Ils faisoient bien souvent, sans nulle autre poursuite,
Tourner les ennemis en vergogneuse fuite.
317: «Inquiétudes d'esprit, passions véhémentes.» (Dict. de Furetière.) Ce mot étoit déjà vieux.
318: Montaigne s'est servi du même mot à peu près dans le même sens: «Il faut, dit-il, oster à la mort son estrangeté et la domestiquer à force d'y penser.»
319: V., sur cette locution, une note de la pièce précédente.
320: Elle avoit encore certain pouvoir sur l'esprit de Henri IV, son époux divorcé. V. notre tome 1er, p. 207.—Au mois de juin de cette même année, le roi lui avoit encore accordé une grâce. V. L'Estoille, à cette date.
321: Ce n'est qu'une réimpression du Discours nouveau sur la mode, Paris, Pierre Ramier, rue des Carmes, à l'Image Saint-Martin, 1613, in-8, reproduit en 1850 par M. Eus. Castaigne dans le t. 4 du Bulletin archéologique et historique de la Charente, et tiré à part à 100 exemplaires.—Le Pasquil de la cour, mis à la suite de l'édition reproduite ici, ne se trouve pas dans la première. Il avoit d'abord été publié à part sous le même titre, Paris, 1623, in-8 de 11 pages.
322: Henri Estienne, dans ses Deux dialogues du nouveau langage françois italianisé, à propos d'une discussion de son Celtophile et de son Philausone sur la mobilité perpétuelle de la mode, raconte l'anecdote de ce peintre qui, ayant à représenter tous les peuples de l'Europe avec leur costume national, n'imagina rien de mieux, pour figurer le François, que de le peindre nu avec une pièce d'étoffe sous le bras et une paire de ciseaux à la main. C'est certainement à ce tableau, ou plutôt à cette caricature, que l'auteur fait allusion ici. Une autre pièce du temps, le Courtisan à la mode, etc. (1625), p. 9, en parle d'une façon plus directe et avec plus de détails: «Il ne faut s'estonner, y est-il dit, si dans Rome, dans la gallerie du cardinal Fernèze (sic), que l'on estime estre l'une des plus admirables pour les peintures et autres singularitez qui s'en puissent trouver dans l'Europe, où, entre autres choses, l'on voit toutes les nations despeintes en leur naturel, avec leurs habits à la mode des pays, hormis le François, qui est despeint tout nud, ayant un roulleau d'estoffe soubs l'un de ses bras et en la main droicte des cizeaux, pour demonstrer que, de toutes les diversitez de l'univers, il n'y a que le François qui est seul à changer journellement de mode et façon pour se vestir et habiller, ce que les autres nations ne font jamais.»
323: On sait qu'on appeloit moustaches les cheveux tombant sur les côtés. Dans la Mode qui court, pièce du même temps (p. 3), il est parlé d'une «perruque acheptée au Palais, garnie de sa moustache derrière l'oreille.»
324: Les Juifs portoient toujours les cheveux pendants.
325: Ce fut la mode jusqu'au jour où Louis XIII, s'étant ingéré du métier de barbier barbant, «coupa, dit Tallemant, la barbe à tous les officiers de sa maison, et ne leur laissa qu'un petit toupet au menton.» Richelieu, à qui l'on ne faisoit pas si facilement la barbe, conserva seul la royale pointue. Une chanson faite alors, et conservée par Tallemant, disoit:
Helas! ma pauvre barbe,
Qu'est-ce qui t'a faite ainsi?
C'est le grand roi Louis
Treizième de ce nom,
Qui toute a ebarbé sa maison.
..........
Laissons la barbe en pointe
Au cousin de Richelieu,
Car, par la vertudieu!
Ce seroit trop oser
Que de la lui pretendre raser.
Tallemant, Historiettes, édit. in-12, t. 3, p. 68.
326: C'étoient ces moustaches en croc ou recroquillées en cerceau dont se moque Naudé dans le Mascurat, p. 187. La mode en venoit des Espagnols. Les courtisans s'en faisoient gloire: «Ils vous respondront que leur habit, leur desmarche et leur barbe est à l'espagnolle.» (Le Courtisan à la mode, p. 8.)
327: On trouve dans une pièce déjà citée, la Mode qui court (ibid.), des détails sur ces diverses formes de chapeaux, ronds, pointus, hauts de forme, en pot à beurre, comme dit G. Naudé, ou à l'albanoise, comme on dit ici; sur les cordons, les panaches, etc. «Les chapeliers, y est-il dit, se plaignent que tant de chouses (modes) nouvelles leur font perdre l'escrime en la fabrique des chappeaux. L'un les veut pointus en pyramide, à la façon des pains de sucre, qui dansent en cheminant sur la perruque...; d'autres les veulent plats à la cordelière, retroussez, en mauvais garçon (par signe seulement), avec un pennache cousu tout autour, de peur que le vent l'emporte; d'autres en veulent en façon de turban, ronds et peu de bords...» Le Courtisan à la mode (p. 5) parle aussi de ces diverses formes, chapeaux en preneurs de taupes, chapeaux hors d'escalade, c'est-à-dire très pointus, très à pic. Dans les Loix de la galanterie, la même expression est employée, et il y est dit en outre: «L'on a porté des chapeaux fort hauts, et si pointus qu'un teston les eût couverts.» M. Castaigne cite en note sur ces hauts chapeaux d'Albanois un passage des Œuvres morales, etc., de Jean des Caurres, fol. 602, verso.
328: Repli, revers, parement.
329: Le point-couppé étoit une dentelle à jour qu'on faisoit en collant du filet sur du quintin, et en perçant et emportant la toile qui étoit entre deux. V., sur le commerce du point-couppé, les notes d'une des pièces précédentes.
330: Rondache, bouclier rond.
331: «Chouse (la mode) a encore fait ceci de bon, qu'elle a ramené l'antique origine des François, descendus de la belliqueuse nation d'Allemagne; car les hommes s'accoustument à porter chausses bouffantes de taffetas ou velours sortant par fentes dehors.» (La Mode qui court, etc., p. 6.)
332: Ces gants à franges étoient depuis long-temps à la mode. Dans une très curieuse pièce parue en 1588, le Gan de Jean Godard, Parisien..., nous lisons (ad finem):
Les hommes d'à present, qui connoissent combien
Ils (les gants) nous font de profit, de plaisir et de bien,
Les honorent aussi de mainte broderie
Faite subtilement de riche orfevrerie,
De senteurs, de parfums: les uns sont chiquetés
De toutes parts à jour, les autres mouchetés
D'artifice mignard; quelques autres de franges
Bordent leur riche cuir, qui vient des lieux estranges.
333: Soutane.
334: Furetière, dans sa satire le Jeu de boule des procureurs, renvoie le haut de chausses à la suisse aux petits praticiens; la braguette y étoit très saillante. V. Montaigne, Essais, liv. 3, chap. 5, et Vers à la Fronde sur la mode des hommes... 1650.
335: Cette manière de crinoline non tissue étoit depuis long-temps en usage, surtout pour la toilette des femmes:
Deça des dames plus fines,
Pour leur grossesse cacher.
On voit la rue empescher,
Portant de larges vasquines;
Là marchent à graves pas.
Renforcées par le bas,
Celles qui deux culs supportent
Sous les robes qu'elles portent.
Desquels l'un, de chair, la nuit
Leur sert à prendre deduict;
L'autre, de crins et de bourre,
Autour leurs fesses embourre.
(P. Le Loyer, la Nephelococugie, ou la Nuée des Cocus, comédie. Abel Langelier, 1579, in-12.)
336: Il n'appartenoit qu'aux lourdauds de province de paroître au bal avec des bas d'étame. «Le bal, dit Scarron, se donnoit tous les soirs, ou de très méchants danseurs dansèrent de très mauvaises courantes, et où plusieurs jeunes gens de la ville dansèrent en bas de drap de Hollande ou d'Ussaa et en souliers cirés.» (Le Roman comique, 2e partie, chap. 17.)
337: «Après ce que dessus, Chouse (la mode), a inventé l'usage des jarretières chasse-mouches, larges, à grandes franges, pour défendre à la crotte de toucher au bas, etc.» (La Mode qui court, etc.)
338: Ces souliers camus sont ce que Scarron, dans son Epistre burlesque à madame de Hautefort, appelle avec tant d'esprit:
Galoches à dormir debout.
339: «Mais voicy un autre tintamarre: tous se plaignent que les laitues pommées et roses sont fort renchéries depuis peu de temps. Les jardiniers n'en sont pas marris; ils en rient tant qu'ils peuvent, car elles n'estoient en usage il y a environ deux ou trois mois qu'en salade; maintenant Chouse (la mode) les fait servir en souliers, voire des laquais, palfreniers et gens de néant. Je croy que c'est pour tenir le soulier ferme, selon l'ordonnance:
Ne vagus in laxa pes tibi pelle natet,
afin que le soulier ne branle dans le pied.» (La Mode qui court, etc.)
340: Les bottes en cuir de Russie étoient alors à la mode. Tout le monde en vouloit, vieilles ou neuves, avec éperons rouillés ou fourbis: «Les maistres cordonniers sont sur le poinct de se battre (quoi qu'il soit defendu) avec les savetiers de la Savaterie et de la Potterie, vers les halles; car il n'y a qu'eux qui vendent des bottes frippées et des vieux esperons de la dernière guerre de Perpignan. Encore une aultre grande question s'esmeut entre les maquignons, vendeurs de chevaulx, avec les susdits savetiers; car ils veulent savoir sive jure, sive injuria, d'estoc et de taille en un besoing, pourquoy ils vendent tant de bottes, et qu'eux ne vendent point de chevaux. La chose ayant esté desbattue, in utramque partem, pro et contra, les savatiers ont fanatiquement représenté que l'incommodité des boues étoit vrayement cause d'une telle confusion de bottes, mais qu'ils n'en estoient cause; mais qu'un homme avoit plus tost trouvé vingt sols ou demy-escu pour une paire de bottes que vingt escus pour un cheval, joinct que les bottes sont fort propres pour espargner les souliers..., se garentir de crottes, espargner le foin, l'avoine, qu'il fauldroit pour un cheval; et ce qui est plus considérable, c'est que, par ce moyen, un homme botté et esperonné est estimé homme d'honneur et presque gentil homme. Quoy qu'il n'ait pas de cheval, c'est tout un; n'importe, l'estable en est plus nette.» (La Mode qui court, etc.) V. dans Francion, 1663, in-8, p. 557-559, l'éloge des bottes.
341: «Ceste meschante Chouse fait porter aujourd'huy...... l'escharpe sur l'espaule, à grandes franges pendantes en bas, sortant soubs le manteau, qui sert pour porter un petit coutelas de paix, à la façon des Arabes et Levantins.» (La mode qui court...)
342: Hommes et femmes s'enfarinoient les cheveux de poudre de Chypre parfumée. V. la Dispute et interrogatoire faicte par deux poètes françois, 1610, in-12, p. 15; Francion, p. 267; Vers à la Fronde, sur la Mode des hommes..... Scarron, dans l'épistre citée, reproche aux jouvençaux:
Trop de gallons dessus les reins,
A la tête de trop longs crins,
Crins où, nonobstant la farine,
L'humide graisse trop domine.
343: Les perruques commençoient d'être à la mode pour les hommes comme pour les femmes. Les hommes qui les vouloient longues et tombantes se les faisoient faire avec des cheveux de femme. (Mézeray, Abrégé de l'Hist. de France, 1698, in-12, t. 1, p. 253.) Une perruque blonde du bon faiseur se vendoit jusqu'à mille écus. Les cheveux propres aux perruques des dames valoient 150 livres l'once.
344: C'est-à-dire assorti à la figure, ce qui étoit un grand point. L'assortiment des diverses parties de la toilette fut une question non seulement de goût, mais de bienséance, pendant tout le XVIIe siècle. V. l'Extraordinaire du Mercure, janvier 1698, art. Garde-robe des femmes.
345: V. sur cet usage des masques notre t. 1, p. 307, note, et notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 105. Scarron, dans l'épistre citée, parle ainsi des masques à dentelle qu'on portoit de son temps:
Dirai-je comme ces fantasques
Qui portent dentelle à leurs masques
En chamarrent les trous des yeux,
Croyant que le masque en est mieux?
346: Les affiquets, qu'on trouve appelés affiques dans le Blason des faulses amours, étoient les longues épingles fichées (affixæ) dans les cheveux ou la coiffure. «Les affiquets, dit Nicot, s'affichent aux bonnets, aux chapeaux et choses semblables.» V. aussi Jacq. Bourgoing, De origine et usu vulgarium linguarum.
347: V. sur ces collets notre édition des Caquets, p. 49 et passim. Ce qui est dit ici se retrouve en prose dans la Mode qui court, etc., page 8. «Le col garny d'affiquet, de collet à quatre ou cinq estages, d'un pied et demy pour monter au donjon de folie, voire telles qui n'ont un seul denier de rente; danger même que les porteuses de laict n'en prennent envie, comme elles ont faict autrefois sur le vin muscat; je n'en dy mot, puisqu'on en aura toujours des nouvelles à la pierre au laict.»
348: Parmi les poésies qui accompagnent l'Adonis, tragédie de Guillaume Le Breton, Nivernois, Paris, Ab. L'Angelier, 1597, p. in-12, s'en trouve une qui a pour titre: Paradoxe que les femmes doivent marcher avec le sein découvert. «Chouse, est-il dit aussi dans la Mode qui court, p. 8, a encore inventé de représenter le teton bondissant et relevé par engins au dehors, à la vue de quy voudra, pour donner passe-temps aux alterez, et suivant cela on dit:
Jeanne qui faict de son teton parure
Faict voir à tous que Jeanne veut pasture.»
D'après une autre pièce du temps, on voit qu'à l'église même la décence dans la parure n'étoit pas mieux observée: «Mais encore le pire, si vous entrez dans une église pour ouyr le sermon, vous voyrez ces poupines dames le tetin descouvert jusqu'au nombril, lequel en vous amusant à regarder, vous perdrez la sainte parole.» (La dispute et interrogatoire faicte par deux poëtes françois... Paris, 1610, ad finem.)
349: Ces aislerons, qui n'étoient que de gros nœuds de ruban largement étalés, avoient fait donner à l'ensemble de la garniture le nom de petite oie. V. une note de notre édition du Roman bourgeois, p. 70. C'est pour continuer la comparaison qu'on avoit appelé jabot «l'ouverture de la chemise sur l'estomach, laquelle il faut toujours voir avec ses ornements de dentelle.» (Les Loix de la galanterie, édit. Aug. Aubry, p. 16.)
350: «Ceste Chouse a apporté aussy du pays des Bottonières la façon des botons sans usage sur les manches, sur les chausses, devant, derrière, de costé et d'aultre, et n'y a moyen de paroistre autrement.» (La Mode qui court,... etc., p. 7.)
351: La bure ou bureau. V. plus haut, pag. 120.
352: Les vertugales, passées de mode, ainsi que les vasquines, dans la seconde moitié du XVIe siècle (voy. notre tome 2, p. 190), avoient reparu sous Louis XIII, agrandies et perfectionnées, avec le nouveau nom de vertugadin.
353: C'est-à-dire exhaussés d'un talon qui leur donnoit, posés à terre, la forme d'une arche de pont. Scarron, dans son Épistre déjà citée, parlant de la chaussure des dames, nous représente
Leur pied, que grand pont-levis hausse.
354: M. Castaigne a remarqué qu'il s'agit ici de la parure de tête dont a parlé d'Aubigné dans ses Tragiques, lorsqu'il nous a représenté Henri III
De cordons emperlez la chevelure pleine.
355: «Entre les femmes, il y a bien d'autres niveleries, j'entends entre les bourgeoises: celles qui ont les cheveux tirez ou la chaisne sur la robbe sont estimées davantage que les autres qui ne sont pas ainsi parées.» (Hist. de Francion, 1663, in-8, p. 260.)
356: «...Plusieurs de ce siècle... disent à tout propos chouse, souleil, etc.» (Le Courtisan à la mode,... Paris, 1625, in-8, p. 4.) V., sur cette prononciation à la mode du temps de Louis XIII, le Banquet des Muses... du sieur Auvray (les Nonpareils), et notre Essai historique sur l'orthographe, Paris, 1849, in-8, p. 52-53.
357: Dans l'édition qu'a reproduite M. Cassaigne la pièce se termine par les mots: A Dieu.
358: V. notre tome 2, p. 341, note.
359: V. sur ces offices de l'Oratoire, dont l'église venoit d'être bâtie, notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 82, note.
360: Les Ursulines s'étoient établies rue Saint-Jacques en 1612. On achevoit alors de bâtir leur église. C'est là que fut élevée Mlle d'Aubigné. V. Fragm. des mémoires du P. Laguille, Archiv. litt. de l'Europe, no XXXV, p. 370.
361: Fondateur de l'Oratoire en France. V. notre édit. des Caquets, p. 79-80.
362: Nous n'avons pu trouver de renseignements sur le P. Athanase ni sur cette marquise, dont le nom doit être de Maignelay et non Menelé.
363: Prières publiques et continuelles faites pendant trois jours devant le Saint-Sacrement en des circonstances importantes. Il manque un vers à la suite de celui-ci.
364: Les Carmélites de la rue du Bouloi, chez lesquelles se faisoient les retraites des dames de la cour. V. Lettres de Sévigné, 15 octobre 1677 et 25 mai 1680.
365: Femme d'Adrien de Bréauté, gentilhomme de la chambre, mort en 1610. V. le P. Le Long, t. 3, no 31,885.
366: Le Pape.
367: Le P. Seguirand, confesseur du roi. V. notre tome 2, p. 134. Le père Arnoux l'étoit aussi.
368: V. plus haut une note de la Chasse au vieil grognard de l'antiquité.
369: C'est-à-dire à la manière de Bocan, le fameux maître de danse. V. sur lui une note de notre tome 1, p. 135.
370: Autre maître de danse, dont le nom est resté consacré par l'air encore si populaire de Dupont, mon ami, sur lequel se dansoit, au commencement du XVIIe siècle, cette fameuse danse de la guimbarde que ce Dupont avoit peut-être réglée et mise à la mode. V. notre édit. des Caquets, p. 59.
371: Poudre d'iris, dont on se blanchissoit et parfumoit les cheveux «pour corrompre une plus mauvaise odeur...» (La Mode qui court, p. 7.)
372: Gomme.
373: Espèce de devineresse dans le genre de celle dont nous avons parlé dans notre tome 1er, p. 29, note. Il paroît, d'après ce qui suit, qu'elle avoit rapporté d'Italie, entre autres philtres, de la poudre romanesque et des reliques du comte Jean-Louis de Fiesque, dont elle se servoit pour ses enchantements. Ce comte de Fiesque est celui qui mourut en 1547, à Gênes, dans le plein succès de cette fameuse conspiration dont le cardinal de Retz s'est fait l'historien.
374: La culebutte étoit un nœud de rubans rejeté derrière la coiffe-cornette. (Dict. de Furetière.)
375: V. sur cette mode des mouches, qui faisoit alors fureur, une pièce du Recueil de pièces en prose de Ch. Sercy, 1661, in-12, t. 4, p. 54-55. V. aussi une longue pièce de M. L. de Laborde, Palais-Mazarin, p. 318, note 368.
376: Tous ces mots (gants à la Cadenet, mouchoirs à la connestable, perles à la Branthe) prouvent à quel point le connétable de Luynes et ses deux frères Cadenet et Branthe étoient alors les rois de la mode.—Sur le luxe des mouchoirs parfumés, à glands, à franges, etc., V. Vers à la fronde sur la Mode des hommes.
377: V. une note de notre édition des Caquets, p. 59.
378: Petite étoffe de laine à poil frisé, dont la meilleure venoit de Florence, et qui servoit à doubler les habits d'hiver.
379: C'est-à-dire de couleur rouge clair, comme la flamme.
380: Il manque ici un vers.
381: V. plus haut, sur cette étoffe commune, une note de la Chasse au vieil grognard de l'antiquité.
382: Saint-Jean-d'Angely, que M. de Soubise avoit rendu au roi le 25 juin 1621.
383: A cause de ce mot du titre, M. Leber a placé cette pièce dans un portefeuille de facéties anciennes sur les plaideurs (voy. son Catalogue, no 2405), bien que rien ne s'y rapporte à des affaires de palais, comme on le verra.
384: Samaritaine. L'auteur fait exprès mal prononcer par son provincial ce nom si connu des Parisiens.
385: Meyer donne ainsi l'origine de l'expression entendre le pair, qui s'introduisit dans la langue commerciale vers le milieu du XVIe siècle: «Un si grand concours d'étrangers, dit-il, et surtout d'Italiens nés dans des souverainetés différentes, dont chacune et même chaque ville avoit son marc différent, devoit produire une confusion dans les monnoies en France, où tout avoit cours, même les fausses monnoies. De là vint ce proverbe: Il entend le pair, quand on vouloit annoncer un homme rompu aux affaires et habile; car rien n'étoit plus difficile que de suivre le cours des changes de toutes les monnoies...» (Galerie du XVIe siècle, t. 1er, p. 147.)—Le mot la preze ajouté ici, et qui doit venir de l'italien prezzo, prix, valeur, ne dément pas cette explication.
386: C'étoit une manœuvre de ces fourbes de commencer par perdre. Le petit suisse qui gagna tant d'argent au chevalier de Grammont se donna aux premières parties une veine d'autant plus déplorable qu'il savoit bien qu'il auroit sa revanche. V. Mém. de Grammont, chap. 3.
387: Il faut ajouter: dont la fonte ne réussit pas. Ce proverbe se trouve dans tous les écrivains du XVIe siècle. Au lieu de étonné, on disoit souvent ébahi, penaud, ou bien encore matté, comme un fondeur de cloches.
388: On y jouoit avec un dé sexagone nommé filou, qui, roulé sur une table bien unie, gagnoit lorsqu'il ne se posoit pas sur celui de ses six pans qui n'étoit pas marqué de noir. Son nom lui venoit de ce qu'il étoit très facile de tromper à ce jeu, «soit en chargeant de plomb quelqu'un des endroits du dé, soit en inclinant un peu le plan sur lequel on le poussoit.» (Dict. de Furetière.)
389: Etienne Carneau, né à Chartres en 1610, entré dans l'ordre des Célestins en 1630, mort en 1671. Ayant été-guéri de la fièvre par le vin émétique d'antimoine, il composa en faveur de cette panacée, et contre ses ennemis, la Stimmimachie, ou le grand combat des médecins modernes touchant l'usage de l'anti-moine, poème histori-comique, dédié à Messieurs les médecins de la faculté de Paris, par le sieur C. C. Paris, Jean Paslé, 1656, in-8. M. Viollet-Leduc possédoit un exemplaire de la Stimmimachie. Il en a parlé dans sa Bibliothèque poétique, p. 545; mais il ne semble pas avoir connu la pièce reproduite ici, et qui est une preuve que le goût du bon Célestin pour le vin ne s'arrêtoit pas au vin émétique. Quand il mourut, le P. Carneau étoit revenu aux idées pieuses. On le voit par l'épitaphe qu'il se composa lui-même en latin et en françois. Nous ne l'avons trouvée que dans le petit volume de Bordelon: le Livre à la mode, ou Diversitez nouvelles, Paris, 1696, in-8, p. 241, où elle est donnée d'après une histoire manuscrite des Célestins. Voici l'épitaphe françoise; nous vous ferons grâce de la latine, dont celle-ci, du reste, n'est que la traduction:
Ci-gît qui, s'occupant et de vers et de prose,
A pu quelque renom dans le monde acquérir:
Il aima les beaux-arts; mais, sur toute autre chose,
Il médita de plus celui de bien mourir.
390:
Narratur et prisci Catonis
Sæpe mero caluisse virtus.
Ce que J.-B. Rousseau paraphrase ainsi, dans son ode à l'abbé Courtin:
La vertu du vieux Caton,
Par les Romains tant prônée,
Etoit souvent, nous dit-on,
De salerne enluminée.
391: Cette métaphore nous rappelle un amusant lazzi d'Arlequin. «Mezetin vient sur le théâtre, portant quelque chose sous son manteau. Arlequin lui demande: Que portes-tu?—Un poignard, dit Mezetin. Arlequin cherche, et voit que c'est une bouteille; il la boit, et la rend ensuite à Mezetin en lui disant: Je te fais grâce du fourreau...» (Biblioth. de cour, 1746, in-8, t. 2, p. 177.)
392: Pour fatigué, harassé. Ce mot commençoit à vieillir. Racine l'a souligné comme suranné dans l'exemplaire du Quinte-Curce de Vaugelas (1653, in-4, p. 248) qu'il possédoit, et qui est aujourd'hui à la Bibliothèque impériale.
393: On sait qu'Horace avoit les yeux malades, lippi oculi.
394: Ce trait a peut-être été inspiré par cette jolie épigramme de Marot:
Le vin, qui trop cher m'est vendu,
M'a la force des yeux ravie;
Pour autant il m'est défendu,
Dont tous les jours m'en croist l'envie;
Mais, puisque luy seul est ma vie,
Maugré des fortunes senestres!
Les yeux ne seront pas les maistres:
J'aime mieux perdre les fenêtres
Que perdre toute la maison.
395: Plusieurs stances et sonnets de Malherbe sont adressés à cette Caliste, qui n'étoit autre que la vicomtesse d'Auchy. V. Tallemant, édit. in-12, t. 1er, p. 169; et notre t. 1er, p. 128.
396: Le fameux Metel de Boisrobert, le poète et le bouffon de Richelieu.
397: Charles Beys, le poète ami de Molière.
398: Antoine Maréchal, de qui l'on a un grand nombre d'œuvres dramatiques données de 1638 à 1645. V. Catal. de la bibliothèque de M. de Soleinne, nos 1045-1048.
399: Ch. Robinet, auteur de Momus et le Nouvelliste, et continuateur de la Muse historique de Loret.
400: Pierre Le Pelletier, dont s'est tant moqué Boileau.
401: Scarron buvoit bien, en effet. On trouve dans ses œuvres un grand nombre de vers de remercîments pour les vins fins dont on lui faisoit envoi. Aucun présent ne lui agréoit davantage. V., dans notre Paris démoli, le chapitre, les Maisons de Scarron, p. 338-339.
402: L'auteur, du moins, y met de la franchise. Il ne dissimule rien, ni son goût bachique, ni son état. Plus loin il médit de son cher antimoine, et dément sa Stimmimachie.
403: Nous dirons, pour en finir avec ce livret, qu'il a été mis en prose, sous le titre de la Pièce charmante du cabinet découverte. (Moreau, Bibliographie des Mazarinades, t. 1, p. 15.)
404: C'est-à-dire émouchées, d'où l'on a chassé les mouches, les idées noires. Comme trace de l'existence de cette confrérie, nous n'avons trouvé que cette seule pièce, qui suffit du reste pour témoigner de l'esprit qui y présidoit. Quant au nom de ratiers, que se donnoient les membres, il est bon de dire qu'au XVIIe siècle ce mot s'entendoit pour un homme de folle gaîté, d'imagination plaisamment extravagante. L'expression avoir des rats, c'est-à-dire des idées folles, est restée. Elle avoit été consacrée sous la Régence par une chanson dont le refrain, encore connu, étoit:
Oui ce sont les rats
Qui font que vous ne dormez guères, etc...
et sur l'air de laquelle avoit été réglée la fameuse contredanse nommée, à cause d'elle, contredanse des Rats.
405: Ces mots de Capitouls et Jurats, qui n'appartiennent qu'aux municipalités du midi, de Toulouse, Bordeaux, etc., nous indiquent au moins, faute d'autres indications locales, dans quelle partie de la France se tenoient les assises de la folle confrérie.
406: Timbre, cloche. L'auteur joue sur les mots timbre, timbré, à cause de leur sens figuré, qui convenoit à son sujet.
407: Celui qui avoit le soin de la police des marchés. Il y avoit dix magistrats de ce nom à Athènes; leurs fonctions correspondoient, pour la plupart des attributions, à celles des édiles curules chez les Romains.
408: Agaces, pies.
409: Lisez goguier, homme toujours de belle humeur, et en ses gogues, comme on lit en la 29e des Cent Nouvelles nouvelles, toujours goguelu, comme dit Rabelais, liv. 5, chap. 13.
410: Saint-André, petite ville du Bas-Languedoc, à peu de distance de Clermont, entre Montpellier et Lodève.
411: Moucherons.
412: Ce mot commençoit alors à s'employer pour désigner un homme ayant dans l'esprit quelque chose de ridicule et d'extravagant. (Dict. de Furetières.) V. aussi, sur cette expression, un article philologique de l'académicien Arnault, Revue de Paris, 1re série, t. 9, p. 187.
413: On eût pu trouver lecture plus attrayante, comme, par exemple, ces contes de haulte gresse, dont certain prêtre du XVIe siècle disoit en soupirant, après les avoir lus seulement deux ou trois fois: Que n'est-ce breviaire?
414: Sorte d'eau-de-vie de fenouil, dont la meilleure se faisoit avec du fenouil de Florence.
415: Le rossoli se faisoit avec de l'eau-de-vie brûlée, du sucre et de la cannelle. Les Italiens de la cour de Marie de Médicis l'avoient mis à la mode. Le meilleur est celui dont le Dictionnaire de Trévoux donne la recette d'après Dionis. On l'appeloit rossoli du roy, parceque Louis XIV en usa pendant un temps considérable, et s'en trouva toujours fort bien.
416: Ce mot étoit alors bien nouveau chez nous. Il y étoit venu de la Flandre espagnole, où il désignoit une réunion, un cercle, une assemblée, de même que le mot estamiente, dont il étoit le dérivé. V. notre Histoire des Hôtelleries et Cabarets, t. 2, p. 166.
417: Pour se faire une idée de l'abondance gastronomique des villæ monastiques, il faut lire ce que dit, dans ses Mémoires, l'abbé Blache, des immenses provisions entassées dans les caves de Montlouis, alors maison de campagne du P. La Chaise, aujourd'hui le cimetière auquel le fameux jésuite a donné son nom. V. Revue rétrospect., 1re série, t. 1, et Journal des Débats, 8 juillet 1836.
418: Ce mot, d'où dérive directement l'adjectif séculier, se disoit pour monde en morale, par opposition à céleste et à spirituel. (Dict. de Trévoux.)—Cette expression étoit déjà employée au XVe siècle. «Celle bonne dame, lit-on au chapitre 25e du Livre du chevalier de la Tour-Landry, estoit jeune et avoit bien le cuer au siècle, et chantoist et dansoyt voulentiers.» (Edition elzevirienne, donnée par M. de Montaiglon, Paris, 1854, p. 55.)
419: On sait que, dans les colléges de jésuites, il étoit d'usage de donner, à certaines occasions, des représentations dramatiques, des tragédies, des comédies, même des opéras, puisque celui de Jonathas fut écrit par Carpentier pour le collége des jésuites de Paris. C'étaient les élèves qui jouoient et qui chantoient les rôles; à chaque distribution, il y avoit un prix pour celui qui avoit le mieux fait son personnage. Le livre donné en récompense portoit cette mention: Alumnus... pro bene actam personam... præmium feret. Il en résulta que ces colléges de jésuites furent ce qu'est à peu près aujourd'hui notre Conservatoire. Une foule de bons chanteurs et de bons comédiens en sortirent, notamment Molière, Dancourt, Tribou de l'Opéra, et beaucoup d'autres dont les jésuites du collége de Clermont, à Paris, préparèrent la vocation, sauf à les faire excommunier lorsqu'ils prouvèrent trop bien qu'ils étoient leurs dignes élèves.—Il est dit ici que les religieux avoient droit de dresser théâtre, etc., et c'est à tort. La comédie n'étoit permise chez eux que par tolérance, en depit même de l'article 80 d'une ordonnance rendue à Blois en 1579, par laquelle toute espèce de comédies, même les petites représentations des bucoliques et des églogues, leur étoient interdites. Il est vrai que l'ordonnance ne fut jamais exécutée. On peut voir, sur ces spectacles des colléges, les Mémoires de Bassompierre, sous la date du lundi 7 septembre 1619; les Aventures de Francion, liv. 4; Lémontey, Hist. de la régence, t. 2, p. 350.
420: La science troisième ou moyenne, selon les théologiens, celle, disent-ils, par laquelle Dieu connoît ce que les anges et les hommes feroient en certains cas, en certaines circonstances, s'il avoit résolu de les y mettre.
421: le fameux jésuite espagnol Louis Molina, dont le livre De la concorde de la grâce et du libre arbitre (Lisbonne, 1588, in-4) suscita les fameuses disputes sur la grâce et sur la prédestination. Molina, apôtre des Molinistes, étoit mort à Madrid le 12 octobre 1600.
422: Le coutre ou coustre étoit celui qui avoit le soin de sonner les cloches et qui étoit gardien (custos, d'où son nom) des clefs de l'église. V. Ménage, Hist. de Sablé, liv. 2, chap. 3.
423: On déployoit une très grande pompe pour la réception des docteurs en toutes sortes de sciences, médecine, théologie, etc. On peut voir par le Journal du voyage de Locke en France (18 mars 1676) que l'appareil dont Molière entoure la réception d'Argan comme docteur n'a rien d'exagéré. (Revue de Paris, 1re série, t. 14, p. 13-14.) La thèse si pompeusement soutenue étoit elle-même illustrée d'une magnifique gravure. Elle étoit toujours bonne à prendre pour l'image, comme dit Toinette du Malade imaginaire.
424: V. une des notes précédentes.
425: La lutte avoit d'abord eu lieu entre les dominicains Thomistes et les jésuites Molinistes, tant à cause du livre de Molina cité tout à l'heure qu'au sujet de ses Commentaires sur la première partie de la Somme de saint Thomas.
426: Les priseurs râpoient encore leur tabac à chaque prise. M. du Sommerard possédoit une de ces râpes-tabatières, sur laquelle le Sganarelle du Festin de Pierre étoit représenté frottant sur sa râpe la carotte de tabac, au moment où il entre en scène sur ces vers: