[Lettrine]
Icy est la danse macabre des femmes
toute hystoriee & augmentee de nouueaulx
personnaiges auec pluseurs
dis moraulx en latin et francoys qui
sont enseignemens de bien viure
pour bien mourir
Lex metuenda premit mortales. omnibus vna
Mors cita sed dubia. nec fugienda venit.
Circuit et surgens sol vitam prestat. et item.
Cum cadit annichillat quod nichil ante fuit.
Sic dat. sic retrahit. iterum trahet. atque retraxit
Omnia. sol girans quod dedit. ipse trahit
[Illustration]
¶Lacteur.
¶Mirez vous icy mirez femmes
Et mettes vostre affection
A penser a voz poures ames
Qui desirent saluacion
Cy bas nest pas la mansion
Ou vous deuez estre tousiours
Mort met tout a destruction
Grant & petit meurt tous les iours
¶Pour noblesse ne pour honneur
Pour richesse ou pourete
Pour estre dame de valeur
Ou femme de mendicite
Ne differe mort equite:
Mais autant dune part que dautre
Sans auoir mercy ne pite
Huy prent lune: et demain lautre
¶Ludite formose teneres cantate puelle.
Nam defluunt anni more fluentis aque
Nec que preteriit iterum reuocabitur vnda.
Nec que preteriit hora redire potest
[Illustration]
¶Le premier menestrel
Venez dames et damoiselles
Du siecle & de religion
Vefues: mariees & pucelles
Et autres sans exception
De quelconque condicion
Toutes: danser a ceste danse
Vous y venrez vueilles ou non
Qui saige est souuent y pense
¶Le second.
Quelz sont voz corps: ie vous demande
Femmes iolies tant bien paree
Ilz sont pour certain la viande
Quun iour sera aux vers donnee
Des vers sera donc deuoree
Vostre chair: qui est fresche & tendre
Ia il nen demourra goulee
Voz vers apres deuiendront cendre
¶Le tiers.
Compaignon bonne est ta raison
De ses femmes oultrecuidee
Que leurs corps sera venaison
De vers puans vng iour mengee
En pourroyent elles estre gardee
Pour or: argent ne rien qui soit
Nenny. bien sont doncques abusees
Qui ne samende il se decoit
¶Le quart.
O femmes mirez vous en vng tas
Dossemens de gens trespassez
Lesquelz ont en diuers estas
Au monde este leurs temps passez
Et maintenant sont entassez
Lun sur lautre gros et menus
Ainsi serez. or y pensez
La chair pourrie les os tous nus
Ex vtero natis posita est lex ire: sed esse
Certos: sub sole perpetuare nichil
Ex vtero natis pedetentim calle sub ipso
Subdola mors comes est nos laqueare studens.
[Illustration]
¶La mort.
Noble royne de beau corsaige
Gente et ioyeuse a laduenant
Iay de par le grant maistre charge
De vous en mener maintenant.
Et comme bien chose aduenant.
Ceste danse commenceres
Faictes deuoir au remenant
Vous qui viuez ainsi feres
¶La royne
Ceste danse mest bien nouuelle
Et en ay le cueur bien surprins
He dieu: quelle dure nouuelle
A gens qui ne sont pas aprins
Las en la mort est tout comprins
Royne. dame. grant ou petite
Les plus grans sont les premiers prins
Contre la mort na point de fuyte
¶La mort.
Apres ma dame la duchesse
Vous vien querir et pourchasser
Ne pensez plus a la richesse
A biens ne ioyaulx amasser
Auiourdhuy vous fault trespasser
Pourquoy de vostre vie est fait
Folie est de tant embrasser
On nemporte que le bienfait
¶La duchesse.
Ie nay pas encore trente ans
Helas: a leure que commence
A scauoir que cest de bon temps
Mort me vient tollir ma plaisance
Iay des amis: et grant cheuance
Soulas. esbas. gens a deuis
Pourquoy moins me plait ceste danse
Gens aises si meurent enuis
Passibus inuigilat nostris mors: omnia rodens.
Nec sinit esse diu quicquid in orbe fluit
Continuo cadimus viuentes. fila sororum.
Atropos arrumpens emula sepe venit
[Illustration]
¶La mort.
Or ca ma dame la regente
Qui auez renom de bien dire
De danser: fringuer: estre gente
Sur toutes quon scauroit eslire
Vous soliez autres faire rire
Festier gens et ralier:
Or est il temps de vous reduire
La mort fait trestout oublier
¶La regente
Quant me souuient des tabourins
Nopces: festes: harpes: trompetes:
Menestrelx: doulcines: clarins:
Et des grans cheres que iay faictes
Ie congnois que telz entrefaictes
En temps de mort nont point de lieu
Mais tournent en poures emplaites
Tout se passe fors aymer dieu
¶La mort.
Gentille femme de cheualier
Que tant aymes deduit et chasse
Les engins vous fault habiller
Et suyure le train de ma trasse
Cest bien chasse quant on pourchasse
Chose a son ame meritoire
Car au derrain mort tout enchasse
Ceste vie est moult transitoire
¶La femme du cheualier
Pas si tost mourir ne cuidoye
Et comment dea: ie souppe hier
Sur lerbe verte a la saulsoye
Ou fis mon espreuier gayer
En riens plus ne se fault fier
Et quest ce des fais de ce monde
Huy rire demain lermoyer
La fin de ioye en dueil redonde
Fluctibus aut morbo. seu flammis. strage. veneno.
Macra fames. calidum frigora. cura. nocent.
Ergo quis in tantis possit cras dicere viuam
Cum videat quotiens mors male visa ferit
[Illustration]
¶La mort
Dame abbesse vous lesseres
Labbaye quauez bien aymee
Quun peu de bien nemporteres
Plus nen seres dame appelle
Vostre crosse dargent doree
Vne de voz seurs portera
Qui apres vous sera sacree
Tout fut aultruy: tout y sera
¶Labbesse
Le seruice hier ie faisoye
En leglise comme abbesse
Et ma crosse dargent portoye
A matines et a la messe
Et auiourduy fault que ie lesse
Abbaye crosse et couuent
He dieu: de ce monde quest ce
On est de mort sourprins souuent
¶La mort
Dame ploies voz gorgerettes
Il nest plus temps de vous farder
Voz toretz fronteaulx & bauettes
Ne vous pourroient icy aider
Pluseurs sont deceupz par cuider:
Que la mort pour leur habit fleche
Chascun il deust bien regarder
Par habit mainte femme peche
¶La femme de lescuier
He: quay ie meffait ou mesdit
Dont doye souffrir telle perte
Iauoye achete au landit
Du drap pour taindre en escarlete:
Et eusse eu vne robe verte
Au premier iour de lan qui vient
Mais mon emprise est descouuerte
Tout ce quon pense pas nauient
Non licet vt video vane confidere vite
In qua nulla fides est nisi certa mori.
Finge quod aspicias morientem: sed freme: namque
Consimili pena te vocat vna dies
[Illustration]
¶La mort
Se vous auez sans fiction
Tout vostre temps serui a dieu
Du cueur en la religion
Laquelle vous auoit vestue
Celluy qui tous biens retribue
Vous compensera loyalment
A son vouloir: en temps & lieu
Bienfait quiert auoir bon paiment
¶La prieure
Cestoit en ma religion
Seruir a dieu tout mon desir
En cloystre par deuocion
Dire mes heures a lesir
Or mest venu la mort saisir
Au monde nay point de regre
Face dieu de moy son plaisir
Prendre doit on la mort en gre
¶La mort
Venez apres ma demoiselle
Et serrez tous vos affiquetz
Nenchault se estez laide ou belle
Laisser vous fault plait & caquetz
Plus ne ires a ses bancquetz
Ou on sent si souef leau rose
Ne verrez iouster a rouquetz
Femmes font faire faire moult de chose
¶La demoiselle
Que me vallent mes grans atours
Mes habitz. ieunesse. beaute
quant tout me fault lesser en plours
Oultre mon gre et voulente
Mon corps sera tantost porte
Aux vers et a la pourriture:
Plus nen sera bale: ne chante
Ioye mondaine bien peu dure
Est breuis illa dies hodie. quia forte dierum
Est michi sola dies. heu metuenda dies.
Atque horrenda dies. quia tunc michi meta merendi
Clauditur. illa dies leta ve. dira ve dies
[Illustration]
¶La mort
Et vous aussi gente bourgoise
Pour neant certes vous excuses
Il est force que chascun voise
Comme veez. et aduises
Voz beaux gorgias empesez
Ny font rien. ne large sainture
Maintz hommes en sont abusez
En tous estatz il fault mesure
¶La bourgoise
Mes getz et colletz de letisses
Ne me exemptent point de mort
Mais mes grans ioyes et delices
Me viennent icy a remort
Ma conscience fort me mort
Des folies faictes en ieunesse
Qui me sont a rebours tresfort
Ioye en la fin tourne en tristesse
¶La mort
Femme vefue venez auant
Et vous auancez de venir.
Vous veez les autres dauant
Il conuient vnefoys finir
Cest belle chose de tenir
Lestat ou on est appellee
Et soy tousiours bien maintenir
Vertus est tout par tout louee
¶La femme vefue
Depuis que mon mary mourut
Iay eu affaire grandement
Sans ce que aucun me secourut
Si non de dieu gard seulement
Iay des enfans bien largement
Qui sont ieunes et non pourueux
Dont iay pitie: mais nullement
Dieu ne lesse aucuns despourueux
Ortum suum queque repetunt. terramque sequuntur.
Flos fluit. vmbra fugit omnia nata cadunt.
Nil reputo longum. dubius quod terminus angit
Crastina forte dies. est michi sola dies.
[Illustration]
¶La mort
Alons oultre gente marchande
Et ne vous chaille de peser
La marchandise quon demande
Cest simplesse dy plus muser
A lame deusses aduiser
Le temps sen va heure apres heure:
Et nest tel que den bien vser
Le merite & bienfait demeure
¶La marchande
Qui gardera mon ouurouer
Tendis que ie suis a malaise
Mes gens ne feront que louer
Les biens leur viennent a leur aise
A dieu ma balance & ma chaise
Ou iay eu les yeulx diligens
Pour plus cher vendre dont me poise
Auarice decoit les gens
¶La mort
Apres ma dame la balliue
Des quaquetz tenus en leglise
Iugie auez par raison viue
Maintes gens a la vostre guise
Ie vous signifie main mise
Pour pouruoir daultre en voz lieu
Car auiourduy seres demise
Point ne se fault iouer a dieu
¶La balliue
Que femme se plaint de legier
La coustume nest pas nouuelle
Et sentremettre de iuger
Des fais dautruy & non pas delle
Chascune se repute telle
Que ce quelle fait est bien fait
Quoncques mal ne fut dit par elle:
Il nest riens au monde parfait
Proth quicunque dies sibi longos estimat: errat.
Nulli est tota dies viuere tuta dies.
Frustra dico dies. sit mentio nulla dierum.
Cum stet nulla dies vna nec hora quies.
[Illustration]
¶La mort.
Pour vous monstrer vostre folie:
Et quon doit sur la mort veiller
Sa la main espousee iolie
Allons nous en deshabiller
Pour vous ne fault plus traueiller
Car vous viendres coucher ailleurs
On ne se doit trop resueiller
Les fais de dieu sont merueilleux
¶Lespousee.
En la iournee quauoye desir
Dauoir quelque ioye en ma vie
Ie nay que dueil et desplaisir
Et si fault que tantost deuie
He mort: pourquoy as tu enuie
De moy: qui me prens si acoup
Si grant faulte nay desseruie
Mais il fault louer dieu de tout
¶La mort.
Femme nourrie en mignotise
Qui dormez iusques au disner
On va chauffer vostre chemise
Il est temps de vous desieuner
Vous ne deussiez iamais ieuner
Car vous estes trop mesgre & vuide
A demain vous viens adiourner
On meurt plus tost que on ne cuide
¶La femme mignote
Pour dieu quon me voise querir
Medecin ou appoticaire
Et comment me fault il mourir
Iay mary de si bon affaire
Aneaulx: robes: neuf ou dix paire
Ce morceau cy mest trop aigret
Moult se passe tost vaine gloire
Femme en ses saulx meurt a regret
Sed superest meritis mercedem sumere dignam
Optima pro meritis. et viciosa paci.
Aspice iudicium hoc metuendum: iudice tanto
Qui vocat. et venit illa timenda dies
[Illustration]
¶La mort.
Doulce fille et belle pucelle
Ne vous chaille ia de laisser
La misere de vie mortelle
Qui conuient a chascun passer
Car qui vouldroit bien tout trasser
Il na seurte narrest en lieu
Fors son sauuement pourchasser
Virginite plait bien a dieu
¶La pucelle vierge.
En ce siecle ieune ne vieulx
Ne sont pas en grant seurete
De larmes sont souuent les yeulx
Plains. pour ennuy ou pourete
Se on a vne ioyeusete
Il vient apres quinze doleurs
Pour vng bien: double aduersite
Plaisir mondain finit en pleurs
¶La mort
Nous direz vous rien de nouueau
Ma dame la theologienne
Du testament vieulx ou nouueau
Vous veez comme ie vous maine
Et estes ia fort ancienne
Il fait bon cecy recongnoistre
Et a bien mourir mettre peine
Cest beacoup que de soy congnoistre
¶La theologienne
Femme qui de clergie se mesle
Pour auoir bruit ou quon lescoute
Est des morues de petit pont
Qui ont grans yeulx & ne voyent goute
Saige est qui rondement si boute
Et qui trop veult scauoir est bugle
Le hault monter souuent cher coute
Chascun en son fait est aueugle
Ergo time. te instrue. corrige mentem
Viue mori presto: debita ferre para.
Dum licet et spacium datur: ista relinque
Pro patria celi. qua sine fine dies.
[Illustration]
¶La mort.
Apres: nouuelle mariee
Qui auez mis vostre desir
A danser: & estre paree
Pour festes & nopces choisir
En dansant ie vous vien saisir
Au iourduy serez mise en terre
Mort ne vient iamais a plaisir
Ioye sen va comme feu de ferre
¶La nouuelle mariee
Las: demy an entier na pas
Que commence a tenir mesnage
Par quoy si tost passer le pas
Ne my est pas doulceur: mais raige
Iauoye desir en mariage
De faire mons et merueilles
Mais la mort de trop pres me charge
Vng peu de vent abat grant fueilles
¶La mort.
Femme grosse prenez loisir
Dentendre a vous legierement
Car huy mourrez cest le plaisir
De dieu & son commandement
Allons pas a pas bellement
En gettant vostre cueur es cieulx
Et nayes peur aucunement
Dieu ne fait rien que pour le mieulx
¶La femme grosse
Iauray bien petit de deduit
De mon premier enfantement
Si recommande a dieu le fruit
Et mon ame pareillement
Helas: bien cuidoye autrement
Auoir grant ioye en ma gesine
Mais tout va bien piteusement
Fortune tost se change & fine
Non est illa dies cursus vt ista. dierum
Est deus illa dies: vltima nostra quies
[Illustration]
¶La mort.
Dictes ieune femme a la cruche
Renommee bonne chamberiere
Respondez au moins quant on huche
Sans tenir si rude maniere
Vous nires plus a la riuiere
Bauer: au four na la fenestre
Cest cy vostre iournee derniere
Aussi tost meurt seruant que maistre
¶La chamberiere
Quoy: ma maistresse ma promis
Me marier & des biens faire
Et puis si ay dautres amys
Qui luy aideront a parfaire
He: men iray ie sans riens faire
Ien appelle on me fait tort
Aussi ne men scauroye taire
Peu de gens desirent la mort
¶La mort.
Scauez vous recommanderresse
Point vng bon lieu pour moy loger:
Iay bien mestier que on madresse
Car nul ne me veult heberger
Mais ien feray tant desloger
Que on congnoistra mon enseigne
Mourir fault pour vous abreger
Nul ne pert que autre ne gaigne
¶La recommanderresse
En la mort na point damitie
Et si ne fait riens pour requeste
Or argent priere pitie
Pour neant on sen ront la teste
Qui y veult resister est beste
La mort a nully ne complaist
Et fault tous danser a sa feste
Mourir conuient quant a dieu plaist
Retia sunt anime facundia sensus honores
Quid certas ad opes. Retia sunt anime
Preter amare deum tibi nil applaudat in orbe
Omnia pretereunt preter amare deum
[Illustration]
¶La mort
Ma damoiselle du bon temps
A tout voz anciens atours
Il est de vous en venir temps
Nature a en vous prins son cours
Vous ne pouez viure tousiours
Ie vays deuant: venez apres
Et ne faictes point longz seiours
Vieilles gens sont de la mort pres
¶La vieille damoiselle
Iay voirement mon temps passe
Et ayme mieulx ainsi mourir
Que receuoir ce qui est passe
Et tant de miseres courir
Iay veu poures gens langourir
Et autres choses dont me tais
Enfans: pour bien viure & mourir
Il nest plus grant bien que de paix
¶La mort
Femme de grant deuocion
Cloez voz heures & matines
Et cesses contemplacion
Car iamais nyres a matines
Se voz prieres sont bien dignes
Elles vous vauldront deuant dieu
Rien ne vallent soupirs ne signes
Bonne operacion tient lieu
¶La cordeliere
Ie remercie le createur
A qui plaist de menuoyer querre
En louant le bon redempteur
Des biens qui ma donne sur terre
Aux tentacions ay eu guerre
Qui est moult forte a demener
Mais il aide qui veult requerre
Seruir dieu: est viure & regner
Quoniam non est in morte qui memor sit tui in inferno autem
quis confitebitur tibi
Preterit ista dies nescitur origo secundi an labor. an requies
sic transit gloria mundi
[Illustration]
¶La mort
Femme daccueil et amiable
A festier gens a plante:
Acquis auez amis de table
Pour parler de ioyeusete:
Le temps nest tel quil a este
Rien ne vault icy vacabont
Parler: qui nest que vanite
Ceulx qui ont le bruit ont le bont
¶La femme daccueil
Auiourduy parens et amis
Promettent et mons et merueilles
Mais quant voient quon est bas mis
Ilz baissent trestous les oreilles
Et sont aussi sours comme fueilles
Que le vent fait voler par couples
Et que vallent promesses telles
Vrais ne sont pas les amis doubles
¶La mort
Apres nourrice: vostre beau filz
Nonobstant son couuertouer
Et son beau bonnet a trois filz
Vous ne le menrez plus iouer
Deslogez vous sans delaier
Car tous deux vous mourrez ensemble
Vous ne poues plus cy targer
La mort prent tout quant bon luy semble
¶La nourrice
A ceste danse fault aler
Comme font les prestres au seyne
Ie voulsisse bien reculer
Mais ie me sens la boce en laine
Entre les bras: de mon alaine
Cest enfant meurt depidimie.
Cest grant pitie de mort soudaine
Il nest qui ait heure ne demie
Ve anime peccatrici que non habet posse redeundi ad locum suum
vnde exiuit quia turpia opera et delectaciones carnales
impediunt eius ascensum sursum
[Illustration]
¶La mort
Pas ne vous oblieray derriere
Venez apres moy: sa la main
Entendez plaisante bergiere
On marchande cy main a main
Aux champs nires plus soir ne main
Veiller brebis ne garder bestes
Riens ne sera de vous demain
Apres les veilles sont les festes
¶La bergiere
Ie prens congie du franc gontier
Que ie regrette a merueilles
Plus naura chappeau deglantier
Car vecy piteuses nouuelles
A dieu bergiers et pastourelles
Et les beaux champs que dieu fit croistre
A dieu fleurs: & roses vermeilles
Il fault tous obeir au maistre
¶La mort
Apres poure vieille aux potences
Qui ne vous poues soustenir
Cy bas nauez pas voz plaisences:
Aussy vous en conuient venir
Lautre siecle est a aduenir
Ou pour vostre mal & misere
Poues a grant bien paruenir
Dieu recompense tout en gloire
¶La femme aux potences
De vieillesse ne voy mais goutte
Par quoy ne crains gueres la mort
Dix ans y a que iay la goutte
Et maladie me grefue fort
Mes amis ont le mien a tort
Et nay vaillans deux blancs contens
Dieu seul est tout mon reconfort
Apres la pluye vient le beau temps
Non ex difformitate corporis defedatur animus. sed ex putredine
anime defedatur corpus. vt ait seneca
[Illustration]
¶La mort
Ha poure femme de village
Suyues mon train sans retarder
Plus ne vendres euf ne formage
Alez vostre panier vuider
Se vous auez bien sceu garder
Pourete: pacience: et perte
Vous en pourres moult amender
Chascun trouuera sa deserte
¶La femme de village
Ie prens la mort vaille que vaille
Bien en gre et en pacience
Frans archiers ont pris ma poullaille
Et eu toute ma substance
De poures gens nulluy nen pense
Entre voisins na charite
Chascun veult auoir grant cheuance
Nul na cure de pouurete.
¶La mort
Et vous ma dame la gourree
Vendu auez maintz surplis
Donc de largent estes fourree
Et en sont voz coffres remplis
Apres tous souhaitz acomplis
Conuient tout laisser et bailler
Selon la robe on fait le plis
A tel potaige tel cuiller
¶La vieille