Médical, Médicinal, adj.—Médical, qui appartient à la médecine considérée comme science: l'art médical, instrument médical;—Médicinal, qui a la vertu d'une médecine, d'un médicament: plante médicinale.
Médire, v. n., fait au présent de l'indicatif et à l'impératif, médisez et non médites.
Méfaire, v. n., faire le mal, ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé, méfait, qui se construit toujours avec l'auxiliaire avoir.
Mégarde (par), loc. adv., par inadvertance: je me suis blessé par mégarde;—ne dites pas par mégard (mégar).
Meilleur, e, adj. comp.—Ne dites pas: vous chantez meilleur que moi; dites, vous chantez mieux que moi:—meilleur équivaut à plus bon et mieux à plus bien. (Fland.)
2. Ne dites pas, j'ai meilleur que vous; dites, je suis mieux que vous (Wall.)—Voyez bon.
3. Dites, je suis arrivé de meilleure heure que vous et non de plus bonne heure.—Voyez heure.
Mélanger:—voyez mêler.
2. Mêler à, mêler avec.—Dans l'acception de mettre ensemble plusieurs choses, les confondre, on dit mêler avec: l'Ourthe mêle à Liége ses eaux avec celles de la Meuse; mêler de l'eau avec du vin.—Mais au figuré on dit mêler à: il sait mêler la douceur à la sévérité; mêler les affaires aux plaisirs. (Acad.)—Voltaire a dit cependant: les anciens Romains étaient trop austères pour mêler leurs plaisirs avec leurs affaires: cet exemple n'est pas à imiter.
3. Mêler, mélanger.—Mêler signifie mettre ensemble, confondre;—mélanger, signifie, assembler, assortir; en mêlant les choses, on les dénature, on les brouille;—en les mélangeant, on les combine dans le but d'obtenir de leur composition un résultat avantageux, un produit nouveau.
Mélisse, s. f., plante, boisson: ne dites pas milisse.
Melon, s. m.—Ne dites pas mélon ni mèlon.
Membour, ne peut pas se dire pour tuteur ni membournie pour tutelle: cet enfant a perdu son tuteur et non son membour; cet homme est en tutelle et non, en membournie. (Wall.)
Membré, Membru, adj.—Membré ne s'emploie guère qu'avec l'adverbe bien et signifie, qui a des membres bien faits, bien proportionnés: il est bien membré.—Membru, qui a les membres fort gros: il est bien membru.—Il s'emploie aussi substantivement: un gros membru, mais il est familier dans cette dernière acception.
Même, adj. et adv.—Ne dites pas: j'entreprendrai tout de même ce long et pénible travail; dites, j'entreprendrai néanmoins, toutefois, malgré ça, ce long et pénible travail.
2. Ne dites pas: cette nouvelle paraît certaine, mais elle est tout de même étrange; dites, elle est pourtant, néanmoins étrange;—tout de même signifie de la même manière: mon bureau est fait tout de même que le vôtre.
3. Ne dites pas: est-ce tout de même d'aller jouer; dites, est-ce que je peux, est-il permis d'aller jouer, me donnez-vous la permission de... (Wall.)
4. Ne dites pas: c'est tout de même pour moi, ou c'est pour moi le même, c'est moi le même; dites, ça m'est égal, indifférent, m'importe peu ou peu m'importe.
5. Ne dites pas: il a le même caractère de son frère; dites, que son frère.
6. Ne dites pas: voulez-vous venir avec nous?—Tout de même;—dites, volontiers, avec plaisir.
7. Tout de même, tout le même.—Pour savoir laquelle de ces deux expressions il faut employer, il suffit de voir si, en supprimant tout, ou emploierait de même ou le même: il est tout le même qu'il y a dix ans;—ces deux robes sont faites tout de même l'une que l'autre.—Prononcez mê-me et non min-me.
Mémento, s. m., marque pour se souvenir.—L'Académie ne donne point d'exemple de pluriel; quant à nous, nous écririons des mémentos, parce que l'accent sur l'é donnant à ce mot le caractère de mot français, il doit être soumis aux règles de la langue française et prendre une s au pluriel.—Prononcez méminto.
Menacer, v. a.—Ne dites pas: il menace une maladie, une étisie, mais, il est menacé d'une maladie, d'une étisie ou il couve une maladie, une étisie.
2. Prononcez menacer (e muet) et non mènacer.
Mener, v. a.—Prononcez mener (e muet) ou m'ner et non mèner.—Il en est de même des mots amener, emmener; cependant dans les temps où l'n est suivi d'un e muet, le premier e devient grave et se prononce comme dans père: je mène, je mènerai (ne prononcez pas je min-ne, je min-nerai).
2. Ne dites pas: mener du bruit, mener du train; dites faire du bruit, faire du train:—ces enfants font beaucoup de bruit, font du train dans la classe.
Menotte, s. f., main d'enfant; liens de fer ou de corde cadenassés qu'on met aux poignets de certains prisonniers pour leur ôter l'usage des mains; dites menotte et non mènotte ni manotte ni minotte.
Menteur, fait au féminin menteuse et non menteresse: elle est menteuse comme un laquais.
Mentor, s. m., gouverneur, guide: prononcez mintor et non mantor, mennetor.
Menu, s. m.—Le menu d'un repas est la note de ce qui doit y entrer et non les mets comme on le pense assez généralement: il y aura demain vingt personnes à la table, il faut dresser le menu.
Menuisier, s. m.—Prononcez menu-isier (ui diphth.) et non menouisier ni mènuisier.
Méphitique, adj., qui a une odeur fétide; qui produit des exhalaisons nuisibles: air méphitique:—ne dites pas méphétique.
Mercredi, s. m.—Ne dites pas mécredi ni mercrédi, mercrèdi.—Voyez jour, 11.
Mérelle, s. f., jeu d'enfants où l'on pousse un palet (caillou, pierre) avec le pied dans des cases tracées d'avance sur le sol: on dit aujourd'hui marelle: jouer à la marelle.
Mérinos, s. m. (on prononce mérinoce); mouton de race espagnole, sa laine ou étoffe faite avec sa laine.—Il se prend aussi adjectivement et s'écrit mérinos pour les deux genres: bélier mérinos, brebis mérinos.—Ne prononcez pas mèrinos.
Méritant, te.—On dit très-bien: c'est une personne bien méritante (qui a du mérite). (Acad.)
Mérite, s. m., s'emploie généralement au singulier: il ne faut pas être fier de son mérite et non de ses mérites; cet homme a beaucoup de mérite et non de mérites; son mérite est au-dessus de tout éloge et non ses mérites.
Mésange, s. fém., petit oiseau: voilà une jolie mésange: prononcez mézange et non messange ni mézanche.
Mésentendu, n'est pas français; dites malentendu: voyez ce mot.
Messe, s. f.—On dit messe basse (et non basse messe) ou petite messe, qui se dit sans chant;—messe haute, ou grande messe ou grand'messe, (et non messe à chanter), qui est chantée: grand'messe fait au pluriel grand'messes.
2. On dit: servir la messe et non servir à la messe. (Acad.)
3. On dit, aller à la messe et non aller à messe; mais on dit, aller à vêpres et non aller aux vêpres.
4. On dit, manquer la messe et non à la messe; (Acad., au mot messe);—on dit un livre de messe, un livre de prières et non un livre à prières; (Acad., aux mots messe et prière).
5. Faire la messe, lire la messe, pour dire la messe, célébrer la messe, est un flandricisme;—faire une messe, se dit d'un musicien qui compose une messe.
6. Messe, pour signifier le fruit du néflier, n'est pas français; il faut dire nèfle: une grosse nèfle:—prononcez nè-fle et non nèfe ni nèfèle.
Messieurs, s. m. pl.—Ne dites pas: les messieurs furent obligés de rester debout pendant toute la séance; dites, les hommes...—Mais on peut dire ces messieurs, en parlant d'hommes désignés ou présents: je vais me promener, quant à ces messieurs (présents), ils resteront ici si bon leur semble:—cependant, il est impoli de dire ce monsieur.
Mesurer, v. a. et pr.—On dit se mesurer (lutter) avec quelqu'un et non contre quelqu'un.
Métal, Métail, s. m.—Métail est une composition de métaux;—métal indique un pur minéral: l'or est un métal, le bronze est un métail.—Quoique métail n'ait pas été admis par l'Académie, il figure pourtant dans plusieurs dictionnaires.
Métallique, adj., de métal; on prononce les deux ll: métal'lique.
Métier, Profession, Art.—Métier, profession d'un état manuel;—profession, carrière que l'on suit, emploi que l'on occupe;—art, talent qu'on cultive:—il a embrassé la noble profession des armes; puisque vous voulez faire apprendre un état manuel à votre fils, que ne choisissez-vous le métier de tailleur; l'art fait l'artiste.
Métis, Métisse, adj. et subst., né de deux espèces: on prononce l's de métis.
Mets, s. m., aliment préparé pour un repas; on l'écrit avec une s, même au singulier et on prononce mè;—l's se fait sentir devant une voyelle: un mets exquis.
Mettre, v. a.—Ne dites pas: mettre ou jouer dans la loterie; dites, mettre ou jouer à la loterie. (Fland.)
2. Ne dites pas: il a mis ces pierres sur un; dites, il a mis ces pierres les unes sur les autres. (Fland.)
3. Ne dites pas non plus, avec les flamands: tout est sous un; dites, tout est sens dessus dessous.
4. Ne dites pas: mettre quelqu'un en bas de sa charge; dites, déposer quelqu'un de sa charge ou le destituer. (Fland.)
5. Ne dites pas, comme c'est généralement l'usage à Mons, à une personne qui vous rend visite et que vous invitez à s'asseoir: veuillez vous mettre; dites, veuillez vous asseoir, ou servez-vous de toute autre phrase équivalente.
6. Ne dites pas au condit.: nous metterions, vous metteriez; dites, nous mettrions, vous mettriez.
Meublé, garni de meubles, ne peut pas s'employer pour tapissé:—aussitôt que ma chambre a été tapissée, je l'ai meublée.
Meubler, v. a.—Ne dites pas papier à meubler; dites, papier peint, papier-tenture, papier de tapisserie;—tapis, dans ce sens, n'est pas français.—Voyez ce dernier mot.
Meulière, Molière, s. f., Molaire, adj. et s. f.—La meulière est une pierre fort dure dont on fait les meules de moulin;—une molière est une carrière d'où l'on tire ces pierres; on appelle aussi terre molière une terre grasse et marécageuse.—On appelle enfin molaires ou dents molaires, les grosses dents qui servent à broyer les aliments.
Meurir pour Mûrir.—Ne dites pas: les fruits ne meuriront pas cette année; dites, ne mûriront pas...
Meurtre, Assassinat.—Le meurtre est un homicide commis avec violence;—l'assassinat est le meurtre commis avec préméditation, de guet-apens.
Mévendre, v. a., vendre une chose moins qu'elle ne vaut; il y a des temps ou les marchands sont obligés de mévendre.—Il a vieilli. (Acad.)
Mezzo-termine, s. m., (littér., moyen-terme), parti moyen pour concilier; le pluriel s'écrit comme le singulier:—prononcez med'zotèrminé.
Mi.—Abréviation du mot demi, mi-chemin, mi-corps, etc.—Quand on le joint au mot corps, jambe, chemin, mur, terme, sucre, et côte, on ne l'emploie qu'adverbialement avec la préposition à et sans article: il n'y a de l'eau qu'à mi-jambe; cette poutre ne va qu'à mi-mur; des confitures à mi-sucre, etc.—Joint au mot carême et au nom des mois, il fait partie du substantif et doit être précédé de l'article la, quoique les substantifs soient du masculin: la mi-carême, la mi-mai;—excepté toutefois dans cette locution proverbiale, mi-mai, queue d'hiver.
2. Mi-parti est un adjectif dont le féminin est mi-partie: les opinions ont été mi-parties; cette robe est mi-partie de blanc et de rouge.
Miche, s. f., pain d'une grosseur médiocre, pesant au moins une livre et quelquefois deux; il se dit aussi des pains ronds d'un poids plus considérable: une miche de douze livres. (Acad).
Micheau, s. m.—Ce mot n'est pas français:—au lieu de dire, je vais faire un voyage, je vous rapporterai votre micheau, il faut dire: je vous rapporterai quelque chose, je vous rapporterai un cadeau. (Wall.)
2. Micheau, n'est pas français non plus pour désigner de petits pains au beurre; dites simplement petit pain ou bien miche au beurre.
Micmac, s. m., est un mot français qui signifie intrigue (et non pêle-mêle), manigance, pratique secrète dont le but est blâmable: il y a eu bien du micmac dans cette affaire.
Midi, s. m., Minuit, s. m.—Ces deux mots sont du singulier et du masculin; dites donc, à midi précis, à minuit précis, et non pas à midi précise, à minuit précise.
2. Dites de même, sur le midi, sur le minuit, midi a sonné, à minuit sonnant, vers midi, vers minuit, etc., et non pas sur les midis, sur les minuits, midis ont sonné, à minuits sonnants ou sonnantes, vers les midis, vers les minuits.—Cependant, on dit très-bien vers les dix heures, vers les onze heures, etc.
3. Ne dites pas non plus avec les flamands et les wallons: il est douze heures; dites, il est midi, il est minuit.—Prononcez minu-it (ui diphth.) et non minouit.
4. Ne dites pas: c'est midi, il est temps que je sorte; dites, il est midi...—Mais à la question: quelle heure sonne? il faudra répondre: c'est midi, c'est-à-dire, ce (l'heure) qui sonne est midi, puisqu'on dit, voilà midi qui sonne. (Acad.) Ces observations s'appliquent également au mot minuit.
5. Ne dites pas: je vous verrai ce midi; dites, à midi.
6. Ne dites pas: il rentre toujours sur le midi; dites à midi, vers midi; dites de même, avant midi, après midi, avant minuit, après minuit, vers minuit.
7. Ne dites pas: midi et quart, minuit et quart; dites, midi et un quart, minuit et un quart. Voyez quart et liaisons affectées.
8. Ne dites pas: avez-vous fait midi, avez-vous mangé le midi, dites, avez-vous dîné?
9. Après-midi, s. f.: je vous ai attendu toute l'après-midi.—Plusieurs, dit l'Académie, le font du masculin;—le pluriel s'écrit comme le singulier: il passe toutes ses après-midi à étudier, c'est-à-dire, toutes ses heures de l'après-midi.
Mier, v. a., mettre le pain en miettes, n'est pas français; dites émier ou émietter.
Miette, Mie, s. f.—Miette signifie petite partie, petit morceau;—mie ne se dit que de la partie du pain qui se trouve entre les deux croûtes: des miettes (et non des mies) de sucre; donnez m'en une miette; vous ne lui en avez donné qu'une miette;—il n'a plus de dents, il ne mange plus que de la mie (et non de la miette).—Prononcez miette (iette diphth.) et non mi-ette ni mi-iette.
Mieux, adv. comp.—Dites, c'est ma mère que j'aime le mieux, le plus, et non, la mieux, la plus: le mieux est ici superlatif et conséquemment invariable.
2. Lorsque mieux est suivi de deux infinitifs, on met ou l'on supprime la préposition de devant le second: j'aime mieux vous déplaire que vous tromper, ou que de vous tromper.—L'emploi de la préposition de est néanmoins préférable.
3. Aimer mieux et il vaut mieux, suivis d'un infinitif, ne doivent pas être suivis des prépositions de ni à: j'aime mieux étudier, il vaut mieux étudier, et non d'étudier ni à étudier.—Voyez aimer et valoir.
4. Ne dites pas: il chante, il joue des mieux; dites, très-bien, parfaitement:—des mieux n'est pas français dans ces sortes de phrases.
5. Ne dites pas: il chante plutôt mieux que mal; dites, bien que mal, en opposant l'adverbe positif bien à l'adverbe positif mal.
6. Ne dites pas: le temps s'est radouci, il fait mieux qu'hier; dites, il fait meilleur qu'hier, en sous-entendant le mot temps, comme on dit, il fait chaud, il fait froid, il fait bon, etc.
7. Il ne faut pas employer l'un pour l'autre mieux et plus: mieux exprime la perfection, l'idée d'une supériorité de manière;—plus exprime l'extension, l'idée d'une quantité supérieure.—On ne doit pas dire: j'ai gagné mieux de cent francs, mieux que cent francs; il faut dire, plus de cent francs.
8. Mieux, se met après les verbes dans les temps simples et entre l'auxiliaire et le participe dans les temps composés: j'aime mieux, j'ai mieux aimé.
Mille, adj. num. card.—Ne dites pas: le premier mille francs est le plus difficile à gagner; dites, les premiers mille francs sont...; francs étant substantif, impose le genre et le nombre.
2. Ne dites pas: il m'a comblé de mille éloges; dites simplement, ... d'éloges.
3. Mille est adjectif numéral et substantif commun.—Comme adjectif, il s'écrit de deux manières (et est naturellement invariable): 1o mille, pour exprimer le nombre dix fois cent: mille francs, dix mille francs. 2o Mil, dans l'expression des dates: Léopold premier, roi des Belges, est monté sur le trône l'an mil huit cent trente et un. Cependant on écrit mille dans l'expression des dates antérieures à la naissance de Jésus-Christ: le temple de Salomon fut achevé l'an mille cinq cent avant Jésus-Christ.—Comme substantif commun, c'est-à-dire, employé pour représenter une mesure de chemin, mille s'écrit avec une s au pluriel: trois milles d'Angleterre font près d'une lieue de France.—Ne confondez pas dans la prononciation l'adjectif mil (qui se prononce mile) avec le substantif mil (millet) où l'l est mouillée comme dans babil, péril.
Millésime, s. m., date de monnaie; millénaire, adj., hérétique ou qui contient mille; millimètre, s. m., millième partie d'un mètre:—dans ces mots on prononce les deux ll.
Milliaire, milliard, milliasse, millième, millier, million, millionnaire, millionnième, billion, trillion, etc.:—dans tous ces mots les ll sont suivies d'un i et on ne prononce qu'une l.
Minable, adj., misérable, qui fait pitié: air minable;—qui indique une grande misère: vêtements minables.—Cette expression populaire est mauvaise sous tous les rapports, puisqu'elle ne tient à aucune racine française ni étrangère qui puisse en faire comprendre le sens et la rendre claire. (Bescherelle.)
Minéral, Minerai, Mine, Minière, Carrière.—On donne le nom de minéraux (é fermé) aux substances inorganiques qui entrent dans la constitution de la terre; ils ne vivent pas et ne se reproduisent pas, ce qui les distingue des végétaux et des animaux.—On donne le nom de minerais (e muet) aux minéraux que l'on utilise pour en extraire les métaux, tels que le fer, le zinc, le cuivre, le plomb, l'argent, l'or, etc.—On appelle mines les exploitations de minéraux: la loi distingue les mines, les minières et les carrières. Les mines s'exploitent dans la profondeur pour l'extraction des minerais et de quelques autres substances, telles que la houille, le soufre, le sel, etc. Les minières sont des exploitations superficielles ou très-rapprochées de la surface, et d'où l'on retire des minerais, de la tourbe, etc. Les carrières s'exploitent à la surface ou dans la profondeur pour les matériaux de construction, calcaire, grès, ardoise, argile, sable, pierre à plâtre, etc.
Miniature, s. f., peinture délicate: on prononce ordinairement mignature, dit l'Académie; cette prononciation vicieuse n'est donc pas de rigueur, et l'on doit approuver ceux qui disent mi-niature.
Minimum, s. m., le moindre degré: prononcez minimome.—Voyez maximum.
Minou, minet, minette, petit chat: le minet joue avec le chien; voilà une jolie petite minette.—Minou n'est pas français.
Minuit: voyez midi.
Minute, s. f.—Ne dites pas: en une minute de temps; si vous avez une minute de temps; dites simplement, en une minute; si vous avez une minute.—Voyez heure.
Minutie, s. f., bagatelle; minutieux, adj.—Prononcez minucie, minucieux.
Mi-parti, mi-partie: voyez mi.
Miracle, Miraculeux: l'a est long dans le premier et bref dans le second.
Mirmidon: voyez marmiton.
Misérable, adj.—Ne dites pas: faites-lui l'aumône, c'est une misérable femme, un misérable homme; dites, c'est une femme, un homme misérable et mieux, malheureux.—On emploie mieux cet adjectif, en l'appliquant à la condition: être réduit à un état misérable; son sort est misérable; car, en général, appliqué aux personnes et employé substantivement, il veut dire malhonnête, vicieux, débauché: c'est un misérable, un grand misérable.—Il n'y a que quelques exemples, pris dans le style élevé, où il emporte l'idée de misère: il ne se faut jamais moquer des misérables; les misérables et les malheureux méritent des secours.
Miserere, s. m., psaume, colique: prononcez mi-zéréré.
Mite ou Teigne, s. f., insecte qui ronge les vêtements: ne dites pas motte.
Mitouche: voyez nitouche.
Mixte, adj., mêlé, mélangé: prononcez miks-te et non mixe.
Mixtion, s. f., mélange de drogues; mixtionner, faire ce mélange.—Dans ces deux mots, ti conserve sa prononciation naturelle, c'est-à-dire, celle qu'il a dans les mots menti, parti: miks-thion, miks-thioner.
Mode, s. f.—Prononcez mo-de et non mo-te ni môde: un habit à la mode.
Modeste, adj.—Quoi qu'en disent certains grammairiens, modeste se dit bien des choses et signifie médiocre, simple, sans éclat: avoir un train, un équipage modeste, une table modeste; faire une dépense modeste; il s'est borné à conserver le modeste héritage de ses pères. (Acad.)—Toutefois, nous croyons qu'on ne peut pas dire un prix, une somme, une taxe modeste, mais bien, un prix, une somme, une taxe modique.
Moelle, s. f., substance molle dans les os, dans les bois; moellon, pierre de construction: moelleux, rempli de moelle, souple, gracieux:—dans tous ces mots oe est diphthongue; prononcez moèle, moèlon, moèleux; quelques-uns prononcent moale, moa-lon, etc.
Mœurs, s. f. pl.; il n'a pas de singulier.—Prononcez meurce et non meure, soit seul, soit devant une consonne.
Moi, pr. pers.—Ne dites pas: donnez-moi-le; donnez-moi-la; dites, donnez-le-moi, donnez-la-moi.
2. Ne dites pas: mène-moi-z-y, amuse-toi-z-y; donne-moi-z-en, sers-toi-z-en, quoiqu'on puisse dire mène-nous-y, amusez-vous-y, donnez-nous-en, servez-vous-en:—la vraie construction est mène-m'y, amuse-t-y, donne-m'en, sers-t'en.—Cependant, comme ces finales sont trop dures, il vaut mieux employer une autre tournure: mène-moi dans cet endroit, amuse-toi dans cette société, etc.
3. Ne dites pas: un ami de moi me l'a assuré; dites, un de mes amis....
4. Dites, c'est moi qui ai, qui suis; c'est nous qui sommes, qui avons; c'est vous qui êtes, qui avez: et non pas, c'est moi qui est, qui a; c'est nous qui sont, qui ont; c'est vous qui est, qui a, qui sont, qui ont, etc.
5. Ne dites pas: il a la jambe plus grosse que moi; dites, que la mienne.
6. Ne dites pas: le maître ne me refuserait pas cette permission, moi:—moi, est ici un régime indirect, il faut donc dire à moi ou prendre une autre tournure, comme: quant à moi, le maître, etc.
7. Ne dites pas: moi, je me vengerais; moi, je vais jouer; dites plutôt: pour moi, je me vengerais, pour moi, je vais jouer; ou bien, je me vengerais, moi; je vais jouer, moi.
8. Ne dites pas: c'est moi, c'est vous la cause de son malheur; dites, c'est moi qui suis, c'est vous qui êtes la cause de son malheur.
Moindre, est le comparatif de petit; ne dites donc pas: sa position est plus moindre que la mienne ou est la plus moindre de toutes; dites, sa position est moindre que..., est la moindre de toutes.
2. Le moindre est le superlatif de petit; vous ne direz donc pas: il a relevé le moindre petit de mes défauts; petit est de trop; dites, le moindre de mes défauts.
3. Ne dites pas: j'en ai moindre, je ne le donnerai pas à moindre; dites, j'en ai moins, je ne le donnerai pas à moins.—Moindre est adj. et ne peut pas s'employer pour moins qui est adverbe.—Prononcez moin-dre et non mointe ni moandre, moindère.
Moins, adv.—Au moins signifie pour le moins; du moins exprime une correction, une restriction: comment, vous n'êtes pas au moins général? vous êtes du moins colonel?
2. Ne dites pas: vous ne l'aurez pas, à moins que le demander; dites, à moins de le demander, ou à moins que de le demander:—à moins devant un infinitif veut la préposition de seule ou précédée de que; la forme à moins que de est plus ancienne.
3. Ne dites pas: je ne le ferai pas à moins que de mille francs; dites, à moins de mille francs.
4. Ne dites pas: il est moins bon qu'il en a l'air; dites, qu'il n'en a l'air.
5. Ne dites pas: le moins que possible, le moins tard que possible; supprimez le que et dites, le moins possible, le moins tard possible.
6. Ne dites pas: à moins que vous jugiez à propos; dites, à moins que vous ne jugiez à propos:—à moins que est toujours suivi de la négation.—Prononcez moins et non moans.
Mois, s. m., douzième partie de l'année.—Les noms des mois s'écrivent avec une petite lettre: février, mars, avril, et non Février, Mars, Avril. (Acad.)
Moitié, s. f.—Ne dites pas: la moitié de six est de trois; dites, est trois.—Voyez quart, tiers.
2. On dit plus d'à moitié et non plus qu'à moitié: ce vase est plus d'à moitié plein.—Prononcez moiti-é et non moi-tchié.—Voyez ti et di.
Mon, Ton, Son, etc., adj. pos.—Ne dites pas: j'ai mal ma tête ou à ma tête; Pierre s'est cassé sa jambe; dites, j'ai mal à la tête; Pierre s'est cassé la jambe.
2. Prononcez mon, ton, son, devant une voyelle ou une h muette, en conservant à ces mots leur prononciation propre et en ajoutant une n au mot suivant: mon âme (mon n'âme), ton âge (ton n'âge), son ouvrage (son n'ouvrage) et non mo n'âme, to n'âge, so n'ouvrage.
Monnaie, monnayer, monnayeur: on a abandonné l'ancienne orthographe, monnoie, monnoyer, monnoyeur.
Mons, s. m., abréviation du mot monsieur.—Le roi de France écrivant à un archevêque ou à un évêque disait: mons l'Archevêque, mons l'Évêque; mais entre particuliers, cette expression est méprisante: mons un tel, mons Remy.—Prononcez monce.
Monseigneur, s. m., titre d'honneur, s'écrit en un mot.—Le pluriel est messeigneurs; on l'emploie en parlant ou en écrivant collectivement à plusieurs des personnes qui ont droit au titre de monseigneur.—On disait autrefois nosseigneurs dans les requêtes présentées au conseil du roi, aux cours du parlement et aux autres cours souveraines. (Acad.)—Cependant on ne tient généralement pas compte de cette décision de l'Académie et l'on dit aujourd'hui nosseigneurs aussi bien et même mieux que messeigneurs: nosseigneurs les évêques de Belgique;—on écrit aussi Nos Seigneurs en deux mots et avec des majuscules.
2. Mon seigneur, s'emploie dans les prières: mon seigneur et mon Dieu;—le vassal voulant désigner quel était son suzerain, disait aussi: un tel est mon seigneur, vous êtes mon seigneur.
Monsieur, s. m.—Prononcez mocieu (en ne faisant sentir ni l'n ni l'r; cependant en poésie on fait quelquefois sentir l'r) et non m'cieu, mon-cieu ni mon-cieure;—le pluriel est messieurs qu'on prononce mècieu (en supprimant l'r et l's) et non mècheu ni mècieurce.
2. Si, vous adressant à un homme, vous lui parlez de sa femme, ne dites pas simplement madame, mais ajoutez le nom de famille: madame Durand, madame la comtesse de Vergy, ou bien dites, madame votre femme.—De même si vous parlez à madame Durand de son mari, ne dites pas, par exemple: comment se porte monsieur? dites, comment se porte monsieur Durand?—Un enfant, une femme, en parlant de son père ou de son mari, ne dira pas non plus: monsieur est sorti, mais mon père, mon mari, est sorti.
3. Si vous parlez à un domestique de ses maîtres, vous direz simplement monsieur, madame, mademoiselle, sans y ajouter le nom: monsieur est-il à la maison? et non monsieur Durand est-il à la maison?
4. Les mots monsieur, madame, mademoiselle, sont de rigueur pour toutes les célébrités vivantes; on dira donc: monsieur de Lamartine, monsieur Guizot, et non Lamartine, Guizot tout uniment.—Les acteurs seuls peuvent faire exception.
5. Ce, cette, devant monsieur, dame, demoiselle, ce monsieur, cette dame, cette demoiselle, est impoli; dites simplement monsieur, madame:—dites bonjour à monsieur, à madame, à mademoiselle, et non à ce monsieur, etc.
6. Abstenez-vous de même, quand il s'agit de personnes présentes ou respectables, de ces locutions: cet homme, cette femme, cet individu, celui-ci, celle-ci, cet homme-là, cette femme-là, cet individu-là, lui, elle, etc.; les gens bien élevés ne suppriment jamais les mots monsieur, madame, mademoiselle, quand ils parlent d'un tiers, absent ou présent:—cependant il faut éviter, en écrivant aussi bien qu'en parlant, de répéter trop souvent ces mots: on se rendrait insupportable.
7. Il est contraire au bon usage d'apostropher une personne par son nom à la suite du mot monsieur, madame, mademoiselle; ainsi en parlant à monsieur Durand, dites simplement, monsieur: oui, monsieur; non, monsieur; dites de même, oui, madame; oui, mademoiselle—et non oui, monsieur Durand; oui, madame Durand; oui, mademoiselle Durand.
8. On donnait le titre de monsieur (absolument) au frère du roi de France qui n'était pas destiné à occuper le trône.—Voyez mademoiselle.
Monter, v. n.—Les temps composés se conjuguent avec l'auxiliaire avoir, lorsqu'on veut exprimer l'action, et avec être, si l'on veut exprimer l'état, ou bien, en d'autres mots, selon que l'on peut répondre à l'une ou l'autre de ces questions: qu'a-il-fait?—où est-il, qu'est-il devenu?—il a monté (qu'a-t-il fait) quatre fois à sa chambre pendant la journée;—il est monté (où est-il) à sa chambre depuis une heure et il y est resté.—Lorsque monter est employé activement, il prend toujours avoir: il a monté l'escalier en courant.
2. Monter en haut, descendre en bas, sont généralement des pléonasmes vicieux; dites simplement monter et descendre.—Voyez haut.
Monteuse, une ouvrière en modes, une modiste: monteuse de bonnets, monteuse de modes. (Poitevin).
Monticule, petite montagne, est masculin: un monticule.
Moquer (se), v. essentiellement pronominal;—ne dites donc pas: il me moque toujours; dites, il se moque toujours de moi.
2. On dit indifféremment: tu te ferais moquer de toi ou tu te ferais moquer. (Acad.)
3. Le participe passé moqué s'emploie aussi dans un sens passif avec le verbe être: il fut moqué de tout le monde. (Acad.)
Mordicus, adv., avec ténacité:—soutenir son opinion mordicus: prononcez mordicuce.
Mordre, v. a.—Il mord à belles dents: prononcez il mor à et non il mor t'à belles dents.—Dans les mots terminés en ord ou ort le t final ne se lie point avec la voyelle ou l'h muette qui suit.
2. Ne dites pas: les cousins m'ont mordu à la joue; dites, m'ont piqué... (Acad.)
More, s. m., peuple africain; moresque, adj.; moricaud, aude, adj. et s.;—on écrit aussi maure, mauresque, mauricaud.—L'Académie ne donne point le féminin correspondant de maure; quelques-uns disent, une maure, d'autres, une mauresque.
Morigéner, v. a., corriger;—ne dites pas moriginer ni morigérer.
Mors, s. m., frein:—on ne prononce pas l's excepté devant une voyelle: prendre le mors aux dents; cependant beaucoup de personnes ne font pas cette liaison.
Mort, s. m.—Ne dites pas un billet de mort; dites une lettre de faire part, un billet d'enterrement, un billet d'obsèques.
2. Mort, morte, adj.—Dans quelques locutions, il a un sens différent, selon qu'il précède ou qu'il suit le substantif.—Mort-bois, les espèces de bois de peu de valeur, comme les ronces, les genêts;—bois mort, arbre séché sur pied, branches qui ne reçoivent plus de sève.
3. Morte-eau se dit des marées les plus faibles;—eau morte, qui ne coule point.
4. Mort-ivre se dit d'un homme; mais en parlant d'une femme, il faut dire ivre-morte: voyer ivre-mort.
5. Mort-gage, s. m.: le pluriel est morts-gages.
6. Mort-né.—Mort est invariable; il fait au féminin mort-née et au pluriel mort-nés, mort-nées: une fille mort-née, des enfants mort-nés.
7. Morte-paye, s. f.: le pluriel est mortes-payes.
8. Morte-saison, s. f.: le pluriel est mortes-saisons.
9. Ne dites pas du mort-papier, pour désigner du papier non collé propre à faire sécher l'encre; dites du papier brouillard.
Mortuaire, adj.—Ne dites pas un service mortuaire; dites un service funèbre.
2. Ne dites pas une carte, un billet mortuaire; dites, une lettre de faire part, un billet de faire part, un billet de part, s'il s'agit de la lettre destinée à annoncer le décès;—dites billet d'enterrement, billet d'obsèques, s'il s'agit du billet destiné à être lu au prône à l'église.
3. Domicile mortuaire, terme de jurisprudence, lieu où une personne avait son domicile légal au moment de son décès; dans le langage ordinaire, on ne dit pas domicile mortuaire ni maison mortuaire: on dit, domicile du défunt, de la défunte; maison du défunt, de la défunte.
4. Mortuaire, adj., veut dire qui appartient au service, à la pompe funèbre: un drap mortuaire. (Acad.)
5. Registre mortuaire, registre où l'on inscrit les noms des personnes décédées.—Extrait mortuaire, extrait qu'on tire de ce registre.
6. Droits mortuaires, droits perçus pour les cérémonies funèbres.
7. Mortuaire, comme substantif, n'est pas français; ne dites donc pas la mortuaire, pour la maison, le domicile du défunt, de la défunte.
Mot, s. m.: prononcez mô et non mote.
Mote, s. f., petit insecte; ce mot n'est pas français; dites mite, s. f: ce fromage est plein de mites.
Motus, interj., silence!—prononcez motuce.
Moucher, v. a. et pr.—Ne dites pas: je mouche vingt fois en une heure, mais, je me mouche.
2. Ne dites pas non plus: mouchez votre nez, mais simplement, mouchez-vous.
3. Pourtant, on peut dire absolument, dans le même sens que s'il était accompagné du pronom: si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé; il ne mouche presque point. (Acad).
4. On peut encore dire dans le sens absolu, moucher, fatiguer: cet enfant mouche beaucoup; ce cheval fatigue beaucoup.
5. Ne dites pas: moucher une lumière, mais moucher une chandelle;—ne dites pas émoucher.
Moucheron, s. m., bout de la mèche d'une chandelle allumée;—mouchures, s. f. pl., ce qu'on a retranché ordinairement avec les mouchettes.—Moucheron se dit aussi de toute espèce de petite mouche, mais mouchette, pour moucheron, n'est pas français.
Mouchettes, s. f. pl., n'a pas de singulier: dites donc les mouchettes et non la mouchette ni l'émouchette ni les émouchettes.
Mouchoir, s. m., carré de toile qui sert à se moucher.—Mouchoir de cou se dit du fichu d'une femme; mais quand on parle d'un homme il faut dire cravate et non mouchoir ni mouchoir de cou.
Moudre, v. a.—Dites, nous moulons, vous moulez, ils moulent, je moudrai, il faut que je moule, il fallait que je moulusse.
Moufle, s. f., gros gant de cuir ou de laine où il n'y a pas de séparation pour les doigts, excepté pour le pouce; prononcez mou-fle et non moufe, moufèle.
Moule, s. f., mollusque bon à manger;—moule, s., est masculin, quand il signifie un modèle creux donnant la forme déterminée à la matière que l'on moule: retirer un vase du moule.
Moulin, s. m.—Ne dites pas: moulin à filer; dites, rouet:—prononcez rou-et et non rou-wet.
Mourir, v. n.—Ne dites pas: il a été fait mourir; dites, il a été exécuté, mis à mort; on l'a fait mourir.
2. Dites, je meurs d'envie d'aller revoir mon pays, et non, je meurs d'aller revoir mon pays.
Mouron, s. m., plante que l'on donne aux oiseaux; ne dites pas moron.