GÉNÉALOGIE

DE NAPOLÉON

BONAPARTE.

En 1752, le grand-duc de Toscane ayant voulu réformer les abus qui se glissaient dans l'usurpation des titres de noblesse, établit une commission chargée de la vérification de ces titres et de leur enregistrement.

La famille des Buonaparte, ou Bonaparte5 déchue de son ancienne splendeur, exilée de Florence à la suite des troubles qui agitèrent l'Italie dans le douzième siècle, présenta une requête au chapitre de l'ordre de Saint-Étienne, pour obtenir son classement parmi les grands de Florence.

Footnote 5: (return) Dans les pièces généalogiques que l'on nous a communiquées, et qui comprenaient quarante pages in-folio, ce nom était écrit tantôt Bonaparte, tantôt Buonaparte, quoique tout le texte fût en italien.

C'est cette requête, accompagnée de pièces authentiques à l'appui, qui nous a fourni les renseignemens dont nous offrons aujourd'hui un extrait succinct.

Le premier des membres de cette famille, dont le souvenir se soit conservé, Nicolas Bonaparte, attaché au parti des gibellins, fut compris dans la proscription qui les frappa, et banni de Florence en 1268, après avoir vu confisquer tous ses biens. Il se réfugia avec ses enfans à San-Miniato.

En 1441, un descendant du même Bonaparte, Leonardo Antonio Mocci, également gibellin, fut arrêté a Florence, accusé de haute trahison et décapité. Un registre déposé dans les archives de San-Miniato, et contenant l'état des biens confisqués aux rebelles, renferme le détail de ceux appartenant à Leonardo, et dont le tiers fut déclaré appartenir à son fils.

Depuis cette époque, plusieurs Bonaparte ont rempli avec distinction des fonctions élevées dans l'état militaire, la magistrature, et l'église, à Pisé, à Lucques, à Florence. L'enquête faite en août 1752, et présentée par le capitaine Nicolas Bonaparte, tant en son nom qu'en celui de ses enfans et de ses autres parens, nous a paru devoir occuper une place dans ce recueil; elle renferme une analyse historique des documens sur lesquels cette famille établissait ses prétentions. Nous en donnerons une traduction littérale.

Enquête pour le capitaine Bonaparte, fils et consorts.

«Illustrissimes seigneurs,

«Plusieurs raisons concluantes tendent à établir que la famille des exposans était placée dans un rang élevé et distingué de la ville de Florence; elle est regardée comme descendant de Buonaparte gibellin, porté, ainsi que ses fils, (al libro del chiodo), avec l'emploi de capitaine. La même famille était regardée comme jouissant du rang de grand de Florence, et fut reconnue judiciairement pour appartenir aux ordres nobles.

«Pour prouver qu'elle tire son origine du susdit Buonaparte, exilé avec ses fils en 1268, comme gibellin, du territoire de notre ville, nous employerons les raisons détaillées ci-après:

«1°. Notre premier raisonnement est que, Buonaparte gibellin, exilé en 1268 du territoire florentin, s'est réfugié avec quelques-uns de ses fils à San-Miniato, où dominait le parti gibellin, et que de lui sont descendus messire Jacopo, fils de messire Georgio di Jacopo de Buonaparti, résidant à San-Miniato, quartier de Poggighiti; qu'ils furent faits nobles, ainsi qu'il appert de l'admission des preuves par les seigneurs illustrissimes, et considérés comme descendans dudit messire Jacopo, fils de Giorgio, et aussi comme provenant dudit Buonaparte gibellin.

«En admettant cette première vérité, qu'ils descendent de messire Jacopo, fils de Giorgio, il en résulte deux conséquences: l'une, que ladite famille descendante de Buonaparte était noble à San-Miniato; l'autre, que cette ville était devenue sa véritable patrie. Si donc l'on reconnaît ces deux titres dans la famille des exposans, on ne peut se refuser à croire qu'elle était noble dès ce temps-là. Judiciairement considérée comme la vraie famille Buonaparte, elle en tirera l'invincible argument que les exposans proviennent de la même souche que messire Jacopo, lequel en provient lui-même par les fils de Buonaparte gibellin.

«L'argument ci-dessus se consolide de plus en plus en applicant au cas présent les doctrines légales: le séjour de la famille dans un même lieu, le même grade de noblesse et au même temps, forment un faisceau de preuves qui servent à établir la descendance d'une même souche; vérité qui devient plus évidente encore lorsque l'on voit Buonaparte, reconnu comme chef, donner son nom aux descendans.

«Ajoutons que l'article de qui, dans d'autres familles, précède le nom, suivant l'opinion des antiquaires les plus érudits, ne peut indiquer qu'une famille ordinaire devenue noble. Ainsi, devant les noms de médecins, de bourgeois et de riches, on joint l'article de à leurs noms, à moins qu'ils ne soient de haute lignée.

«On n'a jamais mis l'article de devant le nom de Achin Salviati, peintre excellent, et d'une si grande réputation; on n'en doit pas mettre devant le nom de notre famille, pas plus sans doute que devant le nom de nos anciens souverains les Médicis.

«Pour appuyer encore ce qui vient d'être dit, nous offrons les preuves suivantes, qui semblent sans réplique: non seulement Pierre di Gio di Jacopo di Moccio, l'un des informans, lors de la première description des décimes de l'année 1427, est cité comme citoyen de Florence, mais son père et son aïeul sont nommés comme alliés aux trois gentilshommes florentins Grandoni, Federighi et Ricci; de plus, ils résidèrent constamment dans le quartier du Saint-Esprit, où ils avaient leur habitation, et ils avaient établi leur sépulture dans l'église principale; nous citerons la mention de leur résidence au gonfalonier scala (gonfalone scala) où avaient passé Buonaparte gibellin et ses fils; ce qui prouve manifestement que Pierre, dont il vient d'être parlé, a continué d'occuper cette même habitation, comme descendant légitime du même nom, et le rapport du magistrat atteste qu'il était de Florence, habitait le même gonfalonier, et la même maison que le fondateur, M. Niccolo. Mais plus tard, au lieu d'y retourner, les Buonaparte occupèrent San-Miniato; ce qu'il est facile de reconnaître par la réticence que fit Pierre de son surnom dans le premier état de division qui eut lieu de sa part, ainsi que de ses descendans après lui. Cette omission, à laquelle on mit du mystère, donne à penser, ou plutôt à faire connaître, que ce même rejeton descendait de Buonaparte gibellin, dont la mémoire alors devait être odieuse à Florence, et ce moyen était plus facile à employer que de changer d'habitation, dans le dessein de laisser ignorer ces circonstances dans la ville. Il n'en était pas de même à San-Miniato, où dominait le parti gibellin. L'on voit même les auteurs, descendans et collatéraux du même Pierre, ne pas avoir recours au même moyen, et, dans toutes les occasions, tirer leur noblesse de Buonaparte. On voit aussi le sieur Nicolo lui-même taire tour à tour son surnom à San-Miniato, comme les autres l'avaient fait dans la ville de Florence, et, sans doute suivant les circonstances, le répéter ensuite deux fois dans la même inscription. On ne peut, dans le fait, imputer la réticence de ce nom qu'au désir de se tenir à l'abri de la haine que le peuple avait conçue pour lui, et il n'était certainement odieux au peuple que comme l'étaient les noms des autres grands et des gibellins: c'est le jugement qu'en portent tous les hommes éclairés. Il est peu de familles illustres qui n'aient été exposées aux mêmes inconvéniens à l'époque dont nous rappelons le triste souvenir.

«En quatrième lieu, lorsque, d'après l'inspection seule de l'arbre généalogique, nous voyons un membre de la famille parvenir aux premières dignités de l'église de Florence, dignités qui n'ont jamais été conférées qu'avec beaucoup de circonspection, nous pouvons en tirer l'induction de la haute considération qu'inspirait messire Jacopo, à cause de messire Pierre, chanoine et doyen florentin, avant le prince successeur de Francisco Bucellaï (c'est-à-dire en 1500.)

«On voit en outre les auteurs des informans alliés aux maisons Ricci, Federighi, Grandoni, Albizzi, Visdmnini, Alberti, Masi, Tornabuoni, parens des Tornaquiuci de Pauzano, parens de Ricasoli, Buonacorsi, Gaetani, Pamialichi, Attavanti, Squarcialupi et Borronaci, dont est né un des informans.

«De là on peut, avec beaucoup de raison, conclure que l'origine de la famille est noble, venant directement du même Buonaparte.

«Enfin, de ce que notre famille a été exclue des honneurs populaires dont elle était en possession, on doit en tirer la conséquence qu'elle était dévouée au parti gibellin.

«On la voit ensuite transférée à San-Miniato, et y posséder un château, et, fidèle au parti qu'elle avait embrassé, offrir une nouvelle victime dans la personne de Leonardo Antonio del nostro moccio, décapité pour cette raison en 1441.

«Toutes ces circonstances réunies établissent d'une manière péremptoire le dévouement de cette famille aux gibellins. Nous prouverons plus tard qu'elle jouissait d'une grande fortune, et que, si les honneurs et les dignités qui semblent devoir être l'apanage de ce rang, lui ont été refusés, il ne faut en accuser que les dissensions civiles qui la réduisirent enfin à cacher son nom.

«On ne peut tirer d'aucune archive des preuves plus fortes pour constater l'origine des informans quant à leur auteur Buonaparte. Bien qu'elles soient très concluantes, nous espérons que vos grandeurs voudront bien, dans leurs principes d'équité, prendre en considération la force de ces mêmes preuves, par l'impossibilité où se trouvent les informans de les compléter d'une manière plus satisfaisante.

«Indépendamment de la réunion des conjectures, qui vient d'être établie par ce qui précède, nous croyons être encore à même de prouver que Touquin d'Oddo et ses descendans remontent sans nul doute à Buonaparte gibellin, ainsi que nous l'avons déjà avancé plusieurs fois. Nos conjectures sont d'autant plus fondées, que nous trouvons dans un ancien registre de la famille des exposans, du commencement de l'année 1518, avant l'érection de la principauté, à la page 20, une note dont copie authentique se trouvera à la suite de la présente instruction. La vérité qui jaillit de cette note émane d'une personne respectable; elle a eu lieu également dans un temps non suspect; il faut donc en conclure que ce document mérite la plus grande confiance, quoiqu'il ne soit an surplus qu'un complément des preuves de noblesse que nous sommes en état de donner. Il faut en conclure également que cette même noblesse est établie et confirmée par probabilités ou vraisemblances qui peuvent être rangées au nombre des choses légales et authentiques. Ces probabilités, outre les raisons précédemment alléguées, dérivent incontestablement de trouver réunis, à la même époque et dans le même grade, d'une part, le colonel messire Jacopo di Giorgio, jusqu'à Buonaparte gibellin, et de l'autre, notre colonel Giovanni di Jaccopo jusqu'au même Buonaparte: En suivant même la proportion des temps, il ne paraîtrait pas impossible que lesdits Jacopo et Gio soyent tous les deux descendans du même Buonaparte, et cette probabilité, disons plus, cette vérité, se fortifie par l'apparition seule des personnes, qui, ayant lieu dans le même temps, leur fait assigner avec beaucoup de vraisemblance une origine commune. «Mais quand même cette noble origine ne serait pas établie, comme elle l'est, n'y a-t-il pas lieu de reconnaître, en passant a l'examen de la seconde proposition, que la famille Buonaparte se trouve liée aux familles les plus considérées de Florence, en ligne directe. Son séjour ancien et habituel dans cette dernière ville, ses armoiries, en un mot, c'est-à-dire le râteau rouge avec la fleur de lys d'or, armoiries données aux familles nobles par le roi Charles Ier, ainsi que la croix du peuple florentin, dont elle est depuis long-temps en possession, sont des preuves de sa noblesse qui attestent même qu'elle remonte au temps des gibellins. «A la vérité, les marques de noblesse données par le peuple ne s'accordèrent qu'aux familles d'un rang élevé, et le plus souvent, comme chacun le sait, à celles des mêmes familles qui s'empressèrent d'abjurer le parti des gibellins pour acquérir de la popularité. Quelques-uns des nôtres ont fait cette abjuration au moment même où ils recevaient les armoiries,. d'autres, depuis la décapitation du susdit Leonardi. «Privée des honneurs populaires, cette famille s'est considérée comme déchue de sa grandeur, et fut en butte à toutes sortes de mauvais traitemens, jusqu'à l'érection de la principauté. Alors seulement, voulant ne pas laisser perdre une illustration justement acquise, elle a relevé pour elle-même des faits qui avaient été tenus secrets, non pas tant, peut-être, pour en dissiper l'odieux que pour prouver qu'elle ne renonçait pas à ses droits, comme l'ont fait nombre d'autres familles, en refusant les armoiries et les alliances qui les auraient rendues agréables au peuple, en suivant l'impulsion du pays.

«Venons à l'autre point de notre exposé. Il est fondé sur ce que nous venons de dire, qu'en 1571, le chevalier Fausto Beltramini de Siena, voulant prendre la croix de St.-Étienne, non par grâce, mais d'après justice, établit le quartier de noblesse de Buonaparte par Catherina sa mère, fille de Gio, fils de notre Benedetto Buonaparte. Il prouva de même la noblesse d'Attavanti par la mère de Catherina, et en remontant jusqu'au premier grade de noblesse de Buonaparte à Florence, dans le temps même de la république, preuves qui émanent des documens des magistrats de San-Miniato depuis 1570 jusqu'à 1571, où ils s'expriment ainsi qu'il suit, au sujet des auteurs des exposans: «c'est bien volontairement qu'ils s'en sont abstenus, à cause de leur droit de cité à Florence,» et comme l'atteste plus clairement encore le témoignage de messire Antonio de Gucci de San-Miniato.

«Premier témoin. Il se rappelle avoir vu ledit Gio-Buonaparte, père de ladite Catherina, icelle mère dudit Fausto, en qualité de gentilhomme et homme d'armes de M.Valerio Orsini, aux appointemens de la république de Florence. Sur ces documens généraux, a été accordé le quartier de noblesse à Buonaparte par le conseil de Pise, avec une mention honorable sur le rapport qui en a été fait au sérénissime grand-maître.

«Les motifs de ce rapport ont été, que la famille de Buonaparte a joui du droit de cité à Florence et à Lucques; que plusieurs membres de cette famille avaient rempli l'emploi de vedut du collège, que d'autres ont eu des emplois au dehors; mais comme dans le temps San-Miniato n'avait pas de siège épiscopal, et que par conséquent ces familles ne pouvaient, en vertu des statuts de l'ordre, être admises aux preuves judiciaires, à l'effet de prendre l'habit, d'après le chapitre 3 du même statut, «le candidat doit être de la nation et né dans la ville,» malgré l'application de ce principe aux autres quartiers de noblesse, la justice ne put les étendre jusqu'au quartier de Buonaparte, c'est-à-dire à l'ancienne et noble origine de Buonaparte gibellin et à ses auteurs, quoiqu'ils fussent dès lors considérés comme grands.

«On voit en second lieu que la jouissance des emplois des collèges mentionnée au susdit rapport, avec l'approbation du saint ordre militaire, qui l'admettait même comme preuve judiciaire, concession semblable à celle faite a la famille Jeppi, ne peut s'expliquer autrement que par les preuves fournies par la famille Buonaparte et par Beltramini, de la possession des prérogatives du grade noble de Florence. Or, suivant les lois réglementaires de ce corps de noblesse, elle doit être placée au rang des patriciens.

«Mais pour éclaircir davantage ce qui vient d'être exposé, nous donnerons l'assurance que les preuves des titres des Buonaparte, faites par Beltramini dans la personne de Catherina di Gio di Benedetto Buonaparte, l'auteur commun, furent faites comme de famille florentine, sanctionnées par le saint ordre militaire. Ceci fit reconnaître judiciairement le quartier de Buonaparte à Ridolfi, soixante-dix ans après les preuves de Beltramini. Si tel a été l'effet des preuves de Beltramini, à plus forte raison les Buonaparte ont le droit de demander à être, comme les Ridolphi, reconnus nobles et de famille florentine.

«En résumant aux yeux de leurs seigneuries illustrissimes ce qui vient d'être examiné et discuté, la famille Buonaparte a le droit d'être classée parmi les grands ou gibellins, d'après le §10 de l'instruction de la loi sur la noblesse, ou d'être reconnue judiciairement pour famille florentine aux ordres nobles, suivant le §5 de la même loi. Mais dans l'un comme dans l'autre cas, leurs seigneuries illustrissimes ne peuvent manquer de reconnaître le droit de cette même famille au patriciat florentin, ce qu'elle attend de leur bienveillance et de leur justice, se faisant du reste un honneur de les avoir pour juges.»

À la suite de cette pièce, s'en trouvait une autre contenant le dessin et la description des armoiries de Bonaparte.

«Les armes de la famille de Bonaparte sont un champ rouge avec deux raies blanches en bandes, et deux étoiles également blanches, l'une dessous, l'autre au-dessus des bandes. Au chef de l'écu, dans un champ d'azur, est un rateau rouge et deux fleurs de lys d'or. Au milieu du rateau, un champ blanc avec croix rouge.

«On voit de ces armes en beaucoup d'endroits à Florence, dans le cloître du St.-Esprit, au lieu de leur sépulture, et dans divers endroits de la ville de San-Miniato. Elles se trouvent aussi parmi les procédures faites au sujet de la profession de religion de St.-Etienne, par le chancelier Fausto Beltraroini, chevalier judiciaire de cet ordre militaire et sacré en l'année 1671, lesquelles procédures prouvent le quartier maternel de la famille Buonaparte.

«Les armes de la branche des Franchini de San-Miniato sont un champ d'or, et un pin au milieu. Au chef de l'ecu, est un rateau rouge dans un champ d'azur, avec trois fleurs de lys d'or.»

L'Arbre généalogique de la famille Buonaparte, dressé d'après les pièces produites, venait ensuite et était suivi:

1°. De renseignemens concernant la personne de Buonaparte gibellin et de ses fils exilés.

2°. D'autres documens concernant Leonardo d'Antonio, décapité comme gibellin.

3°. D'un Mémoire de Jules, fils de Jean Buonaparte, extrait d'un ancien livre de la famille des exposans.

4°. D'un document qui établit que Moccio Buonaparte est fils d'Oddo.

5°. D'un arbre des décimes de la famille.

6°. D'une attestation des gabelles et autres documens concernant les mariages et lignées de l'une et l'autre branche des Buonaparte. 7°. D'une attestation de l'office des traites, comme dépendance du collège et d'autres bureaux également pour les deux susdites branches.

8°. De preuves que leurs parens, depuis 1738, se sont surnommés Buonaparte, avec la jouissance du priorat.

9°. D'extraits de baptême des auteurs de la requête.

10°. D'un document sur le patrimoine ancien et actuel de la famille;

Sur les personnes constituées en dignités dans ladite famille;

Sur les nobles et anciens tombeaux de cette même famille dans San-Miniato et a Florence.

11°. D'un acte de notoriété de San-Miniato pour la famille de Buonaparte en 1571.

12°. D'une enquête sur leur famille, pour prouver judiciairement leur quartier, à l'ordre de Saint-Etienne, comme famille florentine.

13°. Des motifs des chevaliers rapporteurs pour accorder ledit quartier.

14°. Des motifs d'autres chevaliers rapporteurs auprès des grands-maîtres dudit ordre, pour octroyer judiciairement ledit quartier à d'autres Buonaparte.

15°. De preuves de l'établissement dans San-Miniato de l'ancienneté de la famille de messire Jacopo, fils de messire Giorgio Buonaparte.

Ces pièces, d'un intérêt secondaire, établissent cependant d'une manière authentique l'ancienneté de l'origine de cet homme extraordinaire, dont la naissance fut sans doute le moindre mérite. Il appartient tout entier au domaine de l'histoire: l'équitable postérité établira d'une manière invariable le rang qu'il mérite, et que ne peuvent aujourd'hui lui assigner ni l'enthousiasme ni la haine.


PRÉCIS

CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE

DE LA VIE

DE NAPOLÉON

BONAPARTE


1769

15 août.—Naissance de Napoléon Bonaparte à Ajaccio, dans l'île de Corse: son père, Charles Bonaparte; sa mère, Letitia Ramolini; son parrain, le célèbre Paoli, dont l'exemple contribua puissamment au développement des facultés de Napoléon.

1777.

Septembre.—Elevé d'abord au collège d'Autun, le jeune Bonaparte est reçu par la protection de M. de Marboeuf, gouverneur de l'Ile de Corse, à l'école royale militaire de Brienne en Champagne.

1784.

Bonaparte est compris dans la promotion d'élèves qui passent de Brienne à l'école de Paris.

1787.

Après des examens brillans, il est nommé sous-lieutenant d'artillerie au régiment de Lafère.

1788.

Il part de Paris avec Paoli pour se rendre en Corse.

1789.

Nommé lieutenant-colonel de la garde nationale d'Ajaccio, il seconde le général Paoli et perfectionne sous lui ses études de l'art militaire.

1792.

Banni de l'île de Corse par les factieux qui se disputaient l'autorité, Bonaparte revient en France, débarque à Marseille, et reprend presque aussitôt un service actif dans les armées de la république.

1793 (an 1er de la république.)

26 juillet (8 thermidor.)—Commandant en sa qualité de lieutenant l'artillerie du corps d'armée du général Carteaux, qui faisait la guerre aux Marseillais insurgés contre la convention, il reprend Avignon, dont ceux-ci s'étaient emparés.

28 juillet (10 thermidor.)—Il s'empare de Beaucaire, aussi occupée par les Marseillais.

Employé ensuite au siège de Toulon, dans l'armée du brave général Dugommier, Bonaparte est nommé chef de bataillon, commande l'artillerie pendant l'absence du général Dommartin, il y est blessé; se fait distinguer par les représentans du peuple dans toutes les affaires qui eurent lieu durant ce siège mémorable, contribue puissamment à la reprise de cette ville livrée aux Anglais, et jette d'une manière solide les premiers fondemens de cette gloire militaire qui devait avoir tant d'éclat.

1794 (an II.)

29 avril. (10 floréal.)—-Bonaparte, envoyé après le siège de Toulon à l'armée d'Italie, commandée par le général Dumerbion, se distingue de nouveau à la prise de Saorgio, dans le comté de Nice. Il est nommé général de brigade par les représentans du peuple. Devenu suspect peu de temps après, il est le premier officier de l'armée d'Italie contre lequel le comité de sûreté générale décerna un mandat d'arrêt. Arrêté aux avant-postes de l'armée, il est conduit au fort carré d'Antibes.

1795(an III.)

En butte à la haine du représentant Aubry, qui dirigeait la partie militaire dans le comité de salut public, Bonaparte est destitué, réintégré, destitué de nouveau, puis emprisonné; ayant enfin obtenu sa liberté et recouvré des protecteurs, il est nommé commandant de l'artillerie en Hollande; mais retenu par Barras, il ne se rend point à sa destination.

3 octobre (11 vendémiaire an IV.)—-Barras le fait nommer commandant de l'artillerie à Paris.

5 octobre (13 vendémiaire.)—-Bonaparte réduit les sections insurgées contre la convention.

10 octobre (18 vendémiaire.)—-Il est récompensé du service qu'il a rendu à la convention par sa nomination au commandement en second de l'armée de l'intérieur et de Paris.

30 octobre (8 brumaire.)—-Commandant en chef de la même armée en remplacement de Barras, démissionnaire, il reçoit en outre la fonction de veiller à la police de Paris.

1796 (an IV.)

23 février (4 ventose.)—Nommé par le directoire commandant en chef de l'armée d'Italie, en remplacement du général Schérer.

8 mars (18 ventose.)—Bonaparte épouse Joséphine Tascher de la Pagerie, veuve du vicomte de Beauharnais.

11 mars (21 ventose.)—Il part de Paris pour se rendre en Italie, et passe par Marseille pour y visiter sa famille.

20 mars (30 ventose.)—Il prend à Nice le commandement de l'armée d'Italie, qu'il trouve dans le dénuement le plus complet; en peu de jours, elle fut par ses soins pourvue d'habillemens et de subsistances. Bonaparte n'avait alors que 26 ans.

10 avril (21 germinal.)—Il commence les hostilités contre l'armée autrichienne, commandée par le général Beaulieu.

11 avril (22 germinal.)—Bataille et victoire de Montenotte.

14 avril (25 germinal.)—Bataille et victoire de Millesimo. Dans ces deux batailles, qui avaient pour but de séparer les deux armées piémontaise et autrichienne, le jeune général français bat complètement deux vieux guerriers consommés, les généraux Colli et Beaulieu.

16 avril. (27 germinal.)—Combat de Dego.

17 avril. (28 germinal.)—Prise du camp retranché de Ceva.

22 avril (3 floréal.)—Bataille de Mondovi. Le général Beaulieu est défait de nouveau.

25 avril (6 floréal.)—Prise de Cherasco.

28 avril (9 floréal.)—Bonaparte conclut un armistice avec le général piémontais Colli, et se fait céder les forteresses de Coni, Tortone et Ceva.

6 mai (17 floréal.) Le général Bonaparte demande au directoire des artistes pour recueillir les monumens des arts que ses conquêtes mettent à la disposition du gouvernement français.

7 mai (18 floréal.)—Passage du Pô par l'armée française, et combat de Fombio.

9 mai (20 floréal.)—Armistice conclu entre Bonaparte et le duc de Parme.

11 mai (22 floréal.)—Passage du pont de Lodi, et déroute de l'armée de Beaulieu.

12 mai (23 floréal.)—Prise de Pizzighitone.

15 mai (25 floréal.)—Entrée triomphale du général Bonaparte à Milan, capitale de la Lombardie.

22 mai (3 prairial.)—Prise de Pavie.

29 mai (10 prairial.)—Passage du Mincio et victoire de Borghetto.

3 juin (15 prairial.)—Prise de Vérone, où Louis XVIII se trouvait quinze jours auparavant.

4 juin (16 prairial)—Arrivée de Bonaparte devant Mantoue, et premier investissement de cette place fameuse.

15 juin (27 prairial.)—Armistice conclu par Bonaparte entre la France et le roi de Naples.

19 juin (1er messidor.)—Prise de Bologne et de Modène.

23 juin (5 messidor.)—Armistice accordé au pape par Bonaparte.

29 juin (11 messidor.)—Prise de Livourne.

7 juillet (19 messidor.)—Combat de la Bocchetta di Campion.

18 juillet (30 messidor.)—Combat de Migliaretto.

20 juillet (2 thermidor.)—Première sommation faite à Mantoue; siège régulier de cette place.

29 juillet (11 thermidor.)—Combat de Salo; le général Bonaparte apprenant qu'une armée autrichienne, commandée par le maréchal Wurmser, est en marche pour lui faire lever le siège de Mantoue, se porte lui-même avec toutes ses forces à la rencontre de son nouvel ennemi.

3 août (16 thermidor.)—Bataille de Castiglione et combat de Lonato; l'armée du général Wurmser est mise en déroute.

6 août (19 thermidor.)—-Combat de Peschiera.

11 août (24 thermidor.)—-Combat de la Corona, reprise de toutes les lignes sur le Mincio, et continuation du siège de Mantoue.

24 août (7 fructidor.)—-Combat de Borgoforte et de Goveruolo.

3 septembre (17 fructidor.)—-Combat de Serravalle.

4 septembre (18 fructidor.)—-Combat de Roveredo.

5 septembre (19 fructidor.)—-Prise de Trente.

7 septembre (21 fructidor.)—-Combat de Covolo.

8 septembre (22 fructidor.)—-Combat de Bassano.

12 septembre (26 fructidor.)—-Combat de Cerca.

13 septembre (27 fructidor.)—-Prise de Legnago; le même jour, le général Wurmser ne pouvant plus se maintenir en campagne, se jette dans Mantoue pour y chercher un refuge.

14 septembre. (28 fructidor.)—-Combat de Due-Castelli.

15 septembre (29 fructidor.)—-Combat de St.-Georges.

1796 (an V.)

8 octobre (17 vendémiaire.)—-Bonaparte se fait livrer la ville de Modène.

19 octobre (28 vendémiaire.)—-Une division française commandée par le général Gentili, et envoyée par Bonaparte, descend dans l'île de Corse, alors occupée par les Anglais.

22 octobre (1er brumaire.)—-L'île de Corse, conquise par les soldats de Bonaparte, redevient partie intégrante de la république française.

27 octobre(6 brumaire.)—-Prise de Bergame.

6 novembre (16 brumaire)—-Combat sur la Brenta.

11 novembre (21 brumaire.)—-Combat de Caldiero.

15, 16, 17 novembre (25, 26, 27 brumaire.)—-Bataille d'Arcole; une troisième armée autrichienne, envoyée par la cour de Vienne, et commandée par le général Alvinzi, est mise en fuite.

18 novembre (28 brumaire.)—-Bonaparte donne son approbation à la constitution rédigée par le sénat de Bologne pour la république cisalpine.

1797 (an V.)

14 janvier (20 nivose.)—-Bataille de Rivoli; les Autrichiens sont mis en pleine déroute, et le général Alvinzi qui les commandait parvient à peine à se sauver.

15 janvier (26 nivose.)—-Combat d'Anghiari.

16 janvier (27 nivose.)—-Combat de St.-Georges.

26 janvier (6 pluviose.)—-Bonaparte stipule avec le marquis de Manfredini l'évacuation de la Toscane. Décret qui accorde, à titre de récompense, aux généraux Bonaparte et Augereau, les drapeaux pris par eux à la bataille d'Arcole sur les bataillons ennemis.

26 janvier (7 pluviose.)—-Combat de Carpenedolo.

27 janvier (8 pluviose.)—-Combat de Derumbano.

30 janvier (11 pluviose.)—-Les gorges du Tyrol sont forcées et les Français font leur entrée dans Trente.

1er février (13 pluviose.)—-Bonaparte rompt l'armistice accordé au pape, et fait envahir la Romagne par ses troupes.

3 février (15 pluviose.)—-Capitulation du général Wurmser, et reddition de Mantoue. Bonaparte, blâmé par ses généraux d'avoir accordé à Wurmser des conditions trop avantageuses, leur fait cette réponse mémorable: J'ai voulu honorer en lui la vieillesse et la valeur guerrière malheureuse. Les rivaux de Napoléon ont mal suivi cet exemple donné par Bonaparte.

4 février (16 pluviose.)—Défaite des troupes du pape sur le Sinio.

9 février (21 pluviose.)—Prise d'Ancône.

10 février (22 pluviose.)—Prise de Lorette; Bonaparte s'empare de la fameuse statue de la vierge qui y était adorée depuis des siècles, et l'envoie au directoire.

12 février (24 pluviose.)—Le pape Pie VI écrit à Bonaparte, pour lui demander la paix; le même jour, les Français parviennent jusqu'à Macerotte, à quarante lieues de Rome.

19 février (1er ventose.)—Traité de paix conclu par Bonaparte, entre la république française et le pape Pie VI; celui-ci renonce à toutes ses prétentions sur Avignon et sur le comtat venaissin, cède à perpétuité à la république française Bologne, Ferrare et la Romagne; il cède en outre tous les objets d'art demandés par Bonaparte, tels que l'Apollon du Belvédère, la Transfiguration de Raphaël, etc., etc., rétablit l'école française à Rome, et paye à titre de contribution militaire treize millions en argent ou en effets précieux.

22 février (4 ventose.)—Bref du pape Pie VI au général Bonaparte, dans lequel, entr'autres titres, il lui donne celui de son cher fils.

26 février (2 ventose.)—Bonaparte envoie au corps législatif les trophées de Mantoue.

2 mars (12 ventose.)—Combat de Monte-di-Sover.

10 mars. (20 ventose.)—Combat de Bellune.

12 mars (22 ventose.)—Combat de San-Salvador.

13 mars (23 ventose.)—Combat de Sacile.

16 mars (26 ventôse.)—-Bataille du Tagliamento, entre les Autrichiens commandés par le prince Charles, et les Français aux ordres de Bonaparte; l'armée autrichienne est mise en déroute.

19 mars (29 ventôse.)—-Combat de Gradisca.

22 mars (2 germinal.)—-Combat et prise de Bolzen.

23 mars (3 germinal.)—-Prise de Trieste.

31 mars (11 germinal.)—-Lettre de Bonaparte à l'archi duc Charles, dans laquelle il invite le prince autrichien à s'unir à lui pour arrêter le fléau de la guerre.

2 avril (i3 germinal.)—-Combat de Neumarck.

7 avril(18 germinal.)—-Armistice conclu à Indinbourg, entre le général Bonaparte et le prince Charles; l'armée française n'était qu'à trente lieues de Vienne.

13 avril (24 germinal.)—-Jour où expirait l'armistice, Bonaparte enveloppe l'armée autrichienne.

15 avril (26 germinal.)—-Le général en chef Bonaparte, au nom de la république française, et les généraux Belgarda et Nubbewed, au nom de l'empereur, signent à Léoben les préliminaires de la paix.

24 avril (5 floréal.)—-Prise de Vérone, qui, à l'instigation des Vénitiens, s'était révoltée contre les Français. Bonaparte fait envahir tous les états de terre-ferme de la république de Venise.

3 mai (14 floréal.)—-Manifeste du général Bonaparte, dans lequel il expose la conduite du gouvernement vénitien, et lui déclare la guerre.

11 mai (22 floréal.)—-L'armée française étant campée sous les murs de Venise, la noblesse prend la fuite, le doge abdique, une horrible anarchie s'établit dans la ville; les meilleurs citoyens appellent les Français pour la faire cesser.

16 mai (27 floréal.)—-Les Français prennent possession de la ville et des forts de Venise.

3 juin (15 prairial.)—-Bonaparte envoie au directoire les drapeaux pris sur les Vénitiens.

6 juin (18 prairial.)—-Convention de Montebello entre le général Bonaparte et les députés de Gènes.

9 juillet (21 messidor.)—-La république cisalpine est instituée sous l'influence du général Bonaparte.

26 juillet (7 thermidor,)—-Bonaparte réunit la Romagne à la république cisalpine.

22 août (5 fructidor.)—-Bonaparte part de Milan pour se rendre au congrès d'Udine.

1797 (an VI.)

17 octobre (26 vendémiaire.)—-Traité de paix conclu et signé a Campo-Formio par le général Bonaparte, au nom de la république française, et les plénipotentiaires de l'empereur d'Allemagne. Par ce traité, la république française est formellement reconnue, l'empereur renonce à toutes ses prétentions sur les Pays-Bas et sur le territoire de la république cisalpine, dont il reconnaît l'indépendance, etc., etc.

26 octobre (5 brumaire.)—-Bonaparte est nommé général en chef de l'armée dite d'Angleterre, formée par ordre du directoire sur les côtes de l'Océan.

31 octobre (10 brumaire.)—-Bonaparte envoie à Paris le général Berthier et le savant Monge, pour présenter au directoire le traité de paix qu'il a fait avec l'empereur.

15 novembre (25 brumaire.)—-Bonaparte part de Milan pour se rendre au congrès de Rastadt et y présider la légation française.

17 novembre (27 brumaire.)—-Bonaparte divise la république cisalpine eu vingt départemens.

26 novembre (6 frimaire.)—-Arrivée de Bonaparte à Rastadt.

1er décembre (11 frimaire.)—-Convention militaire signée à Rastadt entre le général Bonaparte et le comte de Cobentzel.

5 décembre (15 frimaire.)—-Arrivée du général Bonaparte à Paris. La reconnaissance et l'admiration éclatent partout où se montre le vainqueur de l'Italie.

9 décembre (19 frimaire.)—-Bonaparte est de nouveau appelé au commandement en chef de l'armée d'Angleterre.

10 décembre (20 frimaire.)—-Il présente au directoire, dans une audience solennelle, le traité de Campo-Formio, ratifié par l'empereur d'Allemagne. À cette occasion, il prononce un discours où il rappelle en peu de mots les exploits de l'armée d'Italie, et présente un drapeau sur lequel sont inscrites les victoires de cette même armée. Bonaparte devient l'idole des Parisiens; on frappe des médailles en l'honneur de ses victoires, etc., etc.

22 décembre (2 nivose.)—-Fête solennelle et brillante donnée à Bonaparte par le corps-législatif.

23 décembre (5 nivose.)—-Bonaparte est nommé membre de l'Institut.

1798 (an VI.)

3 janvier (14 nivose.)—-Fête donnée à Bonaparte par le ministre des relations extérieures, dans l'église de Saint-Sulpice.

28 février (4 ventose.)—-Retour à Paris de Bonaparte d'une visite qu'il venait de faire sur les côtes de l'Océan à l'armée d'Angleterre.

5 mars (15 ventose.)—-Arrêté du directoire qui charge Bonaparte du soin de diriger le grand armement formé sur les côtes de la Méditerranée.

2 avril (13 germinal.)—-Le directoire arrête que Bonaparte se rendra sur-le-champ à Brest, pour y prendre le commandement des forces navales qui y sont rassemblées.

12 avril (23 germinal.)—-Arrêté du directoire qui nomme Bonaparte général en chef de l'armée d'Orient.

3 mai (i4 floréal.)—Bonaparte se rend de Paris à Toulon.

8 mai (19 floréal.)—Arrivée de Bonaparte à Toulon, et proclamation adressée par lui à l'armée.

19 mai (30 floréal.)—Départ de Bonaparte pour l'Égypte avec l'armée qui doit en assurer la conquête.

10 juin (21 prairial.)—Apparition de la flotte française devant Malte.

9 juin (22 prairial.)—Débarquement des Français dans l'île.

12 juin (24 prairial.)—Capitulation de l'île de Malte; Bonaparte s'occupe avec activité d'établir une bonne administration dans l'île.

19 juin (1er messidor.)—Bonaparte quitte Malte pour se rendre à sa destination; il emmène avec lui les bâtimens de guerre trouvés dans le port.

1er juillet (13 messidor.)—Arrivée de la flotte française en vue d'Alexandrie, et débarquement de l'armée.

2 juillet (14 messidor.)—Attaque et prise d'Alexandrie.

11 juillet (23 messidor.)—Combat de Damanhour.

12 juilet (24 messidor.)—Combat de Rhamanieh.

14 juillet (26 messidor.)—Combat de Chebreiss.

23 juillet (5 thermidor.)—Bataille des Pyramides. «Soldats, dit Bonaparte, vous allez combattre aujourd'hui les dominateurs de l'Égypte (les mameloucks); songez que du haut de ces monumens quarante siècles vous contemplent.» Le soir de cette même journée, Bonaparte fait son entrée solennelle au Caire, abandonné par Ibrahim-Bey.

1er août (14 thermidor.)—Bataille navale d'Aboukir; Bonaparte, en recevant la nouvelle de la destruction de sa flotte, répond avec une apparente impassibilité: «Nous n'avons plus de flotte! hé bien, il faut rester en ces contrées, ou en sortir grands comme les anciens.»

5 août (18 thermidor.)—Combat d'El-Khanka.

10 août (23 thermidor.)—Combat de Salahieb.

12 août (25 thermidor.)—Combat de Remerieh.

18 août (1er fructidor.)—Bonaparte préside en grande pompe à la cérémonie de la rupture de la digue qui retient les eaux du Nil au Caire.

20 août (3 fructidor.)—Le général Bonaparte voulant se rendre favorables les habitans du pays, fait célébrer avec tout le faste oriental la fête du législateur d'Orient, Mahomet.

21 août (4 fructidor.)—Il arrête la formation d'un institut destiné à s'occuper des progrès et de la propagation des lumières en Égypte, de la recherche, de l'étude et de la publication des faits naturels, industriels, historiques de ce pays, etc., etc.

15 septembre (29 fructidor.)—Combat de Caf'Schabbas-Amer.

1798 (an VII.)

22 septembre (1er vendémiaire.)—Bonaparte fait célébrer au Caire l'anniversaire de la fondation de la république française.

29 septembre (8 vendémiaire.)—Combat de Mit-El-Haroun.

4 octobre (13 vendémiaire.)—Combat de Matarieh.

8 octobre (17 vendémiaire.)—Bataille de Sédiman.

21 et 22 octobre (30 vendémiaire et 1er frimaire.)—Violente insurrection dans la ville du Caire; les dispositions rapides et l'énergie du général en chef rétablissent promptement l'ordre et le calme. Cette insurrection avait pour prétexte la religion, et pour motif réel le refus de payer les contributions.

9 novembre (19 brumaire.)—Combat de Faioum. Prise de Suez.

21 décembre (1er nivôse.)—Bonaparte rétablit au Caire le divan, qu'il avait destitué après la grande insurrection.

25 décembre (5 nivôse.)—Il quitte la capitale de l'Égypte pour faire une reconnaissance à Suez, où il arrive le 27.

1799 (an VII.)

6 février (18 pluviôse.)—Ouverture de la campagne de Syrie; arrivée de l'armée expéditionnaire à Katieh.

9 février (21 pluviôse.)—Prise d'El-Arich.

7 mars (17 ventôse.)—Prise de Jaffa.

15 mars (25 ventôse.)—Combat de Qâ'quoum.

18 mars (28 ventôse.)—Commencement du siège de Saint-Jean d'Acre.

28 mars (8 germinal.)—Premier assaut livré à Saint-Jean d'Acre.

3 avril(14 germinal.)—Combat de Sour.

6 avril (17 germinal.)—Combat de Nazareth.

8 avril (19 germinal.)—Combat de Loubi.

9 avril (20 germinal.)—Combat de Cana.

11 avril(22 germinal.)—Combat de Seid-Jarra.

16 avril (27 germinal.)—Bataille du Mont-Thabor, gagnée sur les Musulmans par les généraux Bonaparte et Kléber.

4 mai (15 floréal.)—Second assaut livré à Saint-Jean d'Acre.

8 mai (19 floréal.)—Troisième assaut.

10 mai (21 floréal.)—Quatrième assaut.

17 mai (28 floréal.)—Levée du siège de Saint-Jean d'Acre.

29 mai (10 prairial.)—Prise de Kosseir.

14 juin (26 prairial.)—Retour de Bonaparte au Caire.

14 juillet (26 messidor.)—Il quitte le Caire pour se porter à la rencontre de l'armée turque, commandée par le grand-vizir, et débarquée à Aboukir.

19 juillet (1er thermidor.)—Il arrive à Rhamanieh.

25 juillet (7 thermidor.)—Bataille d'Aboukir; l'armée musulmane est totalement détruite.

2 août (15 thermidor.)—Le petit nombre de Turcs échappés à la bataille, et qui s'étaient réfugiés dans le fort d'Aboukir, implorent la clémence de Bonaparte, qui les reçoit à quartier.

18 août (1er fructidor.)—Bonaparte quitte le Caire pour se rendre à Alexandrie, où il arrive le 21.

23 août (5 fructidor.)—Le général en chef de l'armée d'Orient s'embarque sur la frégate la Muiron, qui doit le porter en France.

1799 (an VIII.)

1er octobre (10 vendémiaire.)—Il arrive à Ajaccio.

9 octobre (18 vendémiaire.)—Bonaparte débarque à Fréjus; il est reçu comme un libérateur par la population entière des départemens qu'il traverse.

16 octobre (25 vendémiaire.)—Il arrive à Paris.

6 novembre (15 brumaire.)—Fête superbe donnée par le gouvernement dans l'église Saint-Sulpice aux généraux Bonaparte et Moreau.

9 novembre (18 brumaire.)—Décret du conseil des Anciens, qui met à la disposition du général Bonaparte la garde ou corps législatif et toutes les troupes de la dix-septième division militaire, dont Paris était le chef-lieu.

10 novembre (19 brumaire.)—Décret rendu par le conseil des Anciens, portant l'abolition du directoire, l'expulsion de soixante membres du conseil des Cinq-Cents, la création provisoire d'une nouvelle magistrature destinée à exercer le pouvoir exécutif jusqu'à la confection d'une nouvelle constitution, et la désignation de Sieyes, Roger-Ducos et Bonaparte, pour exercer provisoirement cette nouvelle magistrature sous le nom de consuls de la république.

13 décembre (22 frimaire.)—Promulgation de la constitution de l'an 8. Le pouvoir exécutif est confié, pour dix ans, à trois consuls; Bonaparte, premier consul; Cambacérès, deuxième, et Lebrun troisième.—Quatre-vingts sénateurs, trente conseillers-d'état, trois cents députés au corps-législatif et cent députés au tribunal, tels sont les rouages de la constitution qui devait porter Bonaparte à la puissance absolue.

25 décembre—(4 nivose.)—Loi qui règle le mode et la nature des récompenses à accorder aux militaires qui se sont distingués ou se distingueront par des actions d'éclat.

26 décembre (5 nivose.)—Lettre du premier consul Bonaparte au roi d'Angleterre, dans laquelle il lui fait part de sa nomination à la première magistrature de la république, et de son désir de voir la France et l'Angleterre s'unir pour amener une paix générale.

29 décembre (8 nivose.)—Le premier consul Bonaparte accorde une amnistie générale aux habitans insurgés des départemens de l'Ouest.

1800 (an VIII.)

1er janvier (11 nivose.)—Installation du corps législatif et du tribunal.

5 janvier (15 nivose.)—Création d'un premier inspecteur général du génie.

19 janvier (29 nivose.)—Installation du gouvernement consulaire aux Tuileries.

13 janvier (3 pluviose.)—Établissement de la banque de France.

12 février (23 pluviose,)—Soumission des chouans du département du Morbihan.

18 février (29 pluviose.)—Établissement d'un préfet pour chaque département.

3 mars (12 ventose.)—Décret ordonnant la clôture de la liste des émigrés.

8 mars (17 ventose.)—Le premier consul arrête qu'il sera formé à Dijon une armée de réserve de soixante mille hommes.

22 mars (1er germinal.)—Création de la république des sept îles vénitiennes.

27 mars (6 germinal.)—Décret pour la création d'un conseil des prises.

2 avril (12 germinal.)—Le 1er consul nomme le général Carnot pour remplacer au ministère de la guerre le général Berthier, appelé par lui au commandement en chef de l'armée de réserve.

18 avril (28 germinal.)—Il nomme Bernadotte général en chef de l'armée de l'Ouest.

6 mai (16 floréal.)—Le premier consul quitte Paris pour aller prendre en personne le commandement de l'armée de réserve, devenue l'armée d'Italie.

15 mai (25 floréal.)—Il nomme premier grenadier des armées de la république le brave Latour-d'Auvergne, qui se refuse à tout avancement.

16, 17, 18 mai (26, 27, 28 floréal.)—Passage du mont Saint-Bernard par l'armée d'Italie, ayant le premier consul à sa tête.

22 mai (2 prairial.)—-Prise de Suze et de Verceil.

25 mai (5 prairial.)—-Prise de la citadelle d'Ivrée.

29 mai (9 prairial.)—-Reprise de Nice et passage du Tesin.

2 juin (13 prairial.)—-Prise de Milan. Le premier consul rétablit la république cisalpine.

7 juin (18 prairial.)—-Prise de Pavie.

8 juin (19 prairial.)—-Combat et prise de Plaisance.

9 juin (20 prairial.)—-Passage du Pô et bataille de Montebello.

14 juin (25 prairial.)—-Bataille de Marengo; elle coûte aux Autrichiens vingt mille hommes, quarante pièces de canon, douze drapeaux; à la France, le général Desaix, qui avait puissamment contribué à cette glorieuse victoire.

15 juin (26 prairial.)—-Convention d'Alexandrie entre le premier consul et Mélas, commandant en chef l'armée autrichienne. Cette convention, ou plutôt cette capitulation du général autrichien restitue à la France toutes ses conquêtes en Italie.

18 juin (29 prairial.)—-Le premier consul établit à Milan une consulte chargée de réorganiser la république cisalpine.

23 juin. (4 messidor.)—-Il rétablit l'université de Pavie.

26 juin (7 messidor.)—-Le premier consul fait transporter le corps de Desaix au mont Saint-Bernard, et ordonne qu'il sera érigé en ce lieu un monument à la mémoire de ce jeune héros.

30 juin (11 messidor.)—-Bonaparte ordonne la reconstruction de la place de Bellecour à Lyon et en pose lui-même la première pierre.

3 juillet (14 messidor.)—-Retour du premier consul à Paris.

28 juillet (9 thermidor.)—-Il signe les préliminaires de la paix entre la France et l'Autriche.

13 août (25 thermidor.)—Il nomme le général Brune commandant en chef de l'armée d'Italie.

25 août (7 fructidor.)—Il organise le conseil-d'état et nomme les conseillers.

3 septembre (16 fructidor.)—Convention d'amitié et de commerce entre les États-Unis et la république française.

20 septembre (troisième jour complémentaire.)—Nouvel armistice entre l'Autriche et la France. L'empereur ayant refusé de signer les préliminaires de paix, un autre congrès est indiqué à Lunéville, et le premier consul nomme le général Clark commandant extraordinaire de cette place.

Même jour. Inauguration du prytanée de Saint-Cyr, et translation solennelle des cendres de Turenne au temple de Mars (l'église des Invalides).

30 septembre (8 vendémiaire.)—Traité de paix entre la France et le dey d'Alger.

6 octobre (14 vendémiaire.)—Le premier consul ordonne au général Brune de faire occuper le grand-duché de Toscane.

8 octobre (16 vendémiaire.)—Il nomme le général Berthier ministre de la guerre.

10 octobre (18 vendémiaire.)—Arrestation dans les couloirs de l'Opéra, de Demerville, Caracchi et autres, prévenus d'avoir voulu assassiner le premier consul.

11 octobre (19 vendémiaire.)—Bonaparte nomme son frère Joseph plénipotentiaire de la république au congrès de Lunéville.

24 décembre (3 nivose.)—Explosion d'une machine infernale dirigée contre la personne du premier consul au moment où, se rendant à l'Opéra, il passait dans la rue Saint-Nicaise; Bonaparte ne doit son salut qu'à l'adresse de son cocher, qui tourna la charrette sur laquelle était la machine, au lieu de faire débarrasser le passage.

1801 (an IX.)

11 janvier (21 nivose.)—Création de tribunaux spéciaux: le gouvernement pourra en créer autant que bon lui semblera.

17 janvier (27 nivose.)—Rétablissement de la compagnie d'Afrique. Le premier consul charge le général Turreau de présider au confectionnement de la belle route d'Italie par le Simplon.

9 février (20 pluviose.)—Traité de paix entre la France et l'empereur d'Allemagne, signé à Lunéville par le comte de Cobentzel et Joseph Bonaparte.

10 février (21 pluviose.)—Arrêté des consuls qui ordonne la poursuite judiciaire des auteurs de la machine infernale.

18 février (27 pluviose.)—Armistice entre la république française et le roi des Deux-Siciles.

4 mars (13 ventose.)—Arrêté des consuls qui ordonne qu'il sera fait chaque année, du 17 au 22 septembre, une exposition publique des produits de l'industrie française. On peut regarder cet arrêté comme l'une des causes qui contribuèrent le plus puissamment aux développemens prodigieux de cette même industrie pendant tout le règne de Napoléon.

9 mars (18 ventose.)—Décret portant réunion des départemens de la Roër, de la Sarre, de Rhin et Moselle et du Mont-Tonnerre à la république française.

19 mars (28 ventose.)—Le gouvernement est autorisé par une loi à établir des bourses de commerce.

Même jour—Traité entre la république française et le roi d'Espagne, par lequel le duché de Parme est cédé à la France et la Toscane au prince de Parme, avec le titre de roi d'Étrurie.

25 mars (4 germinal.)—Le premier consul ordonne la construction de trois nouveaux ponts sur la Seine: un devant le jardin des Plantes, l'autre dans la Cité, le troisième devant le Louvre.

28 mars (7 germinal.)—Traité de paix entre la république française et le roi de Naples. Porto-Longone, l'île d'Elbe et la principauté de Plombino sont cédées à la France. Ferdinand s'engage en outre à fermer tous ses ports aux Anglais.

1er avril (11 germinal.)—Le premier consul nomme le général Macdonald ministre plénipotentiaire de la république près le roi de Danemarck.

6 avril (16 germinal.)—Le Régent et Carbon, convaincus d'avoir contribué à la confection de la machine infernale, sont décapités à Paris.

1er mai (11 floréal,)—Occupation de l'île d'Elbe par les Français.

8 mai (18 floréal,)—Organisation définitive da la société de la Charité maternelle.

21 mai (1er prairial.)—L'Institut présente au premier consul son projet de travail pour la continuation de son Dictionaire de la langue française.

4 juin (14 messidor.)—Le premier consul nomme le nègre Toussaint-Louverture gouverneur à vie de Saint-Domingue.

15 juillet (26 messidor.)—Concordat entre le premier consul et le pape Pie VII. Les évèques et archevèques nommés par le premier consul recevront du pape l'institution canonique. Par ce concordat, Bonaparte devenait réellement le restaurateur de la religion en France. Les prêtres ne lui en ont pas gardé plus de reconnaissance.

24 juillet (6 thermidor.)—Traité de paix et d'alliance entre la république française et l'électeur de Bavière.

31 juillet (12 thermidor.)—Organisation de la gendarmerie en France.

27 août (9 fructidor.)—Création d'un ministère du trésor public. Bonaparte donne le portefeuille à Barbé-Marbois.

29 septembre (7 vendémiaire.)—Traité de paix signé à Madrid entre la république française et le roi de Portugal.

1er octobre (9 vendémiaire.)—Préliminaires de paix signés à Londres entre la France et l'Angleterre.

8 octobre (16 vendémiaire.)—Traité de paix signé à Paris entre la France et la Russie.

9 octobre (17 vendémiaire.)—Préliminaires de paix signés à Paris entre la France et la Sublime-Porte.

12 novembre (21 brumaire.)—Consulte législative de la république cisalpine, indiquée à Lyon. Le premier consul est invité à assister à ses séances.

16 novembre (25 brumaire.)—Célébration à Paris de fêtes solennelles à l'occasion de la paix.

21 novembre (30 brumaire.)—Départ de Brest de l'expédition de Saint-Domingue sous les ordres du général Leclerc, beau-frère de Bonaparte.

1802 (an X.)

8 janvier (18 nivose.)—-Arrivée du premier consul à Lyon.

25 janvier (5 pluviose.)—-Cédant au voeu de la consulte, le premier consul accepte le titre de président de la république italienne.

4 mars (13 ventose,)—Arrêté des consuls ordonnant qu'il leur soit présenté un tableau général des progrès et de l'état des sciences, des lettres et des arts depuis 1789 jusqu'au 23 septembre 1802. Cet arrêté a pour objet d'encourager par toutes sortes de secours ces trois grandes branches de la prospérité publique et de perfectionner les méthodes employées pour l'enseignement en France.

8 mars (17 ventose.)—Traité de paix entre la France et la régence d'Alger.

Même jour.—Création d'un directeur de l'administration de la guerre, ayant rang et fonction de ministre.—Dejean est nommé directeur.

25 mars (4 germinal.)—Traité de paix définitif entre la république française, le roi d'Espagne, la république batave, d'une part, et la Grande-Bretagne de l'autre, signé à Amiens.

3 avril (13 germinal.)—Bonaparte, président de la république italienne, convoque à Milan le corps législatif pour le 24 juin 1804.

8 avril (18 germinal.)—Adoption par le corps législatif du concordat arrêté entre le premier consul et Pie VII, pour l'organisation du culte en France.—Le cardinal Caprara est autorisé par Bonaparte à exercer les fonctions de légat à latere.—Suppression des décades.

18 avril (28 germinal.)—Bonaparte et toutes les autorités constituées de la république assistent en grande pompe au Te Deum chanté à Notre-Dame, à l'occasion du traité de paix signé à Amiens et du rétablissement du culte catholique en France.

26 avril (6 floréal.)—Loi d'amnistie en faveur de tout prévenu d'émigration non radié; permission accordée à tout émigré de rentrer en France, sous la condition de prêter serment de fidélité au gouvernement et à la constitution de l'an VIII.

1er mai (11 floréal.)—Création des écoles primaires, secondaires et spéciales, autrement dites lycées, aux frais du trésor public.

8 mai (18 floréal.)—Le sénat conservateur nomme Bonaparte consul pour les dix années qui suivront celles pour lesquelles il a été nommé par la constitution.

10 mai (20 floréal.)—Arrêté des consuls portant que le peuple français sera consulté sur cette question: Napoléon Bonaparte sera-t-il consul à vie?

19 mai (29 floréal.)—Loi portant création d'une légion-d'honneur en France; elle a pour objet de récompenser les services civils et militaires, comme également utiles à l'état.

20 mai (30 floréal.)—Traité particulier entre la république française et le duc de Wurtemberg.

24 mai (4 prairial.)—Traité par lequel le prince d'Orange renonce à la dignité de stathouder des Provinces-Unies.

15 juin (26 prairial.)—Le premier consul fonde un prix (une médaille d'or de 3,000 fr.) pour encourager les savans à des expériences sur l'électricité et le galvanisme; l'Institut sera juge des découvertes faites dans ces deux parties essentielles de la physique.

25 juin (6 messidor.)—Traité de paix entre la république française et la Porte-Ottomane, qui confirme tous les traités antérieurs.

2 juillet (13 messidor.)—Lucien Bonaparte, Joseph Bonaparte et le général Kellermann, sénateurs, sont nommés membres du grand conseil de la légion-d'honneur.

2 août (14 thermidor.)—Un sénatus-consulte interprétant le voeu du peuple français, proclame Napoléon Bonaparte premier consul à vie, et lui donne le droit de se nommer un successeur.

4 août (16 thermidor.)—Autre sénatus-consulte organique qui accorde aux autres consuls cette même prorogation de pouvoir, et la présidence du sénat, dont ils seront membres de droit.

Même jour.—Création d'un grand-juge, ministre de la justice.—Regnier est nommé grand-juge.

21 août (3 fructidor.)—Le premier consul préside pour la première fois le sénat conservateur.

26 août (8 fructidor.)—Réunion de l'île d'Elbe à la France.

2 septembre (15 fructidor,)—Le sénat helvétique réclame la médiation du premier consul.

3 septembre (16 fructidor.)—Installation de la république valaisane.

11 septembre (24 fructidor.)—Réunion du Piémont à la France. Il est divisé en six départemens: le Pô, la Doire, la Sesia, la Stura, le Tanaro et Marengo.

14 septembre (27 fructidor,)—Décret qui supprime le ministère de la police de la république, et réunit ses attributions à celles de grand-juge.

1802 (an XI.)

4 octobre (12 vendémiaire.)—Décret qui crée une garde municipale soldée pour le service de la ville de Paris; elle consiste en deux mille cent cinquante-quatre hommes a pied et cent quatre-vingts à cheval.

Même jour.—Les diverses écoles d'artillerie et de génie sont réunies à Metz.

18 octobre (26 vendémiaire.)—Un sénatus-consulte invite les étrangers à former en France des établissemens utiles; un an de domicile suffira pour acquérir le titre de citoyen français, mesure éminemment libérale et bien faite pout accroître la prospérité nationale.

12 décembre (21 frimaire.)—Bonaparte, premier consul, est proclamé restaurateur de l'indépendance du Valais.

24 décembre (3 nivose.)—Formation de chambres de commerce dans les principales villes de la république, en vertu d'un arrêté des consuls.

1803 (an XI.)

3 janvier (13 nivose.)—Le premier consul nomme le général Rochambeau commandant en chef de l'armée de St.-Domingue, et capitaine-général de cette colonie, en remplacement de son beau-frère, le général Leclerc, mort dans cette île.

4 janvier (14 nivose.)—Sénatus-consulte qui crée trente sénatoreries, avec une dotation de 25,000 fr. en domaines nationaux.

17 janvier (21 nivose.)—Promotion au cardinalat, sur la demande du premier consul, de MM. de Belloy, archevêque de Paris; Fesch, oncle de Bonaparte, archevêque de Lyon; Cambacérès, frère du consul du même nom, archevêque de Rouen; et Boisgelin, archevêque de Tours.

23 janvier (3 pluviose,)—Nouvelle organisation de l'Institut de France; il est divisé en quatre classes: première, des sciences; deuxième, de la langue et de la littérature; troisième, d'histoire et de littérature ancienne; quatrième, des beaux-arts.

28 janvier (8 pluviose.)—Organisation d'une école spéciale militaire établie à Fontainebleau.

19 février (30 pluviose.)—Le premier consul, en sa qualité de médiateur de la confédération helvétique, termine les différens qui se sont élevés entre les cantons suisses. L'Helvétie est divisée en dix-neuf cantons ayant chacun leur propre constitution.

25 février (6 ventose.)—Établissement à Compiègne d'une école spéciale des arts et métiers.

10 mars (19 ventose.)—Loi sur l'exercice de la médecine. —Rétablissement du doctorat pour les médecins et chirurgiens.

18 avril (28 germinal.)—Arrêté des consuls qui fixe le diamètre des nouvelles pièces d'or, d'argent et de cuivre.

30 avril (10 floréal.)—La république française cède aux États-Unis la Louisiane.

14 mai (24 floréal.)—Communication au sénat, au corps législatif et au tribunal, de l'ultimatum du roi d'Angleterre. Par cet ultimatum, entièrement contraire au traité d'Amiens, le roi de la Grande-Bretagne exigeait impérieusement la possession de l'île de Lampedosa et de Malte pour dix ans, en outre, l'évacuation de la Hollande.

22 mai (2 prairial.)—La république française déclare la guerre à l'Angleterre.—Ordre donné d'arrêter tous les Anglais qui se trouvent en France.

30 mai (10 prairial.)—Décret portant organisation de l'administration des monnaies.

3 juin (14 prairial.)—Occupation du Hanovre par les Français; l'armée anglaise est faite prisonnière de guerre; fuite honteuse du duc de Cambridge, qui la commandait.

7 juin (18 prairial.)—La ville de Rouen, et d'autres à son exemple, votent la construction à ses frais d'un vaisseau de guerre, pour être employé dans la lutte contre les Anglais.

20 juin (1er messidor.)—Arrêté des consuls, portant qu'il ne sera plus reçu dans les ports de France aucune denrée provenant des colonies anglaises.