1: Nous n'avons trouvé ce curieux placet et la réponse qui le suivit que dans le Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes tant en prose qu'en vers, nouvelle édition, à Cologne, chez P. du Marteau, MDCLXXXIV, 2e partie, p. 125-128.
2: La police étoit alors fort mal faite. Le guet, à peu près désorganisé, étoit impuissant à garder la ville contre les voleurs, dont tous les jours le nombre augmentoit. (V. Corresp. admin. de Louis XIV, t. 2, p. 605, 691.) L'établissement des lanternes publiques pour l'éclairage de Paris devoit tarder trois ans encore. (V. notre brochure les lanternes, histoire de l'ancien éclairage de Paris, Jannet, 1854, in-8, p. 24.) Enfin tout ce qu'entreprit M. de La Reynie, à partir de 1667, pour la sûreté de la ville, étoit on ne peut plus nécessaire.
3: Cette initiale doit certainement désigner l'abbé Bétoulaud, l'un des beaux-esprits des samedis de Mlle de Scudéry. Tout ce qu'il écrivit donne raison à notre opinion. Nous ne connoissons, en effet, de lui, que des vers adressés à Mlle de Scudéry: Epistre à Mlle de Scudéri sur la mort de Pellisson; le Parnasse, la Victoire, l'Anneau d'Horace, pièces adressées à Mlle de Scudéri, par M. Bétoulaud, avec les Réponses de Mlle de Scudéri auxdites pièces, in-4. Il fit aussi sur le Caméléon de la nouvelle Sapho un poème en 4 chants, inséré presque en entier dans la Bibliothèque poétique. «On sait à peu près la date de la mort du Caméléon, mais on ignore complétement celle de la naissance et de la mort de l'abbé Bétoulaud.» (Annales poétiques, t. 27, p. 154.)
4: Ce mot commençoit à avoir cours, témoin le conte de La Fontaine: A femme avare galant escroc. On disoit aussi croc. (Journal de Barbier, t. 2, p. 209.)
5: Mot alors assez nouveau dans la langue. Il ne remontoit pas plus loin que le temps de Catherine de Médicis, de l'aveu de Mlle de Scudéry elle-même. (Nouvelles conversations de morale, t. 2, p. 755; Hist. de la coquetterie.)
6: Cette pièce, fort rare, nous a été communiquée par notre ami P. Chéron, de la Bibliothèque impériale, qui l'avoit acquise à la vente Coste.
7: Gui Patin parle de ce sacrilége dans sa lettre à Spon du 11 juin 1649: «Un jeune père de l'Oratoire, qui est de la maison depuis huit jours, s'est aujourd'hui jetté sur celui qui disoit la messe, et lui a voulu arracher l'hostie. Le prestre s'est deffendu, mais l'autre a été le plus fort, l'a fait choir et lui a cassé les dents. L'hostie cheute, grand désordre dans l'église, etc. On dit que ce jeune homme est fol: je le crois ainsi. Un laquais fit autant, il y a quinze jours, au curé de Sannois, village près de Saint-Denis, le jour de la Pentecoste. Il a été condamné à avoir le poing coupé, être pendu, etranglé et brûlé, par le bailli de Montmorency. Il est encore à la Conciergerie par appel.» Gui Patin devoit être bien renseigné. Il avoit à Cormeille, près de Sannois, une maison qu'il tenoit de sa mère, et dont il ne reste plus qu'une allée de tilleuls.
8: Ce bourgeois avoit une maison de campagne à Cormeille. Nous tenons ce fait de M. Chéron, qui prépare une histoire de la commune de Sannois.
9: Cette pièce est très rare «ou même inconnue», lisons-nous dans le Catalogue d'une curieuse collection de livres... concernant l'histoire de Paris... composant la bibliothèque de M. F... Paris, Delion, 1853, in-8, p. 107, no 763.
10: Ce lieu, ainsi que le carrefour de la Croix-de-Berny, qui en est proche, fut souvent choisi pour les duels. Son nom lui viendroit même, selon quelques auteurs, d'un combat livré entre deux princes, et dont la main d'une reine à obtenir auroit été la cause et le prix. (P. Villiers, Manuel du voyageur aux environs de Paris, 1804, in-12, t. 1er, p. 127.)
11: «Au temps que j'estudiois à l'escole de Tolette, dit Panurge, le reverend père en diable Picatris, recteur de la faculté diabologique, nous disoit que naturellement les diables craignent la splendeur des espées aussi bien que la lueur du soleil. De faict Hercules, descendant en enfer à touts les diables, ne leur feit tant de paour, ayant seullement sa peau de lion et sa massue, comme après feit Eneas estant couvert d'un harnois resplendissant et guarny de son bragmard bien appoinct, fourby et desrouillé à l'ayde et conseil de la sibylle Cumane. C'estoit peult-estre la cause pourquoy le seigneur Jean-Jacques Trivolse, mourant à Chartres, demanda son espée et mourut l'espée nue au poing, s'escrimant tout autour du lict, comme vaillant et chevalereux, et par ceste escrime mettant en fuitte tous les diables qui le guettoient au passage de la mort.» Pantagruel, liv. 3, ch. 23.
12: V. Sancti Hieronymi opera, Paris, 1706, in-fol., t. 4, 2e partie, col. 76, Vita S. Hilarionis Eremitæ.
13: Au temps des raffinés, il n'en falloit pas davantage pour qu'un duel s'ensuivît. Ecoutez ce que dit, par exemple, Mercutio à Benvolio: «Tu ressembles à ces hommes qui, en entrant dans une taverne, prennent leur épée et la posent sur la table en disant: «Dieu me fasse la grâce de n'avoir pas aujourd'hui besoin de toi!» Et bientôt, au second verre de vin qu'ils avalent, les voilà aux prises avec le premier venu, sans motif et sans nécessité... Tu te prendrois de querelle avec un homme pour un poil de plus ou de moins que toi au menton, ou parcequ'il casseroit des noix et que tu as les yeux couleur de noisette. N'as-tu pas cherché querelle à un homme parce qu'il toussoit dans la rue, et que cela éveilloit ton chien, qui dormoit au soleil? à un artisan, parcequ'il portoit son habit neuf avant les fêtes de Pâques? à un autre encore, parcequ'il nouoit d'un vieux ruban ses souliers neufs?» (Shakspeare, Roméo et Juliette, acte 3, scène 1re.)
14: Louis XIII, né le 27 septembre 1601, avoit vingt-un ans, et non dix-huit ans, en 1622, ce qui prouveroit que l'édition reproduite ici n'est pas la première qui eût paru de ce livret, mais qu'une autre, dont celle-ci est la copie textuelle, l'avoit précédée de trois ans.
15: Tout le monde sait ce qu'étoit cette sorte d'épée courte et à large lame, dont le nom, selon Fauchet, n'est que les mots grecs βραχεἶα μαχαἰρα francisé; mais ce qu'on sait moins, c'est que le diminutif du mot braquemart étoit braquet, que nous trouvons dans Francion, 1673, in-8, p. 299, et qui, sauf une très légère altération, est encore le nom donné au sabre de nos soldats d'infanterie.
16: Ces six provinces plus ou moins revenues à l'obéissance du roi sont la Guienne, le Languedoc, le Poitou, la Saintonge, qui s'étoient soulevées pour cause de religion, puis l'Anjou ainsi que l'Angoumois, où la disgrâce de la reine-mère avoit excité des troubles.
17: Le château du Coq ou des Porcherons ne fut jamais une résidence royale. Les rois s'y arrêtoient seulement, comme fit Louis XI avant son entrée à Paris le 15 août 1461. (Chron. de Jehan de Troyes, coll. Petitot, 1re série, t. 13, p. 260.)—C'est lors d'une halte semblable que furent sans doute signées les lettres-patentes dont il est parlé ici, et que nous n'avons pu retrouver.
18: Saint-Ouen, en effet, se trouvoit, dès l'époque mérovingienne, un château royal, qu'au moyen âge on appeloit la Noble-Maison. Les chevaliers de l'Etoile, dont l'ordre y fut institué en 1351 par le roi Jean, se nommoient pour cela chevaliers de l'Etoile de la Noble-Maison.
19: Le château de l'évêque de Wincester, dont le nom n'est guère reconnoissable dans celui qu'il a conservé, appartint, il est vrai, à un fils de France, Jean, duc de Berry, mais ne fut jamais pourtant une résidence royale.
20: Le château du Val-Vert ou Vauvert, dont le séjour de Philippe-Auguste, après son excommunication, avoit fait un lieu maudit et voué aux démons, fut donné aux Chartreux, en 1257, par saint Louis, qui pensoit ainsi le désensorceler. (Du Breul, le Théâtre des antiq. de Paris, Paris, 1639, in-4, p. 345.) Le souvenir diabolique a toutefois tenu bon: il se retrouve dans le nom de la rue d'Enfer, voisine du manoir damné, et le diable Vauvert est encore fameux.
21: C'était alors l'admiration de tout le monde. On parloit partout du «magnifique palais» de Marie de Médicis, lequel, «commencé dès l'an 1612, est, dit Du Breul (Id., Suppl., p. 43), l'un des plus beaux hôtels de Paris, contenant entre le carré de ses grands bastiments un grand jardin, bois, allées, parterres, fontaines, cabinets et reposoirs.» V. l'éloge qu'en fait aussi J. Du Lorens dans sa 3e satire, Paris, 1624, in-8, p. 17.
22: On connoît l'aventure à laquelle il est fait allusion ici, et qui a donné lieu au proverbe: Charbonnier est maître chez lui. Nous nous contenterons donc de renvoyer au livre 7 des Commentaires de Blaise de Montluc, où elle se trouve pour la première fois racontée.
23: Gardes du corps, ainsi appelés parcequ'ils portoient les casaques les plus riches en broderies. Il n'étoit pas rare que les soldats dussent le nom par lequel on les désignoit à quelque partie de leur équipement ou de leurs armes. Ainsi les soldats bourguignons étoient appelés Bourguignons salés, à cause de la salade bourguignotte ou du morion salé, comme dit Rabelais (liv. 4, ch. 29), dont ils étoient coiffés.
24: C'est d'un des premiers comptes de l'épargne qu'il est parlé ici, puisque la création de ce «trésor central, où les receveurs devoient verser, dans le délai d'un mois, les deniers perçus sur chaque province», date seulement de cette époque. (Cheruel, Hist. de l'administr. monarch. en France, Paris, 1855, in-8, t. 1er, p. 156.)
25: Ceci est une erreur évidente, si, comme il faut le croire, l'auteur entend par «revenu de la France» toutes les sommes que produisoient les divers impôts. Pour la taille seule, sous François Ier, on percevoit neuf millions. (Cheruel, ibid., p. 154.)
26: Cette date, qui semble être vraiment celle du livret, donne raison à l'une de nos précédentes notes.
27: Ce chiffre doit être exact. Dans le Sommaire traicté du revenu et despence des finances de France... par Nicolas Remond, Paris, 1622, in-8, nous trouvons indiqués, pour les revenus de l'Etat en l'année 1620, d'une part, 36,926,638 livres, et, d'autre part, pour «la creüe extraordinaire, autrement dite grande creüe des garnisons», 4,400,000 livres, ce qui forme un total assez bien d'accord avec les sommes indiquées ici comme formant le revenu de l'année 1618.
28: Le détail de ces dons et liberalitez se trouve dans la brochure de Nicolas Remond citée tout à l'heure.
29: Bonnet s'attachant sous le menton, comme les béguins, et ayant la plume de coq plantée sur le côté, où l'on mit plus tard la cocarde. Les coquarts ou coquardeaux, comme ils sont appelés dans le Blazon des faulces amours, avoient été les jeunes gens à la mode de la fin du XVe siècle. V., sur le premier de ces mots, Biblioth. de l'école des chartes, 2e série, t. 1er, p. 369.—Les bonnets à la coquarde nommés par Rabelais (liv. 4, ch. 30) étoient fort pesants. Dans le rebras doublé de frise qui se trouvoit derrière, il entroit jusqu'à une demi-aune de drap. Louis Guyon (Div. leçons, liv. 2, ch. 6) dit qu'il en vit un à Paris qui pesoit quatre livres dix onces.
30: C'étoit le justaucorps ou hoqueton, comme on disoit à l'armée.
31: Tout le monde connoît, par les images et les tableaux du temps et par la description qu'a faite Rabelais de la magnifique braguette de Panurge, ce qu'étoit cette partie saillante du haut de chausses.
32: Ce sont ces souliers échancrés, fort à la mode du temps de François Ier et de Henri II, dont Calvin fit proscrire l'usage à Genève en 1555.
33: Pour ces «grands chaperons destroussés à la mode ancienne», dont les bourgeoises gardèrent l'usage jusqu'au temps de Louis XIII, et que les dames nobles du XVIIe siècle portaient encore pendant le deuil de leur mari, V. une note de notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 21.
34: Pour drap d'Usseau, petit village de Languedoc près de Carcassonne, où un certain de Varennes en avoit établi les premières manufactures. On disoit ordinairement drap du sceau, comme fait Regnard dans le Joueur (acte 1er, sc. 1re). Ménage lui-même admit cette mauvaise orthographe, pensant qu'on appeloit ainsi ce drap grossier à cause du sceau royal qu'on y apposoit autrefois. Furetière rétablit la vérité dans son Dictionnaire (art. Draps), et, ayant lui-même à employer le mot dans sa satire les Marchands, il ne manqua pas d'écrire:
On se vêt aussi bien avec du drap d'Usseau...
35: Le cremesin, dont le nom francisé est devenu notre mot cramoisi, étoit une étoffe italienne, rouge d'ordinaire, qui avoit eu une grande réputation en France à la fin du XVe et pendant la plus grande partie du XVIe siècle. V. le Vasari de M. Le Monnier, Florence, 1852, in-12, t. 8, p. 73, note.
36: V. sur ce demi-ceint d'argent, qui resta l'une des parures les plus enviées des chambrières, une note de notre tome 1er, p. 317.
37: Le pain bénit étoit un merveilleux talisman, surtout pour empêcher les chiens de devenir enragés. (Les Evangiles des Quenouilles, édit. Jannet, p. 75.) Celui de la messe de minuit avoit encore d'autres vertus. Dans quelques provinces, il est encore d'usage de garder dans un tiroir les morceaux de pain bénit donnés à la messe le dimanche.
38: C'est-à-dire ébréchés et polis par le frottement, fricassé, dans ce sens, venant du latin frixus.
39: C'est-à-dire avec deux bandes pendantes sur le côté, comme les portoit Henry Estienne, dont il est dit dans le Scaligerana: «erat vestitus à la parisienne avec des bandes de velours pendantes.»
40: «C'étoit une petite balance fort juste et fort délicate, que le moindre poids faisoit trébucher.» De là l'expression de pistoles bien trébuchantes employée par Molière.
41: Je crois qu'il faut lire ici mustabe ou mistabe. C'étoit une sorte d'étoffe de laine dont le nom étoit arabe, et qui se fabriquoit en Espagne et dans le midi de la France. Elle fut surtout en usage au moyen âge. (Fr. Michel, Recherches sur le commerce... des étoffes de soie, t. 1er, p. 258, 259.)
42: Elles avoient cessé d'être à la mode vers 1563. V. une note de notre tome 2, p. 190.
43: Chapelet à grains plats.
44: «Pour ce qui est de Mademoiselle sa femme, lisons-nous dans un passage de Francion excellent à rapprocher de celui-ci, elle avoit une juppe de satin jaune toute grasse et une robbe à l'ange si bien mise et un collet si bien monté, que je ne la puis mieux comparer qu'à la pucelle sainct George qui est dans les églises, ou à ces poupées que les atourneresses ont à leurs portes.» (La Vraye histoire comique de Francion, etc., 1673, in-8, p. 248.)—Cette Pucelle Saint Georges ne seroit-elle pas la figure de la Cappadoce qui se trouve dans toutes les représentations de saint Georges combattant le dragon? La province de l'Asie Mineure y est toujours personnifiée sous les traits d'une jeune fille richement parée.
45: C'est l'ornement qui doit de s'appeler encore une ferronnière à la croyance où l'on a été long-temps que le portrait peint par Léonard de Vinci, aujourd'hui au Musée du Louvre, représentoit la maîtresse de François Ier connue sous le nom de la belle Ferronnière. On sait maintenant que cette figure, qui porte en effet au front un joyau semblable à celui dont on parle ici, est celle de Lucrezia Crivelli.
46: V., sur cette mode des manteaux de pluche au commencement du XVIIe siècle, Francion, p. 219.
47: Il n'y a rien ici d'exagéré; aussi les gens de cour s'accommodoient fort bien, à ce prix, des filles de financiers. «Le comte de Lude, gouverneur de la personne de Gaston, duc d'Orléans, étant blâmé d'avoir épousé une Feydeau, qui lui avoit apporté cent mille pistoles: «Je ne pouvois pas mieux faire, disoit-il; poursuivi nuit et jour par mes créanciers, je me suis sauvé dans une boutique pour n'être pas traîné à l'hôpital.» (Amelot de La Houssaye, Mémoires hist., t. 3, p. 8.)—V., sur ce même mariage, notre t. 2, p. 140.
48: Le limestre étoit une sorte de serge drapée qui se fabriquoit à Rouen et à Darnetal. Selon quelques uns, entre autres Furetière, cette serge fut ainsi appelée du nom de celui qui en fabriqua le premier; mais Brossette et Le Duchat y voient une altération de Licestre ou Leicester, comté d'Angleterre, d'où venoient en effet de bonnes serges, «ces balles de Lucestre» dont parle Rabelais, liv. 2, chap. 12. Regnier (sat. 13, v. 114) dit dans le même sens qu'ici:
Combien, pour avoir mis leur honneur en sequestre,
Ont-elles en velours eschaugé leur limestre!
49: Ce luxe gastronomique avoit commencé sous le règne de Henri III: «On ne se contente plus, à un dîner ordinaire, de trois services, consistant en bouilli, rôti et fruit; il faut, d'une viande, en avoir de cinq ou six façons: des hachis, pâtisserie, salmigondis. Chacun veut aller dîner chez le Môre, chez Samson, chez Innocent, chez Havart.» Pièce citée par De Mayer, Galerie philosophique du XVIe siècle, in-8, t. 2, p. 362.
50: V., sur ces écots si coûteux, une note de notre édit. des Caquets de l'Accouchée, p. 28, et notre t. 2, p. 202.
51: Le Huleu, dont le nom altéré se retrouve dans celui des rues du Grand et du Petit-Hurleur, venoit déboucher, en effet, rue Saint-Martin, assez près de Saint-Nicolas-des-Champs.—Un arrêt du 15 février 1565, rendu «sur la remontrance d'aucuns voisins habitant aux rues voisines de Hulleu, à Paris, fit vuider le bordeau accoutumé de tenir en laditte rue.» (Isambert, Recueil de Lois, t. 14, p. 176.)
52: Cette rue du Champgaillard, qui se trouvoit en dehors de l'enceinte de Philippe-Auguste, alloit de la rue Saint-Victor à la rue des Fossés du même nom. La partie voisine de Saint-Victor s'appeloit rue d'Arras, nom qui lui venoit du collége d'Arras, et qu'elle a gardé; l'autre partie s'appeloit, comme aujourd'hui encore, rue Clopin, à cause de la grande maison Clopin, qui y avoit été construite au milieu du XIIIe siècle.—Le Huleu et le Champgaillard sont nommés par Rabelais, entre autres mauvais lieux (liv. 2, chap. 6), dans les Après-disnées du seigneur de Cholières (Paris, 1588, in-12, fol. 43, recto); le second est nommé Champgaillard des bordeleries.—En se trouvant placés, comme nous venons de le voir, l'un près de Saint-Nicolas, l'autre près de Saint-Victor, le Huleu et le Champgaillard contrevenoient à l'ordonnance de décembre 1254, par laquelle saint Louis avoit déclaré (art. 11) que les filles de joie ne pourroient se loger que «loin des lieux saints et des cimetières.» Ordonn. des roys de France de la troisième race, t. 1, p. 79, 105.
53: On trouve racontée, dans le Ménagier de Paris, t. 3, p. 116, et Additions et corrections, p. 75, une affaire de ce genre.
54: Peu à peu les priviléges de ces lieux infâmes furent abolis. (Sauval, Antiq. de Paris, t. 2, p. 108.) Une ordonnance de 1697 en fit disparoître les dernières traces. V. notre livre Paris démoli, 2e édit., p. 36.
55: Dans les Statuts de la reine Jeanne sur la discipline d'un lieu de débauche dont elle permettoit l'établissement à Avignon, statuts publiés par Astruc, De morbis venereis, on lit, art. 2: «Si quelque fille a déjà fait faute et veut continuer de se prostituer, le porte-clef ou capitaine des sergents, l'ayant prise par le bras, la mènera par la ville, le tambour battant et avec l'aiguillette rouge sur l'épaule, et la placera dans la maison, avec les autres; lui défendra de se trouver dans la ville, à peine du fouet en particulier pour la première fois, et du fouet public et du bannissement la seconde fois.» Ce passage, rapproché de ce qu'on lit ici, prouve au moins que, dans ces statuts, tout n'est pas, de la part du médecin Astruc, pure invention et pure mystification, comme M. Jules Courtet l'a voulu prouver dans un article de la Revue archéologique, t. 2, p. 158-164.
56: Le chaperon rouge porté sur l'épaule, depuis qu'il n'étoit plus à la mode de s'en coiffer, étoit l'insigne de la magistrature.
57: «Les procureurs étoient logés autrefois en petite porte ronde; maintenant, ils ont de grandes portes cochères.» (Dict. de Trévoux.) V. notre édit. du Roman bourgeois, p. 264, et notre t. 2, p. 283.
58: V., sur ce mot, notre t. 2, p. 279, note.
59: Allusion à ces ventes d'offices que Chalange et les autres partisans faisoient décréter, et dont ils partageoient les profits avec les ministres. V. notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 183, 241, 258.
60: Allusion à la conférence publique qui eut lieu à Fontainebleau, le 4 mai 1600, entre Du Plessis Mornay et Du Perron, dans laquelle celui-ci combattit avec avantage les cinq cents erreurs qu'il avoit découvertes dans le livre du premier sur l'Eucharistie.
61: Il s'agit ici, soit du P. Ange de Raconis, qui publia vers cette époque le Petit Anti-Huguenot (Paris, 1618), soit plutôt encore de Ch. Fr. Abra de Raconis, plus tard évêque de Lavaur, qui venoit de faire paroître Traité pour se trouver en conférence avec les hérétiques, Paris, 1618, in-12. V. Mémoires de l'abbé d'Artigny, t. 7, p. 259.
62: C'est le fameux ministre de Charenton dont il fut tant question alors. V. notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 88.
63: Comme théologien et controversiste, il s'étoit mêlé à la dispute de Du Perron et de Du Plessis Mornay; ses réponses à celui-ci comptent parmi ses bons ouvrages.
64: C'est Durand de Saint-Pourçain, fameux dominicain du XIVe siècle, qui, dans ses livres de théologie, avoit souvent combattu saint Thomas d'Aquin. Ses opinions contraires à la transsubstantiation avoient été foiblement réfutées par Du Perron, dans la conférence citée tout à l'heure. (Longueruana, p. 11-12.) Coeffeteau les combattit avec plus d'avantage.
65: L'Instruction catholique, Paris, 1610, 2 vol. in-fol.
66: Maurice Bressieu. Ce qu'on en dit ici semble d'autant plus surprenant qu'il s'occupoit des sciences plus encore que de l'histoire et de la littérature. Il finit par être professeur royal en mathématiques. Il mourut après 1608. V. Goujet, Mém. sur le Collége royal, in-12, t. 2, p. 95.
67: Allusion aux assemblées dites colloques de Poissy, qui eurent lieu du 9 au 26 septembre 1561, entre les catholiques et les réformés, mais qui n'amenèrent aucun résultat pacifique.
68: Grande maison située au faubourg Saint-Marcel, qui devoit son nom à Bertrand de Chanac, patriarche de Jérusalem, et à Simon de Chamault, cardinal et patriarche d'Alexandrie, qui l'avoient possédée au XIIIe et au XIVe siècle. Les Huguenots y avoient tenu quelques unes de leurs premières assemblées. En 1562, la populace catholique s'y rua, et chaires, bancs, etc., tout y fut brûlé. (Pasquier, Recherches de la France, liv. 3, chap. 49, et Lettres, édit. in-fol., t. 2, p. 451)—Il existe encore un passage et un marché des Patriarches, qui vont de la rue d'Orléans-Saint-Marcel à la rue Mouffetard.
69: Pasquier parle aussi (loc. cit.) des assemblées de Calvinistes qui se tenoient à Popincourt ou Pincourt, alors hors des murs de Paris, et qui furent envahies et troublées comme celles du Patriarche.
70: Le mystère de la Vie de sainte Catherine, divisé en trois journées. Il fut joué en 1434. C'est un notaire nommé Jean Didier qui jouoit le rôle de la sainte.
71: C'est le maitre farceur qui égaya si bien la cour de François Ier. Brantôme raconte plusieurs de ses tours (Hommes illustres, édit. in-12, t. 3, p. 383). Son petit-fils, qui vivoit sous Charles IX, fit le même métier, mais il l'enjoliva de certaines adresses qui le menèrent tout droit à la potence, en 1570. «Là, dit Delrio, il fit si bien par son art magique, que le bourreau, croyant le pendre, pendit à sa place la mule du premier président.» (Diquisit. magiq., liv. 3.)
72: C'étoit en effet l'usage, et l'on sait l'histoire de la grande émeute soulevée à Sens, du temps de Louis XI, par un apothicaire qui, après s'être mêlé dans la rue à l'une de ces parties de main-chaude ou de taquemain, comme on disoit aussi, ne voulut pas consentir à prendre la place du patient. V. Almanach de Sens pour les années 1763, 1764 et an III (1795).
73: Il étoit plus cher déjà sous Henri lit: il se vendoit deux sols la pinte. L'ordonnance sur le faict de la police générale du royaume, qui en régloit ainsi le tarif, fut mise en chanson:
Le plus cher vin vendu la pinte
Partout ne sera que deux sols;
Qui le vendra plus cher, sans feinte,
Payera l'amende tout son saoul.
(La Fleur des chansons nouvelles, édit. Techener, p. 6-11.)
74: Sur la teneur de l'ordonnance somptuaire de 1294, où se trouvent les prescriptions indiquées ici, Voy. une note de notre édition des Caquets de l'Accouchée, p. 32.
75: Ils alloient aussi, en robe et en bonnet carré, sur le quai des Augustins. Tiraqueau et Michel de l'Hospital s'y rendoient chaque soir d'été, et, ayant le dos tourné vers la rivière, ils devisoient familièrement avec les passants. V. notre Histoire du Pont-Neuf, Rev. françoise, 1er oct. 1855, p. 543.
76: C'étoit le prix de la course. L'expression jouer, gagner une poule, en vient.
77: Les Bretons étoient les meilleurs sauteurs parmi les écoliers. Le saut breton étoit célèbre. V. notre t. 2, p. 186.
78: Celles de l'Etat n'y étoient pas oubliées. Tous s'en mêloient, jusqu'au savetier. «Quand le savetier a gagné, par son travail du matin, de quoi se donner un oignon pour le reste du jour, il prend sa longue épée, sa petite cotille et son grand manteau noir, et s'en va sur la place décider des intérêts d'Etat.» (Entretiens du Diable boiteux et du Diable borgne, p. 26.)
79: Le mail du quai des Ormes, près les Célestins. Celui qui étoit proche de la porte Montmartre, et dont la rue qui en a gardé le nom ne prit la place que de 1633 à 1636, étoit aussi très fréquenté.
80: V., pour une description à peu près semblable à celle qui est faite ici, et la complétant en quelques détails, De Mayer, Galerie du XVIe siècle, t. 2, p. 363.
81: Comme celle du barbier de Pezenas, dans laquelle on prétend que s'étoit assis Molière, qui se trouve représentée avec son siége et son haut dossier de bois dans le Magasin pittoresque, t. 1er.
82: Il étoit d'usage de se servir, le jour des Rois, de chandelles bariollées (riolées) ou seulement mi-parties (piolées), comme le plumage d'une pie. «Voilà qui est riolé, piolé, comme la chandelle des Rois», lit-on dans la Comédie des proverbes, acte 2, scène 5.
83: Ce sont à peu près les mêmes livres qui sont indiqués par Antoine de Saix (1532) dans son Esperon de discipline:
..... le livre des Quenoilles,
Le Testament maistre Françoys Villon,
Jehan de Paris, Godefroy de Bouillon,
Artus le Preux, et Fierabras le Quin,
............
Roland, Maugis d'Ardennes la forest...
84: Sur ce roman, dont Pulci fit son poème en vingt-huit chants, V. Biblioth. de Du Verdier, p. 899.
85: André Thevet, de qui l'on a, entre autres ouvrages, une Histoire des hommes illustres, dont l'édition donnée en 1671 a 8 vol. in-12.
86: Mesquinement, chichement. «J'en sais, dit Montaigne (liv. 3, ch. 9), qui donnent plutôt qu'ils ne rendent, prestent plutôt qu'ils ne payent, font plus escharsement bien à celuy à qui ils en sont tenuz.»
87: Monteil, analysant un manuscrit fait avec des extraits des registres du Châtelet des XIVe et XVe siècles, etc., dit: «Je vois, en suivant successivement les feuillets de ce manuscrit, que, sous Charles VI et Charles VII, plusieurs quartiers avoient été abandonnés, que les maisons crouloient ou bien étoient écroulées, et que les propriétaires s'en disputoient le sol et les ruines.» (Traité de matériaux manuscrits, t. 2, p. 306.)—Comme les maisons inhabitées devenoient des repaires de voleurs, on forçoit le propriétaire d'y mettre un gardien. V. notre brochure les Lanternes, hist. de l'ancien éclairage de Paris, Jannet, in-8, p. 19.
88: Sur les Irlandais qui encombroient Paris et y bélistroient de la plus dangereuse manière à la fin du XVIe siècle, V. notre Histoire du Pont-Neuf, Revue franç., 1er octobre 1855.
89: Les chanceliers Poyet et de l'Hôpital avoient essayé de supprimer les confréries; mais ils n'y étoient pas parvenus. De leur tentative, toutefois, étoient restés quelques abus, que signale De Mayer dans sa Galerie du XVIe siècle, t. 2, p. 363. Celui dont il est parlé ici, et qui tendoit à exempter du chef-d'œuvre et des autres épreuves l'artisan voulant devenir maître, étoit du nombre. Les maîtrises, comme on le voit, pouvoient s'obtenir par simples lettres.
90: Au XVIIe siècle, nous trouvons un trafic de la même espèce, une façon pareille de se tenir à la mode par abonnement, à tant par année. «Le sieur Fournerat, marchand fripier sous les piliers des halles, est-il dit dans le Livre commode des adresses (1691), entretient bourgeoisement et honnêtement d'habits pour quatre pistoles par an.»
91: Sorte de caleçons ou hauts de chausses à pieds auxquels tenoient les pantoufles. Le Pantalon des farces vénitiennes avoit mis cet habillement à la mode. Il étoit suranné alors, mais nous l'avons remis en usage avec son premier nom. Furetière se moque des procureurs qui y étoient fidèles de son temps. Il dit, dans sa satire le Jeu de boule des procureurs:
Je vois dans leurs habits les modes surannées.
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Tel a le chapeau plat, tel autre l'a trop haut;
Tel a talon de bois, tel soulier de pitaut;
Tel haut de chausse bouffe, et tel serre la cuisse;
L'un tient du Pantalon, et l'antre tient du Suisse.
92: Cette pièce, qui est moins, je pense, la relation satirique d'un fait véritable qu'une imitation de la charmante pièce de Gilles Durant: A Mademoiselle ma Commère, sur le trépas de son asne, regret funèbre, a déjà été donnée par Sautereau de Marsy dans le Nouveau siècle de Louis XIV, t. 1er, p. 229. Elle en inspira une autre, qui est détestable: l'Asne du procureur ressuscité, en vers burlesques, Paris, 1649, 11 pages. (V. Moreau, Bibliogr. des Mazarinades, no 84.)
93: Peut-être faut-il voir ici le moulin des religieuses de Montmartre, qui, ayant en effet la forme d'une tour, avoit fait donner, dès cette époque, à l'une des rues près desquelles il se trouvoit, le nom de rue de la Tour-des-Dames. Il existoit déjà à la fin du XVe siècle, et en 1816, selon la Tynna, on en voyoit encore les restes. Le nom cité tout à l'heure se déplaça vers 1769; il passa de la rue, qui s'appela, dès lors, rue de La Rochefoucauld, à la ruelle Baudin, qui l'a gardé. V. le singulier mais très curieux livre de M. de Fortia d'Urban, Recueil des titres de propriété d'une maison et terrain sis à Paris... rue de La Rochefoucauld, 1812, in-12, passim.
94: Les sacs de procès que les gens de palais portoient toujours à leur ceinture, et d'où est venue la locution que nous avons déjà fait remarquer dans le Roman bourgeois de Furetière: J'ai votre affaire dans le sac.
95: Les plâtriers de Montmartre.
96: C'étoient les plus estimés. Dans le conte de Voltaire, c'est à vendre des mulets que le père de Jeannot fait une si belle fortune.
97: Bazacle ou Bazadois, le pays de Bazas, en Guienne.
98: Ceci fait souvenir des vers de Gilles Durant dans la pièce citée tout à l'heure: