air de nostre haleine eslève dans les cieux
En guise d'un encens que nous offrons aux dieux?
Pour moy, qui suis contraire à ceste tirannie
Qui seconde les loix de la ceremonie,
Je me sieds le premier en ceste place icy;
Despeschez, mes amis, asseiez-vous aussi,
Ou vous irriterez le feu de ma colère,
Qui ne s'appaisera que dans la bonne chère.
Que ces mets delicats sont bien assaisonnez!
Que ce vin est friant! qu'il va peindre de nez
D'une plus vive ardeur que la plus belle dame
N'en alluma jamais dans le fond de nostre ame.
Inspiré de Bacchus, qui preside en ce lieu,
Je vuide ceste tasse en l'honneur de ce dieu.
Quoy! pour avoir tant beu, ma soif n'est appaisée!
Je la veux rendre encor quatre fois espuisée.
Amis, c'est assez beu pour la necessité:
Ne beuvons desormais que pour la volupté.
Que chacun, à ce coup, ses temples environne
Des replis verdoyans d'une belle couronne
De pampre, de lierre et de myrthes aussi:
Il n'est rien de plus propre à charmer le soucy;
Et, si, malgré l'hyver, qui ravit toutes choses,
On peut trouver encor des œillets et des roses,
Semons-en ceste place, ornons-en ce repas;
Non pour ce que l'odeur en est plaine d'appas,
Mais pour ce que ces fleurs n'ont rien de dissemblable
A la vive couleur de ce vin tant aimable,
Qui resjouit nos yeux de son pourpre vermeil,
Et jette plus d'esclat que les rais du soleil.
Profanes, loing d'icy! que pas un homme n'entre
S'il est du rang de ceux qui n'ont soin de leur ventre,
Qui fraudent leur genie, et, d'un cœur inhumain,
Remettent tous les jours à vivre au lendemain!
Mal-heureux, en effect, celuy-là qui possède
Des biens et des thresors, et jamais ne s'en ayde!
Tandis qu'on a le temps avecque le moyen,
Il faut avec raison se servir de son bien,
Et, suivant les plaisirs où l'age nous convie,
Gouster autant qu'on peut les douceurs de la vie.
Quand nous aurons faict joug à la loy du trespas,
Nous ne jouirons plus d'aucun plaisir là-bas;
Nous n'aurons plus besoin de celliers ny de granges
Pour enfermer nos bleds et serrer nos vendanges;
Mais, tristes et pensifs, accablez de douleurs,
Nous ne vivrons plus lors que de l'eau de nos pleurs.
Chers amis, laissons là ceste philosophie;
Que chacun à l'envy l'un l'autre se deffie
A qui rendra plus tost tous ces vaisseaux taris!
Six fois je m'en vas boire au beau nom de Cloris[179],
Cloris, le seul desir de ma chaste pensée,
Et l'unique suject dont mon ame est blessée.
Lydas, verse tout pur, puisque la pureté
A tant de sympathie avec ceste beauté;
Et puis, ne sçais-tu pas que l'element de l'onde
Est la marque tousjours d'une humeur vagabonde?
Si je bois jamais d'eau, qu'on m'estime un oyson;
Que personne, en beuvant, ne me face raison;
Que tout autant que l'eau mon vers devienne fade;
Que mon goust depravé rende mon corps malade;
Que jamais de beauté ne me face faveur;
Que l'on me monstre au doigt comme un pauvre beuveur;
Enfin qu'aux cabarets, pour ma honte dernière,
On escrive mon nom soubs celuy de Chaudière[180].
Certes, je hais ces mots qui finissent en eau:
Si j'eusse esté Ronsard, j'eusse berné Belleau[181],
Quand, sobre, il entreprit ceste belle besongne
D'interpreter le vers de ce gentil yvrongne
Qui, dans les mouvemens d'un esprit tout divin,
Honora la vandange et celebra le vin.
Mais, à propos de vin, Lydas, reverse à boire:
Aussi bien ce piot rafraischit la memoire;
Il faict rire et chanter les plus sages vieillars;
Il leur met en l'esprit mille contes gaillards,
Et, quoy que l'on ait dit de la faveur des Muses,
Il inspire le don des sciences infuses,
Si bien que tout à coup il arrive souvent
Que l'ignorant par luy devient homme sçavant:
Nostre Arcandre le sçait, qui, pour aymer la vigne,
Passe desjà partout pour un poète insigne;
Arcandre, qui jamais ne fait rien de divin
S'il n'a dedans le corps quatre pintes de vin.
Ah! que j'estime heureux l'amoureux d'Isabelle!
Non pour ce qu'il adore une fille si belle,
Non pour ce que les rais qui partent de ses yeux
Rendent plus de clarté que le flambeau des cieux,
Non pour ce que dans l'or de sa perruque blonde
Elle tient enchaisné le cœur de tout le monde,
Non pour ce qu'à Paris elle a tant de renom,
Mais pour ce qu'elle a tant de lettres en son nom,
Et que l'affection que cet amant luy porte
A tant de mouvemens, est si vive et si forte,
Qu'il ne peut faire moins que de boire huit fois
Au nom de cet object qui le tient soubs ses loix.
Pour moy, soit qu'on me blasme, ou bien que l'on me prise,
Je veux changer le nom de Cloris en Clorise,
Ou bien prendre Clorinde ou d'autres mots choisis.
Fais-en, mon cher Aminte, autant de ton Isis:
Cela luy tiendra lieu d'une nouvelle offrande.
Ce nom est trop petit et ta soif est trop grande.
Mais insensiblement je ne m'advise pas
Que la force du vin debilite mes pas:
Je sens mon estomac plus chaud que de coustume;
Je ne sçay quel brasier dans mes veines s'alume;
Je commence à doubler de tout ce que je voy;
La teste me tournoyé et tout tourne avec moy;
Ma raison s'esblouit, ma parolle se trouble;
Comme un nouveau Penthé je vois un soleil double;
J'entens dedans la nue un tonnerre esclatant;
Je regarde le ciel et n'y vois rien pourtant;
Tout tremble soubs mes pieds; une sombre poussière
Comme un nuage espais offusque ma lumière,
Et l'ardante fureur m'agite tellement,
Qu'avecque la raison je perds le sentiment.
Evoé! je fremis; Evoé! je frissonne:
Un vent dessus mon chef esbranle ma couronne,
Et je me trouve icy tellement combattu,
Que je tombe par terre et n'ay plus de vertu.
Puissante deité, mon vainqueur et mon maistre,
Si tu m'as autrefois advoué pour ton prestre,
Si jamais tu m'as veu, plus qu'aucun des mortels,
Espandre, au lieu d'encens, du vin sur tes autels,
Race de Juppiter, digne enfant de Semèle,
Appaise la fureur qui m'accable soubs elle,
Dissipe les vapeurs de ce bon vin nouveau
Qui tempeste, qui boult au creux de mon cerveau;
Rends plus fermes mes pas, modère ta furie;
Donne-moy du repos, ô père! je t'en prie
Par ton thyrse, couvert de pampres tousjours vers;
Par les heureux succès de tes travaux divers,
Par l'effroiable bruit de tes sainctes orgies,
Par le trepignement des Menades rougies,
Par le chef herissé de tes fiers leopars,
Par l'honneur de ton nom, qui vole en toutes parts;
Par la solemnité de les sacrez mystères,
Par les cris redoublez des festes trietères[182],
Par ta femme qui luit dans l'Olympe estoillé,
Par le bouc qui te fut autres fois immolé,
Par les pieds chancelans du vieux père Silène;
Bref, par tous les appas de ce vin de Surêne[183].
Ainsi dit Cerilas d'un geste furieux,
Roüant dedans la teste incessamment les yeux.
Bacchus, qui l'entendit, d'un bruit espouvantable
Fit trembler à l'instant les treteaux et la table,
Sans que les vases pleins de la liqueur du dieu
Fussent aucunement esbranlez en ce lieu:
Tesmoignage certain qu'il ne mit en arrière
De son humble subject la devote prière;
Et de faict, luy sillant la paupière des yeux,
Il gousta le repos d'un sommeil gratieux.

G. Colletet.


Autres gayetez de Caresme prenant, par le mesme autheur[184].


Sarabande.

Les parolles ont esté accommodées à l'air, qui estoit fait.

Dialogue d'un Amant et d'un Yvrongne. L'un parle à sa maistresse, et l'autre à sa bouteille.