Ci.—Les gens du peuple disent: cet homme ici, ce jardin ici; il faut dire, cet homme-ci, ce jardin-ci (avec le trait d'union).
2. Ci-inclus, ci-joint; voyez inclus.
Cicérone, s. m., guide des étrangers en Italie; prononcez cicérôné et non tchitchérôné ni chichérôné.
Cicogne, s. f., grand oiseau de passage; on prononce et on écrit aujourd'hui, cigogne.
Cigare, est masculin: un cigare, et non, une cigare.
Ciguë, s. f., herbe vénéneuse; prononcez cighû (u long) et non cighe ni cighu-we.
Cil, s. m., poil des paupières: prononcez cille (l mouillée). (Acad.)
Cime, s. f., le sommet d'une montagne, d'un arbre, etc.; écrivez cime et non cîme.
Cimetière, est masculin: porter un mort au cimetière; il faut bien se garder de prononcer cimetchière, cimitière ou cimetié. Voyez ti.
Cinq.—Devant une consonne, prononcez cin; cin francs, cin femmes; le q se fait entendre lorsque cinq est seul ou bien lorsqu'il est devant une voyelle ou une h muette et à la fin d'une phrase: cinq arbres (cinque), cinq hommes (cinque); nous sommes cinq (cinque); cinq (cinque) multiplié par cinq (cinque).
2. Ne dites pas: en tombant j'ai fait un cinq à mon pantalon (une déchirure); dites, j'ai fait un accroc (akrô).
Cypaye, s. m., soldat indien: prononcez cipa-ye, (comme paille) et non cipaî, (comme je paie, tu paies). (Acad.)
Circonspect, adj.; prononcez circonspek; cependant on peut aussi prononcer circonspè.
Ciseau, s. m. pl., instrument des couturières à deux branches, s'emploie ordinairement au pluriel: prêtez-moi vos ciseaux.—Cependant il s'emploie quelquefois au singulier: on n'a pas encore mis le ciseau dans cette étoffe; le chirurgien lui a donné trois coups de ciseau. (Acad.)
2. Ciseau, au singulier, est un instrument de menuisier.
Clair, e, adj.—Ne dites pas: le général fit une charge le sabre au clair; dites, le sabre au vent, au poing, le sabre haut, le sabre dégaîné.
Claquer, Craquer, v. n.—On dit, claquer des mains; faire claquer un fouet; ses dents claquent; il claque des dents.—On dit: ce lit craque; ce biscuit craque sous la dent.
Classe, s. f., ordre, leçon: prononcez clâce.
Claude: voyez reine-claude.
Clayon, s. m. ou Plat d'osier, se dit de la petite claie ronde sur laquelle on met du gâteau, de la tarte, etc.
Clef, s. f.—On prononce clé même devant une voyelle; quelques-uns écrivent clé. (Acad.)
2. Dites: tirez la clef de la serrure et non, tirez la clef en bas de la serrure.
3. Dites également: la clef est à la porte et non après la porte.
Clématite, s. f., plante; ne dites pas, clémentine.
Clerc, s. m., ecclésiastique, praticien; prononcez clère; le c final se prononce dans la locution: de clerc à maître.
Cliche, Clichette, s. f., mots wallons, que l'on fait trop souvent français.—Il faut le rendre, d'après ses acceptions diverses, par les mots: loquet, clenche, clinche, bouton et targette.
2. Le loquet est l'ensemble d'une fermeture très-simple que l'on met aux portes qui n'ont pas de serrure et à celles dont le pêne est dormant; il est composé d'un battant, d'un mentonnet, d'un levier ou bascule et d'un bouton.
3. Le mentonnet est la pièce de fer, fixée au chambranle de la porte, qui reçoit le bout de la clenche ou du loquet, pour tenir la porte fermée.
4. Le levier ou bascule est proprement un petit levier faisant bascule, sur lequel on appuie pour lever le loquet d'une porte; les mots clenche ou clinche correspondent très-bien à lever et bascule.
5. Le battant est la pièce de fer horizontale qui se lève ou se baisse à l'aide du levier et s'adapte au mentonnet pour fermer la porte.
6. Le bouton est une pièce de fer ou de cuivre qui est ordinairement de forme ronde ou ovale, en forme de croix brisée ou de crosse, et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir: tournez le bouton (Acad.)—N'employez pas les mots pommeau, clenche, clinche, crossette pour le mot bouton.
7. Le loqueteau est un petit loquet que l'on met ordinairement aux volets ou aux carreaux mobiles d'en haut d'une fenêtre, et auquel on attache un cordon, afin de pouvoir les ouvrir et les fermer aisément.
8. Targette, s. f., petite plaque de métal qui porte un verrou plat, et qu'on met aux portes, aux fenêtres, etc., pour servir à les fermer.
Client, s. m.—Les commerçants ont des pratiques, les hommes de loi ont des clients.—Prononcez cli-an et non cli-ian.
Cligne-musette, s. f., jeu d'enfants, où l'un ferme les yeux, tandis que les autres se cachent pour qu'il les cherche: jouer à cligne-musette ou à la cligne-musette.—Écrivez cligne-musette (trait d'union) et non clignemusette ni cligne-mussette.
Clissé, ée, adj., qui est garni, enveloppé d'une clisse (ou clayon), espèce de petite claie faite d'osier, de jonc: bouteille clissée, gourde clissée.
Cloaque, s. m., égout: prononcez clo-ake (deux syllabes).
Cloche, s. f., manteau de femme garni d'un capuchon et nommé pelisse dans certaines localités wallonnes.
Cloche-pied (à), loc. adv., sur un pied; ne dites pas: courir à croche-pied, mais, à cloche-pied.
Cloporte, s. m., insecte (en wallon cochon de cave, en flamand duizendbeen); ne dites pas clou-à-porte, mais cloporte.
Clou, s. m., petit flegmon très-douloureux qui a son siége dans la peau, est français: on l'appelle aussi furoncle (s. m.), surtout en terme de médecine.
Clouer et Clouter, ont une différence de signification bien marquée: clouter, c'est garnir de clous; clouer, c'est attacher avec des clous; d'où il suit qu'on ne peut pas dire clouer un clou, pas plus que chanter un chant; dites mettre, placer, ficher un clou, attacher avec un clou ou des clous.
2. Prononcez clou-er, je cloû et non clou-wer, je clou-we.
Club, s. m., société politique; prononcez clu-be et non clupe; plusieurs prononcent cloube, d'autres clobe. (Acad.)
Cocasse, adj. des 2 genres, plaisant, comique, ridicule; ce terme est populaire: personne cocasse, vêtement cocasse.
Code, s. m., recueil de lois; prononcez code (o bref) et non côde (o long) ni co-te.
Cœtera (et): voyez et cœtera.
Cœur (Avoir).—Ne dites pas: qu'ai-je cœur; je n'en ai cœur; dites, que m'importe; cela m'est égal, peu m'importe.
2. Avoir cœur (cure), est la vieille locution française avoir cure (habere curam), avoir soin, avoir souci de... Il est à regretter qu'elle soit tombée en désuétude; elle n'est plus usitée que dans quelques phrases familières, comme: a beau parler qui n'a cure de bien faire.
3. Ne dites pas: j'ai le cœur malade; dites j'ai mal au cœur.
Coi, adj., calme, tranquille; le féminin était autrefois coie; on ne dit plus aujourd'hui que coite.
2. Ce mot n'est guère usité que dans ces phrases familières: se tenir coi, demeurer coi. (Acad.)
3. La locution, chambre coite, (chambre bien fermée et bien chaude) a vieilli. (Acad.)
Coing, s. m., fruit astringent; on ne prononce pas le g.
Coléreux, adj.—Ne dites pas, c'est un homme coléreux; dites, c'est un homme colère ou colérique.
Colidor: ce mot n'est pas français; écrivez corridor et prononcez coridor.
Colla, Colle, Colli, Collo, Collu, initiales qui font toujours entendre les deux l: collatéral, collation, collection, collision, colloque, collusion.
Colle, s. f., menterie, hâblerie: quelle colle il débite là! ce terme est populaire.
Colophane, de la colophane, résine, est féminin; ne dites pas colaphane.
Colorer, Colorier.—Colorer, c'est donner la couleur, de la couleur: le soleil colore les fruits; un vif incarnat colorait son visage; les raisins commencent à se colorer; le safran colore l'eau; l'art de colorer une injustice, le verre, le cristal. Au figuré, colorer signifie, donner une belle apparence à quelque chose de mauvais: colorer un mensonge; vice coloré.—Colorier, c'est appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin: je veux colorier cette lithographie; gravure coloriée; frontispice colorié; ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine.
Colza, s. m., chou sauvage et huile tirée de sa graine; écrivez et prononcez colza et non golza. Voyez chausson.
Combien.—Ne dites pas: le combien du mois sommes-nous aujourd'hui? nous sommes le combien du mois? mais dites, quel quantième du mois avons-nous; quel est le quantième du mois? ne dites pas non plus: le quantième avons-nous; mais, quel quantième...
2. Combien est-ce que vous demandez pour?—Cette manière de demander le prix d'une marchandise n'est pas française; dites, combien vendez-vous...
3. Ne dites pas non plus: combien est-ce que vous avez payé pour ce livre? dites, combien avez-vous payé ce livre?
Commandement, s. m., ordre.—Prononcez comman-d'-ment (en faisant sentir le d) et non comman-n'-ment (en remplaçant le d par une n); il en est de même de, je demandais, je demeure, mandement, admettre, admission, administrer, etc.
Commander.—On commande quelque chose à quelqu'un et l'on commande à quelqu'un; ne dites donc pas: il faut savoir commander ses ouvriers; mais, à ses ouvriers.
2. Commander quelqu'un, ne se dit que quand il s'agit de commandement militaire: dix hommes furent commandés pour cette expédition; le régiment des guides est commandé par le colonel N.—Commander à et le: voyez présider.
Comme.—Ce mot ne peut pas être employé pour que, à la manière des flamands; ainsi ne dites pas: il est aussi grand comme moi; vous avez reçu autant comme moi; dites, il est aussi grand que moi; vous avez reçu autant que moi.
2. Il neige comme; vous êtes comme si gai, sont des expressions barbares; il est bien plus simple de dire: il paraît qu'il neige; vous me semblez ou vous m'avez l'air d'être gai.
3. Comme pour.—Ne dites pas: j'étais comme pour pleurer, comme pour mourir; mais dites, j'étais disposé à pleurer, j'étais sur le point de pleurer, j'allais pleurer; on aurait dit que j'allais mourir, etc.
4. Comme si, ou si, ne doivent jamais être suivis du conditionnel (ce serait un flandricisme): c'est comme si vous viendriez me voir; s'il aurait fait ses devoirs, il ne serait pas puni; dites, c'est comme s'il venait me voir; s'il avait fait ses devoirs, etc.
5. Comme de juste, est un barbarisme; dites, comme il est juste, comme il est raisonnable, et mieux comme de raison.
6. Comme il parle, au lieu de, à l'entendre, est un flandricisme; ne dites donc pas: comme il parle, on le prendrait pour le premier avocat du pays; dites, à l'entendre parler, on le prendrait...
7. Ne dites pas: il m'a dit comme ça, qu'il allait partir: retranchez comme ça, qui est inutile et ridicule.
8. Ne dites pas: comment est-ce qu'on dit, qu'on fait? dites, comment dit-on, comment fait-on?
9. Ne dites pas: si j'étais comme vous, voici ce que je ferais; dites, si j'étais de vous, si j'étais à votre place...
10. Comme tout.—Ne dites pas: il est sage comme tout; dites, il est fort sage, il est parfaitement sage.
Commencer, Finir.—On dit, commencer par, finir par et non commencer avec, finir avec: il commence son déjeuner par le café et finit par des fruits.
2. Commencer de, désigne une action qui aura de la durée: il avait commencé d'écrire sa lettre.—Commencer à, désigne une action qui aura du progrès, de l'accroissement: cet enfant commence à parler, à lire; le jour commence à luire.
Comment.—Comment va-t-il avec vous; comment vous va; comment vous va-t-il?—Remplacez ces expressions par: comment vous portez-vous, comment va votre santé, comment vous en va? (Acad.)—Comment va-t-il avec vous, est un flandricisme; comment vous va et comment vous va-t-il, sont des expressions incorrectes.
2. Il y a de ridicules façons de parler, auxquelles on se laisse aller quelquefois par insouciance ou par imitation; de ce nombre sont celles-ci: (comment vous portez-vous?) comme vous voyez; pas mal et vous, et la vôtre; comme un homme qui vient de chez son notaire; un spirituel magistrat, afin d'éviter un compliment banal, abordait ses amis en leur disant: pas mal et vous?
3. Comment ce que.—Comment ce qu'on fait; comment ce qu'on dit? locutions employées par le bas peuple; il faut dire, comment fait-on, comment dit-on?
4. Ne dites pas non plus: comment est-ce qu'on raconte ce malheur? comment est-ce que cela est arrivé? Dites: comment raconte-t-on ce malheur? comment cela est-il arrivé?
Commerce.—Ne dites pas: mon frère fait commerce; mais, est dans le commerce, fait le commerce; il est commerçant, négociant.
2. Ne dites pas: les commerces ne vont pas; dites, le commerce ne va pas.
3. Ne dites pas: je fais plusieurs commerces; dites, j'ai ou j'exploite plusieurs branches de commerce.
Commodité.—Ne dites pas: cette famille a bien la commodité, a bien le moyen, est fortunée; mon cousin a bien la commodité de tenir un cheval; dites, cette famille est, vit dans l'aisance, elle est riche, elle a de la fortune; mon cousin a bien les moyens (et non le moyen) de..., est assez riche pour... Moyen, dans le sens de richesses, ne s'emploie qu'au pluriel; vous ne direz donc pas avec les wallons: mon voisin a bien le moyen; dites, mon voisin vit dans l'aisance, a de la fortune, etc.
Commun, une, adj.—Commune voix, désigne l'unanimité des suffrages, des voix; la voix commune est la voix vulgaire, la rumeur publique.
Compacte, adj. des deux genres, très-resserré, peu poreux; cet adjectif s'écrit au masculin comme au féminin; prononcez compak-te et non compake.
Comparer.—On dit souvent par inadvertance: cette étoffe, cette maison n'est pas à comparaître à celle-là; il faut dire, à comparer.
2. Comparer à, comparer avec.—Le premier suppose une analogie, un rapport commun de ressemblance entre les deux termes. Comparer avec éloigne l'idée de ce rapport, de cette ressemblance: il n'y a point d'église que l'on puisse comparer à celle de Saint-Pierre à Rome;—que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la fierté et la férocité du tigre. (Buffon.)
Comparoir, v. n., usité seulement à l'infinitif; mais il a vieilli et l'on dit aujourd'hui comparaître.
Comparution, s. f., action de comparaître devant le juge; ce mot s'écrit et se prononce comparution, quoique l'on dise apparition et disparition.
Compendium, s. m., abrégé; prononcez conpindiome: un compendium de théologie.
Comperose, s. f., vitriol; écrivez et prononcez couperose.
Complet, adj. fait au fém., complète et non complette.
Complétement, adv., d'une manière complète, s'écrit avec un accent aigu.
Compliment, s. m.—Ne dites pas: allons, Monsieur, sans compliment, acceptez notre dîner; dites, sans cérémonie, sans façon.—Sans compliment, signifie, sans flatterie: je vous dis sans compliment que votre dessin est fort beau.
Compris, part. passé de comprendre.—Y compris, non compris, sont invariables, comme prépositions, lorsqu'ils précèdent le substantif, et ils s'accordent avec lui lorsqu'ils le suivent: combien y avait-il de régiments y compris l'artillerie? il a dix mille francs de revenu, non compris la maison où il loge; ou bien, la maison où il loge non comprise.
Compte (en fin de) locution triviale, irrégulière et barbare; son équivalent consacré est, au bout du compte, qui n'est pas élégant. (Francis Wey.)
Compter.—Ne dites pas: il faut compter que je n'ai presque pas été me promener cette année; dites, à peine ai-je été me promener... On ne prononce pas le p dans compter, comptant, compte, comptoir, comptable, comptabilité.
2. Compter, espérer, promettre.—Ces verbes marquent une chose à venir; on dit, compter, espérer, promettre qu'une chose sera; ne dites donc pas: je compte que vous êtes sage; j'espère que vous avez bien travaillé; je vous promets que j'ai dit la vérité; dites: je crois que vous êtes sage; j'aime à croire, j'ai la confiance que vous avez bien travaillé; je vous assure que j'ai dit la vérité.
3. Compter, dans le sens de se proposer, croire, ne prend point la préposition de devant un infinitif: ainsi vous direz: il compte partir demain et non de partir (Acad.)
4. Ne dites pas: comptez que j'ai été malade et ne vous étonnez pas que j'aie perdu de l'embonpoint; dites, apprenez, sachez que j'ai été malade.
Concetti, s. m. pluriel, pensées brillantes et sans justesse; ce mot, en France, est toujours pris en mauvaise part; le singulier est concetto, mais il est peu usité.
Concombre, subst., plante potagère, est masculin.
Condamner, Condamnation, Condamnable: prononcez condaner, condanable, condanation; l'a de dam est bref, tandis qu'il est long dans damner, damnation, damnable (dâner, dânation, dânable).
Conditionnel.—C'est une faute d'employer le conditionnel après la conjonction si: si vous feriez, si vous iriez, si j'aurais écrit, etc.; dites, si vous faisiez, si vous alliez, si j'avais écrit, etc.: c'est là un latinisme et un flandricisme tout à la fois.
2. C'est encore une faute que d'employer le conditionnel présent ou passé pour l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif: je voudrais que vous feriez vos devoirs, j'aurais désiré que vous auriez bien étudié; cette faute est très-commune chez les wallons; pour l'éviter, il suffira de se rappeler que les verbes qui expriment la volonté, le désir, un ordre, fussent-ils même employés au conditionnel, gouvernent le subjonctif.
Conduire, Conduite: prononcez conduire, conduite (ui diphthongue) et non condouire, condouite, ni condu-wire, condu-wite.—Il en est de même de toutes les syllabes en ui, comme lui, je suis, je puis, puissant, suite, fuite, fuir.
Confesse, s., qui n'a point de genre; il ne s'emploie que précédé de l'une des prépositions à ou de: aller à confesse, venir de confesse.
Confiance, s. f.—On a confiance, on met sa confiance en ou dans; devant l'article il faut dans: avoir confiance en quelqu'un; mettre sa confiance en Dieu; mettre sa confiance dans les richesses; avoir confiance dans l'avenir.
Confirmer, v. a., conférer le sacrement de confirmation: l'évêque seul peut confirmer; ne dites donc pas: j'ai confirmé l'année dernière dans l'église de St-Antoine; dites, j'ai été confirmé...
Confiteor, au pluriel, des confiteor; on prononce confitéor. (Acad.)
Confort ou Comfort, s. m., assistance, secours: donner aide et confort; dans cette acception il est vieux.—Aujourd'hui il se dit, pour signifier le bien-être matériel, le bien-être de la vie: les Anglais ont un grand amour pour le confort; prononcez con-fort.
Confortable ou Comfortable, adj., qui a rapport au confort, au bien-être matériel de la vie: les anglomanes emploient à tout propos le mot confortable; ils vous diront d'une maison qu'elle est confortable, etc.—Confortable, s'emploie aussi substantivement et se dit de tout ce qui contribue au bien-être matériel: les Anglais ont un grand amour pour le confortable.
Confrère, Collègue.—Confrère se dit de tous les individus d'un corps, d'une société; les gens du même état sont aussi confrères. Collègue a une signification plus restreinte; il s'applique aux individus qui agissent ensemble et de concert.—Les professeurs d'un même établissement sont collègues, mais ils sont confrères par rapport aux professeurs d'autres établissements.
Conjoncture, Conjecture.—Conjoncture, signifie circonstance et conjecture, supposition. Dans les malheureuses conjonctures, on fait de fausses conjectures.
Connaissance.—Dites: j'ai rencontré quelqu'un de ma connaissance ou une de mes connaissances et non, quelqu'un de mes connaissances.
Connaisseur.—On dit: ce monsieur est connaisseur en musique, en peinture; et non, connaisseur de musique, de peinture.
Connaître, v. a.—On ne dit pas: je connais ma leçon; il connaît son discours; mais, je sais ma leçon; il sait son discours; cependant on dit très-bien: je connais tel livre, telle personne, telle maison, telle langue.
Consanguin, ine, s.: voyez germain.
Consanguinité, s. f., parenté du côté du père; l'u fait diphthongue avec i (Acad.); il ne le fait pas dans consanguin, consanguine où le g est dur.
Conscription, Milice.—On dit, tirer à la conscription, à la milice, etc., ou bien: tirer au sort pour la conscription, pour la milice. On tombe à la conscription, à la milice et non dans ou de la conscription, etc. Voyez réquisition.
Conseiller quelqu'un et à quelqu'un.—Conseiller quelqu'un, veut dire en général, qu'on lui donne des conseils: son avocat le conseille bien, c'est-à-dire, lui donne de bons conseils; les courtisans conseillent parfois mal les souverains, c'est-à-dire, leur donnent de mauvais conseils.—Mais si l'on exprime l'objet du conseil que l'on donne, on doit dire, conseiller à quelqu'un: je lui ai conseillé de changer de conduite; la prudence conseille aux jeunes gens de fuir l'oisiveté et les mauvaises compagnies.
Conseilleur.—Ce mot est vieux et ne s'emploie plus guère que dans le proverbe: les conseilleurs ne sont pas les payeurs; il faut dans les autres cas se servir du mot conseiller (n'écrivez pas conseillier).
Consentir.—Ne dites pas: j'ai consenti dans la proposition qu'on m'a faite; mais j'ai consenti à la proposition...
Conséquent, se dit d'une personne qui est d'accord avec elle-même ou avec ses principes: cet homme est conséquent dans ses projets, dans sa conduite; c'est-à-dire qu'il est le même dans ses projets, dans sa conduite qu'en tout autre occasion. (Acad.)—Appliqué aux choses, il a à peu près le sens de l'adjectif conforme: il a une conduite conséquente à ses principes. (Acad.) Mais jamais ce mot ne peut signifier, considérable, important; il ne faut pas dire: une affaire conséquente, une somme conséquente, des propriétés conséquentes; mais, une affaire importante, une somme considérable, des propriétés considérables ou de grandes propriétés. Ce qui a pu donner lieu à cet emploi vicieux du mot conséquent, c'est qu'on dit très-bien, de conséquence, pour signifier qui peut avoir des suites importantes: une affaire de conséquence, une affaire de nulle conséquence. (Acad.)
2. Prononcez concéquent et non conzéquent ni conzèquent.
Consister: prononcez concister et non conzister.
Consolable, adj.—On ne le dit que des personnes (Acad.); cependant, au mot consoler, nous trouvons dans le Diction. de l'Académie l'exemple: consoler la douleur. Or, si l'on dit consoler la douleur, il suit nécessairement que la douleur est consolable. Il y a plus: d'après l'Académie, on peut dire: douleur inconsolable; et qu'est-ce qu'une douleur inconsolable sinon une douleur qui n'est pas consolable? Voyez inconsolable.
Consoler, Console, Consolation, Consolant, etc.; prononcez l's dure et non conzoler, conzole, conzolation, etc.
Consommer, Consumer.—Consommer, v. a., achever, accomplir, mettre en sa perfection. Il se dit aussi en parlant des choses que l'on détruit en les faisant servir aux usages de la vie, comme vin, bière, viande, bois et toutes sortes de provisions: nous avons consommé nos provisions.
Consulte pour Consultation, conférence que l'on tient sur une affaire ou sur une maladie.—Ne dites pas: mon père est très-malade, il y a eu hier trois consultes; dites, ... trois consultations. Prononcez conçultations (s dure) et non conzultation.
2. Consumer, v. a., détruire, user, réduire à rien, sans but utile ou nécessaire pour celui qui détruit: le feu a consumé tout le bois; l'incendie a consumé la maison; la rouille consume le fer; les chagrins le consument.—Consumer signifie aussi, employer sans réserve; j'ai consumé tout mon temps à cet ouvrage.
3. Prononcez l's dure: conçumer, conçomer et non conzumer, conzomer.
Contact, s. m., attouchement; prononcez les deux consonnes finales: contak-te; prononcez de même compact, tact.
Contempteur, s. m., qui méprise; il n'a point de féminin correspondant.—Contemptible, adj., vil et méprisable: dans ces deux mots on prononce le p.
Contenir, v. a.—Ne dites pas: le bateau à vapeur contenait un prêtre, un officier et deux avocats; dites, dans le bateau à vapeur étaient...
Content, adj.—On doit dire, être content de quelqu'un et non sur ou après quelqu'un.
2. Ne dites pas: irons-nous à Verviers?—Je suis content; dites, volontiers.
3. Ne dites pas: je suis content de ce qu'il me quitte; dites, je suis content qu'il me quitte.
4. Ne dites pas: il était content pour avoir terminé ses devoirs; dites, d'avoir terminé...
Contenter (se), v. pron.—Ne dites pas: je me contente avec du pain et des fruits pour mon déjeuner; dites, je me contente de pain et de fruits...
Contigu, Proche: voyez proche.
Continuer à, Continuer de.—Continuer à, c'est poursuivre sans interruption une chose commencée, avec une intention dirigée vers un but: il continuait à lui dire des injures, à le frapper; continuer à bien vivre; il continuait à faire la guerre.—Continuer de signifie ne pas cesser, avec idée d'interruption: continuez de vous former le style; ou bien, ne pas cesser, sans interruption, mais en même temps sans que la phrase indique une intention dirigée vers un but: il continue de pleurer; la rivière continua de couler.
Contradicteur, s. m., n'a point de correspondant féminin.
Contraindre, v. a.—Devant un infinitif on dit, contraindre à et contraindre de; Laveaux établit une distinction qui nous paraît assez juste.—Contraindre à suppose un but, une tendance, une action; il faut donc préférer à toutes les fois que ces idées sont comprises dans la phrase, et de, dans tous les autres cas: on le contraignit à marcher, à s'avancer, à se battre: il s'agit ici d'une action.—Mais on dira: on le contraignit de se taire, de se tenir en repos, de prendre la fuite, de s'enfuir, de rester; c'est ici une cessation d'action.—L'Académie a observé cette différence dans ces deux phrases: on le contraignit à se battre; la ville fut contrainte de se rendre.
Contre.—Ne dites pas: je suis contre les plaisirs du monde, parce qu'ils détournent des devoirs envers Dieu; dites, je suis opposé aux plaisirs, j'ai de la répugnance pour....
2. On ne dit pas, être fâché sur quelqu'un; le chien aboie sur les passants, mais, être fâché contre quelqu'un; le chien aboie contre les, après les ou aux passants.
3. Ne dites pas: laisser la porte toute contre, mais tout contre.
4. Ne dites pas: il a passé tout contre moi sans me reconnaître; dites, tout près de moi; on dit, s'asseoir près de quelqu'un et non, contre quelqu'un. Mais en parlant des choses, on dit bien: j'étais assis contre le mur; ce champ est contre le bois (pour dire qu'il y touche).
5. L'expression par contre, n'est pas française, rendez-la par: en revanche, mais, du reste, du moins, au contraire: il avait mal dîné, mais, en revanche, il a bien soupé; il est bourru, du reste il est bon et humain; si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du moins celui de la nouveauté.
Contredire, dédire, interdire, médire, prédire, font à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, vous contredisez, vous dédisez, vous interdisez, vous médisez, vous prédisez;—maudire fait, vous maudissez.—Il n'y a que dire et redire qui fassent, vous dites, vous redites.
Contrefaction, s. f., action de contrefaire, de falsifier, terme de jurisprudence.—On dit plus souvent, dans le langage ordinaire, contrefaçon.
Contremander, révoquer l'ordre qu'on a donné; ne dites pas décommander.
Contrevention, s. m., infraction pour contravention; contraventoirement pour en contravention et contraventaire pour contrevenant, ne sont pas français.
Contumace, s. f., t. de jurisprud. crimin., le refus, le défaut que fait un accusé de comparaître devant le tribunal où il est appelé: être en état de contumace; condamner par contumace. Il est souvent synonyme de contumax, adj. de deux genres, t. de jurispr. crimin., accusé ou prévenu qui est en état de contumace et auquel on fait un procès: accusé contumax, il est contumax; il s'emploie aussi substantivement: le contumax vient de se présenter devant ses juges.
Convenir, signifiant plaire, veut avoir; signifiant être d'accord ou avouer, il prend être: cette maison nous ayant convenu, nous sommes bientôt convenus du prix; le propriétaire est convenu lui-même que nous n'avions pas été difficiles.
Copeau, s. m., éclat de bois (en wallon, estalle, en flamand, spaender, krol); dites, brûler des copeaux et non des skafelings, de l'escaufelin.
Coquemar, s. m., espèce de pot de fer-blanc, de cuivre, etc., ayant un long bec, et qui sert à faire bouillir ou chauffer de l'eau, du café: faire bouillir de l'eau dans un coquemar. Dites cafetière, chocolatière, théière, laitière, pour désigner le vase d'argent, de terre, de fer-blanc, de porcelaine, etc., qui sert à faire ou à servir du café, du chocolat, du thé, du lait.
Coran: voyez alcoran.
Corbeille d'enfant, le linge, les langes, le maillot et tout ce qui est destiné pour un enfant nouveau-né; corbeille, dans ce sens, n'est pas français; dites layette.
Coroner, s. m., officier de justice en Angleterre; on fait sentir l'r finale: coronère.
Corpendu ou Court-pendu, espèce de pomme rouge; ces mots ne sont pas français; dites capendu, s. m.: un bon capendu.
Corps, s. m.—Corps à corps: prononcez cor à cor et non cor za cor.
2. Ne dites pas: il réclamait à corps et à cri; dites, à cor et à cri, c'est-à-dire, à toute force.
Corpulence, s. f., taille de l'homme considérée par rapport à sa grandeur et à sa grosseur: cet homme a de la corpulence, il est corpulent; corporence et corporent ne sont pas français.
Coriace, adj., dur comme le cuir: cette viande est coriace; ne dites pas, tiliasse.
Correct, e, adj., sans faute; on fait sentir les deux r et les deux lettres finales, même au masculin: cor-rek-te; prononcez de même le c et le t dans abject, contact, direct, exact, infect, strict, tact.—Faites également sentir les deux r dans correcteur, correction, correctif, correctionnel, corrégidor, corrélatif, corrélation, corroborer, corroboration, corroder, corrodant, corrosion, correspondre, correspondant, corrompre, corruption, corrupteur, corruptible, corroyer, corroyeur.
Corridor, s. m., galerie; ne dites pas, colidor; prononcez coridor.
Corset, s. m.—Les femmes seules portent des corsets; ne demandez donc pas à un homme, avez-vous mis votre corset de laine, de coton? dites, votre gilet de laine, de coton.
Corsionnaire, plante potagère dont la racine, noire en dessus et blanche en dedans, se mange cuite, comme le salsifis; dites, scorsonère (subst. féminin) et non corsionnaire; on la nomme autrement, salsifis noir ou salsifis d'Espagne.
Cortès, s. féminin pluriel, assemblée des États (chambres, parlement) en Espagne et en Portugal: prononcez cortèce.
Cosaque, s. m.: prononcez cozaque (o bref) et non côsaque (ô long).
Côté, s. m.—Prononcez cô-té (ô long) et non co-té (o bref).
2. Ne dites pas: de l'autre de côté; dites, de l'autre côté.
3. Ne dites pas: de tous côtés ou de tous les côtés pour partout, à la manière des wallons: on rencontre des injustices de tous côtés ou de tous les côtés; dites, partout.
4. N'employez pas non plus côtés pour pays, environs: il demeure de vos côtés, ce malheur est arrivé de ses côtés; dites: il demeure dans vos environs, dans votre pays; ce malheur est arrivé dans son pays. Cependant on dit très-bien: il demeure du côté de Verviers; il est du côté de Namur. (Acad.)
Côte, Côtelettes: prononcez l'ô long et non cote, cotelettes.
Cou, s. m.—Quelquefois on dit par euphonie col, surtout en poésie. (Acad.)
2. Ne dites pas: quelle belle cravate vous avez dans le cou; mais, quelle belle cravate vous avez au cou.
3. Cou-de-pied, s. m., haut du pied; ne dites pas: coude-pied, coup-de-pied, cou-du-pied.—Le pluriel est cous-de-pied.
Coucher, Promener, Baigner.—Ces verbes, employés pronominalement, doivent toujours être accompagnés de me, te, se, nous, vous, se; ainsi ne dites pas: je vais coucher, promener, baigner, mais, je vais me coucher, me promener, me baigner.
Coudre, v. a., fut., je coudrai, (et non je couserai); cond. je coudrais; impératif, couds, cousons, cousez; prés. du subj., que je couse, que tu couses; ind. prés., je couds, nous cousons, vous cousez, ils cousent; passé déf., je cousis, tu cousis, etc., (et non je cousus, etc.); imparf. du subj., que je cousisse, que tu cousisses, etc. (et non que je coususse, etc.)
Couenne, s. f., peau de porc; écrivez et prononcez couenne (ou en diphthongue) et non couanne ni couaine.
Couler, Courir.—En parlant des liquides, il faut se servir du verbe couler: cette fontaine coule doucement; ce tonneau, ce baril coule de toutes parts. Cependant, lorsqu'il s'agit d'un liquide qui marche régulièrement et précipitamment, on emploie quelquefois le verbe courir: le ruisseau qui court dans la prairie; l'eau qui court; le sang court dans les veines. Mais il n'est jamais permis de dire: ce vase court; le lait court dans le feu; il faut dire, ce vase coule; le lait coule dans le feu.
2. Le verbe courir se conjugue avec l'auxiliaire avoir: ne dites donc pas, je suis couru, mais j'ai couru. Mais il prend l'auxil. être quand il signifie être suivi, être recherché: cet ouvrage est fort couru; ce prédicateur est fort couru.
3. Je cours à la ville; il court à perdre haleine; il part avec lui: prononcez je cour à la ville; il cour à perdre haleine; il par avec lui. Mais au pl. ils courent avec lui (il cour-tavec), etc.; il en est de même dans les cas analogues.
Couleur d'isabelle, couleur mitoyenne entre le blanc et le jaune, mais dans laquelle le jaune domine; dites, couleur isabelle, quoiqu'on dise également bien, couleur de rose et couleur rose.
2. Couleurs (peindre sous des).—«On ne peint pas plus sous des couleurs que l'on ne dessine sous un crayon. Ce contre-sens, ou plutôt ce non-sens, provient de la confusion qui s'est faite à la longue entre deux locutions analogues: peindre avec des couleurs;—voir ou peindre sous un jour.» (Francis Wey). Il est donc plus correct de dire: peindre avec des couleurs.
3. Couleur, est féminin: une couleur changeante; il est masculin, lorsque, avec le nom qui le suit, il désigne une couleur particulière ou une chose ayant cette couleur: le couleur de feu, le couleur de rose, un beau couleur de feu, un joli couleur de rose, comme on dit, le rouge, le rose, un joli rose, etc.