Ils s'affranchissaient, les armes à la main, de la tutelle anglaise et bravaient en même temps la volonté bien arrêtée de l'Empereur, en un mot, ils se dressaient, pour la première fois, contre les deux puissances, la France et l'Angleterre, qui les avaient à la fois créés et exploités.
On comprend donc avec quelle curiosité Napoléon suivit les phases de ce que l'on peut appeler la seconde guerre d'indépendance de l'Amérique du Nord. Pendant qu'il avait été pour ainsi dire retranché de la vie, dans sa chimérique royauté de l'île d'Elbe, les événements avaient marché et il ne put connaître qu'à son retour en France la victoire remportée par les Américains à la Nouvelle-Orléans et la signature du traité de Gand qui sanctionnait cette victoire.
S'il fut heureux de cette victoire, à laquelle il avait indirectement contribué, il ne put que regretter qu'elle se produisît trop tôt ou que lui-même eût quitté l'île d'Elbe trop tard.
Les contingents de Wellington envoyés en Amérique, maintenant disponibles, avaient, en effet, été reportés sur la Belgique où ils contribuèrent, avec les armées coalisées, à assurer la défaite finale.
Qui sait? Sans eux, peut-être, le sort du monde eût été changé. Mais, tel qu'il va être orienté pendant un siècle, il est le résultat, pour l'Amérique, pour l'Europe, de la bataille de la Nouvelle-Orléans et de la bataille de Waterloo.
Durant toute l'année 1814, les négociations furent difficultueuses entre les États-Unis et l'Angleterre. Elles traînèrent en longueur et lord Castlereagh eut à partager son attention entre les graves questions à discuter au milieu de tout l'appareil des fêtes et des plaisirs du Congrès de Vienne et les questions dont l'importance était plutôt indifférente au grand public et devaient être discutées à l'Hôtel plus modeste des Pays-Bas, à Gand.
Mais là aussi les diplomates réunis sentaient le contre-coup de ce qui se passait à Vienne et à Paris. L'opinion publique en Angleterre en fut, à son tour, influencée. La guerre devenait impopulaire et on demandait la paix. Seulement au mois de février 1815, la Favorite, portant les propositions préliminaires, fut en vue des côtes américaines.
À ce moment, on craignait toujours, dans le cabinet de Washington, la perte de la Nouvelle-Orléans, quand on apprit, le 4 février, que l'invasion anglaise était repoussée et que la Nouvelle-Orléans était sauvée, ce fut une joie d'autant plus grande, dans le parti républicain, qu'on ne s'attendait pas à cette victoire et que les Fédéralistes comptaient exploiter une situation indécise.
On se rappelle que, dès le début de la guerre, l'Angleterre avait décliné les offres d'intermédiaires de l'Empereur Alexandre auprès du gouvernement américain. En novembre 1814, Castlereagh avait proposé d'ouvrir des négociations directes et Madison ayant accepté, adjoignit Henri Clay et Jonathan Russell à Bayard et Gallatin. L'abdication de Napoléon avait plutôt compliqué la situation de la Délégation américaine. Ce fut à ce moment qu'on convint de se réunir à Gand.
Les commissaires anglais furent le vice-amiral Gambier, Henry Goulburn, du Ministère des Colonies et William Adams, un avocat de l'amirauté, tous agents d'une habileté médiocre, de manières hautaines, auxquels leur gouvernement avait laissé si peu d'initiative qu'ils étaient obligés d'y avoir recours pour décider la moindre contestation. Les Américains leur étaient supérieurs en talents et en moyens d'action. Ils exposèrent et défendirent les justes revendications de leur patrie avec une patience à laquelle il faut rendre hommage. La seule critique à adresser, par exemple, à Adams et à Clay, pourrait se rapporter à leur caractère passionné et impulsif qui, par des écarts de langage et d'attitude, compromit parfois le succès des débats que le sang-froid de Gallatin parvint heureusement à diriger dans le sens voulu.
Les commissaires anglais avaient à traiter: 1o la question de la presse des matelots,—2o la pacification des Indiens et la nécessité de leur assigner un territoire déterminé,—3o la révision de la ligne frontière entre les États-Unis et les Colonies Anglaises,—4o la question des pêcheries.
Les Américains firent savoir qu'ils étaient autorisés à discuter la première et la troisième de ces questions, mais qu'ils ne l'étaient nullement en ce qui concernait la pacification des Indiens et les pêcheries.
Assigner un territoire déterminé aux Indiens aboutissait à des conséquences graves pour les Américains: c'était retirer toutes leurs forces navales des Lacs, supprimer toutes les fortifications qui s'y trouvaient et céder les étendues du Maine entre le nouveau Brunswick et Québec pour être incorporées au Canada. Ils se refusèrent à discuter sur de telles bases dont l'admission équivalait à renoncer à toute indépendance nationale.
Castlereagh, passant par Gand pour se rendre à Vienne, comprit que les exigences de son gouvernement étaient trop élevées et il y mit une sourdine, sous peine de voir rompre les pourparlers.
Pendant qu'on se rendait compte en Angleterre de la difficulté de la situation et de la nécessité de terminer la guerre, les commissaires ne pouvaient s'entendre sur la possibilité de reconnaître le droit des Américains sur les pêcheries ni le droit des Anglais à la navigation du Mississipi. On finit cependant par s'arrêter à l'idée de ne faire aucune allusion dans le traité à ces deux questions délicates. On se promit, de part et d'autre, de tenter tous les efforts pour arriver à supprimer la traite des esclaves. Les hostilités devaient cesser dès que le traité serait ratifié.
À y regarder de près, ce traité ne répondait pas aux exigences des deux partis en présence; il en sacrifiait les plus ardemment exprimées au début des négociations. Les Américains durent renoncer aux compensations pour les spoliations britanniques; ils furent obligés de mettre en question leurs droits sur Eastport et leurs droits de pêcheries dans les eaux anglaises. Les Anglais, de leur côté, ne purent faire accepter leurs principes relatifs à la presse des matelots et au blocus; ils se virent contester leur droit de naviguer sur le Mississipi et de faire le commerce avec les Indiens.
Tout compte fait, les Américains purent passer, en apparence du moins, pour avoir fait un mauvais marché. Cela était peut-être vrai, si l'on s'arrête à l'acquit des avantages palpables obtenus. Cela ne l'était pas quand on songe que leur triomphe fut plutôt moral que matériel. Ils avaient gagné leur émancipation définitive,—point essentiel et d'une portée immense. Le reste viendrait plus tard. Et, pour ce reste, ils avaient le temps qui travaillait pour eux, le temps, facteur puissant, négociateur irrésistible qui devait leur être finalement favorable et parfaire l'œuvre à laquelle, au XVIIIe siècle, Louis XVI, et, au commencement du XIXe siècle, Napoléon, avaient directement ou indirectement collaboré.
Pendant que les États-Unis républicains voient s'ouvrir, devant eux, la perspective d'une carrière brillante et sans bornes, la réaction va triompher en Europe. Les théories sociales, les idées d'émancipation issues de la Révolution, l'individualisme vainqueur, chez nous, de l'esprit d'autorité, tous principes qui avaient suivi, au pas de charge, les bataillons de Bonaparte, rebroussèrent chemin et furent mis en déroute avec nos soldats. Dans une certaine mesure du moins.
Les graines de liberté, semées au hasard, germeront plus tard. Pour le moment, la promesse de cette liberté qui avait été faite au peuple par la Prusse, au nom du patriotisme, fut honteusement oubliée. La Prusse va préparer son rôle de domination en Allemagne, avant de prétendre à dominer l'Europe entière. Sept ans après Iéna, elle entrevit sans doute le but assigné à son ambition par la force brutale du militarisme. L'Europe ne le devina pas. Le fait saillant et qui primait toutes les autres considérations émanait du triomphe de l'Angleterre: la lutte séculaire entre elle et la France était terminée.
Au congrès de Vienne, Talleyrand, qui représentait et défendait le principe de la «légitimité», formule dont il réclamait avec orgueil la paternité, sut redonner à la France une attitude de grande puissance. Il y fallait une habilité subtile, à la fois cynique et profonde. Les qualités et les défauts de l'ambassadeur de Louis XVIII répondaient précisément aux nécessités du moment. On a pu lui reprocher d'avoir sacrifié une alliance prusso-russe à une alliance anglo-autrichienne, d'avoir, pour sauver l'intégrité du royaume de Saxe, contribué à l'établissement de la Prusse sur les bords du Rhin, ce qui mettait cette puissance en contact direct avec la frontière française et lui permettait de prendre le rôle de sentinelle avancée, montant la garde à cette frontière, au nom de la future unité allemande, réalisée sous son égide.
En apparence, ces critiques peuvent être fondées. En réalité, la menace eut été aussi grande, si la Prusse s'était annexée la Saxe, annexion qui l'aurait agrandie singulièrement au cœur même de l'Allemagne où elle aurait constitué un bloc homogène et redoutable qu'un rapprochement temporaire avec la France n'aurait pas arrêté dans ses visées agressives contre la voisine de l'Ouest.
Certes, l'Angleterre, aux yeux de tous, était encore l'ennemie héréditaire: elle l'était dans les ressentiments que nos cœurs patriotes lui vouaient au lendemain de la lutte implacable dont l'Amérique avait été un des enjeux les plus importants. Mais, si elle avait pu s'emparer de beaucoup de nos colonies, l'Amérique lui échappait. Et, pour des yeux clairvoyants, pour une intuition quasi prophétique qui fut peut-être celle de Talleyrand, à partir de ce moment, l'Angleterre avait cessé d'être notre adversaire et devait bientôt se prêter à un nouveau groupement d'alliances. Le danger anglais avait disparu pour la France: le danger allemand se dessinait à l'horizon.
Dans les négociations du traité de Gand, on ne s'occupa pas de Napoléon—dans les discussions du Congrès de Vienne où l'on détruisit son œuvre, il ne fut pas question de l'Amérique. Pourtant, comme une action subsidiaire mais de grande portée, se fait sentir à côté des protocoles officiels, poussée de l'impondérable, l'influence que Napoléon avait exercée sur les événements que nous venons de résumer.
Napoléon était vaincu à Waterloo. L'Angleterre était vaincue à la Nouvelle-Orléans: l'Amérique, désormais hors des atteintes de la France et de l'Angleterre, peut marcher sans entraves vers la constitution de sa nationalité et le développement de sa grandeur.
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Introduction 7
CHAPITRE PREMIER
La France et l'Angleterre
dans l'Amérique septentrionale.
Importance de la découverte de l'Amérique.—Le rôle de la Méditerranée passe à l'Océan Atlantique.—Déclin de l'Allemagne et de l'Italie.—Développement des nations côtières occidentales.—Rivalité franco-anglaise en Amérique.—La colonisation française.—Les Normands au Xe siècle.—Verazzano.—Cartier à Stadaconé et à Mont-Royal.—Samuel de Champlain.—Cavelier de la Salle sur le Mississipi.—Colonisation anglaise.—L'œuvre des Puritains.—La Louisiane.—Politique coloniale de la France et de l'Angleterre. 20
CHAPITRE II
L'Indépendance américaine et l'Intervention française.
Perte du Canada.—Traité de 1763.—Les Colonies anglaises se détachent de la Métropole.—Les Anglais d'Amérique ne ressemblent plus aux Anglais d'Angleterre.—Jonathan en face de John Bull.—Les «Insurgents» représentent les principes libéraux du Parlement anglais.—L'Europe s'intéresse au mouvement.—L'Angleterre résiste, la France intervient, l'Allemagne vend ses soldats.—Georges III tend vers l'absolutisme.—Luttes oratoires entre Fox et Burke.—L'opinion en France.—Le comte de Vergennes entraîne Louis XVI.—Le rôle de La Fayette.—Contradictions entre les privilèges de l'aristocratie française et son intervention en faveur des idées républicaines.—Rapports de Vergennes et de Turgot.—Beaumarchais, Arthur Lee et Franklin.—La France fidèle à sa mission civilisatrice. 40
CHAPITRE III
La Révolution américaine et la Révolution française.
Les Anglais ignorent la situation des Colonies.—Les grands caractères civiques sont en Amérique.—Les citoyens, fils de leurs œuvres.—Les militaires.—Conditions favorables à la fondation d'une démocratie.—Influence exercée par l'évolution américaine sur la révolution française.—En Amérique, la liberté existant déjà, il s'agissait de la faire respecter.—En France, il s'agissait de la créer.—Grande différence dans les moyens d'action.—Jugements des Américains sur la Révolution française.—Jefferson, témoin des premiers troubles, les juge en républicain.—Il accuse Marie-Antoinette et accorde toute sa sympathie au Tiers-État.—Gouverneur Morris, républicain aristocrate, penche pour l'Ancien régime. 63
CHAPITRE IV
Groupements des partis et difficultés diplomatiques.
Napoléon émerge et Washington hésite.—Deux partis se constituent aux États-Unis: Les Républicains et les Fédéralistes.—Convention de Philadelphie du 14 mai 1787.—Jefferson devient le représentant du républicanisme avancé.—On critique la mise en scène luxueuse des réceptions du Président et de Mme Washington.—Les relations entre la France et les États-Unis se troublent.—La mission du citoyen Genet en 1793.—Son attitude incorrecte.—L'influence anglaise prédomine.—Le traité de Jay, à Londres.—Fauchet précise la nature de nos rapports avec l'Amérique du Nord, en l'an V de la République.—Jugement équitable de Pastoret.—Pinkney, Marshall et Gerry envoyés à Paris.—Rôle de Talleyrand.—Ses vues sur les Colonies.—Bonaparte semble les partager en ce qui concerne l'Amérique. 87
CHAPITRE V
Napoléon et la Louisiane.
Jefferson est nommé Président des États-Unis en 1801.—Sa sympathie pour la France.—Il veut la paix à l'intérieur et à l'extérieur.—La Louisiane convoitée par Bonaparte.—Monroe est envoyé à Paris.—L'Angleterre prépare les hostilités.—Bonaparte renonce à la Louisiane.—Les préparatifs qui lui étaient destinés sont tournés contre la Grande-Bretagne.—Monroe, d'abord éconduit, reçoit un accueil plus favorable.—Scène entre Bonaparte et ses frères Lucien et Joseph.—Barbé de Marbois discute avec Livingston et Monroe les conditions de cession de la Louisiane aux États-Unis. 112
CHAPITRE VI
La Louisiane et les États-Unis.
Situation des États-Unis au moment de l'achat de la Louisiane.—D'ataviques influences rattachent l'Amérique du Nord à son pays d'origine.—Impossibilité de s'abstraire de la politique européenne.—Action réciproque.—La cession de la Louisiane inaugure l'ère des relations internationales et des prétentions à devenir une puissance mondiale.—L'incorporation d'un territoire nouveau soulève des difficultés constitutionnelles. 138
CHAPITRE VII
Napoléon et la Floride.
Napoléon ayant renoncé à l'Amérique concentre ses forces en Europe pour mieux atteindre l'Angleterre.—La cession de la Louisiane a une répercussion sur la question de la Floride.—Après la rupture de la paix d'Amiens l'ambition de Bonaparte se donne libre carrière.—Le Général Turreau représente la France à Washington.—Son rôle.—Difficultés avec l'Espagne.—Politique de Talleyrand.—Frontières de la Louisiane et de la Floride.—Activité de Monroe entre Paris, Londres et Madrid.—Ses efforts échouent.—Jefferson reste fidèle au principe de la paix.—Attitude hostile de l'Espagne, de la France et de l'Angleterre.—La Floride devient l'appât dont joue l'Empereur suivant les besoins de sa cause. 153
CHAPITRE VIII
Les États-Unis et le Blocus continental.
Napoléon est décidé à sacrifier l'Espagne.—La faiblesse de Charles IV.—Monroe et Fox.—L'Angleterre ne peut admettre les prétentions américaines.—Le Décret de Berlin.—Tous les neutres sont atteints.—Monroe accepte les conditions anglaises.—Jefferson refuse de soumettre le traité au Sénat.—Les ordres en Conseil de janvier et de novembre 1807.—Guerre en perspective entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.—Situation difficile à l'égard de la France.—Pour se rendre maître de l'Espagne Junot s'empare du Portugal.—La famille royale s'enfuit au Brésil.—Entrevue, à Mantoue, de Napoléon avec son frère Lucien.—Il lui offre la couronne d'Espagne s'il consent à divorcer.—Aux ordres en Conseil émis par Spencer Perceval, Napoléon répond par le Décret de Milan. 178
CHAPITRE IX
L'Embargo et les conséquences de la Guerre d'Espagne.
Jefferson taxé de Bonapartiste.—Situation de Turreau à Washington.—Lettre de Champagny à Armstrong.—Elle provoque de l'agitation aux États-Unis.—Pickering crée un mouvement en faveur de l'Angleterre.—Critique de l'Embargo.—Intrigue de John Henry.—Conséquences économiques de l'Embargo.—Murat à Madrid.—L'entrevue de Bayonne.—Napoléon offre le trône d'Espagne à son frère Joseph.—Répercussion sur les colonies espagnoles.—Ambition démesurée.—La Floride de nouveau mise en jeu.—Capitulation de Dupont à Baylen. 196
CHAPITRE X
Les États-Unis et la Russie.
Madison Président des États-Unis.—Il demande des dommages-intérêts au gouvernement français.—Apparence conciliante de l'Angleterre.—Ses intrigues continuent à Washington.—Quatrième coalition.—Le retrait de l'Embargo demande la suppression des décrets de 1806 et de 1807.—Napoléon n'est pas de cet avis.—Lettre de Cadore au général Armstrong.—Intérêts commerciaux des États-Unis dans la mer Baltique.—Relations avec la Russie.—Mission de J. Q. Adams.—Bienveillance de l'Empereur Alexandre.—Ukase protégeant les produits américains.—Rappel de Caulaincourt.—L'Empereur Napoléon rompt avec l'Empereur Alexandre. 212
CHAPITRE XI
Les Préliminaires de la Guerre
entre les États-unis et l'Angleterre.
Sérurier remplace Turreau à Washington.—Le départ de Joel Barlow pour Paris est remis.—La politique de Madison basée sur la suppression des Décrets.—L'incident de Henry et du Comte de Crillon.—Révélations qui doivent perdre les Fédéralistes.—L'Angleterre intransigeante.—Menace d'un nouvel Embargo.—Menace de guerre.—Parti de la paix, parti de la guerre.—Retour de Joel Barlow à Paris.—Napoléon lui accorde audience mais répond vaguement à ses demandes.—Rapport de Bassano du 16 mars 1812.—Départ de Napoléon pour la Grande-Armée.—Le 15 septembre il entre à Moscou.—Joel Barlow part pour Wilna.—Il ne peut joindre Napoléon qui le dépasse dans sa course vertigineuse pour regagner la France.—Joel Barlow meurt aux environs de Cracovie.—Les ordres en Conseil sont révoqués à Londres le 17 juin 1812.—La guerre est déclarée à Washington le 18 juin. 234
CHAPITRE XII
Les principales phases de la seconde guerre
de l'Indépendance américaine.
Les États-Unis ont contribué à déclencher la guerre entre la France et la Russie.—Ils s'apprêtent à régler leur dernier compte avec l'Angleterre.—État précaire de l'armée de l'Union.—La campagne commence sur la frontière du Canada.—Opérations navales.—La politique anglaise influencée par les désastres de Russie.—La mission de Gallatin et de Bayard.—Embargo voté et révoqué.—Opinion de Calhoum et de Daniel Webster.—Le rôle de Sérurier.—Répercussion des batailles de Bautzen, Lutzen et Leipzig.—Contre-coup de la défaite de Napoléon aux États-Unis.—Continuation des hostilités.—Ross entre à Washington.—Sérurier décrit à Talleyrand le sac de la Ville.—Le général Jackson bat les Anglais à la Nouvelle-Orléans. 255
CHAPITRE XIII
La chute de Napoléon et la fin de la rivalité
Franco-Anglaise en Amérique.
Napoléon, roi de l'Île d'Elbe.—Son voyage de Fontainebleau à Fréjus.—Il semble prendre au sérieux sa petite royauté.—La comédie après la tragédie.—Son retour en France.—Les événements d'Amérique y ont contribué.—Les contingents de Wellington qui opéraient aux États-Unis, reviennent en Europe pour prendre part à la bataille de Waterloo.—L'influence que l'Amérique avait toujours exercée sur la carrière de Napoléon se fait de nouveau sentir à son déclin.—Le Congrès de Vienne refait une Europe nouvelle.—Le traité de Gand tend à libérer les États-Unis de toute ingérence européenne. 287
Bibliographie. 301
Vannes.—Imprimerie LAFOLYE frères.
L'Univers et l'Humanité.—Histoire des différents systèmes appliqués à l'étude de la nature; d'après l'ouvrage de H. Krœmer, avec la collaboration d'un grand nombre de savants. Préface de M. Ed. Perrier, membre de l'Institut, Directeur du Muséum d'Histoire naturelle (5 vol.).
La Femme dans la Légende, dans la Réalité et dans l'Art (1 vol.).
Les Animaux dans le Culte et dans la Légende (1 vol.).
Le Livre du Millénaire de la Normandie (911-1911).—Direction avec Arnould Galopin. Collaboration de personnalités normandes (1 vol.).
Les Normands et la Découverte de l'Amérique au Xe siècle. (1 vol.).
Le Château féodal de Domfront. (1 vol.).
La Normandie et les Normands à l'Exposition de Géographie de la Bibliothèque Nationale. (1 vol.).
Les Premiers interprètes de la Pensée américaine.—Essai d'Histoire et de Littérature sur l'évolution du Puritanisme aux États-Unis (1 vol.).
La première carte contenant le nom d'Amérique (1 vol.).
Les Allemands en Amérique.—Hier et aujourd'hui. (1 vol.).
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2: Mémoires.
3: Emerson: Napoleon, or the man of the World.
4: A. Schalck de la Faverie: Les Normands et la découverte de l'Amérique au Xe siècle.
5: Le Grand insulaire et Pilotage d'André Thevet, cosmographe du Roy (1586).
6: Cartier: Voyage de découverte au Canada... entre les années 1514 et 1542.
7: Bref discours des Choses plus Remarquables que Samuel Champlain, de Brouage, a recognues aux Indes occidentales.
8: Washington Irving: Knickerbocker's History of New-York.
9: Roosevelt: The Winning of the West.
10: Seeley: The Expansion of England.
11: Lettres, instructions et mémoires de Colbert, publié... par Pierre Clément, III, 2e part. Instructions du marquis de Seignelay, Colonies.
12: A. Schalck de la Faverie: Les Premiers Interprètes de la Pensée américaine. Essai d'histoire et de littérature sur l'évolution du puritanisme aux États-Unis.
13: André Chevillard: Les Desseins de son Éminence de Richelieu pour l'Amérique... Rennes, in-4o.
14: Ed. J. Lowell: Relations with Europe during the Revolution (V. Narrative and critical History of America, edited by Justin Winsor).
15: Le duc de Choiseul à M. Durand, Compiègne, le 24 août 1767, Documents historiques, no 71.
16: Le lieutenant-colonel de Kalb au duc de Choiseul, le 15 janvier 1768, Documents historiques, no III.
17: Comte de Ségur, Mémoires.
18: Diary and Letters of Gouverneur Morris.
19: Washington à J. Jay, 1er août 1786.
20: Jefferson à Lee, Works of Jefferson, t. VII, p. 376.
21: Voir le Mémoire pour servir d'instruction au citoyen Genet.
22: J. Fauchet: Coup d'œil sur l'état actuel de nos rapports politiques avec les États-Unis de l'Amérique septentrionale. Paris, an V. 1797.
23: Essai sur les avantages à tirer de colonies nouvelles dans les circonstances présentes, par le citoyen Talleyrand. Lu à la séance publique de l'Institut national, le 15 messidor, an V.
24: Talleyrand: Loc. cit.
25: Mémoires du Prince de la Paix, III, 23.
26: Talleyrand: Loc. cit.
27: Instructions au général Berthier, 8 fructidor, an VIII (26 août 1800); Projet de Traité préliminaire et secret, 10 fructidor, an VIII (28 août 1800) (Archives des Affaires Étrangères).
28: Beurnonville à Talleyrand, 27 nivôse, an XI (17 janvier 1803) (Archives des Affaires Étrangères).
29: Works of Jefferson, t. IV, p. 431 (18 avril 1802).
30: Livingston au Secrétaire d'État, le 1er septembre 1802, American State Papers, t. II, p. 525.
31: Baron Marc de Villiers du Terrage: Les dernières années de la Louisiane.
32: Archives du Ministère des Colonies.
33: Baron Marc de Villiers du Terrage: Op. cit.
34: Cette pièce commandée au graveur Adrien est devenue très rare; elle se trouve au Musée de la Monnaie, de Paris.
35: «En 1819 ou 1820, notre belle-sœur, la reine Hortense, nous raconta à Rome que l'Impératrice Joséphine avait été fort alarmée par la catastrophe de son portrait.»
«Joséphine, comme la plupart des Créoles, était très superstitieuse. En ce temps-là, elle vivait dans la crainte presque continuelle que le Premier Consul, désirant avoir des enfants qu'elle n'était plus en état de lui donner, n'en vint à un divorce. Il en avait été question en rentrant d'Égypte, sous prétexte, non de stérilité, mais de légèreté de conduite...»
«Au temps de la tabatière brisée, Joséphine, pleine de confiance en Mlle Lenormand déjà fameuse tireuse de cartes, mais qu'elle contribua beaucoup à mettre à la mode, l'alla consulter.»
«Elle proposa de couvrir le portrait qui avait couru le risque d'être brisé, d'un autre absolument pareil et peint également par Isabey.»
«On nous dit que la boîte à double portrait est aujourd'hui entre les mains de la duchesse de Bragance, petite-fille de l'Impératrice par son père Eugène Beauharnais.»
(Note de la princesse de Canino).
36: Correspondance, VIII, 289.
37: Livingston to Madison, 3 mai 1804; View of the Claims, etc... by a citizen of Baltimore, p. 75.
38: Mémoires du duc de Liancourt.
39: Talleyrand à Turreau, 20 thermidor, an XII (Archives des Aff. Étr.).
40: Talleyrand à Turreau, 27 thermidor, an XII, 15 août 1804 (Archives des Aff. Étr.).
41: Instructions secrètes pour le Capitaine Général de la Louisiane, approuvées par le Premier Consul, le 5 frimaire, an XI, 26 nov. 1803 (Archives de la Marine).
42: Talleyrand à Gravina, 12 fructidor, an XII, 30 août 1804 (Archives des Aff. Étr.).
43: Monroe à Talleyrand, 8 novembre 1804 (State Papers, II, 634).
44: Correspondance de Napoléon, XXXII, 321.
45: Rule of the war of 1756.
46: Reeve: Law of shipping and Navigation. Part. II, chap. III.
47: Monroe to Madison, 18 octobre, 1805; State Papers, III, 106. Monroe to colonel Taylor, 10 septembre 1810; Monroe mss.; State Department, Archives.
48: Jefferson: Works, IV, 584.
49: Napoléon à Talleyrand, 22 thermidor, an XIII (10 août 1805). Correspondance, XI, 73.
50: Talleyrand à Turreau, 31 juillet 1806 (Arch. des Aff. Étrangères).
51: Jefferson au général J. Mason, Œuvres.
52: Napoléon à Champagny, 15 novembre 1807. Correspondance, XVI, 165.
53: Th. Jung: Lucien Bonaparte, III, 83-113.
54: Nouveau Dictionnaire d'Économie politique (Léon Say), article: Blocus continental.
55: Turreau à Champagny, 20 mai 1808 (Archives des Aff. Étr.).
56: Champagny to Armstrong, 15 janvier 1808. State Papers, III, 248.
57: John Quincey Adams à Harrisson Gray Otis, Boston, 1807.
58: A. Schalck de la Faverie: Les Premiers Interprètes de la Pensée américaine.
59: Lambert's Travels, II, 64, 65.
60: William Cullen Bryant: The Embargo, or sketches of the Times. A Satire.
61: Napoléon à Talleyrand. Correspondance, XVII, 39, 49, 65.
62: Napoléon à Decrès, 13 mai 1808. Correspondance, XVII-112.
63: Madison à Armstrong, 2 mai 1808; State Papers, III, 252.
64: Napoléon à Champagny, 21 juin 1808. Correspondance, XVII, 326.
65: Turreau à Champagny, 20 avril 1809 (Archives des Aff. Étrang. mss.).
66: Armstrong à Champagny, 29 avril 1809 (Archives des Aff. Étr.).
67: Correspondance, XIX, 21.
68: Gallatin to J. Q. Adams, 15 septembre 1821.
69: Napoléon à Champagny, 13 décembre 1810, Correspondance, XXI, 316.
70: Duc de Bassano à M. Russell, 4 mai 1811. State Papers, III, 505.
71: Russell à Monroe, 13 juillet 1811. State Department archives.
72: Diary of J. Q. Adams, 2 décembre 1809, II, 83, 87.
73: Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, XIII, 56.
74: Correspondance, XXI, 233-234.
75: Duc de Cadore au comte Kourakin, 2 décembre 1810.
76: Napoléon à Alexandre, 28 février 1811. Correspondance, XXI, 424.
77: Sérurier à Maret, 20 juillet 1811 (Archives Aff. Étrangères).
78: Macon à Nicholson, 24 mars 1812.
79: Sérurier à Maret, 27 mai 1812 (Archives des Affaires Étrangères).
80: Sérurier à Maret, 2 mars 1811 (Archives des Affaires Étrangères).
81: Sérurier à Maret, 22 mars 1812 (Archives des Affaires Étrangères).
82: De Caraman. Les États-Unis il y a quarante ans (Revue Contemporaine, 31 août 1852, p. 26).
83: Barlow à Monroe, 17 novembre 1812.
84: Dalberg à Bassano, 11 août 1812 (Archives des Affaires Étrangères).
85: Scott: Autobiographies, p. 31.
86: Sérurier à Bassano, 13 janvier 1813 (Archives des Aff. Étrangères).
87: The Courrier, 27 juillet 1813.
88: Sérurier à Bassano, 21 juillet 1813 (Archives des Aff. Étrang.).
89: Sérurier à Bassano, 15 avril 1814 (Archives des Aff. Étrangères).
90: Harrison au Ministre de la Guerre, 8 janvier 1813.
91: Richardson: War of 1812, p. 79.
92: Orders of Vice-Admiral Cochrane, 18 juillet 1814; mss. Canadian Archives. C. 614, p. 204.
93: Sérurier à Talleyrand, 22 et 27 août 1814 (Archives des Affaires Étrangères).
94: Cochrane à Crooker, 20 juin 1814.
95: Histoire de la guerre entre les États-Unis d'Amérique et l'Angleterre depuis 1812 jusqu'en 1815, par H. M. Brackenridge. Traduite par A. de Dalmas. Paris, 1822.
96: Paul Gruyer: Napoléon Roi de l'île d'Elbe. Paris, 1906.