Érésipèle, tumeur inflammatoire sur la peau, est masculin, érésipèle dartreux; on disait autrefois érysipèle, ce qui est plus conforme à l'étymologie.
2. Ne dites pas résipèle: mon frère à la résipèle; ne dites pas non plus la rose pour l'érésipèle.
Ergot: voyez argot.
Ériger.—Ne dites pas: le canal a été érigé en 1850; dites, ... creusé.—Ériger, signifie élever: ériger un monument, une statue.
Ermite, ermitage, erminette (sorte de hache): on écrit aussi, mais moins souvent, hermite, hermitage, herminette.
Errer, errant, erratum, errata, erratique, errements; erreur, erroné: faites sentir les deux r, et prononcez er'rer, er'rant, er'ratum, etc.
Errière: voyez arrière.
Éruption, Irruption.—Éruption, se dit de l'évacuation subite d'un liquide et de toute sortie prompte et avec efforts.
2. Irruption, au contraire, signifie, entrée soudaine et imprévue des ennemis dans un pays. Il faut donc dire: le Vésuve vient de faire une éruption; les ennemis ont fait une irruption dans notre pays.
Escadre, s. f., flotte de guerre; prononcez escâ-dre (â long) et non escate ni escadère.
Escalier.—Ne confondez pas ce mot avec marche, degré: l'escalier est l'ensemble des marches qui conduisent d'un étage à un autre; ne dites donc pas monter les escaliers, s'il ne s'agit que d'un étage; dites monter les degrés ou l'escalier; ne prononcez pas escayer.
Escarole, s. f., espèce de chicorée à larges feuilles; on écrit aussi, mais moins souvent, scariole.
Escient (à mon, à ton, à son, etc.), sciemment, avec connaissance; prononcez ècian et non èci-in.
Esclabousser, n'est pas français; dites éclabousser.
Esclandre, malheur avec éclat, est masculin: il est arrivé un grand esclandre dans cette famille. Prononcez esclan-dre et non esclante ni esclandère.
Esclopé, n'est pas français; dites éclopé (qui marche avec peine).
Escouer, n'est pas français; dites secouer.
Escroc: prononcez escrô: un vil escroc. V. c final.
Espace, est masculin, excepté lorsqu'il désigne ces petites pièces de métal que, dans les imprimeries, on met entre les caractères pour séparer les mots l'un de l'autre: un long espace de temps; mettre une forte espace entre deux mots.
Espadon, s. m., épée grande et large; dites espadon, espadonner, et non espadron, espadronner.
Espèce: toute espèce, voyez sorte.
Espérer, Promettre, Compter, doivent être suivis d'un futur: voyez compter.
2. Espérer, suivi d'un infinitif, ne régit point de préposition, lorsque l'espérance paraît fondée, et il demande la préposition de, si l'on espère avec quelque doute: j'espère le revoir aujourd'hui; peut-on espérer de vous revoir aujourd'hui? Voilà pourquoi avec un adverbe qui exprime la certitude, on dit: j'espère bien partir demain et non j'espère bien de partir.—Espérer, à l'infinitif, suivi d'un verbe aussi à l'infinitif, régit toujours la préposition de, parce qu'alors l'espérance est vague, incertaine: on m'a fait espérer de le revoir.
Espiègle, adj. et subst. des deux genres; prononcez espiè-gle et non espiégle ni espièk, ni espièguèle; ne dites pas non plus, un spiègle, c'est un spiègle.
Esquelette.—Ne dites pas un esquelette, mais un squelette; squelette est masculin.
Esquinancie, s. f., inflammation du gosier; on écrit aussi, mais plus rarement, squinancie; ne dites pas esquilancie.
Essart, s. m., Essartage, s. m., Essarter, v. a.—Ces mots figurent dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.
2. Essart se dit d'un terrain inculte, qui peut ou doit être essarté, défriché; l'essartage (ou essartement) est l'action d'essarter, la manière d'essarter, l'effet de cette action; essarter, c'est défricher en arrachant les bois, les épines, etc.
3. On dit également écobuer qui signifie proprement écroûter la surface du sol, et brûler sur place les tranches de gazon ainsi enlevées.—Les mots sart, sartage, sarter, sartager, ne sont pas français.
Essayer, dans le sens de goûter, savourer, déguster, n'est pas français: goûtez ce vin (et non essayez); goûtez cette viande (et non essayez).
2. Essayer, devant un infinitif, prend la préposition à, lorsqu'il signifie s'exercer à: un enfant essaie à marcher; dans les autres acceptions, il prend de: j'ai essayé de le persuader.—S'essayer veut toujours la préposition à: s'essayer à nager.
3. Essayer, signifiant tâcher, faire ses efforts, demande un régime indirect: essayez-y (et non essayez-le); je ne sais si j'en viendrai à bout; je n'y ai pas essayé (et non je ne l'ai pas essayé).
Est, s. m., Orient: on prononce le t: es-te.
Est-ce.—Ne dites pas: plus savant est-on, plus est-ce qu'on aime l'étude; plus vous en dites, moins est-ce qu'on vous croit; dites, plus on est savant, plus on aime l'étude; plus vous en dites, moins on vous croit.
Estaminet, Café chez Hubert; c'est une mauvaise locution; dites, estaminet, café tenu par Hubert ou bien simplement, estaminet-Hubert, café-Hubert.
Estoc, s. m., longue épée ancienne; ne dites pas: frapper de stoc et de taille, mais, d'estoc et de taille; prononcez estok.
Estomac, s. m.—Prononcez estoma et non estomak.
2. Ne confondez pas estomac avec poitrine: il a une large poitrine; je lui ai frappé sur la poitrine (et non estomac); estomac ne se dit que de la poche qui sert à digérer et qui se trouve au-dessous du thorax ou de la poitrine proprement dite.
Estomaquer, ne s'emploie que pronominalement, et signifie se tenir offensé de ce qu'une personne a dit ou fait, s'en formaliser; mais il ne signifie jamais surprendre, stupéfier, interdire, comme dans l'idiome wallon: il s'est estomaqué (formalisé) de ce que je ne lui ai pas rendu sa visite assez tôt; il n'a pas sujet de s'en estomaquer;—je fus bien surpris de sa réponse; cette nouvelle l'a stupéfié (et non estomaqué).
Estompe, s. f.; dessin à l'estompe; ne dites pas estombe.
Étable, est féminin: prononcez éta-ble.
Étal, Étau.—Un étal, est une sorte de table chez les bouchers; plur. étaux;—un étau, est une machine de serrurier, à tenir, à serrer les objets que l'on travaille; plur. étaux.
Étiquet, n'est pas français; dites étiquettes.
Étiqueter: on ne double jamais le t: les apothicaires étiquètent leurs fioles. (Acad.)
Étisie et Phthisie, étique et phtisique, se disent indifféremment; cependant on dit plus ordinairement phthisie que étisie, et étique que phthisique.
Étonner.—Il faut dire: je m'étonne, je suis étonné que... et non, ça m'étonne que...
2. Ne dites pas: je m'étonne ce qu'il a pu faire; je m'étonne s'il a fait sa besogne; dites, je suis curieux de savoir, je désire vivement savoir, etc.
Étouffe, Touffe, pour étouffant, sont des barbarismes: il fait étouffant, on étouffe de chaleur, et non, il fait touffe, étouffe.
Être, v. s.: prononcez ê-tre et non ê-te ni êtère.
2. Ne dites pas: cela est-il à votre goût; dites, cela est-il de votre goût?
3. Être chaud, être froid, au lieu de avoir chaud, avoir froid, sont des flandricismes.
4. Être en voie, chasser quelqu'un en voie, jeter quelque chose en voie, sont des wallonismes: dites être parti; chasser quelqu'un; jeter quelque chose: voyez voie.
5. Être fâché à quelqu'un ou sur quelqu'un; dites, être fâché contre quelqu'un. (Wall.)
6. Être gagné, pour avoir gagné: ne dites pas, si vous avez gagné au jeu, je suis gagné; dites, j'ai gagné.
7. Être perdu: ne dites pas: vous avez mal joué, vous êtes perdu; dites, vous avez perdu.
8. Être quitte d'une chose, pour avoir perdu cette chose.—Être quitte de..., ne se dit que d'une chose que l'on est bien aise de ne plus avoir: je suis quitte de la fièvre. Mais quand on regrette une chose, on ne peut pas dire qu'on en est quitte. Bien des gens disent abusivement: je suis quitte de mon enfant, pour dire: il est mort;—je suis quitte de ma montre, de mon parapluie, pour, ma montre m'a été volée, j'ai perdu mon parapluie.
9. Être vice d'une personne, d'une chose, pour, en être dégoûté:—ne soyez pas dégoûté (et non vice) de moi, buvez hardiment dans mon verre. (Fland.)
10. Ne dites pas: est-ce là votre livre? oui, c'est lui; dites, oui, ce l'est, ou bien c'est mon livre.
11. Ne dites pas: sont-ce là vos parents? oui, ce les sont; dites, oui, ce sont eux; ne dites pas: sont-ce là vos nièces? oui ce les sont; dites, oui, ce sont elles. Quand on parle de choses inanimées, on doit répondre: ce l'est, ce les sont; mais il faut répondre: c'est lui, c'est elle, ce sont eux, ce sont elles, quand on parle de personnes.
12. Ne dites pas: vous savez ce qui en est; dites, ce qu'il en est.
13. Ne dites pas: où est l'affaire; où sont les actions du chemin de fer? dites, où en est l'affaire, où en sont les actions...?
14. Ne dites pas: nous sommes à trois; ils sont leurs deux; dites, nous sommes trois, ils sont deux.
15. Ne dites pas: six et six sont douze, mais, font douze.
16. Ne dites pas: c'est à vous à qui je parle; dites, c'est à vous que je parle.
17. Je fus, se dit très-bien pour j'allai: voyez aller.
18. C'est à vous, c'est à vous de: voyez à.
19. Être à la campagne, en campagne: voyez campagne.
Étudiant, s. m., se dit de celui qui suit les cours d'une université ou d'une école publique: un étudiant en droit, en médecine; il y a beaucoup d'étudiants à cette université. Il ne se dit pas pour les élèves d'une école, d'un collége. Voyez élève.
Étudier.—Ne dites pas: mon fils étudie avocat ou l'avocat; dites, étudie le droit ou pour être avocat.
Étuve, Poêle.—Une étuve est un lieu clos dont on élève assez la température pour faire transpirer; un poêle (ou poile) est un fourneau de fonte, de tôle, etc., à l'aide duquel on échauffe les chambres, escaliers, etc.; ne dites donc pas: j'ai fait mettre une étuve dans ma chambre; dites, ... un poêle.
Eucharistie, eucologe, Eugène, Eulalie, Euphémie, euphémisme, Euphrate, Europe, Eustache, Euterpe, etc.: prononcez eu et non u ni é; Europe et non Urope, ni Erope, ni Eurôpe.
Eux: prononcez eû, et non eûce.
Évaluer,(u-er et non u-wer) et estimer, devant ou après un nom de nombre, ou un adverbe de quantité, peuvent être accompagnés de la préposition à ou employés sans préposition: à combien ou combien a-t-on évalué votre maison? sa propriété fut évaluée cent mille francs ou à cent mille francs; cette terre a été évaluée tant ou à tant.
Évangile, est masculin: le saint Évangile; le premier, le dernier Évangile...
Éventaire, s. m., plateau d'osier sur lequel sont placés les noix, les légumes, etc., que vendent certains marchands en parcourant les rues. Ne confondez pas ce mot avec inventaire, état détaillé des meubles, des marchandises, etc.
Évêque: prononcez évêque, (ê long).
Évier, s. m., pierre d'une cuisine, d'où s'écoulent les eaux; ne dites pas levier ni lévier ni pierre à relaver; on dit pourtant pierre à laver.
Éviter, Épargner.—Éviter ne veut pas dire épargner; ne dites donc pas: je vous éviterai cette peine; je veux vous éviter ce désagrément; dites, je vous épargnerai cette peine; je veux vous épargner ce désagrément, (littéralement, je vous ferai éviter, je veux vous faire éviter;—mais ce n'est pas moi qui éviterai, c'est vous qui devez éviter).
Évoquer, Invoquer: voyez invoquer.
Ex.—Cette particule, dans la composition de certains mots, se prononce toujours eks: ex-ministre, ex-législateur, il faut se garder de prononcer èce ni ek: voyez x.
Exact, adj.: prononcez èkzak-te, et non èkza, ni èkzak.
Examen, s. m.: prononcez ègzamin; quelques-uns disent ègzamène.
2. Ne dites pas: j'ai fait mes examens à Liége; dites, j'ai subi, j'ai passé mes examens...
Excellent, n'admet ni comparatif, ni superlatif; ne dites donc pas plus excellent, très-excellent.
Excepté, passé, supposé, y compris, vu, approuvé et quelques autres participes, employés sans auxiliaire, s'accordent avec le substantif qui les précède immédiatement, parce qu'on sous-entend l'auxiliaire être: mes amis (étant) exceptés; cette époque (étant) passée; ces faits (étant) supposés; cette somme y (étant) comprise; les pièces (ayant été) vues et approuvées.—Mais ils sont invariables, quand le substantif les suit immédiatement, parce qu'alors on sous-entend l'auxiliaire avoir: excepté mes amis; passé cette époque; supposé ces faits; y compris cette somme; vu et approuvé l'écriture ci-dessus; reçu cent francs; c'est-à-dire, ayant excepté mes amis; ayant passé cette époque; ayant supposé ces faits; y ayant compris cette somme; j'ai vu et j'ai approuvé l'écriture ci-dessus; j'ai reçu cent francs.
Excessivement, adv.—Ne dites pas, excessivement beau, joli, agréable; dites, extrêmement.—Excessivement, est l'adverbe d'excessif, et ne peut s'appliquer à une qualité qu'on regarde actuellement comme bonne.
Exclu, part. passé de exclure, fait au féminin exclue et non excluse: prononcez eks'-clu, eks'-clure, etc. et non esclu, esclure.
Excusable, Inexcusable: voyez impardonnable.
Excuse.—On dit: je vous fais excuse, je vous fais bien excuse, je vous en fais mille excuses, ou je vous demande pardon; mais, demander excuse, est une locution vicieuse.—Prononcez ègs'-cu-ze et non es-cuze, ni ègs'cuce; prononcez de même excuser, excusable, etc.
Exemple.—Ce mot est masculin, excepté lorsqu'il désigne un modèle d'écriture; dans ce dernier cas, il est masculin et féminin, mais l'Académie semble préférer le masculin: vous avez un bel exemple devant les yeux; son maître de calligraphie lui donne tous les jours de nouveaux exemples.
2. On dit très-bien: suivre ou imiter l'exemple de quelqu'un; suivez son exemple; imiter l'exemple, la conduite de quelqu'un. (Acad.) Prononcez egzam-ple et non ekçample ni egzampe ni egzampelle: prononcez de même exemplaire, exempt, exempter, exemption, exorde.
Exempt, Exempter, Exemption: le p ne se prononce pas dans les deux premiers, mais il se fait sentir dans le dernier: exemp'tion.
Exigu, exil, exhaler, exhalaison, exeat, exequatur, exarchat: prononcez èg'zigu, èg'zile, èg'zaler, èg'zéat (x douce) et non èg'cigu, èg'cile, èg'çaler, èg'céat.
Exorde, commencement d'un discours, est masculin: cet exorde est trop long.
Expert, expertiser, expliquer, explication, explicite, exprès, expressément, exploiter, expédient, expirer, exposer, exterminer, extravagant, expérience, explosion, exploit, extérieur, extraire, extrait, etc.: prononcez èkspert, èkspliquer, èksplication, etc. en faisant sentir l'x et non simplement une s, espert, espliquer, esplication, esprès, esploit, estravagant, etc.
Expirer, v. n., signifiant mourir, et passer, dans le sens de être admis, prennent toujours avoir: dès qu'il eut expiré (Acad.); ce mot a passé dans notre langue. (Acad.)—Voyez Auxiliaire.
Explicitement, Explicite: voyez implicitement.
Exporter, Exportation: voyez importer.
Exprès, Expressément.—On entend assez souvent confondre ces deux adverbes, et cependant ils sont loin d'avoir le même sens. Exprès veut dire à dessein et expressément signifie formellement, explicitement, au moyen d'expressions claires, en toutes lettres: il le fait exprès (et non expressément) pour me fâcher; il a fait bâtir cet appartement exprès pour ses amis; il est venu exprès, tout exprès (et non expressément) pour demander cette place;—cela est énoncé expressément (en toutes lettres) dans le contrat; je lui avais commandé, défendu expressément (clairement) de faire telle chose.
2. A l'exprès, en exprès, par exprès, sont des barbarismes; dites simplement exprès et prononcez ègs'prè et non es'prè.
F.—Quand elle est finale, elle se prononce presque toujours, même devant une consonne: vif désir, soif brûlante, un bœuf très-maigre, une soif ardente, etc. Il faut en excepter quelques mots, tels que clef dont l'f ne se prononce ni au singulier ni au pluriel; œuf frais (eû), œuf dur (eû), nerf-de-bœuf (nèr-de-beufe); cerf-volant (cère), cerf-dix-cors (cèr), chef-d'œuvre (chè), bœuf-gras (beû). Le mot neuf forme aussi une exception: voyez ce mot.
2. Les flamands doivent se garder de prononcer f finale ou la syllabe fe comme v ou ve: un parafe et non un parave; un bref et non un brève; un if (arbre) et non ive; une griffe (ongle crochu) et non une grive (oiseau); ce cheval piaffe et non piave; piaffement et non piavement.
Fabricant, s. m.—Quelques-uns écrivent fabriquant (Acad.) Il nous semble que l'on doit réserver cette seconde orthographe pour le participe présent du verbe fabriquer: un fabricant d'étoffes; un ouvrier fabriquant des étoffes.
2. Le subst. fabricant n'a pas de correspondant féminin; ne dites donc pas: Madame N., fabricante de corsets; dites, faiseuse de corsets.
Fabricien et Fabricier: on dit plus ordinairement marguillier (marguillier et non margueiller).
Face, se dit du visage entier et ne doit pas s'employer comme synonyme de joue: une face de carême; avoir une grosse face, une face rubiconde;—avoir une fluxion à la joue; joue droite, joue gauche.
2. Ne dites pas: en face le palais, mais en face du palais.—Prononcez face et non faze.
Facétie, s. f., plaisanterie: prononcez facécie;—ti se prononce également ci dans les dérivés facétieux, facétieusement.
Fâcher.—On doit dire; se fâcher, être fâché contre quelqu'un et non à, sur, ou après quelqu'un: il est horriblement fâché contre vous et non à vous, sur vous, après vous; je me suis fâché contre lui (et non sur lui, après lui, à lui). Prononcez fâcher (â long) et non facher (a bref).
Facile.—Ne dites pas: j'ai facile, j'ai bien facile; vous avez bien facile; j'ai facile d'apprendre mes leçons; vous avez facile de faire ce problème; mais dites: il m'est facile, c'est bien facile, cela m'est bien facile, bien aisé; cela vous est bien facile, bien aisé; vous avez de la facilité pour apprendre vos leçons ou vous apprenez facilement vos leçons; vous ferez facilement ce problème, etc., ou une autre tournure;—mais avoir facile, avoir difficile, sont des locutions véritablement wallonnes et qu'il faut proscrire du langage correct. Voyez difficile.
Façon, s. f.: voyez compliment.
Façonneur, Façonneux, qui fait trop de façons; ces mots ne sont pas français; dites façonnier: que vous êtes façonnier; cette femme est trop façonnière.
Fac-simile, s. m., imitation parfaite; prononcez fac-similé: au pluriel, des fac-simile (invar.)
Facteur.—Ne dites pas le porteur de lettres, mais le facteur de la poste ou simplement, le facteur.
Factieux, adj., séditieux; prononcez fac-cieux; ti se prononce de même dans faction, factionnaire.
Factotum, s. m., qui se mèle de tout; prononcez factôtome: on prononçait autrefois factoton.
Factum, s. m., mémoire pour un procès; prononcez factome.
Faculté, s. m.; ne dites pas fagulté.
Faible, adj.: ce mot et ses dérivés s'écrivaient autrefois foible; l'Académie a adopté exclusivement faible, faiblesse, faiblir, etc. Prononcez fè-ble et non fèpe ni fèbelle.
2. Faible, fort.—Cela est faible, cela est fort, sont des exclamations dont les flamands abusent et qu'il faut rendre presque toujours par un équivalent.—Cela est fort, est français dans certains cas et se dit d'une chose qui étonne désagréablement, qui paraît extraordinaire, ou difficile à croire: cela est fort, paraît fort; voilà qui est fort.—Cela est faible pour exprimer le contraire de, cela est fort, ou pour signifier que tel propos qu'on vous tient ou telle réponse qu'on vous fait, ou telle action dont on vous parle, n'a pas grande importance ou est blâmable: dans ces diverses acceptions cette locution n'est pas française.
3. Ne dites pas non plus: cette viande est faible pour signifier, qu'elle a peu de goût; dites, cette viande est fade.
Faiblir, tomber faible.—Ne dites pas: cette femme est tombée faible, a faibli à l'église; dites, s'est trouvée mal, est tombée en faiblesse, en syncope, en pamoison; s'est évanouie; il lui a pris une faiblesse; elle est tombée en faiblesse.
Faïence, Faïencier, Faïencerie: on écrivait autrefois fayence, fayencier, fayencerie.
Faillir.—Devant un infinitif il demande à ou de, mais de est plus en usage: j'ai failli de tomber, à tomber; j'ai failli de l'oublier, à l'oublier; cet événement faillit de retarder, à retarder notre départ. Néanmoins on supprime souvent toute préposition, surtout dans le langage familier: il faillit être assassiné; il a failli nous arriver un malheur.
Faim, s. f.—Si et très ne peuvent modifier des substantifs, et par conséquent ne peuvent se placer devant faim, soif, peur; ne dites donc pas: j'ai si faim, si soif; très-faim, très-soif, etc.; dites, j'ai grand'faim, grand'soif; fort faim, fort soif; mourir de faim, avoir une faim dévorante, etc. Voyez très et si.
Faîne, s. f.: prononcez fène et non fa-ïne: de l'huile de faîne, ramasser des faînes.
Fainéant, e, subst.—Ne dites pas fainiant, ni féniant, ni fègnant.
Faire.—Ne dites pas à table: j'ai bien fait, pour signifier que vous n'avez plus d'appétit: dites, j'ai assez mangé, je n'ai plus besoin de rien.
2. Ne dites pas: deux et deux fait quatre, mais, font quatre.
3. Faire avec.—Ne dites pas pour inviter quelqu'un à partager votre repas: voulez-vous faire avec nous; dites, voulez-vous partager notre repas; voulez-vous dîner, manger avec nous; voulez-vous prendre un verre de vin?
4. Ne dites pas non plus pour inviter quelqu'un à se mettre de la partie: voulez-vous faire avec? dites, voulez-vous être des nôtres, venir avec nous, faire la partie avec nous?
5. Faire dans telle ou telle chose pour, faire le commerce de telle ou telle chose, est une locution vicieuse; ne dites pas: il fait dans le papier, dans les draps; dites, il fait le commerce du papier, des draps; il vend du papier, des draps, etc. (Wall.)
6. Ne dites pas: cela ne me fait de rien; dites, cela ne me fait rien, m'importe peu, ne m'importe guère, m'est bien égal.
7. Ne dites pas: je ne fais rien qui ne soit de faire; dites, qui soit blâmable, condamnable, répréhensible.
8. Ne dites pas: ça je fais, ça je ne fais pas; dites, je fais ça et je ne fais pas ça. (Fland.)
9. Ne dites pas: j'ai fait mes trois cafés ce soir; dites, j'ai été dans trois cafés, ou bien, dans mes trois cafés, si c'est affaire d'habitude.
10. Faire tourmenter, est un wallonisme; ne dites pas: mon camarade me fait tourmenter; dites simplement, me tourmente:—faire tourmenter signifierait charger quelqu'un de tourmenter, comme, faire battre, faire rendre. (Wall.)
11. Faire pour rendre.—Ne dites pas: l'oisiveté nous fait vicieux; la vertu nous fait aimables; dites, l'oisiveté nous rend vicieux; la vertu nous rend aimables.
12. Ne dites pas: je ne sais quoi faire, je ne sais quoi dire, quoi répondre; dites, je ne sais que faire, que dire, que répondre.
13. Ne dites pas: je ne sais que faire avec cela; dites, je ne sais que faire de cela.
14. Ne dites pas: vous êtes dans l'embarras, savez-vous ce que vous faites ou ce que vous fassiez; dites, savez-vous ce qu'il faut faire.
15. Faire la messe, lire la messe, pour, dire la messe, célébrer la messe est un flandricisme.—faire une messe se dit d'un musicien qui compose une messe.
16. Faire une somme, pour, faire une addition, etc.; ne dites pas: faites-moi cette somme; dites, faites-moi cette addition, cette soustraction, etc.
17. Se faire.—Ne dites pas: il s'est fait fatigué; vous vous ferez malade; dites, il s'est fatigué; vous vous rendrez malade.
18. Il fait.—Ne dites pas: il fait beau de se promener; dites, il fait beau pour se promener.
19. Faire, se met souvent pour un autre verbe qu'on ne peut pas répéter: cet homme n'aime pas tant le jeu qu'il faisait (et non qu'il le faisait); nous nous entretînmes de cette nouvelle, comme nous aurions fait de toute autre (et non comme nous l'aurions fait) (Acad.)
20. Ne faire que, ne faire que de.—Ne faire que, marque ou une action fréquemment répétée: cet enfant ne fait qu'aller et venir; ou une action instantanée: attendez-moi, je ne fais qu'aller et revenir, c'est-à-dire, je vais et reviens en un moment.—Ne faire que de, marque une action qui vient d'avoir lieu: il ne fait que d'arriver, c'est-à-dire, il vient d'arriver.
21. Faire excuse.—Voyez excuse.
22. On dit, avoir affaire et non à faire à quelqu'un: avoir affaire à plus fort que soi; si vous ne vous corrigez pas, vous aurez affaire à moi. Voyez affaire.
23. Faire les cartes.—Voyez écarter.
24. Se faire prêtre, religieux, pour, embrasser l'état ecelésiastique ou religieux, sont des expressions françaises.
25. L'Académie écrit, faisant, nous faisons, je faisais, ainsi que les dérivés faisable, bienfaisant, bienfaisance, contrefaisant; mais il faut prononcer ai comme si ces mots étaient écrits avec un e: fesant, nous fesons, je fesais, fesable, bienfesant, bienfesance, contrefesant. Il faut donc condamner l'orthographe que Voltaire avait mise à la mode et d'après laquelle on écrivait, fesant, je fesais, bienfesance, etc. Voyez e pour ai.
26. Fait-à-fait, à fait, fait et à mesure.—Ces expressions ne sont pas françaises; il faut dire, à mesure, au fur et à mesure, à fur et mesure, successivement, tour-à-tour:—on vous paiera à mesure que vous travaillerez; vous n'avez qu'à travailler et on vous paiera à mesure; travaillez, vous serez payé au fur et à mesure, à fur et mesure; vous serez payé à mesure de votre travail. Il faut préférer à mesure, à au fur et à mesure, fur et mesure.
27. Être au fait, mettre au fait, se mettre au fait, c'est-à-dire être bien instruit de, s'instruire de... sont des expressions françaises: quand vous serez au fait de votre métier; cette jeune fille est bien au fait du ménage; il se fut bientôt mis au fait de son nouvel emploi.
28. Au fait.—Ne dites pas: au fait de la comète, je vais vous conter une histoire; dites, à propos de la comète....
29. Ne dites pas non plus: c'est au fait de rire, de plaisanter, etc.; dites, c'est pour rire, c'est pour plaisanter.
Faisan, (coq sauvage), faisandeau, faisanderie, faiseur (ouvrier): prononcez fesan, fesandeau, fesanderie, feseur.
Fait, s. m.—Dans voies de fait, (violences) prononcez fête.
Falloir, v. n.—Ne dites pas: voilà ce qui nous faut, ce qui nous fallait; dites, ce qu'il nous faut, ce qu'il nous fallait.
2. Ne dites pas: il faut mieux étudier que jouer; dites, il vaut mieux...
Fameux, adj., renommé, célèbre, insigne dans son genre: fameux orateur, siège fameux, fameux voleur; c'est un fameux imbécile; voilà une fameuse bêtise.
2. Les wallons abusent de ce mot en l'appliquant à des choses d'une importance médiocre; ainsi ils diront: c'est un fameux, vous êtes un fameux, etc., au lieu de: c'est un espiègle, vous êtes un original, etc.;—on nous a servi un fameux jambon, (ou un terrible jambon); dites, un grand, un très-grand, un énorme jambon.
3. Ne dites pas non plus: goûtez-moi ce vin.—Fameux! dites, excellent, délicieux.—Vin fameux, pour vin renommé, est trivial.
Faner, v. a., signifie étendre l'herbe pour la faire sécher: faner le foin.—Faner ne peut pas s'employer neutralement; ne dites pas: ces fleurs commencent à faner; dites, ... à se faner.
Fange, s. f.—Beaucoup de wallons désignent, fort improprement, par ce mot une grande étendue de terrain inculte et couvert de bruyère; le mot fange a une tout autre signification. Traduisez par bruyère, lande, ou même par fagne qui figure dans quelques dictionnaires.
Faon, (petit d'une biche), faonner: prononcez fan, faner.
Faquin, est un terme de mépris qui signifie, homme de rien, qui fait des actions basses: ce n'est qu'un faquin; on l'a traité comme un faquin; c'est un métier de faquin: fieffé faquin.—Il ne faut donc pas employer ce mot dans le sens de, freluquet, coquet, pimpant, élégant: il était extrêmement pimpant; vous voilà bien pimpant aujourd'hui; faire le pimpant; etc.
Farce, se dit des actions qui ont quelque chose de plaisant, de bouffon ou de ridicule: faire une farce, des farces; faire une farce à quelqu'un; une bonne farce; quelle farce! il nous a donné la farce; c'est une farce que cela; c'est une vraie farce. (Acad.)—Faire ses farces (expression populaire), c'est se divertir d'une manière bouffonne: ces jeunes gens font leurs farces, ont fait leurs farces. (Acad.)
2. Farceur, se dit d'un homme qui fait des bouffonneries, qui est dans l'habitude d'en faire: un farceur insipide. (Acad.)—Il suit de là que les mots français farce et farceur ne correspondent pas exactement aux mots wallons farce et farceur; ceux-ci en effet ont une acception un peu détournée et se disent ordinairement d'un tour, d'une plaisanterie, d'une mystification, d'une espièglerie: cet écolier ne pense qu'à jouer des tours; je lui ai joué un bon tour; on m'a fait une méchante plaisanterie; vous avez fait là une dangereuse espièglerie.
3. Rendez le mot farceur par plaisant, qui aime les tours, espiègle, etc., selon le sens.
4. Ne dites pas farce pour farceur: cet homme est farceur; oh! que c'est farce! Cependant ce mot peut se dire des choses: une action farce, une parole farce, un maintien farce. (Bescherelle.)
5. Le verbe farcer, faire une farce, figure dans les dictionnaires de Bescherelle et de Poitevin.
Fashion (mode), Fashionable (à la mode), mots anglais: prononcez fachion, fachionable; néanmoins plusieurs prononcent fassion, fassionnable.
Fastes, s. m. pluriel, histoire; ce mot est masculin: les fastes glorieux de l'empire.
Fat, adj., impertinent; prononcez fate.
Fatal, ale, adj.—Le pluriel est fatals, mais il est peu usité.
Faubourg.—Prononcez fôbour.—Bourg final, ne fait pas entendre le g; Limbourg, Luxembourg, Cobourg; tandis que bourg, gros village, se prononce bourke.
Faubourien, ienne, adj. et s., homme du faubourg ou qui appartient au faubourg; ne dites pas faubourier, ni faubourtier.
Faute.—Ne dites pas: c'est de ma faute, si tu as perdu ton procès; dites, c'est ma faute ou c'est à moi la faute, si, etc.
2. Ne dites pas non plus: une faute d'attention; il faut dire, une faute d'inattention ou simplement, une inattention, une inadvertance: c'est une inadvertance; pardonnez-lui ses inadvertances; c'est une pure inattention, une faute d'inattention.—On dira très-bien au contraire: cet élève s'est trompé faute d'attention (l'attention lui a fait défaut).
Faux, s. f., instrument d'agriculture: la faux du temps.—On écrivait autrefois faulx.
Faux, fausse, adj.—Une fausse corde est une corde qui n'est pas au son voulu; une corde fausse est celle qui donne toujours un son faux.
2. Une fausse porte est une porte ignorée des importuns; une porte fausse est une porte figurée.
3. Un faux jour est un jour mauvais pour un tableau; un jour faux est un jour mal distribué dans le tableau.
Féconder, Fécond, etc.: prononcez fékonder, fékond, etc., et non fégonder, fégond.
Femme.—Ma femme, mon mari; voyez époux.
Fenaison, s. f., action de couper le foin; temps où on le coupe: on dit aussi, mais moins souvent, fanaison: pendant la fanaison; on dit également fanage et fauchaison.
Fénelon, n. pr.—On écrit et on prononce communément aujourd'hui en France, Fénelon et non Fénélon.
Fenêtre, Croisée: voyez croisée.
Fenil, s. m., lieu où l'on serre le foin; prononcez fenile.
Fer à cheval, fer de cheval.—On dit fer à cheval, quand il s'agit d'une table, d'un escalier ou de tout autre objet qui a la forme d'un fer qu'on met sous le pied d'un cheval: préparez une table de 30 couverts et disposez-la en fer à cheval.—On dit fer de cheval, quand il s'agit du fer même qu'on met au pied du cheval.
Férir, v. déf., frapper; vieux mot qui n'est plus usité que dans cette locution: sans coup férir.
Ferlaté, falsifié; dites frelaté: du vin frelaté.
Ferraille, Ferrure, Ferronnerie.—Le premier se dit collectivement d'une certaine quantité de vieux morceaux de fer usés ou rouillés: ce n'est que de la ferraille; vendeur de vieille ferraille.—Ferrure signifie garniture de fer: ferrure d'une porte; ferrure bien faite; la ferrure de ces roues n'est pas assez forte; la ferrure d'un vaisseau; les ferrures d'un gouvernail.—Ferronnerie, s'emploie pour désigner les ouvrages de fer en général;—le marchand qui vend de la ferronnerie prend le nom de ferronnier: acheter des chenets chez un ferronnier.
Ferré ou Ferret, perche munie d'un crochet de fer, à deux branches, l'une droite et l'autre courbe, dont on se sert pour pousser une barque; ces mots ne sont pas français; dites gaffe: pousser la barque au large avec la gaffe.
Fertin, menu poisson ou choses de peu de valeur; dites fretin.
Fesser, ne signifie pas clisser, entrelacer, ficeler; vous direz donc: une bouteille clissée, et non ... fessée.