1: Il y a des historiens qui disent au contraire qu'il accorda noblement le sauf-conduit. (Voyez l'Histoire de Padoue, d'André Gataro, tom. XVII, de la collection de Muratori, p. 56.)

2: Preso Zara per tradimento d'un priore Tedesco di Santa-Croce ch'era in Zara al servizio de' Veneziana, e la notte introdusse gli Ungari.

(Cronica della guerra da Chiozza de Daniello Chinazzo. Rerum italicarum scriptores, tom. XV, p. 701.)

3: Montesquieu, Esprit des lois, liv. 5, ch. 8.

4: Art. 4 du Supplément aux Statuts de l'inquisition d'état. Ms. de la Bibl.-du-Roi.—No 1010 H/264 et 33/10462.

5: Pierre Justiniani, liv. 4, dit: «Que la nouvelle de cette prétendue victoire avait été portée par un Génois, mais non pas que la victoire avait été remportée sur les Génois.»

6: La proposta di Francesco Petrarca, soggetto che già gran pezzo non ha havuto pari al mondo, e che nella christianità, nella philosophia morale e nella poesia non ha chi gli sia uguale. Histoire de Paul Morosini, liv. 13. J'en ai traduit la lettre de Pétrarque, qu'il rapporte. La lettre et la réponse sont aussi dans la Chronique de Marin Sanuto.

7: Ginguené, Histoire littéraire de l'Italie, chap. 12, section 2.

8: Dans son livre intitulé: Opinione in qual modo debba governarsi la repubblica veneziana.

9: Nous possédons un document qui nous met à portée d'apprécier d'une manière très-approximative les frais de cette expédition. Le vénitien Marin Sanuto présenta au pape, en 1321, son plan d'une descente en Égypte; voici comme il en évalue les dépenses; «Et si votre sainteté daigne s'informer de ce qu'il en coûtera annuellement pour ces quinze mille hommes de pied, et ces trois cents cavaliers, pour les vaisseaux, les vivres et autres objets nécessaires, et pour les sacrifices qu'occasionnerait la négociation à entamer avec les Tartares, je réponds qu'en trois ans cette dépense s'élèverait à vingt-une fois cent mille florins, en comptant le florin pour deux sols de gros de Venise; savoir; six cent mille florins chaque année, l'une dans l'autre, pour la solde, les munitions, et l'entretien de la bonne harmonie avec les Tartares; et pour les vaisseaux, l'armement, le campement, les remontes, trois cent mille florins en trois ans; en tout sept cent mille florins par an.»

(Secreta fidelium crucis, liv. 2e, 1re partie, chap. 4.)

Évaluons l'homme de cheval au triple d'un fantassin; il en résulte qu'une armée de quinze mille hommes d'infanterie et de trois cents chevaux, coûtant par an six cents mille florins, une armée, de dix mille fantassins et de quatorze cents chevaux, devait coûter cinq cent trente-cinq mille huit cent quarante-neuf florins, et en y ajoutant trois cent mille florins, pour les premiers frais de l'expédition, huit cent trente-cinq mille huit cent quarante-neuf florins. Marin Sanuto évalue le florin à deux sols de gros de Venise; cette proportion ne devait pas avoir varié sensiblement de 1321 à 1365 ainsi, cette expédition dut coûter un million six cent soixante-onze mille sept cent quatre-vingt-dix-huit sols de gros. Un sol était la vingtième partie de la livre, et la livre valait dix ducats, qui, à cette époque, paraissent avoir valu chacun à-peu-près dix-sept francs de notre monnaie d'aujourd'hui.

D'où il suivrait que l'armée dont il s'agit devait coûter quatorze millions deux cent dix mille deux cent quatre-vingt-deux francs, c'est-à-dire mille francs par an et par homme.

Mais il faut chercher la preuve de cette appréciation, en la comparant à des valeurs fixes, qui sont les régulatrices de toutes les autres, les denrées.

Sanuto nous en fournit les moyens: La livre de pain biscuité, dit-il, (livre 2e, 4e partie, chap 10,) valait quatre deniers et un tiers, petite monnaie. D'après cela, voici comme il calcule:

«La livre de biscuit coûte quatre deniers et un tiers. La ration journalière de l'homme, qui est d'une livre et demie, coûtera six deniers et demi. Les quarante cinq livres que l'homme aura consommées en 30 jours coûteront seize sols trois deniers, petite monnaie, et en 12 mois cinq cent quarante livres de biscuit auront coûte six sols de gros, un gros et quatre petits deniers. Il résulte de ces données que, puisque six sols, un gros et quatre petits deniers représentaient, à cette époque, cinq cent quarante livres de pain, un million six cent soixante-onze mille sept cent quatre-vingt-dix-huit sols, devaient en représenter cent quarante-neuf millions deux cent dix-huit mille trois cent trente-quatre.

La livre de Venise ne valait (dans les derniers temps du moins), que 477 millièmes de kilogramme. Ainsi cette quantité équivalait à soixante-onze millions cent soixante-dix-sept mille cent quarante-cinq kilogrammes. Il ne s'agit plus que de savoir à combien le kilogramme de ce pain serait évalué aujourd'hui; nous ne pouvons le faire avec certitude, parce que nous ne savons pas précisément de quoi était composé, à cette époque, le pain que les Vénitiens donnaient à leurs gens de mer; supposons que le kilogramme valût vingt centimes, nous trouverions que cette quantité coûterait quatorze millions deux cent trente-cinq mille quatre cent neuf francs.

Le résultat de ces deux calculs est tellement identique qu'ils paraissent se servir réciproquement de preuves. D'après le premier, le sol de gros équivalait à huit francs cinquante centimes de notre monnaie, et d'après le second, à huit francs cinquante-une centimes.

Sanuto fournit des données pour essayer le même calcul sur le vin, la viande salée, les légumes, etc.; mais le peu de fixité de la valeur de ces denrées et les incertitudes sur la valeur des mesures anciennes, rendraient le calcul trop hypothétique.

Il résulte de son compte que la nourriture d'un homme, en pain, vin, viande salée, féves et fromage, revenait, pour un an, à douze sols de gros, c'est-à-dire à cent deux francs.

10: Je traduis ce rapport de l'Histoire de Pierre Justiniaini, liv. 5; il y dit que Paul Loredan era huomo di bella maniera di dire, ce qui doit faire croire qu'on a eu quelque soin de conserver sa harangue, qu'au reste j'abrége beaucoup.

11: Morosini dit seulement, che non potessero haver boni fuori dello stato della repubblica, e se ne havessero, fussero obligati vendergli. Liv. 13. Mais Sanuto est positif: ne possono havere terre e possessioni in Trivigiano, Padovano, Ferrarese o in altra parte del mondo fuori del ducato di Venezia, e se per caso avanti che fosse creato doge, le avesse, quelle debba far vendere, e cosi que' della sua casa.

12: On dit qu'il n'en coûta que 75000 ducats. Fatti Veneti di Francesco Verdizzotti, lib. 14.

13: On peut voir sur toute l'Histoire des seigneurs de Padoue, la Chronique de Bartolemeo Galeazio Gataro, continuée par André son fils. Elle est imprimée dans la Collection des historiens d'Italie, publiée par Muratori, tom. XVII; il existe à la Bibliot.-du-Roi, sous le no 10142, un manusc. qui dans un grand nombre de passages diffère de celui sur lequel Muratori a fait son édition.

14: Fù scoperto al signor di Padova che Marsilio suo fratello haveva con altri congiurato di uccider lui e il figliuolo, e questo per il messo che portava lettere a Venezia, per aver ajuto da quella repubblica. E preso uno de complici, esso Marsilio con gli altri fuggi di Padova et andò al campo del signore e lì levò le genti che erano d'intorno a quatro cento cavalli et andò a Venezia, dove fu honorevolmente raccolto......

Giacomo da Lion, Gicomo Papin e Tibaldo di Rognon, andati a Venetia, convennero con Marsilio da Carrara, e conclusero di voler far morire Francesco da Carrara signor di Padova, e Francesco suo figliuolo e che tal caso Marsilio fosse signore e esso Giacomo da Lion vescovo di Padova, e così con consentimento di Nicolò da Carrara, e molti altri Padovani, trattarono di dar essecuzione al fatto. E manifestata questa deliberazione ad un pietro di Salomone cittadino de Padova, furono dalui discoperti......

La signoria di Venezia intendendo i grandi preparamenti del signor di Padova...... mandarono a lui ambasciatori ad offerirglisi come confederati ad ogni suo bisogno: il qual rispose che per dubbio che aveva di loro egli faceva tutti que' preparamenti, e che di ciò ne aveva causa, porche egli sapeva, che havevano tenuto mano nel trattato di Marsilio suo fratello contra di lui.

(Cronaca della guerra de chiozza, da Daniello Chinazzo.)

15: Histoire du gouvernement de Venise, par Amelot de la Houssaye.

Grimm, dans sa correspondance littéraire, tom. 3, rapporte une anecdote qui n'est ni assez grave ni assez authentique pour que l'histoire puisse la recueillir; mais qui est assez dans le caractère du gouvernement vénitien: «Il y avait, dit-il, une loi qui attribuait aux curés la propriété absolue de tout ce qui se trouvait dans la chambre de leurs paroissiens au moment de leur mort, même au préjudice des enfants. Cette loi révoltante était tombée en désuétude, mais elle existait. Il y a quelques années qu'un curé voulut la faire revivre, à la mort d'un homme qui laissait une succession considérable dans un porte-feuille qui n'avait pas quitté le chevet de son lit. Le fils unique du défunt mit le curé dehors à coups de bâton, et le pasteur, aussi moulu que scandalisé, alla dénoncer au conseil des Dix l'infracteur d'une loi, selon lui, si sage et si respectable. Le conseil s'assemble, déclare la loi véritable, ordonne qu'elle sera maintenue dans toute sa rigueur, et prononce, contre quiconque battra les curés pour les empêcher de jouir de leurs droits, une amende évaluée à vingt livres de notre monnaie, et une de cinquante livres, si on poussait la révolte jusqu'à mort d'homme. Oncques depuis curé n'a été tenté de la faire revivre.»

Voici au reste un passage d'un ancien historien, qui a quelque rapport avec cette anecdote.

In tempo di questo doye, (P. Polani, 1128) era una mala usanza, laqual era che sidava al vescovo la décima di tutto quello che avea una quando moriva. Del che un messei Bonifacio Falier, mosso da colera, ammazzo il vescovo. Per laqual cosa si stette molli anni senza vescovo, governando il vescovado il patriarca di Grado di modo che poi fù deter minato che il detto vescovo non dovesse avera altro, salvo quello che gli lasceria il defunto.

(Storia Veneziana di Andrea Navigiero.)

16: Il se nommait Nicolas Morosini.

17: Veneziani atteserò a rifar'il loro esercito, havendo avuto ajuto dal Turco di 5000 fanti arcieri, il quale volontieri li socorse, per esser egli nemico del rè d'Ungheria.

(Cronaca della guerra di chiozza da Daniello Chinazzo.)

18: Cronaca della guerra di chiozza, da Daniello Chinazzo.

19: André Redusio de Quero. (Rerum Italicarum scriptores, tom. XIX, p. 754) Il dit formellement qu'on n'avait point vu de canons en Italie avant ceux que les Vénitiens fabriquèrent par un art merveilleux.

20: Galéas Gattaro nous a conservé, dans son Histoire de Padoue, deux lettres que Louis, roi de Hongrie, écrivit au seigneur de Padoue pendant la négociation de cette ligue. On y lit: «Collegati sumus ad destructionem, vituperium, verecundiam, et omnis sanguinis effusionem et mortem communis Venetorum, omniumque eorum benevolentium.

(Rerum Italicarum scriptores, tom. XVII, p. 147.)

21: Vie de Ch. Zéno, par François Quirino, Histoire du Bas Empire, par M. Ameilhon, liv. 115.

22: Destiné dans son enfance à l'état ecclésiastique, il avait été envoyé à la cour du pape, qui lui avait donné une prébende; pendant qu'il faisait ses études à Padoue, un voleur, qu'il rencontra sur la route de Venise, l'assassina pour lui dérober son argent, et le laissa pour mort. À l'université, il se lia avec de jeunes libertins, devint joueur, perdit son argent et disparut pendant cinq ans, qu'il employa à servir dans les diverses parties de l'Italie. Son retour à Venise surprit tous ses parents, qui ne croyaient plus le revoir, et qui le déterminèrent à s'embarquer pour Patras, où était son bénéfice.

Cette ville était alors attaquée par les Turcs. Le jeune prébendier s'élança au premier rang de ceux qui sortirent pour les combattre, et y reçut une si grave blessure qu'on était sur le point de l'enterrer, lorsqu'il donna quelques signes de vie. Une dispute avec un gentilhomme qu'il appela en duel l'obligea à se démettre de son bénéfice; il épousa une jeune grecque qui mourut bientôt après, et il se remaria avec une fille de la maison Justiniani. Enfin il s'adonna au commerce et l'exerçait depuis sept ans dans la mer Noire, lorsque l'aventure qu'on va lire lui ouvrit une nouvelle carrière.

23: Folieta, Hist. de Gênes, liv. 8.

24: On peut consulter sur les détails de cette rixe et les causes de cette guerre, un man. de la biblioth. de Saint-Marc, intitulé: Cronica di Venezia et come lo fù edificata, et in che tempo et da chi fino all'anno 1446 in-fo p. 40.

25: Histoire de Venise de Pierre Justiniani, liv. 14.

26: Je trouve dans les historiens vénitiens quelques détails sur la solde de celle-ci. Sanuto rapporte que le cavalier, avec ses deux écuyers, coûtait deux cents ducats d'or par an. Il était obligé de se pourvoir d'armes et de chevaux, mais on les lui remboursait quand il les avait perdus au service.

Suivant un ancien document cité par Charles Marin, tome VI, liv. 3, chap. 2, le gendarme recevait trente-six ducats d'or par mois; de sorte que, selon le premier de ces auteurs, on louait un gendarme, ses deux écuyers et ses chevaux, pour deux cents ducats d'or par an; selon l'autre, pour quatre cent trente-deux.

27: «O diva, gratum quæ regis Antium.» (Hor.)

28: Les uns fixent la date de ce combat au 30 mai 1378; les autres la reculent au mois de juillet.

29: Voyage en Dalmatie, par l'abbé Fortis, tom. II.

30: Histoire de Venise, de Paul Morosini, liv. 14.

31: D'autres disent vingt-quatre.

32: Un manuscrit de la Bibl. de St.-Marc, Cronaca anonima della repubbl. de Venesia, dal 695 al 1432, dit qu'ils furent tous massacrés. Daniel Chinazzo, dans sa chronique de la guerre de Chiozza, dit «Havevano fatto decapitare 800 soldati stipendiarj che crano di quelli che in quella giornata havevano preso, la qual nova intesa, il signore di Padova allegro fece far processione e grandissime feste.

33: Et è vero che egli era molto invidiato da i gentilhuomini, perchè tutto il popolo e i marinari lo amavano, e del suo danno ne ricevano dispiacere.

(Cronaca della guerra de Chiozza da Daniello Chinazzo.)

34: E questo fù fatto da tre solamente delle galera sopra dette, essendo il popolo di Venezia in gran numero sopra il lido a questo spettacolo; il qual non fece alcuna di fesa, seben potea darle ajuto assai con le barche armate. E questo fù la maggior vergogna potessero hover Veneziani, vedendo questo fatto su gli occhi.

(Cronaca della guerra di Chiozza da Daniello Chinazzo.)

35: Histoire de Venise, de Paul Morosini, liv. 14.

36: Chronique de la guerre de Chiozza, par Daniel Chinazzo.

37: Suaserat enim sæpiùs Franciscus Carraria, vir singulari prudentiâ, uti Clodiâ fidei suæ commissâ, ipse Venetias obsidere pergeret atque in eo uno omnia ejus studia reponeret, verùm quoniam Francisci aliquantum suspecta fides erat, ne eam in potestate suâ traditam imperii sui faceret, ejus consilium repudiatum est.

(Bartholomæus Facius de bello Veneto Clodiano liber.)

38: Incontenente po che fo presa Chiozza, i Veneziani vezandose a mal partio, scrisse una lettera al magnifico messer Francesco vecchio da Carrara, e dove in prima el dose de Venezia se scriveva de sovra, el se sottoscrisse, e dove che soleva appellare el ditto messer Francesco nobile, el lo appellò magnifico, digando al magnifico e possente segnore messer Francesco da Carrara, di Pava, e del destretto imperial vicario generale, preghemo la magnificenzia vostra che 'l ve piasa di mandare le vostre lettere di salvo condutto a mestre di posser vegnire a la presenzia de la magnitudine vostra, di stare e di tornare liberamente a gli infra scritti ambassaori nostri di nostra intenzione pienamente informà.

(Ad chronicon Cortusionum additamentum secundum. Rerum italicarum scriptores, tom. XII, p. 985.)

39: Tutti gridavano ad alta voce: Se roi volete che andiamo in galera, dateci il nostro capitano, Messer Vittorio Pisani, ch'è in prigione.

(Marin Sanoto Vite de' duchi, A. Contarini.)

40: E udendo questo il detto Vittorio Pisani vene alle cantellene dicendo, Viva messere san Marco. (Sanuto ib.)

41: Sabellicus, seconde decade, liv. 6.

42: Ad conspectum principis et patrum adductus, non turbidà non truci sed læta hilarique fronte senatum omnem salutavit. Eum ad pedes constitutum Contarenus princeps ita affatus dicitur: Fuit tempus, Victor, quo justitiæ studuimus; nunc gratiarum tempus est. Jussimus te ob cladem ad Polam acceptam in custodiam adduci; nunc te liberandum duximus. Tu, quæso, ne cognoscere velis utrum æquius fuerit facere; quin oblituratâ præteritorum memoriâ rempublicam respice illam jacentem erige ac tuere, ac demum fac ita ut tibi publicam privatamque salutem debeant tui cives qui te, ob amplissimas virtutes tuas, colunt et honorant.

Sabellicus, ibid.

43: Voyez ce discours que j'abrège dans Sabellicus, 2e décade, liv. 6, et dans l'Histoire de Venise, par Pierre Justiniani, liv. 5.

44: Pierre Delfino dans sa Chronique.

45: Disperata d'ogni parte la pace, dicesi che alcuni ebbero pensiero di abbandonar la città e passar ad habitare e trasportare la repubblica in Candia o in Negroponte.

(Histoire de Paul Morosini, liv. 15.)

Classem quàm occultissimè compararunt, eo consilio ut si res ex sententiâ non succederet, translatis in naves conjugibus ac liberis cura iis quibus possent facultatibus, relictâ urbe, in Cretam commigrarent, ibique sedes suas conderent.

(Bartholomæus Facius de bello veneto Clodiano liber.)

46: Marin Sanuto Vite de' duchi, A. Contarini.

47: Sopra vi erano 300 combattitori, et era di trè coperte tutta incorata di fuori via, e pareva a vedere un castello.... essa Bichignana (c'était le nom de ce vaisseau) fù il maggiore e il pià bel naviglio che fosse mai veduto in quelli mari.

(Cronaca della guerra di Chiozza da Daniello Chinzaao.)

48: Due grosse bombarde, l'una detta la Trivisana che gettava pietre di peso di libre 195, l'altra detta la Vittoria che ne gettava di peso di libre 140.

(Cronaca della guerra di Chiozza da Daniello Chinazzo.)

49: Histoire de Venise de Nicolas Doglioni, liv. 5.

50: Chinazzo dit que le froment valait 9 livres le staro, le vin 10 liv. la quarte, la viande fraîche 5 sols la livre, la viande salée et le fromage 8 sols la livre, le bois 11 livre, la voie (le carro). Il paraît que ces prix étaient très-élevés, car le même auteur dit plus bas; «Era venuta grandissima carestia di tutte le cose sicchè la gente di bassa condizione conveniva abbandonar la città, non si potendo aver framento nè vino per danari.» Il ajoute qu'à la fin de janvier 1380, le staro de froment se vendait 15 livres.

51: Nullum mite responsum est redditum, nisi ut certo scirent se paulo post in vincula ituros, tum patres de eorum vità et morte maturiùs consulturos. Sabellicus, 2e décade, livre 6.

52: Cronaca della guerra di Chiozza da Daniello Chinazzo.

53: Voyez l'analyse du traité dans Marin Sanuto; voyez aussi la Chronique de Chinazzo.

54: Hist. d'André Navagier. Perché gli altri, non essendo sovvenuti da alcuno, erano morti di disagio.

55: On peut voir sur ce fait l'Histoire de la ville de Padoue par André Gattaro. Muratori l'a insérée dans sa collection des historiens d'Italie, tom. XVII, p. 465.

56: J'ai transcrit cette liste de la continuation de la Chronique d'André Dandolo par Raphaël Carresini alors grand-chancelier de Venise et l'un des trente nouveaux patriciens. Je trouve dans un manuscrit de la bibl. de S.-Marc (Cronaca anonima della rep. di Venezia), le résultat des ballottages pour ces nominations. Jean Garzoni fut admis au patriciat à la majorité de 78 voix contre 11, Marc Cicogna de 61 contre 22, Nicolas Paulo de 62 contre 24, Vendramini de 78 contre 11. Ainsi il n'y avait pas cent votants; ce qui prouve que cette nomination se fit dans le sénat, mais on la soumit sans doute au grand conseil.

57: Le 25 octobre 1396.

58: Storia civile e politica del commercio de' Veneziani, di Carlo Antonio Marin, tom. VI, lib. 3, cap. 2.

Cet auteur nous apprend que la livre de gros d'or valait dix ducats, et la livre d'argent le tiers du ducat: d'où il résulterait que la livre de gros d'or valait trente fois la livre d'argent. Si ces deux livres étaient d'un poids égal, il faudrait en conclure que la valeur relative de l'argent et de l'or était dans la proportion d'un à trente. Cela est difficile à croire; car un grand nombre de témoignages et de faits attestent qu'à cette époque, et depuis long-temps, l'or ne valait que quinze fois l'argent. Il est vrai que Charles Marin fait observer, dans le même chapitre, que la valeur relative de ces deux métaux n'avait pas été exactement observée dans les monnaies vénitiennes; mais on ne peut pas supposer une différence si considérable. Il est probable que le poids de ce qu'on appelait la livre d'argent n'était pas le même que celui de ce qu'on appelait la livre d'or; ou bien qu'il y a quelque faute dans le passage qui a donné lieu à cette note.

59: En 1390 Jacob Frégose; en 1391 Antoniotto Adorno III; en 1392 Antoine Montalto; en 1393 Pierre Frégose, Clément Promontorio, François Giustiniani; en 1394 Antoine Montalto II, Nicolas Zoalio, Antoine Guarco et Antoniotto Adorno IV.

Chacune de ces années fut signalée à Gênes par plusieurs révolutions.

60: On peut voir sur cette affaire un fragment que Muratori a inséré dans ses Antiquités italiennes du moyen âge, tom III, p. 1191, intitulé: «Historia belli foro juliensis a Johanne Notario quondam Aylini de Maniaco autore synchrono ab anno 1366 usque ad 1388.» Voici les effets que produisit la dissidence des opinions au sujet du patriarche, «Utinenses eum in commendam habere recusaverunt; videlicet sic libertas patriæ totaliter foret perdita, et dicentes: Melius est quod patria destruatur quàm libertas amittatur. Et hoc modo in quâcumque civitate, castro et villâ partes magnæ ortæ sunt de fratre ad fratrem, de consorte ad consortem, de patre cum filio, et non solum inter homines, verum etiam inter mulieres tam civiles quam rurales, tam parvas quam majores.

61: Histoire ecclésiastique de l'abbé Fleury, liv. 97, § 53, 62; liv. 98, § 20, 21, 22, 23, 25, 33. Parmi ces cardinaux, il y en avait un qui était de Venise, Louis Donato, l'un des savants hommes de son temps.

62: Naples, que se disputaient Louis d'Anjou, frère du roi de France, et Charles de Hongrie; Castille, que se disputaient Jean, roi de Castille et de Léon, et Jean de Gand, duc de Lancastre, oncle du roi d'Angleterre; Hongrie, que se disputaient Charles de la Paix et Marie fille du dernier roi.

63: François Verdizzotti, de' Fatti veneti, lib. 16, Paul Morosini, Hist. di Venetia, lib. 17.

64: Il existe aux archives de Venise, un manuscrit intitulé: Raccolta di varie leggi e decreti veneti, dans lequel on trouve une pièce sous ce titre: Copia delli patti firmati pel nobil huomo Z. Miani capitano del golfo, con alcuni nobili al Castello di Alessio. Ce traité, dans lequel on voit que ce sont quelques nobles qui livrent la place, ne contient d'ailleurs aucune clause remarquable.

65: Froissard.

66: Histoire anonyme de saint Denis, liv. 16, chap. 11.

67: Voltaire dit dans son Essai sur les mœurs, au sujet de Mahomet II, qu'il ne faut pas croire qu'un sultan eût fait ouvrir le ventre à tous ses pages pour savoir lequel d'entre eux avait mangé un melon. Ce conte ressemble trop à celui qui est rapporté ci-dessus, pour qu'on puisse douter que cet illustre écrivain ne les rejette l'un comme l'autre; mais Gibbon répète celui-ci d'après l'autorité de Chalcondyles, liv. 2, et celle d'un historien persan, Shereseddin-Ali, (Histoire de Timour Bec, liv. 5, chap. 15, dont Petit Delacroix a donné une traduction en français).

68: Il y a beaucoup d'incertitude sur cette date; je la transcris de l'Art de vérifier les dates; mais l'auteur lui-même ajoute que les historiens turcs placent cet évènement en 1388, et Leunclavius, en 1393.

69: Il y a des historiens qui fixent la date de cette bataille au 28 juillet 1402. L'Art de vérifier les dates la rapporte au 30 juin.

70: François Verdizzotti, de' Fatti Veneti, lib. 17. Et la Chronique de J. Bembo, qui fait suite à celle de Dandolo, disent que cette flotte était de vingt-une galères.

71: Cette lettre est rapportée par Marin Sanuto.

72: Les historiens génois conviennent eux-mêmes de la victoire des Vénitiens; «Verùm ubi classes cohæsere, Genuenses, (ii enim numero inferiores erant, et plurimum morbo languebant), paulatim cedere cœperunt, maximè vero illis oberant onerariæ triremes, è quibus desuper omni telorum genere petebantur; cùmque vim diutiùs ferre non possent, tribus onerariis, totidemque rostratis amissis, sese in fugam conjecerunt.

(Bartholomoeus Facius de bello veneto liber.)

73: Il est dans les annales génoises de Georges Stella, Rerum italicarum scriptores, tom. XVII, page 1203.

74: Marin Sanuto, Vite de' duchi, M. Steno.

75: Le 23 novembre 1400.

76: Histoire du gouvernement de Venise, par Amelot de la Houssaye, 1re partie.

77: Marin Sanuto, Vite de' duchi Michel Steno.

78: Jean Bembo, dans sa Chronique qui fait suite à celle de Dandolo, attribue ce fait au fils de Carrare. «Filius Francisci Carrarii qui ibi in castris præfectus copiarum erat, irâ accensus tibicen interfici jussit, abscissis priùs ei auribus et naribus, dicendo, Efficiamus ex tibicine leonem sancti Marci.»

79: Jacques Delayte, Annales d'Este.

80: André Biglia, dans son Histoire de Milan, liv. 1er, et André Gattaro dans son Histoire de Padoue. Celui-ci était témoin oculaire de cette calamité; il y perdit son père.

81: Le 3 octobre.

82: Con circa 20 cittadini. Histoire de Padoue, par André Gattaro. Rerum italicarum scriptores, tom. XVII p. 936.

83: L'orateur de cette députation était l'un des hommes les plus savants de Padoue et de l'Europe, François Zabarella, dont les Vénitiens récompensèrent la prompte soumission en lui donnant une riche abbaye. (Jacobi-Philippi Tomasini, illustrium virorum elogia.)

Le pape Innocent VII, le nomma à l'évêché de Padoue: c'était un poste dangereux pour un Padouan nouveau sujet de la république. Zarabella le refusa de peur de choquer les Vénitiens, et dans la suite fut nommé cardinal.

84: Histoire de Milan, par André Biglia, liv. 1er.

85: En 1318.

86: L'abbé Laugier s'est efforcé de justifier le meurtre des Carrare. C'est bien pis encore quand on lit les historiens vénitiens: on est étonné, humilié des arguments que la bassesse trouve pour justifier la tyrannie.

On raconta que François Carrare nourrissait des dogues pour faire mettre en pièces et dévorer ceux qu'il haïssait. On montra jusqu'à ces derniers temps, dans une des salles du palais de Saint-Marc, deux énormes scorpions que ce prince employait, disait-on, contre ses ennemis. C'était prendre bien du soin pour excuser l'animosité de la république; mais on ne justifie pas un assassinat.

87: Cette famille de Barbo avait voué une ancienne inimitié aux Carrare, dont elle avait cependant éprouvé la générosité. En 1381, des ambassadeurs que la république envoyait au duc d'Autriche, tombèrent entre les mains de François Carrare: «E tutti furono condotti prigioni a Padova al signore che volentieri vide gli ambasciatori, e massime il Barbo, (Pantaléon), perchè gli era stato il più fiero nemico che egli avesse avuto in Venezia. Nondimeno gli fece honor grande, allogiandolo col compagno in Corte, se ben sotto buona guardia. Anziche più volte volle essere a raggionamento con lui, e dimostrargli quello che egli poteva fare a sua vendetta; ma che non voleva in tal modo vendicarsi. E lo represe con modeste parole, che nell'avvenire, non volesse sparlar de' fatti de' signori, come aveva già fatto di lui; e finalmente gli disse, che egli si contentava di donargli la vita e la libertà insieme; e così lo liberò, e fù l'officio suo frustratorio e vano, perchè quando esso Barbo fù ritornato a Venezia, gli fù più fiero nemico che mai, e massime nel trattato della pace.»

(Cronaca della guerra di Chiozza da Daniello Chinazzo.)

Mais il faut ajouter que ce même Carrare avait voulu faire assassiner ce Pantaléon Barbo quelques années auparavant.

88: Chronique de Trévise d'André Redusi de Quere.

89: E fù detto esser morto di Catarro. (Marin Sanuto, Vite de' duchi, M. Steno.)

90: Le prince, ch 3.

91: Quò magis animis quam legibus tulisse sententiam viderentur. (Vie de Charles Zéno, par Jacques Zéno, liv. 9.)

92: Navagier Storia veneziana.

93: Marin Sanuto Vite de' duchi, M. Steno.

94:

URBAIN VI.   CLÉMENT VII.
9 avril 1378.   21 septembre 1378.
Barthélemi Prignano   Robert de Genève.
 
Les cardinaux qui l'avaient élu se déclarèrent contre lui, en le traitant d'apostat et d'antechrist.   Élu par quinze des seize cardinaux qui avaient nommé Urbain VI cinq mois auparavant.
C'est celui qui fit mettre six cardinaux à la torture dans sa chambre.    
     
BONIFACE IX.    
2 novembre 1389.    
Pierre Tomacelli.   BENOÎT XIII
Ce fut lui qui établit les annates.   28 septembre 1394.
    Pierre De Lune.
INNOCENT VII.   Il excommunie quiconque sera d'une opinion contraire à la sienne.
17 octobre 1404.  
Cosmat Meliorati.   Déposé par le concile de Pise, et ensuite par celui de Constance, qui le déclare fauteur du schisme, païen, publicain, parjure, hérétique, et rejeté de Dieu.
Chassé momentanément de Rome par un soulèvement.  
     
GRÉGOIRE XII.    
30 novembre 1406.   ALEXANDRE V.    
Ange Corrario.   26 juin 1409.    
Déposé par le concile de Pise: finit par abdiquer.   Pierre Philargi.    
  Il avait été mendiant; d'ailleurs fort savant homme.    
       
    JEAN XXIII.    
    17 mai 1410.    
    Balthazar Cossa.    
    Il avait été corsaire. C'est de ce pape que l'on raconte qu'il s'était nommé lui-même ego sum papa. Déposé par le concile de Constance; meurt en 1419, sans être remplacé.    
MARTIN V.      
11 novembre 1417     CLÉMENT VIII.
Othon Colonne.     Juin 1424.
Met fin au schisme, et reste en possession du saint-siége.     Gilles Mugnos.
    Élu par deux cardinaux. Abdique en 1429.

95: Nel concilio di Costanza seguì un certo rumore trà l'arcivescovo di Milano e l'arcivescovo di Pisa, e dalle parole ne vennero alle mani, volendosi strangolare l'un l'altro, perchè non aveano armi. Onde molti si gittarono giù per le finestre del concilio.

(Marin Sanuto, Vite de' duchi, Th. Mocenigo.)

96: Cronica di Venezia et come lo fù edificata et in che tempo et da chi.

(Manuscrit de la bibliothèque de Saint-Marc.)

97: Les historiens ne sont pas d'accord sur l'époque de l'acquisition de Patras. Sanuto (Vite de' duchi, F. Foscari) la rapporte à l'an 1423, et dit: È da sapere che la città di Patras fù lasciata alla signoria per Stefano Arseni Zaccharia, arcivescovo di detta città, il quale avea il temporale, e lo spirituale di Patras.

98: Jo. Lucii de regno Dalmatiæ, lib. 5, ch. 5.

99: Chronaca di Venezia corne lo fù edificata, et in che tempo et da chi fino all'anno 1446.

(Manusc. de la biblioth. de St-Marc, fo 48.)

100: S'ebbe nuova essere il signor Ottobuono terzo, stato morto il suo corpo fù portato a Modena, il signor Vito di Camerino ne voleva un quarto e l'ebbe, e gli altri tre quarti furono messi alle porte di Modena e di Cremona, e le budelle furono buttade a' cani un'orecchia ebbe messer Tommaso da Isabia, l'altra ebbe il signor di Cortona. La testa fù messa sopra una lancia nella cuba della chiesa di Ferrara del duomo. Altri mangiarono della sua carne. Tamen di tal morte ho veduto altramente. (Marin Sanuto, ibid.)

101: Marin Sanuto, Vite de' duchi, Th. Moncenigo.

102: Voici comment cette affaire est racontée dans un manuscrit de la bib. de St.-Marc, intitulé: Cronaca di Venezia et come lo fù edificata et in che tempo et da chi fino all'anno 1446, in-fo, page 42. «Mars 1412, Francesco Baldo pense cruellement, contre l'honneur de la seigneurie; Barthélemi Anselmi vient la nuit, déguisé, le dénoncer au doge. Baldo est conduit à la chambre des tourments, et sans aucun préalable, appliqué sur le chevalet où il avoue son crime. Le conseil des Dix prononce à l'instant, et à l'instant Baldo est pendu à la colonne rouge du palais neuf. Barthélemi et tous les siens sont admis au grand conseil, pour apprendre à tous que telles choses doivent se révéler.»

103: Il amena 2000 lances: la république lui payait par mois 1000 ducats pour lui et 13 par lance.

(Cronaca di Venezia et corne lo fù edificata, et in che tempo et da chi, fino all' anno 1446, man. de la biblioth. de St-Marc, fo 41.)

Je trouve cependant dans le même manuscrit, fo 44, que l'année suivante, en 1412, les Vénitiens ne payaient plus les lances que 4 ducats par mois.

104: Historia veneta, di Paolo Morosini, lib. 18. Voyez aussi Marin Sanuto, Vite de' duchi, M. Steno.

105: Cronaca di Venezia et come lo fù edificata, et in che tempo et da chi fino all'anno 1446.

(Manuscrit de la biblioth. de St.-Marc, foglio 41.)

Ce traité est du 2 février 1411.

106: Marin Sanuto dit 32000 et 800 à Chiozza.

107: Historia di Venezia, di Paolo Morosini, lib. 22.

108: Le rapport de Pierre Loredan, dans lequel il raconte cette bataille, a été conservée par Marin Sanuto. (Vite de' duchi, Th. Moncenigo.)

109: Castel di ferro, Zunchio di Belvedere, Cataligo, Bussiello, Serravalle, Luerni, Calopitani, Guffo, Latorre, Mantievere, Zerbi, Zancana.

110: Historia veneta Petri Justiniani, lib. 6.

111: I nostri vollero da quella terra, acciocchè non fosse saccheggiata, ducati 30,000.

(Marin Sanuto, Vite de' duchi, Th. Moncenigo.)

Ce fut à Udine que les Vénitiens conquirent une de leurs plus précieuses reliques, l'évangile écrit de la main de saint Marc. «Era il cielo in quei tempi tanto per benedir la repubblica, ch'oltre all'ampliazione di stati, le concesse eziandio de' suoi divini tesori; trovatisi in Udine gli evangelii scritti da San Marco in lingua latina di propria mano, che trasportaronsi a Venezia.»

(Fatti veneti di Francesco Verdizzzotti, lib. 18.)

«Altro aquisto furono gli evangelii scritti in lingua latina di mano di San Marco. (Historia di Venezia di Paolo Morosini, lib. 18.)

Doglioni, (Historia veneziana, lib. 6,) ajoute à ce récit des circonstances miraculeuses.

112: Essai historique et commercial sur les Bouches de Cattaro, par M. Adrien Dupré.

113: Historia di Venezia di Paolo Morosini, lib. 19. On fit dans ce temps-là le calcul du blé que Venise faisait venir des pays voisins, on trouva qu'elle tirait:

De la Dalmatie, de l'Albanie et de la Grèce 170,000 Mesures de froment.
De la côte d'Italie, depuis Ravenne jusques en Calabre 146,000
Du Padouan et du Trévisan 30,000  
  346,000  

En tout 346,000 mesures; il reste à déterminer quelle était cette mesure. L'historien que je viens de citer la nomme stara, le staro pesait 63kil 90; ce qui donne une consommation d'à-peu-près 230 livres de grain par tête et par an.

114: On en trouve aussi la preuve dans ce passage de l'historien Sanuto, qui se rapporte à une estimation des propriétés faite peu de temps après, en 1425. «A gli 8 d'ottobre fù preso in pregadi che si dovessero stimare tutte le possessioni di Venezia, e furono fatti sei gentiluomini, cioè trè di quà da canale, e trè di là, che avessero le stime vecchie, co' loro maestri, murari e marangoni, notai e uffiziali. E cosi fù stimato, la quale stima fù questa e nota che fù accresciuta dalla vecchia per lire 72,424.» On voit qu'il y avait dès-lors à Venise une espèce de cadastre. M. Simonde Sismondi dans son Histoire des républiques italiennes du moyen âge, liv. 65, attribue l'invention du cadastre aux Florentins, et la place en 1429. Ce passage que je viens de citer paraît prouver que cette méthode de perception était déjà connue à cette époque.

Il existe à la Bibliothèque-du-Roi, sous le no 10444, in-4o, un manusc. intitulé: Croniche di Venezia fino all' anno 1442, où je trouve ce passage sous la date de 1425, e qui di satto si vederà la stima nova e la vecchia delle possessioni di Venezia, tutte fatte a lire de grossi, zacuna lira vale ducati dieci d'oro. Il en résulte que la nouvelle estimation dans les six quartiers de Venise s'élevait, en livres de gros, valant dix ducats,

chacune à 463,422
Et l'estimation ancienne 333,595
Augmentation 129,827

115: Quand on dit une monnaie vaut tant, on la compare à une autre; mais pour se faire une juste idée de cette valeur, il faut la comparer aux valeurs moins variables.

Par exemple, je dis ici qu'un ducat vaut 4 francs 35 cent, voilà le rapport effectif indiqué entre deux espèces de monnaie; mais il reste à savoir ce qu'à telle époque on pouvait avoir pour telle pièce.

On trouve, en lisant attentivement les historiens anciens, quelques indices qui peuvent conduire à cette connaissance. Marin Sanuto raconte, qu'en 1429 il fut délibéré, dans le conseil de Venise, de faire don d'un palais, dans cette capitale, à Louis de Gonzague, prince de Mantoue, ex-capitaine général de la république. On acheta pour cela le palais de Bernard Justiniani de S. Pantaléon: ch'è in capo del rio in volta di canale, e costò alla signoria ducati 6500.

Un autre palais de Nicolas Morosini donné la même année au vaivode d'Albanie, coûta 3000 ducats.

On voit encore par un passage du même auteur qu'en 1417, on éprouva une disette, et que le prix de la mesure de froment (le stajo) s'éleva à 2 ducats et 6 sols (le ducat se subdivisait en 96 sols). En 1312 au contraire il y avait eu grande abondance. On pouvait avoir pour un ducat un stajo de froment, une quarte de vin ou une charretée de bois. Le prix moyen du stajo de froment pouvait donc être évalué dans ce siècle à un ducat et demi.

Si aujourd'hui la même maison, la même quantité de blé vaut le double, le triple, il s'ensuit que la même monnaie a perdu la moitié ou les deux tiers de sa valeur, et que par conséquent mille ducats de ce temps-là en valaient 2000 ou 3000 d'aujourd'hui. Quant à la valeur du ducat, il faut savoir qu'à Venise il y avait trois monnaies de ce nom:

Le ducat d'or valant à-peu-près 17 liv. tourn.
Le ducat d'argent ou effectif valant de 4 l. à 4 l. 10 s.
Le ducat courant ou de compte de 3 l. 5 s. à 4 l.

Dans les affaires d'administration, on comptait par ducat effectif; dans le commerce, on comptait par ducat de compte.

Le ducat effectif se divisait en 8 livres vénitiennes, et le ducat de compte valait 61. 4 sols vénitiens.

116: Je trouve cependant dans un manuscrit de la biblioth. St-Marc, intitulé: Cronica de Venezia et come lo fù edificata et in che tempo, et da chi, fino all'anno 1446, une circonstance qui ferait juger que les constructions étaient dès-lors chères à Venise. La couverture de l'église Saint-Marc, y est-il dit, avait été consumée par un incendie, en 1419. Il en coûta, pour la rétablir, 19000 ducats d'or.

117: Ce tableau est pris de l'Histoire de Marin Sanuto, Vite de' duchi, à la fin de la Vie de Thomas Moncenigo. J'ai été obligé d'y changer quelques chiffres, pour faire disparaître des inexactitudes de calcul, au reste peu importantes.

118: Vite de' duchi di Venezia à la fin du règne de Thomas Moncenigo. Questa una copia tratta dal libro dell' illustre messer Tomaso Mocenigo doge di Venezia d'alcuni arringhi fatti per dar risposta agli ambasciatori de' Fiorentini.

119: L'abbé Laugier, (liv. 21 de son Histoire de Venice,) dit qu'on lui a fait observer: 1o qu'il serait étrange que les Florentins eussent choisi un Juif pour ambassadeur; 2o que, suivant Sanuto, le surnom de celui-ci était Barthélemy, et qu'un Juif ne pouvait pas porter ce surnom; 3o que l'historien florentin Poggi parle de ce Valori, comme de l'un des principaux membres du conseil de Florence. Il en conclut que cette qualification de Juif n'est qu'une erreur, ou une injure. Il ajoute que ce Valori, noble florentin, passa ensuite en Provence, où il devint la tige d'une famille recommandable.

120: Cet exemple est assez mal choisi. On sait que peu de peuples ont été si souvent et si long-temps en guerre que les Romains.

121: L'orateur à chaque espèce de produit répète la formule: «Pour nourrir 500 personnes et pour en avoir encore à vendre.»

122: Canepani, je ne suis pas sûr d'avoir traduit ce mot bien exactement. Suivant Ducange, canepinus ou canabinus vestimentum de pannno canepino grossissimo, vient de canava, qu'il explique par pro canabi seu tela canabina.

123: Il doit ici y avoir une erreur de chiffres dans l'édition de Sanuto donnée par Muratori, car le calcul ne serait pas exact.

124: Verzino. Les dictionnaires traduisent ce mot par bois de Brésil. L'Amérique n'était pas encore découverte; mais ce bois était connu et nommé ainsi avant que le Brésil fût découvert.

125: Endachi. Plante qui sert à la teinture.

126: Le comte Filiasi dans ses Recherches sur le commerce de Venise, p. 70, évalue le produit du sel à un million de ducats.

127: Voici le texte qui prouve que c'est le doge lui-même qui est l'auteur de ce manuscrit copié par Sanuto: «Per modo che noi chiamamo il consiglio, e a' que' notificamo tutte queste cose ch'eglino aveano dette; poi parlammo, signori, voi vedete, etc.»

128: Marin Sanuto rapporte un autre discours de Moncenigo à Foscari, tendant à prouver par une longue parabole que les conquêtes ne sont pas profitables lorsque la dépense en absorbe les revenus.

129: Ibid.

130: Marin Sanuto Vite de' duchi di Venezia.

131: Sanuto, Vite de' duchi, F. Foscari.

132: Mirabile per struttura di quaranta fortissime torri.

(Fatti veneti di Francesco Verdizzotti, lib. 18.)

133: Sanuto, Vite de' duchi; F. Foscari.

134: Voyez l'Histoire Turque de Saadud-din-Mehemed Hassan, traduite par Galland, règne d'Amurat II. Man. de la Biblioth.-du-Roi.—No 10528.

135: Marin Sanuto, Vite de' duchi, F. Foscari.

136: Historia Mediolanensis Andreæ Billii L. V. Ces harangues, dont je prends la substance, sont rapportées par Sabellicus, liv. 9 de la 2e décade, par Pierre Justiniani, dans son Histoire de Venise, liv. 6, et par Paul Morosini, Histoire de Venise, liv. 19.