The Project Gutenberg EBook of Petit histoire des grandes rois de
Angleterre, by Ephrem Chouinard

This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and most
other parts of the world at no cost and with almost no restrictions
whatsoever.  You may copy it, give it away or re-use it under the terms of
the Project Gutenberg License included with this eBook or online at
www.gutenberg.org.  If you are not located in the United States, you'll have
to check the laws of the country where you are located before using this ebook.



Title: Petit histoire des grandes rois de Angleterre

Author: Ephrem Chouinard

Release Date: November 18, 2015 [EBook #50485]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PETIT HISTOIRE ***




Produced by Clarity, Hlne de Mink, and the Online
Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
file was produced from images generously made available
by The Internet Archive/Canadian Libraries)







Note sur la transcription: Les erreurs clairement introduites par le
typographe ont t corriges. L'orthographe d'origine a t conserve
et n'a pas t harmonise.

Les autres erreurs trs apparentes (mots masculins en fminin et/ou le
contraire), sont voulues par l'auteur. Il parat qu'il s'agit de
l'humour typiquement qubcois.




    Petit Histoire des Grandes Rois
    de Angleterre




    PETIT HISTOIRE

    DES

    GRANDES ROIS

    DE

    ANGLETERRE

    PAR

    OUN COLONISTE DES PLUS VERIDIQUES


    Edition augmente,
    agrandie et beaucoup additionne


    [Logo]

    QUEBEC

    TYP. LAFLAMME & PROULX

    1910




AVERTISSEMENT


Il y a quelques annes, un ami des Canadiens-franais, feu M. le
docteur W.-H. Drummond, de Montral, prenait plaisir  publier, de
temps  autre, dans les journaux de la mtropole, des pices rimes au
cours desquelles il prtait  de nos compatriotes franais un langage
form d'un mlange d'expressions anglaises apprises, pour ainsi dire,
 la vole, et de tournures franaises d'une saveur de terroir des
plus prononces. Ce rapprochement  la bonne franquette des deux
idiomes de notre pays amenait, va sans dire, des situations d'un
ralisme amusant, bien que parfois pouss  des limites
invraisemblables. Je n'en veux donner pour exemple que les quelques
vers suivants, que je tire du volume intitul _The Habitant_, dans
lequel le pote anglais a runi ses pices:

    I read on de paper
    mos' ev'ry day all about Jubilee
    An' grande procession movin' along, an' across de sea,
    Dat's children of Queen Victoriaw comin' from far away
    For tole _Madame_ w'at dey think of her, an' wishin' her _bonne sant_.

    An' if anyman want to know _pourquoi les Canayens_ should be dere
    Wit' res of de worl' for shout Hooraw an' t'row hees cap on de air,
    Purty quick I will tole heem the reason w'y we feel lak' de oder do.
    For if I'm only poor _habitant_ I'm not on de _sapr fou_.

    . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

    So de sam' as two broder we settle down, leevin' dere han' in han',
    Knowin' each oder, we lak' each oder, de French an' de Englishman,
    For it's curi's t'ing on dis worl', I'm sure you see it agen an agen
    Dat offen de mos' worse _ennemi_, he's comin' de bes', bes' friend.

J'eus dans le temps,--c'tait en 1897,--l'ide de rpondre au badinage
du sympathique docteur en faisant,  mon tour, parler en franais un
de nos compatriotes anglais; et c'est alors que parut dans certains
journaux de Qubec et de Montral une pice que j'avais intitule:
_Ode  Victoria Ire  l'occasion qu'elle joubile en Diamond_.
L'accueil bienveillant qui lui fut fait m'engagea, un peu plus tard, 
crire la _Petit Histoire_ dont je me permets de prsenter aujourd'hui
l'dition augmente, agrandie et beaucoup additionne. Puisse-t-elle
tre accueillie par nos compatriotes de langue anglaise avec le mme
esprit de bienveillance que nous apportons encore nous-mmes  la
lecture du livre humoristique de M. le docteur Drummond.

Nous vivons dans un pays o la connaissance des langues anglaise et
franaise est non seulement utile, mais d'une ncessit de tous les
instants. Chacun de nous sait bien--disons-le toujours!--s'exprimer
d'une manire passable dans sa langue maternelle; mais, lorsque nous
nous trouvons aux prises avec l'autre langue, celle qui nous est moins
familire, nous sommes plus ou moins ports  commettre des hrsies
ou d'amusants quiproquos qu'un peu de rflexion, suggre peut-tre
par la critique, pourrait nous faire viter.

C'est sans doute dans cet esprit que le docteur Drummond a crit ses
pomes humoristiques, et c'est pareillement, que l'on veuille bien le
croire, sans plus de mchancet que je mets ma _Petit Histoire_ sous
les yeux des lecteurs anglais. On russit parfois  faire, au moyen
d'un simple badinage de bon aloi, ce que ne saurait accomplir une
dmonstration srieuse et complique.

    Ephrem CHOUINARD




AVANT-PROPOS


    Pour bien comprenner le Histoire
    De ce qu'on appelle les rois,
    Il faut fixer dans son mmoire
    Certains points au nombre de trois,
    Savoir: tout d'abord la premire;
    Ensouite la numero deux;
    Puis, enfin, vienn le dernire
    Qui n'est pas la moindre d'entr'eux.
    La roi, qu'il soit mle ou femelle,
    Est oun tre qui vient d'En Haut,
    Et, par consquent, tout en elle
    Doit tre trouv bonne et beau.
    C'est la premier point. La deuxime,
    Venant ensouite du premier,
    C'est que, pour oun roi vilain mme,
    Chacun doit tre coutumier
    D'aller se jeter dans le braise
    Pour y rester tant qu'il est cuit,
    Et se considrer fort aise
    De s'tre fait griller pour lui.
    La troisime est beaucoup curieuse:
    C'est que la roi can do no wrong,
    Que ce soit dans le guerre affreuse
    Ou la simple jeu de _Ping-Pong_.
    Bien! En mettant dans votre tte
    Ces trois points dextrement trouvs,
    Vous ne jugerez rien de bte
    Dans les faits qui sont relevs,
    Sur la trne de Angleterre
    On vit si tant de grandes rois
    Qu'on ne sav plus comment faire
    Pour le dire assez bien des fois.
    Depouis la tout premier d'entr'elles
    Jousqu' notre saige Edouard Sept,
    Tous nos monarques sontaient belles
    Et beaucoup grands, comme l'on sait.
    Dans les autres pays du monde
    Oh! l'on vit bien, de temps en temps,
    Certains rois de savoir profonde
    Ou possdant d'autres talents.
    Mais ce n'tait point le coutume
    Et, je le dis en vrit,
    Trop souvent la royal costume
    Cachait le mdiocrit.
    Bien, chez nous c't diffrente;
    De rois savants et pleins d'honneur
    Nous avons eu souite charmante
    Et tout ce qui fut la meilleur.
    Quant aux monarques fminines,
    C'tait aussi pareil toujiours,
    Et de plus vertueuses mines
    Jamais vit-on meilleur concours.
    Je ne dis pas que rois et reines
    N'eurent jamais de manquements,
    Ni que souvent par grandes haines
    Ils n'ont pas fait souffrir leurs gens.
    D'aucuns ont commis des sottises,
    Vol les biens de leurs voisins,
    Pill les trsors des glises
    Et dans la sang tremp leurs mains.
    Quelques-uns ont battu leurs mres,
    Assassin frres et soeurs;
    Mais,  part ces petits misres,
    Oh! c'tait d'excellentes coeurs.
    Je veux vous en donner les preuves
    Par cette histoire en raccourci
    Que, dans ces vers tout  fait neuves,
    Je vais vous prsenter ici.

[Dcoration]




Race Saxonne




[Illustration]


EGBERT-LE-GRAND

(827-837)


    Oun roi sauvaige ou chef de bande
    Etait Egbert probablement,
    Et qu'il tait d'oun vertu grande
    Nul n'affirmerait sous serment.
    Issu de le race saxonne,
    Il t la premier garon
    Qui porta l'anglaise couronne
    D'oune indpendante faon.
    On ne sait pas de lui grand chose,
    Ni s'il fut bon, nul ou mchant;
    Et, peut-tre pour cette cause,
    On le surnomme Egbert-le-Grand.
    Peut-tre aussi cet nom splendide
    Lui vienn de ce qu'oun beau jour
    En France d'oun pas trs rapide
    Il dut aller faire oun sjour;
    Et ce fut la roi Charlemagne
    Qui le reut dans sa palais[1].
    Chacun sait que toujours on gagne
    A frquenter les gens replets.
    Le puce qui pique oun princesse,
    Par exemple, il est plus heureux
    Qu'oun pauvre ciron en dtresse,
    Dessus le peau d'oun misreux.
    Charlemagne tant maggnifique,
    Egbert fit bien de frotter lui;
    Et c'est oun saige politique
    Qui soubsist mme aujourd'hui.
    Que d'tres d'insiggnificance
    Atteignent la plus haut crdit,
    Pour avoir avec persistance
    Fais la frottaige susdit!

  [1] Voir note  l'appendice.




    ETHELWOLF            836-858

    ETHELBALD            858-860

    ETHELBERT            860-866

    ETHELRED Ier         866-871


    Puis, pour trente ans le Angleterre
    Fut en guerre avec les Danois
    Qui les Anglais mettaient  terre
    Souvent et beaucoup  le fois.
    Cependant l'anglaise couronne
    Il ne fut pas foule aux pieds,
    Mais retomba sur le personne
    De rois plus ou moins estropis.
    Ethelwolf il vint aprs l'autre
    Dont nous avons parl tantt,
    Et fut si tant oun bon aptre
    Que j'en veux dire oun petit mot.
    Qu'il nous suffise de comprendre
    Qu'oun beau jour, je ne sais trop quand,
    Du roi de France il devint gendre
    ...On s'imagine bien comment,
    Et que--la ciel le garde et sauve!--
    La beau-pre de notre roi
    Il s'appelait Charles-le-Chauve
    ...On peut bien deviner pourquoi.
    Reprenant la fil de l'histoire,
    Plus tard Ethelwolf s'en alla
    Faire oun voyaige mritoire
    A Rome, et fut si long par-l
    Que, dans la cours de son absence,
    Ethelwald, son fils, vrai coquin,
    Avec le plus grande indcence
    Prit le couronne et le fit sien.
    Cet garon, aprs deux annes,
    Finit son rgne, par bonheur,
    Et l'oun de ses frres puines,
    Ethelbert, fut sa successeur.
    De cet-lui je dis peu de chose,
    Attendu que je n'en sais rien.
    D'Ethelred encore je n'ose
    Risquer oun mot en mal ou bien,
    Si ce n'est qu'il tait la frre
    De la monarque prcdent
    Et que, dit-on, il fut le pre
    Du roi fameuse Alfred-le-Grand.




[Illustration]


ALFRED-LE-GRAND

(871-900)


    Dans la cours des rgnes dernires
    Les Danois, peuple belliqueux,
    Causrent beaucoup les misres
    Aux Saxons en allant chez eux.
    On se faisait la diable--quatre,
    Pillant et tuant tour  tour
    Et des moyens de se combattre
    Sans cesse cherchant, nuit et jour.
    Si tant qu'on ne pouvait connatre,
    A travers le confusion,
    Si la Danois tait la matre
    Ou bien si c'tait la Saxon.
    C'est alors que vint oun garonne
    Qui portait la doux nom d'Alfred,
    Rclamer pour lui le couronne
    Transmis par son pre Ethelred.
    Il battit  plate couture
    Ses trs troublesome voisins
    Que certaines liens de nature
    Faisaient  peu prs des cousins.
    Plus tard le famille danoise
    Il vainquit Alfred  son tour;
    Mais lui, prince habile et sournoise,
    En lui jouant oun fameux tour[2],
    Le chassa de sa territoire.
    Depuis, la Saxon conqurant
    Rgna tranquille et plein de gloire
    Et mrita la nom de Grand,
    Si tant il fit au _people_ anglaise
    Du bien, du bien, toujiours du bien.
    Mme, en passant, je suis fort aise
    De signaler comme tant sien
    L'institution trsment bonne
    (En attendant mieux) du jury[3],
    Que l'on aime plus que personne
    Pourvu... que l'on n'y soit pas pris.
    Oh! ce fut oun fameux monarque
    Que cet mossieur Alfred-le-Grand,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il vogua toujours en avant.

  [2] Voir note  l'appendice.

  [3] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


EDOUARD Ier L'ANCIEN

(900-925)


    Cet Edouard s'appel l'Ancienne
    Pour ne pas confusionner
    Avec oun autre qui s'amne,
    Plus loin, du nom d'Edouard Premier.
    Cet-lui qu'ici je vous mentionne
    Il tait fils d'Alfred-le-Grand,
    Et sur son tte le couronne
    Il eut oun lustre flamboyant,
    Sinon autant que pour son pre,
    Du moins, assez pour sa bonheur.
    Il pratiqua souvent le guerre
    --Car il tait fin batailleur,--
    Et vainquit sa cousin germaine[4]
    Qui cherchait  le dtrner,
    Ainsi que d'autres qui, sans gne,
    Voulaient sa pays gouverner.
    Puis, aimant d'oune amiti vive
    La roi de France, Charles Trois[5],
    Il lui donna son fille Ogive,
    Bonne et charmant tout  la fois.
    On dit aussi que cet bon prince,
    Pour les sciences trs port,
    Fonda--bienfait qui n'est pas mince,--
    La Cambridge universit.

  [4] Voir note  l'appendice.

  [5] Voir note  l'appendice.




ATHELSTAN

(925-941)


    De cet-lui-l l'histoire nette
    Pouv se dire en quelques mots;
    Mais nous n'avons de son binette
    Point de traits ni petits ni gros.
    Pour d'autres encor qui font suite
    J'ai le mme embarrassement,
    N'ayant que leur seule conduite
    Pour les rappeler oun moment;
    Et j'en suis chagrin  l'extrme,
    Car quelques-uns, sans contredit,
    Furent de ces princes qu'on aime
    Parmi tant d'autres qu'on maudit.
    Athelstan tait fils de l'autre
    Qui s'appelait Edouard Premier.
    Il vcut comme oun bon aptre,
    De vertus tant coutumier,
    Et ne se mettant en colre
    Pour bien gouverner son maison
    Que lorsque l'on voulait lui faire
    Du tintouin sans bonne raison.
    Oh!... ce fut oun grande monarque,
    Sans doute, et beaucoup trs pouissant,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il... a d filer en avant.




EDMOND I

(941-946)


    C'est oun frre du prcdente,
    Mais il ne rgna que cinq ans;
    Car, malgr qu'il fut trs proudente,
    Oun assassin... le mit dedans.
    Le chose vous est bien gale,
    Mais il parat que c'est cet roi
    Qui mit le peine capitale,
    En Angleterre, dans le loi.
    Bien! il et fait oun grand monarque
    S'il avait viv plus longtemps,
    Et... sous son oeil l'anglaise barque
    Et bouscul les ouragans.




EDRED

(946-955)


    Edred tait oun autre frre
    De cet-l que l'on vient de voir.
    Et pour neuf ans le Angleterre
    Sur sa trne il le fit asseoir.
    Et... ce fut oun grande monarque,
    --L-dessus je dois insister,--
    Et, sous son oeil, l'anglaise barque
    Il... ne pouv pas s'arrter.




EDWY

(955-957)


    Il tait fils d'Edmond Premire
    Et ne fut roi que pour deux ans,
    En essuyant dans son carrire
    Les choses les plus dplaisants.
    Il s'attira, dit-on, le haine
    De ses barons et du clerg:
    Doublement lourd et cruel chane
    Qu' son col il s'tait forg!
    Oun grand moiti de sa royaume
    Bientt il perdit sans retour;
    Puis les malheurs sur cet pauvre homme
    Semblant s'acharner chaque jour,
    Pour je ne sais trop quel caprice
    Son femme du nom d'Elgiva
    Fut condamne  la supplice,
    Et cette perte l'acheva.
    Bien! oun traitement de la sorte
    Il devait le toucher oun brin,
    Et c'est pour cela qu'il est morte,
    Bientt aprs, dans la chagrin.




EDGARD, LE PACIFIQUE

(957-975)


    Edgard, surnomm Pacifique,
    (Probablement pour son douceur),
    D'Edwy, son frre impolitique,
    Devint alors la successeur;
    Et, comme il n'tait pas de taille
    A faire mentir sa surnom,
    Il ne commett le bataille
    Jamais sans excellent raison.
    D'abord, il s'en va dans l'Ecosse
    Livrer trois ou quatre combats,
    Puis chez les Irlandais, qu'il rosse
    Et met compltement  bas.
    Ensouite il fais sa possible
    Pour sa peuple civiliser,
    _Well!_... ce qui dut tre pnible
    Assez qu'il ne put s'amuser.
    On dit qu'oune Anglaise jolie
    Qui portait la nom d'Elfrida
    Le mit en si grande folie
    Que pour femme il la demanda.
    Mais le porteur de sa messaige,
    Ayant conu mme apptit,
    Trouva qu'il tait beaucoup saige
    De garder le femme pour lui.
    Le roi fut en si grand colre
    A cet trompaige audacieux
    Qu'il poignarda le pauvre hre
    Et prit son veuve d'autant mieux.
    Dans cet vnement tragique
    La monarque outrag, je crois,
    S'il n'et pas t... Pacifique,
    Aurait occis l'autre deux fois.
    _Well! Well!_ Cet petit incidence
    Il n'est devant vous mentionn
    Que pour expliquer l'occurrence
    Pourquoi si tant fut malmen
    La roi suivant dans notre liste,
    Et pourquoi plus loin je vous dis
    Que, depuis cet temps, il existe
    Oun saint de plus au paradis.
    Edgard n'en fut pas moins monarque
    Trs tendre et beaucoup avenant,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il prit oun grand _sheer_ en avant.




EDOUARD II, LE MARTYR

(975-978)


    Aprs qu'Edgard fut mis en terre,
    Edouard, son fils, lui succda;
    Mais il avait pour belle-mre
    La susmentionne Elfrida
    Qui, voulant avoir sur la trne
    Sa propre fils plutt qu'Edouard,
    Mena du dernier le personne
    Dans oun affreuse traquenard.
    Il partit un jour pour le chasse
    Et n'en revint que... dcd;
    D'Elfrida, dit-on, l'me basse
    En avait ainsi dcid.
    Cet monarque si jeune et belle
    Au ciel mettait tout sa dsir,
    Et c'est le raison pour laquelle
    Il est saint Edouard-le-Martyr




ETHELRED II

(978-1016)


    La fils de l'affreux belle-mre
    Alors rgna trente-huit ans,
    Presque toujours tant en guerre
    Avec les danois habitants,
    Entre Sunon, roi danoise,
    Et lui, sans mesure ni frein
    Constamment on se cherchait noise
    A propos de tout et de rien.
    Si tant que la monarque anglaise
    De son trne un jour fut chass,
    Et ne put reprendre son aise
    Qu'aprs que l'autre eut trpass.
    Enfin, pour terminer l'affaire,
    De Sunon la successeur
    Ayant repris le Angleterre,
    Ethelred mourut de douleur.




Rois Saxons et rois Danois




[Illustration]


CANUT-LE-GRAND

(1016-1036)


    Tenez! voici la roi danoise
    Qui s'appel Canut-le-Grand,
    Non pas qu'il fut long d'une toise,
    Mais oun roi vraiment conqurant.
    Il partagea d'abord la trne
    Avec la fils d'Ethelred Deux[6];
    Et, pour que l'anglaise couronne
    Restt longtemps sur ses cheveux,
    Il pousa mme son veuve
    Et s'en fit comme oun paravent,
    Procd qui n't pas neuve,
    Mais russit encor souvent.
    Si tant qu'il fit natre l'usaige
    Parmi les gens des deux pays
    D'entremler par mariaige
    Et devenir de bons amis.
    Bien! si cet acte souveraine
    Est cause qu'aujourd'hui chez nous
    Nous avons le plus meilleur reine
    Et, certes, la plus beau de tous[8],
    Je te bnis de tout mon tre,
    Canut, pour cette oeuvre important,
    Et suis prt  le reconnatre,
    Tu mrites la nom de Grand.

  [6] Voir note  l'appendice.

  [8] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


HAROLD I

(1036-1039)


    En mourant, la pouissant monarque
    A ses deux fils laissa ses droits,
    Canut ayant la Danemarke,
    Et l'autre, Harold, la trne anglois.
    Mais bientt entre les deux frres
    S'leva le dissension,
    Canut voulant avoir entires
    Les deux couronnes sur son front.
    Pauvre Harold fit tout diligence
    Pour rsister  l'attentat;
    Mais la bon droit a maigre chance
    Auprs d'oun esprit sclrat.
    Il advint donc que les deux frres
    Etant prs d'en venir aux mains,
    Harold mourut dans... les misres
    Et sans doute aussi les chagrins.




CANUT III ou HARDI-CANUT

(1039-1041)


    Oh! c'tait oun mchant garonne,
    Avare, hautain, fourbe et cruel,
    Ne respectant jamais personne,
    Ne craignant ni diable ni ciel.
    Si tant que point je ne regrette
    De n'avoir pas ici ses traits:
    D'oun tel animal le binette
    On aime bien mieux loin que prs.
    Lorsque mourut Harold, son frre,
    Cet prince il tait si content
    Que sur son corps il osa faire
    Comme oune danse d'habitant,
    Trpignant de joie indiscrte
    Et projetant partout dans l'air
    Des cris de sauvaige en goguette
    Ou de chacal  sa dessert.
    Trois ans plus tard il tait morte
    A son tour et mis en lieu frais.
    Tant mieux! que la diable l'emporte,
    Et qu'on n'en parle plus jamais!




[Illustration]


EDOUARD-LE-CONFESSEUR

(1041-1066)


    Voulez-vous d'oun vrai grand monarque?
    Eh bien! cet-lui-l regardez!
    Sa rgne il fit brillante marque
    Parmi ceux des rois dcds.
    Fils d'Ethelred dont tout  l'heure
    On a rappel quelques faits,
    Il fit tout pour rendre meilleure
    Le grand nation des Anglais.
    Il tait trsment maggnifique,
    Tendre pour les dshrits,
    Et souvent d'oun mot pacifique
    Il tranchait maints difficults.
    Il vcut toujours sans folie,
    Toujours du ciel favoris,
    Et, quoiqu'il et femme jolie,
    Il... fut plus tard canonis.




HAROLD II

(1066-....)


    Beau-frre de la prcdente,
    Cet-lui-ci ne fit que passer;
    Car Guillaume-la-Conqurante
    Bien vite il le fit trpasser.




Race Normande




[Illustration]


GUILLAUME I, LE BATARD, LE CONQUERANT

(1066-1087)


    L'oun des princes les plus guerrires
    Fut Guillaume la Conqurant,
    Qui cogna plus d'anglais derrires
    Que jamais roi danois ou franc.
    Son pre tait Robert-la-Diable,
    Et son mre probablement
    Etait quelque chose d'aimable,
    Comme l'on dit,  l'avenant.
    Dans tous les cas, on nous assure
    Qu'il tait oun fils naturel,
    Ce qui rend la travail bien dure
    Pour trouver son mre rel.
    De la pays de Normandie
    Il tait matre; mais, oun jour,
    Pour voir sa royaume agrandie
    Il mdita quelque bon tour.
    Se dit-il, si de l'Angleterre
    La roi je pouvais devenir,
    Oh! mon gloire il serait si claire
    Que rien ne le pourrait ternir.
    Alors il leva des armes
    Et se rua sur les Anglais
    Dont les bandes, fort alarmes,
    Fuyaient comme des feux follets[9].
    Si tant qu' la fin son pouissance
    Il tait la matre de tout,
    Tandis que l'anglais suffisance
    Il tait rendu presque  bout.
    Sur la trne monta Guillaume
    Qui s'y maintint plus de vingt ans.
    Oh! c'tait oun trs habile homme,
    Possdant beaucoup des talents.
    On dit qu'il fut cruel et fourbe
    Et quelque peu vindicatif;
    Mais, bah! pour gouverner le tourbe
    Ne faut-il pas tre oun peu vif?...
    D'abord, il prit pour son usaige
    Les biens d'oun grand nombre de gens,
    Et composa son entouraige
    Presque uniquement de Normands.
    Puis il btit le Tour de Londre,
    Oun tas d'effroyables prisons
    O, par le suite, on vit se fondre
    Tant de chefs d'illustres maisons.
    Pour finir, on en conte oun bonne
    Qui, tout d'abord insiggnifiant,
    Fait voir qu'aux alentours d'oun trne
    Tout il devient mirobolant.
    En sus de la vaste domaine
    Dont il avait le royaut,
    Guillaum possdait oun bedaine
    Encor plus plein de majest.
    Ce qui fit dire au roi de France,
    Alors Philippe la Premier:
    --Cousin Guillaume a plus de panse
    Que jamais il n'et de penser.--
    Cet mot mit Guillaume en colre,
    Si tant qu'en France travers
    Dans la but de tout mettre  terre,
    Par oun archer il fut bless,
    Et mourut dans le Normandie,
    Trs lchement abandonn
    Par ses trois fils--race jolie--
    Auxquels il avait tant donn.

  [9] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


GUILLAUME II, LE ROUX

(1087-1100)


    C'est oun des fils du grand Guillaume
    Qui, nous dit-on, en avait trois,
    Dont l'oun vcut comme oun pauvre homme,
    Et les autres devinrent rois.
    De la premier, Robert Courte-Heuse[10],
    Trs peu de chose il faut conter,
    Sinon que, toujiours malchanceuse,
    Sur la trne il ne put monter.
    Quant  Guillaume, il fut peut-tre
    Oun assez singulier garon,
    Ayant parfois des gots de tratre,
    De cruel ou bien de fripon.
    Sa poil de le couleur carotte
    L'avait fait surnomm le Roux;
    Malheur  cet-lui qui s'y frotte
    Oun moment qu'il est en courroux!
    Si tant qu'il eut oun suffisance
    De plus ou moins laids compromis
    Et, pour bien dire, oune existence
    Veuf de toute espce d'amis.
    Tout de mme, il... fut oun monarque,
    Disons, trs noble et complaisant;
    Et... vous savez, l'anglaise barque
    Sous son oeil marcha de l'avant.

  [10] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


HENRI I, dit BEAUCLERC

(1100-1135)


    Bien! Voici Henri la Premire,
    Troisime fils du Conqurant
    Et puis, par consquent, la frre
    De la Guillaume prcdent.
    C'est bien lui. Je vous le rplique
    Afin que, peut-tre distrait,
    Pour cet-l d'oun singe d'Afrique
    Vous n'alliez prendre sa portrait.
    Comme il tait beaucoup savante,
    On l'appelait Henri Beauclerc,
    Ce qui semble trs impioudente,
    Puisqu'il n'tait ni beau ni... clair.
    Il eut avec Robert, son frre,
    D'abord de sanglants dmls
    Au cours de lesquels cet dernire
    Il fut toujiours des mieux vols.
    Pauvre Robert, nomm Courte-Heuse,
    Pourtant chef d'oun si grand maison,
    Tant de plus en plus malheureuse,
    Finit ses jours dans oun prison.
    Puis, de cet frre malhabile
    Ayant dbarrass son dos,
    Henri battit  Brenneville
    La roi franais Louis le Gros.
    Comme on voit, c'est oun grand monarque
    Que cet premier des rois Henris,
    Et, mont sur l'anglaise barque,
    Il a d prendre bien des ris.




[Illustration]


ETIENNE DE BLOIS

(1135-1154)[11]


    D'oun fille de la Conqurante
    La fils alors il usurpa.
    Usurper semble acte mchante;
    Mais nul remords ne l'occupa.
    Car, si pour toute autre personne
    C'est mal de voler oun chapon,
    Pour oun prince tter oun trne
    Oh! c'est considr trs bon.
    Son acte est toujiours lgitime
    Pourvu qu'il remporte son point,
    Et ne devient jamais oun crime
    Que lorsqu'il ne russit point.
    Etienne donc,  le sourdine,
    La trne il prit sans barguigner,
    Au dtriment de son cousine
    Mathilde qui devait rgner.
    Fille du roi Henri Premire
    Que je viens de vous prsenter,
    Ce Mathilde tait l'hritire
    Qui devait la sceptre porter.
    Bien! Etienne il est oun monarque
    Qu'il faut trs beaucoup admirer,
    Puisque avec lui l'anglaise barque
    Il ne pouv pas... chavirer.

  [11] Voir note  l'appendice.




Plantagenets




[Illustration]


HENRI II

(1154-1189)


    C't la fils de ce princesse
    Mathilde, dont on a cont
    Qu'Etienne avait avec prestesse
    Accapar le royaut,
    Et la fruit de sa mariaige
    Avec Geoffroy Plantagenet,
    Non pas oun petit personnaige,
    Mais duc d'Anjou, pour parler net.
    Henri vivait avec son pre
    En ressentant oun grand ennui
    De voir sa troue d'Angleterre
    Tenu si longtemps loin de lui;
    Et toujiours refoulant ses larmes
    Tant qu'il pouvait dans sa gosier,
    De le grand science des armes
    Il fit l'apprentissaige entier.
    Si tant qu' cet jeu dangereuse
    Il se faisait fort remarquer
    Dj comme oun lutteur fameuse,
    Lorsqu'Etienne vint  claquer.
    Enfin, Henri prit le couronne
    Dont si jeune il tait sevr
    Et le trouva beaucoup trs bonne
    Aprs qu'il s'en vit assur.
    D'Elonore de Guyenne,
    Que Louis Sept, tique poux,
    Venait d'abandonner sans peine[12],
    Il s'tait mis  les genoux;
    Si tant qu'avec son hritance
    Il possda, tout  le fois,
    Presque le moiti de le France
    Et sa propre pays anglois.
    Il fit trs beaucoup des conqutes,
    Avec ses voisins se battit
    Et gagna victoires compltes
    Autant qu'il en eut apptit.
    Mais, tout en paraissant gentille,
    Sa rgne il fut bien attrist
    Par des querelles de famille
    A propos d'oun fils rvolt.
    Cet fils--nommons-la tout de suite,--
    Etait Richard Coeur de Lion.
    Nons faut-il blmer son conduite?...
    Tout la monde est d'avis que non.
    C'est encor Henri la Deuxime
    Qui de Becket versa la sang
    Ou fit verser,  l'autel mme,
    Par quatre officiers de haut rang,
    Crime qui tant fcha l'Eglise
    Que, pour rentrer dans sa giron,
    Il se fit fouetter en chemise
    Par plusieurs moines formant rond.
    Puis, de la pauvre Rosamonde
    La tant pathtique rcit[13]
    Qu'il fait encor pleurer la monde....
    Enfin, tout dans cet rgne-ci,
    Jusqu' le mort du grand monarque,
    Il est vraiment trs mouvant,
    Bien que toujiours... l'anglaise barque
    Il ft bonne route en avant.

  [12] Voir note  l'appendice.

  [13] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


RICHARD I, COEUR DE LION.

(1189-1199)


    En se rvoltant de le sorte
    Richard fit mal, cela s'entend.
    Mais, pour moi, la diable m'emporte
    Si je n'en aurais fait autant[14].
    D'ailleurs, l'affaire est triste et noire,
    Dnotant des esprits pervers,
    Et les dtails de ce histoire
    Ne pouv pas s'crire en vers.
    Quand la bonhomme il fut teinte,
    Pauvre Richard il devint roi;
    Puis il s'en fut en Terre-Sainte
    Pour oun peu ranimer son foi.
    L-bas il se couvrit de gloire,
    Tua des Turcs autant qu'il put,
    Courut de victoire en victoire
    Et jamais ne manqua son but.
    Peut-tre encourt-il le censure
    Pour avoir eu des gots trop vifs,
    Comme lorsqu'il fit, on assure,
    Egorger cinq mille captifs.
    Mais pendant que les Infidles
    Sous le pesanteur de son bras
    Voyaient des milliers de chandelles
    Et s'effondraient par grandes tas[15],
    Richard il reut d'Angleterre
    Oun avis que sa frre Jean
    --Cet-l qui s'appelait Sans Terre--
    Il s'tait fait nommer rgent.
    Richard, la coeur plein d'amertume,
    Vers chez lui partit vitement,
    Dsirant, selon son coutume,
    Y sortir sa ressentiment.
    Mais, passant  travers l'Autriche
    Pour dans sa pays revenir,
    La duc, par oun procd chiche[16],
    En prison le fit retenir.
    Bien! oun garon de cet calibre
    Ne se retienn pas longtemps;
    Si tant que bientt il fut libre
    Et prit son vol  travers champs.
    On dit que Blondel, la trouvre,
    Lequel suivait Coeur de Lion,
    En lui chantant d'oune voix claire
    Favorisa l'vasion.
    Bref, ayant repris son couronne,
    Encore il rgna quelques ans,
    Jamais ne pliant  personne
    Et ferraillant de temps en temps[17].
    Car c'tait oun fier batailleuse
    Que cet Richard Coeur de Lion.
    Il avait oun bras merveilleuse
    Qui tapait comme oun vrai pilon;
    Et quand du bout de son pe
    Il touchait Turc ou Moricaud,
    Cet dernire tait tant coupe
    Qu'on n'en trouvait plus oun morceau.
    Oh!... c'tait oun pouissant monarque,
    Trs douce et tioujours complaisant,
    Et, sous son oeil, l'anglaise barque
    Il... dpassait presque le vent.

  [14] Voir note  l'appendice.

  [15] Voir note  l'appendice.

  [16] Voir note  l'appendice.

  [17] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


JEAN SANS-TERRE

(1199-1216)


    A le mort de Richard, son frre,
    Jean, qui l'avait dj tent,
    Put mettre sur son tte altire
    Le couronne tant convoit.
    C'tait oun prince trs hautaine,
    Menteur et beaucoup querelleur,
    Et dont le vie il fut trs pleine
    De ce qui n'est pas la meilleur.
    On dit qu'il fut assez barbare
    Pour tuer sa frre Geoffroi;
    Mais, bah! oun tel fait n'est ni rare
    Ni condamnable chez oun roi.
    Enfin, lui-mme il eut son heure
    Pour descendre dans la tombeau,
    Et... c't le place meilleur
    Pour bien garder oun tel crapaud[18].

  [18] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


HENRI III

(1216-1272)


    Henri Trois, fils de Jean Sans Terre,
    A peine  l'ge de neuf ans
    Il tait roi de Angleterre
    Et des pays environnants.
    Il eut maints dmls en France,
    Comme en avaient eu ses aeux;
    Mais il parat que son vaillance
    Il ne fut pas beaucoup chanceux.
    Louis Neuf, la pieux monarque,
    Au moment d'en venir aux mains,
    Lui dit un jour:--Petiot, rembarque
    Ou je te fais casser les reins.--
    Devant cet langaige nergique
    L'anglais monarque eut si tant peur
    Qu'on dit qu'il... avala son chique
    Pour se remettre oun peu la coeur.
    Est-ce cela qui, par le suite,
    Lui fit tout croire et tout oser?
    Je ne le sais; mais son conduite
    Nous amne  le supposer.
    Il fit le guerre  droite,  gauche,
    Et tant de coups voulut porter
    Que c'tait comme le dbauche
    D'oun gars qui ne peut s'arrter.
    Saint Louis le battit  Saintes
    Et puis encore  Taillebourg;
    Si tant que d'entendre ses plaintes
    La ciel il dut devenir sourd.
    _All right!_ Plus tard il devint saige[19],
    Et c'est oun grand plaisir de voir
    Qu'il n'est pas morte de la raige
    Aprs tant d'efforts pour l'avoir.

  [19] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


EDOUARD I

(1272-1307)


    Dedans le grand famille anglaise
    Il est tant d'lments divers
    Que, pour tudier son gense,
    Parfois on est tout  l'envers.
    Ainsi l'on voit en autre paige
    Trois Edouard tour  tour passer.
    Bien! il faut la numrotaige
    Des Edouard tout recommencer.
    Cet-lui-l qu'ici je prsente
    Il tait de race normand;
    Mais le famille prcdente
    Il tait saxon... seulement,
    Vous avez compris, je l'espre,
    Sans que je fasse plus de frais;
    Sinon... c't mieux de me taire,
    Car vous ne comprendrez jamais.
    Bien! cet nouvel Edouard Premire
    Il tait la fils d'Henri Trois,
    Et d'abord pour aider son pre
    Il se battit plus d'oune fois.
    Ensouite, ayant pris le couronne,
    Il rgna des plus saigement
    Et fut pour sa peuple oun garonne
    Dont on peut faire compliment.
    Il battit Wallace en Ecosse
    Et s'en fit rosser  son tour,
    Puis lui fit prendre oun nouveau dose
    Et le mena droit  la Tour[20].
    Il conquit la pays de Galles,
    Et c't depuis cet jour-l
    Que tous les hritiers royales
    Princes de Galle on appela.
    Edouard fit quelques injustices
    Et fut parfois fourbe et menteur;
    Mais ce sont l petits caprices
    Dont maints grands se font oun honneur.

  [20] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


EDOUARD II

(1307-1327)


    C'est la fils de la prcdente
    Et je n'en dirai pas trs long;
    Car il eut oun vie coeurante,
    Si tant qu'il tait polisson.
    Contre l'Ecosse faisant guerre,
    Il faillit y perdre ses os;
    Robert Bruce le mit  terre,
    Comme on dit, en criant: _Ciseaux!_
    Puis, retournant  les orgies
    Pour quoi pauvre Edouard semblait n,
    C'est dans la cours de ses folies
    Qu'il fut oun jour assassin,
    De quel sauvaige, affreux manire,
    Certes, je ne vous dirai pas...
    Oh! non, ni pour or ni prire
    Je n'oserais... Quel triste cas!
    Non, je ne puis... Bien, c'est oun tige
    De fer qu'on fit rougir  blanc...
    Jamais je ne saurais, vous dis-je...
    On le tenait solidement,
    Et deux bandits... Fait dsolante!...
    Nomms Mautravers et Gournay
    Lui poussrent la fer brlante...
    _Well!_... _Well!_... ailleurs que dans la nez.
    Ajoutons pour finir la thme,
    Le fait, non des moins singuliers,
    Qu'oun frre de la roi lui-mme
    Etait la chef des meurtriers.




[Illustration]


EDOUARD III

(1327-1377)


    C't la fils de cet dernire.
    A peine tait-il couronn
    Que les meurtriers de son pre
    Il chercha, comme oun fils bien n.
    Mais, fait bien triste et lamentable,
    De cet crime qu'il pleurait tant
    Son propre mre tait coupable
    Avec Mortimer, son amant.
    Il fit du haut d'oune potence
    A cet dernier faire la saut,
    Et se contenta, par clmence,
    De mettre son mre au cachot.
    Dans oun cachot mettre son mre,
    Direz-vous, c'est agir en chien.
    _Just so_; mais.... point de commentaire:
    Ce qu'oun roi fait est toujiours bien.
    Edouard prit le terre cossaise
    Que son pre il avait perdu;
    Puis, dans la royaume franaise
    Etant ensouite descendu
    Pour en disputer le couronne
    Au roi Philippe de Valois,
    Il fais, lui-mme en personne,
    Courber Calais dessous ses lois,
    Remportant le fameux victoire
    Sur cet prince, auprs de Crcy.
    Oun peu plus tard, la prince Noire,
    Son fils, trs fort guerrier aussi,
    Gagna ce que depuis l'on nomme
    Le grand bataille de Poitiers,
    O la roi Jean, pauvre bonhomme,
    Fut au nombre des prisonniers.
    Pourtant, Charles Cinq dit le Saige,
    Successeur de cet mme Jean,
    Il fit baisser la caquetaige
    Du britannique conqurant.
    Depuis, cet dernier fut tranquille
    Et vcut pour beaucoup des ans,
    Sachant faire oun travail utile
    Chaque fois qu'il en tait temps;
    Protgeant lettres et finance,
    Industrie, Ecole d'Oxford[21];
    Btissant la palais immense
    Qui s'appelle Chteau-Windsor,
    Et crant l'Ordre mirifique
    De la Jarretire, par quoi
    Cet-lui sur laquel il s'applique
    Devient presque gal  la roi.
    Enfin, il fut... oun grand monarque,
    Bon pre et fils affectueux,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il naviguait toujiours trs mieux.

  [21] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


RICHARD II

(1377-1399)


    Petit-fils du roi prcdente
    Et fils du fameux Prince Noir,
    Cet Richard n'tait pas mchante,
    Mais ni trs bon, comme on va voir.
    Il se plaisait dans le mollesse,
    Ne songeant qu' se bien nourrir,
    Et laissait tout dans le dtresse
    Pour se livrer  la plaisir.
    Avec cela faible  l'extrme,
    Confiant tout  sa cousin
    Qui, trs fier, gouvernait lui-mme
    En mditant oun coup vilain.
    Oun jour, cet-lui-ci le fit prendre
    Et dans oun prison confiner,
    O bientt l'me il lui fit rendre
    Pour pouvoir  son tour rgner.
    Afin de comprenner le suite
    De l'histoire des rois anglais,
    Il faut sur la prince susdite
    Donner certains dtails complets;
    Et c't le meilleur des choses
    Qu'on pouv faire pour, plus tard,
    Dessus le Guerre des Deux Roses
    Oun peu dissiper la brouillard.
    Lorsque Richard prit le couronne,
    Ayant  peine onze ans sonns,
    On mit auprs de son personne
    Ses trois oncles, gens raisonns
    Et pleins de bonne exprience,
    Pour former comme oun magister
    Ou, si l'on prfre, oun rgence:
    C'tait York, Lancastre et Gloster.
    _Well! Well!_ Maintenant si j'encastre
    Dans ma rcit que la cousin
    Ci-haut tait fils de Lancastre...
    Vous n'avez plus besoin de rien.




[Illustration]


HENRI IV[22]

(1399-1413)


    C'est cet cousin dont tout  l'heure
    On a vu la premier exploit.
    Comme il disait: c'tait son heure
    De rgner; donc, c'tait son droit.
    Quand oun gars a mis dans son tte
    Qu'il a cet curieuse attribut,
    Justice, honneur, rien ne l'arrte,
    Il faut qu'il atteigne son but;
    Et le chose est encor plus triste
    Quand on voit certains grandes gens
    Suivre l'ambitieux  la piste
    Pour appuyer ses errements.
    C'est bien l ce qui de Lancastre
    Fit le fortune de hasard,
    En prcipitant la dsastre
    De cet imbcile Richard.
    En tout cas, mossieu Henri Quatre
    Il ne fut pas des plus fameux.
    Tour  tour brutal et foltre,
    Fourbe, cruel et vaniteux,
    Il fit si tant des injustices
    Et mcontenta tant de gens,
    Que tous, lasss de ses caprices,
    Le hassaient sur tous les sens.
    Enfin, qu'il tait oun roi pitre
    Tout la monde semble d'accord
    Et... se fait plaisir de connatre
    Qu'il est depuis longtemps bien mort.

  [22] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


HENRI V

(1413-1422)


    Pour tre la fils d'oun tel sire
    Que cet-lui-l nomm plus haut,
    Henri Cinq ne fut pas trop pire
    Et vcut assez comme il faut.
    Cependant il ne faut pas croire
    Qu'il tait oun ange du ciel.
    Oh! non; les paiges de l'Histoire
    Ne nous appren rien de tel.
    En France il continua le guerre
    Que son pre avait entrepris[23],
    Et se donna grande misre
    Pour garder ce qu'il avait pris.
    A porter le franais couronne
    Alors on avait appel
    Charles Six, trange personne
    Dont le tte il tait fl.
    Son femme, Isabeau de Bavire
    Par oune infme trahison[24]
    Elle livra le France entire
    A la monarque anglo-saxon.
    _Well! Well!_ nous verrons dans le suite
    Ce qu'il advint de tout cela
    Quand le France, bien mieux conduite,
    Encor grande se rvla...
    Mais, pour la prsent, peu n'importe
    Ce qu'advint du monarque anglais:
    Il est trs certain qu'il est morte...
    Aprs cela, rien je n'en sais.

  [23] Voir note  l'appendice.

  [24] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


HENRI VI

(1422-1461)


    La fils du roi Henri Cinquime
    Il n'tait vieil que de huit mois
    Quand il ceignit la diadme
    Anglais et franais  le fois.
    Car, depuis quelque temps, le France
    Presque entier il tait soumis,
    Et de l'anglaise dpendance
    Il n'tait pas encor remis.
    Plus tard, levant son oriflamme,
    L'anglais monarque il put entrer
    Dans Paris mme,  Notre-Dame,
    Et, pompeux, s'y faire sacrer...
    Bah! trs souvent, par invective,
    Bien des gens s'en font faire autant
    Sans que leur pouvoir digestive
    S'en affecte la moindrement.
    Henri, d'oun race si tant fire,
    N'tait pas oun gnie extra;
    Peut-tre en aurait-on pu faire
    Oun trs honneste magistrat.
    Mais roi d'Angleterre et de France,
    Ah, fichtre! c'est oun dur mtier,
    Exigeant plus la connaissance
    Que pour compolser oun dossier.
    N'importe! Il eut assez d'adresse
    --Et ce fut pour lui trs heureux,--
    Qu'il put pouser oun princesse[25]
    Ayant de l'esprit pour les deux.
    Il voulut, tout d'abord, en France
    Garder ce qui lui fut donn;
    Mais des Anglais l'ancien pouissance
    Il devint tout ratatin.
    C'est cet Henri dont les armes
    Partout rpandant les terreurs,
    Furent si tant bien abmes
    Par la _maiden_ de Vaucouleurs.
    Devant la bras si redoutable
    De la pieuse Jeanne Darc
    L'Anglais courait comme la diable
    Ou comme oun mouton dans oun parc.
    Peut-tre courrait-il encore
    Si, dans oun guet-apens surpris
    Par des allis de Bedfore,
    Pauvre Jeannot n'et t pris
    Et remis aux mains excrables
    D'oun gars... portant nom d'animal
    Que devant les gens respectables
    De mentionner il serait mal.
    Elle tait oun fille trs saige,
    Conduite par la doigt de Dieu;
    Mais cet gueux, triplement sauvaige,
    Il la fit prir dans la feu.
    Depuis cette aventure inique
    Jeanne il est partout admir;
    Mais la tribunal tyrannique
    Qui l'a juge est excr.
    Notre Henri Six en Angleterre,
    A peu prs dans la mme temps,
    Il ne sav plus comment faire
    Pour rpondre  les mcontents.
    Les maisons d'York et de Lancastre
    Alors commenaient  lutter,
    Et prparaient la grand dsastre
    Qui tant de sang devait coter;
    Car, parmi tous les affreux choses
    Qui dsolrent les humains,
    Je crois le Guerre des Deux Roses
    Il t l'oun des plus vilains.
    D'abord Henri, cet imbcile,
    Il se fit battre  Saint-Alban
    Par Warwick, capitaine habile
    Et quelque peu d'oun prtendant.
    Mais bientt le reine lui-mme
    Prenant parti pour son mari,
    Battit comme oun oeuf de carme
    Cet-l qui l'avait conquri.
    L'an suivant, oun autre dfaite
    Mit encor Henri Six  bas;
    Alors il dut, courbant le tte,
    Vers le prison tourner ses pas.
    Dans le Tour, pour six longs annes
    Probablement qu'il s'ennuyait,
    Quand Warwick, matre-s-destines,
    A la trne il le renvoyait;
    Procd bien trange, en somme,
    Et si tant curieuse  la fois
    Que, depuis lors, Warwick on nomme
    Faiseur et dfaiseur de rois.
    Enfin, par la prince Edouard Quatre,
    Oun fils de la Yorkais maison,
    Pauvre Henri se fit encor battre
    Et refourrer dans le prison
    O, cinq ans plus tard... il est morte...
    Peut-tre cet dernier malheur
    Peut s'expliquer de meilleur sorte
    Par... Edouard, la comptiteur.

  [25] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


EDOUARD IV

(1461-1483)


    Edouard, de le maison yorkaise,
    Etait oun fort joli garon,
    Ce qui pour en tre oun mauvaise
    N'est, certes, pas oune raison.
    Nous avons vu comment cet homme
    Il parvint  roi devenir;
    Bien! son histoire il est, en somme,
    Pas de trs bonne souvenir.
    Toujiours il ne fit que batailles
    Mme avec ses meilleurs amis,
    Multipliant impts et tailles,
    Croyant que tout lui ft permis.
    De Lancastre, maison rivale,
    Il chercha la malheur en tout,
    Affectant sa pouvoir royale
    A le poursuivre jusqu'au bout.
    Mais ce n'est pas l tout encore
    Qu'il s'arrta dans son chemin;
    Il eut comme oun soif qui dvore
    De rpandre la sang humain.
    Il avait avec lui deux frres:
    L'un Clarence, et l'autre Richard,
    Cet-lui-ci des meilleurs guerrires,
    Et cet-lui-l fameux pochard.
    Un jour, au malheureux Clarence,
    Gard par son ordre en prison,
    Edouard fit mettre en son prsence
    Oun grand tonneau de vin, dit-on.
    Puis... on trouva le pauvre hre
    Noy... du coup qu'il avala...
    Bien! on ne dit pas que son frre
    Il pleura beaucoup pour cela.
    Ayant emprisonn le femme
    De la dfunt roi Henri Six,
    Edouard, le vengeance dans l'me,
    Encore assassina son fils.
    On verra bientt par le suite
    Que cet attentat odieux,
    Infme et lche il fut bien vite
    Rtribu jusqu'au plus creux.
    Au roi de France il chercha noise[26];
    Mais Louis Onze eut vite alors,
    Avec sa petit air sournoise,
    Mit la fougueux saxon dehors.
    Enfin, croyant voir son pouissance
    Monte au gr de ses dsirs,
    Il se mit  faire bombance
    Et se jeta dans les plaisirs.
    Il mourut d'trange manire,
    Et... je vous ferai remarquer
    Que sans doute Richard, son frre,
    Mieux qu'oun autre... peut l'expliquer.

  [26] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


EDOUARD V

(1488-....)


    C'est la fils de la prcdente.
    Pauvre enfant! Son oncle Richard
    Voulut tre nomm Rgente
    Et le tenir sous sa regard...
    La prince-- destine amre!--
    Rgna deux mois... dans oun prison
    Avec Richard, sa petit frre,
    Qu'on lui donna pour compaignon.
    Puis, sur les ordres du Rgente,
    Cet criminel audacieux
    Que le soif de rgner tourmente,
    A mort ils furent mis tous deux[27].

  [27] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


RICHARD III

(1483-1485)


    C'est lui, l'infme meurtrire
    De son frre et de ses neveux,
    Qui, dans l'art triste de mal faire
    Surpassa toutes ses aeux.
    Cet homme mont sur la trne
    Aprs s'tre couvr de sang,
    Jamais dans les yeux de personne
    Ne fut autre qu'oun grand tyran.
    Il avait l'me vile et noire,
    La coeur de vices satur,
    Et dans la monde son mmoire
    Il fut toujiours trs excr.
    D'tre reconnu pour oun diable
    C'est dj beaucoup assez mal;
    Mais, vrai, c'est trop abominable
    Que d'tre oun pareil animal.
    Bien! Ecoute, Richard, coute!
    Vivant je t'aurais craint, bandit;
    Mais puisque ta mort ne fait doute,
    Je n'ai point peur: donc sois maudit!




Famille Tudor




[Illustration]


HENRI VII

(1485-1509)


    D'aucuns font le maison prsente
    Remonter ... Confucius.
    Moi, je trouv plus vidente
    Qu'il commence ... Tu dors, Brutus!
    (Vite, que la lecteur oublie
    Cet excrable calembour!
    Autrement, ce petit folie
    Pourrait marquer ma dernier jour.)
    _Well, then!_ la premier de ce race
    Qui monta sur la trne anglais
    Il ne fut pas oun gars bonasse,
    Mais oun prince des plus discrets.
    Descendant d'Edouard la Troisime
    Par le branche Lancastrien,
    Son bon droit  la diadme
    N'tait pas reconnu trs bien.
    Richard, dans sa courroux amre,
    Disait que sa comptiteur
    Etait btard de pre et mre,
    Bien que ce ft sa seul malheur.
    Bah! quand on veut manger du trne
    Et que son droit il est petit,
    Oun tel raison n'est pas si bonne
    Qu'il doive couper l'apptit.
    Notre homme  Richard fit le guerre,
    Le tua de son propre main[28],
    Puis bientt sur son front altire
    Brilla la signe souverain.
    Du monde alors les grandes causes
    On approfondissait, oui-da!
    Et sous cet rgne, entr'autres choses,
    Fut dcouvert la Canada.
    On dit qu'Henri Sept fut avare
    Et qu'il amassa de l'argent
    Assez pour remplir oune mare
    Ou frter oun gros btiment.
    Hum!... En cet temps-l, je prsume,
    De mme qu'aujourd'hui chez nous,
    Du mtal oun gros apostume
    Devait rencontrer tous les gots;
    Et l'on peut bien se faire imaige
    Que la prince dont nous parlons
    Dut avoir, pour lui rendre hommaige,
    Nombre d'amis dans ses salons.
    Bien!... Disons qu'il fut oun monarque
    Prodigue... et beaucoup complaisant
    Et que sous lui l'anglaise barque
    Il marcha beaucoup en avant!

  [28] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


HENRI VIII

(1509-1547)


    Cet gros-l, c'est Henri Huitime,
    Prince savant, rempli de soin,
    Ami fidle et charmant mme
    Pourvu qu'on s'en tnt... assez loin.
    _To begin with_, il fit le guerre
    A Louis Douze des Franais
    Pour je ne sais trop quelle affaire;
    Mais bientt il conclut le paix
    En donnant  la vieil monarque
    Son soeur Marie en conjungo,
    Ce qui tioujours il fut la marque
    D'oun coeur valant oun vrai lingot.
    Ajoutons que cette Marie[29]
    Au bout d'oun an il tait veuf,
    Et, par nouvelle pouserie,
    --Ce qui partout n'est rien de neuf,--
    Il devint, comme  l'ordinaire
    Et dans la dlai consacr,
    Mre de celle qui fut mre
    De la pauvrette Jeanne Grey.
    Bien! De cet-lui-ci tout  l'heure
    On verra l'histoire attristant.
    Ne croyez pas qu'en son demeure
    Alors Henri resta content.
    En cet temps-l dessus le terre
    Rgnaient trois rois grands  l'excs:
    C'tait Henri dans l'Angleterre,
    Franois Premier chez les Franais,
    Et puis l'empereur d'Allemaigne,
    Charles-Quint de sa petit nom,
    Qui pouvait en faisant campaigne
    Passer son vie, oh! tout du long;
    Tous trois de vaste intelligence,
    Se jurant oun accord bien doux
    Et, par mesure de proudence[30],
    S'piant toujiours en-dessous...
    Mais passons! Car vouloir tout dire
    Sur cet _triplet_ intressant
    Exigerait oun travail pire
    Que pour en calomnier cent.
    En poursuivant d'Henri l'histoire,
    De ses femmes il faut parler,
    Et c'est oun soujet, veuillez croire,
    Difficile  rafistoler.
    D'abord, Henri pour son compaigne
    Eut Catherine d'Aragon,
    Tante de Charles d'Allemaigne,
    Et de vertus vrai parangon.
    Pour je ne sais trop quel caprice
    Qu'ont parfois, dit-on, les grands rois,
    Aprs quinze ans de cet cilice
    Il voulut faire oun nouvel choix;
    Mais Clment Sept, pape trs saige
    Et sur ces points beaucoup savant,
    Voulut que d'Henri la menaige
    Restt mme qu'auparavant.
    Certes, ce n'tait que justice
    Et prudence tout  la fois;
    Car je crois que le moindre indice
    De cder au monarque anglois
    Et attir sur la Saint-Pre
    De Charles-Quint tout la courroux,
    Cet dernier ne se gnant gure
    De la faire clater sur tous,
    N'ayant pas mme eu d'hsitance,
    Six ans avant, comme l'on sait,
    De tenir longtemps en souffrance
    La mme pape Clment Sept[31].
    De parler sur oun ton de matre
    Henri Huit trs accoutum,
    Il ne voulut pas se soumettre,
    Si tant il tait allum;
    Et c'est au cours de ce chicane
    Que cet pouseur enraig
    A fonder l'Eglise anglicane
    Bientt on vit tout engaig.
    De la dame Anne de Boleyne
    Henri devint la tendre poux...
    Tendre!... il faut ici prendre haleine,
    Cet mot je la dis entre nous;
    Car tout se passa de telle sorte
    Qu'aprs trois ans de renouveau
    Pauvre Boleyne elle tait morte,
    Morte par la main de la bourreau.
    Sans doute pour noyer son peine,
    Henri prit alors la Seymour,
    Car il n'avait point tant de haine
    Qu'au fond il n'avait de l'amour.
    Seymour tant mort de mort douce,
    Sans la bourreau ni ses atours,
    Notre homme en eut telle secousse
    Que, craignant beaucoup pour ses jours,
    Il choisit comme quatrime
    Anne Cleves, femme allemand
    Qu'il trouva, nanmoins, trop blme
    Pour rpondre  sa sentiment.
    Alors, ramassant sa couraige,
    Il prit Kate Howard aussitt,
    Qui le laissa dans la veuvaige,
    Etant morte sur oun billot.
    Enfin, pour montrer quel patience
    Il tait dans sa coeur de roi,
    A Kate Parr, dans son clmence,
    Il permit de lui jurer foi.
    C'est tout... Sur cet aimant monarque
    La ciel enfin reprit ses droits;
    Trente-huit ans l'anglaise barque
    Avait navigu sous ses lois.
    De son femme ainsi que des grues
    Il n'avait eu que trois enfants:
    D'abord deux filles trs bourrues,
    Puis oun fils des plus innocents.

  [29] Voir note  l'appendice.

  [30] Voir note  l'appendice.

  [31] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


EDOUARD VI

(1547-1553)


    C'est la fils qu'Henri la Huitime
    Il avait eu de la Seymour
    Et qui de porter diadme
    A dix ans vit venir son tour.
    Il tait oun faible jeune homme,
    Malade, et, sans tre oun nigaud,
    Pour bien gouverner oun royaume
    Possdant trs peu la jingo.
    Il fut d'abord sous le tutelle
    De la frre de son maman,
    Qui fut renvers de l'chelle
    Par Dudley, oun autre manant.
    Cet-lui-ci, ds lors, prit son place
    Auprs du pauvre souffreteux
    Dont il gagna le bonne grce
    En le cajolant de son mieux;
    Si tant que la prince mourante
    Fit testament en faveur... Bien!
    De Jeanne Grey, oun descendante
    Du famille lancastrien,
    Oubliant son propre ligne
    Trs fche de cet curieux choix
    Et puis pas du tout rsigne
    A perdre ainsi ses royaux droits.
    Enfin s'teignit cet monarque
    A peine  l'ge de quinze ans;
    Oh! mais, sous lui... l'anglaise barque
    Il avait brav bien des vents.




[Illustration]


JEANNE GREY

(1553-....)


    Nous avons, dans oun autre paige,
    Vu d'o venait ce Jeanne Grey,
    Fille d'oun beaucoup haut lignaige
    Puisqu'il descendait de Mary,
    Soeur du fameux Henri Huitime
    Et femme, pour oun court moment,
    Du roi franais Louis Douzime.
    _Well! Well!_ Poursuivons maintenant!
    Jeanne tait mignon et gentille,
    A peine ge de dix-sept ans,
    Et, quoique de royal famille,
    Fuyait la trne tout le temps.
    Mais tant fit Dudley, son beau-pre,
    Avec Guilford, son jeune poux[32],
    Qu'elle consentit, pour leur plaire,
    A rgner. C'tait, entre nous,
    De la part des deux imbciles,
    Faire faire  cet jeune enfant
    Oun pas non des moins difficiles
    Et sr d'avoir mauvais tournant.
    Pauvre Jeanne! Bien phmre
    Fut sa rgne. Sans hsiter
    Mary Tudor, affreux mgre,
    La fit vite dcapiter.

   [32] Voir note  l'appendice.




    [Illustration]


    MARY TUDOR LA SANGLANTE

    (1553-1558)


    Mary Tudor tait le fille
    D'Henri Huit par le premier lit.
    Elle tait laide en vrai gorille,
    Avec oun teint de pissenlit.
    De son pre la fanatisme
    Barbare, troit, hautain et fol,
    Joint au dangereux royalisme
    De la parentaige espagnol,
    Fut, je crois, le pur hritaige
    Du virago Mary Tudor,
    Si tant il avait l'apanaige
    De tout ce qui fait la butor.
    Oun jour, Philippe Deux d'Espaigne[33]
    Il vint pour rclamer son main.
    Il l'obtint, mais sans son compaigne
    Voulut partir le lendemain.
    En apercevant cet visaige
    L'hidalgo, surpris, s'tait dit:
    --_Caramba!_ vite la veuvaige,
    Autrement je suis dconfit.--
    Et, depuis lors, le pauvre reine
    Dut viver loin de son poux,
    Et, pour mieux consoler son peine,
    Fit clater oun grand courroux.
    D'abord, elle voulut le tte
    De la pauvrette Jeanne Grey,
    Et puis, pour complter le fte,
    Celle du jeune poux Dudley.
    Northumberland perdit le sienne,
    Ainsi que le fameux Cranmer[34];
    Suffolk subit le mme peine
    Avec l'vque Latimer.
    Puis partout se multiplirent
    Les chafauds et les bchers,
    Et les flots de sang qui coulrent
    Auraient attendri les rochers.
    Enfin.... elle mourut-- chance!--
    Sans avoir eu le moindre enfant,
    Et c'est l que le Providence
    Pour l'humanit fut clment.

  [33] Voir note  l'appendice.

  [34] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


ELISABETH[35]

(1558-1603)


    Lisbeth il fut oun trs beau reine
    Avec oun grande nez pointu.
    Son mre tait Anne Boleyne
    Qui lui lgua tout son vertu.
    Bien!  propos du damoiselle,
    On eut d'abord difficult
    Pour tablir oun peu sur elle
    La point de lgitimit;
    Car des femmes en mariaige,
    C'est comme du sel sur oun rt:
    Point n'en faut faire oun gaspillaige,
    Mais viter d'en mettre trop.
    Or, chose non controverse,
    Henri Huit pensait autrement
    Et toujiours plus qu' la pince
    Il usa de la condiment.
    Si tant que de Lisbeth la titre
    Il fut presque aussi dbattu
    Et mis sur transparente vitre
    Que, plus tard, le fut son vertu.
    N'importe! Il monta sur la trne,
    Et je vous dirai certement
    Que jamais femme, homme ou personne
    Ne fut reine plus joliment.
    C't pendant sa rgne illustre
    Que la peuple anglais, jour et nuit,
    Commena de prendre la lustre
    Dont il reluit tant aujourd'hui;
    C'est dans cet rgne que Shakspeare
    Il crivit si trsment bien
    Que pas oun autre n'a fait pire
    De si longtemps qu'il n'crit rien.
    Mais parlons de Lisbeth lui-mme,
    De qualits si bien nourri
    Que c'est oun curiouse problme
    De voir qu'il n'eut point de mari.
    Oh! oh! si d'oun chef de mnaige
    Il n'eut pour se faire oun portrait
    Que le seul pitoyable imaige
    D'Henri, son pre, on comprendrait;
    Car, vraiment, la coeur la plus tendre
    Devient vite ratatin
    Lorsque tout il lui fait entendre
    Qu'il est au billot destin.
    Et n'allez pas vous faire ide
    Que Lisbeth manqua d'aspirants!
    Elle en fut mme incommode,
    Et parfois de trs coeurants.
    Nommons: Philippe, sa beau-frre,
    Froce espagnol carcajou,
    Et cet gringalet lgendaire
    Qui s'appelait la duc d'Anjou.
    Mais, si grand que fut la beau moine
    Qui cherchait  la contourner,
    Chacun dut manger son avoine
    Et bredouille s'en retourner.
    Et voil! Des amis fidles,
    En eut-elle? _Why! certainly_,
    Et pas des petits citronnelles;
    Songez donc: Essex et Dudley,
    Les deux _boys_ les plus maggnifiques
    Et plus adroitement docteurs
    Possdant toutes empiriques
    Pour soigner les grands maux de coeurs!
    Ce reine tait d'humeur changeante,
    --C'est connu,--bonne  certain jour,
    Puis tout  coup si tant mchante
    Qu'on n'en pouvait faire le tour
    Ni mme y venir assez proche
    Sans risquer d'accomplir oun saut
    Qui vous jetait comme oun vrai poche
    Tout en travers sur oun billot.
    Et souvent aprs que son ordre
    Il fut suivi jusqu' la fin,
    Lisbeth tombait tout en dsordre
    Si tant qu'il avait du chagrin.
    Oh! l'on vit fort bien cet prodige,
    Curieuse et beaucoup triste aussi,
    Lorsqu'Essex, perdant sa prestige,
    Sur la billot fut raccourci;
    Car, sitt que la coup fut faite,
    --Ou, plutt, qu'elle fut coup,--
    Le reine, au fond de son retraite,
    A pleurer fut trs occup,
    Faisant oun si grande vacarme
    Avec si brlante soupir
    Qu'on pensa de sonner l'alarme
    A tous les pompiers pour venir.
    Et puis, le faon trs indigne
    Dont il traita Mary Stuart
    Fait qu'aujourd'hui chacun trpigne
    A cet _infamous_ traquenard.
    Non pas que le reine d'Ecosse
    Il fut l'ange que quelqu'un dit;
    Non, je crois que cet-ci fut rosse
    Oun peu trop fort pour sa crdit.
    Par exemple, sa ton hautaine...
    Sa manque de discrtion...
    Rizzio... hum!... Puis son grand haine
    Pour Darnley... oh!... Bothwell, hon! hon!...
    Ses menaces  le sourdine...
    Mais ce n'tait pas suffisant
    Pour que Lisbeth  son cousine
    Ft subir pareil traitement.
    Aussi, dedans cette occurrence
    Lisbeth perdit de sa grand nom
    Et de sa plus noble hritance,
    Si tant qu'il fut l polisson.
    Et puis la monde avec tristesse
    Se dit, devant tels faits flagrants:
    Trop souvent que de petitesse
    Ne trouve-t-on pas chez les grands!...
    Oh! mais Lisbeth fut oun monarque,
    Malgr tout, trs fort et savant,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il en fit, des bonds en avant!

  [35] Voir note  l'appendice.




Maison des Stuarts




[Illustration]


JACQUES I

(1566-1625)


    Lisbeth, pas n'est besoin de dire,
    Il tait morte sans enfants.
    Et c'est, pour oun trne, oun sort pire
    Que la trop plein de prtendants.
    Car, s'ils sont plusieurs  le file,
    On peut choisir et c'est trs bien;
    Mais cet choix devient difficile
    Quand dessous le main on n'a rien.
    Donc, de princes le pnurie
    Il causait beaucoup des douleurs
    A la peuple tout ahurie
    De devoir en chercher ailleurs.
    Jadis des rois issus de France
    Sur la trne s'taient assis;
    Mais ce n'tait par complaisance,
    Car cet trne ils l'avaient conquis.
    Alors on chercha dans l'Irlande
    Parmi les grands du nation,
    Mais il parat que dans le bande
    On ne put trouver rien de bon.
    Bien! Tout  coup la peuple anglaise
    Se dit: Oh! mais, que j'ai donc tort
    De tant chercher, quand  mon aise
    J'en puis trouver oun sans effort!
    Il se souvenait qu'en Ecosse
    Autrefois oun princesse anglais
    Etait alle en bel carrosse
    Pour devenir reine cossais.
    Et ce princesse il fut, de mme,
    Grand'mre de Mary Stuart,
    Duquel la fils, Jacques Sixime,
    D'Ecosse il devint roi plus tard.
    Pour lors se dit la peuple anglaise:
    _Heavens!_ c'est cet-l qu'il nous faut.
    Qu'il vienne, et, pour le mettre  l'aise,
    Nos soins ne feront pas dfaut.
    Il vint. Mais comme, en Angleterre,
    On croit toujours tout inventer,
    La nom de Jacques la premire
    Au lieu de l'autre il dut porter.
    Bien! parat-il, dans tout l'Histoire
    Il est malais de trouver
    Oun rgne moins rempli de gloire,
    Mais, en mme temps, d'en rver
    Oun qui ft plus vraiment honnte.
    Quant  Jacques, nul autre roi
    Jamais ne reut par le tte
    Tant d'loges de bonne foi
    Ni tant de coups de la critique,
    De grands saluts, malins discours
    Ou fleurs de gai pangyrique.
    Sur lui le griffe et la velours,
    Alternant d'oun faon constante
    Dans leur flatterie ou courroux,
    Jamais l'oun ne fut plus cuisante,
    Ni l'autre d'oun contact plus doux.
    En somme, cet rgne il fut bonne,
    Avec certains succs complets
    Et, comme toujiours, le couronne
    Eut de plus ou moins gais reflets.
    Dou de beaucoup d'nergie,
    Jacques bientt sous ses efforts
    Il vit sa pouvoir largie
    Dans la dedans comme au dehors.
    Il tablit, comme oun bon pre,
    Parmi ses soujets l'union,
    Et de l'Ecosse et l'Angleterre
    Il complta le fusion.
    Il tait oun prince savante
    Et souvent poussait la travers,
    Pour paratre encor plus charmante,
    Jusqu' vouloir... faire des vers.
    Pourtant certains gots despotiques
    Lui firent commettre des torts;
    Si tant que des rangs politiques
    Oun jour il fut presque dehors[36].
    C'est ainsi que--fait regrettable!--
    Il prpara la grand malheur
    Qui fit la sort si misrable
    De son fils et son successeur.
    N'importe! Il fut oun grand monarque,
    _Oh! yes_, et beaucoup trs pouissant,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il fit tioujours voile en avant.

  [36] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


CHARLES I

(1625-1649)


    La fils de Jacques la Premire,
    Bien! il fut Charles la Premier[37].
    C'est oun chose beaucoup trop claire
    Pour que l'on prouv le nier.
    Et puis, qu'il fit grand gaucherie
    En dplaisant  ses soujets,
    Ce n'est pas, non plus, menterie,
    Mais oun vrit des plus vrais.
    Oh! c'tait oun charmant garonne,
    On le dit et je le crois bien.
    Mais lorsqu'il monta sur la trne
    Savait-il quelque chose ou rien?...
    Ignorait-il que, pour oun prince,
    Gouverner bien c'est matriser,
    Et qu'avec oun pouvoir trop mince
    On se fait vite mpriser?
    Pourquoi, d'abord, contre l'Espaigne
    Et le France tout  le fois
    Fit-il le trs vilain campaigne
    O, _Hell!_ il se brla les doigts?
    Pourquoi devint-il orgueilleuse
    Au point qu'il osa refuser
    Ce que sa peuple souffreteuse
    Il voulait tant lui proposer?
    Pourquoi fit-il,  droite,  gauche,
    Si grandes tas de mcontents
    Que c'tait comme oune dbauche
    De pleurs et de gmissements?
    Son Parlement il lui demande
    Quelque chose pour amoindrir
    Le misre qui se fait grande;
    Se rendra-t-il  cet dsir?
    Oh! non. D'oun ton brusque et hautaine
    Il rpond  la Parlement
    Que son demande il est trop vaine
    Pour qu'il s'en occupe oun moment[38].
    Qu'arriva-t-il?... On le devine.
    La Parlement, fch trs fort,
    Saisit la roi si tant mutine
    Et vite il vous le mit  mort[39].
    Pauvre Charles! Ton destine
    Il fut bien amre, ma foi,
    Et ta rgne mal termine...
    Mais... est-ce de mon faute,  moi?

  [37] Voir note  l'appendice.

  [38] Voir notes  l'appendice.

  [39] Voir notes  l'appendice.




Rpublique




[Illustration]


OLIVIER CROMWELL, Protecteur

(1649-1658)


    De Charles la bras tyrannique
    Avait forc beaucoup d'Anglais
    A s'en aller dans l'Amrique
    Chercher la bonheur et le paix.
    Bravant les rigueurs de le houle
    Ils s'en allaient, l'esprit bien noir,
    Et de ces migrs le foule
    Il tait pitoyaible  voir.
    Oun jour, l'ordre vint du monarque,
    Qu'oun tel exode inquitait,
    D'arrter tout navire ou barque
    En partance pour cet objet.
    C'est ainsi que fut empche
    La dpart d'Olivier Cromwell,
    Oun Puritaine tout crache.
    Les Puritaines?... Qu'est-ce?... _Well!_
    C'est oun drle espce d'aptres
    Qui croient pouvoir se rendre purs
    En purifiant surtout les autres
    Envers lesquels ils sont trs durs.
    Pauvre Charles! Comme il fut bte
    De vouloir garder cet garon!
    Cromwell resta; mais dans son tte
    Eclata le rbellion.
    Alors comme reprsentante
    Au Parlement il fut port
    Et, l, pour sa travail constante,
    Comme oun grand homme il fut compt.
    Bientt son oeuvre il fut complte:
    La Parlement il conduisait
    Si tant qu'oun jour du roi le tte
    Sur oun chafaud il roulait.
    Cromwell triompha, maggnifique,
    Comme oun grande librateur,
    Et de la nouveau rpublique
    Il fut nomm la Protecteur.
    Pour neuf ans il garda cet titre
    Et, faut le dire  sa crdit,
    Oh! point il ne fut oun bltre,
    Mais grand homme, sans contredit.
    Sous lui notre chre Angleterre,
    Depuis longtemps trs indigent,
    Il devint si beaucoup prospre
    Qu'on... ne peut pas dire comment.
    Cromwell ne fut pas oun monarque
    Dans la sens brutal de cet mot;
    Mais sous son oeil... l'anglaise barque
    Il marcha beaucoup comme il faut.




[Illustration]


RICHARD CROMWELL

(1658-....)


    Il est la fils du prcdente,
    Et fut deuxime Protecteur;
    Mais des talents de sa parente
    Il avait bien peu le couleur.
    Le pre il tait trs active,
    Brave soldat, parleur brillant;
    Mais la fils, loin d'tre aussi vive,
    Il passait la temps en billant.
    Des ennemis du rpublique
    Parfois il avait si tant peur
    Qu'il lui prenait comme oun colique
    Dont il sentait oun grand douleur.
    Aussi sa rgne fut bien courte;
    Aprs six mois, triste, abattu,
    Il s'enfuyait comme oune tourte
    Ou comme oun chien qu'on a battu.
    La fils de Charles la Premire,
    Tournant de sa pays autour,
    Il tait prs de le frontire
    Attendant l'heure du retour.




Restauration des Stuarts




[Illustration]


CHARLES II

(1660-1685)


    Bon! Voil ces rois excellentes
    Qui nous reviennent de nouveau!
    Devant leurs plumaiges brillantes
    Cromwell avait fui comme oun veau,
    Et la prince Charles Deuxime
    Dans sa pays s'tant rendu
    Avait repris la diadme
    Que son pre il avait perdu.
    Je voudrais bien dessus sa rgne
    Pouvoir crire oun compliment;
    Mais ma coeur de pote il saigne
    Pour rimer sur oun tel manant.
    Charles Deux fut la prototype
    Du roi sensuel et viveur,
    Cherchant partout le maggnifique
    Mme  le prix de son honneur.
    Chez lui c'tait comme oun rafale
    De freluquets et polissons,
    Et jamais dans le cour royale
    On n'avait vu tant de guenons.
    C'taient tioujours ftes brillantes,
    Promenades et bals masqus,
    Danses des plus mirobolantes
    Comme proupos des plus risqus.
    Les vins coulaient en vrais dluges
    Dans des festins de fins ragots,
    O l'on mangeait comme des juges
    Et l'on buvait comme des trous.
    Les damoiselles mouchetes,
    Tout couverts de colifichets,
    Avec au col des brochetes
    De parures les plus coquets,
    Tranaient leurs riches mousselines
    Sur les parquets doux et luisants,
    Maintes galantes mascoulines
    Leur dbitant des compliments.
    Puis, au son des clarionnettes,
    Violons, fltes, tambourins,
    On se faisait mille courbettes
    A s'en donner des tours de reins,
    Tourbillonnant en rondes folles
    Dans oun frelassement joli,
    Le bouche plein de mots frivoles,
    La nez bourr de patchouli.
    Pardonnez  mon innocence
    De ne vous en dire plus long!...
    Qu'oun coeur bien n tioujours s'offense
    De tels discours, oh! c'est trs bon.
    Encor si les torts de son pre
    Charles Deux avait vits;
    Si des habitants d'Angleterre
    Les droits il avait respects!...
    Mais, par oun acte impolitique
    S'alinant la Parlement,
    Il voulut d'oun bras tyrannique
    Gouverner seul et violemment.
    Alors les cris et les murmures
    Ils s'levrent de partout[40],
    Et plusieurs cruelles mesures
    La roi prit pour les mettre  bout.
    Oh! oh! c't vraiment oun chance,
    Pour la pauvre roi criminel,
    Que la peuple, en cette occurrence,
    N'et plus son Olivier Cromwell!
    Il vcut. Mais ses torts nombreuses
    Tombrent sur la roi suivant
    Qui, lors de ses jours malheureuses
    Avait assez des siens, pourtant.

  [40] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


JACQUES II

(1685-1689)


    Jacques Deux il tait la frre
    De Charles Deux qu'on vient de voir;
    Et c'est affreux tout le misre
    Qu'il prit pour le couronne avoir.
    Par malheur,  le politique
    Il mla le religion,
    Si tant que partout le critique
    Il s'attacha dessus son nom.
    Erreur difficile  comprendre,
    Qui de nos jours soubsiste encor
    Parmi cet-l qui veulent prendre
    La sanctuaire pour dcor...
    Jacques d'abord, brave et tenace,
    Dans sa succs trop confiant,
    Pensa qu'au peuple en faisant face
    Il devrait rester triomphant.
    Aux premiers clameurs de le foule
    Il rpondit par le rigueur;
    Mais, comme oun tonnerre qui roule,
    Les cris prirent plus de vigueur[41].
    Bientt Jacques put reconnatre
    Que, mme jusqu'en son maison,
    Contre sa trne et sa bien-tre
    Se prparait le trahison.
    En effet, son fille Marie
    Avec Guillaume, son poux,
    Aux biens de le royauterie
    Ils faisaient dj les yeux doux.
    Guillaume tait prince d'Orange
    Et de Hollande oun stathouder,
    Ce qui ne veut pas dire oun ange,
    Mais oun garon bougrement fier.
    Les Jacobites ou Papistes
    Etaient de Jacques les suivants;
    Et cet-l nomms Orangistes
    Etaient de Guillaume les gens.
    Bien! cet dernier  sa beau-pre,
    D'auprs duquel il avait fui,
    Il fit oune terrible guerre
    Pour avoir le couronne  lui.
    A le rivire de le Boyne
    Leurs soldats s'tant rencontrs,
    Ils se chauffrent tant le couenne
    Que beaucoup en furent grills.
    Jacques s'y vit, l'excellent homme,
    Dpouill de ce qu'il avait;
    Et sa gendre, la bon Guillaume,
    Eut la trne qu'il convoitait.
    Noble et caressante famille!
    De voir son pre dtrn,
    Mary, dit-on,--excellent fille!--
    De rire tait ratatin.

  [41] Voir note  l'appendice.




Orange et Stuart




[Illustration]


GUILLAUME III ET MARIE II

(1689-1702)


    Trs peu de chose il reste  dire
    De ces deux tourtereaux charmants.
    Ni l'oun ni l'autre ne fut pire
    Que rois et reines prcdents.
    Guillaume il eut beaucoup  faire,
    En commenant, pour conserver
    La trne qu' son cher beau-pre
    On l'a vu tantt enlever.
    Cet-ci dans la pays de France
    Avec ses gens s'tant rendu,
    Y cherchait encore oune chance
    De ravoir sa trne perdu.
    Mais cet espoir il tait vaine.
    Guillaume avait beaucoup d'amis
    Dont pour Jacques le grande haine
    Jamais depouis ne s'est remis;
    Et lorsque Louis, Roi-Lumire,
    Signa la trait de Ryswick[42],
    De pauvre Jacques le prire
    Il fut oubli... _pretty quick_.
    Enfin, du pouvoir souveraine
    Guillaume jouit avec douceur;
    Mais bientt il perdit son reine[43],
    Et ce lui fut oun grand douleur.
    Lui-mme, si brave et si forte,
    Oun jour il tomba de cheval;
    Puisque de cet coup il est morte,
    C'est qu'il s'tait fait oun grand mal.
    N'importe! il fut pouissant monarque,
    Trs tendre et beaucoup complaisant;
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il fit oun grand saut en avant.

  [42] Voir note  l'appendice.

  [43] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


ANNE

(1702-1714)


    Anne elle tait soeur de Marie,
    Et sur la trne fut douze ans.
    Elle tait douce et bien jolie,
    Mais fanatique en mme temps.
    Pour rendre son gloire immortelle
    Elle fit tout en sa pouvoir;
    Mais sa lustre la plus relle
    Vint, je crois, comme l'on va voir.
    En effet, c't sous ce reine
    Que viv la fameux guerrier
    Mossieu Malbrouck, grand capitaine,
    D'oun apptit si carnassier.
    Malbrouck il fit le guerre en France
    Dont les soldats il crasa;
    Et, pour vaincre, son diligence
    Bien rarement on surpassa[44].
    Bien! ce n'est pas tant sa couraige
    Qui lui valut sa grand renom,
    Mais de son gloire l'apanaige
    Il lui vint d'oun fameux chanson:
    Mossieu Malbrouck s'en va-t-en guerre...
    Paige, quel nouvelle apportez?...
    Oh! mais... je l'ai vu mettre en terre...
    Par quatre biaux sous-officiers...
    Et puis: Madame  son tour monte
    Bien plus haut qu'il peut pas monter...
    Chanson que les Franais, sans honte,
    Toujours ils ne font que chanter.
    Si tant que du grand capitaine
    Il ne reste plus aujourd'hui
    Que cet scandalouse refraine
    Qu'on a fait pour rire de lui.
    _Well! well!_ quant au reine lui-mme,
    S'il ne fut pas de les plus grands,
    Il eut l'avantaige suprme
    De se faire aimer tout la temps,
    Dirigeant toute son pouissance
    A rendre heureux tous ses soujets.
    Si tant qu'aprs la long distance
    De deux sicles, la peuple anglais
    Ne parle pas de _good queen Anne_
    Sans beaucoup grand le bouche ouvrir
    Pour aussitt oun vrai boucane
    De compliments laisser sortir.
    _Well, then!_ Anne fut oun monarque
    Dont on ne peut mdire en rien;
    Car sous son oeil l'anglaise barque
    Il marcha tioujours... oh!... trs bien.

  [44] Voir note  l'appendice.




Maison de Hanovre




[Illustration]


GEORGE I

(1714-1727)


    De la fameux Jacques Premire
    Cet nouvel prince il descendait,
    Et seul protestant hritire
    De l'anglais trne il se trouvait.
    Il fut, dit-on, oun roi trs saige,
    Cherchant la bien de ses soujets,
    Mais, fort malheureux en mnaige,
    Avalant beaucoup des regrets.
    D'oune intrigue basse et mchante
    Son femme oun jour il accusa[45],
    Et dans oun prison effrayante
    Trente deux ans il la laissa.
    Tout de mme... il fut oun monarque
    Beaucoup trs tendre et complaisant,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il fila tioujours en avant.

  [45] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


GEORGE II

(1727-1760)


    Cet George il tait fils de l'autre,
    Et c'tait oun si bon enfant
    Qu'on en aurait fait oun aptre
    Pour... tant qu'il tait complaisant.
    Il guerroya contre le France
    Et plusieurs batailles perdit[46];
    Mais aussi, par bienheureux chance,
    Il en gagna,... sans contredit.
    Ainsi fit-il le grand conqute
    De la pays de Canada,
    Malgr qu'elle ne fut complte
    Que sous la roi qui succda.
    Oh! ce fut oun pouissant monarque,
    Comme on voit, trs entreprenant,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il marcha trs loin en avant.

  [46] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


GEORGE III

(1760-1820)


    Petit-fils de George Deuxime,
    Cet-ci n'avait que vingt deux ans
    Lorsqu'il coiffa la diadme
    Qu'il devait garder si longtemps.
    Oh! ce fut oun trs chanceux homme
    Qui faisait tout ce qu'il voulait;
    Et l'on peut ajouter, en somme,
    Qu'il en... voulait tant qu'il pouvait.
    Mais il ne faut pas que l'on pense
    Que tous ses voeux furent bnis,
    A moins qu'il ne songet d'avance
    A... perdre les Etats-Unis.
    Car c'est alors que ce contre,
    Au bruit de la canon grondant,
    Malgr l'Anglais fit son entre
    Dans la rgime indpendant.
    George ensouite eut oun rgne heureuse,
    Ni trop svre ni trop mou;
    Mais son tte un jour devint creuse
    Et, pour dix ans, il fut trs fou...
    N'importe!... il fut un grand monarque,
    Fort bon et trs... intelligent,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il marcha beaucoup en avant.




[Illustration]


GEORGE IV

(1820-1830)


    De la monarque prcdente
    George Quatre il tait la fils,
    Et pour longtemps il fut Rgente,
    Son pre tant fol comme dix.
    Enfin il monta sur la trne
    Et le garda deux fois cinq ans;
    Mais sur son tte le couronne
    N'clata pas de feux brillants.
    Il fut adversaire implacable
    De l'empereur Napolon,
    Et d'oun faon peu charitable
    Il traita cet _clever_ garon.
    Contre le libert d'crire[47]
    Il avait de drles travers;
    Et, s'il vivait, au lieu d'en rire,
    Il se choquerait de mes vers.
    Mais tout marche de telle sorte
    Que sans peur mes gots je poursuis:
    Aujourd'hui George Quatre est morte,
    Tandis que, _by Jingo!_ je vis...
    N'importe! Qu'il ft malheureuse
    En formulant certains dcrets,
    Et que d'oun main trop rigoureuse
    Il ait trait quelques soujets,
    N'empche qu'il fut grand monarque,
    Et sous son oeil si tant chrtien
    Comment marcha l'anglaise barque...
    Oh! oh! vous le devinez bien.

  [47] Voir note  l'appendice.




[Illustration]


GUILLAUME IV

(1830-1837)


    De George Quatre il tait frre
    Et, comme on vous l'a dit tantt,
    George Trois il tait son pre
    Qui mme avait plus d'oun marmot.
    Des deux bords de le politique
    Il fut comme oun explorateur:
    Tantt libral trs pratique,
    Et tantt franc conservateur.
    C'est ainsi que, chez nous encore,
    Certaines gars ont la talent
    De suiver constamment l'aurore
    De la prochain soleil levant.
    Mais... Guillaume il fut oun monarque
    Pour oun btiment bien lester,
    Et sous son oeil l'anglaise barque
    Il ne pouvait pas s'arrter.




[Illustration]


VICTORIA I

(1837-1901)


    De Victoria le Premire
    Tout ce qu'on peut dire est trs bon.
    Elle fut reine, pouse et mre
    De toute le meilleur faon.
    Pour voir oun peu son origine
    On doit l'Histoire remonter,
    La meilleur moyen, j'imagine,
    De ne point s'en laisser conter.
    D'abord, pour commencer la thme,
    George Trois avait quatre fils.
    Mon franchise il serait le mme
    S'il en avait eu trente-six.
    Mais, pour ce qu'il n'en eut que quatre,
    Je m'en tiens  cet numro,
    Et je me ferais plutt battre
    Que d'y joindre mme oun zro.
    George Quatre il fut la premire,
    Guillaume Quatre la Second;
    Puis vint oun autre par-derrire
    Dont je ne souviens plus la nom.
    La duc de Kent il vint ensouite,
    Et son fille Victoria,
    Comme l'on a vu par le souite,
    Elle devint reine et... voil!
    Victoria fut si tant bonne
    Et si tant se fit respecter,
    Que mon coeur de joie il frissonne
    Quand je me vois pour le chanter.
    Sa rgne eut oun tel maggnitude
    Que, pour en bien suivre la cours
    Dans oune vridique tude,
    Les vers de huit pieds sont trop courts.
    Huit ou dix pieds, oh! saperlotte!
    C't bon pour les rois communs;
    Mme oun seul pied dans oun bon botte
    Conviendrait bien  quelques-uns.
    Mais pour oun reine qu'on admire
    Avec encor plus des raisons,
    Les grandes vers de Shakespeare
    Mme ils ne seraient pas trop longs.
    _Well! well!_ quand ce reine admirable
    Fit sa _Diamond Jubilee_,
    Sur cet sujet tant respectable
    Oun grand hymne j'avais poli.
    C'tait en vers alexandrines
    Beaucoup tendres et trsment beaux
    Et, pour les rendre plus coquines,
    Coups de petits vermisseaux.
    Or, comme ils renferment complte
    L'histoire de cet rgne-l,
    Permettez qu'ici je rpte
    Cet hymne comme le voil!


   ODE A VICTORIA[48]

   A L'OCCASION QU'ELLE JOUBILE EN DIAMOND.

   Juin 1897.


    Je souis oun fils altier de le grande Angleterre
    De qui la fier drapeau partout dessus le terre
                Flotte dans le vent.
    Mon coeur, en cet moment que le Reine joubile,
    Il est piqu trs fort comme par oun aigouile
                Et saute en avant.

    Je ne me sent pas oune grande pote
    Et je ne connaiss le franaise rimette
                Pas assez beaucoup;
    Mais d'oune si bel jour pour garder le mmoire
    De _Queen_ Victoria je veux chanter le gloire
                Encor pour oun coup.

    Les soixante ans ils sont rests loin en arrire
    Depouis que notre Reine entreprit le carrire
                Comme le voil;
    Et le youmanit, dans cette longue rgne,
    Il n'a jamais souffert et jamais il ne saigne
                A cause cela.

    _Our most gracious Queen_, en rgnant de le sorte,
    Il tait jeune encor pour de son oncle morte
                Prendre placement.
    Si tant belle il tait que tout la monde admire
    Encor bien plus des fois qu'on ne peut pas le dire,
                Oh!... certainement.

    Son beaut maggnifique il tait bien complte;
    De son joustice aussi chacun il faisait fte
                Partout au dehors.
    On en parlait si fort de Roussie en Bretaigne
    Que, pour aller le voir, sa cousin d'Allemaigne
                Eut le fivre au corps.

    La prince il tait beau, ni grande ou trop petite,
    Et devers son cousine il s'en alla bien vite
                Sans faire du bruit.
    Le reine il le trouva bien pour son convenance
    Et l'aima tant si fort en voyant son prsence
                Qu'elle pousa lui.

    Peut-tre l'on dira c't pas mon affaire,
    Et quant  son priv c't mieux de me taire
                Dans mes humbles chants.
    Mais ces petites mots innocentes, il semble,
    Expliqueront fort bien comment les deux ensemble
                Eurent tant d'enfants.

    N'importe! elle t l, grande reine et pouissante,
    Du nation anglaise emblme blouissante
                Avec sceptre d'or;
    Et, soixante ans aprs, des bords de l'Amrique
    Jusques aux sables cuits du creux noir de l'Afrique
                Elle rgne encor.

    Sous sa bienveillante oeil tous nos gens prosprousent.
    Les autres nations entr'elles se jalousent,
                Luttant pour l'honneur.
    Mais dans le Angleterre on vit en bons aptres;
    On ne fait plus le guerre, on le fait faire aux autres,
                Oh! c't meilleur.

    Le Angleterre il est toujours trs richissime;
    C't connu. Pour lors de s'exposer le frime
                Il aurait bien tort.
    Depuis trente ans, l'Anglaise il a mis dans son tte
    Qu'oun boulet de canon il fait moins le conqute
                Que des pices d'or.

    Sous la sceptre si mol de notre Souveraine
    On connait bien l'amour, mais non jamais le haine
                Et ses vilains traits;
    Le paix rgne partout dans cette vaste empire
    Sur lequel la soleil, si tant loin qu'il dvire,
                Ne s'endort jamais.

    Oh! c'est oun grande roi... Mais non, il faut crire
    Reine; car ces deux mots ils ne voul pas dire
                Ici _the same thing_.
    En franais, voyez-v, mler la mascouline
    Sans d'excellents raisons avec le fminine,
                a serait _shocking_.

    De longtemps je sentais oun grand concoupiscence
    D'crire pour mon reine, au jour de son naissance,
                Oun hymne poli.
    Voil! Pardonnez-mo, vous, mes frres anglaises,
    Si j'ai voulu chanter avec des vers franaises
                _Our Queen's Jubilee!_

  [48] Voir note  l'appendice.


    Pour ce que les alexandrines
    Sont vers difficiles beaucoup,
    Aux huit-pieds, qui sont moins mutines,
    Je reviens encor pour oun coup.
    Hlas! et c't pour vous dire
    Que ce grand reine si charmant
    Que tout la monde encore admire
    Comme du temps de sa vivant;
    Reine si doux, femme si bonne,
    Si tant polie et vertueux
    Que dans son coeur chacun s'tonne
    Qu'il descendt de tels aeux
    Dont on vient de lire l'histoire...
    Hlas! c't pour dire, enfin,
    Que de son vie et de son gloire
    En pleurant on a vu le fin.
    Il est morte en grande monarque,
    Comme il l'avait t vivant;
    Et, ciel! ce que l'anglaise barque
    Dans son temps fila de l'avant!...




[Illustration]


EDOUARD VII

(1901-....)


    Avant la prsent souveraine
    Ceux qu'on a vus ils taient morts,
    Et l'on pouvait dire sans gne
    S'ils ont t bons ou butors.
    Mais Edouard Sept il est en vie,
    Oh! trs en vie  cet moment,
    Et, pour jamais qu'on ne l'oublie,
    J'ai mis son binette plus grand.
    Car si d'oun monarque bien morte
    On peut dire tout ce qu'on veut,
    Il est proudent que d'autre sorte
    On parle d'oun roi qui se meut.
    C'est ce que la peuple grenouille
    Un jour il apprit sous les eaux;
    Du moins, Esope il en bredouille
    Dans oun de ses beaux fabliaux.
    Car si vous mettez le critique
    Sous la nez d'oun prince vivant,
    Le chose tant beaucoup le pique
    Qu'il se fche et saute en avant.
    Alors, sous le fureur royale
    L'improudent est vite perdu;
    On vous le lance comme oun balle
    Au bout d'oun cordeau de pendu.
    Tenez! en parlant de Sans-Terre
    J'ai dit qu'il tait oun crapaud.
    Bien! si d'Edouard cet mot grossire
    J'allais souffler, gare  ma peau!
    D'oun bout  l'autre de la ville
    Ce ne serait que cris de mort;
    Chacun il se croirait utile
    En me faisant oun mauvais sort,
    Les grands de le magistrature
    Ils me _prononceraient_ oun gueux,
    Et mme le clricature
    Il ne me traiterait pas mieux.
    Oun animal de ce faconde,
    Dirait-on, il faut accrocher,
    Car vrit le plus profonde
    Parfois il faut savoir cacher.
    Et, quand du haut d'oune potence
    Mon corps il se balancerait,
    C'est  qui plus fort en cadence
    "_God save the King!_" il chanterait.
    Bien! Toute crainte je dfie,
    Et je le fais en... dfiant;
    Car jamais roi pendant son vie
    Ne fut plus qu'Edouard difiant.
    _Dear, me!_ mon seule inquitude
    Est--tenez cela pour compt!--
    De ne pouvoir en cette tude
    Rendre joustice  son bont.
    Fils de Victoria Premire,
    Grand reine que l'on pleure encor,
    Il est en tout son hritire
    Mme jusque dans sa coeur d'or;
    Et, tandis qu'avec grand sagesse
    Sur sa peuple il rgne aujourd'hui,
    Cet-ci de plus en plus engraisse,
    Devient rougeaud, brille et reluit.
    Si tant que point je ne redoute
    Pour la dit peuple aucun malheur,
    Except... peut-tre la goutte,
    Trs noble mal de haut seigneur,
    Et cet autre, l'apoplexie,
    Que ne connait point la quteux.
    Et voil comment j'apprcie
    Les bienfaits de cet rgne heureux,
    _Oh, dear! oh, dear!_ D'Edouard vivante
    Pourquoi craindrais je de parler?
    Ce que je dis est mot courante,
    Et rien je ne puis dvoiler
    Qui ne soit oun parfait hommaige
    A le bont de notre Roi,
    A son savoir,  sa couraige,
    A sa... _Well! Well!_...  sa tout, quoi!
    _Don't fear!_ Edouard est oun monarque
    Qui sav gouverner trs bien,
    Et... sous son oeil l'anglaise barque
    Oh, tenez!... je ne dis plus rien.




EPILOGUE


    Dans la pays de Angleterre
    Oh! tout il t trsment beau;
    Et tout il t si nouveau
    Dans la pays de Angleterre,
    Qu'on a beau dire la contraire
    Mme en criant comme oune veau,
    Dans la pays de Angleterre
    Oh! tout il t trsment beau.

    D'oun bout de cet pays  l'autre
    Ce n'est que palais, que jardins
    D'o sont exclus tous les gredins,
    D'un bout de cet pays  l'autre.
    C'est mon avis, sinon le vtre,
    Et cet-l de gens beaucoup fins:
    D'oun bout de cet pays  l'autre
    Ce n'est que palais, que jardins.

    Le grand nation qui l'habite
    Il t la plus grand de tous.
    Oh! chacun sait a comme nous,
    Le grand nation qui l'habite
    Il t loin d'tre... petite.
    Si tant qu' la fin, savez-vous,
    Le grand nation qui l'habite
    Il t la plus grand de tous.

    C't surtout par son richesse
    Qu'il compt la plus de valeur.
    Quand plus qu'oun autre il est meilleur
    C't surtout par son richesse;
    Car... tout la monde il le confesse
    Et c't bien connu, d'ailleur,
    C't surtout par son richesse
    Qu'il compt la plus de valeur.

    A cause de son grand pouissance
    Beaucoup de peuples sont heureux;
    Tandis que d'autres sont... peureux
    A cause de son grand pouissance.
    Si tant que, par son alliance,
    --Quand ils ne pouv faire mieux--
    A cause de son grand pouissance
    Beaucoup de peuples sont heureux.

    Il ne courtis pas le guerre
    Quand il pouv faire autrement;
    Et, comme noble amousement,
    Il ne courtis pas le guerre.
    Pourvu... qu'il fasse son affaire
    Et que d'autres soient en avant,
    Il ne courtis pas le guerre
    Quand il pouv faire autrement.

    Parmi les sauvaiges d'Afrique
    Il sait se faire redouter,
    Et sa nom il fait respecter
    Parmi les sauvaiges d'Afrique.
    L ses ordres sont sans rplique,
    Et... s'il faut vous le rpter,
    Parmi les sauvaiges d'Afrique
    Il sait se faire redouter.

    Avec la peuple civilise
    Oh! bien, il t trs proudent,
    Et tioujours trs condescendant
    Avec la peuple civilise.
    Pendant longtemps il... _temporise_;
    Mais si l'autre montre le dent,
    Avec la peuple civilise
    Oh! bien, il t trs proudent.

    Douce Albion! Chre patrie!
    Je t'aime autant que je le peux
    Jusqu'en mon me le plus creux.
    Douce Albion! Chre patrie!
    Je ne fais pas de menterie
    Dans l'expression de mes feux:
    Douce Albion! Chre patrie!...
    Je t'aime autant... que je le peux!

[Dcoration]


FIN




NOTES


  [1] --A la suite d'une querelle avec les siens, Egbert dut se
  rfugier en France, o il sjourna pendant quelque temps  la
  cour de Charlemagne.

  [2] --Alfred s'tait introduit dans le camp danois, dguis en
  barde.

  [3] --Alfred protgea les arts, la navigation et le commerce, et
  fonda l'institution du jury.

  [4] --Ethelwald.

  [5] --Charles III dit le Simple. Ce roi ayant t pris par le
  comte de Vermandois, Ogive s'enfuit en Angleterre,  la cour de
  son frre Athelstan et y fit lever son fils Louis, ce qui valut
   ce prince le surnom d'Outre-Mer.

  --Elgiva tait parente d'Edwy, et celui-ci l'avait pouse malgr
  les canons de l'Eglise. Elle lui fut enleve et prit dans les
  supplices.

  --Saint Dunstan, alors archevque de Cantorbery, fut le principal
  conseiller d'Edgard.

  [6] --Edmond II succda  son pre. Son intrpidit et sa force
  l'avaient fait surnommer _Cte de fer_ (_Iron-side_). Il fut
  assassin en 1017, et laissa Canut seul matre de l'Angleterre.

(La note 7 n'existe pas).

  [8] --On sait que notre Trs Gracieuse Souveraine, la reine
  Alexandra, est fille de Christian IX, roi du Danemark.

  [9] --Guillaume le Conqurant vainquit Harold II  la fameuse
  bataille d'Hastings.

  [10] --On l'appelait _Courte-Heuse_ parce que, dit-on, il avait
  les jambes trs courtes.

  [11] --Etienne de Blois prit la couronne, au dtriment de sa
  cousine Mathilde, fille d'Henri I. Il eut pour femme l'hritire
  des comtes de Boulogne.

  [12] --Rpudie par Louis VII dit le Jeune. Elonore valut 
  Henri II la possession de la Guyenne, du Poitou, du Prigord, du
  Saintonge, de l'Auvergne, de l'Angoumois et du Limousin.

  [13] --Rosemonde, matresse de Henri II, tait fille de Lord
  Clifford. Voulant la garantir des jalouses entreprises
  d'Elonore, sa femme, Henri fit construire pour elle  Woodstock
  un asile mystrieux avec une espce de labyrinthe; elle y mit au
  jour deux enfants, Richard Longue Epe, et Geoffroy qui devint
  archevque d'York.

  [14] --Son pre Henri II lui avait bel et bien enlev sa promise,
  Alice, fille de Louis VII, roi de France.

  [15] --Il remporta  Asor une brillante victoire contre 100,000
  musulmans.

  [16] --Le duc d'Autriche, que Richard avait outrag au sige de
  St-Jean-d'Acre.

  [17] --Richard Coeur-de-Lion battit Philippe Auguste 
  Frteval.

  [18] --En 1215,  la suite d'une rvolte des barons anglais, Jean
  Sans Terre fut forc de signer la Grande Charte, qui est la base
  des liberts anglaises.

  [19] --Henri III fut contraint de confirmer la Grande Charte.

  [20] --Wallace fut dcapit  Tower-Hill.

  [21] --Edouard III favorisa l'universit d'Oxford. En souvenir de
  la victoire de Crcy, o il avait donn pour mot d'ordre le mot
  _Garter_ (jarretire), Edouard III tablit l'Ordre de la
  Jarretire. Suivant une tradition gnralement rpandue, la
  comtesse de Salisbury, qui tait aime du roi, ayant laiss
  tomber dans un bal une jarretire, Edouard la releva; et comme
  son empressement donnait  rire aux courtiers, il s'cria: _Honi
  soit qui mal y pense!_ ajoutant que tel qui riait s'estimerait
  heureux d'en porter une semblable; peu aprs il cra le nouvel
  ordre. Le costume et les insignes des chevaliers de cet ordre
  sont: une _jarretire_ de velours bleu sur laquelle est brode,
  en argent, la devise _Honi soit qui mal y pense!_ un _manteau_ en
  velours bleu; un _chaperon_ et un _justaucorps_ de velours
  cramoisi, un chapeau de velours noir, un collier d'or, un _ruban_
  bleu port en sautoir de gauche  droite, auquel est suspendue
  une mdaille d'or portant l'effigie de S. George.

    (Bouillet.)

  [22] --La couronne revenait, de droit,  Roger Mortimer,
  petit-fils du duc de Clarence, deuxime fils d'Edouard III. C'est
  cette usurpation qui prpara la funeste guerre des Deux Roses.

  [23] --Henri V remporta la bataille d'Azincourt, o l'arme de
  Charles VI fut taille en pices.

  [24] --Isabeau de Bavire signa le trait de Troyes, qui faisait
  passer la couronne sur la tte d'Henri V.

  [25] --Marguerite d'Anjou. Elle prit bientt un empire absolu sur
  Henri VI et gouverna pour lui.

  [26] --Edouard IV envahit la France pour soutenir Charles le
  Tmraire contre Louis XI.

  [27] --Sur l'ordre de Richard, Tyrrel se rendit  la Tour et
  touffa les deux enfants sous des matelas et des oreillers.

  [28] --Richard fut vaincu par le comte de Richmond (plus tard
  Henri VII)  la bataille de Bosworth, prs de Nottingham, o il
  perdit la vie avec le trne.

  [29] --Marie d'Angleterre pousa alors le duc de Suffolk, qui
  l'avait suivie en France comme ambassadeur.

  [30] --Entr'autres occasions,  l'entrevue du Camp du Drap d'Or,
  en Flandre.

  [31] --Clment VII, _Jules de Mdicis_, assig dans Rome par
  l'arme de l'empereur, sous le commandement de Charles de
  Bourbon, fut dtenu sept mois et ne put se sauver qu' la faveur
  d'un dguisement.

  [32] --Guilford Dudley, fils de l'autre Dudley, duc de
  Northumberland.

  [33] --Philippe II tait fils de Charles-Quint.

  [34] --Cranmer, archevque de Cantorbery, avait prononc le
  divorce d'Henri VIII d'avec Catherine d'Aragon. Marie Tudor le
  fit prir sur le bcher, en 1556. Latimer, vque de Worcester,
  fut aussi brl vif  Oxford.

  [35] --C'est sous le rgne d'Elisabeth qu'eut lieu, en France, le
  Massacre de la Saint-Barthelmy.

  [36] --C'est alors qu'eut lieu l'attentat connu sous le nom de
  Conspiration des Poudres, qui faillit faire prir le roi avec le
  Parlement tout entier.

  [37] --Charles I tait mari  Henriette de France, fille d'Henri
  IV et de Marie de Mdicis.

  [38] --Charles I renvoya successivement quatre parlements qui lui
  refusaient des subsides pour continuer ses guerres extravagantes.
  C'est contre lui que les Ecossais rdigrent le fameux _Covenant
  Act_, par lequel ils s'engageaient  dfendre le protestantisme
  jusqu' la mort.

  [39] --Charles I fut dcapit  Whitehall.

  [40] --C'est sous Charles II que se formrent les deux partis
  politiques connus sous les noms de _Whigs_ et _Tories_.
  L'incendie de Londres, en 1666, consuma 30,000 maisons.

  [41] --Sous Jacques II eut lieu, en France, la Rvocation de
  l'Edit de Nantes, ce qui n'tait pas beaucoup de nature  aider
  le monarque anglais dans ses luttes de religion.

  [42] --Par le trait de Ryswick, Louis XIV rendit  l'Espagne ce
  qu'il lui avait enlev et reconnut Guillaume III pour roi
  d'Angleterre.

  [43] --Marie II mourut de la petite vrole en 1695.

  [44] --Le fameux duc de Marlborough, anctre des Churchill de nos
  jours, avait fait son apprentissage des armes sous Cond et
  Turenne. En 1704, il envahit la Bavire, battit l'lecteur 
  Shellenberg, incendia 300 villes de ses Etats, crasa le gnral
  franais Tallart et l'lecteur de Bavire  Blenheim. Il dfit
  Villeroi  Ramillies en 1706, Vendme  Oudenarde en 1708, et le
  marchal de Villars  Malplaquet en 1709.

  [45] --Sophie de Nell.

  [46] --George II fut battu  Fontenoy par le marchal de Saxe, et
  ailleurs encore. Il eut  soutenir, en Ecosse, une guerre contre
  le Prtendant Charles-Edouard, petit-fils de Jacques II. George
  II fonda le British Museum.

  [47] --George IV rendit de nombreuses lois contre la libert de
  la presse.

  [48] --Cette pice a t publie dans divers journaux de Qubec
  et de Montral.




TABLE DES MATIRES


                                                 PAGES

    Avertissement de l'auteur                        7

    Avant-propos                                    11

    Egbert-le-Grand                                 17

    Ethelwolf, Ethelbald, Ethelbert, Ethelred       19

    Alfred-le-Grand                                 21

    Edouard I, l'Ancien                             23

    Athelstan                                       25

    Edmond I                                        26

    Edred                                           26

    Edwy                                            27

    Edgard, le Pacifique                            28

    Edouard II, le Martyr                           30

    Ethelred II                                     31

    Canut-le-Grand                                  35

    Harold I                                        37

    Canut III ou Hardi-Canut                        38

    Edouard-le-Confesseur                           39

    Harold II                                       40

    Guillaume-le-Conqurant                         43

    Guillaume II, le Roux                           46

    Henri I, Beauclerc                              48

    Etienne de Blois                                50

    Henri II                                        54

    Richard I, Coeur-de-Lion                        57

    Jean Sans-Terre                                 60

    Henri III                                       61

    Edouard I, (race normande)                      63

    Edouard II                                      65

    Edouard III                                     67

    Richard II                                      70

    Henri IV                                        72

    Henri V                                         74

    Henri VI                                        76

    Edouard IV                                      80

    Edouard V                                       82

    Richard III                                     83

    Henri VII                                       87

    Henri VIII                                      89

    Edouard VI                                      94

    Jeanne Grey                                     96

    Marie I, Tudor                                  98

    Elisabeth                                      100

    Jacques I                                      107

    Charles I                                      111

    Olivier Cromwell                               115

    Richard Cromwell                               117

    Charles II                                     121

    Jacques II                                     124

    Guillaume III et Marie II                      129

    Anne                                           131

    George I                                       135

    George II                                      136

    George III                                     137

    George IV                                      139

    Guillaume IV                                   141

    Victoria I                                     142

    Ode  Victoria I                               144

    Edouard VII                                    148

    Epilogue                                       152

    Notes                                          155





End of the Project Gutenberg EBook of Petit histoire des grandes rois de
Angleterre, by Ephrem Chouinard

*** END OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK PETIT HISTOIRE ***

***** This file should be named 50485-8.txt or 50485-8.zip *****
This and all associated files of various formats will be found in:
        http://www.gutenberg.org/5/0/4/8/50485/

Produced by Clarity, Hlne de Mink, and the Online
Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
file was produced from images generously made available
by The Internet Archive/Canadian Libraries)


Updated editions will replace the previous one--the old editions will
be renamed.

Creating the works from print editions not protected by U.S. copyright
law means that no one owns a United States copyright in these works,
so the Foundation (and you!) can copy and distribute it in the United
States without permission and without paying copyright
royalties. Special rules, set forth in the General Terms of Use part
of this license, apply to copying and distributing Project
Gutenberg-tm electronic works to protect the PROJECT GUTENBERG-tm
concept and trademark. Project Gutenberg is a registered trademark,
and may not be used if you charge for the eBooks, unless you receive
specific permission. If you do not charge anything for copies of this
eBook, complying with the rules is very easy. You may use this eBook
for nearly any purpose such as creation of derivative works, reports,
performances and research. They may be modified and printed and given
away--you may do practically ANYTHING in the United States with eBooks
not protected by U.S. copyright law. Redistribution is subject to the
trademark license, especially commercial redistribution.

START: FULL LICENSE

THE FULL PROJECT GUTENBERG LICENSE
PLEASE READ THIS BEFORE YOU DISTRIBUTE OR USE THIS WORK

To protect the Project Gutenberg-tm mission of promoting the free
distribution of electronic works, by using or distributing this work
(or any other work associated in any way with the phrase "Project
Gutenberg"), you agree to comply with all the terms of the Full
Project Gutenberg-tm License available with this file or online at
www.gutenberg.org/license.

Section 1. General Terms of Use and Redistributing Project
Gutenberg-tm electronic works

1.A. By reading or using any part of this Project Gutenberg-tm
electronic work, you indicate that you have read, understand, agree to
and accept all the terms of this license and intellectual property
(trademark/copyright) agreement. If you do not agree to abide by all
the terms of this agreement, you must cease using and return or
destroy all copies of Project Gutenberg-tm electronic works in your
possession. If you paid a fee for obtaining a copy of or access to a
Project Gutenberg-tm electronic work and you do not agree to be bound
by the terms of this agreement, you may obtain a refund from the
person or entity to whom you paid the fee as set forth in paragraph
1.E.8.

1.B. "Project Gutenberg" is a registered trademark. It may only be
used on or associated in any way with an electronic work by people who
agree to be bound by the terms of this agreement. There are a few
things that you can do with most Project Gutenberg-tm electronic works
even without complying with the full terms of this agreement. See
paragraph 1.C below. There are a lot of things you can do with Project
Gutenberg-tm electronic works if you follow the terms of this
agreement and help preserve free future access to Project Gutenberg-tm
electronic works. See paragraph 1.E below.

1.C. The Project Gutenberg Literary Archive Foundation ("the
Foundation" or PGLAF), owns a compilation copyright in the collection
of Project Gutenberg-tm electronic works. Nearly all the individual
works in the collection are in the public domain in the United
States. If an individual work is unprotected by copyright law in the
United States and you are located in the United States, we do not
claim a right to prevent you from copying, distributing, performing,
displaying or creating derivative works based on the work as long as
all references to Project Gutenberg are removed. Of course, we hope
that you will support the Project Gutenberg-tm mission of promoting
free access to electronic works by freely sharing Project Gutenberg-tm
works in compliance with the terms of this agreement for keeping the
Project Gutenberg-tm name associated with the work. You can easily
comply with the terms of this agreement by keeping this work in the
same format with its attached full Project Gutenberg-tm License when
you share it without charge with others.

1.D. The copyright laws of the place where you are located also govern
what you can do with this work. Copyright laws in most countries are
in a constant state of change. If you are outside the United States,
check the laws of your country in addition to the terms of this
agreement before downloading, copying, displaying, performing,
distributing or creating derivative works based on this work or any
other Project Gutenberg-tm work. The Foundation makes no
representations concerning the copyright status of any work in any
country outside the United States.

1.E. Unless you have removed all references to Project Gutenberg:

1.E.1. The following sentence, with active links to, or other
immediate access to, the full Project Gutenberg-tm License must appear
prominently whenever any copy of a Project Gutenberg-tm work (any work
on which the phrase "Project Gutenberg" appears, or with which the
phrase "Project Gutenberg" is associated) is accessed, displayed,
performed, viewed, copied or distributed:

  This eBook is for the use of anyone anywhere in the United States and
  most other parts of the world at no cost and with almost no
  restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it
  under the terms of the Project Gutenberg License included with this
  eBook or online at www.gutenberg.org. If you are not located in the
  United States, you'll have to check the laws of the country where you
  are located before using this ebook.

1.E.2. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is
derived from texts not protected by U.S. copyright law (does not
contain a notice indicating that it is posted with permission of the
copyright holder), the work can be copied and distributed to anyone in
the United States without paying any fees or charges. If you are
redistributing or providing access to a work with the phrase "Project
Gutenberg" associated with or appearing on the work, you must comply
either with the requirements of paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 or
obtain permission for the use of the work and the Project Gutenberg-tm
trademark as set forth in paragraphs 1.E.8 or 1.E.9.

1.E.3. If an individual Project Gutenberg-tm electronic work is posted
with the permission of the copyright holder, your use and distribution
must comply with both paragraphs 1.E.1 through 1.E.7 and any
additional terms imposed by the copyright holder. Additional terms
will be linked to the Project Gutenberg-tm License for all works
posted with the permission of the copyright holder found at the
beginning of this work.

1.E.4. Do not unlink or detach or remove the full Project Gutenberg-tm
License terms from this work, or any files containing a part of this
work or any other work associated with Project Gutenberg-tm.

1.E.5. Do not copy, display, perform, distribute or redistribute this
electronic work, or any part of this electronic work, without
prominently displaying the sentence set forth in paragraph 1.E.1 with
active links or immediate access to the full terms of the Project
Gutenberg-tm License.

1.E.6. You may convert to and distribute this work in any binary,
compressed, marked up, nonproprietary or proprietary form, including
any word processing or hypertext form. However, if you provide access
to or distribute copies of a Project Gutenberg-tm work in a format
other than "Plain Vanilla ASCII" or other format used in the official
version posted on the official Project Gutenberg-tm web site
(www.gutenberg.org), you must, at no additional cost, fee or expense
to the user, provide a copy, a means of exporting a copy, or a means
of obtaining a copy upon request, of the work in its original "Plain
Vanilla ASCII" or other form. Any alternate format must include the
full Project Gutenberg-tm License as specified in paragraph 1.E.1.

1.E.7. Do not charge a fee for access to, viewing, displaying,
performing, copying or distributing any Project Gutenberg-tm works
unless you comply with paragraph 1.E.8 or 1.E.9.

1.E.8. You may charge a reasonable fee for copies of or providing
access to or distributing Project Gutenberg-tm electronic works
provided that

* You pay a royalty fee of 20% of the gross profits you derive from
  the use of Project Gutenberg-tm works calculated using the method
  you already use to calculate your applicable taxes. The fee is owed
  to the owner of the Project Gutenberg-tm trademark, but he has
  agreed to donate royalties under this paragraph to the Project
  Gutenberg Literary Archive Foundation. Royalty payments must be paid
  within 60 days following each date on which you prepare (or are
  legally required to prepare) your periodic tax returns. Royalty
  payments should be clearly marked as such and sent to the Project
  Gutenberg Literary Archive Foundation at the address specified in
  Section 4, "Information about donations to the Project Gutenberg
  Literary Archive Foundation."

* You provide a full refund of any money paid by a user who notifies
  you in writing (or by e-mail) within 30 days of receipt that s/he
  does not agree to the terms of the full Project Gutenberg-tm
  License. You must require such a user to return or destroy all
  copies of the works possessed in a physical medium and discontinue
  all use of and all access to other copies of Project Gutenberg-tm
  works.

* You provide, in accordance with paragraph 1.F.3, a full refund of
  any money paid for a work or a replacement copy, if a defect in the
  electronic work is discovered and reported to you within 90 days of
  receipt of the work.

* You comply with all other terms of this agreement for free
  distribution of Project Gutenberg-tm works.

1.E.9. If you wish to charge a fee or distribute a Project
Gutenberg-tm electronic work or group of works on different terms than
are set forth in this agreement, you must obtain permission in writing
from both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and The
Project Gutenberg Trademark LLC, the owner of the Project Gutenberg-tm
trademark. Contact the Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1. Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
works not protected by U.S. copyright law in creating the Project
Gutenberg-tm collection. Despite these efforts, Project Gutenberg-tm
electronic works, and the medium on which they may be stored, may
contain "Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate
or corrupt data, transcription errors, a copyright or other
intellectual property infringement, a defective or damaged disk or
other medium, a computer virus, or computer codes that damage or
cannot be read by your equipment.

1.F.2. LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
liability to you for damages, costs and expenses, including legal
fees. YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH 1.F.3. YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

1.F.3. LIMITED RIGHT OF REPLACEMENT OR REFUND - If you discover a
defect in this electronic work within 90 days of receiving it, you can
receive a refund of the money (if any) you paid for it by sending a
written explanation to the person you received the work from. If you
received the work on a physical medium, you must return the medium
with your written explanation. The person or entity that provided you
with the defective work may elect to provide a replacement copy in
lieu of a refund. If you received the work electronically, the person
or entity providing it to you may choose to give you a second
opportunity to receive the work electronically in lieu of a refund. If
the second copy is also defective, you may demand a refund in writing
without further opportunities to fix the problem.

1.F.4. Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS', WITH NO
OTHER WARRANTIES OF ANY KIND, EXPRESS OR IMPLIED, INCLUDING BUT NOT
LIMITED TO WARRANTIES OF MERCHANTABILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5. Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of
damages. If any disclaimer or limitation set forth in this agreement
violates the law of the state applicable to this agreement, the
agreement shall be interpreted to make the maximum disclaimer or
limitation permitted by the applicable state law. The invalidity or
unenforceability of any provision of this agreement shall not void the
remaining provisions.

1.F.6. INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in
accordance with this agreement, and any volunteers associated with the
production, promotion and distribution of Project Gutenberg-tm
electronic works, harmless from all liability, costs and expenses,
including legal fees, that arise directly or indirectly from any of
the following which you do or cause to occur: (a) distribution of this
or any Project Gutenberg-tm work, (b) alteration, modification, or
additions or deletions to any Project Gutenberg-tm work, and (c) any
Defect you cause.

Section 2. Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of
computers including obsolete, old, middle-aged and new computers. It
exists because of the efforts of hundreds of volunteers and donations
from people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need are critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come. In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future
generations. To learn more about the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation and how your efforts and donations can help, see
Sections 3 and 4 and the Foundation information page at
www.gutenberg.org Section 3. Information about the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service. The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541. Contributions to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation are tax deductible to the full extent permitted by
U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is in Fairbanks, Alaska, with the
mailing address: PO Box 750175, Fairbanks, AK 99775, but its
volunteers and employees are scattered throughout numerous
locations. Its business office is located at 809 North 1500 West, Salt
Lake City, UT 84116, (801) 596-1887. Email contact links and up to
date contact information can be found at the Foundation's web site and
official page at www.gutenberg.org/contact

For additional contact information:

    Dr. Gregory B. Newby
    Chief Executive and Director
    gbnewby@pglaf.org

Section 4. Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment. Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States. Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements. We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance. To SEND
DONATIONS or determine the status of compliance for any particular
state visit www.gutenberg.org/donate

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States. U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses. Donations are accepted in a number of other
ways including checks, online payments and credit card donations. To
donate, please visit: www.gutenberg.org/donate

Section 5. General Information About Project Gutenberg-tm electronic works.

Professor Michael S. Hart was the originator of the Project
Gutenberg-tm concept of a library of electronic works that could be
freely shared with anyone. For forty years, he produced and
distributed Project Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of
volunteer support.

Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as not protected by copyright in
the U.S. unless a copyright notice is included. Thus, we do not
necessarily keep eBooks in compliance with any particular paper
edition.

Most people start at our Web site which has the main PG search
facility: www.gutenberg.org

This Web site includes information about Project Gutenberg-tm,
including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
subscribe to our email newsletter to hear about new eBooks.

