Doncq' la mesme vertu, le dressant au poulet,
De vertueux qu'il fut le rend dariolet.

194: Le verbe noiser, souvent employé dans les fabliaux et dans le Roman de la Rose, commençoit à vieillir. V. Barbazan, Fabliaux, t. 2, Glossaire.

195: Dans le sens de courroucer ou bien encore de poursuivre. Dans l'Orléanois, ce mot s'emploie encore ainsi.

196: On sait que les abords de la Samaritaine étoient le quartier général des tire-laine et coupe-bourse. Maynard a dit, dans un de ses sonnets:

Paul, vous êtes le capitaine
Des voleurs qui toute la nuit
Courtisent la Samaritaine
Et font plus de mal que de bruit.

Et on lit dans la satire 9e de Du Lorens:

Mon manteau, dieu merci, ne craint pas le serein.
Je passe hardiment près la Samaritaine
Lorsque les assassins courent la tirelaine.

197: Le capitaine Carrefour, fameux voleur de ce temps-là, sur les exploits et la prinse duquel nous publierons quelques pièces curieuses dans nos prochains volumes.

198: Ce n'est point au hasard que ce nom de Gueulle-Noire est donné au fripier. Il fait allusion à ces huis des caves par lesquels les voleurs, de connivence avec leurs recéleurs des halles, jetoient «ce qu'ils avoient butiné par la ville.» V. notre tome 1er, p. 198.

199: On disoit d'un homme mort en peu de temps qu'il avoit été troussé en malle. (Dict. de Furetière.) L'expression être vite troussé en est restée.

200: La punition des filous étoit d'avoir les oreilles coupées, ou, comme on disoit alors, d'être essorillés. Ces exécutions se faisoient près la Grève, au carrefour qui s'appeloit pour cela Guigne-Oreille, et par altération Guillori. Brantôme nous dit que, de son temps, l'armée étoit pleine de vagabonds «essorillés, et qui cachoient les oreilles, à vray dire, par de longs cheveux hérissés.» (Edit. du Panthéon, t. 1er, p. 580.)

201: En vertu d'un édit rendu en 1604, à l'instigation du secrétaire du roi Charles Paulet, et nommé à cause de lui la Paulette, les officiers de judicature ou de finance étoient frappés d'une taxe considérable, payable au commencement de chaque année. Faute de l'acquitter, ils perdoient le droit de conserver leur charge à leurs veuves et à leurs héritiers. Sitôt qu'ils étoient morts, elle devenoit vacante au profit du roi.

202: En argot, la guillotine est encore appelée la veuve.

203: C'est ce qu'on appeloit obtenir un brevet d'espalier. Regnard n'a pas craint d'employer cette expression tout argotique:

... Et l'on ne vous a pas fait présent en galère
D'un brevet d'espalier...

(Le Joueur, acte I, sc. 10.)

204: Genre de vol pratiqué encore aujourd'hui avec succès.

205: Cette plaisanterie a été reprise bien des fois à propos des ministres concussionnaires. M. Scribe ne l'a pas oubliée dans sa comédie de l'Ambitieux, à propos de Walpole, qui peut fort bien se passer de manchon, puisqu'il a ses mains dans les poches de tout le monde.

206: V., sur ces diverses bandes de voleurs, notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 71, et notre tome 1er, p. 122, 200.

207: La bourse, la poche, en argot. Rabelais s'est plusieurs fois servi de ce mot.

208: Locutions trop connues pour qu'on prenne la peine de dire ici à propos de quel mal on les employoit. Sorel, dans son Francion, donne une variante de la dernière: «C'est assez de vous apprendre, fait-il dire par un de ses héros, que j'allois à Bavières voir sacrer l'empereur.» (Edit. de 1673, in-8, p. 91.)

209: La fameuse foire de l'Indict annuel, ou, par altération, du Landit, qui se tenoit, comme on sait, à Saint-Denis.

210: «Mercadent, terme de mépris qui signifie un marchand de petites merceries, un marchand ruiné. Il est pris de l'italien, un povero mercadente.» (Dict. de Trévoux.)

211: Par raillerie, les montreurs de bêtes savantes habilloient leurs chiens et leurs singes à l'espagnole, avec larges fraises gaudronnées (voy., sur ce mot, notre tome 1er, p. 163). Une vieille enseigne de Paris représentoit un de ces magots ainsi accoutré, avec cet affreux calembour pour légende: Au singe en batiste.

212: V. sur ce joueur de farces, qui faisoit partie de la sequelle de l'hôtel de Bourgogne, notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 281-282.

213: Il ne s'agit point ici des Enfants sans soucy, joyeux compères et joueurs de farces du XVIe siècle, pour lesquels Marot écrivit en vers un cri resté célèbre; dans cette pièce, du XVIIe siècle, ce nom n'est pris que par souvenir.

214: Ou plutôt Port-à-Port, nom francisé de la ville de Porto.

215: Nous n'avons pas trouvé d'autres traces de cet ordre bachique, constitué, sans doute, comme celui de la Grappe, que Damas de Gravaison établit à Arles à la fin du XVIIe siècle, et dont les statuts et ordonnances furent publiés en 1697, in-12. On peut trouver, dans le Glossaire du Rabelais de de l'Aulnaye, la liste des ordres bachiques institués du XVIe au XVIIIe siècle, et dont l'ordre de la Boisson, fondé en 1700 à Avignon par de Pesquière, fut l'un des plus célèbres.

216: Rabelais appelle tous ces mets aiguillons de vin.

217: Ces noms rappellent ceux que prirent les membres de l'Ordre de la Boisson. La Gazette qu'ils publioient, et qui étoit rédigée en partie par Mogier et l'abbé de Charnes, avoit pour titre les Nouvelles de l'Ordre de la Boisson, chez Museau-Cramoisi, au Papier Raisin. Les noms des bachiques rédacteurs étoient à l'avenant: Frère des Vignes, frère Mortadelle, natif de Saint-Jean-Pied-de-Porc; dom Barriquez Caraffa y Fuentez Vinosas, M. de Flaconville, le sieur Villebrequin...

218: C'est aussi un frère Béquillard, et l'on sait ce que ce mot signifie en argot, qui rédigea en 1724 les statuts d'un autre ordre bachique, dit la Société de la Culotte.

219: Le jubilé d'Orléans est de 1600. Henri IV y vint en personne. L'argent qu'il produisit servit à la reconstruction de la cathédrale, à moitié renversée par les calvinistes. Un an après, le roi put venir en poser la première pierre, réparant, comme roi catholique, le dommage que les huguenots avoient fait lorsqu'il étoit l'un de leurs chefs. V. notre histoire d'Orléans dans l'Histoire des villes de France, t. 2, p. 598.

220: L'un des compagnons du commandeur de Chaste et de Champlain qui allèrent en 1603 fonder les premiers établissements françois sur les bords du fleuve Saint-Laurent.—De Mouts eut grande part à la découverte des côtes de l'Acadie en 1604, puis, en 1605, à l'expédition du cap Malebarre.

221: La nouvelle colonie ne s'étoit formée que de gens sans aveu, et entre autres de marchands ayant fait banqueroute, ou safraniers, comme on disoit alors, le jaune étant la couleur infamante aussi bien pour les banqueroutiers que pour les traîtres.

222: Ce juron se trouve souvent dans Rabelais. Nous ne savons pourquoi le patron breton saint Quenet ou saint Kent y est invoqué de préférence. On juroit aussi par la dive oye Guenet.

223: Jeu de mot sur la sebille de bois dans laquelle s'égoutte le pressoir.

224: On avoit d'abord dit forcé, comme on lit dans les premières éditions de Rabelais, puis on dit indifféremment forsaires et forsats. «Nous appelons ces pauvres gens attachez à la rame forsats, parcequ'ils rament par force.» (Vincent de La Loupe, Origine des dignitez et magistrats de France, Paris, 1573.)

225: Il étoit conseiller au Châtelet. «Le dimanche 29 (septembre 1596), dit L'Estoille, Du Lac, conseiller en Chastelet, mourut à Paris de la maladie qu'on disoit qu'une garce avec qui il avoit couché lui avoit donnée.»

226: Il régnoit alors à Paris une dangereuse contagion que Malherbe appelle peste à la gorge. (V. lettre à Peiresc du 10 octobre 1606.) C'étoit une maladie semblable à celle qui ravagea Barcelone en 1822. V. Journal de l'Estoille édit. Lenglet, t. 3, p. 378, 385.

227: Un grand nombre de François s'étoient enrôlés sous M. de Mercœur pour combattre les Turcs en Hongrie. V. Journal de l'Estoille, 3 mars 1601.

228: Le O Sapientia étoit, avec O Adonaï, O Radix, un des O de Noël, c'est-à-dire l'une des antiennes ou prières ainsi nommées à cause de l'interjection qui en étoit le commencement.—Il y a ici une équivoque évidente sur le nom du marquis d'O, qui, de 1578 à 1594, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, fut surintendant des finances. Il fut, fameux par ses exactions. Piedaigrette devoit donc rechercher un enrôlement chez lui.

229: C'est le docteur en théologie Chevignard ou Chevigny, le même au sujet duquel s'est trompé Du Verdier quand il en a fait deux personnes, Jean de Chavigny et Jean-Aimé de Chavigny. Il semble qu'il est fait allusion ici au livre qu'il fit sur l'avénement de Henri IV, Henrici IV fata, Lyon, 1594. Il mourut en 1604, âgé de plus de 80 ans.

230: Mamert Patisson l'imprimeur.

231: Sans doute le capitaine Saint-Paul, qui commandoit à Reims, et fut tué par M. de Guise pour quelques paroles trop hautaines. V. l'Estoille, 28 avril 1594.

232: Ce mot, d'où est venu celui de mouchard, s'employoit depuis long-temps déjà, et même bien avant l'entrée en fonctions de l'inquisiteur de Mouchy (Democharès), pour lequel, selon Ménage et le président Hénault, on l'auroit d'abord créé en équivoquant sur son nom. Il se trouve déjà dans le poème d'Antoine du Saix, l'Esperon de discipline pour inciter les humains aux bonnes lettres..., Paris, 1539, in-16.—Selon le Martyrologe des protestants (1619, in-8, p. 530), les espions de l'inquisition d'Espagne s'étoient d'abord appelés mouches. «Plusieurs de ces mousches, y est-il dit, volent si haut et si loin que, passant la mer, ils iront en estranges et loingtains pays espier ceux qui, se bannissants eux-mesmes d'Espagne, se seront à seureté retirez en quelque part.»

233: Il faut lire Ruccellaï. C'est un de ces Italiens qui faisoient alors les grosses affaires de finances. V. notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 40-41.

234: Scipion Sardin fut le plus fameux de ces Italiens enrichis. V., sur lui, le Journal de l'Estoille, édit. Lenglet-Dufresnoy, t. 1er, p. 102, 485, et t. 2, p. 5.—Il possédoit une fort belle maison au faubourg Saint-Marcel, dans une rue qui s'appelle encore, à cause de lui, rue Scipion. Sa maison, devenue la manutention des hospices de Paris, porte aussi ce nom.

235: La cochenille du Mexique étoit alors l'objet d'un très grand trafic.

236: C'est-à-dire en temps de moisson.

237: C'est «ce grand fermier Louvet» dont il est parlé dans la première journée des Caquets de l'Accouchée. (V. notre édition, p. 40-41.) Il n'en est nulle part ailleurs parlé aussi longuement qu'ici.

238: Le pied fourché étoit la ferme d'un impôt établi aux portes de quelques villes sur les animaux ayant, comme le bœuf, le mouton, le porc, la chèvre, le pied fourché.

239: Les crocheteurs de la place de Grève. Le nom qu'on leur donne ici leur venoit de leurs crochets, simulant des ailes sur leur dos. On lit à la scène 3 de l'acte 3 de l'Eugène de Jodelle:

Florimond.

Laquais, trouve des crocheteurs.

Pierre.

J'y vais, monsieur; et, quant à eux,
Ils voleront bien tost icy:
N'ont-ils pas des aisles aussy?

240: Le quai ou plutôt le port Malaquest, ainsi qu'on l'appeloit alors. (Registres de l'Hôtel de Ville pendant la Fronde, t. 1er, p. 107.) Ce nom de Malaquest, qui n'a jamais été expliqué d'une façon satisfaisante, pourroit bien trouver son origine dans les assemblées de contrebandiers qui se tenoient, comme on le voit ici, sur ce port alors désert, et d'autant plus propice à cacher ces bandes et à recéler leurs vols qu'il étoit couvert de piles de bois de chauffage. (Registres de l'Hôtel de Ville..., t. 1er, p. 184.)

241: Le financier Sébastien Zamet, seigneur de trois cent mille écus de rente, comme il s'appeloit lui-même.

242: G. L'Argentier, administ. du bail des fermes sous Henri IV. V. Grosley, Œuvres posthumes, 1, p. 14-19.

243: Moysset, dit Montauban, du nom de sa ville natale, étoit trésorier de l'épargne. V., sur lui et sur ses manœuvres financières faites de connivence avec M. de Luynes, notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 184, 241.—V. sur sa querelle avec l'Argentier, qu'il fit arrêter en 1609, Grosley, ibid.

244: C'étoit une invention qui commençoit à être en usage. Quand Henri III, la veille de l'assassinat du duc de Guise, eut commandé à du Halde de le réveiller à quatre heures, celui-ci régla son réveil pour cette heure, et fut exact.

245: Nous connoissons plusieurs éditions de cette pièce, qui, toutefois, n'en est pas restée moins rare. Une seule porte une date: c'est celle où notre pièce, ayant pour titre les Bailleurs des ordures du monde, se trouve à la suite de la Gazette..., Paris, jouxte la coppie imprimée à Rouen par Jean Petit, 1609, in-12. (V. Viollet-Leduc, Biblioth. poétique, p. 349-350.) Nous n'avons pu retrouver l'édition originale de Jean Petit. En revanche, nous en avons trouvé une autre qui avoit échappé à tous les bibliographes. Elle a pour titre: le Donnez-vous garde du temps qui court, s. l. n. d., et est, en plusieurs parties, beaucoup plus correcte que celle donnée par Abraham Cousturier et reproduite ici. Elle nous a donc été fort utile pour les corrections. Nous n'indiquerons que les principales variantes. On a donné à Chartres, chez Garnier fils, en 1833, une réimpression à 32 exemplaires de l'édition d'Abraham Cousturier.

246: On désignoit ainsi les espions. Plus tard, on n'appela porte-paquets que les personnes qui rapportent à d'autres le mal qu'on dit d'eux. V. Dict. de Furetière.

247: Diseurs de bonjours inutiles, bona dies; grands faiseurs de protestations, comme le sont les Italiens, auxquels ce mot de bonadié est emprunté.

248: Gourmand. Le peuple dit encore frippe-sauce. Leroux Dict. com., donne à ce mot un sens obscène.

249: Le Franca-Trippa des farces italiennes. Son nom se trouve déjà francisé dans la 18e Serée de G. Bouchet.

250: Flâneuses, coureuses. Pour toute femme prenant du plaisir, on disoit qu'elle étoit flanière. V. la 132e lettre de Voiture, à Mlle de Rambouillet.

251: Simon le Magicien, fameux hérésiarque du premier siècle, fut le chef de la secte dite des Simoniaques. V., sur lui, les Actes des Apôtres, liv. 8, ch. 4, et le mémoire de M. H. Schlurick, De Simonis magi fatis Romanis commentatio historica et critica (Meissen, Klinkicht, 1844, in-4).

252: Festin, ripaille. Pour une bombance on disoit une carrelure, un bon carrelage de ventre.

253: Coureuses de nuit, le lampron, petite lampe de deux sols en main. V. Richelet.

254: Hauts-de-chausses à l'ancienne mode, qui avoient fait donner aux beaux de l'autre siècle le nom de braguards. Dans le patois gascon, ce mot désigne le pis d'une vache.

255: Depuis le milieu du XVIe siècle, les inventeurs de mnémonique avoient été nombreux. Sous François Ier, Giulio Camillo Delminio ne demandoit que trois mois pour rendre un homme capable de traiter en latin quelque matière que ce fût, avec une éloquence toute cicéronienne. Il reçut du roi trois cents écus pour rédiger son invention en principes, ce qu'il n'exécuta qu'imparfaitement dans ses deux petits traités: Idea del teatro et Discorso in materia di esso teatro. Etienne Dolet, dans ses lettres et dans ses poésies, parle de lui comme d'un escroc dont le roi avoit été la dupe. Sous Louis XIII, autre système: on apprit la grammaire à Gaston d'Orléans à l'aide d'une méthode qui mettoit en action noms, adjectifs, adverbes, etc., et en faisoit comme autant de régiments, de bataillons, s'accordant ou guerroyant entre eux. (V. de Meyer, Galerie du XVIe siècle, t. 2, p. 177.) Un peu plus tard, Sivestius, chanoine de Louvain, enseignoit l'espagnol en huit jours au vice-chancelier d'Anne d'Autriche, et en dix au P. Oliva, à Rome. Il s'en vante, du moins, dans une lettre écrite en 1671, et conservée à Mons dans la correspondance de Arnould Lewaitte. V. Nouv. arch. histor. des Pays-Bas, t. 6, p. 444.

256: On écrivoit cageols. C'étoient de petits piéges en forme de cages pour prendre les oiseaux. Son dérivé cajolerie n'a pas fait beaucoup dévier le mot de son premier sens.

257: La racine de cette plante passoit pour un aphrodisiaque énergique.

258: Les zigannes ou zingari, bohémiens.

259: On sait qu'il y a un philosophe sceptique de ce nom.

260: Variante: rigistre.

261: Variante: pitié.

262: Variante: égarées.

263: Variante: mantes deschirées.

264: Sainte Eustochie ou Eustochium, qui, comme sainte Paule, avec laquelle elle se voua à la retraite, et comme les autres saintes femmes nommées ici, fut disciple de saint Jérôme.

265: Ce mot, qui vient du latin hamus et signifie hameçon, est encore très en usage dans quelques provinces.

266: Var.: un connétable négligent.

267: Sage-femme. C'est le mot latin obstetrix.

268: Les pâtissiers tenoient cabaret dans leur arrière-boutique, et le bordeau n'étoit jamais loin du cabaret. Il n'y avoit donc que la femme tarée qui s'aventurât chez le pâtissier, et qui même osât passer sans rougir devant sa porte. De là, selon l'abbé Tuet, dans ses Matinées sénonoises, de là le proverbe: Elle a honte bue, elle a passé pardevant l'huis du pâtissier. V. notre Hist. des hôtelleries et cabarets, t. 2, p. 279.

269: C'est-à-dire qui dévore tout ce qu'il trouve.

270: Le mot barguigneur ou barquineur, qui, comme le verbe dont il est le dérivé, venoit d'une métaphore empruntée au jeu de l'oie (voy. Biblioth. de l'école des chartes, 2e série, t. 2. p. 304), signifioit marchander à outrance. Il étoit ancien dans la langue. (V. Ducatiana, t. 2, p. 458-459.) Parmi les ordonnances que Monteil possédoit manuscrites, il s'en trouvoit une du XVe siècle sur la taxe du blé, par laquelle défense est faite aux barguigneurs de barguigner, c'est-à-dire de marchander avant l'ouverture du marché. V. Monteil, Traité des matériaux manuscrits, t. 2, p. 306-307.

271: La profession très méditative des cordonniers, qui produit aujourd'hui tant de socialistes et envoie tant de recrues en Icarie, avoit fourni alors un grand nombre d'adeptes à toutes les sectes de nouvelle invention. Le New-York-State-Herald du mois de septembre 1842 a donné de ces savetiers mystiques une longue liste, en tête de laquelle se trouvent: Fox, le fondateur de la secte des Quakers; Davis Parens, théologien allemand; Roger Sherman, homme d'Etat américain, etc. On nous signale une dissertation publiée en Allemagne au XVIIIe siècle sous le titre: De Sutoribus fanaticis. Les livres de religion se ressentaient par leur titre du premier métier de ceux qui les avoient écrits: c'étoient les Pantoufles d'humilité, les Souliers à hauts talons pour ceux qui ne sont que des nains dans la sainteté. V. Lud. Lalanne, Curios. bibliogr., p. 251, 254.

272: Gants. V. sur ce mot une curieuse anecdote dans les Variétés de Sablier, 3, 200.

273: Le détroit de Messine, qui s'appelle le phare.

274: Var.: tissier.

275: Var.: fe de fe. C'est le par ma foi italien.

276: Var.: d'un flamand.

277: Var.: du sacramenn. Juron des Allemands.

278: A Paris, on disoit encore, dans la litanie: A furore Normanorum libera nos, Domine. V. notre tome 1er, p. 97.

279: Un proverbe disoit: Vérolle de Rouen et crotte de Paris ne s'en vont jamais qu'avec la pièce. (Francion, 1663, in-8, p. 557.)

280: Ces deux vers manquent dans le Donnez-vous garde.

281: C'est l'ancien nom du perroquet. Il étoit resté pour désigner ces petits oiseaux de carte ou de bois qu'on mettoit au sommet d'une perche pour servir de but aux tireurs d'arquebuse.

282: Lâche, paresseux.

283: Cette fin manque dans le Donnez-vous garde, etc.

284: C'est Amurat III, successeur de Sélim II, son père, et le même qui, par l'un des épisodes de son règne, inspira à Racine sa tragédie de Bajazet. Il régna de 1574 à 1595.

285: Loin de se relâcher de la rigueur des sultans ses prédécesseurs contre les chrétiens, et d'avoir les velléités de conversion qu'on lui prête ici, Amurat fut l'un de ceux qui déployèrent le plus de sévérité. Il alla jusqu'à vouloir changer en mosquées quelques unes des églises encore consacrées au culte: Saint-François à Galata, Sainte-Anne et Saint-Sébastien. Il en avoit déjà donné l'ordre, quand l'ambassadeur de France, M. de Germigny, intervint et le fit retirer à force de démarches et d'instances. V. Hammer, Hist. de l'empire ottoman, t. 7, p. 139.

286: Il est certain qu'alors déjà il couroit chez les Turcs des prédictions qui leur donnoient beaucoup à craindre de la part des peuples chrétiens, et surtout des François. On le sait par un très curieux passage du Journal de l'Estoille, qui jusqu'ici n'a pas été assez remarqué. Il y est dit, sous la date de mars 1601: «En ce mois arriva à Paris, de la part de Mahomet, empereur des Turcs, le nommé Barthélemy de Cuœur, natif de Marseille, chrétien renié et médecin de Sa Altesse et son envoyé, sans pourtant avoir ni la suite ni le titre d'ambassadeur. Il présenta au roy un cimeterre et un poignard dont les gardes et les fourreaux estoient d'or garnis de rubis, avec un pennache de plumes de héron dont le tuyau estoit couvert de turquoises et autres pierres précieuses. Entre autres choses que cet envoyé demanda au roi, fut de rappeler le duc de Mercœur de la Hongrie, qui estoit général des troupes de l'empereur. Le roy lui demanda pourquoy les Turcs craignoient tant ce duc. C'est, respondit-il, qu'entre les prophéties que les Turcs croyent, il y en a une qui porte que l'épée des François chassera les Turcs de l'Europe et renversera leur empire, et que, depuis que le duc de Mercœur combattoit contre les Turcs, tous les bachas l'appréhendoient. Le roy luy dit alors que le duc de Mercœur estoit à la vérité son sujet, mais qu'il estoit prince du sang de la maison de Lorraine, qui n'appartient pas à la couronne de France, et que les troupes qu'il a en Hongrie n'ont pas été levées en France, mais en Lorraine, et qu'il ne fait la guerre que comme vassal de l'empire, et qu'estant chrestien, il ne peut pas empescher qu'il ne serve l'empereur...» (Supplément au Journal du règne de Henri IV, 1736, in-8, t. 2, p. 271.)—D'autres prédictions, non moins bien démenties que celle-ci par ce qui se passe depuis deux ans, annonçoient, au contraire, l'expulsion des Turcs par les Russes. La plus curieuse, due à l'astrologue arabe Mousta-Eddin, fut imprimée a Saint-Pétersbourg en 1789, puis à Moscou en 1828. On peut consulter, sur les prophéties contre les Turcs, le Télégraphe de Moscou (juin 1828, p. 510) et un curieux article de M. Alph. Bonneau (Presse, 21 mai 1854). Nous en finirons avec ces prédictions par celle qui est la plus singulière, en raison de ce qui se passe aujourd'hui; nous devons de la connoître à M. L. Lacour: «Articulus quartus. Hoc regnum (Mahometistarum) et secta penitus destructa et abolita erunt anno domini 1854 (sic) vel 1856.» (Fr. Francisci Quaresmii Elucidatio terræ sanctæ historica, theologica, moralis, Antverpiæ, ex officina Balt. Moreti, 2 vol. in-fol., MDCXXXIX, t. 1er, p. 265.)

287: On voit que l'expression des lutteurs, tomber quelqu'un, n'est pas nouvelle.

288: Route ou roupte, pour déroute, de ruptus, rompu. Pasquier et Cl. Fauchet employent souvent ce mot dans ce sens.

289: Philippe II avoit en effet alors un ambassadeur près d'Amurat pour nouer avec lui des relations qui aboutirent à une longue trève, puis à une paix définitive. V. Hammer, Hist. de l'empire ottoman, t. 7, p. 52, 140.

290: Ce mot, comme doute et quelques autres, fut du masculin jusqu'à La Fontaine, qui a dit dans son conte de Richard Minutolo:

. . . . . . . . Et les dieux
En ce rencontre ont tout fait pour le mieux.

291: Dans le Catalogue de l'histoire de France (t. 1er, p. 544), cette pièce est mise sous le no 2165, avec la date de 1623, et se trouve ainsi rangée dans la catégorie de celles qui furent faites cette année-là au sujet d'un assez long séjour de Louis XIII à Fontainebleau. V. notre tome 2, p. 134, note.

292: On croyoit, d'après Aristote, que la huppe ne faisoit pas de nid et alloit pondre dans celui des autres oiseaux. Pline avoit fait au coucou la même réputation, et de là étoit venu le mot de cocu, pris, bien entendu, dans l'acception active, et non dans le sens passif, qui lui est indûment resté. Du temps de Henri Estienne, le cocuant, aussi bien que le cocufié, étoit appelé cocu. Le dernier même ne prenoit ce nom que par pure antiphrase. V. Dial. du nouv. lang. franç. italianisé, 1579, in-8, p. 93; les Epithètes de De La Porte, Paris, 1571, p. 69; et la brochure de M. de Pétigny, Dissertation étymologique, historique et critique, sur les diverses origines du mot cocu... Blois, 1835, in-18.

293: Puput est le nom onomatopique de la huppe. V. Dict. de Trévoux.

294: Argent, en argot. Il ne se trouve pas dans le dictionnaire argot-françois mis à la suite du poème de Grandval, le Vice puni, 1725, in-8, p. 106.—Foncer pour donner s'y trouve.

295: Il ne faut nous soucier de rien. L'expression il ne m'en chaut est long-temps restée dans le peuple.

296: Nous ne savons quel est ce mot, qui désigne certainement ici une soubrette complaisante, une dariolette.

297: Monsieur, maître. Il se trouve dans le Dictionnaire de Grandval. Sorel s'en est servi une fois dans Francion, édit. de 1663, in-8, p. 490.

298: C'est-à-dire les étriller, les gronder pour leur peine. Avoir l'endosse, jeter l'endosse sur quelqu'un, pour dire qu'on le fait responsable d'une chose, sont des locutions qui restèrent dans la langue populaire. Marivaux s'est servi de la dernière à la scène 15 de l'Épreuve.

299: Dans l'argot moderne, riffle signifie feu; mais, dans celui du XVIIe siècle, il avoit un sens plus étendu, comme on le voit ici. Il s'entendoit pour rebuffade, coup, etc.

300: La tête. D'où le mot timbré, dans le sens de fou. V., dans le Th. italien de Gherardi, la Précaution inutile.

301: Nez.Renifler est un dérivé de ce mot, plus populaire encore qu'argotique. La mornifle étoit un revers de main sur le niffle.

302: S'en aller. Dans le petit glossaire de Grandval, bier signifie aller.

303: Le taudis, la maison.

304: Far l'atto venereo.

305: On appeloit ainsi l'argot ou jargon des voleurs. «Un jour qu'on disoit à feu Armentières que M. d'Angoulême savoit je ne sais combien de langues: «Ma foi, dit-il, je croyois qu'il ne savoit que le narquois.» (Tallemant, Historiettes, édit. in-12, t. 1er, p. 220.)

306: Matois s'entendoit alors pour mauvais garnement, filou, enfant perdu. «Mais, lit-on dans les Contes d'Eutrapel (Disputes entre Leupolde et Eutrapel), depuis que j'eus hanté les lieux d'honneur, la place Maubert, les Hales..., couru tous les basteleurs de la ville et assemblées des enfants perdus et Matois, je fus un maistre galant.» V. encore L'Estoille, Journal de Henri IV, 4 juin 1596. Une pièce publiée par notre ami M. de Montaiglon, dans son recueil de Poésies du XVe et du XVIe siècle, sous le titre de le Valet à tout faire, est intitulée, dans une autre édition, le Mathois ou marchand meslé. V. Ch. Nodier, Nouv. mélanges d'une petite bibliothèque, no 583.—On appeloit aussi les matois enfants de la mate. V. Cotgrave, Moizant de Brieux, Origine de quelques coutumes et façons de parler, p. 15, et les Aventures du baron de Fæneste, liv. 3, ch. 1er.

307: Laisser-passer que les douaniers donnent aux marchands et voituriers.

308: Pour le quidam.

309: Le Jupiter Amoun étoit, en effet, représenté sous la forme d'un homme criocéphale, ou à tête de bélier. V. Jacobi, Dict. mythologique.

310: Entre autres faits racontés d'après Pline au sujet de l'escarboucle, on disoit que cette pierre lumineuse se ternissoit à l'air malsain.

311: Accablées par le poids. (Dict. de Furetière.) C'étoit, au XVIIe siècle, un mot très suranné.

312: La petite place qui se trouvoit à la jonction de la rue Saint-Honoré et de la rue de l'Arbre-Sec, devant la croix dite du trahoir ou du tiroir, par altération, servoit souvent de lieu de supplice; mais on y pendoit seulement. C'est par exception qu'on y décapitoit, comme en cette circonstance. Ce supplice des condamnés de qualité étoit réservé à la place de Grève.

313: L'Estoille, qui est d'ordinaire si bien au courant de toutes ces exécutions, ne parle pas de celle-ci. Malherbe n'en fait pas non plus mention dans ses lettres à Peiresc.

314: Vieux mot qui s'employoit pour occasion, et qui dérivoit aussi d'occasio, selon Huet. V. un article de M. Littré, Revue des Deux-Mondes, 15 juillet 1855, p. 372.

315: L'épée de Denys le Tyran au dessus de la tête de Damoclès.

316: Ce mot est plus rare que vergogne, dont il est dérivé. On le trouve pourtant dans Montaigne et dans ce passage du 1er livre des Poèmes de Ronsard: