1: Correspondance de Bonaparte, t. I, II, III.—Œuvres de Napoléon à Sainte-Hélène, campagnes d'Italie.—Botta, Histoire d'Italie de 1789 à 1814.—Cantu, Histoire des Italiens (t. XI de la traduction française).—Cusani, Storia di Milano.—Beccatini, Storia del memorabile triennale governo francese e se dicente Cisalpino.—Giornale storico del 1797 al 1806.—Compendio della Storia patria della Republica Cisalpina. (Les 38 volumes du Giornale et les 9 volumes du Compendio se trouvent à la bibliothèque Ambrosienne de Milan.)—Bonfadini. La Republica Cisalpina e il primo regno d'Italia.—G. de Castro. Milano e la Republica Cisalpina giusta la poesie, le caricature ed altre testimonianze dei tempi.—Verri. Storia del invasione dei Francesi nel Milanese. (Rivista cont. di Torino, juillet-août 1850.)

2: L'Autriche les redoutait tellement qu'elle avait fait traduire par Fontana le livre d'Arthur Young contre la France, et avait commandé à l'abbé Soave un ouvrage, ou plutôt un pamphlet, où les Français étaient représentés comme des cannibales.

3: L'archiduc Ferdinand était accusé de spéculer sur les grains. Le fameux peintre Gros fit sa caricature sous la forme d'un cochon, dont un soldat français ouvrait le ventre, pour en extraire le grain mal acquis. Il se vendit en un jour vingt mille exemplaires de ce dessin. Voir Stendhal, Chartreuse de Parme, § 1er.

4: On lui avait adjoint le décurion Giuseppe Resta.

5: Lettre de Marmont à son père (Milan, 15 mai 1700) insérée dans les Mémoires du maréchal (t. I, p. 322). «Mon tendre père, nous sommes aujourd'hui à Milan. Hier, nous y avons fait notre entrée triomphale. Elle m'a donné l'idée de l'entrée à Rome des anciens généraux romains, lorsqu'ils avaient bien mérité de la patrie. Je doute que l'ensemble de l'action offrit un coup d'œil, un spectacle plus beau et plus ravissant. Milan est une très grande ville, très belle et très peuplée. Les habitants aiment les Français a la folie, et il est impossible d'exprimer toutes les marques d'attachement qu'il nous ont données.»

6: Verri, cité par Cantu, Histoire des Italiens, t. XI, p. 01. Cf. les premières pages de la Chartreuse de Parme, par Stendhal. Ce n'est qu'un roman, mais qui, par la précision des détails et l'exactitude des descriptions, vaut bien des livres d'histoire.

7: Dans sa Vie de Napoléon (p. 127), Stendhal est revenu sur ce dénuement de l'armée d'Italie. Il raconte que le lieutenant Robert possédait pour toute chaussure des empeignes, mais dépourvues de semelle. Deux officiers n'avaient à eux deux qu'un pantalon de Casimir couleur noisette et une longue redingote croisée sur la poitrine, plus trois chemises, le tout misérablement rapiécé. Ce fut seulement à Plaisance que ces deux officiers, qui venaient de toucher quelques pièces de monnaie sur leur solde arriérée, purent compléter leur garde-robe.—Cf. Moniteur du 7 juin 1796.

8: On citait alors parmi ces Milanaises Mme Visconti, qui inspira à Berthier une passion si persistante, Mme Grassini, qui aima Bonaparte, Mme Lambert, jadis distinguée par l'empereur Joseph II, Mme Monti, la femme du poète, Mme Ruge, femme d'un avocat qui plus tard devint Directeur, Mme Pietra Grua Marini, femme d'un médecin, etc.

9: Il n'y eut qu'un seul homme, un acteur, Marchesi, qui eut le courage de rester fidèle à ses opinions. Il refusa de chanter au théâtre en l'honneur des Français. Voir Alfieri, Miso Gallo, ép. XXIV, note 36. Le général Dupuy lui intima l'ordre de quitter Milan dans les vingt-quatre heures. Par grâce, Berthier lui permit de rester enfermé dans une maison de campagne qui lui appartenait. Pourtant, dès l'année suivante, Marchesi, qui se trouvait alors à Gênes, ne refusa pas, dans l'opéra de Sauli intitulé: Il Trionfo della Liberta, le rôle du dieu Mars combattant pour l'humanité oppressée. Cf. Masi: Parruche e Sanculotti, p. 337. D'après Botta (liv. VI, p. 430): «D'innombrables écrits furent publiés à la louange de Bonaparte bien plus qu'à la louange de la liberté. Il faut le dire, les Italiens se répandirent alors en adulations dégoûtantes. Celui-ci l'appelait Scipion, cet autre Annibal, le républicain Ranza le nommait Jupiter.»

10: Arrêté du 10 mai 1796.

11: La municipalité de Milan comptait seize membres: Visconti, Caccianini, Serbelloni, Lattuada, Bignami, Corbetta, Sopransi, Poro, Verri, Pioltini, Sommariva, Sangiorgio, Crespi, Pelegata, Ciani, Parea.

12: Correspondance, t. I, p. 322 (Milan, 24 mai 1796). Cf. lettre aux municipalités de Milan et de Pavie (Milan, 24 mai 1796. Corresp., t. I, p. 323): «Je désire, Messieurs, que l'Université de Pavie, célèbre à bien des titres, reprenne le cours de ses études. Faites donc connaître aux savants professeurs et aux nombreux écoliers de cette Université que je les invite à se rendre de suite à Pavie, et à me proposer les mesures qu'ils croiront utiles pour activer et redonner une existence plus brillante à la célèbre Université de Pavie.»

13: Correspondance, t. I, p. 286. Milan, 17 mai 1797.

14: Correspondance, t. I, p. 298.

15: Correspondance, t. I, p. 300.

16: Correspondances t. I, p. 292. État des objets de sciences et arts désignés par le général Bonaparte pour être emportés à Paris.

17: Milan, 21 mai 1796. Corresp., t. I, p. 312.

18: Peschiera, 1er juin 1796. Corresp., t. I, p. 346.

19: Cf. Lettre au Directoire (8 mai 1796.—Correspondance, t. I, p. 291). «J'ai fait passer à Torlone pour au moins deux millions de bijoux et d'argent en lingots, provenant de différentes contributions. Ils attendront là jusqu'à ce que vous ayez donné des ordres pour leur destination ultérieure.»

20: Alfieri, Misogallo, épigramme LXI. Traduction inédite d'Hugues.

21: Modène, 17 octobre 1796. Corresp., t. II, p. 58.

22: Correspondance, t. I, p. 295. Lettre de Bonaparte à la municipalité de Milan.

23: Rosa. Il sacco di Pavia, 1797.—Muoni. Binasco, studi storici, 1864.

24: Ces otages, auxquels on joignit ceux de Pavie, furent jetés en voiture, avec escorte de cavalerie, conduits à Tortone, puis à Cuneo, et enfin à Nice. Ils revinrent les uns après les autres, mais après avoir fait très humblement leur soumission. Voir G. de Castro, ouv. cit., t. I, p. 87-88.—Cf. Correspondance, t. I, p. 135. Lettre de Bonaparte au général Despinoy.

25: Proclamation aux habitants de la Lombardie, Milan, 25 mai 1796. Correspondance, t. I, p. 323.

26: Botta (VII, p. 473) reconnaît pour tant que les soldats se contentèrent de voler, de violer et de brûler: ils ne tuèrent pas. «N'oublions pas de dire que, parmi ces violations de la propriété, ces insultes à la chasteté, le sang du moins ne rougit pas les mains du vainqueur, sujet bien digne, je ne dirai pas de surprise, mais des plus grands éloges, puisque le soldat trouvait à la fois impunité et profit.»

27: Lettre au Directoire, 1er juin 1796, Correspondance, t. II, p. 34.—L'ordre avait été donné de respecter les bâtiments de l'Université et les maisons des professeurs. Il fut scrupuleusement exécuté.

28: Lanfrey, Histoire de Napoléon 1er, t. I.

29: Vérone, 9 août 1796. Correspondance, t. I, p. 533.

30: Cusani. Storia di Milano, V, 10.

31: Ordre. Milan, 13 juillet 1797. Correspondance, t. III, p. 179: «Le général en chef, instruit que la tranquillité publique a été un moment troublée à Milan, que l'on n'y a pas vu sans quelque inquiétude des individus vêtus d'habits dits carrés, forme d'habillement signalée dans l'opinion comme tenant à un parti, défend à tout individu tenant à l'armée de porter des habits dits carrés, sous peine d'être arrêté et puni comme perturbateur»

32: Brescia, 30 août 1796. Correspondance, t. I, p. 573.

33: Milan, 12 octobre, 1796. Correspondance, t. II, p. 50.—Cf. lettre du 2 octobre (t. II, p. 29).

34: en outre, ils se donnaient le genre d'être royalistes et affichaient leurs espérances réactionnaires. «Les charrois sont pleins d'émigrés, écrivait Bonaparte. Ils s'appellent Royal-charrois et portent le collet vert sous mes yeux.» Correspondance, t. II, p. 51.

35: Milan. 1er janvier 1797. Correspondance, t. II, p. 219. Lettre à Berthier: «Je demande que ces trois employés soient condamnés à la peine de mort, ne devant pas être considérés comme de simples voleurs, mais comme des hommes qui, tous les jours, atténuent les moyens de l'armée.»

36: Lettre du 12 octobre 1796 (t. II, p. 51): «Diriez-vous que l'on cherche à séduire mes secrétaires jusque dans mon antichambre?»

37: Lettre à Garrau.—Modène, 16 octobre 1796. Correspondance, t. II, p. 56. «De tous côtés, on réclame contre la Compagnie Flachat; tous ses agents sont d'un incivisme si marqué que je suis fondé à croire qu'une grande partie sert d'espions à l'ennemi.»—Cf. Lettre au Directoire, Forli. 3 février 1797 (t. II, p. 303): «Vous ne souffrirez pas que ces voleurs de l'année trouvent leur refuge à Paris ... Si l'on ne trouve pas moyen d'atteindre la friponnerie manifestement reconnue de ces gens-là, il faut renoncer au règne de l'ordre, à l'amélioration de nos finances, et à maintenir une armée aussi considérable en Italie.»

38: Cf. Correspondance, 11 octobre 1796 (t. II, p. 45).—17 octobre 1796 (t. II, p. 59).—11 mai 1797 (t. III, p. 47).

39: Milan, 11 juin 1796. Correspondance, t. I, p. 387.»

40: Cf. Lettre du 8 octobre 1796 (Correspondance, t. II, p. 43) adressée à l'administration générale de la Lombardie: «J'approuve le zèle qui anime le peuple de Lombardie. J'accepte les braves qui veulent venir avec moi participer à notre gloire et mériter l'admiration de la postérité; ils seront reçus par les républicains français comme des frères qu'une même raison arme contre leur ennemi commun. La liberté de la Lombardie, le bonheur de leurs compatriotes, seront la récompense de leurs efforts et le fruit de la victoire.»

41: À l'administration générale de la Lombardie. Lettre écrite de Gratz, le 12 avril 1797. (Correspondance, t. II, p. 483.)

42: Lettre à Lalande, Milan, 5 décembre 1796 (Correspondance, t. II, p. 138). Curieuse dissertation sur les avantages de l'astronomie: «Partager une nuit entre une jolie femme et un beau ciel, le jour à rapprocher ses observations et ses calculs me paraît être le bonheur sur la terre.» Voir une autre lettre de Napoléon à Lalande, directeur de l'Observatoire, qui lui avait recommandé l'astronome Cagnoli: «Mombello, 10 juin 1797. (Corresp., t. III, p. 102): Si le célèbre astronome Cagnoli, ou quelqu'un de ses collègues, avait été froissé par les événements affligeants qui se sont passés dans cette ville (Vérone), je les ferais indemniser. Je saisirai toutes les occasions pour faire quelque chose qui vous soit agréable, et pour vous convaincre de l'estime et de la haute considération que j'ai pour vous. Avant de finir, je dois vous remercier de ce que votre lettre me mettra peut-être à même de réparer un des maux de la guerre, et de protéger des hommes aussi estimables que les savants de Vérone.»

43: Miot. Mémoires, t. I, p. 150.

44: C'est d'eux que Bonaparte parlait quand il écrivait au Directoire (Milan, 20 octobre 1796, t. II, p. 28): «Le peuple de la Lombardie se prononce chaque jour davantage, mais il est une classe très considérable qui désirerait, avant de jeter le gant à l'Empereur, d'y être invitée par une proclamation du gouvernement, qui fût une espèce de garant de l'intérêt que la France prendra à ce pays-ci à la paix générale.»

45: Daru. Histoire de Venise. Pièces justificatives, t. VII, p. 392.

46: Botta. Ouv. cit., liv. XII, p. 46.

47: Bonaparte connaissait parfaitement la situation, si l'on en juge par cette lettre, par lui adressée au Directoire, le 28 décembre 1796: «Il y a en ce moment-ci en Lombardie trois partis: 1o celui qui se laisse conduire par les Français; 2o celui qui voudrait la liberté et montre même son désir avec quelque impatience; 3o le parti ami des Autrichiens et ennemi des Français. Je soutiens et j'encourage le premier, je contiens le second et je réprime le troisième.»

48: Cante. Histoire des Italiens, liv. XI, p. 67.

49: Nozioni democratiche per uso della scuole normali.—Pensieri di un republicano sulla pubblica et privata félicita.—Elementi republicani, par Cavriani.—Dottrina degli antichi sulla liberta.—Della sovranita del popolo.—Un republicano che fu nobile agli ex nobili.

50: Voir B. Giovio. La conversione politica o lettere ai Francesi. Corresp. 1799, let. XIV.—cf. Giovanni de Castro, ouv. cit., p. 129.

51: Beccatini, ouv. cité, I, 23. «Distruggere tutte le religioni existenti nel nostro piccolo globo, rovesciare tutti i troni d'Europa.»

52: Correspondance, II, 132 (25 novembre 1796).

53: Ernesto Masi. Parruche e sanculotti nel secolo XVIII. Milan 1886. Voir pages 271-344. Il teatro Giocobino in Italia.—Cf. Paglici-Brozzi: Sul Teatro giacobino e antigiacobino in Italia, 1796-1805, Milan, 1887.—Marcellin Pellet. Le théâtre de la Cisalpine (Revue politique et littéraire, 21 avril 1888).

54: Il n'est que juste de reconnaître que les partisans de l'ancien régime avaient donné le mauvais exemple. En 1791, avait été représenté à Milan Il Cagliostro, par Natale Boriglio; en 1792, Voltaire muore come un disperato in Parigi par le même; en 1793, la Morte di Luigi XVI, par Tommasso de Terni; en 1794, la Morte di Maria Antonietta d'Austria, par le même, etc.

55: Voici le titre exact de ces rhapsodies, auxquelles Pindemonte n'hésitait pourtant pas à reconnaître une grande valeur. Il les appelait «l'eccellente lezione di morale republicana». 1o E meglio una volta che mai, ossia l'aristocratia vinta della persuasione.—2o Il republicano si conosce alle azioni, ossia lo secolo dei buoni costume.

56: Augusto Aglebert. I primi martiri della liberta italiana. Une complainte fut composée en leur honneur. En voici deux couplets:

O di nostra liberta
Primi martiri ed eroi,
Questo a voi, cantiamo a voi
Inno sacro alla pieta.

L'innocente vostro sangue
Avia, presto, avia vendetta
E tremonte già l'aspette
La Romana crudeltà.

57: I tempi dei Legati e dei Pistrucci, acte III, scène XXIII.—Io, o cielo ... Etieni anche sull Alpi i distruttori dei tiranni? Avanzateei, o Francesi, e vendicate l'offesa umanita.»

58: Il ballo del Papa, ossio il generale Colli a Roma.

59: Giovanni De Castro, ouv. cit., p. 120. Cf. Masi. Parruche e sanculotti, p. 272.

60: Fumagalli. L'ultimà messa celebrata nello chiesa della Rosa, 1851.

61: Cusani. Storia di Milano, V, 54.

62: Scapatto al remo e al tiberin capestro.

63: Milano in uniformo republicano, ossia Ribattezamento delle porte, piazze, contrade, Milan, sans date, cité par de Castro, 129.

64: Cusani. Storia di Milano, V, 54.

65: Giovanni de Castro, ouv. cit., p. 92.

66: Minola, Diario 1796.—Cusani, Storia di Milano, V, 51.

67: Giovanni de Castro, ouv. cit., p. 101.

68: Minola, Diario 1797.

69: L'œuvre principale de Pertusati se nomme Meneghin, c'est-à-dire Polichinelle, sott' ai Francesi. M. de Castro en a donné plusieurs extraits dans son Milano e la Republica cisalpina (1879). Sur Pertusati on peut encore consulter: Cenni, sulla vita et sugli scritti del conte F. Pertusati. Milan, 1823.

70: Voir dans la Chartreuse de Parme, de Stendhal, le curieux portrait du comte del Dongo, enfermé dans son château de Grianta.

71: Curieuse lettre de Bonaparte à Talleyrand, 20 septembre 1797 (Correspondance, t. III, p. 342): «Que l'on ne s'exagère pas l'influence des prétendus patriotes Piémontais Cisalpins et Génois; et que l'on se convainque bien que, si nous retirions d'un coup de sifflet notre influence morale et militaire, tous ces prétendus patriotes seraient égorgés par le peuple. Il s'éclaire, il s'éclairera tous les jours davantage, mais il faut le temps et un long temps.»

72: Lettre au Congrès d'État de la Lombardie. (Correspondance, t. II, p. 157.)

73: Miot. Mémoires, t. I, p. 175.

74: Lettre à Talleyrand. Passariano, 10 septembre 1797. Correspondance, t. III, p. 313.

75: Id. Id.

76: Cité par Barante. Histoire du Directoire, t. II, p. 505.

77: Lettre de Bonaparte au Directoire, 8 mai 1797 (Corresp., t. III, p. 30): «Je fais rédiger ici, par quatre comités différents, toutes les lois militaires, civiles, et administratives qui doivent accompagner la Constitution. Je ferai pour la première fois tous les choix, et j'espère que, d'ici à vingt jours, toute la nouvelle République Italienne sera parfaitement organisée, et pourra marcher toute seule.»

78: Curieuse lettre de Bonaparte, au Directoire, 8 mai 1797 (Corresp., t. III, p. 30): «Mon premier acte a été de rappeler tous les hommes qui s'étaient éloignés craignant les suites de la guerre. J'ai engagé l'administration à concilier tous les citoyens et à détruire toute espèce de haine qui pourrait exister. Je refroidis les têtes chaudes et j'échauffe les froides. J'espère que le bien inestimable de la liberté donnera à ce peuple une énergie nouvelle et le mettra dans le cas d'aider puissamment la République française dans les guerres futures que nous pourrons avoir.»

79: Proclamation aux Lombards, Mombello, 29 juin 1797. (Correspondance, t. III, p. 152.)

80: Cf. le très curieux programme d'une fête célébrée plus tard, le 14 juillet 1797. (Correspondance, t. III, p. 179.)

81: On composa sur cette cérémonie divers écrits satiriques: L'imperatore, l'arciduca e il conte di Wilzek (1797). L'arciduca Ferdinando spectatore incognito alla gran festa della federazione e dialogo fra lui e Carpanino(1797).—De nombreux sonnets furent également improvisés. On les conserve à la bibliothèque Ambrosienne. Cf. de Castro, I, 160.

82: Cf. divers ordres de police pour la Cisalpine (Corresp., III, 18) contre les étrangers, même les Français, astreints à se faire inscrire à la police;—contre tous les citoyens non militaires porteurs de cocarde;—contre les Italiens, non Cisalpins, qui porteraient indûment les couleurs italiennes, etc.

83: Lettre de Bonaparte aux chefs des trois ligues Grises. Milan, 11 novembre 1797. Corresp., t. III, p. 433.

84: Proclamation de Bonaparte. Milan, 14 mai 1797 (Correspondance, t. III, p. 47). «C'est à vous qu'il appartient de consolider la liberté de votre pays. C'est le soldat qui fonde les républiques: c'est le soldat qui les maintient. Sans armée, sans force, sans discipline, il n'est ni indépendance politique, ni liberté civile. Quand un peuple entier est armé et veut défendre sa liberté, il est invincible.» Suit le projet d'organisation des gardes nationales.

85: Bonaparte ne se faisait pourtant pas illusion sur son œuvre, si du moins on en juge par cette lettre à Talleyrand (Passariano, 7 octobre 1797, t. III, p. 370): «Je n'ai point eu, depuis que je suis en Italie, pour auxiliaire l'amour des peuples pour la liberté et l'égalité, ou du moins cela a été un auxiliaire très faible. Mais la bonne discipline de notre armée, le grand respect que nous avons tous eu pour la religion, que nous avons porté jusqu'à la cajolerie pour ses ministres; de la justice; surtout une grande activité et promptitude à réprimer les malintentionnés et à punir ceux qui se déclaraient contre nous, tel a été le véritable auxiliaire de l'armée d'Italie. Voilà l'historique. Tout ce qui est bon à dire dans des proclamations, des discours imprimés sont des romans.»

86: Proclamation de Bonaparte au peuple Cisalpin. Milan, 11 novembre 1797. Corresp., t. III, p. 431.

87: Mémoire servant d'instructions pour le citoyen Tilly.—Projet d'une diversion imprévue en Italie et en Allemagne. Ces deux mémoires, conservés aux Archives nationales, ont été analysés par Iung: Bonaparte et son temps, t. I, p. 419.

88: Iung, ouv. cit., t. I, p. 416.

89: «Il s'agit de savoir si la République de Gênes veut ou ne veut point renvoyer de ses États le nommé Tilly et tous les autres agents ou suppôts de la Convention soi-disant nationale ... et la remise des propriétés de la France à Gênes ... sinon le blocus aura lieu, et la destruction du commerce de Gênes sera complète.» Cité par Iung, t. I, 417.

90: C'est sans doute à ce moment et probablement dans les bureaux de Tilly que fut composée, à Gênes, une chanson contre les Anglais, dont M. Boccardi, le savant professeur de l'Université de Gênes, cite le couplet suivant dans ses Imbreviature di Giovanni Scriba:

Les Génois avaient dit entre eux:
Les Anglais sont de f... gueux;
Ne dansons désormais
Aucun pas anglais;
Dansons la Carmagnole,
Vive le son, vive le son!
Vive le son du canon!

91: Lettre citée par Iung, t. I, 433.

92: Instructions de Ricord à Bonaparte (Iung, t. I, 437).

93: Correspondance, I, 110.

94: Id., 10 avril 1796, I, 120. Cf. lettre du 26 avril au Directoire (I, 180): «Quant à Gênes, vous serez le maître de prescrire ce que vous voulez qu'on fasse. Il serait bon, pour l'exemple, que vous exigiez de ces messieurs quelques millions. Ils se sont conduits d'une manière horrible à notre égard.»—Id., 20 avril, t. II, 207.

95: Ces lettres sont remarquables par le ton de confiance et d'intimité qui y règne. Voir notamment lettre du 1er avril 1797, Correspondance, t. I, p. 120.

96: Deux de ces fiefs repoussèrent toutes les ouvertures de Girola. Pour les récompenser, Bonaparte leur accorda une sorte d'immunité. «Il n'y sera frappé aucune réquisition, à moins d'ordres particuliers. Défense sera faite par le général en chef de l'armée d'Italie, aux différents employés de la République française, de donner aucune espèce d'ordre dans ces susdits fiefs.» Tortone, 13 juin 1796. Correspondance, t. I, p. 307.

97: Lettre de Bonaparte au Directoire, le 11 juin 1796. Corresp., I, 415. «Les grands chemins de Gênes à Novi ont été couverts de nos courriers et de nos soldats assassinés. Les assassins, protégés dans la République, se vantaient publiquement ... du nombre d'hommes qu'ils avaient assassinés. On espérait que tant de raisons d'inquiétude ralentiraient notre marche et nous obligeraient à affaiblir notre corps d'armée.»

98: Voir dans la Correspondance un rapport en date de Tortone, 13 juin 1796: «Le général en chef porte plainte à la commission militaire contre le seigneur d'Arquata, M. Augustin Spinola, comme étant le chef de la rébellion qui a eu lieu à Arquata, où il a été assassiné plusieurs soldats, déchiré la cocarde tricolore, pillé les effets de la République, et arboré l'étendard impérial.... Il demande que la commission militaire le juge conformément aux lois militaires....»

99: Lettre de Bonaparte à Faypoult (7 juin 1796). Correspondance, t. I, p. 375: «... Je suis instruit que le ministre de l'Empereur à Gênes excite les paysans à la révolte et leur fait passer de la poudre et de l'argent. Si cela est, mon intention est de le faire arrêter dans Gênes même.»

100: Ordre du jour du 11 juin 1790. Corresp., I, 101. On peut rapprocher du cet ordre du jour la lettre du 16 juin (Correspondance, I, 410) adressée au gouverneur de Novi: «Vous donnez refuge aux brigands, les assassins sont protégés sur votre territoire; il y en a aujourd'hui dans tous les villages. Je vous requiers de faire arrêter tous les habitants des fiefs impériaux qui se trouvent aujourd'hui sur votre territoire. Vous me répondrez de l'exécution de la présente réquisition. Je ferai brûler les villes et les maisons qui donneront refuge aux assassins ou ne les arrêteront pas.»

101: Correspondance, 16 juin 1796, I, 405.

102: Correspondance t. I, p. 453. Roverbella, 5 Juillet 1796: «Si la République de Gênes continue de se conduire comme elle aurait dû ne jamais cesser de le faire, elle évitera les malheurs qui sont prêts à tomber sur elle. Il nous faut quinze millions d'indemnité pour les bâtiments que, depuis cinq ans, elle laisse prendre sur sa côte... Mes troupes sont en marche. Avant cinq jours j'aurai 18,000 hommes sous Gênes.»

103: Voir Correspondance de Bonaparte, II, 33 (2 octobre 1796): «Il est une autre négociation qui devient indispensable: c'est un traité d'alliance avec Gênes.» Id., II, 42—(8 octobre): «Environné de peuples qui fermentent, la prudence veut qu'on se concilie celui de Gênes jusqu'à nouvel ordre.»—Id., II, 46—(11 octobre): «Je reviens à mon principe en vous engageant à traiter avant un mois avec Gênes.»

104: Curieuse lettre du 15 juin 1796, adressée par Bonaparte à Faypoult: «Nous avons établi beaucoup de batteries sur la rivière de Gênes. Il en faudrait vendre aujourd'hui les canons et les munitions aux Génois, afin de ne pas avoir à les garder, et de pouvoir cependant les trouver en cas de besoin.» Est-il possible de traiter avec plus de désinvolture un gouvernement étranger!

105: Correspondance, t. I, p. 421. Consulter, à propos de ces ménagements calculés, le très intéressant article de M. Ludovic Sciout: la République française et la République de Gênes.(Revue des Questions Historiques, janvier 1880.)

106: Correspondance, t. I, p. 472.

107: Malgré ces protestations intéressées, Bonaparte avait déjà sa résolution arrêtée au sujet de Gênes. Voici, en effet, ce qu'il écrivait à Faypoult, dès le 20 juillet 1796, au sujet d'un incident vulgaire, d'une bataille des rues (Correspondance, t. I, p. 487): «Je suis aussi indigné qu'il est possible de la conduite insolente et ridicule de la populace de Gênes. Je ne m'attendais certes pas à un événement aussi extravagant; cela hâtera le moment.... Au reste, peut-être n'est-il pas mauvais que ces gens-là se donnent des torts: ils les paieront tous à la fois.»

108: Correspondance, Lettre à Faypoult, du 11 juillet 1796 (t. I, p. 472): «Faites passer promptement à Tortone tout ce qui se trouve chez M. Balbi. L'intention du Directoire est de réunir tout à Paris pour faire une grande opération financière. J'y ferai passer trente millions.» Cf. lettres du 22 juin 1796 (t. I, p. 421).—Du 17 juin 1796, au général Meynier (t. I, p. 412).

109: Correspondance, Milan, 21 mai 1796. I, 310. Id., I, 311.—Id.

110: Correspondance. Lettre du 6 juillet 1796, datée de Roverbella: «Je pense, comme le ministre Faypoult, qu'il faudrait chasser de Gênes une vingtaine de familles qui, par la constitution même du pays, n'ont pas le droit d'y être, vu qu'elles sont feudataires de l'Empereur ou du roi de Naples; obliger le Sénat à rapporter le décret qui bannit de Gênes huit ou dix familles nobles; ce sont celles qui sont attachées à la France et qui ont, il y a trois ans, empêché la République de Gênes de se coaliser. Par ce moyen-là, le gouvernement de Gênes serait composé de nos amis, et nous pourrions d'autant plus y compter que les nouvelles familles bannies se retireraient chez les coalisés, et dès lors les nouveaux gouvernants de Gênes les craindraient comme nous craignons chez nous le retour des émigrés.»

111: Marcellin Pellet. La Révolution de Gênes en 1797.—Cf. Ach. Neri. Un giornalista della rivoluzione genovese (Illustrazione Italiana, fév. 1887).—Belgrano, Imbreviature di Giovanni Scriba (1882).

112: Lettre citée par Botta, t. II, p. 451.

113: Correspondance, t. III, p. 75. Mombello, 27 mai 1797: «Les puissances de l'Italie se joueront-elles donc toujours de notre sang? Je vous requiers, si, vingt-quatre heures après que mon aide de camp aura lu la présente lettre au Doge, les conditions n'en sont pas remplies dans tous ses détails, de sortir sur-le-champ de Gênes et de vous rendre à Tortone. Je crois qu'il est nécessaire de prévenir les Français établis à Gênes, qui auraient des craintes, qu'ils cherchent à se mettre en sûreté. Puisque l'aristocratie veut nous faire la guerre, il vaut mieux qu'elle se déclare actuellement que dans toute autre circonstance. Elle ne vivra pas dix jours.»—Cf. nouvelle lettre à Faypoult, du 29 mai 1797 (Corresp., III, 80).—Cf. la lettre écrite au Directoire, de Mombello, le 30 mai 1797, pour le mettre au courant de l'émeute du 21-23 mai, et lui annoncer une sévère répression, T. III, p. 81: «Les petites puissances d'Italie sont accoutumées depuis sept ans à vilipender les Français, à les laisser assassiner dans les rues et à n'avoir pour eux aucune espèce de considération ni de justice. Ce ne sera que par des exemples sévères, que par une attention soutenue du Gouvernement français pour faire punir les hommes qui, dans les différents États, prêchent la populace contre nous, que l'on parviendra à revêtir les citoyens français des mêmes égards que l'on a eus pour les sujets des autres puissances.» Lavalette. Mémoires.

114: Correspondance, t. III, p. 75, Mombello, 27 mai 1797.—Cf. t. III, p. 84, Lettre du 1er juin 1797, adressée au Directoire pour lui annoncer qu'il va «faire peur» au Gouvernement génois, et lettre du 3 juin (t. III, p. 90) où il rend compte de la mission de Lavalette.

115: Lettre de Bonaparte au Directoire, Mombello, 1er Juin 1797 (Corresp., t. III, p. 81) «Aujourd'hui arrivent à Tortone 3 à 4,000 hommes que j'y ai envoyés. Je les ferai soutenir au besoin par les 8,000 Piémontais qui sont à Novare, comme nous en sommes convenus avec l'envoyé du roi de Sardaigne.»

116: Lettre de Bonaparte au Directoire, Mombello, 3 juin 1797 (Correspondance, t. III, p. 90): «Mon aide de camp Lavalette a trouvé le peuple de Gênes extrêmement divisé. Les charbonniers et les portefaix ameutés, payés et armés par le Sénat, paraissent animés au dernier point contre les Français; le reste du peuple, spécialement les négociants et les marchands, extrêmement bien disposés pour la République Française, dont ils espèrent quelques modifications dans leur gouvernement.»

117: Les conditions en sont énumérées dans la Correspondance, t. III, p. 94.

118: Lettre du 7 juin 1797 adressée au Doge, pour l'avertir que la convention est signée et lui communiquer la liste du gouvernement provisoire de vingt-deux membres (Correspondance, t. III, p. 109). Même date, lettre à Faypoult (III, 102).

119: Voir la relation adressée par un certain Poggi, dans le style emphatique de l'époque, à la Société d'instruction populaire de Milan: «Le peuple entier nageait dans les douceurs réservées aux purs républicains, si l'on en excepte le brutal oligarque qui, accroupi dans un coin secret, mordait peut-être la poussière restée veuve de son or fatal, semé mal à propos. Tout à coup la voix sonore de la Renommée annonce que, dans le quartier du Pré, le peuple dans l'ivresse a planté le premier arbre de liberté. Ce fut une voix créatrice. Dans un instant on vit des arbres se dresser sur chaque place. Gênes parut un bois, car plus de cent furent plantés dans un jour.» Ce morceau ridicule est cité par Cantu: Histoire des Italiens, t. XI, p. 98.

120: Poggi, cité par Cantu (ut supra, p. 69), raconte ainsi, dans son absurde phraséologie, cette cérémonie d'expiation: «Les cendres furent livrées au vent, qui les emporta sur la mer Tyrrhénienne pour les confondre avec celles du livre d'or naguère brûlé sur les lagunes Adriatiques, et là, sur les ailes d'autres vents, elles furent transportées au gouffre profond de l'Achéron!»

121: Correspondance, t. III, p. 134, Mombello, 10 juin 1797. Au gouvernement provisoire de Gênes.—Cf. Giornale Ligustico, an XIV, fas. 3-4 1887. A. N. La statue et une médaille d'André Doria.

122: Cf. La curieuse lettre du 10 juin 1797, adressée au gouvernement provisoire, et renfermant, avec un appel à la concorde, des conseils de modération et de prudence (t. III, p. 131).

123: Correspondance, t. III, p. 270. 9 septembre 1797.

124: Correspondance, t. III, p. 227.

125: Lettre de Bonaparte à Faypoult, datée de Mombello, 27 juin 1797 (t. III, p. 152), à propos de la réunion des fiefs impériaux. L'article 11 du traité secret de Campo-Formio confirme l'annexion des fiefs impériaux: «Sa Majesté l'Empereur ne s'oppose pas à ce que la République française a fait des fiefs impériaux en faveur de la République Ligurienne. Sa Majesté réunira ses bons offices à ceux de la République française pour que l'Empire germanique renonce aux droits de suzeraineté qu'il pourrait avoir en Italie, et spécialement sur les pays qui font partie des Républiques Cisalpine et Ligurienne, ainsi que sur les fiefs impériaux.»

126: Duphot était à Gênes depuis le 12 août. Voir lettres de Bonaparte à Faypoult (Correspondance, t. III, p. 232) et à Berthier (III, 231).

127: Correspondance, t. III, p. 276.—Passariano, 9 septembre 1797.—Cf. Lettre à Faypoult, du 10 septembre (t. III, p. 281) pour se plaindre de la faiblesse du gouvernement provisoire génois, et demander l'envoi d'otages à Milan.—Lettre au gouvernement de Gênes (10 sept.).—Corresp., III, p. 285: «Agissez avec force; faites désarmer les villages rebelles; faites arrêter les principaux coupables; faites remplacer les mauvais prêtres, chassez les curés, ces scélérats qui ont ameuté le peuple et armé le bon paysan contre sa propre cause, etc.»

128: Voir, dans la Correspondance (t. III, p. 284. Passariano, 10 septembre 1797), la curieuse lettre adressée par Bonaparte à l'archevêque de Gênes, pour le remercier d'une pastorale pacifique: «J'ai cru entendre un des douze apôtres. C'est ainsi que parlait saint Paul. Que la religion est respectable lorsqu'elle a des ministres comme vous! Véritable apôtre de l'Évangile, vous inspirez le respect, vous obligez vos ennemis à vous estimer et à vous admirer; vous convertissez même l'incrédule. Pourquoi faut-il qu'une Église qui a un chef comme vous ait de misérables subalternes qui ne sont pas animés par l'esprit de charité, de paix?» et les conseils de modération qu'il adressa quelques jours plus tard (Passariano, 6 octobre, t. III, p. 366) au gouvernement provisoire.

129: Lettre de Bonaparte au président du gouvernement provisoire, 6 octobre 1797. Correspondance, III, 366.—Cf. lettre du 26 septembre (Corresp., III, 344) au comité des relations extérieures de la République Ligurienne: «Étouffez tous les ferments de haine qui commencent à diviser votre gouvernement. Prenez garde de vous désunir. La liberté a déjà assez d'ennemis dans votre pays, sans en accroître le nombre par une défiance mal placée....»

130: Lettre du 11 novembre 1797. Corresp., t. III, p. 420.

131: Consulter Daru, Histoire de Venise, édition 1819, t. V, et surtout t. VII, avec les pièces justificatives;—Napoléon Ier, Correspondance, t. I, II, III;—Tintori, Raccolta chronologica raggionata di documenti inediti che formano la storia diplomatica della rivoluzione e caduta della Republica di Venezia; —Cantu, Histoire des Italiens, trad. Lacombe, t. XI;—Barral, Chute d'une république, Venise, 1885;—Sybel, l'Europe pendant la révolution, trad. Dosquet, t. IV;—Botta, Histoire d'Italie de 1789 à 1814, t. I, II, III.

132: Rapport des agents français au Directoire en 1796 et 1797. Cf. Sybel, Histoire de l'Europe pendant la révolution française, t. IV, p. 190.

133: Sybel, Europe pendant la révolution française, t. IV, p. 191.

134: Botta, ouv. cit., liv. IV, p. 248.

135: Le chevalier Worsley, résident d'Angleterre à Venise, n'avait pas cessé de prêcher l'intervention directe. Toutes les fois qu'un courrier ou qu'un ambassadeur français passait par Venise pour se rendre en Orient, il protestait. Il aurait voulu entraîner tout de suite la République dans la coalition contre la France.

136: Le comte de Lille pourtant n'avait pas fait acte de souverain. Il vivait très retiré dans une maison de campagne appartenant au comte Gazzola. Il avait même poussé le scrupule jusqu'à ne pas faire imprimer à Vérone, ni dater de cette ville, le manifeste qu'il adressa aux Français, lors de son avènement.

137: C'est à ce moment que la Russie, mécontente de cette expulsion, et dans l'espoir de susciter de nouvelles difficultés, attacha à son ambassade à Venise la principal agitateur de l'émigration française, le comte d'Antraigues.

138: D'après Botta (liv. VI, p. 445): «Le Directoire ne désirait-il pas à cet égard un refus plutôt qu'un consentement? Je le croirais volontiers, si je ne savais d'ailleurs que la docilité même de Venise n'eût pas assuré son salut.»

139: Proclamation de Brescia, 29 mai 1796. Correspondance, t. I, p. 332.

140: Correspondance, t. I, p. 311. Lettre à Masséna.

141: Lettres de Foscarini du 31 mai et du 1er juin 1796, citée? par Daru, t. V, p. 214.

142: Lettre de Bonaparte au Directoire, Peschiera, 1er juin 1796 (Correspondance, t. I, p. 346): «Je me suis fort brouillé avec M. le provéditeur général sur ce que la République a laissé occuper par les Impériaux Peschiera, qui est une place forte, mais, grâce à la victoire de Borghetto, nous nous en sommes emparés, et je vous écris aujourd'hui de cette ville.»

143: Botta, liv. VII, p. 19.

144: Id., Vérone, 3 juin (Correspondance, t. I, p. 359): «Je n'ai pas caché aux habitants que, si le roi de France n'eût évacué la ville avant mon passage du Pô, j'aurais mis le feu à une ville assez audacieuse pour se croire la capitale de l'Empire français.»

145: Dès le 2 juillet le doge écrivait à Querini à Paris pour se plaindre de la brutalité de nos soldats, de leurs réquisitions incessantes et surtout «della continua dilatazione di truppe in nuovi puncti delo stato nostro».

146: Rapport du podestat Ottolini (15 juin 1796).

147: Cité par Daru, V, 222.

148: Lettre d'Augereau à Bonaparte (Vérone, 31 août 1796), citée par Daru, VII, p. 260.

149: Dépêche citée par la Raccolta chronologica, etc, «Dans l'impossibilité de déterminer toutes les circonstances et de donner cours dès à présent à une chose si délicate, nous nous bornons à vous charger de manifester aux députés des divers cantons l'approbation du Sénat et la nôtre. Ils en verront un témoignage dans le soin qu'on a pris de leur envoyer le sergent général Noveller, homme de beaucoup d'expérience, qui, de vive voix, fera part à Votre Seigneurie de ses instructions... Il faut surtout éviter tout mouvement prématuré qui serait dangereux, et peut-être même fatal.»

150: Ils se nommaient Battaglia et Erizzo. Le rapport des deux envoyés, daté de Vérone le 5 juin 1796, a été inséré dans le Raccolta chronologica. Il est conforme à la dépêche adressée par Bonaparte au Directoire le 7 juin.

151: Milan, 7 juin 1796 (Correspondance, t. I, p. 372). Cf. dépêche de Roverbella (4 juin) adressée à Lallement (Correspondance, t. I, p. 362): «Il ne faut pas cependant nous brouiller avec une république, dont l'alliance nous est utile.»

152: Dépêche du Directoire à Bonaparte, Daru, VII, 253.

153: Correspondance, t I, p. 362.

154: Id., p. 255.

155: Id., p. 256.

156: Dépêche du 1er août (Daru, VII, 259). «Le Directoire vous autorise à prendre toutes les mesures que vous vous êtes proposées, en attendant que les événements militaires, dont nous attendons l'heureuse issue, déterminent, d'une manière positive, notre conduite à l'égard de cette puissance.»

157: Roverbella, 7 juillet 1796, (Correspondance, t. I, p. 472): «Je reçois plusieurs rapports des assassinats qui ont été commis par les habitants de Ponte San Marco contre les Français. Je ne doute pas que vous n'y mettiez ordre le plus tôt possible; sans quoi ces villages se trouveraient exposés au juste ressentiment de l'armée et je ferai sur eux un exemple terrible. Je me flatte que vous ferez arrêter les coupables, et que vous placerez de nouveaux détachements de troupes dans cette ville pour assurer la communication.»

158: Vérone, 8 juillet, (Correspondance, t. I, p. 463). «Il y a entre les troupes françaises et les Esclavons une animosité que les malveillants se plaisent sans doute à cimenter. Il est indispensable, pour éviter de plus grands malheurs, aussi fâcheux que contraires aux intérêts des deux Républiques, que vous fassiez sortir demain de Vérone, sous les prétextes les plus spécieux, les bataillons d'Esclavons que vous avez dans cette ville.»

159: Castiglione, 21 juillet (Correspondance, t. I, p. 489). Cette question des hôpitaux de Brescia préoccupait Bonaparte. Voir lettres du 28 juillet au provéditeur (Corresp., t. I, p. 499), du 12 août (I, 538), aux représentants de la ville de Brescia, et du 12 août (I, 538) au provéditeur, où il impose des réquisitions et finit par dire: «Il est indispensable que ces fournitures soient faites dans la journée. À défaut de quoi je taxerai la contribution de la ville de Brescia à trois millions, et je serai obligé de faire prendre moi-même ce que vous ne fournirez pas.»

160: Lettre au provéditeur Foscarini, 9 juillet (Correspondance, t. I, p. 465).

161: Ordre au général Guillaume, Brescia, 30 août (Correspondance, t. I. p. 577), «de ramasser dans le lac tous les bâtiments appartenant aux Vénétiens, afin de pouvoir embarquer 3,500 hommes».

162: Lettre au gouverneur de Vérone, 8 août (Correspondance, t. I, p. 532).

Ordre du 13 juillet, à l'adjudant Général Vial (Correspondance, t. I, 473). Cf. lettre curieuse d'Ottolini au doge à propos de cette saisie. Il compare Bonaparte à Cromwell et à Robespierre, et parle avec indignation de ses soldats, questi moderni vandali.

163: Vérone, 12 juillet. Correspondance, t. I, p. 413.

164: Castiglione, 20 juillet. Id., t. I, p. 482. Les termes de cette lettre étaient peut-être exagérés, mais le fond était vrai. Voici comment le général Augereau rendait compte à Bonaparte des véritables sentiments qui animaient alors contre nous la majorité des Vénitiens: «Je m'aperçois et je suis même certain que les Vénitiens, bien loin du vouloir observer la neutralité à notre égard, préparent et fomentent sourdement des actes d'hostilité contre nous. Je ne puis en douter, puisque les hostilités commencent déjà.»

165: Milan, 20 août. Correspondance, t. I, p. 567.

166: Note citée par Daru, t. V, p. 227. Cf. Sybel, ouv. cit., t. IV, p. 192.

167: Daru, VII, p. 258.

168: Lettre de Lallement à Bonaparte, du 20 juillet 1796.

169: Daru, V, p. 246.

170: Barral, ouv. cit. «Che non dovera dargli alcun ombra se il paviglione francese fu piantato sulle mure délia Veneta citta.»

171: Ce fut à ce moment que la Prusse, par l'intermédiaire de son représentant à Paris, baron de Sandoz-Rollin, offrit son alliance à Venise. Cette proposition était intéressée. La Prusse cherchait à contre-balancer l'influence autrichienne et à prendre pied en Italie; mais l'alliance prussienne aurait sans doute sauvé Venise. Le Sénat, toujours par égard pour la neutralité, eu grand tort de la rejeter.

172: Milan, 8 décembre 1796. Correspondance, t. II, p. 149. Cf. lettre analogue, du 10 décembre (t. II, p. 156), adressée au même Battaglia: «Je vous demande seulement que vous vouliez bien engager les gouverneurs qui sont sous vos ordres, lorsqu'ils auront des plaintes à me faire, qu'ils m'indiquent simplement ce qu'ils voudraient que l'on fît, sans le noyer dans un tas de fables.»

173: Confirmation de ce renseignement dans une lettre de Bonaparte au Directoire. Milan, 6 décembre 1796 (Correspondance, t. II, p. 141).

174: Milan, 2 octobre 1796.

175: Lettre au Directoire, Milan, 28 décembre (Corresp., t. II, p. 204): «Les Vénitiens ayant accablé de soins l'armée du général Allvintzy, j'ai cru devoir prendre une nouvelle précaution en m'emparant du château de Bergame, qui domine la ville de ce nom et empêcherait les partisans ennemis de venir gêner notre communication entre l'Adda et l'Adige.»

176: Lettre à Battaglia, du 1er janvier 1797 (t. II, p. 221).

177: Même lettre: «Engagez le provéditeur à être un peu plus modeste, plus réservé et un peu moins fanfaron, lorsque les troupes françaises sont éloignées de lui. Engagez-le à être un peu moins pusillanime, à se laisser un peu moins dominer par la peur à la vue du premier peloton français.» Par contre, grands éloges à l'évêque de Bergame.