Posts by FredricT@imaginair.es
(DIR) Post #Amq92mWlVu3TUnxUDg by FredricT@imaginair.es
2024-09-23T11:57:18Z
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Les ducs se sont succédé, les rois aussi, en Angleterre comme en France. Cela importe peu pour mes affaires, ou plutôt celles de ma famille : le commerce trouve toujours à s’exercer. Et lors des plus grandes difficultés, les descendants de mes sœurs et frêres savent quoi faire : attacher la patte d’une chouette à un fil, en bordure de la forêt où je réside. C’est ainsi qu’ils me sollicitent lorsque la guerre entre Jean Sans Terre et Philippe Auguste coupe le Duché de Normandie du reste du continent. Après avoir pris la mesure du problème, je constate que la victoire de Philippe Auguste est la plus probable et la plus favorable à notre développement. Je me fends alors de quelques missives à des bourgeois influents et, dès l’année suivante, plusieurs villes dont Rouen, la capitale du duché, se rendent sans combattre aux armées du Roi de France. Les affaires de ma famille florissent à nouveau.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92nVjrCpOXuUBG4 by FredricT@imaginair.es
2024-09-22T08:25:07Z
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Ce fil est dédié au journal de mon personnage du #JdR solo Chroniques d’un vampire millénaire (publié en VF par @LaLoutreRoliste). Si vous ne souhaitez pas voir ces messages, il vous suffit de bloquer le mot-croisillon #SoloCUVM !
(DIR) Post #Amq92oEl9oqAnXY8Qq by FredricT@imaginair.es
2024-09-24T19:13:22Z
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L’âge rend peut-être les humains sages, mais il faut croire que même les immortels deviennent séniles ! Comme toujours, la soif de sang que m’a imposé Æthelwold de Winchester s’est avérée plus puissante que mon déni. J’ai à nouveau repris connaissance dans une mare de sang, celle de mon ami Guillaume Fichet. Les dernières braises de son âme papillonnaient dans son regard. Je me suis alors concentré de toutes mes forces pour lui intimer l’ordre de vivre. Mais comme un poussin ne peut pas rentrer dans sa coquille, une âme humaine ne saurait raviver un corps exsangue. J’ai alors fait mes adieux à celui qui, depuis dix ans, me racontait chaque soir les avancées de notre imprimerie. Ce fut donc avec stupéfaction que je le revis la nuit suivante, vivace mais d’une pâleur inhumaine. Je sus alors qu’il me faudrait abandonner l’imprimerie, de peur de perdre à nouveau le contrôle.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92obRnSzLvuAFnM by FredricT@imaginair.es
2024-09-25T08:08:10Z
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Je n’imprime plus, mais je lis toujours autant. Ma famille sait ouvrir l’œil pour repérer les nouveautés susceptibles de plaire à Messire Hibou. Je me demande parfois quelles théories circulent parmi leurs rangs quant à l’identité de leur mystérieux bienfaiteur. Lorsque j’ouvre le Dialogo della signora Tullia d’Aragona della infinitè di Amore, je découvre pour la première fois qu’un livre, en plus d’un récit ou d’une idée, peut abriter une âme. Je le lis d’un trait, puis recommence, et j’écris dans la foulée à son autrice, la poétesse Tullia d’Aragona. Notre correspondance dure une poignée d’années, mais jamais je n’acceptais de la rencontrer. À chacune de ses demandes, je répondais par l’envoi d’une caisse de livres de ma bibliothèque. Je ne voulais pas risquer de la transformer elle aussi, mon amour pour elle n’aurait pas survécu à sa transformation. Puis mes lettres me revinrent, j’apprends qu’elle s’est éteinte à quarante-six ans. Si jeune, et pourtant elle me semblait avoir bien plus vécu que moi.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92pBxbiCBl9FPhw by FredricT@imaginair.es
2024-09-25T12:38:22Z
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Les voyages de Cristoforo Colombo ont marqué les esprits. Qui aurait pu imaginer tout un Nouveau Monde à l’ouest ? Les royaumes d’Europe sont en effervescence. Le pape Alexandre VI a même décrété comment le monde devait être partagé entre les royaumes de Castille et du Portugal. Il a tout de même précisé que ce partage ne concernait pas les terres contrôlées par un prince chrétien. Quelle générosité ! Le roi François ne pouvait pas rester sans réagir, et il lança de nombreuses expéditions. Je me trouve à la Cour du Roi lorsque Jacques Cartier revient des Amériques avec, pour preuve de ses explorations, les deux fils d’un chef de tribu autochtone. C’est ainsi que, réfugié pour la journée dans une chambre du château, je fais la connaissance du jeune Domagaya. Ce jeune Iroquoien parle déjà un français correct, et j’éprouve une joie simple à répondre à ses innombrables questions sur nos coutumes, nos vêtements et nos habitations. Ma pâleur le surprend, bien sûr, mais il est cerné par tant d’étrangetés qu’il ne s’y attarde pas.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92phViPQtL00bsu by FredricT@imaginair.es
2024-09-25T19:20:53Z
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L’on a beau être immortel, on n’en reste pas moins soumis à des passions bien humaines. Mon ami Guillaume Fichet n’avait cessé de récriminer contre Domagaya lors de son séjour à la Cour. Il n’a pourtant duré que quelques mois. Mais Guillaume ne comprenait pas l’intérêt que je trouvais à cet étranger, alors que mille livres nouveaux envahissaient les librairies. Alors le retour de Domagaya, deux ans plus tard et accompagné de son père Donnacona et une dizaine d’autres Iroquoiens, le courrouça de plus belle. Peut-être craignait-il que je transforme mon nouvel ami ? C’était là une crainte ridicule, puisque je n’avais pas infligé une telle horreur à mon amour lointain, Tullia d’Aragon. Mais l’idée m’est alors venue de faire d’une pierre deux coups : j’ai promis à Guillaume de ne plus fréquenter Domagaya s’il me rendait un menu service : se rendre à Winchester et enquêter discrètement sur l’abbé Æthelwold. Je ne l’ai pas revu depuis cette horrible nuit, et il m’arrive de craindre qu’il ne veuille reprendre l’immortalité qu’il m’a accordé.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92pvgrgm82ydvzE by FredricT@imaginair.es
2024-09-26T07:11:26Z
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Lorsque Guillaume revient, je tiens ma parole et m’écarte de Domagaya. Mais cela ne suffit pas. Ou, du moins, les choses ont changé entre nous. Je ne saurais l’expliquer. Il passe de plus en plus de temps dans son imprimerie, et m’ignore lorsque je lui rends visite. Il refuse même de me montrer sur quoi il travaille, alors qu’il était intarissable auparavant. Je me retrouve en proie aux affres du doute : est-ce l’influence d’Æthelwold que je ressens ? Ou bien est-ce une évolution naturelle de la relation entre deux immortels ? Je ne bénéficie d’aucun point de comparaison pour notre relation. Je l’ai transformé il y a cinquante-six ans. Même de mon vivant, je n’ai connu aucune personne aussi longtemps. Je n’ai même pas été vivant aussi longtemps ! Ma perplexité atteint de nouvelles altitudes lorsque Guillaume me rend visite, un paquet sous le bras. Le visage sombre, sans mot dire, il me le tend. Sous l’emballage de tissu, je découvre un codex, un livre écrit à la main, sur environ trois cents pages de vélin. Il n’est pas neuf, mais pas plus vieux que quelques décennies. Non seulement je n’en comprends pas un traître mot, mais même les symboles me sont inconnus. La plupart des pages sont illustrées de couleurs vives, brun, vert, bleu, parfois jaune et rouge. Aux plantes du début succèdent des planches anatomiques et des dessins géométriques incompréhensibles. J’achève ma recension et relève la tête vers Guillaume, en vain. Je suis seul. Je découvre même que trois jours se sont écoulés. Quel est ce livre ? Pourquoi Guillaume me l’a-t-il offert ?#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92qcaID5QC0iBqS by FredricT@imaginair.es
2024-09-26T18:40:57Z
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Des années s’écoulent tandis que je tente de déchiffrer le Codex de Guillaume. Je le nomme ainsi, mais je ne sais même pas s’il en est l’auteur. Je suis donc stupéfait lorsque mon logis de Rouen s’emplit de fumée en pleine nuit. Je referme le manuscrit et me rue dehors. Des foules d’enragés courent en tous sens, je crois à une invasion d’Anglais, jusqu’à ce que je réalise que tous les belligérants s’expriment en français. L’insulte la plus fréquente est : Papiste. Je n’ai aucune idée de sa signification. Y aurait-il à nouveau un conflit de succession au Vatican ? Je traîne un blessé dans une ruelle qui mène à la Seine et il me révèle ce qu’il sait du conflit : une secte catholique qui rejette le Pape a été attaquée par des soldats du Roi Charles IX, et ceux-ci ripostent et s’emparent de nombreuses villes. Je n’ai aucune idée de l’origine de ce roi. Est-il apparenté à François ? Et que veulent vraiment ces rebelles ? Comment mon existence serait-elle interprétée par leur credo ? Je vide le pauvre homme de son sang et la réponse me saute aux yeux : que pourrais-je être d’autre qu’un instrument du Diable ? Cette idée me préoccupe tout le long du trajet jusqu’à Bayeux. Ce n’est qu’à mon arrivée que je réalise qu’à Rouen se trouvaient les informations rapportées de Winchester par Guillaume il y a vingt-six ans. Le manuscrit mystérieux est heureusement sauf.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92r4walltbxyq36 by FredricT@imaginair.es
2024-09-28T09:52:14Z
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Ce retour est l’occasion de renouer avec ma famille. Il y a bien longtemps que mes lointains neveux et nièces n’ont plus de nouvelles de Messire Hibou. Tellement longtemps, que mes interlocuteurs habituels ne sont plus de ce monde. Je débute mes recherches dans les cimetières, les poursuit dans les registres paroissiaux et les achève dans les fermes des environs. Sans mon soutien providentiel, les affaires semblent avoir périclité. Qu’à cela ne tienne, je me fais fort de renouveler notre ancienne alliance. Sans surprise, ces paysans ne manquent pas de griefs à satisfaire, et leurs ancêtres leur ont parlé de Messire Hibou. Je me charge donc de massacrer les vaches d’un voisin, même si leur sang ne me nourrit guère. Puis c’est un tisserand de lange, qui tarde à payer leur laine, auquel je dois m’adresser. J’élimine aisément les chiens qui gardent l’entrée de sa demeure. Puis je passe à l’étage, et… Je me réveille dans une cave les bras désagréablement tendus vers le ciel par de lourdes chaînes. Une femme seule se présente. Ana Lucia m’explique que mon existence dans les environs est relatée depuis longtemps par des témoignages. Des pièges sont tendus pour moi et j’en aurais déclenché un. Je la trouve plutôt prétentieuse, mais ma situation défavorable lui donne raison. Je tente de la dominer par mon regard et je réalise qu’elle ne me fixe jamais. Cette diablesse sait ce qu’elle fait. Ses questions pleuvent sur moi et je reste coi. Je ne lui donnerai pas de quoi me nuire davantage. Elle ne s’offusque pas de mon silence, devisant comme si nous étions de vieux amis. Elle pousse la correction jusqu’à s’abstenir de me menacer. Pour autant le sous-entendu m’apparaît clairement : pas de réponse, pas de sang. À l’aube, elle me salue et me quitte. Je joue le sommeil, mais je ne ressens plus le besoin de dormir depuis un siècle. J’attends midi, pour endormir la méfiance des gardes qui doivent probablement veiller sur moi, puis je commence à geindre. La porte s’ouvre et un homme approche. J’attends qu’il s’arrête, à quelques pieds, puis j’éclate de rire. L’effet de surprise suffit à lui faire lever les yeux et je le cueille instantanément. Le reste est trivial : à la tombée de la nuit je m’enfuis à cheval, et mon geôlier couvre mes arrières en attaquant tout visiteur. Je serais bien resté pour éliminer cette Ana Lucia qui en sait trop, mais j’ignore encore comment elle m’a neutralisé. Je me contente donc de fuir et de laisser le temps accomplir son œuvre sur cette mortelle.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92rN1VYEWW2RHEG by FredricT@imaginair.es
2024-09-28T12:03:02Z
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Je fuis à nouveau. La Normandie n’est pas sûre avec Ana Lucia à mes trousses. Je pourrais chercher mon ami Domagaya, puis je réalise que plusieurs décennies se sont écoulées. Est-il encore en France ? Ou retourné en Nouvelle-France ? Ces terres lointaines pourraient suffire à m’abriter des chasseurs, mais qu’y ferais-je, parmi les sauvages ? Je garde l’idée par devers moi et je choisis la facilité : me rapprocher de Guillaume Fichet. En chemin, je me remémore notre dernière entrevue. Son silence, le don du codex mystérieux. Pourquoi ce cadeau ? Savait-il qu’il m’obsèderait pendant des années ? Ou comptait-il sur moi pour le déchiffrer ? J’atteins Paris tout empli de confusion. Ce qui explique sûrement que, en voyant Guillaume sortir d’un des bâtiments de la Sorbonne, je me dissimule pour l’éviter. J’entre par effraction dans son repère et j’entame ma fouille. Peut-être y trouverai-je les explications qui me font tant défaut. Deux heures plus tard je touche au but : un traité de géographie évidé de son contenu dissimule une correspondance. Ou plutôt, plusieurs correspondances : les dernières lettres que Tullia d’Aragon m’avait adressées et que je n’ai jamais reçues, et des lettres d’un certain Matteo concernant l’organisation du meurtre de Tullia à Rome, en 1556, et qui s’achèvent par la confirmation de sa mort, en apparence accidentelle. Et moi qui croyais que la jalousie de Guillaume avait disparu lorsque j’avais cessé de voir Domagaya en 1536. Désemparé, je quitte les lieux en emportant les lettres de Tullia. Comment traiter un ami qui se comporte aussi mal envers moi ? Je me retrouve alors sans refuge.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92rqRk9ljzICm5g by FredricT@imaginair.es
2024-09-28T20:29:07Z
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Mes pas me mènent dans Paris, la nuit s’achève et je n’ai pas de refuge sûr. Dans ma besace, le codex mystérieux et les lettres de Tullia d’Aragon pèsent bien plus lourd que leur papier. J’attends quelques instants dans une ruelle, dans l’espoir de me nourrir de quelque mortel couche-tard ou lève-tôt. Un homme s’approche, son visage m’est vaguement familier. Serait-ce un membre de ma vaste famille ? Il ne se comporte pas comme mes proies habituelles. J’en ai la confirmation lorsqu’il m’interpelle. Il dit s’appeler Arnulf et me connaître. Je tente de noyer sa volonté dans mon regard, sans succès. Il rit de ma tentative puis me raconte que nous nous sommes rencontrés il y a longtemps. Qu’après m’avoir dérobé ma fortune, il a enquêté à mon sujet, jusqu’à ma mort à Winchester. Il y aurait rencontré un immortel et se serait placé à son service, jusqu’à se rendre indispensable. Je n’ai pas de souvenir de notre rencontre. C’est en relisant le journal que je tiens de mes premières années que je retrouve une brève mention de cet Arnulf voleur. Mais en cette fin de nuit, sans souvenirs, je décide quand même de lui accorder un peu de confiance et de le suivre jusqu’à son refuge, rue Moreau. Je croyais pouvoir me fier à Guillaume et il m’a trahi. Puisque mon discernement est clairement fautif, autant me laisser porter par le destin.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92sJrylIxSXyGx6 by FredricT@imaginair.es
2024-09-29T13:50:19Z
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J’ai lu mon journal avant de me coucher pour la journée, dans la modeste demeure d’Arnulf. Malgré mes nombreuses inquiétudes, le manque de sang me terrasse et je m’endors. À mon réveil, je sens à travers les murs de pierre que le soleil termine sa course. Puis je constate que mes affaires sont étalées sur au sol. Stupéfait et paniqué, je les rassemble et je m’enfuis. Je ne croise pas Arnulf. Peut-être dort-il encore, peut-être n’existe-t-il pas réellement. Je ne sais plus à qui me fier, peut-être même pas à mon propre esprit. J’atteins la Seine et ordonne à un batelier de m’emmener en aval. Je lui promets une fortune s’il m’obéit, la mort sinon. Et s’il s’enfuit, je détruirai sa barge. Je dois paraître convaincant, il s’exécute. À l’abri dans sa cale, j’inventorie mes possessions. Le codex mystérieux et les lettres de Tullia me rassurent un temps, jusqu’à ce que je réalise l’absence de mon journal. Des siècles de souvenirs disparus, je suis d’abord horrifié de cette perte. Puis le soulagement m’envahit : à quoi bon ressasser de vieux souvenirs, quand tant d’entre eux ont été malheureux, ou le sont devenus ? Cette agréable sensation se nuance alors d’une vague inquiétude : qui a subtilisé mon journal, et pourquoi ?#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92sxZb941RgXyq0 by FredricT@imaginair.es
2024-10-01T12:16:21Z
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Je tente de reconstruire ma vie. Ma non-vie ? Je n’ose pas me rapprocher de ma famille normande, par crainte d’un nouveau piège d’Ana Lucia et ses sbires. Paris ne m’évoque que Guillaume et Arnulf. Le batelier me mène jusqu’à l’embouchure de la Seine, puisque je ne vois aucun intérêt aux villes que nous traversons. C’est donc au Havre de Grâce que j’aboutis pour la première fois. Je sais seulement que le Roi François l’a fondée quarante-cinq ans auparavant. La ville semble déjà réunir quelques milliers d’âmes autour de son port. Je débarque et le batelier me réclame la fortune promise. Son impudence m’agace et je lui saute au cou. Néanmoins, soucieux de tenir ma parole, je me retiens de le tuer. Il sera dorénavant riche d’une vie qu’il aurait pu perdre. Dans les rues, à la lueur des torches, je remarque qu’on me dévisage sans gêne. La moutarde me monte au nez et j’entraîne un malappris sur un quai désert. Sous la menace, il me révèle l’incongruité de ma tenue. Selon lui, même son grand-père aurait honte d’être aperçu ainsi vêtu. Je dois reconnaître mon désintérêt croissant pour les modes humaines. Pourquoi diable s’obstinent-ils à changer de normes tous les vingt ans ? Je songe à me couper du monde. La vie d’un ermite montagnard me tente presque. Mais je dépérirais, sans humains pour me sustenter.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92tDscW6kGGB0Fs by FredricT@imaginair.es
2024-10-01T17:22:50Z
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La tentation de l’ermitage m’a conduit dans une forêt boisée, derrière le bourg de Fongueusemare. Je dissimule mes quelques possessions dans la charpente d’une chapelle, avant de m’isoler. Je dors dans des grottes, des terriers, et même une fois dans une mare fangeuse. La nature me semble à la fois accueillante et morne. C’est seulement après plusieurs nuits dans le même refuge que je réalise mon influence sur la végétation : un cercle croissant autour de ma couche présente des fragilités et des maladies. Un prunier prospère se dessèche comme un vieillard cacochyme. La mort qui m’épargne se vengerait-elle sur les plantes ? Ai-je le même effet sur les humains et les animaux ? Cette éventualité m’effraie un peu, jusqu’à ce que je réalise que ma diète de sang est bien plus nocive pour l’espèce humaine que de provoquer un flétrissement prématuré à quelques pas autour de moi. Même si actuellement je me nourris plutôt d’animaux des bois.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92u0RhwxKgstmxE by FredricT@imaginair.es
2024-10-01T20:54:52Z
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J’ignore combien de nuits ont passé ainsi. Un soir je suis attiré par des chants au loin. Je les suis jusqu’à une abbaye où des moines vêtus de blanc et recouverts d’un tissu sombre célèbrent la messe. Pour une raison qui m’échappe, je me joins à eux, au dernier rang de leur chapelle. Quel spectacle je dois donner, couvert des pieds à la tête de boue séchée. Leur tradition doit être accueillante, puisque les frères qui m’aperçoivent ne bronchent pas, pas plus que l’abbé qui dirige le chœur. Je tente de participer tant bien que mal, sans connaître les paroles. Je gratte aussi mon visage, pour rassurer les moines sur la présence d’un humain sous cette gangue de boue. Ce faisant, je démontre une nouvelle fois que le mieux est l’ennemi du bien : lorsque l’abbé appelle les frères pour boire au calice, je m’approche et je réalise que la coupe de métal brillant reflète mes vêtements boueux mais pas mon visage blafard. Et ce que je vois, les frères le voient aussi. Certains s’enfuient, d’autres s’agenouillent en prière, et le plus vindicatif m’asperge d’eau bénite. Quel qu’ait été l’effet escompté de leur part, il ne se produit pas. Et alors que je ressentais jusque-là une forme de communion renouvelée avec mon humanité perdue, leurs réactions de rejet réveillent le monstre en moi. Soyons honnêtes, ma diète animale exclusive a pu jouer aussi dans ma réaction : j’ai massacré tous ces moines, du plus jeune novice jusqu’à l’abbé, sans perdre une goutte de leur sang. Je conclus mon forfait en incendiant l’abbaye. J’apprendrai plus tard que cette destruction est imputée aux Protestants.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92uN8Lb6VpFVuJk by FredricT@imaginair.es
2024-10-05T12:16:06Z
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Paradoxalement, ce massacre m’a redonné goût à la vie. Ou du moins, à la fréquentation des humains. Je marche quelques temps vers l’ouest, et j’aboutis à de grandes falaises blanches, illuminées par la lune. Ma présence alerte un chien, dont les aboiements réveillent son maître. Ce paysan semble fort surpris que je ne m’inquiète pas de sa fourche brandie sous mon nez. Après une longue discussion, et la mort du chien trop bruyant, le dénommé Pierre Bredel accepte mes demandes : il m’indique une carrière de craie qu’il a creusée près de ses champs (une histoire de fertilisation), où je pourrai m’abriter en journée. Il me protégera des curieux. En contrepartie, je l’aiderai à faire prospérer ses activités. Et sa femme Amelette ne subira pas le même sort que le chien. Ma menace n’est pas tout à fait honnête : je crois que j’aurais du mal à tuer de sang-froid une femme enceinte. Le bourg de La Poterie est situé sur les falaises entre Le Havre de Grâce et Étretat. J’y retrouve à nouveau la Manche, que je n’ai pas retraversée depuis mon retour de Winchester. Malgré les siècles écoulés, je tremble encore du souvenir de cette nuit funeste.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92un0nNnv7VcZea by FredricT@imaginair.es
2024-10-05T12:17:31Z
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Je passe de bons moments dans ces caves artificielles. Contrairement aux forêts grouillantes, il y règne un calme qui est propice à la réflexion. Je tente alors de rassembler les fils des événements qui m’ont éloigné de ma famille. La jalousie de Guillaume. Le piège d’Ana Lucia. Le retour d’Arnulf. Si les deux immortels sont liés à l’abbé Æthelwold, ce n’est pas le cas d’Ana Lucia, ou du moins, pas que je sache. Je me plonge dans mes souvenirs, en quête d’un lien qui relierait cette femme à mes mésaventures. Et soudain, l’illumination. Je revois l’arrivée des Iroquoiens à la Cour de François 1er, en 1532. Là, parmi les dignitaires étrangers, elle était là ! Mais c’était plus de trente ans auparavant, elle devrait être flétrie, comme tous ces mortels ! Voilà le lien, et un début d’explication ! Cette diablesse a pu me piéger parce que c’est une immortelle aussi. Je ne dois plus subir ces manigances d’autres immortels, il est temps que j’agisse, au lieu de réagir.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92vYVwlnlUpqVhA by FredricT@imaginair.es
2024-10-05T17:45:16Z
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Plusieurs semaines s’écoulent dans mon repaire souterrain. Je n’en sors que pour me nourrir d’humains solitaires, que j’aime à précipiter du haut des falaises. La mer est mon amie, elle nettoie mes forfaits sans rechigner. Le reste du temps, je le passe en correspondances. Pierre Bredel m’a aimablement fourni de quoi écrire et je renoue avec de vieilles connaissances. Ma famille dans l’évêché de Bayeux. Des gens de la Cour. J’apprends notamment que d’importantes familles du royaume se font la guerre pour cette histoire de schisme chrétien. Ces missives sont ma principale et première motivation à sortir au crépuscule. Jusqu’au soir fatidique où je découvre l’issue bouchée. D’imposants rochers me barrent le passage. Je tente de les repousser, rien n’y fait. Seul un mince interstice me révèle une poignée d’étoiles dans le ciel. Je m’égosille à appeler Pierre Bredel, mais une autre voix me répond. Comme dans mes pires cauchemars, c’est Ana Lucia qui murmure à mon oreille.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #Amq92wIbBQfHnlPJWi by FredricT@imaginair.es
2024-10-06T18:54:25Z
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Je n’osais y croire, me voilà libre. L’air des falaises ne m’a jamais paru aussi pur. J’ai déjà lu de nombreux philosophes qui parlaient de la nécessité de la privation pour apprécier ce que l’on a. Je prenais ces remarques pour des litotes faciles, des truismes bons à impressionner les esprits faibles par leur apparente profondeur. Et me voilà face à la mer, cette Manche, ce Channel des Anglais, à respirer comme si je venais de naître. Je décide à cet instant de consacrer mon immortalité à la liberté – et pas seulement la mienne ! L’humanité toute entière souffre des privations imposées par des oppresseurs de tous poils. La tâche est immense, et même inatteignable. Mais elle sera plus enthousiasmante que de m’user les yeux sur de vieux livres poussiéreux. J’hésite à débuter ma croisade en m’en prenant à ceux qui m’ont privé de liberté : Arnulf à Bayeux et Ana Lucia à La Poterie. Mais d’abord, je dois me reconstruire une forteresse d’où opérer.#JdR #JdrSolo #SoloCUVM
(DIR) Post #AnRBDozmjmVoIemOOG by FredricT@imaginair.es
2024-10-27T15:10:36Z
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https://unjouruneidee.wordpress.com/2024/10/27/depuis-six-mois-je-suis-en-pause/J'ai réactivé mon blog, pour raconter mes six derniers mois. Tout partage est bienvenu.(et merci à @arra pour l'impressionnant travail de veille, qui m'a apporté des éléments cruciaux)#COVID #COVID19 #COVIDlong