                                      Cycle Premier des lgendes
                                      des Pays du Nord
   
                                                       Japur et
                                                       Asgard
PROLOGUE


                      CHAPITRE PREMIER 


 
L' enfant jouait tranquillement. Au bord du ruisseau , des
grenouilles et lzards paressaient mollement. Le ciel d' un bleu
pur et limpide se refltait dans l' eau et s' accordait
harmonieusement avec les diffrentes teintes vertes de l' herbe et
des fourrs. Le cadre tait paradisiaque. Les oiseaux chantaient..
La maison se situait sur une petite colline pas trs haute , mais
qui dominait une sorte de petit vallon vert , o serpentait un
mince cours d' eau. La maison n' tait pas trs grande , mais
suffisait largement pour l' enfant et ses parents.

Ceux-ci d' ailleurs observaient leur fils du haut de la petite
dune verte. Manifestement , il tait heureux.

 - Finalement, c' tait une bonne ide de lui laisser le Kazark !
  dit le pre.

 - Oui . Rpondit la mre . Ca lui donnera le sens des
  responsabilits , de s' occuper d' un animal.

Le Kazark tait encore jeune , et le garon se montrait trs
affectueux avec lui. Sa peau tait encore orange , mais elle ne
tarderait plus  prendre la superbe couleur bleu-nuit du Kazark
adulte. Ses dents aussi pousseraient , et il deviendrait alors un
des plus redoutables chasseurs de la fort. Le petit flin se
roulait dans l'herbe. Il ressemblait  un chat gant. Sauf que les
chats ne possdent pas , mmes adultes , des canines prominentes
de vingt centimtres de long !

Un lger bruit montait . Le Kazark se dressa . Son oue tait bien
plus fine que celle d' un humain . Le bruit devint perceptible aux
oreilles de l' enfant. L' animal  grognait. Tous les chasseurs ont
cette espce de sixime sens: ils sentent le danger. L' enfant ne
l'coutait plus. Il fixait l' horizon. Un nuage de poussire tait
apparu. Le bruit frappait les oreilles  prsent. Un cavalier s'
arrta  une dizaine de mtres des deux jeunes tres.
Le pre , qui courrait vers l' enfant , lui criait de revenir. La
mre tait paralyse , tout comme l' enfant. Le Kazark s' tait
hriss. Le cavalier le fixa. La bte bondit. Le garon ne
bronchait pas. En un geste, un seul, une tte tomba. Le jeune
Kazark n' tait plus.

Le cavalier rengaina son sabre . Un authentique katana , sur le
fourreau duquel on apercevait trs nettement un aiglon dor.
De l'or . Mais de l'or terne . Qui semblait dgager une sensation
de puissance . Le guerrier se remit en selle . Le pre arriva . Il
prit l' enfant dans ses bras et il pleura ... longtemps. L' enfant
ne parla plus pendant trois jours. Mais il ne pleurait pas non
plus. Pendant ces trois jours le pre alla prier, je ne sais
quelle divinit. Il s' tait isol dans la fort de Magta-Nogta et
effectua dix sacrifices comme l' exigeaient ses croyances.

Dix annes passrent. La famille s' tait agrandie depuis. Une
petite fille gambadait joyeusement dans la maisonne maintenant.
Le jeune garon avait grandi. Il s' tait panoui de corps comme
d'esprit.

 - Pre ! Je voudrais vous parler . A prsent j' ai grandi et je
  suis en ge de partir. Je ne puis que vous remercier de
  l'attention et l' ducation que vous m' avez apportes , mais il
  y a en mon esprit encore un point obscur.

 - Je sais , fils . Si tu souhaites vraiment nous quitter , alors
  assieds-toi.

 - Oui , Pre.

 - Ecoute-moi bien mon enfant. Cet trange cavalier que tu as
  rencontr il y a dix annes, tait un Matre, c' tait un Hawk.

Le jeune homme coutait ; mais ne posait pas de questions.

 - Par miracle , ... euh , il ne ...

 - M' a pas tu ?

 - Oui.

 - "Ils" sont donc du ct ... du mal.

 - En gnral... mais celui-l ... je ne sais.

Le lendemain , le fils partit .

Il avait apprit l' une des bases les plus importantes de sa vie.
Dans les lointaines contres du royaume de Japur , les rgles de
vie et de mort taient tranges . Tout comme ces hommes que l' on
appelait Hawk. Le pouvoir leur appartenait en ralit , et la Cour
Impriale , puissante , se servait de ceux qui succombaient  la
corruption et aux autres vices.




 

                      CHAPITRE SECOND


Etrange tait Japur , avec ses immenses forts , ses somptueux
palais, ... C' tait un royaume de cupidit, de vices , o les
grands seigneurs , ceux que l' on appelait "Seigneurs-Tigres",
avaient un pouvoir considrable. Se payant les services d' armes
de mercenaires et surtout, s' ils le pouvaient, ceux d'un ou
plusieurs Hawks , ces Khans profitaient impitoyablement de la
"plbe".

Mais le pouvoir suprme appartenait au couple imprial, qui
attirait  la cour tous ces ... courtisans ?

L' homme arriva  Kirikan  l' aube. Il s'arrtait uniquement pour
son cheval. Les habitants de la ville qui le rencontraient
baissaient le regard ; ils le craignaient . Les anciens
prdisaient l'Apocalypse: c' tait le troisime Hawk qui passait
cette semaine.

 - Les Ecrits de Tarok l' avaient prvu ! disaient-ils. L' re
  Guennuine va commencer !

Les jeunes qui, au dbut les prenaient pour de vieux dbris
radoteurs, avaient de quoi s'inquiter pour leur avenir.

L' homme acheta des vivres, et de l' huile de skutre. Cette
dernire lui servit  nettoyer, son pe.

Soudain , dans un tonnerre de sabots et de poussire , une petite
arme d' hommes s' arrta sur la grand-place. L' homme rengaina
le Katana. La troupe s'arrta, et une sorte d' hrault vint se
poster en face du cavalier.

 - Etranger ! Le seigneur Kabalko m' envoie te chercher ! hurla le
  messager.

Aucune rponse.

 - Viens ou meurs ! continua-t-il , en brandissant une espce
  d' arbalte.

Le guerrier se retourna. L' expression du visage du messager
sembla se muer en une terreur absolue. Comme si ce fut la
quintessence des peurs de l' humanit qu' il affrontait.

 - Appelle-le , dit une voix presque spulcrale. Je suis J. Hawk.

Aux sons de ces quelques mots, la "chose devenue une caricature
d'homme" , retourna au grand galop vers la petite caravane. Aprs
une dizaine de minutes , trois hommes rappliqurent. Un seul
s'approcha de plus de dix pas. Il descendit de cheval. Les deux
hommes trent le haut de leur cuirasse et dgainrent  deux
superbes lames.

 - J ? peuh ! Je suis Yaris de Fenril, matre de Joda, protecteur
  du Seigneur Kabalko , ...

 - Que de titres ! Pour un chien d' Aquilonien.

Les regards s'affrontaient. Yaris s'lana; sa charge tait lourde
et puissante ; il se sentait , il se savait invincible.
"J" ,pensait-il. Pas un nom de Hawk, a. Soudain, il comprit.

Trop tard. La lame tait passe sur sa poitrine. "Presque trop
rigolo!" fut sa dernire pense. Comment tre assez stupide pour
provoquer un Dan-Kya ? Ces guerriers qui donnent  ce mme mot
son vritable sens. Ces Matres. 

Le cadavre s' croula. Un mince filet de sang se fit voir. Le coup
avait t port de manire parfaite.

L' expdition qui avait accompagne le malheureux repartit aussi
rapidement qu' elle tait arrive. Le Seigneur Kabalko cherchera
un autre toutou...

La petite ville qui , un instant durant avait retenue sa
respiration prit une inspiration rgnratrice. Les anciens se
sentaient  prsent , ... moins perturbs. Ils avaient reconnu en
l'homme sa valeur,... cependant ils demeuraient un peu sceptiques.
En effet, un Dan-Kya est souvent beaucoup plus g ...
Un enfant s' approcha .

 - Seigneur ! Nous protgerez-vous des mchants ?

La question manait de navet, de cette candeur propre aux jeunes
enfants ...

  - Enfant ... dit l' homme . Et ce fut tout .





                      CHAPITRE TROIS


Le vent soufflait en tornade. Soulevant les feuilles des arbres.
Ce vent tait trange , trange pour un printemps. Malfique
disaient certains. L' air lourd... marquait le renouveau... le
renouveau d'une re... Un cycle nouveau allait commencer .

Bon , mauvais,... nul ne le savait. Quelques uns seraient acteurs,
les autres ,  spectateurs ou mme, victimes .

Dans le vaste royaume de Japur se trouvait la Grande Tour. Les
plus grands magiciens y tenaient le "Conseil suprieur de l' Art".
Ga Tchen, le Matre de sance depuis plusieurs dcennies,
complotait au service de la cour Impriale . Son plan morbide
demandait des rarets, que la cour pouvait lui permettre
d'acqurir. Mais en vrit, Ga Tchen travaillait pour tout autre
chose. Il servait des puissances autrement malfiques... 

Ce jour l, il runit le couple royal et certains principaux
dignitaires, afin de faire une nouvelle requte.

 - Vos Majests, pardonnez mon outrecuidance, mais il reste un
  objet magique ...

 - Quoi ! Encore ! rugit l' impratrice.

 - Calme toi ,  mon pouse. Ecoutons-le.

 - Merci, Seigneur. Voil, le dernier objet dont j' aurai besoin
  pour librer les grandes puissances n' est autre que le sceptre
  magique d' Armagador. Il appartient, vous le savez, au chef
  suprme de la classe des Grands Guerriers, au Thane.

 - Et alors. Tu n'as qu'a le trouver, et d'une manire ou d'une
  autre te l'approprier. dit l' Empereur.

 - Ce n'est pas aussi simple, Sire. L'identit du Thane est
  secrte. Mme les Dan-Kya ne savent pas qui il est.
  Mais ... il y a un moyen . Lorsque les forces obscures
  apparaissent, tous les Hawk se runissent. Qu' ils soient purs
  ou corrompus. Seuls les plus forts arrivent  la thanerie, le
  lieu de leur rencontre. Ce sont les Dan-Kya. Le plus sage, le
  plus fort ,reoit le titre de Thane et... Le sceptre d'Armagador
  qui apparat de manire mystique.

 - Donc les autres sont tmoins de l' apparition, imbcile ! hurla
  l' pouse impriale.

 - A l'heure actuelle, le sceptre est sur le cadavre d'un  ancien
  Thane. La paix demeure depuis trois millnaires. Mais les forces
  que je manipule sont dj en train de les rassembler.

 - Quel est donc le problme ? demanda l' Empereur.

 - Pour arriver  la Thanerie , il nous faudrait un Dan-Kya
  corrompu ; mais cela n' existe pas. C' est pourquoi je dois le
  crer ; il me faut des ingrdients trs spciaux que je possde,
  mais il me manque la pice matresse: dans les sombres crits de
  Thakur , il est mentionn qu' il est ncessaire d' avoir le sang
  vaginal de la plus belle et plus pure vierge noble du Royaume.
  Les Oracles me l'ont rvl: cette jeune fille n'est autre
  qu'Ophlia de Nymphis.

L' impratrice s'en alla, suivi de l'Empereur. Au loin un rire
malfique se fit entendre.

Ga Tchen pensa : "Quelle femme ! Cette impratrice. Plus tard
elle sera mienne."

Le Royaume de Japur tait divis en plusieurs provinces. La cour
Impriale se situait au nord. Vers le sud, sud-ouest, se trouvait
un petit duch:la Nymphiae. Rpute pour son climat, et la beaut
de ses paysages au printemps, elle vit natre celle que l' on
appelait le joyau de Japur, la belle Ophlia, fille unique du
duc de Rhane; mais aussi un autre personnage beaucoup moins connu,
portant un nom somme toute assez trange, ... un certain ...  "J".





                      CHAPITRE QUATRE



Dans la province de Tadel-Ts, crainte et dserte depuis
longtemps des hommes, les vnements, disaient les aventuriers,
devenaient de plus en plus tranges. Mme les Grands Sages de la
Tour, semblaient alimenter une quelconque peur  son gard. Mais
pour beaucoup encore, tout ceci n' tait que lgendes et racontars
de bonnes femmes. Cependant , un jour arriva un cavalier  Thulsa-
Nagat, ville la plus proche de Tadel-Ts, qui raconta des choses
terrifiantes...Il avait selon ses dires, vu des choses de l'Ancien
Temps . "Prs de la Fort de Morlof, alors que je me reposais
d'une journe de plus de trente lieus , j' entendis des bruits
tranges. Je crus d' abord que ce fut un quelconque gibier, et je
m'approchais avec la plus grande des discrtions d' un endroit
particulirement bois. Cach derrire un arbre , une sorte de
grand chne qui si je ne m' abuse ne pousse qu' en cet endroit
maudit, je vis des lumires qui taient le moins du monde
naturelles.

Je m'embusquais alors derrire des fourrs, et je vis  les choses
les plus horribles du monde. Il y avait sur le sol un immense
pentagramme malfique , fait de sang et de boue , et on pouvait y
lire en langage Barbare que je connais un peu : Mastamo derkitu
marfer Guennine Semper itu erad. Ce qui doit signifier quelque
chose comme: Matre, ton sang est vers, que Guennine soit tien."

Ce rcit tait d' autant plus effrayant qu' il concidait
parfaitement  ce que l'on appelait dj "La grande Migration",
l'trange mouvement des Hawks.

Pour mieux comprendre l' histoire ici narre, il convient de
donner quelques dtails sur Japur. Ce ne serait pas, je crois,
s' carter du sujet.


Ainsi le Royaume de Japur tait divis en six grandes parties:

Le Grand Nord, qui contenait principalement la Capitale, sige de
la Grande Tour et du Palais Imprial, connue sous le nom
d'Amnthys la Superbe. La ville tait borde de plusieurs
villages sur sa face sud, de grandes montagnes au nord, et de
diverses forts alentours.

L'Ouest tait le pays des grandes forts de l'intrieur. Les
villes et villages taient peu nombreux, mais les richesses de la
fort faisaient des quelques seigneurs qui y vivaient,
certainement les plus puissants du Royaume.

A l'Est taient les grandes prairies et surtout, la mer. La cte
Est , borde de la "Mare Terrinta" , avait tout son long , nombre
de villages de pcheurs. Il y avait l les Grands Nobles. Les plus
mprisants  l' gard du peuple. Kabalko en tait originaire...

Le sud-ouest tait une rgion merveilleuse. Autant par son climat
que par ses somptueux paysages. L se situait le petit Duch de
Nymphiae. On y trouvait encore d' autres petites contres toutes
trs agrables, mais on s' accordait  affirmer que la Nymphiae,
de toutes , tait la plus belle.

Le sud-est tait quant  lui , assez dsert , surtout autour de la
rgion  de Tadel-Ts , lieu hant disait-on des esprits des
combattants maudits de l' Ancien Temps. Lieu de vastes et sombres
forts , de noires collines , des grandes brumes ...
Lieu compltement vide.


Les populations se composaient en grande partie d' Hommes, mais
leur mentalit divergeaient beaucoup selon les rgions...
Il y avait aussi, surtout dans les rgions du Sud et de l'Ouest,
des Nains qui vivaient somme toute, en paix avec les Hommes .

Et l'on racontait qu'il vivait dans les forts enchantes de
Nymphiae et de Alfs , quelques Elfes ...(La grande fort magique
d'Alfs se situait plus  l'ouest par rapport  la Nymphiae)

Les Elfes taient disait-on, des cratures merveilleuses, parfois
de la taille d' un enfant nain , mais souvent aussi petits qu'une
libellule; et ils avaient des pouvoirs de gurison et
d'enchantement. Mais les Hommes avaient de plus en plus de doutes
quant  leur existence, et ils devenaient maintenant , sujets de
lgendes.

Des cratures beaucoup moins merveilleuses vivaient aussi; des
gnomes teigneux et sales , des lutins malfaisants et malicieux
(malgr la croyance populaire  qui les classe tels des tres
gentils et joyeux). Et depuis quelque temps on parlait de
cratures de l'Ancien Temps, des cratures horribles, servantes
de l'Esprit Malin.

Les Hommes taient soumis  leurs souverains qui pouvaient tre
Ducs, Comtes ... et qui taient eux mmes vassaux du Grand
Suzerain, l'Empereur. En cette anne 897 P.N, l' empereur tait
Fibios de Arkor , surnomm le Grand. Peu de Nobles l'apprciaient.
En fait seuls ceux de la cte est le soutenaient. Mais le pouvoir
et la crainte qu'inspirait Fibios le Grand, lui venaient de son
autorit sur la plupart des seigneurs et de son alliance avec le
Matre de la Tour, Ga Tchen le Tnbreux.

Dur tait-il, et aussi mauvais; mais les affaires  la Cour et
dans son vaste Royaume, il les savait mener.

L' impratrice tait quant  elle Pernine, fille de Macthor; et on
disait que c'tait la plus cruelle des femmes et que nulle
sorcire dans les sombres ouvrages , ne pouvait la concurrencer.

L' empereur avait une arme de Hawks, qui formaient sa garde
personnelle (et de son pouse). Ils taient extrmement entrans
et formaient la meilleure arme du pays. On les craignait en
raison de leur cruaut et leur puissance. Ces hommes taient fiers
et sans piti; leur coeur tait dur et froid, et chacun d' eux
connaissait sa puissance et se comportait de manire hautaine et
arrogante envers ceux qu'ils appelaient la "basse populace".
Certains d' entre eux taient de vritables guerriers, mais
entirement corrompus.

Les Hawks taient des guerriers dont la caste remontait  des
temps immmoriaux; bien avant la Noblesse... Mais en ces priodes
troubles par le Mal, la corruption atteignait mme les colosses!
Seuls les Dan-kya restaient purs.



                                    Fin du prologue.


            





                      CHAPITRE UN




L'aube se levait sur la Nymphiae . Les nuages taient rougissants
au soleil levant. Une faible brise, lgre et frache, caressait
les cieux et la terre. La lumire en ce moment de la journe, la
plus belle du monde disait-on, semblait de par sa magie envoter
les lments.

Ce monde tait heureux, tranquille, et la paix et la srnit s'en
dgageaient. Le peuple de la Nymphiae, tait un peuple pacifique,
qui se complaisait dans sa tranquillit. Son amabilit tait de
lgende. Mais il n' aimait gure sortir de ses frontires. Les
informations du Royaume arrivaient par le biais des nombreux
voyageurs. La Nymphiae en cette journe de printemps tait aussi
joyeuse qu' un oiseau pouvait l' tre dans son beau ciel bleu .
Le chteau Nymphis bourdonnait d' activits et le Duc de Rhane
n'tait point homme  farnienter. Il administrait ses terres de
bonne manire et ses sujets prouvaient  son gard beaucoup de
respect et d'amour. Pourtant en ce jour, il lui sembla que quelque
chose tait diffrent. Non pas dans l' air , mais quelque chose de
plus intime, qui touche  l' esprit ,  l' me ... 

Comme  son accoutume, le Duc se tenait dans la salle du Trne
tout  l'coute des audiences de ses sujets. Vers neuf heures de
la matine, la princesse vint s'asseoir aux cts de son pre.
Ophlia tait resplendissante de beaut, et le Duc avait
l'apparence svre et rassurante des gens de grande exprience.

La salle tait grande et les piliers taient couverts de marbre.
Les murs taient garnis de vastes tentures et emblmes aux
cussons de la famille. Vers dix heures trente, alors que l' on
n'attendait plus personne, un mendiant s'approcha. Il tait vtu
d'une grande capuche de couleur marron fonc, et il inspirait non
point la piti mais la crainte. L'air sembla se glacer sur son
passage. Il s'avana jusqu'  quelques mtres du Trne et une voix
grave s' leva : "Je suis Volla, Seigneur de Nymphis, et ma Qute
s'arrte ici. Le message que je te porte vient d' au-del des
terres de Japur. Le Rgent Balder le Noble, du Royaume des Aesirs
m'envoie te dire ceci :

  Alors que l'Aurore se lve sur la grande Terre
  Et que la Vie s' coule pour les gens biens ns,
  Une heure sombre s'avance et les vents pleurent.
  Enfin le Joyau, pur Calice en ce monde se rtablit,
  Et la grce s'empare de nous, oui nous.

Prpare ta vie et ta descendance, Grand Duc. Volla doit
maintenant te quitter. Mais bientt, des nouvelles tu recevras..."

Et Volla s' vanouit alors des yeux de l' assistance,  la grande
stupeur du Duc et de sa Cour. Nul en ce Royaume ne devait jamais
le revoir. Cette belle journe fut ainsi assombrie par les paroles
d'un trange personnage. Mais le Duc ne se laissa point dmonter
et il fit demander dans toutes ses terres des informations sur
Volla.

Une semaine s' tait coule depuis cet vnement lorsque se
prsenta  la Cour un jeune homme, ou, du moins, un homme
d'apparence jeune. C' tait manifestement un guerrier et il avait
fire allure. Non pas qu' il fut habill de grande faon ou qu'il
prsentt de grands apparats, mais tout se voyait  son regard. Il
tait assez grand, brun, et il portait une lame qui n'avait pas
souvent cours, .. un katana. L' homme arriva vers dix heures,
alors que le soleil tait chaud et brillant dans le ciel parsem
de quelques nuages blancs. Le Duc et sa fille l'accueillirent avec
amabilit, mme sans le connatre, et cela sembla l' intriguer.
L'homme promena son regard sur les courtisans jusqu' ce que
quelqu'un puisse le soutenir. La premire fut Ophlia, puis son
pre. Mais au bout d'un moment un malaise s'empara d' eux, et le
Duc s' cria :

 - Diantre ! Mais que veux tu ?

Il ralisa ensuite  quel point il tait troubl. Mais le jeune
homme s' avana et parla d' une voix sre et calme et grave.

 - Duc de Rhane. Je ne suis que l'un de vos sujets. Et je souhaite
  m'entretenir avec vous des tranges vnements qui sont arrivs.
  Il en va de votre vie, de celle de votre famille, du Duch, et
  mme du Royaume. De grandes perturbations vont survenir et vous
  n'y tes pas prpar. Je suis connu en mon milieu, sous le nom
  de J, et j' offre mon aide, mon pe, et mon exprience  vous
  et  la princesse.

Et sur ce, il dgaina une superbe lame, et tous virent son pe,
avec l'aiglon dor. Et la garde personnelle mme du Duc, en signe
de respect enlevrent leurs pes et mirent les pointes contre
sol.

Le Duc en fut impressionn, car ce bataillon d'hommes lui tait le
plus dvou, et il ne prenait d' ordres que de lui.

 - J,Qui es-tu donc pour que mes meilleurs hommes te reconnaissent
  ainsi ?

 - Je suis un guerrier, Seigneur. Mon vrai nom n'est connu que de
  certains; ceux qui ont une autre connaissance. Une connaissance
  trangre quelque peu  votre monde. Mais il en est assez,
  maintenant. Le temps presse, et le danger augmente. Je dois vous
  parler seul  seul.

Le Duc fit un signe, et les personnes prsentes quittrent la
pice, qu'ils soient mme soldats. Cependant, la princesse demeura
sur son petit trne.

 - Ce que j'ai  dire n'est certes point facile  entendre;
  surtout pour vous.. dit J en s'adressant  celle-ci; mais il
  serait mieux que vous coutiez, si vous vous en sentez capable.

 - Ce qui concerne mon Pre ne doit point m'tre cache, rpondit
  la princesse d'une voix douce et calme .. mais qui trahissait
  sembla-t-il  J, de l'inquitude sinon de la crainte.

J se mit alors bien en face des deux plus grands Nobles de la
Nymphiae et il commena ainsi :

 - La paix rgne en ce Royaume depuis trois millnaires. Aussi,
  les gens ont-ils oubli l'existence en ces mmes terres, de
  puissances et de cratures voues au Mal. Le Mal souhaite
  aujourd'hui reconqurir ce qu'il a perdu. Une re nouvelle
  semble s'amorcer. En ce triste jour, moi J, du Duch de
  Nymphiae, je vous demande de vous prparer  l're Guennine,
  et je vous somme de me croire , ..  sur mon nom !

Il tira une nouvelle fois le katana qui brillait d' une lumire
verte, et lorsqu'il la planta aux pieds du Duc, dans une couche
consquente de marbre, ils virent sur la garde le S  d'or trs
travaill, et le Duc tomba  genou.

 - Sigsfrid... Sigsfrid... murmura-t-il. Ainsi tout ceci est vrai.
  Ainsi ce cauchemar est rel. Que se passe-t-il donc.. Que..

 - Reprenez-vous, Pre! Que vous arrive-t-il ? Qui est donc
  Sigsfrid ? s'cria la princesse en soutenant le Duc de Rhane.

Elle paraissait gare, affole, et ne savait que penser de
l'tranger. Mais le Duc se rassit, quoique pniblement maintenant,
et il dit :

 - Tu as devant toi Sigsfrid. Le plus grand Chevalier du Sud. Le
  Grand dfenseur de la Nimphiae et d' Alfs. Il possde l'pe de
  sa famille, Ophlia, et tu dois maintenant le considrer comme
  ton protecteur et celui de ton pre.

 - Sigsfrid... dit Ophlia d' un air lointain. Le Guerrier de la
  lgende...

 - Son descendant, interrompit alors J en se redressant. Vous
  savez ce qu'est l' re Guennine, le retour de l'esprit Malin,
  mais vous ne savez que trop peu. Vous me considrez peut-tre
  comme le plus grand guerrier, mais en vrit tous les guerriers
  se rassemblent. Ils viennent tous ici. Ceux qui arriveront sont
  des tres trs nobles, ce sont les Dan-Kya. Je vous demande de
  bien les accueillir et de garder secret sur eux. Nous avons
  raisons de penser que votre vie, princesse, est menace, et
  qu'il faut la prserver.

Puis J expliqua au Duc et  sa fille ce qu' taient les Dan-Kya,
et il s' installa ainsi au chteau.

Durant la semaine suivante, de nombreuses personnes arrivrent en
secret pendant la nuit. Leurs apparences respectives taient trs
variables. Certains avaient un corps et un visage trs beau, trs
ouvert; d' autres semblaient au contraire durs et uss, et
d'autres encore renferms sur eux-mmes... Mais ils paraissaient
tous avoir une ressemblance quant  leurs regards.. anims
semblait-t-il de la mme lueur trange et si difficilement
discernable. Ophlia tait perdue parmi ces gens, ces guerriers,
qu' elle sentait si lointains, mais en mme temps si proches de
son destin. Son pre lui parut plus serein.

Il y avait maintenant quatre jours que les arrives de guerriers
au chteau avaient cesses. Les Dan-Kya pensaient mme tre au
complet. Mais il arriva cette nuit, un homme que nul ne semblait
connatre.

Il tait vtu d' une trange manire; il portait un pantalon de
couleur sombre et un haut bleu qui s' arrtait  ses paules.
Son avant-bras droit tait alourdi d' une lanire de cuir
(srement de Kazark ou de Morfluk), et son pe, un katana un peu
plus petit que la normale, tait accroch  sa taille par une
ceinture faite vraisemblablement d'un cuir identique. Autour de
son cou tait enroule une large cape d'un tissu gris, de la mme
couleur que ses yeux. Il y eut un silence de mfiance  son
arrive. L'tranger portait bien une arme de Hawk, mais personne
ne semblait le connatre. J s' avana.

 - Annonce ton nom, Homme. Qui que tu sois, tu sembles porter l
  une bien belle arme, demanda-t-il.

Aprs un silence qui parut comme un dfi, ou mme de l'insolence,
l'homme rpondit :

 - Que t'importe mon nom, J.Hawk. Ne vois-tu point le signe sur
  moi ?

 - Tu connais mon nom. Il serait donc juste que je sache le tien.
  Si tu arbores le signe, ton identit doit nous tre rvle.
  D'o viens-tu donc pour que personne ici, de tout le Royaume,
  ne te connaisse ?

 - Tu es dans l'erreur, jeune chevalier. Mais sache que je viens
  d'une contre quelque peu dserte. Je viens de Tadel-Ts.

Il y eut chez le Duc et sa fille  ce moment, une sorte de
frmissement. Mais personne ne sembla ragir parmi les Dan-Kya.
Contre toute attente , J ta son arme . L' homme le regardait sans
bouger , un sourire aux lvres. Il s' avana. Ophlia sentit alors
pour la premire fois de la crainte pour cet homme qu' elle
observait depuis dj quelque temps, et elle en fut trouble.
J avanait toujours. Aucun Dan-Kya ne lui fit de remarque. Il
dfia encore une fois l'homme de son regard, et il abattit
Epsilon, l'pe de Sigsfrid. Ce qui se passa enleva de l'assemble
mme des Dan-Kya un profond murmure. L' homme avait arrt
Epsilon d'une seule main. J, qui tait compltement abasourdi,
recula, et se prparait  une autre attaque lorsqu'une voix se fit
entendre :

 - Arrte J ! 

C'tait Larsen de Terrinta . Il s'avana et continua :

 - Un seul homme est capable de ceci. Et d' ailleurs je n' en
  connais point d' autres .

Il treignit alors l' homme et annona :

 - Mes amis, voici le puissant Sid. Sid de Morlof .

 - Il t'en a fallu du temps, Larsen. Tu ne te souviens donc plus
  des amis! dit Sid avec un large sourire. J' ai failli commettre
  une btise !

Puis Sid s'avana vers le Duc et Ophlia, arborant toujours le
mme sourire.

 - Vos majests, excusez mon entre quelque peu trange, mais
  j'ai voulu tester Sigsfrid.

 - Me tester? Mais pourquoi? Tu es bien mfiant.

 - Il y a des choses que tu ne sais pas toi non plus, rpondit
  d'un air lointain Sid.

Puis se tournant vers l'assemble entire de combattants, il
ajouta:

 - Tous ne serviront point  mme oeuvre. A prsent, nous devons
  nous hter. Chacun aura sa tche aprs la slection. Elle sera
  faite demain  l' heure de l' aube. Dans la cour intrieure du
  chteau.

 - Es-tu fou ? s' exclama J. Cela ne se peut point. Le secret ne
  serait pas gard et tu en connais autant que moi les
  consquences.

 - Jeune sot. Les rgles ont chang . Ne le sens-tu pas ? L' re
  que vous appelez Guennine n'est en fait qu' une partie du
  bouleversement qui va s' oprer. Les lois que vous respectez
  n'ont plus cours aujourd' hui.

 - As-tu des preuves de ce que tu avances ?

 - Que l' on m'apporte le livre de Tarok.

Un Dan-Kya s'avana alors avec le livre, et le tendit  Sid.

Celui-ci ta alors son Katana et dit d' une voix forte :

 - Convenez-vous qu'une lame sacre ne peut affecter le livre ?

Il y eut un murmure d'approbation.

 - Observez ma lame, et approuvez que je ne suis pas un imposteur.

La lame passa de main en main et tous y reconnurent une arme
sacre. Avec une voix grave et semble-t-il venue d'un autre monde,
tellement elle tait impressionnante, Sid s' cria :

 - Regardez, Dan-Kya, Guerriers de l'Absolu, regardez votre
 destine !

Et lorsqu'il frappa le livre, une flamme rouge s'leva et le
consuma. Et tous tombrent  genoux. Sid ruisselant de sueur et
tremblant, s'effondra alors, car mme les plus grands ont une
limite. Une demi-heure plus tard, tous l' entouraient alors qu'il
se relevait, et il sentit qu il avait convaincu. Il resta encore
 s'entretenir avec le Duc, sa fille et J, pendant une heure et
demie environ, et il repartit ensuite avec Larsen.

Le lendemain, peu avant le lever du soleil, on alla lever le Duc
et Ophlia. Leur prsence tait recommande par le conseil des
Dan-Kya, qui avait eu lieu peu aprs minuit.

La cour de Nymphis tait de terre. Elle avait t nettoye , et 
l'exception de quelques tonneaux et bottes de foin , le vide y
rgnait.

On y fit installer deux trnes de bois pour le Duc et sa fille.
C'tait une grande ellipse "perce" d' un ct de la Grande Porte,
et de l' autre , de l' entre  la salle des audiences.

Lorsque le seigneur Rhane entra , le soleil pointait ses premiers
rayons, et les nuages taient rougetres. Il n' y avait pas de
vent, et l' atmosphre tait lourde. Les guerriers taient runis
autour d' un feu , et ils attendaient la venue de la princesse.
Lorsque celle-ci arriva , Sigsfrid s' avana vers les deux nobles.

 - Tout est maintenant prpar. Pouvons-nous commencer,
  demanda-t-il.

Le Duc acquiesa de la tte. Sigsfrid se retira , et fit un signe
 ses compagnons. Alors ils se mirent deux  deux , dans un ordre
dtermin par eux seuls , et ainsi , ils s' avancrent jusqu'au
feu. Chacun ouvrait le poignet de l' autre de son pe , et aprs
avoir chauff celle-ci , chacun cautrisait la plaie de l' autre.
Il n' y avait de signe de douleur sur aucun visage. Puis le gong
retentit. Et tous s' assirent. Une forme apparut dans l'obscurit,
et elle paraissait forme d' obscurit. Une voix s' leva,
trangement douce et grave : 

 - La Thanerie est renouvele , Hawks . Qui sera le Champion, qui
  est n Thane ? Que celui-ci soit vainqueur, et qu'il montre son
  droit.

Puis un silence. Il y avait dans l' air de la Majest. Et la voix
continua :

 - Larsen de Terrinta , et Edel , votre tour est venu.

Puis la forme disparut.
Les deux hommes se levrent. Edel tait d' une constitution trs
impressionnante. Il avait les cheveux blonds , et il devait bien
avoir trente centimtres sur Larsen. Ce dernier tait moins
massif, mais il possdait une musculature assez dveloppe.

 - Ce n' est pas quitable , souffla Ophlia  son pre.

Les deux hommes trent ce qui leur servait de maillot de corps,
et les lames jaillirent presque au mme moment. Au premier contact
des lames , tous virent que la force qui les animait , qui bandait
leurs muscles , ne provenait pas seulement de leurs corps, et
Ophlia se ravisa. Elle sut  ce moment qu' aucuns chevaliers de
son pre ne pourrait jamais vaincre un de ces hommes , mais elle
songea  Sigsfrid et son coeur fut de nouveau serein. Le combat
tait acharn, et nul ne pouvait en prdire l'issue, lorsque
Larsen lana :

 - Que vienne le temps ! Neptios ! Neptios !

Et lorsqu'il s'lana, sa charge, et le coup qu'il porta furent
si puissants, qu'ils projetrent Edel  quinze pas. C'et t un
autre, la mort l' aurait accueilli , mais Edel tait un vrai
Dan-Kya et il se releva. La sagesse lui ordonna de s' arrter, et
ce fut ce qu' il fit , alors que Larsen de Terrinta tait illumin
d'une aura, qui disparut peu  peu. Ainsi il fut dclar vainqueur
et un autre combat se prparait tandis que les deux guerriers se
saluaient amicalement. Et les combats continurent ainsi, par
groupe de deux. Quand tous eurent combattus, la voix qui provenait
de l'ombre dit :

 - La premire manche est finie. Seule la moiti reste. Il ne
  m'appartient pas de dcider ici.

Et la forme noire disparut. Les guerriers restants taient au
nombre de huit. Il y avait bien sr Larsen , mais aussi Sigsfrid,
Sid de Morlof, Intel Thorve, Kamil, Crolyan, MacLeod, et enfin
Prime.

Leur niveau de combat tait rellement suprieur  celui des
autres Dan-Kya , qui tait dj trs impressionnant.

Ophlia demanda doucement au Duc :

 - Pre , pensez-vous que le Chevalier Sigsfrid est le meilleur ?
  Il devrait commander , car cela est d  son rang.

 - Ma fille , je ne sais s'il est le plus fort, mais en tout cas,
  je puis t'affirmer que mme parmi ceux qui restent, il est l'un
  des plus valeureux.

 - Ainsi , vous ne pensez pas que le titre lui revient de droit?

Le Duc ne rpondit pas.
Les huit Dan-Kya s' avancrent jusqu' aux deux trnes , et tous
s'inclinrent sauf trois: Sid, Intel, et MacLeod. Puis Sigsfrid
parla :

 - Il y a ici huit champions , seigneur. Seul un mrite le titre
  de Thane. Nous ne savons qui, mais nous allons bientt le
  rvler. Cependant nous avons tous l' intuition que cela doit
  se faire aux yeux de tous. Ainsi , nous ne commencerons qu' 
  neuf heures, le temps que vous puissiez rassembler au chteau,
  famille, amis, ou sujets.

 - Ainsi sera fait, dit le Duc, en se levant de son trne afin de
  quitter l' arne et de donner les ordres ncessaires.

Lorsqu' il fut parti , la princesse s' adressa  Sid :

 - Ainsi , vous n' prouvez point de respect pour mon pre ?
  dit-elle d' une voix un peu triste.

Sid la regarda , mais ce ne fut point lui qui rpondit.

 - Dame Ophlia , dit Intel , ce n' est pas par manque de respect
  que nous ne nous sommes pas inclins. Mais il est inconcevable
  pour nous de le faire devant un homme quel qu'il soit. Votre
  pre, n'est-il point un homme ?

 - Si, mais c'est le plus grand noble de ces terres, ajouta
  Ophlia, trouble par un discours si trange  ces oreilles.

 - La Noblesse ne signifie rien pour nous, lana MacLeod.

 - Alors , pourquoi dites-vous que vous devez nous protger ?
  demanda la princesse.

 - C'est notre destine qui le veut. Oui, notre sombre destine.
  Ainsi parla Sid de Morlof.

Les Huit champions taient d' allures trs dissemblables. Intel
Thorve tait un homme trs brun, alors que MacLeod avait une
chevelure blonde , tout comme Larsen de Terrinta. Sid de Morlof
avait une chevelure grise , mais ce n' tait point d  une
question de vieillesse, car il tait n ainsi. Entre tous, Intel
avait la musculature la plus impressionnante, et Crolyan tait le
plus long.

Ce dernier avait les cheveux mi-blonds, mi-bruns, et il avait une
connaissance du combat corps  corps trs tendue , car il avait
combattu son adversaire sans arme. 

Vers neuf heures trente, le Duc revint s'asseoir aux cts de sa
fille, et les murailles qui surplombaient les murs de la cour se
remplirent de monde. Les proches du Duc s' taient assis  ses
cts, sur des siges que l' on avait fait apporter. Il y avait
beaucoup de bruit, jusqu' ce que le Duc se lve et fit un signe.
Alors Sigsfrid prit la parole :

 - Sujets de Nymphiae, clama-t-il d'une voix forte, les jours ont
  t heureux depuis nombres de sicles, mais aujourd' hui, les
  jours sombres sont arrivs. L'esprit Malin tente de ravir le
  Royaume de Japur, et notre Duch est en danger. Aussi nos
  frontires doivent tre dfendues, et nous devons nous prparer
  au combat. Les Champions se sont runis ici afin de nous
  protger, de vous protger , et de prserver la paix.

Il y eut un silence. 

 - Mais qui tes-vous ? lana une voix dans l' assistance. 

Puis tous commencrent  s' agiter. Mais le Duc se leva et dit :

 - Cet homme, gens de Nymphiae, ce chevalier, est votre dfenseur,
  car il n' est nul autre que le lgendaire Sigsfrid , et ce qu'il
  dit a force de loi , et votre devoir est de servir la loi de nos
  terres.

Puis , un autre silence. Quelqu' un lana :

 - Vive Sigsfrid d' Alfs ! Vive le Champion de Nymphiae !

Et tous acclamrent alors. Et Sigsfrid, en voyant une petite
figure se dtacher, un jeune enfant dans la foule qui hurlait, se
surprit lui-mme  sourire. Mais bientt, il demanda le silence,
car l'heure n'tait point  la joie ni aux rires. Et quand silence
total fut fait, il parla :

 - Il y a avec moi sept autres champions. Notre destine nous
  emmenera peut-tre loin de la Nymphiae, mais sachez qu'il y a
  ici huit autres guerriers, qui combattront  vos cts, et
  sachez qu'en ce Royaume ils sont les plus grands. Combats !
  Combats ! vous devrez livrer, mais ne perdez pas espoir, car
  c'est votre pays que vous dfendez , et votre cause est juste.

Le silence fit place  des cris guerriers, et tous furent
convaincus ds lors. Lorsque les cris commencrent  dcliner, le
Duc se leva et le silence rgna :

 - Bien, dit-il, mais il est temps  prsent. Que le nouveau Thane
  nous soit dvoil !

Et les huit champions s'assirent alors, en position de mditation.

Ils formaient une figure circulaire. Et tous mettaient une
radiance, d'une coloration diffrente. La foule tait stupfaite,
mais pas autant qu'Ophlia, qui n'avait jamais imagin de telles
choses possibles. La lumire s'intensifia, et aprs un flash
lumineux qui blouit tous ceux qui taient prsents, un objet
apparut au-dessus des guerriers,  seize pieds du sol. C'tait une
ceinture d' or, au devant de laquelle il y avait un joyau de
couleur iris. C' tait le spectre d' Armagador. Toutes les auras
convergeaient vers lui, et sa lumire tait blanche.

Les Champions se levrent alors et tous se prparrent au Combat
de Puissance. Larsen de Terrinta trembla alors d' une force
incroyable.

Il suait  grosses gouttes , et la radiance qu' il mettait se mit
 prendre une couleur bleue. Ses muscles taient comme
hypertrophis, et un mot s' chappa de lui :

 - Neptios ! hurla-t-il. 

Et son pe prit la couleur de l' ocan en furie , et ainsi le
chevalier Aquilonien fut rvl.

Puis les autres champions subirent la mme preuve , et chacun fut
connu.

Crolyan tait le chevalier Niria , et son pe avait la teinte des
fourrs et des plantes vertes; Macleod, invoqua les puissances de
l'Iseice, et son arme renvoyait la lumire pareillement aux blocs
immenses des glaciers; Intel Thorve vit son destin li aux foudres
de Geishem , dans un jaune flamboyant ; Kamil sentit les forces
rouges de Helfer ; Prime fut transcend par le souffle de tempte
d'Aeris; tous semblrent voir alors l'apparition d'une
constellation depuis longtemps oublie dans l' aura de Sigsfrid,
celle du "Char du Champion", nom attribu en l' honneur de son
illustre anctre.

Mais de loin le plus impressionnant tait Sid de Morlof. Les
cheveux balancs par une puissance incroyable , ses yeux taient
devenus blancs et tous ceux qui n' avaient pas le coeur pur
ressentirent un sentiment de peur. Il tait courb et subissait
des spasmes nerveux inquitants. Soudain, il hurla, et lorsqu'il
se redressa, l' air tournoyait autour de lui , .soulevant la
poussire. Le sceptre magique disparut et un silence incroyable
rgnait, comme si les animaux mmes, taient conscients de ce qui
se passait, car nul insecte mme , ne se fit entendre.

Alors une chose impensable se fit voir : le sceptre sacr sembla
dchirer l' air , et , en clair , il se brisa , et poussire d'or
 jamais il devint , pendant que la brise parsemait les grains de
beaut jaunes et flamboyants qui le constituaient. Toutes les
auras s'teignirent. Le peuple, incrdule ne comprenait point,
mais le Duc de Rhane tomba de son trne, car l' espoir tait
ananti.







                      CHAPITRE DEUX



Le Duc se rveilla vers onze heures, et ses proches l'entouraient.
Pendant un instant, tout sembla confus dans son esprit, et enfin
la terrible vrit lui revint. Sans plus s' occuper de sa famille,
il chercha des yeux les Dan-Kya, et ne les voyant pas il se leva,
mais par manque de forces retomba.

 - Pre ! gmit la princesse.

 - Laisse-moi, lui dit-il, un peu svrement. O sont-ils ?

Puis , ralisant qu' elle pleurait , il l' embrassa et lui dit :

 - Oh! Ophlia, excuse-moi, mais je suis trs inquiet, et mon
  esprit en proie aux plus grandes terreurs me fait faire des
  choses que je ne souhaite.

A ce moment, la porte de bois de Krone prcieux, import des
forts de l'Ouest, s'ouvrit et les huit champions entrrent.

 - Il nous faut attendre, seigneur, dit Sigsfrid. Certes, vous
  connaissez les lgendes d'Arnoth , et votre vie est prcieuse.

 - Attendre quoi ? demanda sur un ton agac et hautain Galar,
  neveu du Duc.

 - Taisez-vous imbcile ! lui lana le Duc en fronant ses
  sourcils blancs. Votre mre, ma soeur, a-t-elle tant rat votre
  ducation !

Galar rougit fortement, et ne sachant que dire, baissa
lamentablement ses yeux. Mais le Duc dtourna de lui son attention
et s'adressa  Sigsfrid :

 - Je suppose que nous devrons bientt tenir un sige... et c'est
  bien ce qui me proccupe. Nous pourrions envoyer les femmes, les
  enfants, et les vieillards dans les montagnes de Narim, au Sud,
  mais.. quant  l' approvisionnement de notre place forte (Le
  chteau Nymphis tait entour de fortifications sur un espace
  circulaire supplmentaire d' un rayon d' peu prs cent mtres),
  je pourrai runir jusqu'  ce soir de quoi tenir au maximum une
  semaine et demi.

 - Bien ! dit Sid en s'avanant . Cela nous laissera le temps d'en
  chercher encore , .. si nous en avons encore la chance demain.

Aprs que le Duc ait donn tous les ordres ncessaires, tant en ce
qui concernait la runion de vivres , d' armes et d' hommes , que
l'envoi de coursiers dans le pays , pour prvenir les plus faibles
de se rfugier , se runirent dans la salle du trne les Dan-Kya,
le Duc , sa fille , et les huit Champions. L , dcision fut prise
que tous les gnraux de l'arme seraient commands par les
Dan-Kya, et que  part le Duc , ils ne recevraient d' ordres de
personne.

Vers la fin de l' aprs-midi , alors que le soleil dclinait , ils
taient encore runis dans la grande salle, mais aucun ne parlait,
car les coeurs s'assombrissaient. Une lgre brise rafrachissante
venait de se lever , et les ombres taient couleurs fauves sur les
dalles de marbre veines de rouge. Un oiseau vola jusqu' la
fentre, puis se posa lentement dans l'encochure d'un pilier.
C'tait un corbeau, noir , d' une espce rare, et que l' on ne
connaissait ni en Nymphiae, ni en aucune province de Japur.
L'oiseau tait trs grand pour un corbeau. Il manait de lui une
certaine beaut, peu commune  ce genre d' animaux.

Un froid que le Duc et sa fille connaissaient, envahit la salle,
et ils en furent immdiatement choqus. Puis l' oiseau vola vers
Crolyan et se posa sur son paule. Il parut alors  tous qu'il lui
parlait dans l' oreille. Il se passa bien cinq minutes, et enfin
il repartit, tout aussi discrtement qu' il tait venu. Personne
n'osa bouger, et ce fut Crolyan qui parla :

 - Mes amis, je ne sais que penser.Vous ne le savez peut-tre pas,
  mais j' ai connaissance de quelques langages peu communs , et je
  viens d' apprendre l des nouvelles tranges.

Le Duc s'assombrit et contemplant le soleil qui se couchait sur sa
terre , il dit alors :

 - Cet oiseau vient du royaume des Aesirs, Crolyan, n'est-ce pas?

 - En effet, Sire, rpondit celui-ci. En fait ce n'est qu'un
  messager. Il nous recommande de prparer la venue du noble
  Prince Thor, fils de sa trs grande majest Odin, Roi de Helm,
  NiffleHeim , et des Royaumes d' Asgard. Demain sera le jour de
  son arrive.

 - Mais qu'avons-nous donc qui concerne le Prince des Aesirs ?
  demanda la princesse.

Personne ne rpondit. On entendit au loin le gazouillement de
quelques oiseaux qui se prparaient  la nuit.

Dans un murmure qui semblait sortir de quelque lointain sombre
gouffre , Sid exprima sa pense ainsi :

  - Si Asgard se sent en danger , que nous reste-t-il ?

 - Si le Prince Thor et ses guerriers sont avec nous , alors
   l'espoir est encore permis !

Tous se tournrent vers Kamil qui avait prononc ces paroles.

 - Que savez-vous Kamil ? lui demanda le Duc , qui avait du mal 
  cacher sa surprise. Connaissez-vous Thor ?

 - En vrit, certes. J'ai autrefois, alors que j'tais encore
  insouciant, voyag vers ces pays du Nord. Le climat y est
  terrible. Le monde est gris et blanc une grande partie de
  l'anne, et les hommes sont aussi rudes et glacs que le vent.

  Alors que sans espoir, m' tant perdu dans le grand dsert de
  glace du Thirigoth, j'attendais la mort, des voix me parvinrent.
  Sur le coup, j'estimai que c'tait la fivre qui me faisait
  dlirer, et j'essayai de dormir. Lorsque je sentis mes forces
  m'abandonner, je dis adieu au monde et je sombrai dans un abme
  noir. Je crus sans doute tre mort, mais lorsque je me suis
  rveill ensuite, ma surprise fut si grande que je faillis
  devenir fou. J' tais dans une chambre et je n'avais plus froid.
  Autour de moi une dizaine d'hommes de grande carrure, aux
  visages durs mais souriants, et  mes cts une jeune femme qui
  pansait mon front avec de l'eau chaude. L'un d' eux s'avana de
  la pnombre et je vis un homme trs grand, avec des cheveux
  blonds qui lui arrivaient jusqu'aux paules. C'tait un colosse,
  manifestement un trs grand guerrier. Il portait un casque
  d'Aesir, avec de grandes plumes de cygne blanc de chaque ct,
  de grandes bottes qui arrivaient presque aux genoux, une large
  cape rouge jete sur ces paules, une sorte de maillot de corps
  et des braies bleus moulant parfaitement ses puissants muscles,
  et  sa ceinture tait ceint un marteau , un norme marteau.

  Il s'approcha de moi, et ayant ordonn  la femme de se retirer
  sur un ordre des yeux, il me dit ceci: "Alors tranger, que
  faisais-tu donc seul, et sans dfense dans Thirigoth. Ne sais-tu
  donc point que c'est dangereux ?" Tous rirent, et lorsque je
  compris qu'ils ne riaient pas de moi, mais avec moi, je les
  imitai. Je fus accept et je vcus quelques temps chez eux.

Kamil fit une pause , mais la princesse lui pressa de continuer.

 - Et bien, continua-t-il, cet homme n'tait autre que le Noble
  Thor , fils prfr d' Odin , Prince d' Asgard , et immense
  guerrier maniant Mjolnir, le marteau enchant. Sa force est
  grande et sa vaillance sans limites , mais c' est un homme
  trangement jeune, prompt  la colre et  la bataille, mais
  juste , noble et toujours de bonne humeur. Son coeur est attach
   Sif , mais cet amour est impossible , car il lui faudrait...

Il ne continua pas. Personne n' osa lui demander de le faire. La
pice tait alors presque envahie par l' obscurit. Sid se leva
et, saluant tout le monde , se retira , bientt suivi de Larsen,
puis de tous les autres , si bien qu' il resta le Duc , Ophlia
et Sigsfrid.

 - Thor... murmura le Duc d' un ton vague. Que pensez-vous de lui
  Sigsfrid ?

 - Je ne sais trop , seigneur , c' est un immense guerrier...
  commena celui-ci , mais il finit par hsiter , et finalement,
  garda le silence.

  - Enfin , nous verrons demain , dit le Duc , avant de se retirer
   en compagnie de sa fille.

Sigsfrid contempla un instant les toiles qui brillaient sur la
terre; son regard se perdit au loin dans les montagnes embrummes,
et une douce torpeur l' envahit. "Bizarre.." pensa-t-il, avant
d'aller se coucher.


Le lendemain, un brouillard trange pour cette priode de l'anne,
refusait encore de partir, lorsqu'un hrault du signe d'Asturikal
se prsenta au Duc. Le comte d'Asturikal, province situe au Nord
d' Alfs, avait toujours t en bons termes avec ses voisins , et
rares taient les messagers , hors du cas d' une prochaine visite
officielle. Le jeune homme s'inclina respectueusement, et
s'adressa au Duc aprs les banales conventions :

 - Seigneur, le comte Jazir, s'inquite quelque peu des
  mouvements soudains et inhabituels de vos troupes et de vos
  gens, et il souhaiterait s' entretenir avec vous.

 - Ainsi Jazir me surveille! Et de quoi d'autre vos espions vous
  ont-ils inform sur mon compte ?

Le jeune messager blmit , car le visage du Duc s' empourprait.

 - Sire, bafouilla-t-il, jamais nous n'oserions vous espionner,
  mais force est de constater que des situations tranges se
  rencontrent dans le pays. Hier mme , je vis des foules entires
  quitter des villages , et se diriger au sud. Dans le royaume,
  tous parpillent des bruits autour de relations que vous
  entretiendriez avec des cratures ... euh ... inhabituelles..

 - Inhabituelles ? rpta quelqu'un avec une certaine moquerie
  dans la voix. Inhabituelles ?

Ha! Ha! Ha! tonna-t-il , en s'avanant.

C'tait Macleod. Le jeune homme sembla se figer alors que le
champion s' avanait. Celui-ci se planta alors juste devant lui,
avec un sourire narquois. Macleod le prit alors par le col et le
souleva du sol avec une certaine fermet , d' une seule main.
Toujours encombr de ce peu coutumier fardeau , il s' avana vers
le Duc.

 - Savez-vous , Sire , qui est ce jeune damoiseau ?

Le duc , surprit de ce comportement bougea la tte en signe de
ngation. Ophlia tait abasourdie. 

 - H bien , il va nous le dire lui-mme , n' est-ce pas ? susurra
  Macleod , en secouant sa victime. Qui tes-vous , noble enfant ?
Le messager s' vanouit.

 - C' en est assez , nous ne voyons pas o vous voulez en venir ,
  finit par dire le Duc.

Rejetant son otage devenu mou , il s' exclama :

 - La noblesse m' intriguera toujours ! Enfin , ... ceci , ... est
  un parent du comte Jazir. Son noble neveu, .. Un fieff menteur,
  un coquin , un meurtrier , et un espion !

 - Que dites-vous l?! s'exclama le duc. Vous accuseriez Jazir de
  vouloir attenter  ma vie? C'est une lourde accusation que vous
  portez ! 

Calmement, Macleod sembla rflchir un instant, puis il dit d'une
voix trangement srieuse et adoucie :

 - Je n' accuse en aucuns cas le comte Jasir , homme noble et
  honnte , qui est bien au dessus de tout ceci , mais d' autres
  personnes , un peu moins vertueuses , qui auraient tout intrt
   vous faire disparatre , vous ... ou la princesse.

 - Mais qui donc ! s' exclama la princesse.

A ce moment l, le jeune messager sembla revenir  lui. Macleod
s'avana vers lui, lentement, et, la terreur de l' homme se
transmit  l' assistance, tellement elle tait grande. Tremblant
comme une feuille , il hurla :

 - Protgez-moi ! seigneur Rhane , ne me laissez pas  l' homme du
  froid ! Je vous en supplie ! je dirai tout... Piti .. finit-il
  lamentablement , avant de s' crouler.

 - Suffit ! clama alors le Duc. Parlez jeune homme , ou vous ne
  verrez pas le soleil se coucher, dit-il sur un ton svre.

Le hrault, compltement dcontenanc, commena alors 
bafouiller, puis , soudain , ses yeux se remplirent d' une
expression dmente.

Il se releva d' un bond , et tait pris comme d' une folie
meurtrire, son visage prit une expression hideuse , et sa peau
devint rouge violace. Dans un terrible hurlement il s'lana vers
le Duc, sous une forme compltement torture. Il n' avait plus
l'apparence d'un homme , mais d' un affreux dmon. Il s' arrta
net  moins d'un mtre de la princesse. Avec une force inoue, il
fut projet  quinze pieds au moins. Macleod lui avait assn un
coup de poing d'une force prodigieuse au thorax. La bte , car
c'tait ce qu'il tait devenu , une bte , mit un horrible
gargouillement avant de se dcomposer en une putrfaction
horrible, et putride.

La pice empestait la mort.

La jeune Ophlia s'enfuit, pleurant et choque, et le Duc, avait
du mal  reprendre ses esprits. MacLeod fixa un moment Sid , avec
une expression totalement impassible. On et dit qu'il ne s'tait
rien pass pour lui. Puis il se tourna vers le Duc , et dit :

 - Ce chien est retourn d'o il venait. Voil une bonne chose de
  faite. Ne vous inquitez donc pas pour Jazir. Il n' y est pour
  rien. Personne ne saura ce qui s' est pass ici, sauf une seule
  ... Hlas, que les loups d'Asgard le dvorent et broient ces os!
  Ceci tait un pige de Ga Tchen , le fourbe.

 - Ga Tchen ! Le magicien noir ! s' exclama le Duc.

 - Oui , en vrit l' heure est sombre , dit Sid. Je propose que
  chacun se retire , et se repose un peu ... disons deux heures.


Le Duc rentra dans ses appartements et alla rendre visite  sa
fille. Celle-ci tait bouleverse. Jamais dans sa courte vie ,
autant d'vnements graves ne s' taient passs. Elle tait
vritablement effraye , et peu nombreuses taient celles capables
de rsister  de tels chocs successifs. Mais la ligne de Rhane
tait solide parmi la race des hommes.

Au bout d'une heure, cependant, leur repos prit fin. Un messager
vint annoncer la venue d' un homme et de son escorte. Ils taient,
parait-il , au moins une douzaine de cavaliers.

Le Duc se rendit en salle des audiences , o attendaient dj
quelques Dan-Kya , et les huit champions. L , il s' assit sur
son trne , et attendit la parole de Jaris, l'annonceur. Quelques
instants suffirent. La puissante voix clama :

 - Sire Rhane , voici la venue de Hogun le sombre , accompagnant
  le Noble Thor , prince d' Asgard , fils d' Odin , et hritier
  de l' anneau des Nimbellunguen !

L'immense porte de la salle s' ouvrit lentement. Les battants
craqurent d'une mlodie douce et envotante, tandis que le temps
mme semblait ralenti. Alors, dans un silence majestueux, un homme
s' avana , et il semblait sortir des tnbres et rayonner, tandis
qu'il s'approchait. L' homme tait d' une race inconnue en Japur.

Ses traits fins contrastaient avec un visage extrmement svre,
mais inspirant la justice et la force , et il tait d'une carrure
invraisemblable. On et dit un gant sculpt  mme un mtal
vivant. Tout en lui tait sombre, de ses cheveux  sa barbe, sans
parler de ses yeux... gouffres noirs , immenses et terrifiants.
Peu taient ceux capables de lever les yeux sur lui. Le Duc mme
ne pouvait soutenir le pouvoir incroyable qui manait de cet
homme. Il tait comme paralys , sous l' emprise d' un puissant
charme.

Certes, le pouvoir de Hogun le sombre tait impitoyable, et rares
taient ceux qui possdaient une telle noblesse.

De sa vois grave et caverneuse , il parla :

 - Duc de Rhane , je suis Hogun , et personne jamais ne me reut
  en qualit de hrault. Car je ne suis pas porteur de messages.
  Si j'entre en votre demeure , ce n' est que pour prcder mon
  prince, fils du grand Odin , le noble Thor. Honneur vous est
  rendu !

Il y avait dans son message ,  la fois autorit, noblesse, et
violence contenue , de sorte que pas un ne prit la parole.

Des pas lourds se firent alors entendre; c' tait une marche
prcise, lente, contrle , et vritablement puissante. Dans
l'merveillement de l' assemble , un gant nordique s' avana.
Il tait lui, au contraire, blond, et tout en lui tait lumire.
Ses longs cheveux tombaient sur des paules irrellement larges,
et  ct de lui, les puissantes statues de Kalfr semblaient
pantins drisoires, et fragiles. Accroch  sa ceinture, sur sa
droite, tait un marteau, tout aussi trange que son possesseur.

Sur sa tte, un casque de nordique, avec deux immenses ailes de
cygne blanc de chaque ct. Ses yeux taient d' un bleu brlant,
et ils couvaient une ardeur matrise. Une immense cape rouge
recouvrait son dos , et ses poignets taient ceints de cuir ,
pouvant servir de corsets  certaines de ces dames.

C'est ainsi que le noble prince d'Asgard apparut pour la premire
fois, aux yeux d'autres que ceux d' Asgard.  Il avait une allure
sublime , et il paraissait tonnant de voir une telle jeunesse sur
un visage aussi dtermin.

Hogun baissa le regard alors que son prince s' avanait. Celui-ci
s'arrta  quelques mtres du trne ducal. Il fixa le duc , puis,
lentement , il leva son marteau , de ses puissants muscles.

Commenant  le faire tournoyer latralement, il le projeta avec
force sur sa droite , o , il n' y avait heureusement personne. Le
marteau s' envola avec le son terrible d' une masse incroyablement
lourde ,  tout en dcrivant une rotation circulaire. Le marteau
tourna au bout d'une dizaine de mtres , comme sous l'effet d'une
magie dmoniaque, et se dirigea avec une vitesse dcuple vers son
matre. Dans un geste ferme et totalement naturel , Thor d' Asgard
rcupra l'imposante arme,  la stupfaction gnrale. Il n'avait
pas boug d' un pouce, alors que l'arme pesait bien une dizaine de
kilogrammes , poids dcupl par l' acclration dmentielle qui
animait son mouvement.

Puis , enfin , il parla :

 - Duc de Rhane , gens de Japur , peuple de Nymphiae , le destin
  est aujourd'hui cruel. Le monde subit de grands changements, et
  mon pre , seigneur de notre grand Royaume d'Asgard, envoie son
  fils par del les limites de son pays, au devant de grands
  prils.

Il fit une courte pause, comme sous l'effet d'une rflexion triste
et profonde , puis , de sa voix loquente , il continua :

 - Telle est ma destine. Sombre et incertaine...

Sa voix changea d' un coup d' intonation , et avec une ardeur , un
enthousiasme renouvels , il explosa :

 - Mjolnir l'enchante m'accompagne, tant que mon bras le porte,
  l' espoir devient loi !

Tous les asgardiens s' exclamrent d' une voix :
"Mjolnir As Asgarden Hogren Walhalla !"





                        "Gil Galad"


Ceci est une ch'tite nouvelle sans pretention ke j'ecrivit il y a
kelkes temps ... bah une folie de jeunesse.. a prendre comme on le
souhaite.. par petites doses ..
allez.. si ca a plu j'en ecrirai une autre, entre 2 compilations.

A +
