Quoi qu'en dise Aristote et sa docte cabale
Le tabac est divin, il n'est rien qui l'égale.

427: Ou patagon, monnoie d'argent qui de 48 sols finit par monter à 58. L'orthographe employée ici donneroit raison à Ménage, qui pense que ce mot venoit de patac, ancienne petite monnoie d'Avignon.

428: Nom de haute folie consacré par le livre de Gringore, les Contreditz de Songecreux; par un passage de Rabelais (liv. 1er, ch. 20), et aussi par la Prenostication de maître Albert Songecreux Biscain (1527), fameux almanach dont a parlé H. Estienne au chapitre 39 de son Apologie pour Hérodote.

429: Nous ne savons quel est ce règlement de police concernant la boucherie; peut-être est-ce celui du 30 mai 1618. V. Traité de la police, t. 2, liv. 5.—Nous n'en trouvons pas qui se rapproche davantage de la date de cette pièce.

430: C'est-à-dire à la puissance.

431: En 1600, le prix d'un beau mouton étoit de 4 livres. (Dupré de Saint-Maur, Essai sur les monnaies, année 1600.)

432: Taxe.

433: Partisans italiens qui alors accaparoient toutes les affaires. V. la pièce précédente, Rencontre de maître Gaillaume et de Piedaigrette. Jamet n'est autre que le fameux Zamet, mort en 1614.

434: On voit que l'idée de demander la liberté du commerce de la boucherie n'est pas chose nouvelle.

435: C'est le nom qu'on donnoit à la partie de l'Espagne chrétienne placée sous la domination des Arabes.

436: L'établissement des tueries sur la rivière, au dessous de Paris, avoit souvent été demandé. On l'avoit même ordonné par arrêt du 7 septembre 1366 (Traité de la police, t. 2, liv. 5); mais jamais l'ordonnance n'avoit pu avoir d'exécution. (Mélanges d'une grande bibliothèque, Hh., p. 16-17.)

437: Charles IX en 1563, Henri III en 1577, avoient fait défense de vendre la chair des agneaux; mais leurs ordonnances ne furent pas exécutées, et il fallut les faire revivre en 1714, après beaucoup de réclamations du genre de celle qu'on formule ici.

438: Ce discours est celui de Lysias contre les marchands de blé. V., sur cette très intéressante oraison, le livre d'Auguste Bœckh, Economie politique des Athéniens, trad. par Laligant, t. 1, p. 138-141.

439: Les blastiers étoient ces marchands qui alloient acheter du blé dans les greniers de la campagne et qui le revendoient aux marchés des villes. Il y avoit à Paris une communauté de marchands blastiers sous saint Louis, qui leur donna des statuts. (Traité de la police, t. 2, liv. 5, ch. 2.) Plus tard, leur commerce déchut, et ils ne furent plus considérés que comme simples regrattiers et grainiers. (Id., t. 6, liv. 5.) On agita même la question de l'utilité de leur commerce, et l'on fut sur le point de le défendre. (Id., ibid.)

440: Chez les Chinois il y a une table pareille dressée sur la place publique, et indiquant, en outre du prix des vivres, celui des remèdes qui se vendent chez les apothicaires.

441: On trouve le commencement d'exécution d'un projet pareil dans l'ordonnance de mars 1577, par laquelle il étoit ordonné à l'hôtelier d'écrire sur la principale porte de son auberge le taux de tout ce qui se prenoit chez lui, le manger, le boire et le coucher. Deux ans après, une ordonnance du 21 mars compléta la première en réglant le tarif de toutes les denrées à consommer. C'est cette ordonnance qui se trouve mise en chanson dans la Fleur des chansons nouvelles (édit. Techener, p. 6-11).

442: Bois merrain, bon surtout pour les tonneliers, les treillageurs et les menuisiers.

443: Si la vigne donne.

444: C'étoit le droit des cabaretiers et taverniers «de vendre vin, donner à manger ou souffrir qu'on mange dans leur maison.» Colbert lui-même n'osa l'enfreindre: V. sa lettre à M. de Miromesnil du 16 octobre 1681, Correspondance administrative de Louis XIV.

445: On connoît la célébrité du cabaret de la Pomme-de-Pin, situé dans la Cité, près de l'église de la Madeleine et presqu'à l'entrée du pont Notre-Dame. Celui de la Croix blanche se trouvoit près du cimetière Saint-Jean, dans la petite rue, aujourd'hui détruite, à laquelle il avoit donné son nom. Le cabaret du Petit-Saint-Antoine s'appeloit ainsi à cause de la maison de chanoines près de laquelle, il étoit situé dans la rue Saint-Antoine. V.; notre Histoire des hôtelleries et cabarets, t. 2, p. 304, 333.

446: Messire Nicolas de Verdun avoit succédé en 1616 à M. Achille du Harlay dans la charge de premier président du parlement de Paris, qu'il occupa jusqu'en 1627. V. Blanchard, Eloges de tous les premiers présidents, 1645, in-8, p. 81.

447: Il faut lire 1621.

448: Je serois tenté de croire que pour cette pièce, où il est tant question du commerce de la boucherie, le nom de Guillaume de la Porte a été pris en souvenir de Guheri de la Porte, qui au XIIIe siècle fit don aux religieux de Saint-Martin de la maison où fut établie la grande boucherie de l'Apport-Paris.

449: Cette madame Liébaut, dont les talents poétiques nous sont ici révélés, est Nicole Estienne, fille de l'imprimeur Charles Estienne, et femme du médecin Jean Liébaut, dont on a plusieurs ouvrages importants pour l'agriculture et la médecine. Elle étoit, dit-on, fort savante; ce qui suit prouve qu'elle avoit aussi beaucoup de sens et d'esprit. M. Brunet, dans son Manuel, t. 3, p. 131, parlant de cette pièce, dont il cite une autre édition publiée à Rouen, donne à l'auteur le nom grec d'Olympe, qui convenait assez à la fille d'un Estienne.

450: Ces stances semblent avoir été faites pour être la contrepartie de celles de Desportes contre le mariage.

451: Du latin cautus, prenant ses précautions, prévoyant.

452: Ce mot, qui correspond, et, comme dit Henri Estienne (Traicté de la conformité du langage françois avec le grec, Paris, 1569, p. 46), qui «a convenance avec le latin domina», n'étoit pas d'un usage très ancien dans le langage des amoureux. Brantôme, en faisant remarquer que «ce mot de maistresse ne s'usoit» du temps du petit Jean de Saintré, semble indiquer, ce qui est probable, qu'il datoit de son temps à lui. (Dames galantes, disc. 4.)—Il est employé ici dans le vrai sens qu'il dut d'abord avoir.

453: Ce vieux mot, dont la perte est très regrettable, se trouve dans Montaigne (Essais, liv. 1, ch. 29). Desportes l'a employé dans les stances citées plus haut, ainsi que Ronsard dans son 49e sonnet:

Ni ses beautés, en mille cœurs écrites
N'ont esclavé ma libre affection.

454: C'est-à-dire bon accueil, bon visage. Chère, qui vient de l'italien chiera (mine), ne s'employoit pas alors dans un autre sens.

455: Il s'agit ici de quelque sentence burlesque du genre de celle-ci: Arrest notable donné au profit des femmes contre l'impuissance des maris.... Paris, 1626, in-8o; ou bien même d'une sentence sérieuse, comme celle qui fut rendue le 8 février 1659 dans le procès si fameux de Mme de Langey contre son mari. V. Tallemant, édit. in-12, t. 10, p. 201.

456: C'est-à-dire quai de l'École de Saint-Germain-l'Auxerrois.

457: Cette pièce est curieuse et rare, selon M. Moreau. (Bibliographie des Mazarinades, t. 2, p. 364, no 2819.)

458: Revendeuse des halles qu'on produisoit «comme une femme mystérieuse, parcequ'elle étoit la plus insolente et la plus hardie de son quartier.» (Advis desinteressé sur la conduite de M. le coadjuteur... (6 juillet 1651,) ad finem.) Dans une mazarinade portant la même date: Lettre d'un marguillier de Paris à son curé sur la conduite de monseigneur le coadjuteur, dame Anne et un nommé Pesche, son compère en rébellion, sont représentés comme étant «des enfans de chœur elevez par monseigneur le coadjuteur..., l'un et l'autre chantant les leçons du bréviaire qu'il leur avoit enseignées.» Les leçons de ce bréviaire, selon Mme de Motteville, étoient des «chansons infâmes contre le respect qui étoit dû à la reine.» Dame Anne, cette coureuse qui les chantoit, fut arrêtée. «Je le dis à la reine, continue Mme de Motteville, à la prière de Mme de Brienne, qui ne voulut pas lui en parler, par quelque motif que je ne pus savoir. Cette princesse ne me répondit rien, et je ne lui en parlai plus. Quelques jours après, la même Mme de Brienne me dit qu'elle avoit été voir cette dame Anne et qu'elle ne l'avoit plus trouvée dans sa prison, qu'elle étoit alors dans une chambre voisine, bien servie, bien couchée et bien nourrie, et qu'on ne savoit pas d'où pouvoit procéder cette merveille. Nous sûmes alors que la reine seule avoit fait cette belle action, et, quand nous lui en parlâmes, elle ne voulut pas nous écouter. Et l'histoire finit ainsi.» (Mémoires de Mme de Motteville, coll. Michaud, 2e série, X, 422.)

459: Cette vive algarade faite à M. de Brancas eut lieu, en effet, sur le Pont-Neuf, dans la semaine de Pâques 1652, au moment où tout ce qu'il y avoit de noblesse dans Paris se rendoit au devant de M. le Prince, qui revenoit après sa victoire de Bleneau. Brancas ne fut pas le seul maltraité: la duchesse de Châtillon, Fontrailles, le marquis de Mouy, le commandeur de Saint-Simon, le prince de Tarente, le commandeur de Mercé, Mme de Bonnelle, la fille de Bullion, furent aussi insultés. Mme d'Ornano, comme on va le voir avec plus de détail, fut injuriée et volée. C'étoit un coup de main dont l'auteur de l'Avis important et necessaire donné aux Parisiens, qui entre à ce sujet dans quelques détails, accuse tout ensemble Mazarin et le coadjuteur.

460: Catherine Henriette, fille légitimée de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, et femme du duc d'Elbœuf, étoit en Angleterre depuis que ses intrigues contre Richelieu l'avoient fait exiler de la cour.

461: V., sur ces connivences d'amour des maîtres et des chambrières, notre t. 1, p. 315 et suiv., et t. 2, p. 237-247.

462: Recherchée, coquette. Furetière veut que ce mot vienne du mot breton affet, baiser, «ce que les femmes coquettes cherchent.»

463: Corps de jupe sans manches, que portoient surtout les paysannes. Les plus coquettes les vouloient, comme celle-ci, en drap fin, en satin ou en damas.

464: Ce mot signifie inquiétudes, et ne doit pas être pris ici dans le sens que lui donne Rabelais (liv. 1, chap. 23).

465: Fait avec des menues branches de saule. Jusqu'au XVIIe siècle on dit saux pour saule; mais l'Académie réforma tout à fait la première orthographe. Voiture pourtant écrit encore à Costar: «On dit quelquefois au pluriel des saux en poésie.» (Voiture, lettre 125e.)

466: On sait que c'est l'un des personnages allégoriques du Roman de la Rose.

467: Legs. «Il ne se dit guère en ce sens que dans les pays de droit écrit.» (Dict. de Furetière.)

468: On a de ce maître Claude Dacreigne plusieurs pièces en faveur du parti du roi contre celui des princes: Tombeau des Malcontents, dédié aux bons et fidèles François..., 1615, in-8; la Félicité des victoires et triomphes du roi pour l'accomplissement de son très auguste mariage..., par M. D.; Paris, in-8; Stratagème et valeureuse entreprise du marquis de Spinola pour reconnoître les forteresses de la ville de Sedan..., Paris, 1615, in-8.

469: Comédien de l'hôtel de Bourgogne. Nous ne le connoissons que par cette phrase de Tallemant, qui est la première de la 349e historiette, Mondory, ou l'histoire des principaux comédiens françois: «Agnan est le premier qui ait eu de la réputation à Paris.» (Éd. in-12, t. 10, p. 39.)

470: Expression qui n'avoit cours que dans le peuple de Paris, selon le Dictionnaire de Trévoux, et qui correspondoit à celle-ci: en bloc et en tas.

471: Faiseur d'éloges, du mot grec έγκώμιον, louange.

472: Mauvais poète grec qui vivoit au temps d'Alexandre, et dont Horace a parlé dans l'Art poétique et dans la 1re épître du liv. 2.

473: Nous n'avons pu retrouver le passage de la Batrachomyomachie auquel ceci semble faire allusion. Crocodile doit être mis ici pour Craugaside.

474: Le collége du Mans, moins célèbre que celui de Lisieux, étoit alors situé rue de Reims. C'est en 1683 seulement qu'il fut transporté rue d'Enfer, sur l'emplacement de l'hôtel Marillac. Il avoit été fondé en 1519 par Philippe de Luxembourg, évêque du Mans.

475: On appeloit capettes, à cause de leur petite cape étriquée, les écoliers du pauvre collége de Montaigu. V. notre Paris démoli, 2e édit., p. 74-75.

476: Il nous a été impossible de découvrir la pièce dont il s'agit, et que Cl. Dacreigne auroit faite à propos de quelque avantage, à peu près imaginaire, du duc de Guise, alors à la tête de l'armée royale, contre les troupes du prince de Condé. Nous ne connoissons, comme se rapportant aux faits dont il semble être ici question, qu'un livret sans nom d'auteur: la Défaite des reitres et autres troupes de M. le prince de Condé, faite par monseigneur le duc de Guise devant la ville de Sainte-Foy, assiégée par les troupes du dit sieur prince, Paris, 1615, in-8.

477: Régal de pauvres gens dont parle Rabelais, et qui se faisoit de blé vert et d'oseille pilée.

478: C'est le premier nom du collége de Louis-le-Grand, tenu par les jésuites.

479: On disoit indifféremment jésuite ou jesuiste, «jésuite toutefois plus communément», selon Voiture (lettre citée). Richelet, qui proscrit la seconde de ces deux orthographes, donne, pour prouver qu'on doit préférer l'autre, des exemples assez singuliers. V. la première édition de son Dictionnaire, si plein, comme on sait, d'allusions et d'équivoques satiriques.

480: Ce passage, qui est un spécimen du galimatias du sieur Dacreigne, doit avoir trait aux écrits qu'il publia pour célébrer le mariage du roi avec une princesse espagnole. (V. une des notes précédentes.) Il s'y trouve aussi peut-être quelque allusion à la singulière pièce qu'il publia vers le même temps, et dans laquelle il est fort question de Turcs, de Saladin et de Jérusalem: Conclusion de la dernière assemblée faite par ceux de la religion pretendue reformée dans la ville de Montauban, au pays de Quercy, où est contenue la genereuse response de M. de Vic, conseiller d'Estat y desputé par Sa Majesté, avec deux predictions qui nous assurent la ruine de l'empire des Turcs en l'année 1616, moyennant une bonne intelligence entre les princes chrestiens, par M. C. D. (M. C. D'Acraigne)..., Paris, 1615, in-8.—Nous ajouterons qu'en 1651 parut une pièce où il étoit dit que l'empire ottoman seroit détruit par un roi de France. (Moreau), Bibliog. des Mazarin. II, no 1100.

481: Cette pièce est très curieuse en ce qu'elle est, avec un siècle tout entier de priorité, complétement semblable à ces calottes ou brevets de folie et de sottise que Aymon, et après lui M. de Torsac, envoyoient à tout personnage de leur temps qui s'étoit rendu digne, par actions, paroles ou écrits, d'être incorporé dans le régiment de la calotte. Ces brevets étaient en vers, et c'est une de leurs différences avec cette pièce. Gacon les a rimés pour la plupart. On en a fait un recueil considérable et fort difficile à compléter. V. les premières livraisons du Journal de l'Amateur de livres, le Magasin pittoresque, t. 9, p. 289-290, et les Mémoires de Maurepas, t. 3, p. 18-90.

482: C'est-à-dire melons d'Angers, Andardois dérivant du mot Andes, ancien nom des Angevins. Les melons de l'Anjou étoient célèbres au moyen âge, à une époque où cette province eût mérité de partager le titre de jardin de la France, donné à la Touraine à cause des progrès qu'y avoit faits l'horticulture. V. Théâtre d'agriculture, in-4, t. 1, p. 151.—De tout temps on avoit pris le mot melon dans le sens burlesque qui lui est donné ici. Thersite, se moquant des Grecs, les appelle ρερώνες, melons (Iliade, chant 2, vers 235), et Tertullien reproche à Marcion d'avoir un melon à la place du cœur, puponem loco cordis habere. Notre expression avoir un cœur de citrouille vient de là.

483: Non seulement les ivrognes se faisoient un aiguillon de vin avec ces langues salées et fumées, mais aussi avec de longues tranches de bœuf salé «nommé communément brésil», qu'on apprêtoit à la vinaigrette. V. un passage du De re cibaria de Symphorien Champier, cité par Legrand d'Aussy, Vie privée des François, chap. 2, sect. 1re, et Théâtre d'agriculture, t. 2, p. 624.

484: C'est ainsi qu'on appeloit la morue au XVIe siècle. «C'estoient moulues au beurre frais», dit Rabelais, liv. 4, chap. 32. Le Martinet de la 65e nouvelle de Des Perriers prononce aussi de cette manière: «Depuis, dit la Monnoye, commentant ce passage, on a dit molue, et enfin morue, qui est aujourd'hui le mot d'usage.»

485: Long poisson de mer dont la chair est très mauvaise à manger, et le même qui passoit alors pour produire l'encre nommée sépia. V. Lemery, Traité des alimens, p. 411.

486: Momons, sorte de mascarade qui, par son nom, est un souvenir évident du dieu Momus. Quelquefois c'étoit une idole burlesque ou obscène, comme dans le Balet des andouilles porté (sic) en guise de momon, 1628, in-8.

487: Gros chenet de fer. Le vrai mot est andier; mais, ainsi qu'il arrive souvent, l'article se fondit avec le mot, et l'on dit landier, de même que des deux mots li hardit, le hardit (monnoie valant trois deniers), on a fait le seul mot liard, et de l'hierre on a fait lierre.

488: Mot qui s'emploie encore à Orléans pour une sorte de marmite à anse et sans pieds. Casserole n'en est que le diminutif.