17 et 18 octobre.—-Bataille de Leipsick. Napoléon, environné par des forces plus que doubles, épuise en vain toutes les ressources de son génie pour retenir la victoire; pour la première fois, depuis qu'il commandait les armées, elle lui échappe dans une bataille rangée. Il faut dire cependant, à la gloire de Napoléon, et surtout des soldats français, que, sans l'infâme trahison des troupes saxonnes, il est plus que probable que la bataille de Leipsick eût été le complément de la renommée militaire de l'empereur, au lieu d'être le commencement de tous les désastres qui ont amené sa chute.
19 octobre.—-Retraite de l'armée française.
20 octobre.—-L'armée française arrive à Weissenfels.
21 octobre.—-À Freybourg.
22 octobre.—-A Ollendorff, où elle culbute les cosaques de Platow.
23 octobre.—-Quartier-général de l'empereur à Erfurt.
25 octobre.—-Décret de Napoléon au quartier-impérial de Goeta, qui convoque le corps législatif pour le 2 décembre prochain.
30 octobre.—-Bataille de Hanau. L'armée française, poursuivie par les alliés, et arrêtée dans sa marche par l'armée de Bavière, qui venait aussi de se déclarer contre la France, est encore obligée de livrer bataille. Elle passe sur le ventre du général de Wrede, qui commandait les Bavarois, lui tue six mille hommes, lui fait quatre mille prisonniers, et continue sa retraite en bon ordre.
31 octobre.—-Le duc de Raguse, qui formait l'arrière-garde, attaque lui-même le général de Wrede à Hanau, le culbute encore, et l'oblige à rétrograder.
1er novembre.—-Le prince vice-roi, après s'être défendu avec honneur contre les forces supérieures qui l'attaquaient en Italie, est obligé de repasser la Brenta et l'Adige.
2 novembre.—-L'empereur et l'armée française passent le Rhin à Francfort.
9 novembre.—-Arrivée de l'empereur à Paris.
11 novembre.—-Le maréchal Gouvion Saint-Cyr capitule dans Dresde. Les alliés ont l'infamie de rompre la capitulation, et rendent ainsi inutile pour la France une armée de près de trente mille hommes.
15 novembre.—-L'armée d'Italie met en fuite la gauche des Autrichiens an combat de Caldiero.
Même jour.—-Sénatus-consulte qui proroge les pouvoirs de la série des députés au corps législatif qui devaient en sortir.—-Autre qui donne à Napoléon le droit de nommer le président du corps législatif.
16 novembre.—-Sénatus-consulte qui met à la disposition du gouvernement les trois cent mille conscrits demandés par l'impératrice, et qui devront être pris sur les classes de 1802, 1803 et années suivantes jusques et compris 1814.
18 novembre,—-Les Autrichiens sont de nouveau battus au combat de San-Michele en Italie.
Même jour.—-Le maréchal Soult est repoussé dans ses lignes au camp de Sarre.
27 novembre.—-Reprise de Ferrare par le prince vice-roi sur les Autrichiens.
5 décembre.—-Capitulation de Stettin.
8 décembre.—-Combat de Rovigo en Italie, où les Autrichiens sont battus par le général Marcognet.
11 décembre.—-Traité signé à Valençay entre Napoléon et Ferdinand VII, par lequel celui-ci s'engage à faire évacuer l'Espagne par l'armée britannique, et à ne persécuter aucun des Espagnols qui ont pris parti pour le roi Joseph.
13 décembre.—-Bataille de Saint-Pierre d'Irube perdue par le maréchal Soult.
16 décembre.—-Décret de Napoléon ordonnant la formation de trente cohortes de la garde nationale pour la garde des places fortes.
19 décembre.—-Ouverture du corps législatif par l'empereur.
21 décembre.—-Décret communiqué au sénat et au corps législatif, par lequel une commission extraordinaire est nommée pour prendre communication de la négociation qui a eu lieu avec les puissances alliées.
25 décembre.—-Commencement du siège d'Huningue par les alliés.
26 décembre.—-Capitulation de Torgau.
27 décembre.—-Décret impérial qui nomme vingt sénateurs commissaires extraordinaires dans les départemens.
29 décembre.—-Capitulation de la ville de Dantzick après deux mois de siège.
30 décembre.—-L'empereur reçoit dans la salle du trône une députation du sénat, qui lui présente une adresse de remerciement pour la communication faite le 22.
31 décembre.—-Napoléon, irrité du rapport fait par la commission du corps législatif, apostrophe vivement les membres de celte commission, et dissout le corps législatif lui-même.
1er janvier.—-Décret impérial qui ajourne la session législative.
2 janvier.—-Réception solennelle, dans la salle du trône, du sénat, du corps législatif, et de toutes les autorités supérieures de l'état.
3 janvier.—-Décret impérial en faveur des juifs de Paris.
6 janvier.—-Les alliés, après avoir violé la neutralité de la Suisse, commencent à pénétrer en France.
9 janvier.—-Décret de Napoléon, qui appelle à un service actif la garde nationale de Paris, et s'en déclare le commandant en chef.
11 janvier.—-Joachim Murat, mu par la plus lâche ingratitude, signe à Naples un traite d'alliance avec l'Autriche contre son bienfaiteur Napoléon.
14 janvier,—-Quartier-général à Lyon du maréchal Augereau, commandant du corps d'armée française sur le Rhône.
21 janvier.——Décret impérial pour la formation de douze régimens de voltigeurs et de tirailleurs de la jeune garde.
22 janvier.—-Arrivée à Châtillon du duc de Vicence en qualité de ministre plénipotentiaire de Napoléon.
24 janvier.—-Lettre-patente de Napoléon, et sénatus-consulte qui confèrent à l'impératrice Marie-Louise la régence de l'empire pendant l'absence de son mari.
Même jour.—-Napoléon fait ses adieux a la garde nationale de Paris dans la personne de ses officiers, convoqués à cet effet au château des Tuileries, et recommande avec chaleur et dignité son épouse et son fils au courage et au dévouement des défenseurs de la capitale.
Même jour.—-Le général Carnot écrit à l'empereur pour lui demander du service.
25 janvier,—-Napoléon part de Paris pour se mettre à la tète de ses armées.
26 janvier.—-Quartier-général de l'empereur à Vitry.
29 janvier.—-Combat de Brienne entre l'armée française et celle des alliés aux ordres du prince de Schwartzenberg; Napoléon remporte l'avantage.
1er février.—-Bataille de la Rothière entre Napoléon et les deux armées alliées du prince de Schwartzenberg et du général Blucher; elle est perdue par Napoléon.
3 février.—-Retraite de l'armée française sur Troyes.
7 février.—-Retraite de l'armée française sur Nogent.
8 février.—-Bataille du Mincio en Italie, gagnée par le prince vice-roi sur le général autrichien Bellegarde.
9 février.—-Organisation de la garde nationale sédentaire de Paris.
Même jour.—-Napoléon concentre ses forces à Sézanne.
10 février:—-Combat de Champ-Aubert entre deux divisions de l'armée française et le corps d'armée alliée aux ordres du général russe Alsusiew; celui-ci est battu et fait prisonnier.
11 février,—-Bataille de Montmirail; le général Blochet est battu à son tour.
12 février.—-Combat de Château-Thierry a l'avantage des Français.
Même jour.—-Autre combat de Vaux-Champ; le général Blucher est encore battu et obligé d'abandonner une partie de ses équipages pour s'échapper. L'armée de Silésie, qu'il commandait, est obligé de repasser la Marne.
14 février.—-Combat de Soissons. Le général russe Wintzingerode s'empare de cette ville.
15 février.—-Les maréchaux Macdonald, Victor et Oudinot concentrent leurs corps d'armée sur l'Hières, à cinq lieues de Paris.
16 février.—-Napoléon, instruit des dangers que court la capitale, arrive à marche forcée sur Guignes; au secours des maréchaux menacés par le prince de Schwartzenberg.
Même jour.—-Combats de Mormant et de Valzouan, perdus, le premier par les alliés, le second par le duc de Bellune.
18 février.—-Bataille de Montereau, gagnée par l'empereur sur la grande armée alliée.
22 février.—-Combat de Méry-sur-Seine, gagné par le duc de Reggio.
23 février.—-Reprise de Troyes par l'armée française.
24 février.—-Les souverains alliés font à Napoléon la demande d'un armistice, et consentent enfin à nommer des plénipotentiaires pour négocier de la paix au congrès de Châtillon.
26 février,—-L'armée de Silésie du maréchal Blucher s'avance vers Paris par la vallée de la Marne.
27 février.—-Combat de Meaux, gagné par le maréchal duc de Raguse.
Même jour.—-Combats de Bar et de la Ferté, perdus par le maréchal Macdonald contre le prince de Schwartzenberg.
Même jour.—-Bataille d'Orthez, perdue par le maréchal Soult.
28 février.—-Combat de Gué-à-Trème, gagné contre le général Blucher par les maréchaux duc de Trévise et de Raguse. Blucher est obligé de suspendre sa marche sur Paris.
1er mars.—-Combat de Lizy, gagné par les maréchaux Mortier et Marmont. Blucher est obligé de battre en retraite.
2 mars.—-Napoléon marche sur les derrières de l'armée du général Blucher.
Même jour.—-Combat de Bar-sur-Seine, perdu par le maréchal Macdonald.
3 mars.—-Combat de Neuilly-Saint-Front; le maréchal Blucher, vaincu de nouveau, précipite sa retraite.
4 mars.—-Combat de Saint-Parre, perdu par le maréchal Macdonald.
5 mars.—-Reprise de Reims sur les alliés par le général Corbineau.
Même jour.—-Secret qui appelle à l'armée six mille gardes nationaux de l'Aisne, et trois mille de la Marne.
6 et 7 mars.—-Bataille de Craone, gagnée par l'empereur sur le maréchal Blucher.
9 et 10 mars.—-Bataille de Laon livrée par Napoléon avec trente mille hommes contre cent mille; elle est perdue par lui.
11 mars.—-Retraite de l'armée française sur Soissons.
Même jour.—-Rupture des conférences tenues à Lusigny pour traiter d'un armistice.
12 mars.—-Combat de Reims; le général comte de Saint-Priest, français qui servait dans les rangs ennemis contre sa patrie, y est tué.
Même jour.—-Occupation de Bordeaux par les Anglo-Espagnols.
14 mars.—-Poursuite des alliés sur Béry-au-Bac.
16 mars.—-Retraite du maréchal Soult sur Tarbes.
17 mars.—-L'empereur part de Reims, et fait avancer son armée sur l'Aube.
Même jour.—-Retraite du maréchal Macdonald sur Provins.
19 mars.—-Combat de Fère-Champenoise, gagné par l'empereur.
Même jour.—-Rupture du congrès de Châtillon.
20 mars.—-Bataille d'Arcis-sur-Aube, gagnée par Napoléon.
Même jour.—-Bataille de Limonest entre le maréchal Augereau et le prince de Hesse-Hombourg; elle reste indécise.
21 mars.—-Le maréchal Augereau évacue Lyon et se retire sur l'Isère.
23 mars.—-L'empereur, avec ses principales forces, marche sur Saint-Dizier.
25 mars.—-Double combat de Fère-Champenoise; les maréchaux ducs de Trévise et de Raguse sont battus.
26 mars.—-Combat de Saint-Dizier; le général Wintzingerode est battu par Napoléon.
Même jour.—-Combats de Sézanne et de Chailly, perdus par les maréchaux Mortier et Marmont.
28 mars.—-L'impératrice Marie-Louise et le roi de Rome, suivis des ministres, etc., quittent Paris et se retirent à Blois.
29 mars.—-Passage de la Marne par les deux armées réunies du maréchal Blucher et du prince de Schwartzenberg.
Même jour.—-L'empereur part de Troyes et court en poste sur Paris.
30 mars.—-Bataille de Paris, perdue par le duc de Raguse.
31 mars.—-Capitulation signée par le duc de Raguse; par ce seul fait il livre Paris et détruit le gouvernement impérial.
Même jour.—-L'empereur apprend à la Cour-de-France la capitulation qui livrait sa capitale à l'ennemi.
1er avril.—-Occupation de Paris par les alliés.
3 avril.—-Le sénat décrète la déchéance de Napoléon Bonaparte.
Même jour.—-L'empereur fait à Fontainebleau une première abdication en faveur de son fils sous la régence de l'impératrice Marie-Louise.
4 avril.—-Sénatus-consulte qui délie le peuple français de son serment de fidélité envers Napoléon.
7 avril.—-Ridicule constitution improvisée par le sénat.
10 avril.—-Bataille de Toulouse entre le maréchal Soult et lord Wellington; elle reste indécise.
11 avril.—-Traité conclu à Paris entre les puissances alliées et l'empereur Napoléon. Celui-ci obtient la souveraineté de l'île d'Elbe et deux millions de revenus payables par la France.
19 avril.—-Entrevue de l'impératrice Marie-Louise et de l'empereur d'Autriche, son père, au château du Petit-Trianon, à Versailles.
20 avril.—-Napoléon part de Fontainebleau pour se rendre à l'île d'Elbe.
23 avril.—-Il arrive à Beaune.
24 avril.—-Il rencontre près de Valence le maréchal Augereau; celui-ci insulte grossièrement son ancien bienfaiteur.
25 avril.—-Napoléon arrive à Orange.
26 avril.—-Il couche près de Luc dans la campagne de sa soeur Pauline Borghèse.
27 avril.—-Il arrive à Fréjus.
28 avril.—-Il s'embarque sur la frégate anglaise l'Indomptée.
3 mai.—-Napoléon débarque à Porto-Ferrajo, prend possession de l'île d'Elbe, dernier débris de sa vaste domination.
26 février.—-Napoléon donne à sa garde l'ordre de se tenir prête à quitter l'île d'Elbe. À huit heures du soir il s'embarque lui-même sur le brick l'Inconstant, et s'écrie: le sort en est jeté! L'ordre est donné de voguer vers la France.
27 février.—-Napoléon communique à sa garde le secret de l'expédition: grenadiers, leur dit-il, nous allons en France, nous allons à Paris.
1er mars.—-Napoléon et sa petite troupe débarquent au golfe Juan à cinq heures du soir. C'est de là qu'il adresse à l'armée et au peuple français ces deux fameuses adresses qui firent voler le drapeau tricolore de clochers en clochers jusqu'à Notre-Dame; Napoléon y prenait le titre d'empereur, qui lui avait été conservé par le traité de Paris.
3 mars.—-L'empereur couche au village de Cerenon, après avoir traversé sans obstacle Cannes et Grasse. Il avait fait, ainsi que sa garde, vingt lieues dans cette première journée.
3 mars.—-Il arrive à Barème.
4 mars.—-À Digne.
5 mars.—-À Gap. Le général Cambronne, commandant l'avant-garde, s'empare de la forteresse de Sisteron.
Même jour.—-La nouvelle du débarquement de Napoléon, transmise par le télégraphe, arrive à Paris et répand la terreur et l'effroi.
6 mars.—-L'empereur couche à Gap.
Même jour.—-Ordonnance du roi, qui met à prix la tête de Napoléon, et ordonne à tout Français de lui courir sus. Autre ordonnance qui convoque extraordinairement la Chambre des pairs et celle des députés.—-Monsieur, comte d'Artois et le duc d'Orléans partent pour Lyon.
8 mars.—-Napoléon est reçu dans la ville de Grenoble. Un détachement de soldats, qui gardait les approches de cette ville, avait refusé de laisser passer son avant-garde; Napoléon marche droit au détachement, suivi de sa garde, arme baissée: Eh! quoi mes amis, leur dit-il, vous ne me reconnaissez pas. Je suis votre empereur; s'il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son général, son empereur, il le peut; me voilà (en effaçant sa poitrine).
9 mars.—-Napoléon couche à Bourgoin.
Même jour.—-Ordonnance du roi qui remet en activité tous les militaires en semestre, etc.
10 mars.—-L'empereur est reçu à Lyon comme il l'avait été à Grenoble.
11 et 12 mars.—-Napoléon séjourne à Lyon, et y rend plusieurs décrets par lesquels il dissolvait les chambres du roi et sa maison militaire, ordonnait aux émigrés rentrés à la suite du roi, de sortir de France dans un délai donné, abolissait la noblesse et les titres féodaux, convoquait les collèges électoraux en assemblée extraordinaire du Champ-de-Mai, etc., etc.
13 mars.—-Napoléon couche à Mâcon.
Même jour.—-Le prince de la Moscowa, maréchal Ney, prend le parti de l'empereur à Lons-le-Saulnier.
Même jour.—-Déclaration des souverains alliés sur le retour de Napoléon en France.
14 mars.—-Napoléon couche à Châlons.
15 mars.—-À Autun.
Même jour.—-Le roi et toute la famille royale prêtent serment de fidélité à la Charte au milieu des deux chambres convoquées extraordinairement.
16 mars.—-L'empereur couche à Avalon.
17 mars.—-Il arrive à Auxerre.
19 mars.—-Il quitte Auxerre pour se rendre a Fontainebleau.
Même jour,—-Le roi et toute la famille royale quittent Paris au milieu de la nuit.
20 mars.—-L'empereur arrive le matin à Fontainebleau; le soir, à neuf heures, il fait son entrée dans la capitale.
21 mars.—-Napoléon passe en revue les troupes présentes à Paris, et dans la harangue qu'il prononce dans cette circonstance, il s'attache à flatter également le peuple et le soldat.
Même jour.—-Il nomme les différens ministres.
21 mars.—-L'empereur reçoit les diverses autorités: par l'effet de cette versatilité de l'esprit, qui ne justifie que trop le mépris de Napoléon pour les hommes, la plupart de ceux qui l'avant-veille avaient encore juré de rester fidèles au roi, venaient féliciter l'empereur sur son heureux retour.
24 mars.—-Décret qui supprime la censure, les censeurs et la direction de la librairie.
Même jour.—-Arrivée à Paris de Joseph Bonaparte, frère de l'empereur.
25 mars.—-Traité de Vienne, par lequel les puissances alliées s'engagent à ne point déposer les armes tant que Napoléon serait sur le trône de France.
Même jour.—-Décret de Napoléon, qui ordonne aux ministres et officiers civils et militaires de la maison du roi et de celles des princes, ainsi qu'aux chefs des Chouans, des Vendéens et des volontaires royaux, de s'éloigner à trente lieues de Paris.
26 mars.—-Grande réception aux Tuileries. L'empereur prononce un discours où l'on remarque ce passage. Tout a la nation, et tout pour la France; voilà ma devise.
Même jour.—-Déclaration du conseil-d'état, tendant à prouver la nullité de l'abdication de Fontainebleau.
27 mars.—-Grande revue aux Tuileries. L'empereur annonce lui-même aux troupes que le roi et toute la famille royale ont quitté le territoire français.
Même jour.—-Adresse des ministres à l'empereur.
29 mars.—-Déclaration du conseil d'état en réponse à celle des puissances alliées du 13.
30 mars,—-Circulaire du ministre des relations extérieures, Caulaincourt, duc de Vicence, aux ambassadeurs, ministres, et autres agens de France à l'extérieur.
31 mars.—-Joachim Murat, roi de Naples, se déclare pour son beau-frère Napoléon, et appelle les Italiens à l'indépendance.
1er avril.—-Décrets qui annulent les ordonnances du roi, relatives aux théâtres, au Conservatoire, à l'Hôtel des Invalides, etc.
2 avril.—-Décret portant abolition de la traite des Nègres, —-Napoléon reçoit l'Institut aux Tuileries.
Même jour.—-La duchesse d'Angoulême est contrainte de quitter Bordeaux.
3 avril.—-Le général Clausel prend possession de Bordeaux au nom de l'empereur, et fait arborer la cocarde tricolore dans cette ville.
Même jour.—-Lettre de l'empereur aux divers souverains d'Europe.
4 avril.—-Lettre du ministre de la police générale à tous les préfets de l'Empire.
7 avril.—-Décret impérial concernant la garde nationale,—-Autre, sur une nouvelle organisation de la police générale.
8 avril.—-Convention signée au Pont St.-Esprit, entre le duc d'Angoulême et le général Grouchy. Le prince consent à être conduit à Cette, pour s'y embarquer.
Même jour.—-Décret impérial relatif à la famille des Bourbons.
10 avril.—-Décret impérial qui élève à la dignité de maréchal d'empire les généraux Grouchy, Bertrand, Drouot, d'Erlon, Belliard et Gérard.
11 avril.—-Décret qui ordonne que tout fonctionnaire civil et militaire renouvellera le serment de fidélité à l'empereur.
15 avril.—-Rapport du ministre des relations extérieures à l'empereur sur les dispositions hostiles des puissances, sur la rupture des communications entre elles et l'empire français.
16 avril.—-Autre rapport du ministre de la police générale à l'empereur, sur la situation intérieure de la France, et circulaire du même aux préfets.
Même jour.—-Décret portant que l'assemblée du Champ-de-Mai, convoquée pour le 26 du mois suivant, sera composée des membres de tous tes collèges électoraux des départemens et d'arrondissemens de l'empire, et des députations nommées par tous les corps d'armée de terre et de mer. Autre décret pour l'organisation d'un ou plusieurs corps francs par département.—-Autre, qui augmente de douze membres la classe des beaux-arts (4° de l'Institut.)
22 avril.—-Promulgation de l'acte additionnel aux constitutions de l'empire.
30 avril.—-Décret sur le renouvellement des autorités municipales.
6 mai,—-Lettre du ministre de la guerre aux préfets.
7 mai.—-Nouveau rapport du ministre de la policé générale sur la situation de l'empire.
9 mai.—-Décret de Napoléon sur le rapport ci-dessus.
10 mai.—-Arrivée a Paris du prince Lucien Bonaparte, frère de l'empereur.
24 mai.—-Présentation des confédérés de Paris à l'empereur.
28 mai.—-Pacte fédératif des Parisiens.
1er juin.—-Solennité du Champ-de-Mai au Champ-de-Mars. L'empereur y fait un discours et distribue les aigles impériales à l'armée et à la garde nationale. D'après le recensement des votes émis a Paris et dans les départemens, l'acte additionnel du 22 avril est proclamé constitution de l'état.
3 juin.—-Ouverture des deux chambres (des pairs et des représentans). M. Lanjuinais est nommé par l'empereur président de la chambre des représentans.
4 juin.—-Grandes fêtes et réjouissances publiques à Paris pour célébrer l'acceptation de l'acte additionnel aux constitutions de l'empire.
5 juin.—-Le président de la chambre des pairs, Cambacérès, donne communication à la chambre des représentans du décret de l'empereur contenant la nomination des pairs de France.
7 juin.—-Ouverture solennelle de la session législative par l'empereur.
10 juin.—-Déclaration par laquelle la Suisse annonce qu'elle accède au système de confédération des puissances contre Napoléon.
11 juin.—-L'empereur reçoit les adresses des deux chambres des pairs et des représentans. Dans sa réponse, il annonce son départ pour l'armée dans la nuit suivante.
12 juin.—-Napoléon quitte Paris à trois heures du matin.
13 juin.—-Il arrive à Avesnes.
14 juin.—-Proclamation de l'empereur à l'armée.
Même jour.—-Rapport des deux chambres sur la situation de l'empire, présenté par le ministre de l'intérieur Carnot.
15 juin.—-Combat de Fleurus, gagné par l'armée française.
16 juin.—-Bataille de Ligny ou des Quatre-Bras, gagnée par l'armée française. Les Prussiens perdent 20,000 hommes.
17 juin.—-Quartier-général de l'empereur à la ferme du Caillou, près Planchenois.
18 juin.—-Bataille de Mont-Saint-Jean ou de Waterloo, perdue par l'armée française.
21 juin.—-Retour de l'empereur à Paris. La chambre des représentans se déclare en permanence, et exprime des sentimens hostiles contre l'empereur.
22 juin.—-Seconde abdication de l'empereur en faveur de son fils, Napoléon II.
23 juin.—-Les deux chambres nomment une commission de gouvernement, composée de Fouché, duc d'Otrante, président; Carnot, Caulaincourt, Quinette et le général Grenier.
25 juin.—-Napoléon se retire a la Malmaison, ancienne résidence de sa première épouse, Joséphine. Il adresse de là une proclamation à l'armée devant Paris.
26 juin.—-Fouché, président de la commission de gouvernement, sous prétexte de protéger la sûreté de Napoléon, mais réellement pour rester maître de sa personne, envoie à la Malmaison une garde commandée par le général Becker.
27 juin.—-Napoléon, apprenant l'approche des armées prussienne et anglaise, écrit à la commission de gouvernement, et demande à servir en sa qualité de général contre les ennemis de la patrie.
29 juin.—-Napoléon quitte la Malmaison pour se rendre à Rochefort.
3 juillet.—-Capitulation de Paris.
8 juillet.—-Arrivée de Napoléon à Rochefort.
Même jour.—-Rentrée de S. M, Louis XVIII à Paris.
13 juillet.—-Napoléon écrit de Rochefort au prince-régent d'Angleterre, pour le prévenir que: «comme Thémistocle, il vient s'asseoir aux foyers du peuple britannique.»
15 juillet.—-Napoléon s'embarque sur le brick l'Épervier, dans le dessein de se rendre sur le vaisseau anglais le Bellerophon. Au moment d'aborder, il s'aperçoit que le général Becker le suivait: «Retirez-vous, général, lui dit-il, je ne veux pas qu'on puisse croire qu'un Français est venu me livrer à mes ennemis.»
16 juillet.—Il fait voile vers l'Angleterre.
4 août.—Protestation de Napoléon contre la conduite de l'Angleterre à son égard.
8 août.—Lord Keith apporte à Napoléon l'ordre du gouvernement anglais de le transférer à Sainte-Hélène.
10 août. Napoléon est embarqué sur le Northumberland.
11 août.—Il quitte le canal de la Manche. En passant à la hauteur du cap de la Hogue, Napoléon reconnut les côtes de France; il les salua aussitôt, et étendant ses mains vers le rivage, il s'écria d'une voix profondément émue: Adieu, terre des braves! Adieu, chère France! Quelques traîtres de moins, et tu serais encore la grande nation et la maîtresse du monde! Ces adieux de Napoléon à la terre qu'il avait illustrée devaient être les derniers.
18 octobre.—Napoléon débarque à l'île Sainte-Hélène7.
Footnote 7: (return) Avec le comte Bertrand, le général Gourgaud, les comtes Montholon et Las-Cases, la comtesse Montholon, la comtesse Bertrand et les enfans de ces deux dernières.
11 décembre.—Lettre de Napoléon au comte de Las-Cases, au moment où celui-ci était forcé de quitter l'île Sainte-Hélène.
25 juillet.—On le prive de M. Barry E. O'Méara, médecin anglais qui avait mérité son affection.
15 mars.—Napoléon tombe dangereusement malade.
31 mars.—Il est obligé, par sa maladie, de rester au lit.
15 avril.—-Il fait mettre au pied de son lit le buste de son fils.
5 mai.—-À sept heures du matin l'homme du siècle expire....... Ses derniers mots furent: «Mon fils! Dieu protège la France!»
6 mai.—-Les médecins anglais font l'ouverture du corps de Napoléon, et déclarent que Napoléon est mort d'un cancer à l'estomac. On remarque que le procès-verbal d'ouverture n'est pas signé du docteur Antommarchi, médecin particulier de Napoléon.
8 mai.—-Funérailles de Napoléon. Ses restes sont déposés dans une petite vallée de Sainte-Hélène, au pied d'un saule et auprès d'une source où cet illustre proscrit venait souvent se désaltérer, et sans doute méditer sur ses grandes destinées.
26 juillet.—-Les habitans du village de Kostheim, à une demi-lieue de Mayence, que Napoléon avait exemptés d'impositions pendant quinze ans, dans le temps de ses prospérités, font célébrer par leur curé un service funèbre en l'honneur de leur bienfaiteur.
Au quartier-général à Nice, le 8 germinal an 4 (28 mars 1796).
Bonaparte, général en chef, au directoire exécutif.
Je suis, depuis plusieurs jours, dans l'enceinte de l'armée dont j'ai pris depuis hier le commandement.
Je dois vous rendre compte de trois choses essentielles: 1°. des départemens de Vaucluse, des Bouches du-Rhône, du Var et des Basses-Alpes; 2°. de la situation de l'armée, de ce que j'ai fait et de ce que j'espère; 3°. de notre position politique avec Gênes.
Les quatre départemens de l'arrondissement de l'armée n'ont payé ni emprunt forcé, ni contributions en grains, ni effectué le versement des fourrages exigé par la loi du 7 vendémiaire, ni commencé à fournir le troisième cheval. Il y a beaucoup de lenteur dans la marche de ces administrations; je leur ai écrit, je les ai vues, et l'on m'a fait espérer quelque activité sur des objets aussi essentiels à l'armée.
La situation administrative de l'armée est fâcheuse, mais elle n'est pas désespérante. L'année mangera dorénavant du bon pain et aura de la viande, et déjà elle a touché quelques avances sur son prêt arriéré.
Les étapes pour la route du Rhône et du Var sont approvisionnées, et, depuis cinq jours, ma cavalerie, mes charrois et mon artillerie sont en mouvement. Je marcherai sous peu de temps. Un bataillon s'est mutiné; il n'a pas voulu partir de Nice, sous prétexte qu'il n'avait ni souliers, ni argent; j'ai fait arrêter tous les grenadiers, j'ai fait partir le bataillon, et, quand il a été au milieu de Nice, je lui ai envoyé contre-ordre et je l'ai fait passer sur les derrières. Mon intention est de congédier ce corps, et d'incorporer les soldats dans les autres bataillons, les officiers n'ayant pas montré assez de zèle. Ce bataillon n'est que de deux cents hommes; il est connu par son esprit de mutinerie.
J'ai été reçu à cette armée avec confiance; j'ai particulièrement été satisfait de l'accueil du général Schérer; il a acquis, par sa conduite loyale et son empressement à me donner tous les renseignemens qui peuvent m'être utiles, des droits à ma reconnaissance. Sa santé paraît effectivement un peu délabrée. Il joint à une grande facilité de parler des connaissances morales et militaires, qui peut-être le rendront utile dans quelque emploi essentiel.
Notre position avec Gênes est très-critique; on se conduit très-mal, on a trop fait ou pas assez, mais heureusement cela n'aura pas d'autre suite.
Le gouvernement de Gênes a plus de génie et plus de force que l'on ne croit; il n'y a que deux partis avec lui: prendre Gênes par un coup de main prompt, mais cela est contraire à vos intentions et au droit des gens; ou bien vivre en bonne amitié, et ne pas chercher à leur tirer leur argent, qui est la seule chose qu'ils estiment.
BONAPARTE.
Au quartier-général à Nice; le 9 germinal an 4 (29 mars 1796).
Au général chef de l'état-major.
Le troisième bataillon de la vingt-neuvième demi-brigade s'est rendu coupable de désobéissance; il s'est déshonoré par son esprit de mutinerie en refusant de marcher aux divisions actives; les officiers se sont mal conduits; le commandant, capitaine Duverney, a montré de mauvaises intentions. Vous voudrez bien faire arrêter le citoyen Duverney, et le faire traduire devant un conseil militaire à Toulon, où vous adresserez la plainte qui sera portée par le commandant de la place.
Vous ferez traduire devant un conseil militaire, à Nice, les grenadiers accusés d'être les auteurs de la mutinerie. Vous ferez sortir les autres grenadiers, que vous distribuerez, cinq hommes par cinq hommes, dans les bataillons de l'armée.
Les officiers et sous-officiers n'ayant pas donné l'exemple de partir, et étant restés dans les rangs sans parler, sont tous coupables; ils seront sur-le-champ licenciés et renvoyés chez eux.
Les soldats du bataillon seront incorporés à Marseille, avec la quatre-vingt-troisième demi-brigade. La présente lettre sera mise à l'ordre de l'armée.
BONAPARTE.
Au quartier-général à Nice, le 9 germinal an 4 (29 mars 1796).
Au général chef de l'état-major.
Je vous ai écrit ce matin relativement aux officiers du troisième bataillon de la vingt-neuvième demi-brigade. Les officiers des grenadiers de ce corps se sont bien conduits; je vous prie d'en faire mention à l'ordre, de prendre, de votre côté, des renseignemens sur la conduite générale de tous les officiers et sous-officiers de ce corps, de vouloir me faire part du résultat de vos recherches, et de me proposer un mode pour pouvoir placer ceux qui n'ont pris aucune part à la mutinerie.
BONAPARTE.
Au quartier-général à Nice, le 9 germinal an 4 (29 mars 1796).
Au général chef de l'état-major.
Le général Mouret commandera depuis la rivière d'Argent à Bandole, ensuite les limites des départemens des Basses-Alpes et du Var. Les cantons de Colmar et d'Entrevaux, seuls, ne seront pas de sa division. Le général Barbantane commandera depuis Bandole jusqu'au Rhône; son commandement s'étendra dans les départemens des Bouches-du-Rhône et de Vaucluse.
Le général Mouret aura sous ses ordres le général de brigade Gardanne.
Le général Barbantane aura sous ses ordres les généraux Serviez et Verne.
Le général Despinois se rendra au quartier-général.
BONAPARTE.
Au quartier-général à Nice, le 9 germinal an 4 (29 mars 1796).
Au général chef de l'état-major.
La cavalerie sera partagée en deux divisions.
La première sera composée du premier régiment d'hussards, du dixième de chasseurs, du vingt-deuxième de chasseurs, du vingt-cinquième de chasseurs, du cinquième de dragons, du vingtième de dragons.
Le premier régiment d'hussards ira par Menton, Saint-Remo, Oneille, Albenga, et se rendra à Toirano. Le dixième de chasseurs ira à Allenga; le vingt-deuxième de chasseurs suivra les mêmes étapes; deux escadrons se rendront à la Pietra et les deux autres iront à Loano.
Le vingt-cinquième de chasseurs prendra aussi la même route; deux escadrons iront à Borghe et deux autres à Cariale; le cinquième de dragons restera à Albenga; le vingtième de dragons ira à Alesio. La seconde division sera composée du septième régiment d'hussards, qui se rendra à la Pietra; il partira de Nice le 10 germinal; du treizième de hussards, qui se rendra à Loano; du vingt-quatrième de chasseurs, qui ira à Oneille; du huitième de dragons, qui ira au port Maurice; du quinzième de dragons, qui se rendra à Ormea.
Vous ordonnerez au général de brigade Saint-Hilaire de parcourir les villes destinées à la première division de la cavalerie, et de vous rendre compte s'il y a des écuries en assez grand nombre pour loger les chevaux.
Vous ordonnerez au général Serrurier d'envoyer un général de brigade faire la visite des villages où doit loger la seconde division. Vous recommanderez à ces généraux de mettre de la discrétion dans cette visite, et de ne rien faire qui puisse déclarer notre projet.
BONAPARTE.
Au quartier-général à Nice, le 10 germinal an 4 (30 mars 1796).
Au général chef de l'état-major.
On donnera de la viande fraîche cinq fois par décade; les bataillons qui ont pris aujourd'hui de la viande salée auront demain de la viande fraîche, et ceux qui ont eu de la viande fraîche auront du salé.
Les administrations de l'armée et les ateliers d'ouvriers prendront la viande tous ensemble.
BONAPARTE.
Au quartier-général à Nice, le 21 germinal an 4 (31 mars 1796).
Au général chef de l'état-major
Le général en chef est instruit que plusieurs commissaires des guerres et officiers ont, dans des caisses, des sommes provenant de différentes ventes, des contributions et des revenus des pays conquis. Cela étant contraire au bien du service, à l'ordre et à la constitution, il ordonne que ces différentes sommes soient remises, sans délai, dans la caisse du payeur de l'armée ou de ses préposés, afin qu'il en soit disposé, sur des ordonnances de l'ordonnateur en chef, pour le bien du service et pour procurer au soldat ce qui lui est dû.
BONAPARTE.