| MUYSCAS. | JAPONAIS. |
| Humboldt, tome II, p. 225. | Rodriguez, p. 111. |
| 1o Gameza | 1o Ghen ou Ghem. |
| 2o Pesca | 2o Fei ou Pei. |
| 3o Toca | 3o To. |
| 4o Busbanca | 4o Kit. |
Or l'on voit encore dans ces noms propres, sauf le dernier, une analogie assez remarquable, ce semble.
Quant aux noms de lieux, il est évident que Sogamozo, autre nom du séjour du grand pontife de Bogota, fondateur d'Iraca, se trouve presque en entier dans Sagami, une des soixante-six provinces actuelles du Japon,[36] tandis que le nom Iraca, est encore usité au Japon, aussi-bien qu'en Chaldée, dans les noms de rois et de familles nobles, gos-IRACA-wan-yn, 77e roi, régnant en 1160[37] et f-IRAKOU-gho, famille noble.
Il est évident aussi que Yamana, nom de famille,[38] a de grands rapports avec Yemen, Yeman, nom de l'Arabie-Heureuse (ou pays de la Main droite).
Il est clair que le nom de famille Masakado (R. p. 110) a quelque analogie avec celui des moscas de Bogota, comme aussi les noms de pays japonais, Moutsou et Mousasi (p. 124), et les noms de famille, Masou, Masa, Motsi (p. 110), en ont avec le nom de la tribu des Mozos, du plateau de Bogota, que cite M. de Humboldt (p. 222).
On pourrait multiplier ces analogies; citer encore au Japon le pays TsiKOUYEN, et à Bogota la tribu des Guanes; et enfin la contrée japonaise (p. 125), nommée Nagato, nom évidemment très-voisin de celui de Bogota.
Ces analogies de noms de pays et de familles, ont aussi certainement leur importance, et on a cru devoir les indiquer. M. de Humboldt cite également la rivière FUNzhe, qui formait dans les premiers tems un lac immense du plateau de Bogota, et en japonais Fun ou Foun est un des noms de famille, et foung ou foun signifie boue ou lac boueux.[39]
Mais il faut encore examiner d'autres noms non moins importans, ceux qui tiennent au culte, et que voici:
Les prêtres des Muyscas, ayant souvent des masques d'animaux symboliques, comme ceux que portaient les prêtres égyptiens, se nommaient Xéques, suivant M. de Humboldt; et M. de Paravey, d'après le père Rodriguez, cite (p. 125) une secte religieuse du Japon, nommée Soke; il observe que (p. 106) saghéo, saighio est en japonais le nom des livres contenant les vies des religieux ou des prêtres; que gikai veut dire[40] observance de la règle, de sorte que Xéque ici voudrait dire: régulier, homme soumis aux règles, c'est-à-dire, religieux ou prêtre.
Il observe même que l'un des noms de l'homme barbu, civilisateur des Muyscas, le nom de Bochica, a de singuliers rapports avec les noms Fo et Che-kia, du fondateur célèbre du bouddhisme, religion très-anciennement portée à la Chine, puis au Japon, et qui y subsiste conjointement avec le culte des astres; suivant M. Titsingh, un des résidens hollandais en ce pays.[41]
Or, en ce dernier pays, le nom de Fo, se prononce Bou et Bo et même Bouppo, et son nom de famille Che-kia, où il serait possible de voir le titre Scheik des Arabes avec une finale ia, se prononce chaka; le nom de Bochica des Muyscas serait donc formé de la réunion des deux noms du célèbre Fo, Bochaka ou Bochica, et la classe des xéques serait celle des sectatateurs de Che-kia, ou du scheik arabe qui a dû fonder cette secte antique, dans l'Inde et dans le Fou-sang des livres chinois, c'est-à-dire, en Amérique.
Mais ce mystérieux Bochica, type et fils du soleil, se nomme aussi Sua ou Zuhé, nom du soleil chez les Muyscas; tandis que sa femme, non moins célèbre, se nomme Chia, du nom de la lune, où elle est censée exister, et aussi Huythaca ou Huethaca, Guethaca, suivant M. de Humboldt.
Or, précisément la lune se nomme gouat ou guet, guets dans Rodriguez et Thunberg (Vocabulaire japonais), c'est-à-dire, qu'elle a le même nom que chez les Muyscas, à la finale près, GUET-haca, Huet-haca.
Le nom du soleil, Sua, nom qui, écrit Sué, signifie blanc, se retrouve évidemment prononcé joua, joue, dans les mots japonais JOUAki, il fait jour, et JOUki, neige, c'est-à-dire, blanc; adouci en Sou, il a aussi en japonais, comme dans une foule d'autres langues, le sens de Seigneur, de Dieu, et se retrouve évidemment dans le sanscrit Souria, soleil, mot très-voisin du japonais siroï ou suroï, blanc.
Le dimanche ou jour du soleil, se nomme à la vérité nitie-yo, en japonais, mais le lundi s'y appelle gouet-yo, où apparaît encore le nom muyscas GUET ou huethaca, et il est à remarquer que les jours de cette semaine des Japonais, comme de celle des Indiens, répondent précisément aux mêmes planètes que les nôtres.
On voit donc qu'à quelques nuances près, les noms muyscas et japonais sont encore les mêmes pour le soleil et la lune.
Si l'année, ou période de vingt lunes, se nomme zocam en muyscas, ce qui rappelle les yogam ou périodes de tems des Indous, toka, facilement dit tsoka, est le nom du tems en japonais; l'année de douze mois en particulier s'y nommant tosi, et tsouka étant d'ailleurs, en japonais, le nom du mois ou de la lunaison, autre période du tems, fermant le zocam muyscas.
Les lunaisons mêmes se nommaient suna ou souna, chez les Muyscas, dit M. de Humboldt, et il en donne une étymologie douteuse et éloignée; tandis que ces peuples intercalant des lunes, par un artifice qu'il explique, on peut tirer ce nom du nom primitif de la lune intercalaire, en chinois joun et soun en japonais; lune que M. de Humboldt cite lui-même, sans penser à l'analogie frappante de ce nom avec le suna des Muyscas. Si la nuit, en muyscas, se nomme sa ou za, on peut y voir l'abrégé du nom japonais joSAri, mot complexe, puisque jo, ou yo, ou ia seul est la numérale et le nom des nuits en japonais,[42] de sorte que l'autre nom de la lune, chia, en muyscas, a dû signifier quelque sens analogue à celui de dame de la nuit, ou reine des ténèbres.
Toutes les moindres nuances se retrouvent donc ici dans les noms astronomiques des deux peuples; et il n'est pas jusqu'à ce pauvre prisonnier, cet enfant nommé le guesa, qui était saisi dans quelque course guerrière, et élevé dans le temple du soleil, ou le chun-sua d'Iraca, pour être immolé à l'âge de quinze ans, dans la pleine lune de chaque indiction, qui ne trouve l'étymologie de son nom en japonais; car, en cette langue,[43] man-gueso est le nom de la pleine lune; c'était donc le gueso, ou guesa, l'enfant, la victime de la pleine lune, man-gueso; et c'est à tort que le chanoine Duquesne traduit ce nom par errant, ou sans-maison (gué en muyscas étant le nom de la maison).
Cet enfant, en effet, avait pour maison le temple du soleil; et l'idolâtrie stupide qui l'y faisait élever avec soin, pour l'y immoler, afin de se partager son sang après son décès et d'offrir son cœur au mystérieux Bochica, rappelle évidemment le culte presque aussi barbare des Égyptiens, qui, dans leurs temples magnifiques, par un autre calcul astronomique, immolaient tous les vingt-cinq ans leur bœuf Apis, après lui avoir rendu des honneurs absurdes et l'avoir élevé avec le plus grand soin.
Le sacrifice d'Abraham, si célèbre dans tout l'Orient, sacrifice qui a aboli les sacrifices humains, et qui se solemnise avec pompe, jusque chez les musulmans de Hami, dans la petite Boucharis, et en Chine aussi-bien qu'à la Mecque, montre combien ces cruautés astrologiques sont anciennes: l'on n'ignore pas que les Romains eurent beaucoup de peine à les abolir à Carthage; l'on sait qu'à Tonga-Tabou, île de l'Océanie, un père immole ou laisse immoler ainsi son propre fils, croyant alors avoir apaisé le mauvais esprit, et sauvé par cette offrande sanglante, une vie plus précieuse à l'État. On peut consulter à cet égard l'intéressant voyage de M. le capitaine d'Urville, et pour des vues philosophiques et plus élevées, recourir à la dissertation si profonde de l'illustre comte de Maistre, à la suite des Soirées de St. Pétersbourg, dissertation que pourrait confirmer puissamment la discussion des hiéroglyphes conservés en Chine pour exprimer sacrifier, offrir.[44]
Pour en revenir au sujet de ce mémoire, et ne voulant pas l'allonger à l'infini, on se borne, après ces discussions, déjà trop étendues peut-être, à donner la liste suivante des mots de toute nature, trouvés identiques, ou du moins fort voisins chez les Muyscas et les Japonais.
Si M. de Paravey avait eu à sa disposition le vocabulaire anglais et japonais de M. Medhurst, publié à Batavia, en 1832; s'il avait pu se procurer la grammaire muyscas du P. de Lugo, il ne doute pas que son travail eût été moins défectueux, et la liste des mots identiques beaucoup plus considérable; mais telle qu'elle est ici, elle pourra convaincre tous les esprits droits.
Outre ceux déjà indiqués dans ce Mémoire.
Cette liste de mots identiques, à Bogota et au Japon, pourrait sans doute s'étendre encore et se perfectionner, mais elle doit suffire à tout homme judicieux, et le tableau des hiéroglyphes, que nous joignons à cette dissertation,[45] d'après M. de Paravey, achevera de compléter cette démonstration de l'identité d'origine de ces deux peuples, séparés par d'immenses distances, et que rapprochent aussi leur conformation physique dont il n'a pas encore été question ici.
L'un et l'autre ont reçu des colonies arabes ou phéniciennes qui sont venues leur apporter la civilisation; mais ces colonies étaient peu nombreuses, et leur sang pur et noble s'est fondu dans le sang grossier de la race tartare et mongole, qui formait le fond primitif des deux nations.[46]
Il en a été, comme dans les îles de l'Océanie, où fort souvent, suivant le capitaine d'Urville, se voit le caractère arabe dans ce qui touche au culte ou à la civilisation,[47] mais où les traits des Arabes, convertisseurs de ces peuples, se sont plus ou moins altérés.
Venus dans ces îles après Mahomet, ces Arabes ont porté l'islamisme dans l'archipel Indien, aussi-bien qu'en Afrique.
Mais aux tems reculés de Salomon, déjà les flottes d'Ophir et de Tharsis pénétraient dans la mer de Parvaïm, ou de l'orient extrême; car Purva, Peruva est en sanscrit le nom de la plage orientale; de là les noms de Pérou et de Para, avec telle ou telle autre terminaison, noms si fréquens dans les anciens noms de pays à l'est de l'Inde et dans les contrées américaines;[48] et im, iam est le nom même de la mer en hébreu, aussi-bien que dans l'antique langue des hiéroglyphes que conserve la Chine, langue où la mer se nomme yang ou yam.
Ce furent ces flottes semi-phéniciennes et juives, flottes montées par des Nabathéens, ou des matelots ismaélites et arabes, qui, les premières, portèrent quelque civilisation dans les contrées maritimes des Indes et de la Chine, encore remplies de peuples à demi-barbares, et que de faux systèmes veulent nous donner comme le centre de toute civilisation.[49]
De la Corée, du Japon, des côtes orientales de la Chine, dont ils avaient surtout occupé les îles pour s'y fortifier et s'y défendre, comme le firent à Cadiz les Phéniciens, comme de nos jours le font encore les Anglais sur toutes les côtes, ces colonies d'hommes audacieux pénétrèrent peu à peu en Amérique, et y apportèrent leur culte grossier des astres, leur civilisation corrompue par un séjour plus ou moins long au milieu de hordes encore anthropophages, telles que Darius les connut dans l'Inde, telles qu'Hérodote nous les décrit, telles que les trouvent de nos jours les Anglais dans le Birman et l'Indo-Chine, et même dans le Thibet.
Vouloir comparer ces antiques colonies américaines directement aux peuples d'Arabie ou de Chaldée, ou mieux encore, aux Européens, si modernes en tout, c'était s'exposer à mille erreurs. Il fallait une étude approfondie de la Chine et du Japon, étude qui a manqué à M. de Humboldt, mais qui, entreprise par M. Siébold et M. de Paravey, ne peut que nous promettre les résultats les plus positifs et les plus nouveaux. Ce Mémoire en est déjà une preuve. Toutes ces idées, au reste, sont confirmées par la figure japonaise qui orne la couverture du bel ouvrage que vient de publier en Hollande le résident Fisscher, figure dont la position écrasée offre de singuliers rapports avec les divinités monstrueuses que présentent les manuscrits aztèques[50] ou mexicains, et spécialement la pierre du calendrier retrouvée à Mexico. Elles le seraient encore mieux si lord Kingsborough, qui suppose aussi dans ses savans Mémoires d'intimes rapports entre les Hébreux et le Nouveau-Monde, ordonnait enfin la traduction de ces Mémoires utiles, et des autres textes qu'il a joints aux magnifiques gravures de son splendide ouvrage sur l'Amérique antique.
Sans cette traduction, qui pourrait se publier in-8o et à peu de frais, ce beau monument restera inaccessible en France, en Italie, en Espagne même, et dans tous les pays ou la langue anglaise n'est pas universellement connue.
M. de Paravey la sollicite donc vivement, cette traduction, et il se félicite d'être ainsi un des premiers en France à appeler l'attention et la reconnaissance du public éclairé sur cet admirable ouvrage, que beaucoup de souverains en Europe n'auraient pas eu le courage ni les moyens d'entreprendre, et qui n'a pas empêché son illustre et généreux auteur, de favoriser encore par d'autres publications utiles, l'étude si importante en ce moment des livres précieux conservés dans l'Asie orientale.[51]
Dans le tableau joint ici, M. de Paravey est loin de vouloir établir une identité parfaite entre les symboles cursifs du cycle muyscas, et ceux des dix premières heures du cycle chinois et japonais; mais comme les diverses formes antiques et cursives des caractères horaires chinois, varient elles-mêmes très-notablement pour le même caractère (ainsi qu'on le voit dans la neuvième heure, chin), on conçoit que l'identité avec le muyscas est suffisamment prouvée ici, quant aux formes, qui se modifient sans cesse dans une écriture cursive.
Les rapports de significations des noms de ces symboles, sont aussi très-remarquables dans la 1re, la 2e, la 5e, la 6e, et même dans la 10e heure, celle où la lune se lève plus ou moins brillante, suivant ses phases diverses. Le hasard, certes, ne peut produire au Japon et dans l'Amérique du Sud, de tels rapports.
CYCLE DES MUYSCAS. Humboldt, pl. 1544. |
CYCLE CHINOIS OU JAPONAIS. Morrisson, Dictionn. tonique. |
VALEURS DES DIX SYMBOLES du cycle d'heures. Deguignes, Morrisson, Paravey. | |||
Noms et valeurs. |
Formes cursives. | Formes cursives. |
Formes complètes. | ||
A I. |
Eaux, Ata, grenouille. |
Eaux, Ata, grenouille | grenouille p. 215, p. 267. | TseTse. Tsesun Tse, Sun. Yng Yug, Yog. |
1o Minuit, ou le commencement des heures. Fils, Petit-fils, Enfant sorti des eaux. Femme enceinte portant fils, ou têtard. |
B II. |
Bosa, enclos. |
Bosa | Bosa p. 165. |
Tseou Tcheou. |
2o Main fermée, Qui contient, renferme. |
C III. |
Mica, choisi, yeux ouverts. |
Mica | Mica2 p. 849, p. 296. | Mica3 Yo. |
3o Vénérer, respecter. Heure de la prière. |
D IV. |
Muihica, noir. |
Muihica | muihica2 p. 154. | mao Mao. | 4o Portes ouvertes. Heure du lever du soleil. |
E V. |
Hisca, noces, | Hisca | Hisca2 p. 261, p. 201. | Chin Chin. | 5o Conjonction du soleil et de la lune. |
F VI. |
Ta, récolte. |
ta | ta2 p. 154. | sse Sse. | 6o Crochet, houe. Travaux des champs. |
G VII. |
Cuhupca, sourd. |
guhupa | guhupa2 p. 282. | gou Gou. | 7o Coupure, scission. Heure de midi. |
H VIII. |
Suhuza, queue. |
subuza | subuza2 p. 278. | oey Oey. | 8o Arbre touffu. Heure du dîner à l'ombre. |
Θ IX. |
Aca ........ |
aca | aca2 p. 201. | tsi Chin. | 9o Heure où se lient les gerbes. |
I X. |
Ubchihica, lune brillante. |
ubchibica | ubchibica2 p. 258. | ubchibica3 Yeou. | 10o Vase à lait. Portes fermées au coucher du soleil. Heure du lev. de la lune. |
Annales de Philosophie Chrétienne, tome VII, no. 47.
Hiéroglyphes Aztèques conservant le souvenir de quatre époques ou catastrophes de la terre
Annales de Philos. Chrét. Tom. 10, No. 55. Litho. Desportes, Pont Neuf, 15.
La femme au Serpent, ou l'Eve des Mexicains.
[1] Voir le no 15, Tom. III, p. 179 des Annales.
[2] Inséré dans le no de juin 1829, t. III du Nouveau Journal Asiatique.
[3] Bogota est en ce moment la capitale de la république de la Nouvelle-Grenade, comprenant les départemens de Cundin-Amarca, du Cauca, de l'Isthme, de Magdalena et de Boyaca, et fondée en 1831.
[4] Tom. II, p. 220 de ses Vues des Cordillières, édit. in-8o, an 1816.
[5] Tom. V, p. 107 et 572, édit. 1821.
[6] Voir son Essai sur l'origine unique des chiffres et des lettres de tous les peuples, p. 116.—Voir aussi l'analyse que nous avons donnée de ce savant ouvrage, dans le no 10 des Annales, t. II, p. 286.
[7] Tom. III, p. 386, 1829, du Nouveau Journal Asiatique.
[8] Voir la Grammaire de la langue de ce peuple, publiée à Madrid, en 1819, par le père de Lugo, p. 402.
[9] Publiée à Paris, par la Société Asiatique, avec un supplément, en 1825 et 1826.
[10] Lord Kingsborough, fils d'un des lords les plus éminens et les plus riches de la Grande-Bretagne; on sait qu'il a consacré aux planches de cette utile Encyclopédie américaine plusieurs millions, et qu'il y a inséré plusieurs mémoires précieux, restés manuscrits dans les archives de l'Escurial, à Madrid, et composés lors de la découverte de ce monde que l'on appelle à tort nouveau.
[11] On suppose que dans ce nom de Sewa, wa est le nom même du Japon; mais, comme Se ne signifie pas langue en japonais, et que la construction exigerait alors Wa-se, le génitif se mettant toujours en avant, on nous permettra de regarder Sewa ou Seba comme un mot simple, et comme le nom de la langue sabéenne.
[12] Et même au nord de la Californie, dans le pays de Cibola.
[13] Thunberg, tom. II, p. 224.
[14] Il est à remarquer que le maïs, production capitale du nouveau monde, est cultivé chez les Basques des Pyrénées, et forme la base principale de leur nourriture depuis un tems fort reculé. Il serait curieux de rechercher avec précision si cette plante était connue des Basques avant le voyage de Colomb, ainsi que ces peuples le croient.
[15] Voir t. III, p. 229, de l'ancien Journal Asiatique.
[16] Voir p. 15, Supplément à Rodriguez.
[17] Rodriguez, page 130.
[18] Dans le savant Voyage autour du monde, de M. le capitaine d'Urville, on le voit en plusieurs endroits signaler l'influence dominatrice et la présence des Arabes dans ces îles de l'Océanie, si bien explorées par lui et par ses savans compagnons.
[19] Voir le Vocabulaire de la langue Mawi, une des parties de la Nouvelle-Zélande.
[20] Par les livres conservés en Chine, on peut remonter à l'époque où ces colonies se fondèrent en ce lieu, et M. de Paravey montrera ainsi qu'elles vinrent d'Arabie et de la mer Rouge, dès le tems de Salomon, et avec les flottes d'Ophir, sous le nom de peuple de Ou.
[21] D'après les manuscrits encore inédits du savant abbé Lamiot, lazariste, mort récemment à Macao, après avoir passé plus de 40 ans en Chine et à Pekin, et qui cite dans le Chensy et dans le Sse-Tchouen, des villes où il y a plus de 10 mille et 20 mille mahométans.
[22] Un seul mot bien choisi peut parfois démontrer l'identité de deux peuples séparés par de longues distances; ainsi, dans l'antique Egypte, le nom de Pharao, Pharaon, était à-la-fois et celui du roi et celui du crocodile, tyran des eaux, et ce même nom se retrouve au Japon avec ces deux acceptions; car on sait que le dragon, on crocodile à quatre griffes, est l'emblême du monarque du Japon, et le nom de ce dragon ou crocodile royal est en japonais Firio, simple modification du nom égyptien et arabe Pharao.
[23] M. de Guignes le père et le P. Gaubil observent que les Chinois confondent souvent les Bouddhistes, les Chrétiens et les Nestoriens.
[24] Tom. XXVIII, p. 505, des mémoires de l'Académie des inscriptions.
[25] Voir le Recueil, an 1831, des nouvelles Annales des Voyages.
[26] Siébold: De Nippon (Jappon).... ou matériaux pour servir à la description du Japon et des contrées voisines (en allemand); fort bel ouvrage grand in-4o avec des planches, chez Merklem, à Paris. Prix, 200 fr.
[27] Cette période a été aussi retrouvée en Égypte par M. Champollion, mais dédoublée et sous la forme d'un cycle de trente ans, en usage encore dans l'Archipel indien.
[28] M. Klaproth prétend que zha doit ici, et dans suhuzha, se prononcer ja ou cha; mais la chose est fort douteuse, car les nombres 3, 4, 5, 7, 9 et 10 se terminent évidemment en ka ou qa, dur, et le cha ou ja n'en serait qu'un simple adoucissement. Au Pérou, en langue qquichua, cette même finale c ou ca se remarque dans:
Huc—un.
Iscay—deux.
Qimça—trois.
Chunca—dix.
Pachac—cent.
Huaranca—mille.
Et dans le Caucase aussi, un dialecte a tous ses nombres terminés en Ba, autre numérale.
[29] Nouveau Journal Asiatique, p. 401, t. III.
[30] On se rappelle la célèbre inscription de Saïs, citée par Plutarque (de Isid. et Osirid.). Elle offrait un enfant, un vieillard, un épervier, un poisson, un hippopotame, et signifiait: vous qui entrez ou sortez de ce monde (l'enfant et le vieillard), apprenez que Dieu (l'épervier), a en abomination (le poisson), l'impudence ou le mal (l'hippopotame).
[31] Voyez le tableau joint à la fin de ce Mémoire. M. de Paravey cite fike pour le nom japonais de la grenouille, et comme les changemens de lettres sont fréquens dans cette langue, il est possible que fite, fata, y aient été le nom du têtard, ou de l'enfant naissant, enfant qui ne peut encore, non plus que le têtard, se servir de ses jambes.
[32] Il serait curieux de rechercher si tous ces noms américains en Amarca, Amerga, n'ont pas, aussi-bien que celui d'Améric Vespuce, été la cause du nom donné au nouveau continent, America ou Amarca.
[33] Rodriguez, p. 118.
[34] Dans la relation chinoise si curieuse du pays de Fou-sang, ou de l'Amérique, visitée dès 499 par les Tartares et les Boukhariens, le chef suprême est appelé I-Khi, analogue à zaque et cac-ique, et les chefs inférieurs touy-lou, analogue à tithoua, titre indiqué ci-dessus.
[35] Voir la Bibliothèque universelle d'Herbelot.
[36] Rodriguez, p. 124.
[37] Rodriguez, p. 177.
[38] Idem. p. 119.
[39] Voir Thunberg.
[40] Supplément à Rodrig., p. 18.
[41] Page 85, Mémoire sur la dynastie des Djogouns du Japon, publié par M. Remusat, ouvrage où M. de Paravey a puisé plusieurs de ses remarques.
[42] Supplément à Rodriguez, p. 19.
[43] Thunberg, in 4o, p. 227, t. II.
[44] Le caractère chinois, ou plutôt chaldéen antique, kiang, qui signifie sacrifier, offrir, s'écrit indifféremment avec le symbole fils, ou le symbole agneau, symbole auquel on ajoute celui du comble ou du ciel, c'est-à-dire Dieu, et celui de la bouche qui offre ou présente à Dieu. M. de Paravey a déjà comparé cet hiéroglyphe remarquable à l'hébreu Corban, dans son Essai sur l'origine des lettres.
[45] Voir la fin de ce mémoire.—Ces caractères ont été gravée tout exprès pour les Annales.
[46] Déjà M. de Humboldt, dans ses vues des Cordillières, a observé, même sans avoir vu les beaux bas-reliefs de Palenqué (ou se reconnaissent des visages de types arabe et juif), que les monumens américains offrent souvent des figures au nez aquilin et très-marqué, et qui ne peuvent appartenir qu'à la race blanche et caucasique.
[47] Ainsi, dans les vocabulaires de M. d'Urville, on voit que namou, nom arabe de la moustique, et mata, tuer, se retrouvent sous les formes namoc et autres, à Madagascar, dans la Nouvelle Zélande et à Tongatabou.
[48] Voyez les noms de Paragoa ou Palawan, une des îles Philippines; de Paraguay, fleuve célèbre; du Pérou; de Puracé, volcan de la Colombie; de Perote et Porote, dans le Mexique; de Para, affluent de l'Amazone; de Purus, autre affluent; de Peruaçu, de Paracatu, de Parana, embouchure de l'Amazone; de Paramaribo, en Guyane; de l'isthme de Panama pour Parama, et une foule d'autres.
[49] Ici M. de Paravey observe que la clef chinoise, ou la base des nombreux caractères qui expriment les richesses, les monnaies, vendre, acheter, commercer, est celle des Cauries (en chinois pey), petites coquilles qui se pêchent dans les îles Maldives peuplées par les Arabes, qui sont usitées dans l'Inde et à Siam encore, aussi-bien qu'en Afrique, et qui seules démontrent l'influence arabe, même dans la Chine antique.
[50] Voir cette figure dans la planche qui forme le frontispice de ce Mémoire.
[51]C'est à la munificence éclairée de lord Kingsborough, que l'Europe doit la publication de l'excellente grammaire chinoise du P. de Prémare, base de celle de M. Rémusat.