Festival, s. m., grande fête musicale: le pluriel est festivals.

Feu.—Ne dites pas: le feu est dehors, ou est déteint; dites, est éteint.

2. Ne dites pas: il y a eu feu, ou le feu cette nuit-ci; dites, il y a eu un incendie.

3. Feu, Feue. adj.—Feu s'accorde avec son substantif, lorsqu'il le précède immédiatement: la feue reine, sa feue tante; mais il reste invariable, quand il en est séparé par l'article ou par un adjectif possessif: feu la reine, feu sa tante.

Fève, s. f., Féverole, s. f.: prononcez fè-ve, fé-v'role et non fè-fe, fé-f'role.

Fiacre, s. m., voiture de place; prononcez fia-cre (ia diphth.) et non fiaque, fiakère.

Fibre, filament délié des chairs, des plantes, est féminin: la fibre charnue, les fibres ligneuses. Prononcez fi-bre et non fi-pe ni fibère.

Ficelle, s. f.—Ne dites pas; cet homme est un peu ficelle; dites, est sujet à caution, est un fripon, un friponneau.

Ficher.—Ne dites pas, je m'en fiche; dites, je ne m'en soucie pas, je m'en moque: ficher, dans ce sens, n'est pas français.

2. Ne dites pas non plus: il lui a fiché ou fichu un soufflet; dites, il lui a donné, appliqué, administré un soufflet.

Fichu, ue, est un terme de mépris, bas et populaire, dont on ne doit pas se servir: voilà un fichu compliment.

Fief, s. m., domaine noble: prononcez fièfe.

Fiente, s. m., excrément de bête: prononcez fiante (ian diphth.)

Fier, ère. adj. hautain.—Fier homme (iron.), homme de peu de mérite;—homme fier, qui a de la fierté.—Prononcez le masc. fier comme le fém. fière.

Fier, v., commettre à la fidélité: prononcez fié, confié, défié, méfié ( diphth.)

2. Ne dites pas: cet homme n'est pas à fier (flandr.); dites, cet homme n'est pas sûr, ne mérite pas confiance; ou bien, on ne peut pas se fier à cet homme.

Fièvre, s. f.—Ne dites pas: j'ai eu les fièvres; dites j'ai eu la fièvre. Prononcez fiè-vre et non fiévre ni fiè-fe ni fièvère.

Fignoler, v. n., faire l'élégant; ce mot est populaire.

Figue (faire la), mépriser quelqu'un, le braver, le défier, se moquer de lui: il fait la figue à tous ses ennemis. (Acad.)

Fil, de lin, de soie, etc.; prononcez file (l non mouillée).

2. Fil d'arka: écrivez et prononcez fil d'archal.

Filial, ale, adj.—Il n'y a point d'exemple du pluriel dans l'Académie: respect filial, piété filiale. Des grammairiens lui donnent le pluriel filials; Boinvilliers a dit, des sentiments filiaux.

Fille, s. f., filleul, fillette: mouillez les il, et ne dites pas file, fileul, filette.—Il en est de même de: anguille, bastille, camomille, cédille, charmille, chenille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, peccadille, quille, roquille, souquenille, vanille, vétille, vrille, etc. Voyez époux et demoiselle.

Filosenne, est un mot wallon qui se traduit par cordon, cordon de coton, cordon de soie.—Filoselle, dont on serait peut-être tenté de se servir, est un substantif féminin qui sert à désigner une espèce de grosse soie ou de fleuret, provenant de la bourre de la bonne soie et des cocons de rebut: des bas de filoselle;—comme on le voit, filoselle n'est pas du tout le filosenne wallon.

Filou, n'a pas de féminin; ne dites donc pas filoute.

Fils, s. m.—Quoique les grammairiens ne soient pas d'accord, nous pensons qu'il faut prononcer fice même devant une consonne; le repentir est fils de la vertu.

Fin.—Ne dites pas: vous avez pris la bille trop fine; dites, ... trop fin.

Finales (syllabes, lettres).—Nous ne saurions trop appeler l'attention des professeurs et des élèves sur la nécessité de bien prononcer les lettres et syllabes finales des mots. Les flamands aussi bien que les wallons ont à se mettre en garde contre plusieurs fautes; les premiers adoucissent généralement les fortes, tandis que les derniers renforcent les douces: les f, les p, les k, les ch, les t deviendront des v, des b, des g, des d dans la bouche d'un flamand; tandis que les wallons sont portés à faire des f, des k, des ch, des p, des t, là où il n'y a que des v, des g, des b, des d: donnons quelques exemples: un flamand prononcera parave pour parafe; attague pour attaque; vage pour vache; une pombe pour une pompe; il écoude pour il écoute. Le wallon à son tour dira: brafe pour brave; fromache pour fromage; une blaque pour une blague; une bompe pour une bombe; la bisse pour la bise, etc.—Ces défauts de prononciation, outre qu'ils prêtent au ridicule, donnent toujours une pauvre idée de l'éducation de celui qui n'a pas su s'en corriger; les professeurs donc ne sauraient y veiller de trop près, d'abord en prêchant d'exemple, et ensuite en se montrant d'une sévérité inexorable à l'encontre de ces défauts de prononciation de terroir.

2. Les wallons ont également beaucoup de peine à bien faire sentir les deux consonnes de certains mots, comme: est, ouest, tact, contact, lest, exact, infect, casque, secte, texte, prétexte, mixte, reste, il résulte, il inculque, liste, moraliste, burlesque, kiosque, etc.; généralement, ils négligent la dernière consonne et prononcent: esse, ouesse, take, contake, lesse, exake, infèke, casse, sèke, texe, mixe, resse, etc.

3. Il y a d'autres finales que les wallons et les flamands ne prononcent pas mieux: ce sont les ble, les ple, les gle, les dre, les tre, etc.—Supposons les mots: aimable, exemple, règle, vendre, ventre, etc.: un flamand prononcera aimabèle, exempèle, règuèle, vendère, ventère, tandis qu'un wallon dira, aimape, exempe, rèke, vente, vente.—Ces vices de prononciation, pourtant si communs même chez les personnes les plus instruites, proviennent en très-grande partie de ce que les instituteurs et les professeurs n'ont pas assez exercé, n'ont pas brisé leurs élèves à la bonne prononciation. Nous recommandons beaucoup, comme un moyen de se corriger de ces sortes de défauts, la lecture ou la déclamation faite en commun et à haute voix; deux jeunes gens, vraiment désireux de se défaire de cette rouille de naissance ou de terroir, se réunissent: l'un fait la lecture et l'autre exerce charitablement l'office de censeur, mais d'un censeur impitoyable; et nous leur garantissons qu'en peu de temps ils parviendront à se faire une prononciation correcte.—Il y a encore d'autres finales que les wallons ou les flamands massacrent sans pitié: nous avons eu soin de les signaler en leur lieu et place.

4. Final, ale, adj., qui finit, qui termine.—L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel masculin; de bons grammairiens disent finals.—Ce mot s'emploie substantivement, au féminin, pour signifier la dernière syllabe d'un mot: la finale de ce mot est longue.

5. Finale, terme de musique, morceau d'ensemble qui termine un opéra, un chœur, etc.; il est masculin: il y a du brio dans ce finale.

Finalement, signifie la même chose qu'enfin; ne dites donc pas, enfin finalement; un seul de ces mots suffit.—Ne dites pas non plus, en fin finale.

Finard, adj., fin, rusé dans les petites choses; ce mot n'est pas français; dites, finaud, finaude;—ce dernier mot est familier et ne se dit qu'en mauvaise part; il se prend aussi substantivement.

Finaud, e, qui est fin, rusé dans de petites choses: c'est un finaud.—Finard n'est pas français: voyez ce mot.

Finir.—Ne dites pas: je suis fini, pour exprimer que vous avez gagné: dites, j'ai fini.

2. C'est fini avec moi, disent les flamands, lorsqu'ils se croient sur le point de mourir; dites, c'est fini de moi, c'est fait de moi.

3. Ne dites pas: Nous avions fini avec lui; dites, nous en avions fini avec lui; je suis pressé d'en finir avec cet homme.

4. Ne dites pas: la fête finit avec un feu d'artifice; dites, ... par un feu d'artifice.

5. Finir, devant un infinitif, demande la préposition de: avez-vous fini de parler et non à parler?

Fisc, s. m., trésor de l'État; prononcez fis'que.

Fiscal, ale, adj.; le pluriel est fiscaux: droits fiscaux. (Acad.)

Fixement, adv., d'une manière fixe: regarder fixement:—prononcez et écrivez fixement et non fixément.

Fixer, signifie arrêter, attacher; jamais il ne veut dire regarder quelqu'un ou regarder fixement; dites, dans ce sens, fixer les yeux, la vue, ses regards sur quelqu'un ou quelque chose; ne dites pas: il nous a longtemps fixés; dites, il nous a longtemps regardés ou regardés fixement; il a longtemps fixé les yeux sur nous, et mieux, il a eu longtemps les yeux fixés sur nous.

2. Fixer les regards de quelqu'un, c'est devenir l'objet de son attention.

Flairer, Fleurer.Flairer, c'est sentir par l'odorat: flairez cette rose.—Fleurer, c'est répandre une odeur: cela fleure bon.—Flairer ne signifie jamais puer. (Wall.)

Flamber, v. n., jeter de la flamme; ne dites pas flammer ni blamer.

Flanquer, dans le sens de jeter, lancer, est français, mais populaire: flanquer un soufflet, un coup de poing, une assiette à la tête de quelqu'un. (Acad.)

Flegme, s. m., sang-froid; prononcez fleghme en faisant sentir un g dur.—Ne dites pas: il est flegme, mais, ... flegmatique....

Fleuraison, s. f., le développement et l'épanouissement des fleurs; l'époque où les plantes fleurissent; l'état des plantes en fleur. L'Académie donne aussi le mot floraison, et renvoie à fleuraison.—Quoi qu'il en soit, le mot floraison nous paraît être aujourd'hui plus usité que fleuraison.

Fleur de lis: voyez lis.

Fleur d'orange.—Quoique, à la rigueur, on peut dire fleur d'oranger, la première expression est pourtant reçue et consacrée par l'Académie: un médecin, un pharmacien pourront néanmoins dire fleur d'oranger, mais dans le style ordinaire et dans le style de la conversation, on dit fleur d'orange.

2. Le mot fleur seul, ne signifie pas farine; dites donc, allez m'acheter une livre de fleur de farine; et non, ... une livre de fleur.

Fleurir.—Au propre, il signifie, être en fleur: les pêchers fleurissaient déjà, lorsque la gelée est survenue; les prés fleurissants, les plaines fleurissantes.—Employé au figuré, c'est-à-dire, lorsqu'il signifie, être dans un état de prospérité, de splendeur; être en crédit, en honneur, en réputation, il fait florissant, florissante; les lettres étaient alors très-florissantes. Lorsqu'on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme d'une ville, d'un peuple, d'un état, il fait toujours florissait à l'imparfait de l'indicatif: Athènes florissait sous Périclès; ces empires florissaient alors.—Mais quand on parle de choses, il fait fleurissait et florissait: les sciences fleurissaient ou florissaient sous le règne de ce prince. (Acad.)

Flic-Flac, bruit de plusieurs coups de fouet, de plusieurs soufflets donnés coup sur coup.

Floche pour signifier houppe, gland, n'est pas français; il a un gland à son bonnet et non, ... une floche.

Floquet, mot wallon; dites nœud, boucle: nouer à boucles; un beau nœud.

Flouer, Floueur, Flouerie, sont des termes populaires: dites plutôt tromper, trompeur, tromperie; duper, dupeur, duperie, etc.

Fluide, adj., qui coule aisément; prononcez flui-de (ui diphth.) et non flu-ide ni flu-wide, ni fluite.

Flume ou Flimme, humeurs que l'on jette en crachant; ce mot n'est pas français; dites flegme, crachat.

Flux, s. m., mouvement de la mer, dévoiement; prononcez flu, l'x, dans flux et reflux, ne se prononce pas devant une consonne et il prend le son de z devant une voyelle: le flux (z) et le reflux de la mer.

Foible: voyez faible.

Foie, viscère, est masculin: pâté de foie gras; prononcez foî et non foye.

Fois.—Ne dites pas: une fois pour tout, mais, une fois pour toutes.

2. Ne dites pas: je lui avais dit ça l'autre fois; dites, l'autre jour.

3. Ne dites pas: toutes fois qu'il vient, je m'en vais; dites, toutes les fois ou chaque fois qu'il vient.

4. De fois à autres, de temps en temps, est une locution française.

5. Les flamands emploient très-mal l'expression une fois; dites une fois, venez une fois, laissez-moi voir une fois, etc.—Il faut absolument bannir ce flandricisme du langage correct et le supprimer entièrement, ou bien, lorsque le sens le permet, le rendre par ça! donc, un peu: ça! dites-moi, venez-donc, laissez-moi voir un peu.—Il en est de même du mot seulement que les flamands emploient si souvent d'une manière impropre et à peu près dans le même sens qu'une fois: courez seulement, aidez-moi seulement; etc. Remplacez ce ridicule seulement par le mot que le sens vous indiquera, comme çà, donc, un peu, etc.

Foison, s. f., ne prend pas l'article et n'a point de pluriel: il y aura foison de fruits cette année;—on l'emploie aussi comme adverbe, précédé de la préposition à: il y a de tout à foison. Prononcez foizon et non foisson.

Folio, s. m.; mot emprunté du latin et qui signifie feuillet: folio 4, au folio 20.—On appelle folio recto ou simplement recto, la première page du feuillet, et folio verso ou simplement verso, le revers ou la seconde page;—au pluriel folios.

2. In-folio, se dit du format d'un livre où la feuille est pliée en deux: saint Thomas a écrit vingt volumes in-folio; au pluriel des in-folio.

Foncer, v. a.—Ne dites pas, foncer une porte; dites, enfoncer une porte: foncer, c'est mettre un fond: foncer un tonneau.

Fond, Fonds, Fonts.Fond s'écrit sans s toutes les fois qu'il signifie l'endroit le plus bas, le plus intérieur, le plus éloigné de l'entrée, de l'abord, de l'ouverture d'une chose creuse; le fond d'un puits, d'un tonneau, d'un sac, d'un abîme, d'une boutique, d'un cachot, d'une haie, d'un port; le fond d'un chapeau, d'un coffre.—Fond (sans s) se dit aussi d'un terrain considéré surtout par rapport à son degré de fermeté, à sa qualité, à sa composition: bâtir sur un fond peu solide; vous avez choisi là un bien mauvais fond; un fond d'argile.—Fond, en parlant d'étoffes, signifie la première ou la plus basse tissure sur laquelle on a fait quelque dessin ou quelque ouvrage; il se dit aussi de l'étoffe même sur laquelle on brode, du champ sur lequel les figures d'un tableau sont peintes, des plans plus reculés d'un tableau: velours à fond d'or, broderie sur fond de satin; un paysage sert de fond au tableau.—Au figuré, fond signifie ce qu'il y a d'essentiel dans une chose, et il est opposé à l'accessoire, à l'apparence, à la forme: le fond d'une doctrine, le fond d'un ouvrage, le fond d'une histoire, le fond d'un procès, un fond de raison, la forme l'emporte sur le fond.

2. Fonds (avec une s) signifie le sol d'une terre, d'un champ, d'un héritage, somme d'argent plus ou moins considérable: cultiver un fonds, bâtir sur son fonds, sur le fonds d'autrui; le fonds de la banque; fonds social; bailleur de fonds; être en fonds; les fonds publics; le fonds (le capital) et le revenu; fonds de commerce; fonds de magasin.—Au figuré, on le dit de la capacité, du savoir, de l'esprit, de la probité: cet homme a un fonds de vertu, un grand fonds d'esprit.—Biens-fonds se dit des biens immeubles.—Le fonds et le très-fonds, c'est le fonds (le sol, la propriété, etc.) et tout ce qui en dépend: on écrit aussi tréfonds.

3. Fonts, s. m. pluriel (on ne prononce ni le t ni l's): c'est le bassin où l'on conserve l'eau dont le prêtre se sert pour baptiser: les fonts baptismaux; tenir un enfant sur les fonts.

Fondation, s. f., Fondement, s. m.—Fondation signifie l'ensemble des ouvrages nécessaires pour asseoir les fondements d'un édifice; on l'emploie ordinairement au pluriel. Les fondations d'un édifice comprennent l'excavation du terrain, et, lorsqu'il est nécessaire, le pilotis à établir pour affermir le sol: faire les fondations d'un bâtiment. L'Académie fait remarquer que ce mot s'emploie quelquefois abusivement pour les fondements mêmes.—Fondation signifie encore le fossé, la tranchée qu'on fait pour y placer des fondements: creuser la fondation, les fondations.—Fondement se dit quelquefois au pluriel du fossé que l'on creuse pour commencer à bâtir; cependant, le mot fondation est préférable dans ce sens.—Fondement signifie encore, et c'est là son acception ordinaire, la maçonnerie qui sert de base à un édifice, à une construction, et qui se fait dans la terre jusqu'au rez-de-chaussée; il s'emploie surtout au pluriel: poser, jeter les fondements d'un édifice. (Acad.)

Force, s. f.—Ne dites pas: il y avait force de monde; dites, beaucoup de monde.

2. Ne dites pas: il a force d'argent, force de bijoux, force d'amis; retranchez de et dites, force argent, force bijoux, force amis.

3. De force que.—Ne dites pas: elle est tombée de force qu'elle riait; dites, elle est tombée à force de rire. On peut aussi remplacer de force que par tant, comme dans ces phrases: il a fallu me porter, tant j'étais faible; il tremblait de tous ses membres, tant il avait peur (et non de force que j'étais faible ou qu'il avait peur.)

Forceps, s. m., instrument de chirurgie: prononcez forcep-ce, en faisant sentir le p et l's.

Forcer.—Ne dites pas: on lui a forcé de se taire; dites, on l'a forcé de se taire; forcer est un verbe actif.

2. Ne dites pas: il fut forcé malgré lui; dites simplement, il fut forcé, car c'est toujours malgré soi qu'on est forcé.

3. Forcer, suivi d'un infinitif, prend la préposition à ou de: il fut forcé de partir; on le força à signer. (Acad.)

Forcettes, n'est pas français; dites forceps.

Format, d'un livre: voyez in-douze.

Fort.Cela est fort, Flandr.:—voyez faible.

2. Fort en et fort sur. On dit: cet élève est fort sur la philosophie, sur l'histoire; elle est très-forte sur le piano, sur la harpe; mais on dit: il est fort aux échecs, au piquet. (Acad.)

3. Fort (se faire).—Dans l'expression verbale se faire fort, c'est-à-dire, s'engager à quelque chose, fort est toujours invariable: elle se fait fort de l'obtenir; ils se faisaient fort d'une chose qui ne dépendait pas d'eux. (Acad.)

4. Il est fort et hardi:—ne prononcez pas for-té hardi mais for-é hardi.—Dans fort, adj., le t ne se lie pas avec la voyelle qui suit; il en est de même des mots en ard, ord, ort, comme hasard, abord, port, sort, mort, etc.; et des verbes terminés en ert, ort.—Mais le t final de fort adverbe, se lie avec le mot suivant dont il détermine le sens: homme fort habile, fort incommode, fort à l'aise.

Fortement, adv.—Ne dites pas: il pleut fortement, il gèle fortement; dites, il pleut fort, il gèle fort.

2. Ne dites pas: sa perte sera fortement ressentie; dites, sera vivement ressentie, parce qu'il s'agit ici d'un sentiment; fortement (avec énergie, au figuré) ne se dit en effet que de l'esprit et non du cœur: c'est un ouvrage fortement pensé; il a parlé fortement. (Acad.)

Fortifier, v. ac.—Ne dites pas: cet enfant a beaucoup fortifié depuis un an; dites, s'est beaucoup fortifié.

Fortuné, adj., signifie heureux; c'est à tort donc que quelques-uns l'emploient dans le sens de riche, qui a de la fortune: un homme fortuné; dites, un homme riche ou qui a de la fortune.

Forum, s. m., place où le peuple discutait les affaires publiques à Rome: prononcez forome.

Fosse, s. f.—Ne dites pas: il a la fosse au menton; dites, ... la fossette...

Fou, signifie quelquefois, excessif, prodigieux: il y avait à la fête un monde fou; un luxe fou; il en demandait un prix fou (et non de fou).

Foudre, est masculin, lorsqu'il désigne, 1o une certaine représentation de la foudre: les armes de l'empire français sont un aigle tenant un foudre dans ses serres; 2o une grande tonne propre à contenir les liquides: le célèbre foudre d'Heidelberg: et dans les deux expressions suivantes: un foudre de guerre, un grand capitaine, comme Napoléon 1er; un foudre d'éloquence, un grand orateur, comme Bossuet.—Il est féminin, quand il désigne le tonnerre: être frappé de la foudre; la foudre sillonne les nues. Cependant, dans ce sens, il est quelquefois masculin en poésie et dans le style soutenu: être frappé du foudre; expirer sous les foudres vengeurs. (M. l'abbé Péters, Grammaire.)—Prononcez fou-dre et non fou-de, fou-te ni foudère.

Fouet, Fouetter: prononcez fouè, fouèter.

Fouine, s. f., grosse belette: prononcez fouine (oui diphth.) et non fou-ine ni fouwine.

Fouir, signifie creuser la terre avec un instrument: il faut fouir bien avant pour trouver de l'eau dans cet endroit.—Mais si l'on veut parler du travail du sanglier, du cochon, de la taupe, etc., on se sert du verbe fouiller: les sangliers, les cochons fouillent; la taupe a fouillé là.—Enfin on dira bècher, et non fouir, un jardin, une terre.—Prononcez fou-ir et non fou-wir.

Fourche (à la), négligemment, grossièrement; cette locution est française: cela est fait à la fourche.

Fourchu.—Ne dites pas: pied fourchu, mais pied fourché, pied fendu en deux; on dit aussi chemin fourché quand il se divise en deux.—Fourchu a le même sens, mais il ne s'emploie que dans certaines locutions comme menton fourchu, barbe fourchue, faire l'arbre fourchu (mettre la tête en bas, les pieds en haut, écartés l'un de l'autre.)

Fourmille.—Ne dites pas: une fourmille d'enfants, pour indiquer un grand nombre d'enfants; dites, une fourmilière d'enfants, une marmaille d'enfants.

Fournil, s. m., lieu où est le four; prononcez fourni.

Fouter (se), est un terme ignoble et sévèrement proscrit; les auteurs par pudeur dissimulent ce mot par la lettre initiale suivie de points suspensifs: f.....

Frac, redingotte, est masculin: un beau frac; prononcez fraque.

Fragment, s. m., morceau: prononcez le g dur.

Fraîchir, ne signifie pas mouiller: il craint de se mouiller (et non de se fraîchir) les pieds.

Frais, féminin fraîche (il faut se garder de dire fraîche au masculin).—Ce mot signifie, un peu froid, récent, non salé, brillant, vigoureux: il fait froid en hiver; il fait frais dans les belles nuits d'été; un vent frais (un peu froid); une nuit fraîche; avoir les mains fraîches (froides); du pain frais (nouveau); du porc frais (non salé); mettre des fleurs dans un vase avec de l'eau pour les tenir fraîches; ce vieillard est encore très-frais (vigoureux).

2. Frais, ne peut pas s'employer dans le sens de mouillé, trempé, humide: je suis mouillé (et non frais) comme un canard; il est tout trempé (et non frais) de sueur; il a pleuré, il a encore les yeux tout humides (et non tout frais); la terre est encore tout humide (et non toute fraîche). (Wall.)

3. Faire frais, signifie faire un peu froid et non faire humide, faire mouillé.—Ne dites jamais frisse pour frais: frisse est wallon.

Fraisil, s. m., cendre du charbon de terre dans une forge: prononcez fraisi et non fraisile.

Franc, adj., ne peut pas s'employer dans le sens de hardi, effronté, qui a de l'assurance; ne dites donc pas: ce déclamateur est franc devant le public; dites, ce déclamateur a de l'assurance, etc.

2. Un franc menteur est un menteur avéré; un homme franc est un homme sincère.

3. Franc de port.—Dans cette expression, l'adjectif franc, est invariable, quand il précède le substantif qu'il modifie: vous recevrez franc de port (franco) la lettre que je vous envoie. Il s'accorde, quand il vient après ce substantif: la lettre que j'ai reçue était franche de port.

4. Le c de franc ne se prononce que devant une voyelle: un franc animal (fran-k'animal).

5. Franc, s. m.—Ne dites pas: un franc et demi, un franc et quart; dites, un franc et cinquante centimes, un franc et vingt-cinq centimes.

Frangipane, s. f., sorte de pâtisserie; écrivez et prononcez frangipane et non franchipane.

Frappant neuf.—Ne dites pas, un habit tout frappant neuf, mais, tout battant neuf.

Frayeux, pour coûteux, dispendieux, dépensier, n'est pas français: les voyages sont coûteux (et non frayeux); une femme très-dépensière (et non très-frayeuse).

Fredaine, s. f.—Écrivez et prononcez fredaine et non frèdaine, ni ferdaine.

Freluquet, s. m., damoiseau;—écrivez et prononcez freluquet et non fréluquet ni ferluquet.

Frères, consanguins, utérins, germains: voyez germain.

Fret, s. m., louage d'un vaisseau; prononcez frète.

Friand, de, adj., qui aime la chère fine et délicate: prononcez fri-an et non fri-ian.

2. Friand, Gourmand, adj.—Friand se dit de celui qui aime, recherche, connaît et savoure les morceaux délicats.—Le gourmand aime à faire bonne chère; le glouton et le goinfre semblent, dans leur voracité, vouloir tout engloutir dans leur estomac.

Fricandeau.—C'est du veau lardé; ne dites pas, un frécandeau.

Fricassée, ne se dit que des viandes fricassées: manger d'une fricassée de poulets; une fricassée de pieds de mouton.—Fricassée, dans le sens que les wallons lui donnent, c'est-à-dire du lard ou du jambon cuit dans la poêle avec des œufs battus, se rend en français par le mot omelette.

Fricasser, Frire.Fricasser, c'est faire cuire dans la poêle, dans une casserole, etc., quelque chose après l'avoir coupé par morceaux: fricasser des poulets, des navets, des carottes, des pommes de terre, etc.

2. Frire, c'est faire cuire dans une poêle avec du beurre roux ou du sain-doux ou de l'huile: frire des oeufs, des côtelettes; le beurre frit dans la poêle; poisson frit, artichauts frits, pommes de terre frites.

Fricot, signifie ragoût, viande fricassée, toute sorte de mets, régal, bon repas, etc., mais il est populaire.

Frileux, euse, adj.: les vieillards sont frileux; ne dites pas frilieux ni fruleux.

Frimousse, s. f., mine, visage: quelle frimousse!—Ce terme est méprisant et populaire.

Fringale, s. f.—Ce mot n'est pas français; dites faim canine.

Friper, dans le sens de manger avec avidité, goulûment, est français, mais il est bas.

Frisquin (saint), tout ce qu'on possède: on doit dire frusquin, saint-frusquin, saint-crepin: il a perdu tout son frusquin, son saint-frusquin; perdre son saint-crepin; porter tout son saint-crepin;—saint-frusquin se dit principalement de l'argent et des nippes et saint-crepin, de la fortune en général.—Écrivez et prononcez crepin et non crépin ni crespin.

Froc, s. m., habit de moine: prononcez froke.

Froid.—On ne dit pas avoir froid (ou avoir chaud) des pieds, des mains, etc.; on ne dit pas non plus avoir froid (ou avoir chaud) les pieds, les mains, etc.;—on doit dire: avoir froid (ou avoir chaud) aux pieds, aux mains, etc. Par conséquent on doit dire en parlant des mains, des pieds, etc.: j'y ai eu froid (ou chaud) et non j'en ai eu froid.

2. Ne dites pas: j'ai gagné un froid qui me fait tousser; dites, j'ai gagné un rhume; je suis pris, j'ai été pris, saisi d'une fraîcheur, d'un rhume, d'un refroidissement.

3. Froid (battre), v. n., est français et signifie recevoir une proposition d'une manière à faire voir qu'on n'est pas disposé à l'accepter.

4. Faire froid, et plus souvent, battre froid à quelqu'un, c'est le recevoir avec moins d'empressement, avec un visage moins ouvert qu'à l'ordinaire. (Acad.)

Froidir, v. n. et pronom., devenir froid: il a laissé froidir son dîner: ce mot est vieux, on dit plutôt refroidir, se refroidir.

Froidure, froideur, froid. Froidure se dit uniquement du froid répandu dans l'air: j'ai supporté la froidure des climats.—Froideur s'emploie toujours au figuré et signifie indifférence, insensibilité: je n'ai pu endurer la froideur des grands.—Beaucoup de personnes emploient abusivement ces expressions pour le mot froid.

Fromage.—Dites un fromage d'Edam (espèce de fromage de Hollande fabriqué à Edam) et non fromage de dames.—Prononcez froma-ge et non froma-che.

Frugale, ale, adj., qui vit de peu; ce mot n'a pas de pluriel masculin (Acad.)—Quelques grammairiens disent frugals, d'autres, frugaux. Cette dernière forme serait préférable, si le plur. masc. devenait nécessaire.

Fruit, s. m.—On ne dit pas: manger un fruit, mais, manger du fruit.—Ne dites pas non plus: il lui a donné un fruit pour son goûter; dites, il lui a donné du fruit ou bien, il lui a donné une pomme, une poire, un raisin.

Fumé.—Ne dites pas, de la viande enfumée, un jambon enfumé, mais, de la viande fumée, un jambon fumé.

Funéraire, adj.—Ne dites pas: un service funéraire, un service mortuaire; dites, un service funèbre.

2. Funèbre, est un adjectif propre à dépeindre tout ce qui accompagne les funérailles, et par extension tout ce qui a un air de mort: pompe, appareil, honneurs, ornements, chant, convoi funèbres; images funèbres; oiseaux funèbres...

3. Funéraire est, comme mortuaire, un terme abstrait, de légiste, d'homme d'affaires, d'intendant, qui convient surtout, sinon uniquement, dans la locution, frais funéraires; on dit un drap mortuaire, registre mortuaire, extrait mortuaire, droits mortuaires.

Fur.Au fur et à mesure, à fur et mesure: ces deux expressions signifient à mesure, à proportion: je travaillerai au fur et à mesure que vous m'apporterez de l'ouvrage; voyez fait-à-fait.

Furieux, furieusement.—Ces mots s'emploient figurément et familièrement dans le sens de prodigieux, qui est excessif et extraordinaire dans son genre, et alors il précède toujours le substantif: c'est un furieux mangeur, un furieux menteur; voilà un furieux travail; il s'est donné un furieux coup, une furieuse entorse; il fait une furieuse dépense; voilà un furieux poisson; il est furieusement grand, il est furieusement riche; il ment furieusement; elle est furieusement laide. (Ac.)—Voyez terrible et terriblement.

Fusil, s. m.—L'l finale ne sonne pas (fuzi), non plus que dans les mots baril, chenil, coutil, fenil, outil, persil, sourcil.

G

G.—Devant a, o, u, il se prononce dur; devant e et i il s'amollit et se prononce comme j.

2. Dans le premier cas, les flamands doivent se garder de prononcer le g du gosier; ils ne doivent pas prononcer ghagner, ghobelet, ghide, mais gagner, gobelet, guide.—Devant e et i ils doivent éviter de le prononcer comme se, sé ou sié: sibier, siémir, silet, sielée, fromase, etc., pour gibier, gémir, gilet, gelée, fromage.

3. Les wallons, de leur côté, sont exposés à prononcer la syllabe ge comme che: ramache, plumache, rouche, horloche, prodiche, granche, sonche, lochement, juchement, prolonchement, etc., au lieu de ramage, plumage, rouge, horloge, prodige, grange, songe, logement, jugement, prolongement.—Nous recommandons beaucoup aux professeurs, d'abord de se surveiller eux-mêmes et ensuite de donner à leurs élèves force exercices, afin de les initier bon gré mal gré à la bonne prononciation.

4. Le g final, suivi d'une voyelle se prononce ordinairement comme k: un long hiver; à la fin de certains mots il ne se prononce pas, même devant une voyelle: étang, seing, etc.

Gage.—En parlant du salaire des domestiques et des gens de service, ce mot ne s'emploie qu'au pluriel: gagner de gros gages (et non un gros gage); les gages d'un laquais, d'une servante.—Appointements se dit des emplois plus relevés;—honoraires et émoluments se disent des professeurs, des médecins, des avocats, et de ceux dont on obtient quelque conseil ou quelque service honorable.—Prononcez gaje et non gache.

Gageure, s. f., pari; prononcez gajure (Acad.); il faut préférer les mots pari et parier aux mots gageure et gager.

2. Gager, Parier.—Ne dites pas gager, parier pour une somme, mais, gager, parier une somme: je gage, je parie cent francs, ma montre, ma tête que....

Gagne, dans le sens de gain, et gagnage, dans le sens de ouvrage, travail, gain, ne sont pas français.

Gagner.—Ne dites pas en parlant du jeu: je suis gagné, je suis perdu; dites, j'ai gagné, j'ai perdu.—On dit gagner une bataille et remporter une victoire.—Prononcez gagner (a bref) et non gâgner (â long).

Gaiement, adv. Gaieté, s. f.: on écrit aussi gaiment, gaîté.

Galant, te, adj.—Un galant homme est un homme poli et serviable; un homme galant est celui qui cherche à plaire.

Galette, Gauffre.—Une galette est une espèce de gâteau cuit au four, qui a la forme d'un pain aplati.—Les gauffres sont cuites entre deux fers et présentent à la surface de petits carreaux ou des dessins en relief.—Il faut donc nommer gauffre ce qu'on appelle généralement galette:—galet, dans ce sens, n'est pas français.

Galop, s. m., dans le sens de savon, réprimande, semonce, saccade, garde, est un terme populaire: prononcez galô (ô long).

Gangrène, s. f.—On prononce cangrène selon l'Académie qui écrit aussi cangrène; nous ferons toutefois remarquer que la prononciation gangrène commence à être en faveur; il en est de même de gangrener, gangreneux.

2. Ne dites pas gangrin-ne mais gangrè-ne; prononcez gangrener, gangreneux et non gangrèner, gangrèneux.

Garçons, s. m.—Ne dites pas: les garçons ne sont pas à la maison; dites, les enfants, mes enfants, mes frères...

Garde à (prendre), et Prendre garde de.—Prendre garde à, s'emploie surtout avec un substantif pour complément: prenez garde à ce cheval, à ce fossé.—Avec un verbe, on met plutôt de: prenez garde de tomber, prenez garde de vous brûler.

2. Quand on met à devant un infinitif, c'est pour indiquer ce qu'il faut faire et non ce qu'il ne faut pas faire: prenez garde à ne pas tomber; prenez garde à bien conserver votre équilibre; prenez garde à bien sauter.

3. Garde, s., est féminin, quand il désigne tout un corps: la garde royale, la garde d'honneur, la garde nationale, la garde civique. Mais il est masculin, quand il désigne une ou plusieurs personnes tirées d'un corps: un garde royal, un garde civique, c'est-à-dire, un homme qui fait partie de la garde royale, de la garde civique.

4. Garde-enfants ou garde-d'enfants: dites une bonne d'enfants ou simplement une bonne.

5. Garde-champêtre, s. m.: prononcez gar-de-cham-pê-tre et non garte-champette ni garde-champêtère.

6. Garde-Chasse, s. m.: prononcez gar-de chasse et non garte-chasse; il en est de même de garde-corps, garde-fou, garde-forestier, garde-malade, etc.

7. Garde-robe, s. f.: prononcez gar-de-ro-be et non gart'rope.

Gare, Garde.—On dit gare dessous, gare l'eau, gare la bombe, gare le fouet; frapper sans dire gare; si vous faites cela, gare les conséquences. Mais il faut dire garde (et non gare) à vous (sous-entendu prenez.)

Garni.—On dit, une robe garnie d'or, de dentelle; un chapeau garni de fleurs, et non, une robe garnie en or, en dentelle, ... en fleurs. (Acad.)

Garnisaire.—Prononcez garnizaire et non garnissaire, homme en garnison chez un débiteur ou chez le débiteur du gouvernement.

Gasse, est wallon, dans le sens de banquet, gala.

Gastrique, est un adj.; il signifie qui tient ou appartient à l'estomac: le suc gastrique.

Gastrite, s. f., est une inflammation de l'estomac: il souffre d'une gastrite et non d'une gastrique.

Gâter, Gâteau: prononcez â long: gâter, gâteau.

Gaudron, Gaudronner, pour goudron, goudronner, sont des barbarismes.—Gaudronner et godronner ont une toute autre signification.

Gaz, s. m., fluide aériforme: prononcez gâze et non gâce.

Gaze, s. f., espèce d'étoffe: prononcez gâze et non gâce.

Geai, s. m., oiseau.—Ne dites pas, noir comme du geai mais noir comme du jais ou comme jais: le jais est une pierre noire susceptible d'un beau poli.

Géant, fait géante et non géane au féminin.