[217] Ou plutôt de Peuple de Martyrs, Plebs Martyrum. Voy. le recueil des chartes de l’abbaye d’Oulx, publié par Rivantella, sous le titre de Ulciensis ecclesiæ chartarium, Turin, 1753, in-fo, p. X et suiv., et p. 151.

[218] Pingonius, Augusta Taurinorum, p. 25 et suiv.

[219] Catel, Mémoires de l’Histoire du Languedoc, p. 775.

[220] Liutprand, dans le recueil de Muratori, t. II, part. I, p. 440.

[221] Dom Vaissette, Histoire du Languedoc, t. II, p. 45, et Preuves, p. 52.

[222] Comparez Conde, Historia, t. I, p. 374; et Pagi, critique des Annales de Baronius, an. 920, no 6.

[223] Comparez la Gallia Christiana, t. I, p. 696; Bouche, Histoire de Provence, t. I, p. 736; et Jacques de Guyse, Histoire de Hainaut, t. VIII, p. 201.

[224] Vie de saint Mayeul, dans le recueil des Bollandistes, 11 mai, p. 670 et 679.

[225] Gallia Christiana, t. III, p. 1067.

[226] Histoire, topographie, etc., des Hautes-Alpes, par M. de Ladoucette, 2e édit., Paris, 1834, p. 262.

[227] Recueil des Historiens de France, t. VIII, p. 177, 180, 182, 189, 192, 194, etc.

[228] Voy. le Spicilége de d’Achery, édition in-fol., t. III, p. 369.

[229] Recueil de dom Bouquet, t. IX, p. 689.

[230] Muratori, rerum italicarum scriptores, t. II, part. II, p. 733.

[231] Voy. Liutprand, dans Muratori, rerum italicarum scriptores, t. II, p. 440 et 452.

[232] Au sujet de l’invasion des Hongrois, voyez le recueil des Historiens de France, t. IX, p. 6, 23, 34, 44, etc. Il nous paraît que c’est la même invasion qui est racontée fort au long dans le Roman de Garin le Loherain, sous le nom de Wandes et de Vandales, t. I.

[233] Gallia Christiana, t. XII, p. 793. D’après quelques auteurs, l’abbaye aurait été déjà détruite une fois par les Sarrazins, en 900. Voy. ibid., p. 792. On lit encore dans l’église de Saint-Pierre, village situé entre Martigny et Sion, à la descente du Mont-Saint-Bernard, cette inscription latine qui paraît avoir été érigée vers l’an 1010, par Hugues, évêque de Genève, lorsque ce prélat fit bâtir l’église:

Ismaelita cohors Rhodani cum sparsa per agros,
Igne, fame et ferro sæviret tempore longo,
Vertit in hanc vallem pæninam mersio falcem;
Hugo præsul Genevæ Christi post ductus amore,
Struxerat hoc templum, etc.

Voy. Schiner, Description du département du Simplon, Sion, 1812, p. 134.

[234] Recueil de dom Bouquet, t. VIII, p. 194.

[235] Sprecher, Chronicon Rhetiæ, Bâle, 1617, p. 68, 197 et suiv.

[236] L’évêque Waldo, se plaignait, en 940, des continuelles déprédations des Sarrazins. Les traces de ces dévastations existaient encore, en 952, lorsque Othon, revenant d’Italie, passa par la Rhétie. Il existe un diplome daté de l’année 956, par lequel Othon donne à l’évêque certains biens comme dédommagement. Voy. le recueil allemand publié à Coire, sous le titre de Collecteur, année 1811, p. 235. Ce même diplome fut confirmé en 965 et 972. Voy. Herrgott, Genealogiæ diplomaticæ Augustæ gentis Habsburgicæ, t. II, part. I, p. 84.

[237] Voy. Muller, Histoire des Suisses, t. II, p. 117, traduction française.

[238] Le roi de Navarre, dont les troupes figurèrent dans la bataille, se nommait Garcie; mais les auteurs arabes ne font mention que de sa mère, qui, apparemment, était régente du royaume et qu’ils nomment Thoutheh. Voy. Maccary, no 704, fol. 90 verso. En effet, il est parlé dans un chroniqueur allemand, sous la date 939, d’une grande victoire remportée par la reine Toïa sur les Sarrazins. Voy. M. Pertz, Monumenta historiæ germanicæ, t. I, p. 78.

[239] Maccary, no 704, fol. 88 et suiv.

[239a] On lit dans une charte de l’abbaye de Saint-Victor, à Marseille, à l’année 1005, ces paroles: Cum omnipotens Deus vellet populum christianum flagellare per sævitiam paganorum, gens barbara in regno provinciæ irruens, circumquaque diffusa vehementer invaluit, ac munitissima quæque loca obtinens et inhabitans, cuncta vastavit, ecclesias et monasteria plurima destruxit, et loca quæ prius desiderabilia videbantur in solitudinem redacta sunt, et quæ dudum habitatio fuerat hominum, habitatio postmodum cœpit esse ferarum. Voy. dom Martenne, Amplissima collectio, t. I, p. 369. D’un autre côté, voici quel était, en 975, l’état de l’église de Fréjus, d’après une charte rédigée au moment où le pays fut enfin délivré de la présence des barbares: Civitas Forojuliensis acerbitate Saracenorum destructa atque in solitudinem redacta, habitatores quoque ejus interfecti, seu timore longius fuerunt effugati; non superest aliquis qui sciat vel prædia, vel possessiones quæ ecclesiæ succedere debeant; non sunt cartarum paginæ, desunt regalia præcepta. Privilegia quoque, seu alia testimonia, aut vetustate consumpta aut igne perierunt, nihil aliud nisi tantum solo episcopatus nomine permanente. Gallia Christiana, t. I. Instrumenta, p. 82.

[240] Voy. Liutprand, dans Muratori, rerum italicarum scriptores, t. II, p. 462.

[241] Voy. le récit de Liutprand, ibid., p. 464. On trouve sur les divers incidens de ce siége des détails très-circonstanciés dans l’ouvrage de Delbène, intitulé De regno Burgundiæ transjuranæ et arelatis, Lyon, 1602, in-4o, p. 58 et suiv.; et ces détails ont été rapportés par plusieurs écrivains; mais Delbène ne cite aucune autorité; et ces détails, ainsi qu’une bonne partie de son livre, paraissent être de son invention. Nous reviendrons sur l’ouvrage de Delbène.

[242] Voici les vers de Liutprand, p. 463:

Mons transire Jovis, mirum
Haud suetos perdere sanctos,
Et servare malos, vocitant
Heu! quos nomine Mauros.
Sanguine qui gaudent hominum
Juvat et vivere rapto.
Quid loquar? ecce dei cupio
Tete fulmine aduri,
Conscissusque chaos cunctis
Fias tempore cuncto.

Ce témoignage, comme on voit, ne pouvait pas être plus positif. Cependant Muratori, qui a publié dans son grand recueil le récit de Liutprand, l’avait apparemment perdu tout-à-fait de vue, lorsqu’il rédigea ses annales d’Italie; car, arrivé à l’année 942, et obligé de parler de l’accord fait par Hugues avec les Sarrazins du Fraxinet, il dit qu’on ignore où les Sarrazins furent cantonnés. En général, ce que Muratori dit dans ses annales sur les invasions des Sarrazins en Italie et en France, est défectueux.

[243] Recueil de dom Bouquet, t. IX, p. 6.

[244] Comparez le recueil de dom Bouquet, t. VIII, p. 207, et la chronique de Liutprand, dans le grand recueil de Muratori, t. II, p. 464.

[245] Durante, Histoire de Nice, t. I, p. 150.

[246] Nous ignorons l’année précise où les Sarrazins entrèrent dans Grenoble; mais ce ne doit pas être long-tems après l’an 945; car un monument incontestable nous apprend que déjà, en 954, il y avait long-tems que cette occupation avait lieu. Voici ce qui se lisait naguère parmi les débris du prieuré de Saint-Donat, autrement appelé Jovinzieux, sur la façade d’un clocher bâti par l’évêque de Grenoble, Izarn, et qui porte la date LMIIII, c’est-à-dire 954:

Per Mauros habitanda diù Granopolis ista
Lipsana sanctorum præsul ab orbe tollit.

Nous citons cette inscription d’après une dissertation publiée sur les lieux, par M. Jean-Claude Martin, sous le titre de Histoire chronologique de Jovinzieux, de nos jours Saint-Donat, Valence, 1812, in-8o. Nous supposons qu’il y a quelques fautes dans la copie de l’inscription et dans l’interprétation que M. Martin en a donnée. Dans tous les cas l’incertitude est levée par ce passage d’une hymne qu’on chantait autrefois au prieuré, et que cite M. Martin lui-même:

Quum a Mauris habitanda diù Grannopolis esset,
Lipsana sanctorum præsul habere cavet.

[247] C’est probablement Rotbaldus II, comte de Forcalquier, lequel vivait vers l’an 945. Voy. Bouche, Histoire de Provence, t. II, p. 30.

[248] Muratori, rerum italicarum scriptores, t. II, part. II, p. 736.

[249] Voy. le recueil de dom Bouquet, t. IX, p. 6; et le recueil de M. Pertz, t. II, p. 110.

[250] Nous apprenons par une lettre de Mgr. Billiet, actuellement évêque de Saint-Jean de Maurienne, et qui a fait une étude spéciale de l’histoire du pays, qu’on y trouve encore plusieurs dénominations qui rappellent le séjour des Sarrazins, par exemple, aux environs de Modane, le vallon sarrazin et le village de Freney. On a vu que Bouche avait déjà fait une observation semblable.

[251] Voy. le recueil des Historiens de France, t. II, p. 11, etc.

[252] Le poète, par un singulier anachronisme, suppose que cet événement s’est passé sous Pepin-le-Bref. Voy. notre introduction.

[253] Voy. le Roman de Garin, t. I, p. 73 et suiv. Voy. aussi l’Histoire de Hainaut, par Jacques de Guyse, t. VIII, p. 270. Si on en croyait Delbène, De regno Burgundiæ, p. 124, les Sarrazins seraient restés beaucoup plus long-tems en Savoie. Ils seraient demeurés maîtres du château de Cules, sur les bords du Rhône, en face de Seyssel, et auraient été chassés du pays seulement en 970, par un guerrier saxon qu’il appelle Geraudus, et qu’il regarde comme la souche de la maison actuelle de Savoie; mais la véracité de Delbène est suspecte; et d’après l’observation de Guichenon, Histoire de Savoie, t. I, p. 183, le château de Cules n’a été construit que beaucoup plus tard.

[254] Chronique de l’abbaye du Saint-Gall, dans le recueil de M. Pertz, t. II, p. 137. Le chroniqueur donne quelquefois aux Hongrois le nom d’Agareni, mot qui est appliqué par les écrivains du tems aux Sarrazins, et cette circonstance a jeté quelque confusion dans son récit; mais ici il nomme expressément les Sarrazins.

[255] Witikind, dans le recueil de Meibom, scriptores rerum germanicarum, Helmstædt, 1688, t. I, p. 658.

[256] Maccary, man. arab. de la Biblioth. roy. anc. fonds, no 704, fol. 91, et no 1377, fol. 151 et suiv. Pour ce que ces relations avaient quelquefois de scientifique, voyez ci-devant, introduction, et la traduction française de la relation arabe d’Abd-allathif, par M. Sylvestre de Sacy, p. 496.

[257] Voy. précédemment, p. 143. On lit dans le code des Ottomans ces paroles: «Quiconque profère des blasphèmes contre Dieu, contre ses attributs, contre son saint prophète, contre le livre céleste, sera mis à mort sans rémission ni délai.» Voy. Mouradgea d’Ohsson, édition in-8o, t. VI, p. 244.

[258] Voy. Mouradgea d’Ohsson, Tableau de l’empire ottoman, t. IV, p. 212 et suiv.; t. V, p. 47.

[259] Ce chrétien se nommait Recemundus; d’un autre côté Remundus est le nom d’un évêque espagnol avec qui l’historien Liutprand était en rapport d’amitié, et à qui il a adressé son histoire. Les Bollandistes en ont induit avec vraisemblance que ces noms indiquent un seul et même personnage.

[260] Sous Charlemagne la livre était de douze onces, et la livre d’argent pesait environ 77 fr. 88 c. de notre monnaie actuelle, ce qui, vu la rareté de l’argent à cette époque et à raison d’une valeur répétée neuf fois, faisait 712 fr., valeur commerciale actuelle. Voy. l’Essai sur les divisions territoriales de la Gaule, par M. Guérard, Paris, 1832, p. 172 et 181.

[261] Conde, Historia, t. I, p. 433.

[262] Muratori, Rerum italicarum script., t. II, p. 425 et 462.

[263] Cette relation se trouve dans les Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, par Mabillon, sæc. V, p. 404 et suiv.

[264] Voy. le recueil des Bollandistes, au 15 juin, Vie de saint Bernard de Menthone, p. 1076.

[265] Ibid., p. 1077. Voy. aussi l’Histoire de la destruction du paganisme en occident, par M. A. Beugnot, Paris, 1835, 2 vol. in-8o, t. II, p. 344 et suiv. Faute de connaître l’occupation du grand Saint-Bernard par les Sarrazins, on avait jusqu’ici tout rapporté aux divinités du paganisme.

[266] Conde, t. I, p. 482.

[267] Conde, t. I, p. 464.

[268] Alberic des Trois-Fontaines, dans le recueil de Leibnitz, intitulé Scriptores rerum germanicarum, accessiones, Leipsicht, 1698, in-4o, t. II, p. 3 et 4.

[269] Ce qui concerne l’occupation de Grenoble et de la vallée du Graisivaudan par les Sarrazins, était resté jusqu’ici enveloppé de doutes et de ténèbres. On a vu ci-devant, p. 181, un témoignage irrécusable de l’occupation elle-même. D’un autre côté, il existe dans le cartulaire de l’église de Saint-Hugues, à Grenoble, une charte de la fin du onzième siècle, qui commence ainsi:

«Notum sit omnibus fidelibus filiis Gratianopolitanæ ecclesiæ, quod post destructionem paganorum, Isarnus episcopus ædificavit ecclesiam gratianopolitanam; et ideò quia paucos invenit habitatores in prædicto episcopatu, collegit nobiles, mediocres et pauperes ex longinquis terris, de quibus hominibus consolata esset gratianopolitana terra; deditque prædictus episcopus illis hominibus castra ad habitandum, et terras ad laborandum; in quorum castra sive in terras episcopus jam dictus retinuit dominationem et servitia, sicut utriusque partibus placuit. Habuit autem prædictus episcopus et successor ejus Humbertus prædictum episcopatum sicut proprius episcopus debet habere propriam terram et propria castra, per alodium, sicut terram quam abstraxerat à gente paganâ. Nam generatio comitum istorum, qui modo regnant per episcopatum gratianopolitanum, nullus inventus fuit in diebus suis, scilicet in diebus Isarni episcopi, qui comes vocaretur, sed totum episcopatum sine calumniâ prædictorum comitum prædictus episcopus in pace per alodium possidebat, excepto hoc quod ipse dederat ex suâ spontaneâ voluntate. Post istum vero episcopum successit ei Humbertus episcopus in gratianopolitanam ecclesiam, et habuit prædicta omnia in pace, etc.»

Voy. Chorier, Estat politique de la province du Dauphiné, t. II, p. 69. On trouve dans le même ouvrage, t. II, p. 77, une deuxième charte, tirée du même cartulaire, et où il est parlé des terres qui furent concédées par Isarn à Rodolphe, chef de la maison des Aynard, en récompense de sa bravoure. Quant au cartulaire de Saint-Hugues, d’où ces deux chartes ont été tirées, voy. le Bulletin de la Société de l’Histoire de France, t. II, p. 294 et suiv.

Dans un débat qui eut lieu en 1094, entre saint Hugues, évêque de Grenoble, et Guy, archevêque de Vienne, au sujet de la possession du prieuré de Saint-Donat et d’un autre canton, il fut reconnu de part et d’autre que, sous Isarn, les païens, c’est-à-dire les Sarrazins, avaient occupé Grenoble, et que pendant tout ce tems le prélat avait résidé à Saint-Donat. Seulement Guy prétendait que c’était de l’archevêque de Vienne d’alors qu’Isarn avait reçu ce prieuré comme lieu d’asile, tandis que saint Hugues faisait voir que la donation du prieuré remontait à l’an 879, époque où Boson, roi de Provence, le donna à l’église de Grenoble.

Ce qui, pour les modernes, avait embrouillé la question, c’est, d’une part, que tous les documens écrits relatifs à l’occupation de Grenoble par les Sarrazins, désignent ces barbares par le mot vague de païens, et que, de l’autre, l’inscription de Saint-Donat était restée inconnue jusqu’à ces derniers tems. De là beaucoup de personnes, d’ailleurs instruites, pensaient que les Sarrazins n’avaient pas cessé d’occuper une partie plus ou moins considérable du diocèse de Grenoble, depuis Charles-Martel jusqu’à l’époque dont nous parlons. Voy. la Statistique du département de la Drôme, par M. de Lacroix, 2e édit., Valence, 1835, in-4o, p. 72 et 78. D’autres personnes au contraire étaient persuadées que les Sarrazins n’avaient jamais mis les pieds dans le pays. Voy. l’Histoire de Grenoble, par M. Pilot, Grenoble, 1829, un vol. in-8o. Dom Brial qui, dans le t. XIV du recueil des Historiens de France, p. 757 et suiv., a rapporté les pièces du débat entre saint Hugues et Guy, archevêque de Vienne, ne s’est pas douté que, sous le nom de païens, il s’agissait des disciples de Mahomet; et le recueil tout entier ne renferme pas un seul mot sur l’occupation du diocèse de Grenoble par les mahométans.

[270] Witikind, dans le recueil de Meibom, Scriptores rerum germanicarum, t. I, p. 661.

[271] Pons Ursarii. Voy. le recueil de dom Bouquet, t. IX, p. 126 et 127. Le passage d’Orcières existe encore aujourd’hui. Personne jusqu’ici ne s’était fait une idée exacte de l’itinéraire de saint Mayeul; ce n’est que depuis la construction de la carte de Cassini, qu’on a pu étudier en détail la géographie de la France. En général, les cartes qui accompagnent les ouvrages des Bénédictins, d’ailleurs si estimables, sont défectueuses.

[272] Valeur intrinsèque, ou environ sept cent mille francs, valeur commerciale. Voy. ci-devant, p. 192 et le recueil de dom Bouquet, t. VIII, p. 239 et 240. On peut aussi consulter le recueil des Bollandistes, au 11 mai.

[273] Voy. le 2e livre des rois, ch. XXII, vers. 5.

[274] On peut consulter sur l’opinion que les musulmans ont d’Ismaël, de Jésus-Christ et de Mahomet, nos Monumens arabes, persans et turcs, t. I et II.

[275] Beuvon a été rangé au nombre des saints. Voy. sa vie dans le recueil des Bollandistes, au 22 mai. Le lieu où naquit le saint et où eurent lieu ses exploits, était resté jusqu’ici inconnu, et on l’avait confondu avec le Fraxinet. On n’avait pas fait attention qu’aux environs de Sisteron, est encore un lieu appelé Fraissinie. Les détails de localité qu’on vient de lire nous ont été fournis par M. de Laplane, ancien sous-préfet. M. de Laplane est de Sisteron même, et il a fait une étude particulière de notre histoire, au moyen-âge. Voy. d’ailleurs Bouche, t. I, p. 240.

[276] Bouche, Histoire de Provence, t. II, p. 44.

[277] Recueil de dom Bouquet, t. VIII, p. 240.

[278] La Provence elle-même faisait partie du royaume de Bourgogne; celui qui régnait en ce moment était Conrad, dit le Pacifique, dont il a déjà été parlé.

[279] Bouche, Histoire de Provence, t. II, p. 42.

[280] Voy. le recueil des Historiens de France, t. IX, p. 127. Il est probable que plus d’un Sarrazin, profitant de la voie de la mer, s’étaient réfugiés en Espagne, en Sicile et sur les côtes d’Afrique. Si on en croyait d’Herbelot, Bibliothèque orientale, au mot moezz, et Cardonne, Histoire des Maures d’Afrique, t. II, p. 82, les Sarrazins auraient été également maîtres, à cette époque, de l’île de Sardaigne, et, en 970, le khalife Moezz, dont les armées venaient de conquérir l’Égypte, aurait passé une année dans l’île avant de se rendre dans ses nouveaux états. Le fait de l’occupation de la Sardaigne par les Sarrazins a été admis par M. Mimaut, Histoire de Sardaigne, t. I, p. 93; mais ce fait est sans fondement, et l’historien arabe, Novayry, sur le témoignage duquel d’Herbelot et Cardonne s’étaient fondés, dit seulement que Moezz, avant de partir pour l’Égypte, passa un an dans le château de plaisance appelé Sardanya, qui était situé en Afrique, aux environs de Cayroan. Voyez le recueil des Notices et extraits des manuscrits, t. XII, p. 483. Delbène, De regno Burgundiæ, p. 146, suppose également que les Sarrazins étaient maîtres de la Sardaigne et même de la Corse. Il y fait apparaître un chef appelé Musectus ou Muget, contre lequel, suivant lui, le comte de Provence dirigea une expédition, de concert avec les Génois et les Pisans. Delbène veut parler d’un chef sarrazin d’Espagne, qui, en effet, envahit la Sardaigne, et contre lequel eurent à se défendre les Pisans; mais ce chef, que les Arabes appellent Modjahed, ne parut sur la scène que plus de trente ans après. Il en sera question plus tard.

[281] Bouche, Histoire de Provence, t. II, p. 42, a rapporté une charte datée de l’an 980, par laquelle Guillaume accorde à Gibelin de Grimaldi le golfe de Grimaud. Papon, Histoire de Provence, t. II, p. 171, a contesté l’authenticité de cette charte; mais ses raisonnemens contre le fait en lui-même ne nous ont point paru concluans.

[282] Voy. Millin, Voyage dans les départemens du midi de la France, t. III, p. 54.

[283] Voy. le Gallia Christiana, t. I, p. 425, et instrum. p. 82.

[284] Il nous reste à ce sujet un passage curieux d’une charte datée de l’année 993, qui a été publiée par dom Martenne, Amplissima Collectio, t. I, p. 349. Ce passage est relatif à une querelle qui s’était élevée entre Guillaume, vicomte de Marseille, et un seigneur appelé Pons de Fos: «Cum gens pagana fuisset è finibus suis, videlicet de Fraxineto, expulsa, et terra Tolonensis cœpisset vestiri et a cultoribus coli, unusquisque secundum propriam virtutem rapiebat terram, transgrediens terminos ad suam possessionem. Quapropter illi qui potentiores videbantur esse, altercatione facta, impingebant se ad invicem, rapientes terram ad posse, videlicet Willelmus vicecomes, et Pontius de Fossis. Qui Pontius pergens ad comitem, dixit ei: Domne comes, ecce terra soluta est a vinculo paganæ gentis; tradita est in manu tua donatione regis: ideo rogamus ut pergas illuc et mittas terminos inter oppida et castra et terram sanctuariam; nam tuæ potestatis est terminare et unicuique distribuere quantum tibi placitum fuerit. Quod ille, ut audivit, concessit; et continuo ascendens in suis equis perrexit. Cumque fuisset infrà fines cathedræ villæ, cœpit inquirere nomina montium, et concava vallium et aquarum et fontium.»

[285] En effet, après avoir conduit les Sarrazins jusqu’à l’extrémité des Alpes, les chroniques contemporaines, à la vérité très-défectueuses, les font revenir peu à peu vers les côtes d’où ils étaient partis. S’il était resté quelques bandes sarrazines dans les Alpes, on doit croire qu’elles avaient mis bas les armes et embrassé le christianisme, ou qu’elles avaient été réduites à l’état de serfs. Néanmoins Delbène, de regno Burgundiæ, p. 169 et 187, suppose les Sarrazins encore établis dans les Alpes, après l’an 980 et même après l’an 1000, et il fait remporter sur eux les succès les plus merveilleux à un personnage d’origine saxonne, qu’il appelle Geroldus, Guillaume-Géraud ou Béraud, et dont nous avons déjà parlé; mais Delbène aurait dû citer à l’appui quelque témoignage authentique; d’ailleurs Guillaume-Géraud eût été alors trop jeune pour combattre les barbares. On ne peut se fier au témoignage de Delbène.

[286] Maccary, man. arab., no 704, fol. 98 et suiv.

[287] Maccary, manuscrits arabes, no 704, fol. 101, et no 705, fol. 51.

[288] Recueil de dom Bouquet, t. X, p. 21.

[289] Almansor, tout le tems qu’il avait exercé l’autorité, avait su allier la gloire des armes, le goût des lettres et des arts, et l’amour de l’industrie et de l’agriculture. Jamais l’Espagne musulmane n’avait été plus prospère que sous sa domination. C’était l’époque où les idées chevaleresques commençaient à se développer, et avec elles un sentiment exalté de l’honneur, le respect pour le sexe faible et le courage malheureux, et d’autres idées qui devaient faire un singulier contraste avec les mœurs de la masse du peuple. Il nous paraît néanmoins que M. Viardot, dans ses Scènes de mœurs arabes, en Espagne, au dixième siècle, est allé trop loin en plaçant chez les Maures, dès le tems d’Almansor, la chevalerie avec ses institutions, telles qu’elles se développèrent plus tard chez les chrétiens. M. Viardot aurait dû donner la preuve des faits qu’il a avancés, et dont il n’est point parlé dans les chroniques contemporaines.

[290] Recueil des Historiens de France, t. X, p. 148.

[291] On a vu qu’à partir de l’an 950, l’excès du mal avait amené une amélioration. Il est certain que le besoin de la défense mutuelle et le sentiment de la dignité humaine avaient rendu quelque énergie aux esprits. C’est alors que commencent à se répandre dans toute la France et les contrées voisines, les associations des citoyens entre eux et les franchises municipales. Alors aussi paraissent sur la scène les républiques d’Italie, et celles de Marseille et d’Arles.

[292] Recueil de dom Bouquet, t. X, p. 153.

[293] Mabillon, Annales Benedictini, t. IV, p. 489 et 493.

[294] Comparez Conde, Historia, t. I, p. 590, 591 et 595, et le recueil de dom Bouquet, t. X, p. 52 et 156. Ce qui concerne ce personnage est rapporté inexactement par M. Mimaut, Histoire de Sardaigne, t. I, p. 93 et suiv. On a d’ailleurs de la peine à en concilier certains détails, avec ce qui est raconté par les écrivains italiens. Voy. la Storia di Sardegna, par M. Manno, Turin, 1826, t. II, p. 168 et suiv.

[295] Sur Maguelone, voy. le recueil des Historiens des Gaules, t. XI, p. 454, et les Monumens de quelques anciens diocèses de Bas-Languedoc, expliqués dans leur histoire et leur architecture, par MM. Renouvier et Thomassy; Montpellier, 1836, in-fol. Sur le Martigues, voyez la Statistique du département des Bouches-du-Rhône, t. II, p. 475. M. Toulousan, un des auteurs de ce bel ouvrage, a trouvé dans les archives du Martigues la mention du séjour des Sarrazins dans le pays; il en est aussi parlé, ajoute M. Toulousan, dans les archives de Fos et de Berre. A l’égard de Hyères, voy. la Promenade pittoresque et statistique dans le département du Var, par M. Alphonse Denys, Toulon, 1834, in-folio. Cet ouvrage, accompagné de lithographies et qui n’est pas encore achevé, est destiné à faire, pour le département du Var, ce que les belles publications de MM. le baron Taylor, de Cailleux et Charles Nodier, ont fait pour la Normandie, l’Auvergne, etc.

[296] Man. arab. de la Biblioth. roy., no 704, fol. 58 recto.

[297] Voy. le Traité de la guerre à faire aux infidèles, volume arabe imprimé au Caire, p. 232. Conde, citant ce même passage, fait dire de plus à Moussa, sans doute d’après quelque autre auteur arabe, que les Francs une fois en déroute étaient faibles et timides.

[298] Man. arab. de la Biblioth. roy., anc. fonds, no 596, fol. 37; et Maccary, no 704, fol. 73, recto.

[299] Maccary, no 704, fol. 45 recto.

[300] Voy. la Notice publiée par M. le marquis de Fortia d’Urban, à la suite du mémoire de M. Oelsner sur les effets de la religion de Mohammed, Paris, 1810.

[301] Comparez Pococke, Specimen historiæ Arabum, p. 33 et suiv., et Casiri, Bibliothèque de l’Escurial, t. II, p. 18 et 19. On pourrait donner une autre explication du mot sarrazin. Nous avons dit que c’est vers les commencemens de notre ère que ce nom fut d’abord mis en usage. D’un autre côté, Ptolémée, dans sa Géographie, cite un peuple appelé Machurèbe, comme occupant la province actuelle d’Alger. Voyez le Voyage de Shaw, p. 84, et les extraits placés à la fin de l’ouvrage, p. 23; voy. aussi Pline le naturaliste, liv. V, no 2. S’il était vrai qu’à la même époque, ainsi que l’assurent certains auteurs, plusieurs tribus arabes se fussent retirées dans l’Afrique occidentale, ne pourrait-on pas voir dans le mot machurèbe l’équivalent du mot arabe actuel magharibé (au singulier maghraby) signifiant occidentaux, et étant encore employé dans ce sens par les Arabes de tous les pays? et le mot scharakyoun ou orientaux n’aurait-il pas servi à désigner les Arabes demeurés fidèles à leur première patrie? mais alors pourquoi cette distinction entre les Sarrazins et les Homérites? Notre savant confrère, M. Letronne, nous a fait observer que d’après le témoignage de Strabon, de Diodore de Sicile, etc., la partie de l’Égypte située entre le Nil et la mer Rouge était dès avant notre ère, comme elle l’est encore de nos jours, habitée par des tribus arabes, et qu’elle portait le nom d’Arabie. Il serait donc également possible que la dénomination d’orientaux eût servi à distinguer les nomades restés dans la presqu’île, de ceux qui avaient traversé la mer Rouge. Encore aujourd’hui que l’Égypte est occupée par les Arabes, la contrée située à l’orient du Delta est nommée scharkyé ou orientale, et la partie comprise dans le Delta, gharbyé ou occidentale. C’est ainsi que les Goths, dès avant leur départ des pays qu’ils occupaient au nord de l’Europe, s’étaient divisés en Ostrogoths ou Goths de l’est, et Visigoths ou Goths de l’ouest; mais la difficulté qui résulte du passage de Nonnosus existe toujours.