Organe, est masculin: un bel organe, et non une belle organe.
Orge, est féminin: voilà de belle orge, de belles orges.—Il est masculin dans les deux expressions suivantes: orge mondé, orge bien nettoyée; orge perlé, orge réduite en petits grains dépouillés de leur son.—Prononcez or-ge et non or-che.
Orgeat, s. m., boisson rafraîchissante: prononcez orja.
Orgelet, s. m., (ou grain d'orge), petite tumeur inflammatoire sur le bord libre des paupières:—j'ai un orgelet à l'œil gauche.
Orgue: voyez délice.
Orgueil, s. m.—L'l finale est mouillée et ce mot se prononce comme deuil; ne dites pas orgheil, orghueule: prononcez de même les dérivés orgueilleux, orgueilleusement, s'enorgueillir.
Ormeau, s. m., arbre; ne dites pas un vieil ormeau; dites, un vieil orme;—les ormeaux sont de jeunes ormes.
Ornière, s. f., trace de roue de voiture: prononcez or-nière et non or-gnière.—Voyez ni.
Orteil, s. m., doigt de pied: se dresser sur ses orteils;—il se dit particulièrement et le plus souvent du gros doigt de pied: avoir la goutte à l'orteil, au gros orteil: prononcez orteille (l mouillée) et non ortelle.
Orthographier, v. n.: il sait bien orthographier;—ce mot ne vient pas d'orthographe mais d'orthographie, qui est le nom ancien de cette science;—ne dites pas orthographer.
Os, s. m., partie dure du corps: prononcez ô (long) et non oce; on ne fait sentir l's que devant une voyelle où il sonne comme z: un amas d'os et de chair.—Les ossements sont un amas d'os.
Osciller, oscillation, oscillatoire: on prononce les deux ll sans les mouiller.
Osier, Hart.—L'osier est un arbrisseau de la famille des saules:—une hart est un brin d'osier, de saule ou de tout autre bois pliant: lier avec de l'osier; délier la hart (et non l'osier) d'un fagot.—Prononcez hare (h aspirée).
Où, adv.—Ce mot ne peut jamais être employé pour que: ne dites pas, c'est là où je demeure; dites, c'est là que je demeure; ne dites pas, c'est là où je vais; dites, c'est là que je vais.
2. Ne dites pas: c'est le monsieur où je vais; dites, chez qui, chez lequel je vais. (Flandr.)
3. Ne dites pas: voici le verre où j'ai bu dedans; dites, voici le verre dans lequel j'ai bu. (Wall.)
4. Ne dites pas: la ville où nous y entrâmes deux jours après; dites, la ville où nous entrâmes ou bien et nous y entrâmes, car où signifie dans laquelle ville et y signifie dans cette ville;—les deux mots ensemble veulent donc dire nous entrâmes dans laquelle ville, dans cette ville.
5. Ne dites pas: j'irai où que vous voudrez; dites, j'irai où vous voudrez. (Wall.)
6. Ne dites pas: il ne se passait pas de semaine où je n'allasse à Liége; dites, que je n'allasse à Liége.
7. Ne dites pas: où est-ce que vous êtes? où est-ce que cela est? où est-ce que c'est que cela est?—dites, où êtes-vous, où cela est-il, où est cela.
8. Ou, conj.:—sept ou huit personnes: voyez à.
9. Où, adv. s'écrit avec un accent grave; et ou conjonct., s'écrit sans accent.
Ouate, s. f., Ouater, v. a.—On prononce ouète, ouèter (wète, wèter), dit l'Académie;—nous pensons néanmoins que cette prononciation est moins en usage que ouate, ouater (wate, water).
2. Les auteurs étant partagés sur la question de savoir si ou est aspiré ou non, nous croyons que l'on peut dire indifféremment de la ouate ou de l'ouate; l'Académie du reste donne des exemples de l'une et de l'autre orthographe.
Oubli, s. m., action d'oublier, ne s'emploie pas au pluriel.
2. Oublie, s. f., sorte de pâtisserie fort mince et de forme ronde: prononcez oublî (î long) et non oubli-ïe;—prononcez de même oublier, j'oublî(e), j'oubli-ais, j'oublî-(e)rai et non oubli-ïer, j'oubli-ïe, j'oubli-ïais, j'oubli-ïerai.
Oublier à, vieillit (Acad.): ainsi au lieu de dire: il a oublié à lire et à écrire; dites, il ne sait plus lire ni écrire.—Oublier à signifie perdre l'usage, l'habitude; oublier de veut dire perdre le souvenir de quelque chose: oublier à chanter, à écrire; j'ai oublié d'apprendre ma leçon.
Oublieux, adj., Oublieur, subs. m.—Oublieux, qui est sujet à oublier: les vieillards sont oublieux;—l'oublieur est celui qui fait ou vend des oublies:—oublieur se prononce oublieux. (Acad.)
Oue.—La syllabe oue, finale ou non, se prononce oû (long) et non ou-we:—de la boue, une roue, engouement, enrouement:—prononcez boû, roû, engoûment, enroûment, et non bou-we, rouwe, engou-wement, enrou-wement.—Voyez ie et ue.
2. Ouer, ouir, ouet, etc.:—prononcez ou-er, ou-ir, et non ou-wer, ou-wir:—jouer, louer, clouer; ouïr, jouir, jouet, alouette, amadouer et non jou-wer, lou-wer, clou-wer, amadou-wer, ou-wir, jou-wir, jou-wet, alou-wette.
Ouest, s., m. le couchant du soleil: prononcez ouèste (ouè diphth.)
Oui, particule d'affirmation opposée à non.—Il s'emploie quelquefois substantivement et alors, dit l'Académie, il se prononce comme s'il était aspiré: le oui et le non; il a dit ce oui à regret.—Nous ferons remarquer que l'Académie aspire encore ce mot lorsqu'il n'est pas pris substantivement: je crois que oui.—On dit aussi avec aspiration, c'est-à-dire, sans faire sentir la consonne finale du mot qui précède oui: mais oui, vraiment oui; dire le grand oui.
Ouï-dire, s. m., ce qu'on sait par le seul dire d'autrui; ce mot est invariable: il ne faut pas s'arrêter aux ouï-dire.
Ouïe, s. f., sens des sons: il a l'ouïe fine et non fin:—prononcez ouî non ou-wi-ïe ni ou-iïe.
2. Ouïes, au plur. sans sing., se dit des ouvertures placées aux deux côtés de la tête des poissons et par lesquelles ils donnent issue à l'eau qui est entrée dans leur bouche par la respiration.
Ouïr, v. a., entendre, recevoir les sons par l'ouïe; on ne se sert aujourd'hui presque plus de ce verbe qu'à l'infinitif et aux temps formés du participe ouï et du verbe avoir.
Ourler, v. a., faire un ourlet (et non une ourle);—ne dites pas ourlir.
Ours, est masculin: c'est un ours, un vrai ours; il est vêtu comme un ours; prononcez ource.—Ourse est la femelle de l'ours.
Ousque.—Ne dites pas ouse qu'il est? dites, où est-ce qu'il est? ou, plus brièvement, où est-il?
Outil, s. m.: un bon outil, et non, une bonne outil.—Prononcez outi et non outile.
Outre, prép.—Ne dites pas, en outre de cela, dites, outre cela ou en outre:—en outre s'emploie sans complément.—Prononcez ou-tre et non oute, outère.
Ouvrable, adj. m., consacré au travail; il n'est usité que dans l'expression jour ouvrable; mais on dit aussi jour ouvrier. (Acad.)—Ouvrable dans le sens de qui peut être ouvert, n'est point français.
Ouvrage, s.—Ce mot, qui était quelquefois du féminin du temps de Louis XIV, surtout en parlant des ouvrages des femmes, est toujours du masculin aujourd'hui: un bel ouvrage et non une belle ouvrage.
Ouvrier, ère, s.:—prononcez ouvri-é, ouvri-ère et non ouvri-ié, ouvri-ière.
Ovale, adj., qui a la forme d'un œuf: visage ovale:—le masculin est ovale comme le féminin.—Il est aussi substantif masculin: un grand ovale;—on le faisait autrefois du féminin.
P.—Le p final, ne se prononce pas dans les mots ordinaire: drap, galop, sirop, trop, coup, loup, corps, champ, temps, camp, exempt, prompt, je romps, etc., et dans les noms propres français qui dérivent de noms communs: telle est la règle générale.
2. Le p se fait sentir dans cap, laps, relaps, rapt, jalap, hanap, julep, salep, concept (faites sentir le t), et aussi dans cep pris isolément.—Le p muet, à la fin des mots, ne se lie pas avec la voyelle suivante; on ne peut donc pas dire, un loup enragé (lou-penragé), etc.
3. Il se prononce également dans psaume, adoption, captieux, contempteur, contemptible, exemption (quoiqu'on ne le prononce pas dans exempt, exempte, exempter), impromptu, rédempteur, rédemption, rédemptoriste, reptile, septante, septantième, septembre, septenaire, septennal, septentrion, septentrional, septuagénaire, septuagésime, symptôme; dans accepter, excepter et leurs dérivés.
4. Mais il ne se prononce pas dans presque tous les mots où il se trouve entre deux consonnes, tels que: Baptiste, saint Jean-Baptiste, cheptel, baptême, baptiser, débaptiser, baptismal, baptistaire, baptistère, comptabilité, comptable, comptant, compte, compter, comptoir, décompte, décompter, mécompte, escompte, promptitude, prompt, prompte, promptement, sculpture, sculpteur, sept, septième, septier (ou setier), et leurs dérivés.—Ajoutez les noms propres Champfort, Champmeslé.—D'après l'Académie on le supprime dans dompter (donter), dompteur (donteur), domptable (dontable), tandis qu'il faut le prononcer dans indompté, indomptable. Nous ne nous chargerons pas d'expliquer cette contradiction.
Pachus, est une corruption du mot flamand pak-huis et il faut le rendre par le mot magasin:—quand un homme achète beaucoup de choses de même nature, on dit, qu'on croit qu'il veut en faire un magasin et non un pachus.
Page, s. féminin, dans le sens de page d'un livre, d'un cahier.—On dit également page dix et page dixième; page vingt, page cent et page vingtième, page centième, comme on dit, chapitre dix et chapitre dixième, chapitre cent et chapitre centième.
Paiement, paîment, payement, s. m., action de payer:—l'Académie autorise ces trois orthographes, mais, dans tous les exemples qu'elle donne, elle écrit payement:—dans ce dernier cas, prononcez pai-ïement.
Païen, païenne, adj. et subst.—On n'écrit plus aujourd'hui payen, payenne:—prononcez pa-ïien, pa-ïiène (et non pa-ïiain-ne).
Paillasse, s. f.—Dites une paillasse et non un garde-paille.
Paille, s. f., le tuyau et l'épi du blé, du seigle, de l'orge, etc., quand le grain en a été enlevé.—On entend aussi par paille un certain défaut de fusion dans les métaux.
2. Ce mot ne s'emploie pas au pluriel, à moins qu'il ne s'agisse de l'ensemble de la récolte: les pailles sont belles; les pailles servent à faire de la litière et du fumier.
Pain, s. m.—Ne dites pas un pain enchanté ou à chanter; dites un pain à cacheter.
Pair, s. m., titre de dignité, on appelle pairesse la femme d'un pair.
2. Paire, s. f., couple d'animaux de la même espèce, mâle et femelle: une paire de pigeons, de poulets (un mâle et une femelle); on dit familièrement une paire d'amis.—On donne aussi ce nom à deux choses de même espèce qui doivent nécessairement se trouver ensemble: une paire de gants, une paire de bas, une paire de souliers; on dit aussi une paire de bœufs (deux bœufs propres à être attachés au même joug.)—On le dit encore d'une chose unique composée de deux pièces: une paire de lunettes, une paire de pincettes.—Voyez couple.
Palais, hôtel, maison, château: voyez maison.
Pâle, adj., blanchâtre, peu coloré; ne dites pas voir pâle, mais être pâle. (Flandr.)—Prononcez pâle (â long).
Palefrenier, (et non palefermier, palefernier), domestique qui a soin des chevaux: prononcez palefrenier (e muet) et non palefrènier, palefre-gnier.—Voy. e et ni.
Palette, est un mot wallon; rendez-le par truelle, s'il s'agit d'un outil de maçon, et par pelle à feu ou pelle, s'il est question d'un instrument de cuisine: enlevez les cendres dans la pelle.
Palladium, s. m.; statue de Pallas: prononcez pal'ladiome.
Palletée, autant qu'il en peut tenir sur une pelle; ce mot n'est pas français; dites pellée, pellerée, pelletée: une pelletée de terre.
Pallier, v. a., déguiser, excuser; palliatif, qui pallie, remède;—prononcez les deux ll, pal'lier, pal'liatif.
Pallium, s. m., ornement des archevêques: prononcez palliome.
Palot, s. m., terme de mépris, personne grossière et sans éducation: prononcez palo (a et o brefs).
2. Pâlot, otte, adj., un peu pâle: prononcez pâlo (â long).
Palpitant d'actualité: voyez actualité.
Palus, s. m., marais: les palus Méotides; prononcez paluce.
Pampe, Pampre.—La pampe est la feuille du blé, de l'orge;—le pampre est une branche de vigne avec ses feuilles.
Pan, Basque, partie découpée et tombante de certains vêtements:—pan se dit d'un manteau, d'une robe, d'une chemise;—basque se dit d'un habit, d'une veste, d'une casaque: habit à petites basques, à grandes basques; les pans d'un manteau, d'une chemise.
Panacée, s. f., remède à tous les maux: tous les charlatans se vantent d'avoir trouvé la panacée.
Panaris, s. m., inflammation au bout des doigts, accompagnée d'élancements douloureux; ne dites pas, un doigt blanc, un mauvais doigt.—Prononcez panari.
Pandectes, s. f. pl. (ou digeste, s. m.), recueil des décisions des anciens jurisconsultes romains que Justinien fit compiler: prononcez pandek-tes et non pandèkes;—diges-te et non digesse.
Pandémonium, s. m.—Lieu imaginaire où l'on suppose que Satan assemble le conseil même des démons: pandémoniome.
Pandour ou Pandoure, s. m., nom de certains soldats hongrois.
Panégyrique, s. masculin, discours solennel à la louange de quelqu'un et notamment d'un saint; ne dites pas panégérique, panagérique.
Panier, s. m.: prononcez pa-nier et non pa-gnier.—Voyez ni.
Panne, employé pour tuile, n'est pas français.
2. Panne, s. f. (en wallon vienne), pièce de bois placée horizontalement sur la charpente d'un comble (toit) pour porter les chevrons: voyez ce mot.—Verne n'est pas français.
3. Panne, se dit aussi, chez les ouvriers, de la partie du marteau opposée au gros bout: frapper de panne.
Pantalon: voyez culotte.
Pantomime, s. f., espèce de drame où les acteurs suppléent à la parole par le geste: écrivez et prononcez pantomime et non pantomine—Il se dit aussi de l'acteur qui s'exprime par gestes sans proférer une parole: dans ce dernier cas il est masculin: les anciens avaient d'excellents pantomimes.
Pantoufle, s. f., chaussure de chambre: écrivez et prononcez pantou-fle et non pantoufe, pantoufèle.
Paon, s. m., oiseau, papillon;—prononcez pan;—voyez ao, aon, aou.
Papal, ale, adj., qui appartient au pape: pouvoir papal; ce mot n'a pas de pluriel masculin.
Papayer, s. m., arbre des Indes: prononcez pa-pa-îé.
Pape, s. m., le chef de l'Église; prononcez pâpe (â long).
Papeterie, s. f., fabrique de papiers: prononcez papet'rie et non papèt'rie.
Papier, s. m.—Ne dites pas: papier passé, papier gris, mort papier, papier de tache, pour désigner du papier non collé qui prend les taches et fait sécher l'encre; dites papier brouillard.—Voyez tapis.
Papillon, papillonnage, papillonner, papillotage, papillotte, papillotter:—les ll sont mouillées dans ces six mots.
Papin, n'est pas français dans le sens de cataplasme.—D'après Bescherelle, papin se dit de farine bouillie dans de l'eau ou dans du lait: faire manger du papin à un enfant.
Papyrus, s. m., plante d'Égypte qui servait autrefois pour écrire: prononcez papiruce.
Pâque, fête des juifs, est féminin: la Pâque des Juifs.
2. Pâque, et plus ordinairement Pâques, fête des chrétiens, est masculin et s'emploie régulièrement au singulier: quand Pâques sera venu; quand Pâques sera passé; le jour de Pâques, le temps de Pâques; je vous paierai à Pâques; à Pâques prochain.
3. Pâques fleuries, le dimanche des Rameaux, qui précède immédiatement celui de Pâques.
4. Pâques closes, le dimanche de Quasimodo qui suit immédiatement celui de Pâques;—faire ses pâques, faire ses dévotions, communier un des jours de la quinzaine de Pâques: se mettre en état de faire de bonnes pâques (remarquez le petit p de pâques): dans ces trois expressions, Pâques est féminin et ne se dit qu'au pluriel. (Acad.)—L'a est long dans ces mots, ainsi que dans pâquerette, espèce de marguerite.
5. Pâque.—Ne dites pas une branche de pâque, mais, un rameau de buis, ou bien, de buis bénit, si c'est du buis bénit le jour des Rameaux.
Paquebot, s. m., petit bâtiment de mer qui transporte les lettres et les passagers: prononcez pak'bô et non paquébô, paquèbô.
Par, prép.—La locution, par après, dans le sens de après, ensuite, depuis, a vieilli, dit l'Académie.
2. Il faut éviter l'emploi de par devant le mot Dieu; cependant il est des cas où par vaut mieux que de: l'univers a été créé par Dieu et non, de Dieu.
3. Par trop, loc. adv., beaucoup trop: il est par trop pressant; il est par trop importun: cette locution est familière. (Acad.)
4. Mais par ne peut pas s'employer, comme en wallon, dans le sens de encore, en même temps, etc.: vous avez bien fait vos devoirs, mais vous devez encore bien apprendre vos leçons; vous avez lu sa lettre; lisez en même temps ma réponse (et non par ma réponse).
Paradoxe, s. m., proposition contraire à l'opinion commune: un vrai paradoxe.—Ce mot s'employait autrefois comme adjectif: cette opinion est trop paradoxe. (Acad.) On dit aujourd'hui paradoxal, ale.—Prononcez paradokce et non paradoke.
Parapet, s. m., mur à hauteur d'appui le long d'un pont, d'un quai, d'un mur de fortification;—ne dites pas parapel.
Paraphe, et plus souvent Parafe, marque qui accompagne ordinairement la signature et qui en tient lieu quelquefois; ce mot est masculin: il a mis son parafe pour approuver ce compte.
2. Parapher et plus souvent parafer, v. a., mettre son parafe.—Une pataraffe est une suite de traits mal formés, de lettres illisibles et mal écrites: votre dictée est une véritable pataraffe.
Parapluie, s. m.: prononcez parapluî (ui diphth.) et non paraplouî.
Parasite, s. m., qui fait métier d'aller manger à la table d'autrui, etc.—Prononcez parazite et non paracite.
Parce que, s'écrit en deux mots, lorsqu'il signifie à cause que: il est tombé parce que le chemin est glissant.—Il s'écrit en trois mots, lorsqu'il signifie par la chose que, par les choses que et que l'on peut intercaler l'adjectif tout entre par et ce: il m'a assuré par ce qu'il y a de plus saint; par ce que vous venez de dire, on doit conclure que...—Voyez cause que (à).
Pardon, s. m.:—demander pardon, faire des excuses: voyez excuse.
Pardonnable, adj., ne se dit guère que des choses (Acad.): faute, erreur pardonnable; ne dites donc pas, votre fils est pardonnable; dites votre fils est excusable: voyez impardonnable.
Pardonner, v. a.—On pardonne une faute et on pardonne à quelqu'un:—ne dites donc pas: je le pardonne, je pardonne mes ennemis, mais, je lui pardonne, je pardonne à mes ennemis.
Pareil, eille, adj.—Ne dites pas: ils sont habillés pareil; dites, ils sont habillés de même, tout de même; ils ont, ils portent les mêmes vêtements.
Parent, te, s. m., se dit non seulement du père et de la mère, mais de ceux de qui on descend et en général de ceux qui sont de la même famille, qui sont de même sang, qui touchent par consanguinité à quelqu'un; il se dit même de ceux qui sont simplement alliés. (Acad).—Proche, subst. masculin, signifie aussi parent; dans ce cas il n'est d'usage qu'au pluriel: c'est un de mes proches; ce fut le sentiment de tous ses proches. (Acad.)
Paret (ou parait, paris).—Sorte d'interjection familière que l'on met à la fin d'une foule de phrases et qui n'ajoute absolument rien au sens: je veux sortir, paret; c'est un habit neuf, paret; j'avais raison, paret, etc.—Il suffit presque toujours de changer le ton de la voix, pour éviter de s'en servir; d'autres fois, on la remplace par, voyez-vous, eh bien, etc. (Wall.)
Parfaitement.—Ne dites pas: je suis très-parfaitement ou fort parfaitement ou bien parfaitement convaincu; dites simplement, je suis parfaitement convaincu;—on ne peut rien ajouter à ce qui est parfait.
Parier, Pari, s'emploient de préférence à gager, gageure.
2. Ne dites pas: je parie pour cinq francs; pour combien pariez-vous?—dites je parie cinq francs; combien pariez-vous?
3. Pariure n'est pas français: dites pari, gageure.
Parisis, adj., ancienne monnaie de Paris: un sou parisis:—prononcez parizice.
Parler mal et Mal parler.—Parler mal signifie employer des expressions hors d'usage, user de termes équivoques, construire péniblement ses phrases ou à contre-sens, prononcer d'une manière incorrecte:—dans ce cas parler mal s'emploie sans régime: il parle bien mal pour un académicien.—Mal parler, c'est dire des choses offensantes, tenir des propos inconsidérés, déplacés, qui peuvent porter atteinte à la réputation de ceux dont on parle: il ne faut parler mal de personne.—En résumé, parler mal, c'est parler incorrectement et mal parler, c'est médire: il ne faut point parler mal devant les grammairiens ni mal parler des absents.
2. Parler, est un verbe neutre:—ne dites donc pas, je l'ai parlé, je vais la parler, les parler; dites, je lui ai parlé, je vais lui parler, leur parler.
3. Ne dites pas, il n'est pas à parler; dites selon le sens, on craint de lui parler, il est inabordable, ou bien on ne peut lui parler en ce moment, il n'est pas visible. (Fland.)
4. Ne dites pas non plus: comme il parle, on croirait que son fils est une merveille, dites, à l'entendre, on croirait que...
5. Ne dites pas: cela va sans parler, dites, cela va sans dire.
6. Ne dites pas: parler avec quelqu'un, mais parler à quelqu'un.
7. Ne dites pas d'un vase fêlé, qu'il parle latin ou qu'il est déchiré;—ces expressions sont des flandriciens; dites simplement qu'il est fêlé.
8. L'usage permet souvent de supprimer la préposition qui devait suivre le verbe parler, et au lieu de dire, parler avec raison, parler de chasse, on dit simplement, parler raison, parler chasse:—il faut de bonne heure parler raison aux enfants; parler affaires; parler musique, peinture, politique, littérature, etc.
Parmi, prép.: voyez entre.
2. Ne dites pas: on ne voit que lui parmi les rues; dites, dans les rues.
3. Ne dites pas: tous ses papiers ont volé parmi la chambre; dites, dans la chambre ou au milieu de la chambre.
4. Ne dites pas: parmi payant, vous serez admis dites en payant ou moyennant payement...
5. Ne dites pas: laquelle choisissez-vous parmi ces plumes; dites, laquelle choisissez-vous de ces plumes.
6. Ne dites pas: l'un parmi l'autre, mais l'un portant l'autre, l'un tenant l'autre, l'un dans l'autre.
7. Parmi que, n'est pas français; il faut le rendre par pourvu que:—j'irai pourvu que (et non parmi que) vous m'accompagniez.
Paroi, s. f., muraille:—il désigne plus particulièrement une cloison de maçonnerie qui sépare une chambre ou quelque autre pièce d'un appartement d'avec un autre: les parois de cette chambre sont humides.—Il est vieux en ce sens, et l'on dit ordinairement cloison.
Parole d'honneur, Dieu me pardonne! sur mon honneur, sur ma foi, ma foi, aussi vrai que j'existe, je vous le jure, et autres affirmations du même genre, sont à la fois repoussées par la bonne compagnie et par l'habitude de la vérité.
Parquet, s. m.—Il ne faut pas confondre ce mot avec pavé et plancher:—un parquet est un assemblage à compartiments, faits de pièces de bois minces clouées sur des lambourdes, et qui forme le plancher d'en bas d'une salle, d'une chambre, etc.: un parquet de bois de chêne, de bois de noyer, de marqueterie.—Voyez pavé et plancher.
Parrain, s. m., celui qui tient un enfant sur les fonts: prononcez pârain (â long.)
Partager avec, Partager entre.—Quand on conserve une portion de ce que l'on partage, on doit dire partager avec: il a partagé sa fortune avec ses frères.—Quand on ne se réserve rien pour soi dans un partage, on doit dire partager entre: il partagea entre les pauvres tout ce qui lui restait.—Partager le travail aux ouvriers, c'est le répartir entre eux; on dit dans le même sens: il partage également sa tendresse entre tous ses enfants.
Partial, Impartial, ale, adj.—Plusieurs personnes confondent ces deux mots:—un homme partial est celui qui favorise avec une préférence injuste et passionnée un parti, une personne, une opinion: un juge partial est un mauvais juge (le pluriel masc. partiaux est peu usité).—Un homme impartial est celui qui est exempt de partialité, qui ne sacrifie point la justice ou la vérité à des préventions, à des affections, à des considérations particulières: juger d'une manière impartiale.—La partialité est un défaut, tandis que l'impartialité est une qualité.—Prononcez parcial, parcialité, parcialement, imparcial, etc.—Voyez impartial.
Partibus (in).—Il se dit de celui qui a un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles: Frayssinous, évêque d'Hermopolis, était un évêque in partibus.—Prononcez ine partibuce.
Participer à, Participer de.—Participer à veut dire, prendre part à une chose: un associé dans une affaire participe aux profits et aux pertes. On le prend aussi dans le sens de s'intéresser: je participe à votre douleur.—Participer de signifie, tenir de la nature de quelque chose: le mulet participe de l'âne et le cheval.
Particule.—La particule de qui accompagne les noms patronymiques des familles nobles, s'écrit avec un petit d: de Montalembert, de Chateaubriand, d'Aremberg, d'Oultremont.—Elle s'écrit avec un grand D lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on la sépare du nom.
Particulièrement, adv., signifie singulièrement, spécialement, en détail, mais non, séparément, en particulier;—ne dites donc pas: je désire vous parler particulièrement; dites, en particulier, séparément.
Partisan, s. m., celui qui est attaché à un parti, à une opinion, à une personne: les partisans de la république, les partisans du libre-échange, etc.—L'Académie ne reconnaît pas à ce mot de correspondant féminin; le féminin partisanne, employé par quelques auteurs, n'a pas été adopté généralement.
Partner, s. m., l'associé avec qui l'on joue: vous êtes mon partner.—L'Académie préfère l'orthographe suivante, partenaire.
2. Ne dites pas compagnon pour partenaire.
Pas vrai?—Cette interrogation est souvent employée dans la conversation pour dire, n'est-il pas vrai?—nous croyons qu'on ne peut pas la tolérer.—Voyez point.
2. Ne dites pas: il ne peut souffrir personne, pas encore ses amis; dites, pas même ses amis.
Pascal, ale (et non paschal), adj.—Le pluriel masculin pascaux n'est pas usité; plusieurs bons lexicographes disent des cierges pascals;—quand à nous, nous pensons que pascals choque l'oreille et qu'on ne peut pas l'employer.
Pasquée, (ou pasquille) s. f.—Nom que les liégeois donnent à une chanson burlesque, comique ou satyrique;—ce mot n'est pas français; rendez-le par chanson, chansonnette ou couplets burlesques, satiriques, comiques, et non par, pasquinade, qui signifie tout autre chose, etc.—Faire une pasquée sur ou contre quelqu'un, c'est le chansonner.
Passager, ère, adj.—Ne dites pas une rue passagère, un chemin passager, pour signifier une rue où il passe beaucoup de monde ou un chemin par lequel on a le droit de passer; dites rue passante, chemin passant:—la rue Féronstrée est une des rues les plus passantes de Liége.
Passe, s. m. (mot wall.), aliment formé de son, de pommes de terre, de farine, etc., que l'on donne au bétail pour l'engraisser; dites pâtée, soupe, ratatouille.
Passement de temps, loc. wall.:—dites perte de temps ou passe temps, selon le sens: la musique est un passe temps; toutes ces pertes de temps sont nuisibles à vos études.
Passer, v. n., demande avoir ou être, selon que le sens permet de répondre à l'une ou à l'autre de ces questions: qu'a-t-il fait?—ou bien où est-il? qu'est-il devenu:—il a passé à Liége l'année dernière (qu'a-t-il fait?);—il est passé en Amérique depuis tel temps (où est-il, qu'est-il devenu)?
2. Le participe passé s'emploie comme préposition dans le sens d'après et alors il est invariable: passé dix heures vous ne me trouverez plus.
3. On dit prêter serment et non passer serment: il fut admis à prêter serment.
4. Ne dites pas: la semaine passée, le mois passé, l'an passé; dites, la semaine dernière, le mois dernier, l'an dernier.
5. On dit repasser du linge et non passer du linge.
6. On dit donner, engager sa parole, et non passer sa parole.
7. Ne dites pas: y avait-il beaucoup d'invités?—oui, passé les quarante;—dites, plus de quarante.
Passoire, s. f., ustensile percé de petits trous pour passer le jus des légumes ou des fruits écrasés:—une passoire et non un passoir ni une passerette.
Pasteur, s. m., titre des ministres protestants;—il ne s'emploie pas dans le langage ordinaire comme synonyme de curé catholique; mais dans le style relevé (oratoire, poétique), c'est une expression reçue: c'est un vieux pasteur qui n'est connu que sous le nom de curé. (Chateaub.)
Patarafe: voyez parafe.
Patard, s. m., petite monnaie ancienne; il ne s'emploie plus que dans ces phrases familières: je n'en donnerais pas un patard; cela ne vaut pas un patard; il n'a pas un patard. (Acad.)—Le mot wallon patard se rend par sou: ce cahier coûte cinq sous.
Patatras, figure pour exprimer le bruit que fait un corps qui tombe avec fracas: il pose le pied maladroitement, et, patatras, le voilà par terre.
Pâté, s. m., Pâtée, s. f.—Un pâté est une sorte de pâtisserie;—une pâtée est une sorte de pâte pour engraisser les dindons, une sorte de soupe pour nourrir les chiens, les chats, etc.—Prononcez pâté (â long);—prononcez de même pâte, pâtée, pâtisserie, pâture, pâturage, pâturon.
Patenôtre, s. f. (et non patenote, patenosse), l'oraison dominicale ou le Pater noster;—on comprend aussi sous ce nom l'Avé et les autres premières prières qu'on apprend aux enfants: cet enfant sait sa patenôtre (il est populaire).—Il se dit aussi de toute sorte d'autres prières chrétiennes: avez-vous achevé vos patenôtres? il est familier et ne se dit qu'en plaisantant.
2. Patenôtres, au pluriel, se dit populairement des grains d'un chapelet, et d'un chapelet tout entier.—Prononcez pâtenôtre (ô long) et non pâtenote, patenotère.
Pater (prière chrétienne), est masculin et invariable: dire cinq Pater et cinq Avé.
2. Pater et Avé s'écrivent avec une majuscule. (Acad.) Prononcez pâtère (â long).
Patère, s. f., ornement en cuivre ou en tout autre métal qui supporte les rideaux d'une croisée; dites une patère et non un patère.
Pathos, s. m., élévation de style affectée, boursoufflure: c'est du pathos.—Prononcez patôce.
Patience, s'emploie quelquefois absolument et en manière d'adverbe: si on lui laissait quelque chose, patience, mais on lui ôte tout;—eh bien, patience.
Pâtir, v. n., souffrir;—on pâtit de et non à quelque chose: il a fait la faute et j'en pâtis (et non j'y pâtis).—Prononcez pâtir (â long).
Pâtis, s. m., terrain vague, friche où l'on met paître les bestiaux;—pâture, pâturer, pâturage;—dans ces mots l'â est long;—l's de pâtis ne se prononce point.
Patois, s. m., langage du peuple et des paysans, particulier à chaque province; chaque province a son patois; patois namurois, montois, liégeois.
Patraque, s. f., machine usée ou mal faite et de peu de valeur; personne faible et débile: cette montre n'est qu'une patraque, une vieille patraque; votre voiture est une patraque;—je ne suis plus qu'une vieille patraque. Ces expressions, quoique françaises, sont triviales.—Ne dites pas patracle.
Patres (ad), expression latine qui s'emploie dans ces phrases familières: aller ad patres, mourir;—envoyer ad patres, faire mourir.—Prononcez ad'patrèsse.
Patron, Patronne, Patronage (une n) patronner (deux n), patronal (une n), patronnesse (deux n):—une patronnesse, dame qui dirige une fête ou une œuvre de charité: une dame patronnesse.—Voyez la lettre n pour les cas où l'n se redouble.
Pâture, s. f.—N'employez pas ce mot dans le sens de fourrage: donner du fourrage au bétail (et non de la pâture).
Pause, s. f., cessation, intervalle: faire une pause: prononcez pôze (ô long) et non pôce.
Pauvre, adj. et subst.; le substantif pauvre a pour féminin correspondant pauvresse (femme pauvre qui mendie).—Dans le sens ordinaire, l'adjectif pauvre se met devant ou après le substantif: un pauvre homme, une pauvre femme, un pauvre artisan (Acad.); ou bien, un homme pauvre, une femme pauvre, un artisan pauvre.—Dans le sens de chétif, mauvais dans son genre, il se place ordinairement devant le substantif: il a fait un pauvre discours; c'est un pauvre esprit, un pauvre poète; un pauvre musicien. (Acad.)—Devant les substantifs exprimant une idée de profession, d'attribution, il se prend toujours dans ce dernier sens, c'est-à-dire, en mauvaise part:—un pauvre peintre, c'est un mauvais peintre;—un peintre pauvre, c'est un peintre sans fortune.—Prononcez pau-vre et non paufe, pauvère.
2. Ne dites pas: cela est pauvre, c'est pauvre; dites, cela est misérable, c'est pitoyable, ou bien, disgracieux, triste, déplorable, selon le sens. (Fland.)
Pauvret, ette, adj., diminutif de pauvre; terme de commisération, d'affection: le pauvret, la pauvrette ne sait où aller; il est familier. (Acad.)
Pauvreté, s. f., ne s'emploie au pluriel que dans le sens de choses sans valeur, basses, viles: c'est un diseur de pauvretés; ce livre est rempli de pauvretés.
Pauvreteux, n'est pas français; dites chétif, pauvre, souffreteux, malheureux.
Pavage, s. m., ouvrage fait avec des pavés: un pavage bien fait; pavage de grès, de pierre dure, de lave;—il se dit aussi du travail du paveur et des matériaux fournis par lui: j'ai payé tant pour le pavage de ma cour; un mémoire de pavage.
Pavé, s. m. morceau de grès, de pierre dure, de marbre, etc., dont on se sert pour paver;—assemblage de pavés qui couvrent une aire, une surface;—il se dit particulièrement en parlant d'un chemin, d'une rue, etc.: ne quittez pas le pavé; entretenir le pavé.—Le mot pavée n'est pas français.
Pavement, s. m., se dit de l'action de paver et des matériaux qu'on emploie pour cet effet: il a coûté tant pour le pavement de cette cour.—Il se dit plus particulièrement des ouvrages de luxe et de goût qui forment les pavages intérieurs: le pavement en mosaïque d'une église; le pavement des édifices grecs et romains étaient souvent de marbre de couleur. (Acad.) Prononcez pavement et non pafement.