[1] Nous devons cependant faire mention du Précis historique des guerres des Sarrazins dans les Gaules; par M. B.... N. C. F., Paris, 1810; et de l’Histoire générale du moyen-âge; par M. Desmichels, Paris, 1831, t. II.
[2] Casiri, Bibliotheca arabico-hispana Escurialensis, t. II, p. 139.
[3] Ibid., p. 36.
[4] Nous ne disons rien de l’Histoire des deux conquêtes de l’Espagne par les Mores, par Abulcacim-Tarif-Aben-Tarique, l’un de ceux qui y ont pris part. Cet ouvrage est apocryphe, et il fut composé dans le seizième siècle, par Miguel de Luna, interprète de Philippe II.
[5] Les noms de Godmar et de Gironne, ainsi que le passage entier sont altérés dans la plupart des exemplaires de Massoudi qui se trouvent à la bibliothèque Royale. Nous avons fait usage des divers manuscrits de la Bibliothèque, notamment d’un exemplaire ayant appartenu à feu M. Schulz, et acquis récemment. Voyez aussi Deguignes, Mémoires de l’Académie des Inscriptions, t. XLV, p. 21; M. d’Ohsson, Des Peuples du Caucase; Paris, 1828, p. 123, et le recueil espagnol intitulé Espana Sagrada, t. XLIII, p. 126 et suiv.
[6] Historia de la dominacion de los Arabes en Espana; Madrid, 1820, 3 vol. in-4o. Il a paru deux traductions françaises, libres et abrégées de cet ouvrage, l’une par M. Audiffret dans la Continuation de l’art de vérifier les dates; l’autre par M. de Marlès, et formant un livre à part. Une traduction complète de cet ouvrage avait été préparée par M. d’Avezac qui, à la parfaite connaissance de l’espagnol, joint celle de la géographie et de l’histoire de l’Espagne et de l’Afrique; mais cette traduction est restée inédite. Nous devons encore faire mention d’un ouvrage écrit en allemand; c’est le Geschichte von Spanien: par M. Lembke, Hambourg, 1831. Le premier volume, le seul qui ait paru, s’étend jusqu’en 822.
[7] Cartas para illustrar la historia de la Espana arabe, 1 vol. in-4o; par Faustino Borbon, qui avait l’avantage de pouvoir puiser dans les manuscrits arabes de la bibliothèque de l’Escurial.
[8] Une partie des extraits originaux faits par Conde se trouvent aujourd’hui à Paris, et appartiennent à la Société Asiatique; mais nous n’avons dans ces extraits rien trouvé d’important pour notre objet.
[9] Castel-Sarrazin dérive évidemment de Castrum Cerrucium, nom sur lequel on peut consulter le Gallia Christiana, t. I, p. 160, et l’Histoire générale du Languedoc, par dom Vaissette, t. I, p. 544.
[10] Catalogus codicum bibliothecæ Bernensis, par Sinner, t. II, p. 244.
[11] Parthenopeus de Blois, publié par M. Crapelet, Paris, 1834, 2 vol. in-4o. Dans ce poème, t. II, p. 77, l’Espagne musulmane est dépeinte telle qu’elle fut à partir du onzième siècle, c’est-à-dire morcelée entre une foule de principautés. Ainsi ce poème ne remonte pas à une haute antiquité.
[12] De vita Caroli Magni et Rolandi, édition de M. Ciampi, Florence, 1822, in-8o. D’après les événemens auxquels il est fait allusion dans cette prétendue chronique, elle a nécessairement été écrite après l’an 1100. M. Ciampi, l’éditeur, qui connaissait imparfaitement les tems et les lieux, a méconnu beaucoup de noms propres.
[13] Il s’agit du moment où les Maures d’Espagne, vivement pressés par les chrétiens de Tolède, appelèrent à leur secours Youssouf, fils de Taschefin, fondateur de la ville de Marok et de l’empire des Almoravides.
[14] Gesta Caroli Magni ad Carcassonam et Narbonam, édition de M. Ciampi, Florence, 1823, in-8o. Le roman de Philomène, d’abord écrit en provençal, est d’une composition postérieure à celle de la chronique de Turpin.
[15] Le Poème de Guillaume au-court-nez est en français, et se compose de près de quatre-vingt mille vers. On le trouve manuscrit à la Bibliothèque royale, fonds de Lavallière, no 23. Le poème au reste se divise en plusieurs branches ou parties.
[16] Histoire de Hainaut, en latin, publiée pour la première fois en entier avec une traduction française, par M. le marquis de Fortia d’Urban, Paris, 1826 et années suiv. 15 vol. in-8o.
[17] Il est certain que, d’après le récit de Jacques de Guise, les Vandales étaient venus en France à travers le Rhin, et que cependant plusieurs faits rapportés par l’auteur appartiennent aux Normands. A la vérité, il raconte deux fois l’invasion des Vandales, une fois sous les règnes de Charles-Martel et de Pepin (voy. t. VIII, p. 263 et suiv.); et une autre fois, sous les règnes de Charles-le-Simple et de Louis d’Outremer (t. IX, p. 220 et suiv.). La première fois, il sacrifie au goût des auteurs des romans de chevalerie; la seconde fois il est guidé par l’ordre réel des événemens. Du reste, sans vouloir garantir l’étymologie que Jacques de Guise donne du mot vandale, nous ferons observer que le verbe allemand wandeln signifie marcher.
[18] Le Roman de Garin le Loherain, publié pour la première fois par M. Paulin Paris; Paris, 1833. Il a été publié une Analyse critique et littéraire de ce poème, par M. Leroux de Lincy; Paris, Techener, 1835, in-8o.
[19] Comparez le Roman de Garin, t. I, p. 49 et suiv., et la chronique de Turpin, p. 26, 81 et 83.
[20] Ces observations s’appliquent à un passage d’une vieille compilation française intitulée La Fleur des histoires, sur laquelle on peut consulter le catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Berne, t. II, p. 189; ainsi qu’à un passage d’un poème français inédit, intitulé Renard le contrefait, dont M. Robert, conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, prépare la publication.
[21] Voyez la vie de saint Nicolas, publiée par M. Monmerqué dans la collection de la Société des bibliophiles Français. Paris, 1834, p. 258.
[22] Annales ecclesiastici Francorum, t. IV, p. 728 et suiv.
[23] Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, sæc. III, part. II, p. 534, et Annales benedictini, t. II, p. 90.
[24] Histoire générale du Languedoc, t. I, notes, p. 638 et suiv.
[25] Voyez ci-après, p. 31; voyez aussi, au sujet de la prise de l’abbaye de Luxeuil par les Vandales, les Mémoires historiques sur la ville de Poligny, par Chevalier; Lons-le-Saulnier, 1767, t. I, p. 45 et 66.
[26] Description géographique et historique de l’Espagne, en arabe, par Maccary. Voyez les manuscrits arabes de la Bibliothèque royale, ancien fonds, no 704, fol. 61 verso. Cet ouvrage est une compilation en plusieurs volumes, rédigée au commencement du dix-septième siècle, mais où l’auteur met à contribution certains ouvrages qui ne nous sont point parvenus. Conde n’a pas eu cette compilation à sa disposition.
[27] Nouveau Journal Asiatique, extrait des Prolégomènes d’Ibn-Khaldoun, par M. Schultz, t. II, p. 117 et suiv.
[28] Procope, Histoire de la guerre des Vandales, liv. II, ch. 10; et M. Dureau de Lamalle, Recherches sur l’histoire de la partie de l’Afrique septentrionale, connue sous le nom de régence d’Alger, par une commission de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; Paris, 1835, t. I, p. 114 et suiv.
[29] Voy. les témoignages mentionnés par Ibn-Khaldoun, dans l’extrait déjà cité, p. 127, 132 et 141, bien qu’Ibn-Khaldoun lui-même ne partage pas cette opinion. Voy. aussi l’article berber de l’Encyclopédie Pittoresque, par M. d’Avezac.
[30] Ce lieu fut ainsi appelé parce que le détachement des Berbers avait pour chef Tharif.
[31] Gibraltar est l’altération de Gibel-Tharec ou montagne de Tharec. C’est par erreur que Conde n’a fait qu’un personnage de Tharif et de Tharec. Voy. Novayry, man. arab. de la Biblioth. roy., anc. fonds, no 702, fol. 9.
[32] Histoire de la Conquête de l’Espagne par les Musulmans, par Ibn-Alcouthya; manuscrits arabes de la Biblioth. roy., anc. fonds, no 706, fol. 4. Ibn-Alcouthya écrivait dans la dernière moitié du dixième siècle de notre ère. Son nom signifie fils de la Gothe, et il fut ainsi appelé parce qu’il descendait des anciens maîtres de l’Espagne. On trouve dans le même volume une chronique des premiers siècles de la domination des Maures en Espagne, par un écrivain de la même époque qui cite quelquefois pour garant le témoignage des anciens du pays.
[33] Maccary, no 704, fol. 73 recto.
[34] Il sera parlé, dans la dernière partie, des impôts établis par les Sarrazins en France, et de leur système d’administration.
[35] Maccary, no 704, fol. 62 verso et 73 recto.
[36] Maccary, no 704, fol. 63 recto.—Ibn-Alcouthya, fol. 4 verso.
[37] Ils sont suivis en cela par Isidore, évêque de Beja, écrivain contemporain, et par Roderic Ximenès, archevêque de Tolède. Le récit d’Isidore, tel qu’on le lit dans les éditions ordinaires, étant déparé par un grand nombre de fautes, nous le citerons d’après le fragment revu sur plusieurs manuscrits, et inséré dans les cartas para illustrar la Historia de la Espana arabe, p. XX et suiv. Quant à Roderic Ximenès, qui écrivait dans le treizième siècle, principalement d’après les auteurs arabes, sa relation se trouve à la suite de la chronique arabe d’Elmacin, publiée en arabe et en latin, par Erpenius, Leyde, 1625, in-fo.
[38] Nous suivons ici l’opinion que le savant don Vaissette a émise dans son Histoire générale du Languedoc, et qui a été adoptée par les auteurs de l’Art de vérifier les Dates.
[39] Les efforts que les chrétiens firent de bonne heure dans les montagnes du nord de l’Espagne, pour se soustraire au joug, sont mentionnés par les auteurs arabes, comme ils le sont par les chrétiens. C’est donc à tort que Conde n’a pas jugé convenable d’en parler, d’autant plus que son silence a donné lieu à quelques personnes de croire que ce récit était sans fondement.
[40] Voici en quels termes s’exprime Isidore de Beja, écrivain contemporain, p. L: «Zama ulteriorem vel citeriorem Hiberiam proprio stylo ad vectigalia inferenda describit. Prædia et manualia, vel quidquid illud est quod olim prædabiliter indivisum redemptabat in Hispaniâ gens omnis arabica, sorte sociis dividendo (partem reliquit militibus dividendam), partent ex omni re mobili et immobili fisco associat.» Le passage correspondant de Roderic Ximenès est ainsi conçu: «Zama proprio stylo descripsit vectigalia Hispanorum; et quod prius indivisum ab Arabibus habebatur, ipse partem reliquit militibus dividendam, partem fisco de mobilibus et immobilibus assignavit, et Galliam narbonensem divisione simili ordinavit.» Roderic Ximenès, Historia Arabum, p. 10. Voy. aussi Conde, p. 70 et 75. Conde attribue au successeur d’Alsamah ce qui est dit d’Alsamah lui-même. Nous avons déjà dit qu’il sera question dans la suite des impôts établis par les Sarrazins en Espagne et en France.
[41] Ibn-Alcouthya, fol. 5 verso, et 59 verso.—Maccary, no 705 fol. 3 verso.
[42] Comparez la chronique de l’abbaye de Moissac, dans le recueil des Historiens des Gaules, par dom Bouquet, t. II, pag. 654; Paul Diacre, De Gestis Langobardorum, dans le recueil de Muratori, intitulé: Rerum italicarum Scriptores, t. I, part. 1re, pag. 505.
[43] Comparez Conde, Historia, t. I, p. 71, Isidore de Beja, p. L; Anastase le bibliothécaire, Vie du pape Grégoire II, dans le grand recueil de Muratori, t. III, part. 1re, p. 155, et la chronique de Moissac, recueil des Historiens de France, t. II, p. 654.
[44] Voy. l’Histoire de Nîmes, par Menard, t. I, p. 98 et suiv.
[45] Novayry, manuscrits arabes, no 702, fol. 10.
[46] Chronique de Moissac, recueil des Historiens des Gaules, t. II, pag. 654.
[47] Voici les propres expressions d’Isidore de Beja, qui ne sont rien moins que claires: «Ambiza cum gente Francorum pugnas meditando et per directos satrapas insequendo, infeliciter certat. Furtivis vero obreptionibus per lacertorum cuneos nonnullas civitates demutilando stimulat: sicque vectigalia christianis duplicata exagitans, fascibus honorum apud Hispanias valdè triumphat.» Cartas, pag. LII. Quelques auteurs ont induit de ce passage qu’Ambiza avait doublé le taux des impôts que payaient les chrétiens de France; cette explication nous paraît manquer d’exactitude.
[48] Voy. les Essais historiques sur le Rouergue, par M. le baron de Gaujal, Limoges, 1824, 2 vol. in-8o, t. I, p. 170. M. de Gaujal nous apprend dans une note manuscrite qu’il existe sur le plateau du Larzac, près de Sainte-Eulalie, les débris d’un troisième fort appelé Castel-Sarrazin, où sans doute les Sarrazins prirent position.
[49] Le poème d’Ermoldus Nigellus, publié d’abord par Muratori, l’a été plus tard par dom Bouquet, recueil des Historiens des Gaules, t. VI; et par M. Pertz, Monumenta germanicæ historiæ, t. II, p. 466 et suiv. Le témoignage d’Ermoldus Nigellus, relatif à Dadon, et qui commence au vers 207, est confirmé par un capitulaire de Louis-le-Débonnaire, en faveur de l’abbaye de Conques, en date de l’année 819. Voy. le Gallia Christiana, t. I, p. 236. A la vérité ni le poète ni le diplôme n’indiquent l’année où les Sarrazins envahirent le Rouergue; mais d’une part on sait que Dadon mourut vers la fin du huitième siècle; de l’autre le poète donne à Dadon l’épithète de Juvenis, ce qui nous ramène vers l’an 730. Le monastère de Conques a subsisté jusqu’à la révolution.
[50] Gallia Christiana, t. II, p. 468.
[51] L’église célèbre la fête du saint le 19 octobre. Pour sa vie, on peut consulter Mabillon, Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, sec. III, part. I, p. 476 et suiv. Le Monastier, autrement appelé Saint-Chaffre, s’est conservé jusqu’à la révolution.
[52] Maccary, no 704, fol. 72 recto.
[53] Gallia Christiana, t. IV, p. 51.
[54] Ibid. t. IV, p. 860 et 1042.
[55] Voy. la chronique de Moissac, recueil des Historiens des Gaules, t. II, p. 655. Il existe sur ce même sujet une charte de Charles-le-Chauve de l’année 844. Voy. l’Histoire de Bourgogne, par dom Plancher, t. I, preuves, p. VII, et le Gallia Christiana, t. IV, p. 450.
[56] Histoire de Bourgogne, à l’endroit cité.
[57] Spicilège de d’Achery, édit. in-fo, t. II, p. 411.
[58] On a cru jusqu’à ce jour que les Sarrazins avaient envoyé des détachemens d’un côté sur les bords de la Loire, auprès de Nevers, et de l’autre en Franche-Comté. D’après cette opinion, le monastère de Saint-Colomban, à Nevers, aurait été détruit. A Besançon, le clergé et la plus grande partie des moines auraient été mis à mort. Cette opinion n’a rien d’invraisemblable, surtout par rapport à la Franche-Comté, où plusieurs localités rappellent encore le nom Sarrazin. On a ajouté que l’abbaye de Luxeuil au pied des Vosges, avait été renversée, et les religieux, dirigés par saint Mellin, passés au fil de l’épée. Voy. le P. Lecointe, Annales ecclesiastici Francorum, t. IV, p. 728 et suiv., et 795 et suiv. Voyez aussi Mabillon, Annales Benedictini, t. II, p. 88, et Acta Sanctorum ordinis Sancti Benedicti, t. III, part. 1re, p. 527 et suiv.
D’après cette même opinion, les Sarrazins n’auraient rencontré d’obstacle sérieux que devant Sens. Cette ville avait alors pour évêque un ancien comte de Tonnerre, Ebbes ou Ebbon, que ses vertus ont fait ranger au nombre des saints. Voy. le recueil des Bollandistes, au 27 août. Aux approches des barbares, Ebbes s’occupa lui-même de préparer les moyens de défense. En vain les Sarrazins eurent recours aux machines employées à cette époque. L’évêque fit lancer du haut des murs des traits enflammés qui mirent le feu aux machines; en même tems il fit une sortie à la tête des habitans, et obligea les assaillans à prendre la fuite.
Mais aucun des témoignages sur lesquels se fonde cette opinion n’est contemporain, et dans aucun le mot sarrazin ni aucun des mots qui s’appliquaient alors aux disciples de Mahomet n’est prononcé. Il y est simplement question des Wandes, Vandales ou Gandales; et comme ces mots servirent plus tard à désigner les Hongrois qui, à l’exemple des anciens Vandales, dans la première moitié du dixième siècle, vinrent en France à travers l’Allemagne et dévastèrent successivement l’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté, la Bourgogne, la Champagne et presque tout le reste de la France, et que d’un autre côté pendant long-tems les auteurs de romans de chevalerie, et à leur exemple les chroniqueurs, se mirent sur le pied de placer sous les règnes de Charles-Martel, de Pepin et de Charlemagne, les principaux événemens de notre histoire antérieurs et postérieurs de plusieurs siècles, il nous paraît que les ravages commis par les Vandales et attribués par les bénédictins et les savans les plus éminens aux Sarrazins, doivent s’appliquer du moins en partie soit aux Hongrois, soit aux véritables Vandales. Ce qui explique comment des savans aussi respectables ont pu faire cette confusion, c’est que les écrits où les ravages d’un peuple quelconque appelé Wande ou Vandale sont racontés avec le plus de détail et de suite, tels que le Roman de Garin le Loherain, et l’Histoire de Hainaut, par Jacques de Guyse, n’ont été publiés que dans ces dernières années. Voy. ce que nous avons déjà dit à ce sujet dans l’introduction.
[59] قارله.
[60] Maccary, no 704, fol. 72 verso.
[61] Maccary, no 705, fol. 3 verso.
[62] Isidore de Beja, p. LVI, et Roderic Ximenès, p. 12.
[63] Conde, Historia, t. I, p. 83. Un auteur chrétien, le continuateur de Frédegaire, rapporte qu’Eudes avait non seulement fait alliance avec les Sarrazins, mais qu’il les appela en France. Ce récit, qui a été adopté par plusieurs écrivains anciens et modernes, paraît sans fondement. En effet, comme le remarque le P. Pagi, critique des Annales de Baronius, an. 732, no 1, le continuateur de Frédegaire écrivait sous l’influence de Childebrand, frère de Charles-Martel; et comme après la bataille de Poitiers, de nouvelles discussions d’intérêt s’élevèrent entre Eudes et Charles, il ne serait pas étonnant que les partisans eux-mêmes de Charles eussent donné naissance à un bruit pareil.
[64] Isidore de Beja, p. LVI; et Roderic Ximenès, p. 12.
[65] L’Aliscamp existe encore aujourd’hui; mais il a été dépouillé de la plupart de ses anciens monumens. Voy. la Statistique du département des Bouches-du-Rhône, t. II, p. 438. Si on en croyait la chronique attribuée à Turpin, le fait dont parle Roderic se serait passé sous Charlemagne, et ce qui est dit des chrétiens enterrés dans l’Aliscamp se rapporterait à une partie des guerriers français tués à Roncevaux. Voy. l’édition de cette chronique, par M. Ciampi, p. 83. D’un autre côté il existe un vieux poème français intitulé Poème de Guillaume au court nez, qui, supposant les Sarrazins maîtres sous Charlemagne de tout le midi de la France, fait livrer auprès d’Arles une grande bataille, où beaucoup de chrétiens furent tués. La partie du poème où il est question de cette bataille, porte le nom de Bataille d’Aleschans. Il y est dit que les chrétiens étaient commandés par les enfans et petits-enfans d’Aimeri de Narbonne. Guillaume, fils d’Aimeri, y courut plusieurs fois risque de perdre la vie; son neveu, Vivien, resta parmi les morts. Ce récit, qui nous a été indiqué par M. Paulin Paris, se trouve à la Bibliothèque du Roi, manuscrits de la Vallière, no 23.
[66] Voy. Maccary, manuscrits arabes de la Biblioth. roy., no 704, fol. 73, et le no 596, fol. 37. A l’égard du pont d’Arles, c’était peut-être le pont dont il est parlé dans ces vers d’Ausone:
Il existe à Arles un grand nombre de traditions relatives à l’occupation du pays par les Sarrazins. M. Anibert, avocat d’Arles, publia, en 1779, une dissertation dans laquelle il prétendit que la montagne de Cordes, située aux environs de la ville, avait été ainsi appelée, parce que les Sarrazins, dont la capitale était Cordoue, s’y étaient établis, pour inquiéter de là tout le voisinage. On a également disputé au sujet de l’amphithéâtre d’Arles, et quelques personnes ont supposé que ce monument, étant contre l’ordinaire surmonté de tours, dont deux subsistent encore, ces tours avaient été élevées à l’époque où la ville, menacée par les Sarrazins, avait besoin de nouveaux moyens de défense. Ces questions n’étant pas encore éclaircies, et faute de témoignages contemporains, ne devant probablement l’être jamais, nous nous bornons à les indiquer.
[67] Isidore de Beja s’exprime ainsi: «Tunc Abderraman multitudine sui exercitus repletam prospiciens terram, montana Vaccæorum dissecans, et fretosa ut plana percalcans, terras Francorum intus experditat.» D’un autre côté on lit dans la chronique de l’Abbaye de Moissac: «Abderaman cum exercitu magno per Pampelonam et montes Pyreneos transiens, Burdigalem civitatem obsidet.»
[68] Gallia Christiana, t. I, p. 1149, 1192, 1244, 1247, 1261 et 1286. Bearn est une ancienne ville épiscopale dont le siége porta plus tard le nom de Lescar.
[69] Gallia Christiana, t. II, p. 858.
[70] Gallia Christiana, t. II, p. 881, et recueil de dom Bouquet, t. II, p. 454, 684, etc.
[71] Conde, Historia, t. I, p. 86.
[72] Conde, Historia, t. I, p. 87.
[73] Comparez Conde, Historia, t. I, p. 87, l’auteur des Cartas, p. CLXI, Isidore de Beja, p. LVIII, et Roderic Ximenès, p. 13.
[74] Une ancienne tradition qui a cours à Tours place le théâtre de la bataille dans les environs, au lieu nommé Saint-Martin-le-Bel (Sanctus Martinus à Bello, et non, comme l’ont écrit quelques auteurs, Sanctus Martinus à Betto). M. Chalmel, auteur d’une Nouvelle Histoire de Tours, publiée en 1828, 4 vol. in-8o, et d’une dissertation relative à la bataille, qui déjà avait paru dans ses Tablettes chronologiques, Tours, 1818, veut que la bataille se soit livrée à environ trois lieues de la ville, dans une grande plaine appelée les Landes de Charlemagne, et qui, suivant lui, devrait se nommer les Landes de Charles-Martel. M. Chalmel cite à ce même sujet, dans son histoire de Tours, une relation arabe de la bataille, écrite par un musulman qui y était présent, et cette relation, ajoute-t-il, lui a été envoyée traduite en français par une main inconnue. Comme cette relation ne se trouve ni dans les manuscrits arabes de la Bibliothèque royale, ni dans les traductions espagnoles de Conde, tout porte à croire qu’elle est supposée.
[75] Voici les expressions d’Isidore de Beja: «Atque dum acriter dimicant gentes septentrionales in ictu oculi ut paries immobiles permanentes, sicut et zona rigoris glacialiter manent adstrictæ, Arabes gladio enecant.»
[76] Paul Diacre, dans Muratori, rerum italicarum scriptores, t. I, part. I, p. 505. Paul Diacre a peut-être confondu ensemble la bataille de Poitiers et la bataille de Toulouse en 721.
[77] Recueil des Historiens des Gaules, par dom Bouquet, t. III, p. 310.
[78] بلاط الشهدا Maccary, no 704, fol. 63 recto, et no 705, fol. 3 verso.
[79] Voy. les Bollandistes, 6 octobre, Vie de saint Pardou, abbé de Waract.
[80] Gallia Christiana, t. II, p. 566.
[81] Maccary, no 704, fol. 72 recto. Maccary veut peut-être parler de ce qui eût lieu cinq ans plus tard, lorsque Charles-Martel pénétra en Languedoc.
[82] On lit dans les Essais historiques sur le Bigorre, de M. d’Avezac, t. I, p. 118, qu’un détachement de l’armée musulmane s’étant réfugié dans le Bigorre, les chrétiens du pays, conduits par un prêtre de Tarbes, saint Missolin, prirent les armes et taillèrent les Sarrazins en pièces. Le fait en lui-même n’a rien d’invraisemblable; mais M. d’Avezac a reconnu plus tard que saint Missolin est antérieur de plusieurs siècles aux invasions sarrazines. Voy. Grégoire de Tours, édit. de Ruinart, de gloria confessorum, p. 934 et 1402.
[82a] Voyez Conde, Historia, t. I, p. 89.
[83] Comparez l’auteur des Cartas, p. CLXV, et Gallia Christiana, t. XII, p. 270.
[84] Voy. l’article Basques, de M. Walckenaer, dans l’Encyclopédie des Gens du Monde, t. III, p. 117.
[85] Gallia Christiana, t. I, p. 537, 544, 600 et 620.
[86] Voici en quels termes s’exprime la chronique de l’Abbaye de Moissac: «Jusseph... Rhodanum fluvium transiit; Arelate civitate pace ingreditur, thesaurosque civitatis invadit, et per quatuor annos totam Arelatensem provinciam depopulat.» Voy. le recueil des Historiens de France, t. II, p. 655. On lit également dans la continuation de Frédegaire, ibid., t. II, p. 456, ces mots: «Denuo rebellante gente validissima Ismahelitarum, irrumpenteque Rhodanum fluvium, insidiantibus infidelibus hominibus sub dolo et fraude mauronto, Avenionem urbem munitissimam ac montuosam Saraceni ingrediuntur, illisque rebellantibus ea regione vastata.» Le siége de Fretta ne nous est connu que par un roman provençal écrit long-tems après l’événement. Voy. l’Histoire de Provence, par Papon, t. I, p. 85. Mais une armée sarrazine a dû stationner auprès de la ville actuelle de Saint-Remy; car on trouve des monnaies arabes du tems dans le pays. Voy. la Description de quelques médailles inédites de Massilia, par M. de Lagoy, Aix, 1834, in-4o, p. 23. A l’égard du combat livré sur les bords de la Durance, on peut citer à l’appui l’inscription latine qu’on lisait jadis dans une chapelle aux environs de Bonpas, et qui était ainsi conçue: «Sepultura nobilium avenionensium, qui occubuerunt in bello contra Saracenos.» Voy. Bouche, Histoire de Provence, Aix, 1664, 2 vol. in-fol., t. I, p. 700.
[87] Maccary, no 704, fol. 72.
[88] Maccary, no 704, fol. 63 verso, no 705, fol. 4 verso, et Ibn-Alcouthya, fol. 61.
[89] رباط.
[90] Gallia Christiana, t. I, p. 703 et 737.
[91] Paul Diacre, dans le grand recueil de Muratori, t. I, p. 508.
[92] L’épitaphe de Luitprand, à Pavie, était en vers latins et renfermait ces mots:
[93] Voici en quels termes le continuateur de Frédegaire rend compte de la prise d’Avignon: «Carolus urbem aggreditur, muros circumdat in modum Hierico cum strepitu hostium et sonitu tubarum, cùm machinis et restium funibus super muros et ædium mænia irruunt, urbem succendunt, hostes capiunt, interficientes trucidant.» Voy. le recueil des Historiens des Gaules, t. II, p. 456.
[94] Isidore de Beja, p. LX.
[95] Comparez la continuation de Frédegaire, tom. II du recueil des Historiens de France, p. 456, la chronique de Moissac, ibid., p. 656, et Maccary, manuscrits arabes, no 704, fol. 72, recto.